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Nous sommes en juin 2018.

Au premier du mois d'avril, avec une solennité qui dément tout poisson d'avril, la presse annonce les cinq candidats à l'élection ministérielle : Maureen Kinkaid, Dylan Abercrombie, Alieksandre Menroth, Icarius Bailey et Deucalion McKingsley.




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
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Et nous savons maintenant que certains préfèrent les fraises.

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 La Mécanique du coeur |PV Aleksey|

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Saoirsen'estpaslàlessourisdansent

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MessageSujet: La Mécanique du coeur |PV Aleksey|   Dim 4 Fév - 11:04




- Je suis désolé mademoiselle, mais scientifiquement ça ne devrait pas arriver. Tout le monde flotte… scientifiquement.

Et si je t’embouse scientifiquement ça te va ?

- Je pense que c’est psychologique… peut-être qu’une thérapie ou quelque chose de ce genre vous aiderait à… 

La suite ne fut qu’un murmure confus ponctué de reniflements suspicieux de sa part. Il était clairement en train de dire qu’elle était folle là non ?

Les (deux) leçons se succédaient (oui, elle dramatisait encore) sans plus de succès que si elle avait essayé de cracher du feu par les oreilles. On lui avait pourtant conseillé le meilleur des meilleurs. Alliant techniques moldues et connaissances sorcières. Evidemment, histoire de ne pas être surpris si elle se mettait soudainement à léviter ou si elle changeait l’eau de la piscine en vin de framboiseilles.
En vain.
Rien n’y faisait, elle continuait à couler comme une pierre. Même quand elle avait pieds.

Elle n’était que rarement revenue sur les lieux. Plus par hasard aux détours de promenades, que par volonté ou envie de profiter des lieux. Impossible d’y aller avec ses frères, Ezio s’y était toujours refusé et Lùan devait trouver ça trop salissant pour ses costumes, maintenant. Seule, l’exercice lui paraissait difficile. Comme si les eaux du Loch allaient la happer de nouveau et l’emporter en rétablissement ce qui était prévu.

Face aux reflets de l’eau, bien qu’emmitouflée dans un combo manteau-gants-bonnet, elle frissonnait, sentant son courage l’abandonner peu à peu. Elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle aurait dû reposer au fond de ce Loch depuis l’hiver 96. Elle imaginait son corps flottant entre deux eaux, bercé par les courants. Voilà ce qui était prévu, à la base. Mais c’était sans compter sur Ezio et Lùan. Alors que la fraîcheur de la pierre sur laquelle elle s’était assise traversait son jeans, elle se sentait envahi d’un froid bien différent. Elle détestait le froid depuis ce jour-là. Et elle détestait l’eau, par-dessus tout.


Nombreux étaient ceux qui prenaient des résolutions de début d’année. Et pour ne pas déroger à la coutume, elle avait, elle aussi, levé sa baguette au moment des souhaits, parée de son plus beau sourire de fête pour formuler intérieurement la sienne.

2018. J’apprends à nager.

Mais.Quelle.Conne.

N’aurait-elle pas pu souhaiter quelque chose de commun ? Manger plus sain ? être gentille avec son prochain ? Ne plus acheter trente-six paires de chaussures par an ? Arrêter de maudire ses frères chaque fois qu’ils faisaient des leurs ? Se réconcilier avec Lùan ? (Très fortement, elle avait quand même espéré que LUI, fasse le souhait de lui pardonner. Mais ni lui ni Ezio n’avaient daigné se pointer pour les fêtes.) Arrêter de se parler toute seule ?
Se mettre à fumer pour mieux arrêter aurait même été plus intelligent. Tout mais pas ça. Pas ça.

Non, il avait fallu qu’elle fasse la brave. Influence McEwan, probablement.
Si elle avait passé le 31 avec d’autres qu’une réunion d’amis hétéroclites, elle aurait sûrement formulé des résolutions de type normal. Le noyau de la réunion étant Joachim et elle, ils avaient l’un et l’autre rassemblé des connaissances dont les différences dépassaient l’entendement. Ainsi, vampires, cracmols, lycans, attaché de presse, éditeur, peintre sur chocogrenouilles, cultivateur de citrouilles et dompteur de puces de sombrals s’étaient côtoyés l’espace d’une soirée hors du temps où Saoirse n’avait pas réussi à suivre une conversation de bout en bout. Pensées ailleurs, tourmentées ou languissantes. Elle n’avait eu de cesse de jeter un œil à Joachim, guettant l’instant où il aurait pu faire l’objet des confessions qui lui pesaient sur le cœur. Malheureusement (ou heureusement selon le point de vue) ce dernier fut accaparé toute la soirée à des jeux divers et variés qui lui avaient rendu le sourire qu’il avait avant. Avant tout ça.
Saoirse avait dont gardé sur le cœur ces derniers états d’âmes qu’elle avait pourtant envie de crier pour s’en délester un peu, tout en contemplant avec tendresse l’ami de toujours qui poursuivait sa vie.

Il faut dire qu’en l’espace de quelques jours, elle avait sérieusement allongé la liste des foirades de fins d’années. Si l’on mettait de côtés ceux dont elle n’était pas vraiment et pas l’unique responsable, elle avait à son actif l’absence prévue d’Ezio pour les fêtes (et probablement toutes celles à venir) ainsi que la débandade du mariage de l’autre frère. Un autre épisode de la saga Shepherd qui commençait à pouvoir prétendre à quelques prix Nobel. Pas ceux de la paix, de toutes évidences.



Les yeux perdus sur les reflets de l’eau de Scavaig, elle se sentait en territoire menaçant quand elle était chez elle. Se pouvait-il qu’il ait raison cet abruti ? Qu’elle soit, à son âge, incapable d’apprendre à nager parce qu’elle était bloquée ? Elle était donc revenue sur les lieux pour conjurer le sort et se montrer plus forte qu’un pauvre trou plein de flotte. Si elle parvenait à passer un bon moment autour de ces eaux, elle n’en aurait plus peur et pourrait ainsi tenir sa résolution. C’était d’une évidence si évidente qu’elle aurait voulu avoir eu l’idée toute seule. Elle avait donc revêtu sa tenue de combat et s’apprêtait à affronter bravement les traumatismes de sa petite enfance. Et du courage, elle en avait à revendre, non mais !
A deux reprises pourtant, elle sortit sa baguette pour transplanner au loin, au chaud, en sécurité. L’unique chose qui la faisait tenir était le rendez-vous donné à Aleksey quelques jours plus tôt. Si le froid, l’eau et les souvenirs étaient décourageant, le plaisir de le revoir écrasait toute fuite éventuelle.
Mettant de côté ses prétentions à être forte toute seule, elle avait, sans s’étendre sur le sujet, prétendu vouloir lui faire découvrir un coin charmant près de là où elle avait grandi et discuter de l’actualité brûlante de ce début d’année. Une petite partie d’elle l’informait qu’elle ne tromperait pas son monde longtemps, il commençait désormais à la connaître suffisamment pour savoir quand elle essayait de tricher.


4 jours plus tôt.

Quel était le délai convenable déjà ? Une heure ? Deux jours ? Une semaine ? Un mois ?
Bouse. Si elle le contactait trop vite, elle passerait pour la fille accro qui ne peut pas se passer de l’autre et dont la vie s’arrête lorsqu’il disparait de son champ de vision. Ne lui avait-il déjà pas fait une remarque à ce sujet ? « J’attendais que vous ne m’attendiez plus. »  Pas prête de l’oublier celle-ci.
Non, elle n’attendait pas. Pas du tout. Et si quelqu’un avait l’impression qu’elle trépignait d’impatience, il ne s’agissait là que d’un passager débordement d’énergie. Voilà qui arrivait à tout un chacun.
Et si elle attendait trop ? Il penserait alors qu’elle n’avait que faire de lui. Ce qui n’était pas le but non plus.
C’était un coup à le croiser par hasard sur le chemin de Traverse et à ne plus savoir que faire de soi. Rougissements à point, évidemment.

D’où l’importance capitale de trouver LE délai convenable.

Quand avait-il dit qu’il revenait exactement ?

Allons, ma grande, ne fait pas celle qui n’a pas noté à grand renfort de dorures, la date sur son agenda magique. Sortilège scintillant. Une pure merveille.

Elle ouvrit son agenda, en feuilleta quelques pages, tordit le nez à chaque mention des « leçons de natation » prévues et estima qu’un 20 janvier était un délai plus que convenable.
Bien entendu, ils avaient échangé quelques hiboux qui avaient dû s’éclater à faire les trajets Angleterre-Bulgarie, mais ne s’étaient pas encore revus depuis les fêtes. Elle avait dû faire un saut en Irlande au début du mois et avait été bien prise au niveau professionnel, et drôlement occupée à préparer en amont et en aval ces horribles leçons de natation. (Oui, il lui fallait deux jours de préparation psychologique et deux jours de récupération, ce qui occupait considérablement la semaine.) Si bien qu’on arrivait maintenant à la mi-janvier sans qu’elle n’ait eu le loisir de profiter de la présence d’Alieksandre.

Aujourd’hui était un jour particulier, puisqu’elle venait de se saisir du dossier brûlant de l’innocence de Campbell. Elle y avait toujours cru de toute façon. A son innocence. Peut-être pourrait-elle avoir l’avis d’Alieksandre à ce sujet. Avec en prime... deux trois informations venant de l’intérieur.
Elle avait dû se battre bec et ongles pour avoir ne serait-ce que le droit de s’emparer du sujet. Evidemment, tout le monde après l’avoir accusé haut et fort, voulait retourner sa veste ou dégoter de sombres histoires de corruption. Chacun avait son idée et il n’était plus à prouver que les médias façonnaient l'opinion.
Fort heureusement, elle avait été en charge de sa campagne, ce qui lui laissait quelques entrées pour les très rares interview qu’il donnait. Il ne lui en avait jamais refusé jusque-là quand bien de ses collègues, s’y étaient cassé le nez. Et puis, contrairement à cet imbécile de F. Fitzgibbons, elle n’avait jamais fait dans le ragot. Elle s’en tenait aux faits, ce qui lui attirait souvent les foudres de son chef et lui faisait même se demander si un travail d’enquêtrice n’aurait pas mieux convenu à son caractère. Détective Shepherd. Voilà qui sonnait bien!





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MessageSujet: Re: La Mécanique du coeur |PV Aleksey|   Mar 13 Fév - 1:16

Elle n’avait manqué de l’éborgner qu’à peine !
Tobias traversa la cour carrée en pensant à sa femme, passant ainsi du numéro 168bis qu’il occupait avec sa famille au numéro 168, il faisait bien crisser dans son allant le gravier blanchâtre ennuagé de poussière sous les belles Richelieu cirées de frais que même lui il estimait avoir payées fort chères, en balançant ses bras longs et puissants avec détermination et empressement.
C’était une différence de numéro qui, pour parler vrai, intéressait surtout les hiboux. Tout cela n’était qu’un grand bâtiment mitoyen, un mews, ancienne écurie de privilège royal, dont on avait fait un logis sans omettre de préserver le style inimitable de l’époque moderne et l’ensemble tenait à la fois de ce que l’on trouvait à l’époque de la Reine Anne Stuart : baroque britannique d’il y a trois siècles, sans folies latines, mais motifs et angles pointus arrondis tout en mesure et en charme hautain, subtil ; mais également, un attrait pour ce style ayant refait surface deux siècles plus tard, on trouvait en aussi grands nombres les influences, architecturalement héritières du style Anne, du plus célèbre style victorien, c’est-à-dire tout le génie londonien mélant influences continentales franco-gothiques, touches gréco-latines et références Renaissance. Alieksandr disait lapidairement qu’il n‘y avait donc pas de style anglais puisqu’il s’agissait d’emprunts à la dernière Reine écossaise du Royaume, au Second Empire et aux Renaissances italiennes et gothiques.

