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Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
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 Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] - |TERMINE|

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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] - |TERMINE|   Jeu 3 Nov - 21:49

C'est trop tôt.
Ça va trop vite.
J'étais pas prête à ce qu'il me lâche déjà. A me trouver seule loin de ses bras. Je me sens vaciller, mais c'est dans ma tête que ça tourne.

J'ai le souffle court, le cœur qui bat à toute berzingue. Et, honnêtement ? Ça me fait peut. De réagir aussi fort aussi vite. C'est de la folie. J'ai jamais vraiment connu ça. Et c'est flippant. C'est excitant. Déboussolant.
Moi dans ses bras, lui contre moi. C'était juste naturel. Sa bouche sur la mienne, c'était juste l'ordre des choses. Je me sens presque amputée de quelque chose. Vous savez, cette histoire de membre fantôme, qu'on sent toujours même quand il n'est plus là ? J'ai envie de retourner contre lui, lovée contre son corps, parce que l'espace d'un instant, je me suis sentie exister. Un drôle de mélange entre l'abandon, l'oubli, et une sorte d'ultra-conscience de la moindre de mes particules.

J'ai aimé son odeur, et sa saveur. J'ai aimé la douce assurance de ses bras autour de moi. Et j'ai fait un peu plus qu'aimer tout le reste. J'ai moins aimé la distance, même relative, qu'il a greffé entre nous.

J'arrive pas à détacher mon regard du sien. Je peine à mettre de l'ordre dans mes idées, tellement je suis à moitié aimantée par ses yeux. Il y a quelque chose qui y brûle et qui m'attire irrésistiblement.
Son « Pardonnez-moi. » rompt ma concentration. Je souris faiblement. Sans vraiment réfléchir, je porte un doigt à ses lèvres.


. Shhhh.

J'ai déjà une boule dans la gorge, alors que des papillons tourbillonnaient dans mon ventre y a pas deux minutes. Ils ont dû tous vouloir ressortir d'un coup. J'ai un gros nœud de papillon derrière les amygdales, qui me fait chuchoter. J'ai l'impression que ma voix se briserait autrement.

. C'est moi.

Est-ce qu'il ne devrait pas y avoir un dieu furibond, descendu sur Terre pour m'agonir de ses foudres célestes ? Ou les liens sacrés du mariage venus m'étrangler de mes promesses ?
Mais au fond, et c'est peut-être le pire de tout, j'arrive pas à me sentir coupable. Ma raison me sermonne. Mais elle est bien la seule. Même mon instinct me pousse vers lui. Mon bon sens tressaute. Fait une tentative.


. Je... Je ne devrais pas.

Est-ce que j'ai jamais été moins sincère ?
Il y a bien un petit bout de moi qui y croit, pas vrai ?

Mon sens de l'honneur, mon éducation, la société des biens-pensants contre-attaquent contre moi. Je ne devrais pas. Je ne devrais pas.
Mais moi, ces impératifs m'emmerdent. Royalement.

Mon doigt n'a pas bougé. La chaleur, la douceur de sa bouche m'électrise tout le bras. Impossible de décoller ma peau de la sienne.

J'en veux plus.

J'essaye de me calmer. De me raisonner. Mais j'en veux encore. Je veux plus.
Alors, je les envoies valser mes impératifs.

Je le regarde encore, mon doigt toujours contre sa bouche.
Et cette fois, je m'approche tout doucement. Lui donne le temps de s'enfuir si il pense vraiment qu'on est en train de faire une bêtise. Ou si il n'est pas capable de l'assumer.

Ma main s'envole toute seule et vient se poser à mes côtés.
Quand c’est mon tour de l'embrasser, je garde les yeux grands ouverts jusqu'à la dernière seconde, au premier frôlement. Les bras sagement gardés le long du corps. Mes lèvres seules le touchent, s'emparent doucement des siennes.

Après ?
Après je me perds un peu. Beaucoup. Passionnément.
Le reste de moi réclame sa part, mes bras s'oublient, l'enveloppent. C'est tout moi contre lui. Parce qu'il est homme. Parce que je suis femme. Parce qu'il me fait me sentir femme. Parce que tout a un peu des allures d'évidence.

On m'avait pourtant dit que l'interdit avait un goût de fruit défendu.
Je pensais pas que mon fruit défendu aurait les traits d'un Ezio Shepherd. Et en même temps, qui d'autre ?


Un bruit. Deux ruelles plus loin.
Je sursaute. Mon ventre se tord.
L'interdit a un arrière-goût d'amertume.
Je me prends ma folie en pleine face.
Je recule, à contre-cœur, à contre-corps.
Je le regarde, encore. Juste parce que je ne sais plus faire autrement.


. Je ne dois pas.

Je me trouve cruelle.
Je me sens perdue.
Je me détourne. M'enfuis à moitié.

Je n'ai pas fait trois pas qu'il me manque déjà. J'ai l'impression d’avoir du mal à respirer.
Je me force encore à avancer. Je fais pas deux pas que je m'arrête encore.
Je reviens vers lui. Il me regarde toujours.


. Je …

Est-ce qu'il peut sentir combien je suis perdue ? Troublée?

. J'ai envie de vous revoir. Je peux vous revoir ?

Le « s'il-vous-plaît » n'est pas loin. Et si je le ravale, il reste pas loin, juste au cas où.
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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] - |TERMINE|   Sam 5 Nov - 19:58

Sa bouche.
Où fleurissent sourires, s'épanchent murmures et se perdent les baisers.

Elle ne pouvait pas et pourtant elle était toujours là. A presser avidement sa bouche contre celle du barde dans un baiser qui n'avait plus rien d'une chaste démonstration d'affection. Le désir se mêlait au désespoir d'un élan perdu. Il s'apprêtait à lui dire que ce n'était pas grave : Il n'avait rien à donner et plus grand chose à perdre, mais elle, si. Il comprenait et n'attendait rien de plus que cela : une instant volé dans une soirée, hors du temps. Il se voulait rassurant. Mais elle était revenue. Alors qu'il essayait de rassembler les pensées, qui quelques instant plus tôt, avaient été si promptes à l'assaillir, elle s'était à nouveau cramponnée à lui dans un baiser plus brûlant encore. Le voleur était pris à son propre piège. Par cette seconde étreinte, elle l'avait ensorcelé. Les mots s'évanouirent sur ses lèvres tandis que naissait le désir violent de sentir à nouveau son odeur et de l'embrasser sans retenue. Il pressa en retour sa bouche contre les lèvres de la jeune femme et sentit que toute maîtrise lui échappait, tandis que son corps entamait avec celui de sa compagne un ballet qui bien qu'involontaire, lui semblait d'une naturelle évidence. Le corps d'Anastasia répondait au sien. Ses mains parcoururent son visage, enlacèrent sa taille et se perdirent dans ses cheveux. Il soupira dans son cou, ne se détachant d'elle que pour y replonger à nouveau.
Si ce baiser devait durer quelques secondes de plus, il ne répondrait plus de rien.
Des émotions toutes contradictoires jaillissaient en lui. Certaines lui conseillant de mettre fin à cette étreinte, alors que d'autres lui ordonnaient de poursuivre et se laisser aller. Il n'en écouta aucune, se contentant de répondre aux caresses d'Anastasia sans réfléchir, comme si quelque chose s'était emparé de lui sans qu'il n'ait mot à dire. Là, au milieu de la ruelle, leurs deux silhouettes enlacées étaient seules au monde. Dans la grisaille de Shoreham-by-sea, entre une rangée de maisons bien alignées et le quai d'un port plus vraiment reluisant, pas loin d'un petit réverbère faiblissant, ils n'étaient plus que deux âmes accrochées l'une à l'autre et se moquant du cours du temps et du monde existant. Toujours accolé à ses lèvres, il posa une main sur sa joue et planta son regard sombre au fond de ses yeux, réalisant qu'il ne savait rien d'elle mais qu'il la connaissait. Qu'il n'avait de son état civil que quatre syllabes qu'elle aimait ce soir, et le fait qu'elle était unie à un autre. Que les codes de la société auraient voulu qu'avant d'embrasser une jeune femme on lui demanda ce qu'elle faisait de sa vie, ce qu'elle en attendait. Il les envoya valser avec une passion déraisonnable, ne s'en étant jamais réellement soucié jusqu'à présent. Inutile de prétendre y accorder une quelconque importance ce soir. Il avait quatre syllabes, deux baisers et l'impression d'en savoir suffisamment. Il la connaissait. Il savait que lorsqu'elle était soucieuse, elle se rongeait les ongles, qu'elle arborait une petite fossette au creux de la joue lorsqu'elle réprimait un sourire, qu'elle aimait les histoires et écrivait. Qu'elle pouvait se laisser surprendre et envoûter par quelques contes au coin d'un feu, qu'elle savait rêver et que son corps semblait fait pour qu'il la parcourt de ses mains. Quatre syllabes, deux baiser et voilà qui suffisait.