Derrière le mur de pierre, elle était majestueuse.
La bâtisse formait un « C »aux angles droits au centre duquel était la cour. De part et d’autres, on « n’y avait drôl’ment bien r’tapé les écuries du siècle antépénultième » comme le lui avait tonitrument signalé, il appuyait le dernier mot avec fierté, ce sorcier gaillard, jovial et barbu qui lui avait fait visiter leurs lieux avant acquisition au compte des Piercoview ; et le bougre à l’accent Cockney prononcé de lui répéter trois fois, avant même qu’il n’eut passé la porte de la rue -s’ouvrant sous un haut porche pour coches, encastrée dans le mur de briques de la façade- que « Sauf vo ‘t respect M’sieur Mackenzie si voulez on boira un scotch dans la cuisine quand qu’vous aurez visité, ce serait un honneur !! », « Le single malt de mon grand-père j’ai apporté, pas’ke qu’figurez vous que l’gars que j’suis a des origines gaélique, du Comté de Fife !! Vive Saint-Andrew, le Chardon et la Licorne !! Boire un vaaiiire avec M’sieur MacKenzie, ça ne refuse pas, comme on dit A man's a man fort a'that( un homme est homme quel qu'il soit ! ) , mais M'sieur MacKenzie quand qu'vous z'avez battu les Anglais en 2006 z'avez été bein plus que ça !  ».  
Chacune des adresses mitoyennes avait sa seconde entrée personnelle, aux bouts du « C », donnant sur Queen’s Anne Gate dans la partie, au-delà des numéros 60, que les Moldus n’avaient jamais remarqué qu’on avait soustrait à leur vue ( « Sont’y pas niais quand même? »)

Là, toute peinte en vert, surmontée d’une veilleuse,
Au 168 même, on pouvait entrer chez Alieksandr Menroth par une petite porte de derrière, ronde et verte à heurtoir, à condition d’en avoir la clef, une petite clef d’argent. Il s’attendait à trouver son cousin -après avoir monté par l’escalier en colimaçon qui menait directement au salon du second- occupé comme toujours que ce soit à étudier des instruments de cuivre, peut-être à soupeser quelque poudre rare, de cornée de dragon ou d’os de griffon, chaussé d’un monocle magique ou éparpillé dans la lecture des journaux bulgares qu’ils recevait encore.
Alieksandr ne venait jamais lui ouvrir la porte et malgré la taille de la demeure ( six pièces à chacun des deux étages sans compter les combles), il occupait presque uniquement le salon du second, où il avait des bibliothèques aux murs, vue sur la rue, un lit de camp dans lequel il dormait dans le coin derrière l'auvent, son fauteuil favori et son bureau. Lorsqu’il voulait jeter des sorts, ou préparer des potions, il utilisait la cave. Et encore, parfois il installait son chaudron à son bureau, au grand dam de Tobias.

Oui, il coconnait là ainsi qu’une phalène.
La pièce était à peu près constamment dans un état de bazar en ébullition. Un tourbillon de travail : des livres ouverts allongés sur les meubles s’éventant avec les marques-pages, lascifs déjà lus mais jamais rangés, les coupures de journaux en tas sur plusieurs tables dont les photos jouaient aux cartes le mardi et au bridge le samedi, cinquante instruments scintillants, mille autres choses, bazar qu’il ne permettait à personne de toucher.
Tobias pourtant l’enjoignait quotidiennement à tout ranger jusqu’au dernier parchemin volant, pour y voir plus clair ; il ne triomphait, disons chaque mois, qu’au terme de rabrouements des plus vils adressés à lui par son cousin sous formes de piques et pour lesquelles Menroth Jr. faisait preuve d’une hilarante mauvaise foi assumée, ce que, bulgare plutôt que sujet de Sa royale Majesté de ce point de vue, Aleksey imaginait être de l’humour britannique. Toujours était-il que Tobias savait ou pensait qu’il lui en était gré, d’autant plus rassuré là dessus que l'ancien duelliste l’en remerciait lorsqu’il avait été trop pince sans rire et qu’il avait besoin de ça pour céder au rangement de toutes façons.
L’inefficacité des enchantements à ce sujet d’Alieksandr était si surprenante -les choses s’empressaient dès qu’il les lançait à demeurer hors de leur place avec ardeur et opiniâtreté et les encriers en tête, en s’enfuyant répandaient leur encre pour ne point être refermés, le miroir magique de communication, ouvragé de feuille dorée, renvoyait les pires profils, ou bien votre reflet se colorait de boutons et mangeait ses crottes de nez, ou encore, il se couvrait de traces de doigts, une fois, ç’avait été fort amusant d’ailleurs, la cheminée avait éructée sa suie noire à la face de Césaria ( Caseatti, la cantatrice, troisième épouse de Tobias avec laquelle il allait probablement entrer en instance de divorce sous quinzaine ) et la théière, même la théière ! d’ordinaire fort civile qui avait le parfait accent d’Oxford lorsqu’elle vous proposait le thé à cinq heures, s’enfuyait avec fracas en embarquant une tasse avec sa trompe et en émettant un sifflement suraigu quand vous la poursuiviez -, si prodigieusement suspecte donc, cette inaptitude à ranger correctement cette pièce par ses sorts d’Alieksandr que Tobias, ses enfants, son épouse et Kovy, l’Elfe de la maison -fort noblement traité par ailleurs, habillé d’une très suspecte redingote de velours à froufrous, de charentaises, d’un jogging pression et d’une casquette à l’envers de rappeur US- qui ravitaillait son maître en nourritures, boissons, robes propres, plumes et toutes les autres choses souhaitables, commençaient à se demander si Alieksandr n’enchantait pas la pièce justement pour se désordonner.

Une unique chose au monde, le plaisir d'une Reine,
Un seul argument le poussait à ranger, il y passait alors longtemps sans magie– même celle de l’Elfe était sans prise- : la proximité d’une visite de Saoirse Shepherd.
Dès lors, il fallait tout ranger, Alieksandr arpentait même les autres pièces, semblait juste déambuler en réfléchissant, méditant, calme et silencieux comme à son habitude, mais rectifiant là la droiture d’un tableau dans la salle à manger du premier, arrosant çà de sa baguette les plantes de la seconde chambre d’ami, tenant à aérer sa propre chambre dans laquelle il ne dormait qu’avec elle – enfin Tobias le pensait, il n’était pas allé jusqu’à chercher à savoir si Saoirse avait dormi là ! ...Bon, une seule fois , il avait voulu rendre une de ses nombreuses visites à Alieksandr au petit jour après un soir qu’il savait que la journaliste était passée, mais il n’avait retrouvé sa clef d’argent que plus tard, au bec d’Artémis, la superbe chouette de son cousin qui, bien que vivant dans les combles avait son perchoir au salon du second où elle pratiquait de vastes, amples et diligents trésors de sieste.

*

Il rit, il doute, il songe, là devant sa coiffeuse
Alieksandr sourit au miroir et pivote.
Outre l’une ses habituelles tenues de dandy, boutonné jusqu’au col d’une chemise à la mode sorcière, motif écossais carrelé blanc, un peu aussi de jaune et de bleu foncé*, robe de sorcier bleu nuit liserai fin et or sombre. Des bottes de voyages, assez citadines quand même pas grossières du tout pour du cuir de dragon renforcé de semelles (extérieures !) en peau de troll. Sur ses épaules la Cape noire héritée de son père. Enchantée depuis des siècles, la Cape avait déjà anticipé sur la destination, elle s’était renforcée en doublure dès qu’il s’était lancé les premiers sorts d’imperméabilité et de résistance au froid.
Il s’était coiffé un peu plus qu’à l’habitude et avait secoué la tête jusqu’à ce que ça ne se voit plus trop.
Bref, il attrapa un paquet, le mit dans sa poche, chaussa ses gants en cuir de dragon. et s’apprêtait à
descendre lorsqu’il entendit du bruit. Ce n’était pas Kovy, certainement Tobias.

Elle cesse de couler, son humeur joyeuse,
Il attendit.

-Aurais-tu perdu tes lunettes ? Lança t-il, le ton bravache faussement mal aimable.

-Mes lunettes ? Répondait Tobias, qui ne rechignait pas à jouer le rôle de faire-valoir pour les déductions et les jeux de son cousins tant il avait d'admiration pour ce que cet esprit fut vif et observateur tout en étant capable de réflexion et de profondeur. Il en était cent fois récompensé d'ailleurs.

-J’ai dit à Kovy de te laisser un mot, placardé au parchemin sur ton armoire et tu l’as ouverte puisque tu n’es pas en chemise de nuit. Voix égale, Aliesandr remonte une dernière fois son col en fronçant les sourcils ? Le miroir, fort moqueur fait mine de s'en exaspérer.

Ils sourirent.

-J’ai eu des mots avec Cesaria, elle a retourné toute la chambrée. Tobias, qui a connu plus de rupture qu'un pont dont les plans furent cent fois fabriqués par des Trolls, semblait déjà partie pour s'en remettre.

Alieksandr hocha la tête, l’œil perçant. Bien que soupçonnant quelque nouvelle conquête ( après tout pour le héros de toute l’Écosse, le meilleur joueur britannique des cinquante dernières années, la peur de mourir seul ne pouvait exister), il eut un geste de la main qui signifiait « désolé » mais le sourire élargi de Tobias chassa l’attention.

-Où allez vous ? s'enquit Tobias, avec peut-être une pointe de désapprobation, à moins que ce ne fut la contrariété liée à la rougeur de sa joue droite qui s'exprimat ?

-Alba… a' Ghàidhealtachd.

Tha mi a 'dol a dh'fhaicinn Saoirse, tha coltas gu bheil fiosrachadh inntinneach aice mu Chaimbeulach. Ma dh'fheumas Beia mi, tha fios agad ciamar a chuireas tu fios thugainn.


En Ecosse, en Gaélie.

Je vais voir Saoirse, elle aurait des choses intéressantes sur Campbell. Si Beia me demande, tu sais comment me contacter.
Que pratique est l'écossais pour d'entendre éviter les évidences et les sous entendus tonaux. Allez donc faire varier le ton de votre de voix pour suggérer quoi que ce soit dans une langue, fut-elle maitrisée par vous, qui ne vous pas tout à fait habituelle.

Un vol l’attendait, qu’il avalerait sans gêne,
Alieksandr était presque parti. Il ajouta quand même cela, si Tobias croisait Beia au Ministère, qu’il évite de mentionner Saoirse. Inutile d’en parler, ne pas la mettre en danger.

*


Coquine, lutine, habile était elle dans sa lettre.
Il aimait bien l’écriture de la jeune femme. Elle écrivait bien. Peut-être sur sa naissance quelque Muse l’avait-elle dotée pour la plume. Comme on l’avait lui-même affublé pour la conquête. Prédestinés...

Tomber ce jour malade, il refusait d’admettre,
Avec le balai qu’il employait et malgré plusieurs sorts, Alieksandr espérait ne pas attraper la crève. Ça aurait été super de revoir Saoirse pour la première fois depuis plus d’un mois et de barler gomme ça, se boucher tout le demps… Cette pensée le fit rire comme il se désillusionnait. Son Eclair de feu suprême décolla au dessus de Londres comme un coup de tonnerre jeté vers le  ciel.
Artémis avait chopé un rhume (houc houc !) de hibou lors d’un voyage entre le Royaume-Uni et la Bulgarie. Elle avait mordu l’oreille d’Alieksandr jusqu’au sang quand il avait entreprit de répondre à la journaliste avec le premier moyen-duc venu. Cela avec beaucoup de dignité tout de même, rien de glouton dans son geste, plutôt la fermeté d’un maître du corps à corps oriental dominant un élève.
Malgré ses éternulluments, c’était donc elle qui avait porté ce pli couvert à l’encre noire, envoyé par Aleksey en réponse aux sollicitations dont elle l’honorait :

« De retour dans Londres, je vous envoie ce mot
Le 15 janvier,

Miss Shepherd,
Je vous remercie,
Je dois malheureusement décliner votre offre,
Gardez cette chaussette par-devers vous car j’ai bien peur que sa jumelle n’ait pas supporté la disparition et soit portée disparue également.
Je vous retrouverai donc sur l’île de Skye vers 14h samedi 20.
Il m’est difficile de me libérer, comprenez que Campbell m’intéresse, mais vous bien davantage et aucun autre lieu ne m’eusse davantage ravi. Sur cette île, j’ai bon espoir d’apprendre sur vous plus que sur votre ancien protecteur.
La nouvelle de son innocence m’a ravi pour vous,
Je m’en voudrais qu’on vous procure quelque tristesse,

A.L.M »

Le voyage, à son terme était enfin échu,
Menroth vit d’abord le lac, depuis les airs frais où les embruns, n’eut été ses sorts l’eussent glacé vif. Mais il n’avait pas voulu faire un si long transplanage et encore moins vers une île où il n’avait jamais mit les pieds. Même pour lui qui avait été de nombreuses fois à Tain, à l’est de l’Écosse, dans les Highlands où se trouvait la demeure ancestrale des siens, il était entendu qu’il n’y avait que sauvages, Pitiponk et malheurs dans les îles. Était-ce dans les bras de Calypso qu’il venait se noyer ?
Il rit.
Et puis il entama sa descente sur le Loch en décrivant à toute vitesse des cercles concentriques non sans maints regards à l’horizon brumeux et fantastique. Le retour à la terre lui fit du bien. Avec la brume, il n’avait pas vu d’en haut Saoirse si elle était déjà là.

Un pays de rigoles, qui n’était point déchu.
C'était ce qu'il avait vu d'en haut.
Autour c’était la fin de l’Europe, la fin de l’Afrique et de l’Asie, lointaines, aussi. Les continents devaient s’arrêter là, dans les Hébrides, ces morceaux émiettés de terre qui flottaient sur la mer du nord, arrachés à la croûte terrestre erraient. C'était une hérésie pour lui écossais certes en quelque sorte, mais des Montagnes ! Qu'on lui donne une montagne et il se sentirait à Alba, à son propre pays. Il songea aux ancêtres mythiques, venus du Nord pour piller le pays, Larsen le Noir dont son père portait le nom et autres pillards. Se rasséréna.
Il pensa aux Hébrides, ballotées par les flots depuis toujours, elles en finiraient peut-être de couler, un jour.
Il pensa aux Moldus, dont l’action sur le monde, hors de la correction à celle-ci qu’apportait la magie pratiquée ouvertement et sans restriction aurait tôt d’engloutir cette île et toutes les autres, les autres des Hébrides, mais toutes les autres ; la Polynésie entière gobée comme un flan, le Japon, un jour, qu’elles ne recracheraient plus les eaux, pas comme la dernière fois, et puis les Caraïbes ce collier de joyaux dont les eaux vengeresses feraient une brochette, même Breatainn Mhòr, la grande île depuis Hébrides jusqu'à Portsmouth, si certaine d’être insubmersible tremblerait quand l’Australie aurait été bue comme un cocktail exotique, l’Islande aspirée par les Pôles et l’Irlande, touffue avalée de travers   ;  ça commencerait ici, pas de doute la buvaison par la faute des moldus du mondes, dans les Loch, ces terres à peine immergées mais qui l’étaient déjà au temps géants et des titans, qui avaient vus cent siècles d’histoire à l’ouest du monde, gardiennes à jamais du règne des Hommes sur la Terre, tous venus, un jour du sud. C’était le phare de l’humanité que ces îles qu’il avait survolé tout à l’heure, pensait-il en levant les sorts et en lançant en l’air, vers le ciel une gerbe d’étoiles bleues.

Et tout son être brille, comme seuls brillent les marmots
Il se déplaça, leste sur la terre rocailleuse, frêle au vent qui battait sa Cape noire, son balai sur l’épaule vers une forme qu’il avait reconnu et dont il voyait briller l’aveline dans le reflet des yeux à huit cent pas si nécessaire. Un sourire naquit au coin de ses lèvres et la rejoignant, il la salua d’une étreinte, en riant, ponctuée de courts baisers mais attendris baisers. Le vent soufflait fort. Ou peut-être pas.

-Quel dommage avec vous au milieu, tout mon intérêt pour le loch s'évapore !
HRP:
 
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MessageSujet: Re: La Mécanique du coeur |PV Aleksey|   Mer 14 Fév - 18:51

- Aucun écossais ne se serait vexé de vous avoir entendu vous exclamer d’émerveillement face au paysage, avant même de l’avoir remarqué lui. Ils sont toujours très fiers de leur île. En particulier les Sgitheanach. En ce qui concerne les écossaises, en revanche… Ajouta-t-elle mutine et flattée par ses paroles.

Insatiable d’étreintes, elle replongea contre lui (repoussa gentiment le balai qui lui barrait l’épaule) dans les senteurs de sa cape qui avait retenu les parfums de l’air et des contrées traversées. Il était de ces hommes dans les bras desquels, elle acceptait de bon cœur d’être minuscule.Quand bien même parfois elle se sentait mulot entre les pattes du lion. Elle retint encore un peu de ce moment en souriant. Ici et maintenant, les eaux noires du loch lui semblaient pareilles à un vague pédiluve duquel elle aurait exploré les fonds marins même par cette température. Alieksandre avait cette étrange influence sur elle qui la conduisait toujours à se sentir encore plus téméraire qu’à l’ordinaire. A ses côtés, elle se sentait invincible, à un point parfois même effrayant puisqu’elle se serait volontiers prise au jeu de faire quelques pieds de nez aux caractères les plus irascibles, même sous la menace d’une baguette.
Si elle n’avait eu honte de ses incapacités, c’est peut-être à lui qu’elle aurait demandé à apprendre à nager.
Et lorsqu’il partait, elle se sentait plus vulnérable que jamais.
Acceptant de détourner le nez de la poitrine de l’homme, elle jeta un regard de défi aux eaux sombres et se paya le luxe d’un sourire moqueur avant de s’en retourner vers lui.

- J’ai été navré d’apprendre le suicide de la compagne de votre chaussette. Je prendrai bien soin de l’autre, c’est promis.

Et la prochaine fois, n’hésitez pas à oublier votre chemise. Ou pire encore.


Bouse…. Mais… c’était bien vrai !!!

La Saoirse intérieure faisait des bonds et des pirouettes mentales.

C’est Tobias Mackenzie !!!!!!!!!!!!

Essayant vaguement de refermer la bouche et de rétrécir les yeux (il fallait avouer que le côté carpe devait être peu flatteur), elle avait tendu une main raide en avant, fait tomber son sac à main et rattrapé de justesse par un sortilège in extremis de la pointe de la baguette, les pâtisseries qu’elle avait apportées pour le dessert. Ses préférées. A savoir, toute une batterie.

Le portier d’Alieksandre était Tobias Mackenzie. Star du quidditch. Elle était fan. Evidemment, quelle femme ne l’était pas ? Et en plus, c’était le portier d’Aleksey ! Enfin, son cousin. Il n’avait donc pas menti… Il ne mentait pas !

Réouverture des yeux pour un panoramique de ses cils. L’homme avait galamment ramassé son sac qui avait eu, une fois encore (il était bien dressé) la douce et gracieuse idée de ne pas éventrer sur le parquet tout ce qu’il contenait. Il aurait été probablement très inconvenant de dévoiler un contenu qui en exposait plus sur elle que son bureau et son studio réunis. C’est incroyable ce que peut contenir le sac d’une sorcière. Mary Popins, son porte-manteau et sa lampe de chevet peuvent aller se rhabiller.

Après l’image, vint le son. Chose bien étrange en y repensant.

- Je ne savais pas que vous étiez aussi grand … en vrai, je veux dire, sans balai et par terre... avec vos pieds… Balbutia-t-elle, probablement peu compréhensible, devant un Aleksey qui avait fait son apparition derrière MacKenzie, un sourire amusé aux lèvres.


Sa première soirée au 168 Queen's Gate, Kensington, Londres avait été un une succession de surprises et de délices de conversations. Aleksey, égal à lui-même avait défié les lois des joutes verbales et lui avait entrouvert un peu plus grande la porte sur son univers.
A de nombreuses reprises, Tobias et lui avaient évoqué de vieux souvenirs qui lui avaient permis d’en découvrir davantage sur l’homme qui la fascinait. Non, pas le joueur, l’autre. Elle avait rapidement découvert que l’aura de charme dont était doté Alieksandre faisait effet sur tout le monde, à commencer par son cousin. A la fin de la soirée, elle avait même eu l’impression que la star n’était pas celui des deux que l’on croyait.
Tobias s’était montré fort plaisant et avait accepté de répondre à quelques questions techniques sur la composition des équipes que la journaliste s’était souvent posées. Il avait aussi révélé quelques anecdotes croustillantes sur des résultats surprenants, moyennant une promesse de sa part de ne jamais les révéler.
Si elle avait été enchantée de partager ces instants avec Tobias Mackenzie (oui, elle avait probablement comme beaucoup de fan, découpé quelques coupures de journaux le représentant et si elle avait eu son appareil ce soir-là, elle aurait sûrement peaufiner sa collection personnelle) elle ne fut pas non moins ravie lorsqu’il prit congé et qu’Alieksandre la raccompagna chez elle. Devant la porte qui menait à son studio (surtout, ne pas le faire monter, après la demeure de Kensington … elle vivait dans un espace minuscule... Demain, elle achèterait un château ! N’importe lequel, même hanté il ferait l’affaire !) elle lui offrit un sourire de bonheur sentant son cœur se réchauffer après des mois d’hiver.

Ne t’emballe pas...

- J’ai passé une soirée fantastique, Aleksey. Votre cousin est un homme charmant.

Il pourrait même vous arriver au début du bas de la cheville s’il était … un peu plus vous. Songea-t-elle en rougissant.

Ponctuant ses pensées d’un geste qui l’obligea à se hisser sur la pointe des pieds, elle posa à nouveau ses lèvres fraîches sur celles de l’homme qui lui faisait face avant de lui planter un regard sérieux dans les yeux.

S’il te plait, ne t’emballe pas…

- Ne laissez plus passer cinq mois avant de venir interrompre mes travaux, Al.

Je crois que je m’emballe un peu…



Quittant à regret sa forteresse d’émotions, elle se tourna vers le paysage qu’elle désigna d’un geste du bras, comme si elle révélait une invention géniale.

-Allez, faîtes donc un effort maintenant pour vous intéresser au paysage. Je vous présente Skye, les terres de mon enfance.

Et le loch qui a voulu ma peau.

- Mon frère, ce héros, vous le présenterait certainement avec plus de poésie, alors je ne vais pas tenter de rivaliser et me concentrer sur les points essentiels : A voir, Les Cuillins, le vieux bonhomme, les moutons, les phoques, le Fairy Glen et les lochs. Celui-ci est une pure merveille.