Elle se détacha brutalement de lui, dans un sursaut, le laissant là, pantelant, le regard un peu perdu. Il n'était plus réellement sûr de comprendre ce qui se passait, malgré ses certitudes des instants auparavant. Il tacha de reprendre son souffle tout en la dévorant des yeux, la trouvant plus désirable encore dans cette reculade affolée. Elle avait les joues roses, les yeux brillants et les cheveux en bataille. Et malgré l'évidence de sa souffrance et son dilemme moral, lui, n'arrivait toujours pas à s'en vouloir. Il lui sourit timidement, reprenant la place qui était la sienne : celle d'un homme croisé dans un pub qu'elle ne reverrait jamais mais dont il espérait qu'une partie d'elle se souvienne à jamais comme d'un instant volé au cours de l'existence.

Il fit le tour de toutes les pensées qui s'invitaient à nouveau. De la stupéfaction d'avoir été séduit par une jeune femme en tout juste une soirée, une pointe de peine de la voir si perdue à cause de lui mêlée à une once de fierté, d'être la cause de tout ça. Il observa prudemment les autres émotions, le désir et l'envie de la revoir, qui ne mèneraient à rien de bon, la sensation qu'elle était restée ce soir uniquement pour ces instants-là. Et enfin, il contourna aveuglément les dernières, capables de mettre à mal la dureté volontaire de son cœur. Nulle trace ni soupçon d'une quelconque culpabilité. Lui qui venait d'embrasser la femme d'un autre ne ressentait nullement la honte que la bienséance aurait voulu qu'il perçoive. Pas l'ombre d'un regret ou du moindre petit remord d'avoir fait ce qu'il avait fait. Il se surprit à se demander s'il était à ce point immoral pour se moquer du dilemme dans lequel il venait de plonger la jeune femme et se rassura aussitôt en se rappelant qu'il est de ces instants faits pour être vécus hors de tout temps et toutes choses existantes. Des moments volés et arrachés à la vie, n'ayant ni suite ni fin. Juste une fraction de seconde où les actes n'ont pas plus de conséquences que celles de vous laisser un souvenir au bout des lèvres et un léger sourire dans le cœur pour les jours à venir.
Il ne la reverrait plus mais se souviendrait d'elle comme la jeune fille du pub qui aimait les histoires.

- J'ai envie de vous revoir. Je peux vous revoir ?

Il ferma les yeux un court instant, les rouvrant rapidement avant que la jeune femme ne s'évanouisse dans les brumes de cette fraîche soirée. Son cœur reprenait peu à peu un rythme plus calme et sa tête semblait à nouveau maîtriser le moindre de ses gestes. Il prit une profonde inspiration et se ravisa aussitôt. S'il la revoyait, il savait très bien ce qui se passerait. La revoir était une invitation à la trahison pour elle et un pied de nez à la légèreté de ces instants, qu'il prétendait sans conséquences. La revoir impliquait d'assumer.
Mais qui était-il pour lui dire ce qui était bien ou non ?
Elle voulait le revoir, il en mourrait d'envie aussi.
Il passa une main sur son front et s'entendit répondre d'une voix qu'il trouva trop grave pour les circonstances :

- Je serai au Lemon Tree encore deux jours.

Franck et Sarah étaient invités chez des amis avec les enfants pour le réveillon de la nouvelle année. Ils lui avaient proposé de se joindre à eux, ce qu'il avait décliné poliment, prétendant avoir lui aussi des amis à voir, bien conscient néanmoins de n'avoir dupé personne. Sarah avait un peu insisté, s'inquiétant probablement de le laisser seul en une telle occasion. Il lui avait assuré que ça lui convenait, ce qui était vrai. Il avait toujours eu du mal avec les occasions trop préparées pour s'amuser. Il aimait la joie des moments improvisés, les verres que l'on sort du placard pour des amis venus par hasard, les soirées qui se prolongent sans avoir été convenues. Mais de tels instants organisés, où l'on se doit d'arriver heureux et souriant le mettaient mal à l'aise. Les sentiments sur commande, ce n'était pas son point fort.