Et une vraie saloperie.

Bien. Avec ça, elle n’aurait peut-être pas son diplôme de guide touristique, mais le temps pressait. Elle avait tout l’homme à retrouver, une phobie à mater et quelques renseignements à glaner.

Ramassant le balai qu’elle avait mis de côté plus tôt pour l’avoir un peu tout à elle (l’homme, pas la petite chose en bois) elle le soupesa (le balai, cette fois-ci) et en apprécia la qualité du bois et les finitions, se prenant tout à coup à rêver d’un vol avec lui. Le balai en tandem était un sport qu’elle avait souvent pratiqué avec ses frères. Lùan s’amusant à l’effrayer à grand renfort de pirouettes et figures, tandis qu’Ezio avait le chic pour aller suivre quelques oiseaux ou approcher les nuages. Elle sourit en y repensant et tendit le balai à Aleksiandre.

- C’est votre moyen de transport de prédilection ? Questionna-t-elle.

Je vous aurais bien vu sur un noir des Hébrides…


- Les prédispositions sont familiales ou vous le promenez avec vous pour faire illusion ? Taquina-t-elle.

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MessageSujet: Re: La Mécanique du coeur |PV Aleksey|   Jeu 22 Fév - 19:48

Il répondit qu’il daignerait faire un effort pour s’intéresser au Loch et comme ils se relâchaient après la torpeur chaleureuse de leurs retrouvailles envoya son attention, écarquillé, vers tout ce qu’elle lui désignait. Elle paraissait avoir deviné ses pensées de tout à l’heure, lorsque tournoyant  à grande vitesse parmi les nuées, il s’était senti bien loin de ses pays au milieu des îles, car elle indiqua d’abord une courte chaîne de montagnes au sommets blancs, pierreuse et rude, dont la silhouette rassurante, somptueuse, surtout pour lui qui plus que tout s’en remettait aux élévations majestueuses des pentes pour aimer un endroit, fermait l’horizon. Dans le milieu de l’île c’était la véritable sentinelle des Hébrides que ces Cuilins, songea t-il.
Il aimait aussi beaucoup la mer, mais point celle qu’il avait survolé qui le faisait frisonner. lui qui avait grandi à Nessebar, sur une presqu’île de la Mer Noir, dont le climat qu’on appelait pontique, était endémique : tantôt slave, tantôt européen, tantôt turque, mais jamais sujet à la colère. Il ne l’avait pas trop navigué : en bon sorcier il considérait alors les bateaux -mais c’était avant Durmstrang et son puissant trois-mâts aux voiles blanches- avec une certaine froideur et la tradition pyromancienne de la famille ne manquait pas de commander gravement qu’on se méfiât de l’eau. Aujourd’hui il aurait bien voulu naviguer au large de Nessebar… Il considéra d’un coup d’œil rapide, tandis qu’il pensait qu’elle ne le remarquerait pas, Saoirse. Le regard qu’elle avait dardé sur les eaux sombres ne lui avait pas échappé, mélancolique regard peut-être, après tout n’était-ce pas l’île de son enfance ?

Une île merveilleuse, c’était bien vrai et le Fairy Glen, vu de loin en tous cas portait bien son nom. De petites collines triangulaires, couverte d’herbe comme d’une barbe de duvet, douce, longue, libres. Ces collines semblaient avoir poussé là avec l’herbe verte qu’on aurait dit irlandaise. AU sommet de cela, juste un vieux château ou ce qu’il en restait et qu’il ne distinguait que très mal. Si les fées de l’Ecosse devaient avoir une contrée toute à elles, ce ne pouvait être qu’ici.

Il continua de regarder, habituant ces yeux à ce jardin, ombragé par la masure des sommets des Cuilins, et se sentant très bien, ici, avec la journaliste au milieu du Loch. Elle se pencha vers son balai, le ramassa et le lui tendit, non sans l’avoir observé avec de grands yeux. Saoirse avait un œil, un sacré œil pour sûr, pas si différent du sien en fait, qui saisissait les choses et les dévorait peu à peu en voulant tout savoir.

Il fut ravi par l’éclat du visage de la jeune femme, visiblement impressionnée par le balai, mais n’esquissa pas un geste pour le prendre se contentant de sourire. Il l’avait vu discuter avec Tobias, c’était une passionnée visiblement, comme tous les Britanniques, pour ce qui est du Quidditch.

Alieksandr aimait bien cela, mais il trouvait les duels beaucoup plus spectaculaires et plus interessant Le duelliste à ses yeux était bien plus inventif, il était seul face à son destin, pouvait tout perdre en perdant un seul duel, mais c’était un débat sans fin qu’il avait déjà eu avec Tobias quand celui-ci tentait de le traîner au stade trois semaines d’affilée.
En bon homme de l’est il était adepte du duel depuis son plus jeune âge. Son père en plus, avant qu’on ne mette au jour ses activités de servant du Mage Noir, avait été le grand champion britannique des années 70. Ici, les duels autres que sportifs avaient étés interdits comme à peu près partout ailleurs, pas dans l’Est. Le reste du monde s’échinait à faire cesser la tradition sanglante du duel d’honneur depuis des années, sans succès, à l’aide de bien pesants règlements législatifs internationaux, auxquels les Transylvaniens en tête offraient une résistance crispée.
Aux Bulgares, la carrière de Krum considéré dans le monde entier comme le meilleur attrapeur des quinze dernières années (sauf dans les quelques pays, comme l’Écosse, d’où venaient ses meilleurs concurrents) avait ouvert le goût des airs et du jeu aux quatre balles, certes, mais la région vibrait encore plus pour le jeu de jambes et les contre-parade des jeteurs de sorts.

-Pour ce genre de trajets, oui, d’ici à Londres, il ne faut qu’une heure et demie, un effort ridicule, complétement indigne en comparaison du plaisir de vous voir ici.

C’est Tobias qui me l’a offert, il y a quelques années, avant même leur commercialisation.

Son ancienne épouse était fort bien placée dans la société de production.

-En 2014 puisque c’est l’année où nous avons enfin gagné la Coupe du Monde et que notre équipe l’utilisait, dit-il en levant les yeux un instant pour fouiller sa mémoire. J’imagine que les joueurs en auront de nouveaux modèles cet été, mais pour mon usage il est déjà trop bon.


Chaque année la presse et ses commentateurs s’enthousiasmaient de savoir quelle équipe volerait sur quel balai, avec quelles spécificités, quel bois et toutes les compagnie de balais de Quidditch se précipitaient pour présenter leurs derniers modèles. Chaque joueur participant à la Coupe se voyait offrir un set de balais sur modèle lui avait expliqué Tobias qui valait évidemment une fortune bien qu’il n’ait jamais semblé vouloir épargner le moindre risque aux siens. En 2014, selon Tobias, avec l’Eclair les meilleurs balais avaient été les excellents Varápidos brésiliens et Starsweeper XXI étasuniens.

Hormis en ligne droite je n’ai jamais essayé d’en tirer le meilleur de peur d’être éjecté, mais je fais  plutôt bien illusion, vous savez, répliqua t-il à sa remarque en fronçant les sourcils de l’amusé, moqueur et baladin qu’elle lui connaissait bien. Mais je suis pas mon cousin, pas faute d’avoir essayé le Quidditch pourtant, mais je faisais un attrapeur catastrophique et un batteur à peine potable.

Il exagérait, il avait été plutôt bon en tant que batteur à l’époque. Il faut être quelqu’un de souple, vif et de téméraire pour distribuer les Cognards. Rien à voir avec son niveau de duel, même à l'époque, mais ne se débrouillait pas si mal. Simplement il était loin des meilleurs et, à l'époque, cette simple idée là lui était profondément insupportable. Désormais, il se relâchait, acceptant de ne pas réussir partout, même s'il n'en abandonnait pas encore tout à fait l'idée.

-Peut-être qu’une balade au dessus du Loch vous tente ? Proposa t-il en couvrant l’eau sombre de son regard comme s’il avait été à même d’en sonder tous les secrets. Je suis certain que vous volez à merveille et que vous attrapé tous les Vifs d’or sous le nez de vos frères aînés pendant une bonne partie de votre enfance.

Intérieurement il se demanda si c’était une bonne idée de se détendre en tandem avec Saoirse, elle était habile à tirer les renseignements d’autrui ; il l’avait vu exercer son talent sur Tobias en se délectant du spectacle, mais sur lui-même et bien qu’il l’en crut incapable il savait désormais que face à elle ce n’était pas tout à fait lui seul qui agissait. Et c’était elle qui lui avait promis d’en dire plus sur Campbell, pas lui qui devait livrer le détail des conversations de couloirs, agacements, jurons et autres claquages de portes entre Kinkaid et le reste des Directeurs de Département. Bah, cette fille faisait de lui ce qu'elle voulait, de toutes manières. Oh il resistait et plutôt fermement, n'en montrait à peu près que ce qu'il souhaitait, mais il y avait cette chose qu'il adorait, le caractère incontrôlable autant que violent du désir épris qu'il avait pour elle : il le réalisait d'autant mieux qu'elle était pis que divinement jolie, découpée face à lui, par les rayons perçants de l'astre solaire ; elle n'en conservait pas l'éclat, elle l'irradiait.
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MessageSujet: Re: La Mécanique du coeur |PV Aleksey|   Sam 10 Mar - 14:51

-Il y a donc des choses qu’Alieksandre Menroth ne fait pas avec excellence ? Le taquina-t-elle en prenant un air faussement étonné. Pourquoi suis-je persuadée qu’à l’instant même où vous enfourcherez ce balai vous y serez aussi à l’aise que moi ?

Elle aurait pu dire « plus à l’aise que moi ». C’est probablement ce qu’il aurait fallu dire. Sauf qu’en ce qui la concernait, elle était plutôt douée sur un balai et que la fausse modestie ne lui allait guère. Le visage éclairé par de vieux souvenirs d’enfance où fleurissaient les matchs de quidditch dans le jardin de la grand-mère, elle lui offrit un regard mutin où perçait espièglerie et une pointe de fierté.

-J’aurai pu attraper un éléphant d’or sous le nez d’Ezio s’il avait un jour daigné intégrer une équipe.

Il avait toujours montré une aptitude très particulière, quoique notable et sûrement primable, à suivre nuages, oiseaux et raies de lumières hors de toutes frontières raisonnables d’un terrain. Etrange qu’il n’ait jamais saisi l’ampleur poétique de la course d’un vif d’or.

- Mais détrompez-vous, Poursuivit-elle d’un air de conspiratrice mon frère Lùan a été pris en équipe nationale avant d’avoir son … accident. Qui sait s’il n’aurait pas volé la vedette à votre cousin, alors. S’enorgueillit-elle en songeant à nouveau à ces petits riens qui inculquent de puissants changements de direction dans une vie. Je ne me débrouille pas mal, ceci dit. Etre petit et agile (léger et teigneux ) est un atout indéniable si on sait maîtriser son balai. S’illumina-t-elle en poursuivant son observation méticuleuse de ce superbe objet.
-Je conduis ? Glissa-t-elle avec malice en attirant le balai contre sa poitrine.

Il était plus que temps que les femmes prennent enfin les rênes des balais (si seulement ils en avaient eu) pour montrer qu’elles avaient le contrôle de leurs vies. D’ailleurs si elle avait souvent rêvé à un prince, il était clair que ce serait elle qui mènerait le cheval blanc. Avant d’obtenir la réponse souhaitée elle enfourcha vivement le balai et invita Alieksandre à monter derrière elle d’un clin d’œil. Après tout, il n’avait pas esquissé le moindre geste pour lui reprendre l’objet, il devait bien se douter, la connaissant de mieux en mieux, qu’elle en profiterait pour l’essayer.

- Vous verriez bien peu le paysage si je montais devant. Lança-t-il dans un regard qu’elle devina un peu amusé.

A de nombreuses reprises, il lui semblait saisir sur le visage d’Aleksey des expressions indéchiffrables dont il lui jetait quelques suggestions en pâture. Tiens donc ma chère, pourquoi ne serais-je pas offusqué par vos propos ? Tandis qu’une partie de ses yeux étincelait pour venir faire voler en éclat les propres hypothèses qu’il lui tendait.  Elle commençait à le connaître suffisamment pour savoir qu’il aimait à cultiver ce mystère qui l’avait fascinée dès le départ. Et bien que certaines zones d’ombres demeurent au tableau de son caractère, elle, de son côté, ne s’en trouvait que plus désireuse de s’en approcher, dans un intérêt dévorant.


- Je pourrais conduire ici les yeux fermés, vous savez.

Entre eux, c’était un jeu permanent. Permanent mais sérieux. Un ballet de taquineries, d’expressions dissimulées sous d’autres, de secrets livrés à couvert ou découvert. Une danse perpétuelle d’échanges provoquants pour obliger l’autre à en dire un peu plus, avec suffisamment de respect dans leurs propos pour avoir envie de poursuivre.

-Et d’une main. Lui dit-elle en attendant qu’il prenne place, contre elle.

Il y avait en eux des points de ressemblance dans l’ambition, la volonté et l’impétuosité. Et parfois de tels écart de pensée qu’ils se surprenaient l’un l’autre et réussissaient par quelques tours de magie à ne pas se froisser dans leurs croyances profondes.

Parfois, il lui semblait qu’il se contrôlait pour ne pas dévoiler ses pensées. Et si cette attitude agaçait la curiosité légendaire de la petite journaliste, une part d’elle s’en sentait flattée. Elle se savait capable de le troubler parfois. Il fallait juste qu’elle évite de mentionner qu’elle se sentait rougir chaque fois que son nom à lui apparaissait quelque part et qu’elle répétait plusieurs fois ses phrases dans sa tête lorsqu’il était trop près d’elle ou la touchait.  

-Il est cependant certain que ce sera plus confortable ainsi. murmura-t-elle en s’appuyant un peu sur lui. Et vous aurez une vue splendide avec un conducteur de cet acabit… A condition que vous parveniez à ouvrir les yeux. Glissa-t-elle malicieuse.

Frappant le sol d’un pied vif, elle s’enivra de la sensation de décollage et de la rapidité d’exécution de la bête. Quand elle dirait, au bureau, qu’elle avait testé ce modèle-là, avant même sa commercialisation, plus d’un boufferait leur plume et l’encre avec ! Si elle ajoutait à l’attention de Millicent, qu’accrochées à sa taille, il y avait les deux mains chaudes d’Alieksandre Menroth, elle était plus que certaine de décrocher la palme des femmes que l’on jalouse. La jeune femme qui travaillait avec elle avait un certain goût pour s’enticher des hommes qui rendaient visite à Saoirse. De ses frères à Alieksandre, Millicent était friande des détails qui couronnaient ces étranges relations. Et là, des détails, elle en aurait à fournir à la pelle et au balai.

Perdue dans les dix doigts posés sur ses hanches, elle réalisa qu’avec la vitesse du balai, ils étaient déjà à une hauteur impressionnante. Décrocher la lune aurait était faisable d’un doigt. Les eaux du loch n’étaient déjà plus qu’une vague tache sur la veste verte d’un enfant et semblaient de là-haut, bien moins effrayantes. Saoirse leurs décrocha un sourire de triomphe.

Même pas peur.

Le vent lui fouettait le visage et envoyait valser ses cheveux dans le visage d’Alieksandre, derrière elle. La chaleur de son corps passait à travers leurs vêtements, et blottie ainsi entre des épaules fortes, elle se sentait capable de descendre en piquer pour plonger dans l’eau glacée. Elle ferma les yeux un court instant, portée par les sensations grisantes de la proximité d’Aleksey et du vol. Le contact de ses mains sur elle lançait un appel violent à son corps qui répondait encore plus furieusement. Consciente de s’égarer en pensées (ce qui était fortement déconseillé quand on dirigeait un objet aussi puissant) dans lesquelles les pâtures verdoyantes des alentours offraient un refuge bien plus confortable que les cieux, elle rouvrit les yeux et posa pied à terre virtuellement en se concentrant à nouveau sur leur vol .

-Les Cuilins ! Comme vous ne les verrez jamais. Sommets bien mystérieux, si vous voulez mon avis. Mon frère prétend même y avoir croisé un dragon, un jour. Lança-elle en désignant ce qui ressemblait maintenant à deux petits collines. Et là-bas, Portree !

Avec de bons yeux, elle aurait pu distinguer plus loin, la maison de ses parents. A la place, elle effectua un virage particulièrement serré, et dans un élan de folie destiné à prouver son habileté à manier un balai, amorça une simili feinte de wronski en les dirigeant tous deux à vive allure vers le loch. Elle n’avait encore jamais vu Alieksandre effrayé et devait avouer qu’elle aurait sentit une sacrée pointe de fierté à en être la cause. Réprimant, sans grand succès, un cri de triomphe au cours de leur descente vertigineuse, elle observa le loch se rapprocher à vitesse grand V.
Au lieu d’aboutir en chandelle, sa figure à elle se stabilisa à quelques pieds de l’eau, dont seul le déplacement d’air lié à la vitesse du balai perturbait la surface lisse. Elle ralentit un peu l’allure et contempla leurs reflets dans les eaux noires.
Si elle avait mis une bonne vingtaine de minutes à se coiffer, il n’en restait plus grand-chose désormais. Joues roses et cheveux au vent, elle voyait ses yeux pétiller sur la surface de l’eau. Elle se tira la langue et se retourna brusquement pour voler un baiser à son passager.

- Félicitations, agent Menroth. Vous venez d’entrer dans les statistiques du baiser à vive allure !

Quelque chose bougeant sous leurs pieds, détourna soudainement son attention du visage d’Aleksey. Rouge, flottant tout juste sous la surface de l’eau. D’abord surprise, elle amorça un brusque virage pour repasser dans le même secteur. Ne voyant rien pour commencer, elle distingua finalement un mouvement lent, sous l’eau et son cœur se gela sur place tandis qu’elle s’imagina voir une petite fille enveloppée de rouge, le visage pâle d’une noyée, sous leurs pieds.
Le balai subit une embardée violente et Saoirse dû se cramponner au manche pour ne pas en être éjectée. Leurs pieds touchèrent l’eau et ralentirent la merveille de puissance qui finit par s’arrêter en plein milieu du loch sous les mains expertes de la conductrice plus blanche que des œufs montés en neige. Ils étaient si près de l’eau que les pieds d’Aleksey, plus grand, en touchaient la surface froide tandis que Saoirse reprenait ses esprits tout en continuant à scruter les profondeurs.

-Pas de panique, je gère. Souffla-t-elle d’une voix ou sévissait tout, sauf la gestion. Vous… avez vu ça ? Demanda-t-elle tout de même.

Ses yeux cherchaient ce qu’elle avait pu apercevoir pendant que sa raison criait à l’hallucination.
Consciente de son attitude qui devait paraître au mieux ridicule, au pire complètement barrée à Aleksey, elle se retourna pour lui offrir un sourire de gestion de crise et dégagea de son visage, les quelques mèches qui tentaient de lui cacher la vue rassurante d’Aleksey.

- Notre reflet, surement.

Ouais, et le rouge, c’était tes joues, à cause de ses mains? Pauvre cloche.




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MessageSujet: Re: La Mécanique du coeur |PV Aleksey|   Lun 12 Mar - 22:38

Un air désolé transparut, première couche, sur l’affection d’éternel amusement qui ne quittait jamais les traits d’Alieksandr Menroth en présence de Saoirse Shepherd. Age quod agis, pensa t-il, répétant mentalement une devise latine entendue ou lue autrefois, sans qu’il ne puisse dire où. Peut-être, certainement à vrai dire, l’un des nombreux maîtres employés par Katherine sa mère, à Nessebar ou à Sofia jadis, lui avait-il transmis la maxime.

C’était en fait le precepteur qui l’avait initié aux lettres françaises, à l’âge où il ne songeait qu’à courir sous les futaies du jardin de la Maison Grise, qui lui avait tant martelé la fameuse devise qu’elle revenait maintenant, imprimée sur les parois de son palais mental. D’origine moldue la devise, se serait-il souvenu n’eut été la présence de Saoirse qui lui anesthésiait le cerveau. Il devenait attentif à tout autre chose qu’au contenu de ses souvenirs en sa compagnie.
Elle avait cet effet sur lui, de mélanger le lui passé, le lui présent et ce qu’il était en devenir, habituellement scindés dans l’évanescente l’inconstance des êtres, fussent-elles les plus habillement ordonnés, toutes ces rémanences de lui.
Katherine avait insisté, contre les convictions imprégnées des vieilles traditions de toute la famille, pour qu’il entendit dans son jeune âge et à titre de légendes l’histoire des moldus. Il avait pour l’instant égaré la clef du compartiment qui contenait l’histoire de l’aphorisme: Age quod Agis, fais ce que tu fais,  une histoire qu’il avait adorée pourtant il y avait si longtemps. Les Français du 51e régiment d’infanterie l’avaient forgée dans la Marne, en 1914, à force de peines et de sacrifices, cette histoire.

« Quand avait éclatée la première Grande Guerre entre les moldus, les moldus allemands avaient progressé en territoire français par d’habiles manœuvres, menaçant de couper la retraite et la ravitaillement de leur ennemis en tranchant comme Alexandre le Grand le nœud gordien, leur chemin droit dans la neutralité des moldus belges.
Ils font comme ça la guerre, les moldus,  ils s’arment et marchent lentement mais lourdement et sus à l’ennemi. Comme les deux camps font de même ils finissent par se rencontrer. C’est alors un grand bain de sang, et sang jaillit toujours plus fort du robinet le cours de l’histoire avance et c’est un peu comme la rivière qui finit en torrents.

Après des jours et des jours d’une retraite désastreuse, désordonnée vers Paris, les généraux avaient finis par réorganiser les troupes, profitant de ce que toutes les routes et tous les rails – aussi importants pour les déplacements des moldus que les fleuves pour celui des saumons– qui convergent vers la capitale, et qui jouaient auparavant en faveur de leurs ennemis allaient désormais être en faveur de leur parti. En effet, les moldus qui ne transplanent pas se gênent lorsqu’ils refluent nombreux dans un faible espace : doivent-ils se séparer et disperser leur puissance, tenir et risquer d’être encerclés par manque de mobilité ? Le meilleur choix est encore d’enlever un seul assaut, toute la puissance dirigée vers un seul point pour créer la rupture mais les Être encerclés paniquent et se rendent, seuls les indomptables, une minorité, se battent. Cela s’applique à toutes les créatures qui ni ne volent, ni ne creusent, ni ne transplanent.
Au contraire, les Français pouvaient de partout en leur vaste territoire faire venir moults renforts ! Age quod agis, ils l’avaient bien forgée la devise, les garçons du 51e. Après des jours et des jours de fuite et de reculades à la limite de la déroute totale, ils s’étaient retournés, pour tenir enfin le terrain et monter à l’assaut depuis des fortifications solides et la volte-face avait brisé net l’effort allemand. Une maîtresse contre-attaque, brisant l’effort ennemi, et donnant l’avantage ! Un principe important quand on combat un adversaire : préparer la contre-attaque et la placer au moment opportun, car la rater peut signifier être battu. »

Non pas que ces pensées revinrent à Alieksandr en cet instant, mais tout cela, on l’en avait si bien nourri autrefois qu’en toute situation le moindre des préceptes tiré de ces histoires lui revenait au galop comme on étire un muscle engourdi.