- Ensuite il faut que je parte.

En réalité, rien ne l'y obligeait. Mais s'il restait, il finirait par trop s'attacher à Franck et Sarah, à Moira et Pinckney, si ce n'était pas déjà trop tard. Et il aurait probablement envie de revoir la fille du pub encore et encore. Une fois encore, la fuite était plus facile.  

- Mais si demain vous avez toujours envie de me revoir, vous savez où me trouver.

Il lui adressa un sourire timide, lui laissant entendre une fois encore, qu'il comprendrait qu'elle change d'avis et qu'elle ne lui devait rien. Demain, leur baiser aurait un éclairage nouveau. Demain, elle s'en voudrait probablement et la magie serait partie. Demain, elle se dirait qu'il est plus raisonnable de ne plus penser à cet homme qui passe sa vie à raconter des histoires. Il ne serait plus qu'un pauvre type qui embrasse la femme d'un autre sans éprouver le moindre remord.  Son sourire se mua en expression grave alors qu'il réalisait la portée de ses pensées. Demain, la magie ne serait plus. Il fit un pas vers elle et s'arrêta.

« Tu es égoïste à en vouloir toujours plus. Laisse-la partir dignement. »

- Anastasia... Prononça-t-il à voix basse, dans un sourire.


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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] - |TERMINE|   Dim 6 Nov - 11:38

Je flirte un instant avec l'idée de retourner me couler contre lui. Il me suffirait d'un tout petit pas et je n'aurais plus l'impression d'osciller à en perdre l'équilibre et la raison. Mais je sais que si je le fais, ce petit pas en avant qui me sépare de lui, si je fais ne serait-ce que l'effleurer, je ne partirai jamais. Et émotionnellement, je suis trop chamboulée pour pouvoir affronter, assumer -et peut-être même apprécier vraiment- ce qui ne manquerait pas d'arriver.

Alors je me raccroche à tout ce que je peux pour ne pas flancher, pour ne pas céder à l'envie déraisonnable de ne plus le quitter. Je me raccroche à tout ce que je peux, parce que l'existence même d'Ezio Shepherd n'est pas là pour m'aider dans ma résolution. Il y a sa voix, basse et grave, comme une caresse, qui rend mon prénom beau. Et troublant à en frémir. Il y a son regard, et je n'arrive pas oublier combien il a pu me brûler, combien il me brûle encore, posé ainsi sur moi. Il y a ses lèvres qui esquissent un sourire, alors qu'il n'y a pas deux minutes de ça, elles me propulsaient dans une autre galaxie. Il y a ses bras, son torse, sa chaleur, comme une invitation à m'y blottir.
Je serre les poings fort, à me planter les ongles dans les paumes, dans l'espoir un peu futile que la douleur fasse refluer mon trouble. Mais je ne peux pas m'empêcher de lui sourire un peu, pas vraiment un sourire de joie, mais un sourire d'émotion, d'émoi et de désir mêlé, parce que quand je lui souris comme ça, il y a une lueur qui passe dans son regard et qu'à elle seule, cette lueur-là vaut tous les soucis dans lesquels je ne vais pas manquer de me noyer.

Une fois de plus, je me sens osciller sur un fil ténu , entre bon sens et folie. J'avoue que c'est plus un franc déséquilibre vers la déraison qu'une vraie tentative de retourner dans le droit chemin...
J'ai tout sauf envie de le quitter. J'ai le sentiment que si je me détourne et m'en retourne à ma vie, tout ceci va disparaître dans un panache de fumée, ne me laissant qu'avec le souvenir brûlant d'une jolie soirée (notez l'euphémisme)... et des regrets à la pelle. Je m'étais pourtant promis de faire le maximum pour bannir les regrets de ma vie.