Il hocha la tête un peu de biais, rayonnant de ces airs désolés imprimés sur ceux qu’il prenait pour  taquiner Saoirse, un peu moqueurs et amusés.

-Disons que je fais ce que je sais faire. Les gens supposent d’eux-même que j’excelle au reste.

C’était partiellement vrai, il avait une capacité extraordinaire à exceller dans tout ce qu’il entreprenait et ce qu’il entreprenait s’imposait à lui. On avait si fort appuyé sur l ‘esquisse qui traçait son destin, qu’Alieksandr glissait sur le gras de la mine de crayon et traversait la vie lancé comme dans un toboggan.

Élan de modestie, pas tout à fait son naturel, achevé de la même tonalité infimement péremptoire avec laquelle il partageait une déduction. Une autre chose qu’il faisait « avec excellence» déduire. Il déduisit qu’elle était enchantée de trouver un terrain sur lequel elle allait prendre un plaisir fou à le faire sortir de sa maîtrise. C’était peine perdue, il avait trop de sang froid, tout au plus il se crisperait, rien de plus. Pas de quoi la faire jubiler. Rien qu’elle ressortirait nonchalamment lors d’une soirée entre amis ou devant Tobias. Si peut-être que devant Tobias elle arriverait à se moquer  un peu de lui, eux qui sur des balais ne faisaient qu’un avec le bois.

-Aussi à l’aise que vous, ce serait déjà trop peu, puisque c’est mon balai, queje pratique depuis un moment et je ne le serai pas aussi à l’aise que vous, Saoirse.

Un peu plus tard, il levait un sourcil dubitatif.
Le troisième Shepherd, le banquier (qui nonobstant l’affection insatiable dont Saoirse le comblait – un peu étouffante pour lui, supposait Aleksey- semblait être de la fratrie le plus ennuyeux des Shepherd, jeune marié, terre à terre – pas tant que ça finalement- et porté sur l’or) volait bien ? Mieux que Tobias ? Voilà qui annonçait de joyeux moments… Tobias et Lùan, Saoirse complétant le trio, volant à fond le chaudron sur leurs balais, le premier, prêt à tout pour amuser la galerie, bon caractère pas du genre à démotiver le second, au contraire, lui laissant toute la place pour briller juste derrière lui, à grands renforts de joyeuses tapes amicales. La dernière, impétueuse obstinée, ne cherchant que le geste et le plaisir du vent saillant par ses cheveux, cent pieds au dessus du sol.
En challenger vaillant et talentueux, Lùan ne lâcherait jamais rien, jusqu’à peut-être répéter la figure de Tobias, l’Envol. C’était lui qui avait inventé ce tour insensé : il envoyait son balai sur sa  trajectoire approximative qu’il estimait rapidement et sautait sans vergogne dans le vide pour attraper le Vif d’or, au risque de sa vie. Moins d’une fois sur deux, il avait été rattrapé par son balai, parfois par ses coéquipiers, parfois s’était brisé tous les os du corps. Sa carrière durant, jamais ou presque, il n’avait raté le Vif en utilisant cette fameuse spéciale qui avait fait sa renommé comme une symphonie avait enfanté Beethoven.
Vers le ciel alors, lorsqu’il avait la colonne vertébrale brisée, il brandissait le Vif d’or entre ses doigts ; tout le public entonnait, et souvent y compris les supporters adverses, émerveillés par tant d’audace, Scotland the Brave, Flower of Scotland et tous les chants d’Ecosse. Très grièvement blessé, n’eut été la magie, il ne gardait le bras en l’air que le temps de s’évanouir, ce qui donnait le signal aux Medicommages jusqu’ici distraits et l’esprit absolument transporté par l’air le plus célèbre d’Écosse, trop occupés à répondre le traditionnel « Bastard » à l’arrivée dans le chant d’Edward Ier d’Angleterre pour s’occuper de sauver la vie du héros avant qu’il ne soit trop tard.  Il s’en était pourtant toujours remis le bel attrapeur.
Et Ezio dans tout cela ? Ezio, quand il serait présent, regarderait la terre en décrivant des cercles très hauts dans le ciel sans cesser de déclamer des poèmes gaéliques. Lui-même Alieksandr imaginerait le moyen de récupérer la vedette au milieu de ces trois là. Peut-être en évitant les frais de Medicomage en rattrapant de justesse les funambules sans fils qui s’envolaient de leurs balais pour attraper un Vif d’Or que Saoirse leur aurait déjà soustrait ? Se facherait-elle s’il utilisait discrètement un sort, comme elle l’avait fait -semblait-il avec habitude- pour vider son verre lors de leur déjeuner, des mois auparavant, afin que le Vif s’engourdisse devant elle et échappe avec plus de ténacité aux assauts des deux voltigeurs ? Sans aucun doute et ce serait parfait. Il faudrait qu’il le fasse !
Ou il pourrait briller en tournant, subtilement, à son avantage les récits qu’Ezio ne manquerait pas de faire du voyage vers le Temple du Homa.

Il se voyait plus vieux, dans la cour d’un logis qui avait l’immensité circonscrite de l’île de Skye dans la verdure matelassée de roc et d’eau de l’Ecosse et le soleil de Nessebar brillant au firmament de toute l’antiquité de Menroth’s Hall ; il lui semblait entendre des rires, semblables à ceux que lui et les enfants de son âge poussaient autrefois dans le jardin de Nessebar, quand Baba Elza et son Fléreur favoris les chassaient des carrés de pissenlits anormalement couverts de bubonset infestés de pucerons rouges de la taille d’un orteil qu’elle cultivait à chaque début de Printemps, quand la famille quittait la résidence d’hiver sofiote. Jamais il n’oublierait les rives de la Mer Noir qui avaient miré avec bienveillance sa jeunesse.

Alieksandr n’avait pas rêvassé -il avait acquiescé : Certainement. Vous verriez bien peu le paysage si nous faisions autrement-, les souvenirs lui revenaient, plus ou moins solides et passaient sur lui comme une bruine si fine qu’il n’en discernait aucune goutte. Seule l’humidité fraîche et agréable sur sa peau lui faisait ressentir leur présence. Ici-même, autour du Loch de Saoirse, ça lui faisait du bien de voir que, l’ombre des Cuilins ayant réchauffé son cœur, ils n’hésitaient pas, ses souvenirs, à se manifester du plus profond de lui-même. Et même ils se mêlaient à des images non advenues, mais qui pourraient advenir un jour. Effrayant comme c’est timide un souvenir, ça le reste longtemps et puis finalement, un jour, tous vos souvenirs se sentent bien à se manifester ici. Battez vous pour qu’ils n’aient de cesse, le confort des souvenirs avec les hypothèses qui vous viennent, c’est un brasier dans l’âme, la satisfaction de s’accorder à soi-même, de faire ce que l’on fait.

-Au fait, le mariage de votre frère ?
risqua t-il, bien qu’il eut depuis longtemps prit conscience qu’il n’était jamais bon d’évoquer devant Saoirse l’hypothèse et maintenant le fait établi et certain qu’elle devrait partager un peu – beaucoup trop- de son frère avec une belle-sœur. Dans ses lettres, elle n'avait parlé du mariage que pour laisser entendre que ça ne s'était excessivement parfaitement bien passé.

Vous n’avez blessé personne j’espère ?
Fit-il comme il venait se placer derrière elle avec une agilité de panthère, puis affermissait sa posture en posant sur les hanches de la journaliste ses mains gantées. Malgré les couches les séparant, un élan le prit, de tendresse et il réfugia son souffle chaud dans une brève étreinte près du col de la jeune femme. Une excuse pour cette pique qui pensait-il, ne manquerait pas de la raidir ( « Comment cela, Al’, moi je couve un peu trop mes frères ?! N’importe quoii !! Et puis d’abord, Ezio disparaît sans cesse et revient à moitié mort à chaque fois !! » Inutile alors de faire remarquer qu’ils étaient ses aînés et tous deux grands garçons, au risque de se voir reprocher d’avoir entraîné le barde jusqu’en Iran à l’endroit le plus chaud de la terre). Ou peut-être, il s’agrippait, comme il faisait mine de le faire (non sans fermeté) à présent. D’une petite voix distraite.

-Si je dois vomir, vous avez ma parole que je vous préviendrai.
Rien ne trahissait la plaisanterie et ça ne paraissait pas effleurer sa fierté masculine d’être derrière elle. Soit qu’elle fut trop fermement établie sa fierté pour être ébranlée, soit qu’il fut ardemment moderne sur la question pour un galant homme aux manières séduisantes et assez traditionnelles. Sur cela le mystère demeurait, à quoi bon serait-ce qu’il en fut autrement ?

En réponses aux piques, il répliqua, ravi des joutes qu’elle lui fournissait.

-Si vous fermez les yeux, je transplane jusqu’à Sofia.
Et en réponse. Faites usage de vos deux mains quand même, je serai enchanté de mourir avec ou pour vous, daignez souffrir que cela ne soit pas parce que vous me tuez. Pour vous surveiller, je garderai mes yeux ouverts. En plus, j’aurai besoin de votre aide sur une affaire, pas tout de suite, mais j’aimerai vous en parlez. Je pique votre curiosité ? Très bien, alors pensez-y au moins de nous tuer.

Il déposa un bisou sur sa joue lorsqu’elle décolla.

-Farewell, Saoirse, I love you.

Effectivement, elle en voulait pour ses efforts. Le balai pouvait payer. Alieksandr se surprit à se féliciter de la légèreté de la chair qu’il avait faite à midi lorsqu’elle grimpa en piqué si haut et si brutalement qu’il eut l’impression de se sentir tomber vers ciel.

Et si, parmi les ciels, il était moins brillant que sur terre il conservait une agilité énergique, au moins assez pour se cramponner à elle avec souplesse, dextérité et cet amalgame de puissance et de délicatesse qui colorait toutes les manifestations de sa force brute. Comme elle fendait les cieux en se servant de leurs corps tel Zeus qui faisait ricocher ses éclairs sur la terre afin qu’ils montassent très haut dans les nues, il ne cessa de la saisir, puisqu’elle n’avait aucune pitié pour ménager son corps, il n’épargnait pas sa frêleure* de lutine aux tourbillons d’aveline, élancée dans l’azur au dessus du lac et des torrents telle une nymphe aérienne, fluette Athéna emportant un mortel, héroïque grâce à elle mais humain, Diomède, Ulysse ou bien Achille vers son aristie ; qu’il puisse un court instant seulement devenir son pareil, lui être égal en tout avant de retomber au sol, glaise  ennuyante quand elle serait partie, la passion, où, de lui, se rapprocheraient les griffes de la mort, mais si petite la mort désormais, comparée à la gloire de la passion, qu’on pouvait mourir et mourir encore.
Et il eut l’impression qu’ils partageaient un moment tout autre, beaucoup plus intime, car elle ne manquait pas de se comporter ainsi en pareilles occasions : dans ses pudeurs d’enfant qui s’empourpraient autant que le Fleuve Rouge, quand elle lui semblait se libérer de tous les jougs, elles ne se souciait guère, lui encore moins, de ses cheveux en bataille dans le vent, fouettant leurs deux visages et lui n’avait de cesse de se repaître d’elle, devenant toujours plus fort comme, s’enhardissant, elle l’enhardissait.

Son cœur et son cerveau avait abandonné dans les premières figures,  toute velléité de se sentir en sécurité, et il ne comptait plus pour assurer sa survie que sur l’habilité de Saoirse, ainsi qu’elle devait le sentir à la raideur inhabituelle avec laquelle il daigna, d’un air pourtant remarquablement dégagé qui ne la tromperait guère estima t-il, observer les Cuilins qu’ils dominaient complètement à présent, de si haut que ce n’étaient de que minuscules collines sous les nuages les plus bas. Portree, au Nord, discernable était chanceux d’être aussi solidement rivé au sol, (Garde-toi de Saoirse, Portree ! ) songeait-il comme elle les menait dans une nouvelle embardée violente droite en direction du sol. Droite en direction de l’eau du loch, qui de goutte d’eau redevenait loch à vue d’œil, cent fois plus vite qu’en chute libre.

Des larmes qui, malgré sa maîtrise de son visage, perlèrent aux coins de ses yeux, Alieksandr ne s’alarmait pas : ils allaient si vite qu’elles étaient éjectées de ses joues par la résistance de l’air, les larmes mais, du mouvement qu’il retint de saisir sa baguette pour leur empêcher de mourir noyés dans un accident de balai il s’inquiéta davantage. A cette vitesse, s’il tirait sa baguette, elle risquait d’être brisée par la résistance aérienne et à supposer que non, si l’inertie qui expulsait les larmes de son visage aussi vite qu’elles étaient apparues expulsait sa baguette, il ne la retrouverait plus. Les chances que l’un ou l’autre arrivent étaient proches de 100 %…
Après tout ce n’était pas si mal de mourir avec Saoirse sur un balai, par une belle après-midi d’hiver. Adieu les factions au Ministère. Adieu Tobias et Kensington. Adieu Père, Mère, j’espère que vous vous reverrez un jour ailleurs que dans un parloir d’Azkaban. Ou alors, il faisait confiance à Saoirse ? Adieu Artémis, jamais sorcier n’avait été mieux servi par aucun hibou, le reste du Miamhibou est dans le second tiroir…

Elle était fantastique !

Elle stoppa la figure sèchement à la surface de l’eau et en évitant, par quelque magie inconnue d’Alieksandr de leur briser net tous les os du corps, d’une courte oscillation de balai, qu’il avait déjà remarqué chez les joueurs de Quidditch. Il se sentit simplement légèrement emporté sur elle dans un dernier à-coup. Une vague d’eau se leva sous l’effet de l’onde provoquée par eux et les remous perdurèrent longtemps.

-Ne vous émouvez pas Agent Shepherd, je ne vomis pas, promis !
Lâcha t-il dans un ton où perçait la maîtrise pas tout à fait retrouvée, ni tout à fait perdue mais la voix rauque et le teint un peu plus blême qu’à l’habitude, lui le slave du Sud, dont le teint était grec plutôt que caucasien. Se retournant vers lui, elle semblait, d’un baiser vouloir lui rendre son courage.

Cela fonctionna, mais il avait encore fort mal à la tête. Il perçut un instant son trouble et lorsqu’il voulut accompagner l’attention de Saoirse où elle se portait, comme elle venait de décrire un demi-tour, le balai partit d’une violente dissidence.
Avec des réflexes si vifs que lui même n’avait jamais ni soupçonné ni même expérimenté qu’ils fussent chez lui, il agit dans un laps de temps pis que réduit ; avec la vitesse d’exécution d’un vampire, pour autant qu’il puisse en juger et il n’en était pas un.
Pour autant qu’il puisse en juger en y réfléchissant peu après, la seule raison valable qu’il estimait possible était son refus de l’idée que rien n’arrivât à Saoirse : il avait fait jaillir sa baguette dans sa main avant même que l’embardée ne fut entrée dans sa phase franche, croisé les jambes sous le balai, et s’agrippant à elle, penchés sur le balai, se prépara éventuellement au contact de l’eau et pointant de sa baguette à la recherche d’une idée – ou pour se défendre contre ce qu’elle avait vu, ou les tirer de là tout en la protégeant de son étreinte, un bras au dessus de son épaule pour redresser la course du balai. Mais au bout de quelques instants, elle reprit le contrôle, du touché expert qu’elle imprimait à l’Éclair de Feu Suprême, et ils continuèrent de frôler l’eau. Relâchant sa posture et donnant deux coups secs de baguette, Alieksandr enflamma ses habits mouillés qui prirent un court moment un feu magique de teinte viride sans brûler et redevinrent secs. Mais il s’enquit en même temps de Saoirse, puis rangea sa baguette du tournemain vif qui la fit disparaître dans sa manche.

-Saoirse ?! Ça va ?

Elle le rassura sans être convaincante, il la scruta d’un air inquiet, cherchant dans l’aveline de son regard quelque explication. Il la trouvait déboussolée et elle affichait plusieurs indices ( comme sa question, la quête de ses yeux scrutant la surface de l’eau) qu’il déchiffra, implacable, vivement en la consolant d’une étreinte, non sans jeter quelques regards vers l’eau. Il pensait à un Epouvantard et s'attendait à voir son père, couvert de sang après ses furies meurtrières surgir vers eux.
Lars Menroth portait très mal le tutu, même couvert de sang.

-Qu’est-ce que vous croyez avez avoir vu, je n'ai rien vu, mais je n'ai pas regardé où vous regardiez ?
Fit-il, tout doux et protecteur, à son oreille.

Détendez-vous ...

( *non, ce mot n’existe pas)
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MessageSujet: Re: La Mécanique du coeur |PV Aleksey|   Sam 14 Avr - 22:13

Me détendre ? Comment tu veux que je me détende dans tes bras Alek ? Dans tes bras je suis tout sauf détendue. Abandonnée, à la limite. Exaltée, souvent. Surexcitée, parfois… ok, souvent. Décuplée. Hors de moi et hors du temps. Je suis une, je suis cent. Je suis vivante. Mais juste détendue ? Non. Pas si peu.

Comme à son habitude, malgré les efforts qu’elle avait fourni à pleins bras, jambes, balai, c’était lui qui lui avait fait expérimenter les montagnes russes. Bien qu’elle fût la conductrice de l’instrument destiné à lui soulever le cœur (et le fourrer un peu dans sa poche au passage, le cœur) c’était lui qui tenait les rênes de ses émotions. En l’espace d’un vol, elle s’était sentie enorgueillie de ses paroles et de l’admiration qui perçait dans ses vaines tentatives de maîtrise, transportée de joie quand il affirmait pouvoir mourir pour elle (certes elle ne lui en demandait pas tant. Mais le savoir était plus qu’exceptionnellement superbe. Est-ce qu’on avait le droit de juste tenter pour voir, sans aller au bout ?) ébranlée par ses étreintes qui lui avait donné à de nombreuses reprises l’envie de lâcher le balai pour se coller à lui, ne mentionnons même pas le « I love you » qui lui arracha un sourire à relier ses deux oreilles, mais elle fut aussi profondément contrariée par quelques questions. Oui, le mariage en particulier.

Voyons, comment lui expliquer ? Que grâce à elle, Lùan avait eu droit au mariage le plus furtif de toute l’histoire de la sorcellerie ?

Cela faisait des mois que les allées et venues d’Ingrid lui avait mis le scarabée à l’oreille et qu’elle se doutait de quelques infidélités. Elle avait suffisamment épié et suivi sa belle-sœur (future ? ex ? presque feu ?) pour savoir qu’elle ferait du mal à son frère. Elle avait première pensé à supprimer l’intruse mais le bon sens avait percé sous la fureur, chose suffisamment rare pour être alors écouté. Après s’être torturé l’esprit jusqu’à la veille du jour J, elle avait fini par envisager d’aller trouver Lùan. La main ferme et implacable d’Ezio s’était emparé de son poignet ce soir-là et une fois encore, elle fut étonnée de percevoir ce qu’il savait sans jamais le mentionner. Selon lui, la sentence était sans appel, il ne fallait pas s’en mêler et laisser Lùan tranquille. Etant la personne la plus éloigné de ce qui s’approchait d’un conseiller marital, elle avait décidé de ne pas suivre ses conseils, sans vraiment y désobéir non plus. Elle était donc allée trouver Ingrid. Après tout, Ezio aurait pu être plus clair dans ses explications mystiques. Il avait dit de laisser Lùan tranquille.
S’en résultait une étrange cérémonie à la suite de laquelle la mariée avait été introuvable pendant des heures avant qu’on ne mette la main sur une lettre laissée à l’attention du marié et visiblement préparée la veille.

Alors, ce mariage ?
Mortifiant aurait été le terme exact.

Mais elle n’eut pas l’occasion de lui détailler quoi que ce soit, trop occupée à gérer les embardées du balai et ses propres frayeurs aquatiques.

- La prochaine fois que vous voulez connaître les événements d’un mariage, je vous suggère de m’y accompagner en tant que cavalier. Piqua-t-elle pour tenter de noyer le strangulot. Ainsi vous serez aux premières loges pour rire de mes exploits en tant que demoiselle d’honneur.

Oui, en plus.

Avec lui à son bras, les choses auraient été sensiblement différentes. Il aurait peut-être suffisamment accaparé son corps esprit pour qu’elle ne fasse pas trop de bêtises. Enfin bêtises… Tout le monde semblait lui reprocher le fiasco d’un mariage entièrement bâtit sur un mensonge.
Le premier qui s’avisait de lui faire ce coup-là, elle en ferait de la chair à tourtes d’hippogriffes. Bien qu’en y réfléchissant, on lui avait plus ou moins fait ce coup-là, déjà. Et elle détestait être roulée dans la poudre de cheminette.

Ils étaient toujours immobiles au milieu du loch, cependant, Saoirse avait fait gagner les centimètres d’altitude nécessaire au balai pour qu’Aleksey puisse garder ses pieds au sec. De son côté, les jambes pendantes et les mains cramponnées au manche, elle poursuivait son étude des profondeurs, tout en tentant de faire bonne figure.

On va quand même pas rester plantés là jusqu’à la Saint Merlin ma cocotte…

Les yeux partagés entre le visage d’Aleksey et l’eau, elle sentait son beau sourire fondre sous les assauts d’un sentiment de ridicule accentué par la proximité de l’eau. Définitivement, elle n’aimait pas ça.  

- Je, j’ai cru … rien en fait. De quelle affaire vouliez-vous me parler ? Finit-elle par lancer en soupirant profondément et glissant une main sur celle qu’il passait autour de ses épaules.

Elles étaient bien plus grandes que les siennes. Et leur contact était agréable et rassurant. Elle ferma les yeux un instant et força sa main de la sienne, qui bien que minuscule en comparaison, savait faire preuve d’entêtement et d’une puissance scandaleuse quand il s’agissait de se réfugier au creux d’une autre. Au creux de celle-là.

A demi convaincue qu’il allait lui parler de Campbell, elle se laissa bercer par le léger balancement de la lévitation du balai, par les battements de cœur d’Aleksey dans son dos, son parfum et l’envie d’achever cet après-midi dans ses bras. Le clapotis de l’eau vint compléter sa berceuse de ses ébranlements fugaces.

Clapotis ?