Je me surprends à inventer mille scenarii pour grappiller quelques instants de lui, sans pour autant commettre l'irréparable. Je me vois me blottir contre lui, pour lever ensemble le visage vers les étoiles. Il me raconterait l'histoire d'Orion, à voix basse, un souffle dans mon oreille. Je me vois le prendre par la main et l'entraîner dans une promenade sans fin, à la découverte des ruelles de Shoreham by night. C'est la ville de mon enfance et j'ai percé quelques uns de ses secrets. Je sais où me glisser pour voler un peu de temps à l'éternité. Je me vois encore le prendre par la main, mais, cette fois, c'est pour monter dans ma petite Austin et quitter ma vie, la sienne peut-être, plaquer la routine sur le carreau. Et rouler, rouler, rouler, loin, vers l'inconnu, vers l'aventure. Vers un lieu et un temps où personne ne nous connaît , pour se libérer des chaînes qui nous retiennent prisonniers.

Je rêve éveillée. J'hallucine à moitié. Il devait y avoir quelque chose de pas net dans mon hydromel...

Il n'aurait pas prononcé mon prénom à mi-voix, de cette intonation qui me rend à moitié folle, j'aurais probablement réussi à partir sans tergiverser pendant des heures. Au lieu de ça, je chercher n'importe quel prétexte pour  m'attarder encore un peu. Un tout petit peu.

Je le regarde une dernière fois, comme si je voulais graver ses traits dans mes mémoires, afin de les conserver jusqu'à la tombe. Il a un charisme fou, mais ce ne sont pas ses traits qui m'affolent le cœur. Alors j'essaye de figer l'instant, comme on prendrait une photographie émotionnelle d'un moment.
Je croise son regard parce que je ne sais déjà plus comment ne pas m'y soumettre et m'y perdre. Il y a tant de promesses dans ses yeux et mon imagination est si prompte à s'en emparer que, l'espace d'un instant, j'ai presque l'impression d'être capable de lire ses pensées.

Plus le temps passe et moins je me sens le courage de partir.

Il le faut bien, pourtant, ne serait-ce que pour sauvegarder les apparences. Justin a beau être parti passer les derniers jours de décembre avec ses potes, mes sœurs ont beau avoir d'autres chats à fouetter que venir saluer les parents pour la fin d'année...il reste justement mes parents, pour qui je suis la petite dernière. Celle qui rend leur sommeil léger et les fait s'inquiéter pour cinq petites minutes de retard. Je n'ai plus droit aux interrogatoires en règle mais je les connais (et ils me connaissent). Ils verront que quelque chose – ou quelqu'un – m'est arrivé. J'ai pas envie d'affronter ça ce soir (ou au petit matin). D'abord parce que la culpabilité va bien finir par me rattraper quand je serais loin d'Ezio Shepherd et de son aura magnétique. Ensuite et surtout parce que je veux garder ça, lui, pour moi, juste un petit peu encore.

Je me décroche de ses yeux, même s'il me faut pour cela toute la force de ma volonté.
Et sur une impulsion, je glisse la main dans le col de mon manteau pour en tirer mon pendentif fétiche. C'est une simple étoile, dans un cercle, tout en bois. Je l'observe un instant. Il est étrange, détaché de mon cou. Je m'approche juste ce qu'il faut pour le glisser dans la poche de la veste de marin d'Ezio Shepherd. Le geste n'a rien de discret. J'esquisse même un petit sourire.


. J'ai perdu ça, ce soir. Et j'y tiens beaucoup.

Ma main retourne s'enfoncer dans une de mes poches. La traîtresse serait bien capable d'aller s'égarer du côté de mon barde, sans que je sois capable de l'en empêcher.

. Je reviendrais le chercher.

A cet instant précis, je ne sais pas si j'aurais le cran de revenir, d'ici les deux prochains jours, pour me confronter à la réalité d'Ezio Shepherd loin de la grâce de cette soirée magique. Et si je ne reviens pas, j'ai envie qu'il garde un petit bout de moi, en souvenir. C'est à ça que servent les fétiches.
Et s'il le jette à la mer ou l'oublie au fond d'un tiroir, je n'ai pas besoin de le savoir. Je peux me forcer à croire qu'il le garde précieusement, comme un talisman contre les jours sombres.

Sans avoir vraiment envie de m'en empêcher, je bascule en avant, l'embrasse une dernière fois avec légèreté, et m'enfuis lâchement par la première ruelle.

~to be continued → Pour quatre syllabes et deux baisers... ~
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