Rouvrant les yeux brusquement, elle se dégagea de l’étreinte d’Al pour se pencher en avant afin de déterminer la source de Ce clapotis. Quelques bulles remontaient à la surface en provenance des eaux sombres. Intriguée, Saoirse se pencha un peu plus pour en distinguer l’origine. S’assurant une prise sécurisée en entourant sa jambe autour de celle d’Aleksey (oui, c’est une prise de sauvetage agréé par les professeurs d’EPS, malgré les apparences), elle extirpa sa baguette et en plongea la pointe dans l’eau pour en éclairer les profondeurs.
Un léger choc indiqua que sa baguette avait touché quelque chose. Se décidant finalement à interrompre le discours d’Aleksey sur lequel, elle devait avouer être un peu moins concentrée qu’à son habitude, elle tenta un nébuleux…

-Al’… je crois qu’il y a quelque chose…Lui lança-t-elle avant de pousser un cri d’effroi quand ses yeux en croisèrent d’autres juste sous la surface.

Il y avait bien un visage pâle qui l’observait, et qui tendait une main vers elle tout en maintenant fermement l’autre autour de la baguette de la journaliste.
Un coup sec entraîna baguette, Saoirse, balai et probablement le pauvre Aleksey à leur suite dans les eaux du loch.



Une paire de jambes. Qui s’agitaient follement. Des mouvements désordonnés et des cris sous l’eau. Le spectacle était divertissant. L’humaine se comportait de façon étrange, semblable à un bouchon montant et descendant, agitant bras et jambes sans parvenir à autre chose que beaucoup d’écume et un mouvement de balancier vertical.
Pour la taquiner un peu, elle glissa une main pâle autour de la cheville écopant d’un sacré coup de pied qui eut pour fâcheuse conséquence de ternir une humeur déjà bien maussade.
Poussant un cri légèrement assourdi par l’absence de milieu propice à une propagation sympathique, elle se rapprocha encore de la petite chose agitée qui s’y prenait comme un manche à balai question propulsion aqueuse. En réaction à son contact, l’humaine se débattit comme une folle avant de gagner la surface. Ça sentait la peur et ça l’excitait follement. La peur panique. Parce qu’elle savait la petite chose. Elle sentait qu’aujourd’hui allait s’achever dans le fin fond des limbes fraiches du loch. Il y avait tellement plus de choses à voir au fond. Tellement plus de silence et de fraîcheur qu’à la lumière crue de l’air. Quel dommage qu’ils résistent tant au début et si peu à la fin.

C’était toujours ainsi, les premiers mouvements étaient saccadés, la course poursuite s’engageait, puis elle les rattrapait. Toujours. Et enfin, elle gagnait et les ramenait.
Cette proie-là semblait bloquée cependant au stade de la saccade. Ses mouvements n’avaient rien de gracieux et paraissait lui faire avaler plus d’eau que d’air. Une nouvelle tactique inédite, très certainement. Elles étaient toujours toutes deux reliées par la baguette que chacune tenait à un bout. Elle tira à nouveau dessus d’un coup sec et amena ainsi à elle la pauvre créature cramponnée à son bout de bois. Se trouvant un instant face à face, elle lui offrit son sourire le plus carnassier et ne reçut en réponse qu’une mine terrorisée et des joues gonflées pour retenir le peu d’air qu’il lui restait. Entre elles, flottait une jolie petite chose de bois, reliée à une chaînette brillante autour du cou de la chose. Elle tira dessus et le bijou lui resta dans la main qu’elle avait de libre. L’autre, la repoussait de ses tentacules humains, et secouait désespérément son morceau de bois dans le but de la faire lâcher. Il en sortait parfois des éclairs bouillonnants dont l’un d’eux lui arracha un cri de douleur en la touchant, si bien qu’elle lâcha son bout. La traitresse de bestiole humaine en avait ainsi profité pour remonter à la surface en bon petit bouchon et s’appliquait à essayer de coordonner bras et jambes pour prendre une fuite bien lente.
La situation lui plaisait follement.




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MessageSujet: Re: La Mécanique du coeur |PV Aleksey|   Ven 11 Mai - 21:15

Comme une petite voix dans sa tête n’avait pas manqué de le lui suggérer avant qu’il ne la taquine précisément sur ce sujet – laquelle voix l’avertissait de ce que l’idée même de la questionner là dessus, peut-être, était douteuse-, le mariage de Luàn Shepherd n’avait pas été à proprement parler un shepherbe* exemplaire de noces réussies et pleinement satisfaisantes. Alieksandr n’était pas vraiment certain que sa présence lors d’une future tentative résolve les choses, même avec force diplomatie, sourires et charmes il n’était pas convaincu d’être l’ingrédient de nature à rendre la potion buvable. Peut-être qu’asperger copieusement les Dragées de Philtres d’Allégresse, inonder le champagne de Félix Felicis et faire entrer une nuée de phénix lors de l’entrée des promis assurerait que les choses aillent au moins jusqu’à l’échange des alliances, mais pour la suite, même lui ne pouvait rien assurer : le mariage, bon courage.

Il avait plissé les yeux et observé de près le visage de Saoirse : c’était suffisant pour qu’il ait compris beaucoup de choses. Apparemment, il y avait eu au moins fâcherie et peut-être aussi bris de vaisselle. Avec Ezio ? Non trop habituel, elle ne resterait pas fâchée contre lui. Luàn ? Ça m’étonnerait, c’est le mariage qui semble lui arracher des tics, elle conserve toute son affection à son frère m’est avis.

Ce tic-ci ? Un sentiment mixte : gêne ? Remord ? Non, agacement plutôt. Partagée entre deux émotions… dont l’hésitation et … le rejet d’une situation injuste. Le sentiment d’être droite dans ses bottes et de ne pas être comprise ? Saoirse, qu’as-tu fais ? Des exploits en demoiselle d’honneur ? Je dois comprendre qu’au lieu d’accompagner à l’autel ton fraternel, tu as fait rempart de ton corps pour qu’il ne l’atteigne jamais ?

Fin limier, Alieksandr tirait parti, sans le marquer et en silence de ce qu’il avait entendu avec rapidité et vivacité d’esprit. Il présentait une forme de trouble autistique assurément. Il avait toujours su qu’il était particulier de ce point de vue là. Toujours ou depuis longtemps à tout le moins. S’il manifestait une formidable aisance sociale pour un autiste fut-il savant, celle-ci était toute entière acquise, si bien acquise qu’elle franchissait sa matrice naturelle, cette aisance, pour entrer dans un autre moule : c’était bien d’instinct désormais qu’Alieksandr liait perceptions, indices, déductions et analyse fine derrière ses yeux plissés et sans l’air de cogiter autant. En contrepartie, il avait une soif insatiable de nourrir son cerveau de mille choses, que seule abreuvait le sommeil, bénédiction qu’il ne pouvait obtenir qu’épuisé de lectures, d’activité ou d’entraînement. Lorsqu’il était en vadrouille, au temps des loups-garous dans les montagnes ou avec Ezio par le désert, il parvenait pourtant à fermer les yeux et s’endormir sur commande lorsque son être exigeait du repos. Il dormait alors par courtes durées définies par avance en son for intérieur, d’un sommeil qu’on pouvait briser d’un coup de poing, mais qui résistait aux assauts timides presque sans bouger : un sommeil de vitrail.

Cette partie de lui-même sauvagement intelligente et vivace avait été domptée parce qu’il apprenait à faire, plus vite et mieux que quiconque, comme un affamé qu’on nourrit de promesses depuis sa plus tendre enfance toutes les choses qui l’intéressaient.
Enfant c’était le savoir qu’il dévorait. Les générations de ses ancêtres, les noms des familles liées à la sienne, ce que chacun faisait ou avait fait de son vivant, qui était mort, quand et pourquoi ?, le nom de chacune des espèces de plantes du jardin de la Maison Grise, à Nessebar, où on l’avait élevé, les parfums aussi l’avaient habités longtemps : camélias presque toujours à l’odeur si fine et subtile qu’on la disait inexistante, lys aux fragrances assumés, lilas sans pareils et mêmes vignes sauvages très désagréables en fin d’été, des montagnes de chiffres aussi : conversions des Gallions, des Noises et Mornilles dans une cinquantaine de monnaies moldues, distances entre des villes que parfois il ne connaissait pas, les nombres d’étoiles, un milliard d’autres objets…

En grandissant il avait découvert la pratique de la magie et cessé d’apprendre des listes de choses par cœur sans savoir pourquoi. La logique l’avait emporté. Il pouvait toujours mémoriser bien des choses et ne s’en privait pas, mais, sa mémoire n’étant pas extensible, il était devenu bon lecteur, gargantuesque lecteur. En méditant longtemps, en allant chercher très au fond de lui, il était certain de pouvoir retrouver ce milliard de choses qu’il savait ou avait sues. Il avait encore du mal à méditer ainsi, ça lui était encore douloureux d’être séparé de ces connaissances, désormais lointaines. La prochaine étape était-elle qu’il lui en souvienne, de toutes ces choses oubliées ou de s’en affranchir ?

Adolescent, c’était la pratique de la magie, le corps et la lecture pour vider de son élixir la corne d’abondance qu’était son esprit énergique. Puis le duel, cent folies, les loups-garous, les voyages, le Ministère aujourd’hui.
Son corps qui ne se départissait qu’exceptionnellement de son relâchement demeurait détendu et il regardait des choses insignifiantes, se montrait affable, comme tout attaché à un échange, et en fait, pour de vrai, c’était sur mille autres choses que son cerveau déployait son énergie. Parfois, il entrait en crise et restait assis un long moment, pour remettre de l’ordre dans son intérieur ; ou bien encore, il se prenait entre les mains la tête et aboutissait au bout d’une ou deux grandes heures à se souvenir d’une chose qu’il avait oublié : un détail souvent, parfois insignifiant. D’autres moments, il était plus prosaïque et ces moments auraient pu durer, mais il y avait au fond de lui une énergie qui luttait avec vigueur contre la banalité. N’être qu’un humain comme les autres, c’était un non-sens, il était Alieksandr.

Depuis qu’il connaissait Saoirse, il se maîtrisait mieux, non qu’il ait jamais véritablement perdu le contrôle de sa furie, mais auprès d’elle et en liant son destin au sien, c’était comme l’assurance de toujours orienter et diriger ses déferlements avec lucidité : comme navire qui navigue les récifs sans louvoyer parmi les récifs, à la lumière pure d’un haut phare. Il lui répondit :

-Oh, c’est une affaire assez ennuyante, je crains. J’aime mieux vous écouter, ou vous parler d’autre chose, mais
( le ton de sa voix évolua, de lent et paisible il se fit beaucoup plus déterminé) je voudrais savoir ceci : est-ce que vous seriez prête à trouver une colonne de la rubrique politique pour parler de la création d’un parti politique ? Avec mes amis, nous voulons faire connaître nos idées.

Une idée Alieksandr ? Ou une ambition ? Il ne paraissait aucunement alléché par le pouvoir. La gloire par contre. Il aimait avancer pour explorer l’avenir, jouer avec les mouvements, s’engager dans les choses : il n’y avait qu’ainsi qu’il payait pour ses rations de sommeil.

Un peu plus tard, comme il cherchait à la rassurer après leur embardée puis qu’elle avait jailli de son étreinte et scruté la surface de l’eau, comme il pensait à un Epouvantard, il eut l’occasion de nourrir un peu son ardeur.

Est-ce qu’il n’était pas un peu rouillé ? Car il ne trouva rien à faire quand Saoirse, par sa baguette, fut tirée vers le lac et lui-même se contenta d’assurer la position de sa baguette à lui dans sa main et sombra dans l’eau à la suite du balai ( que tant bien mal il fit entrer dans sa poche de cape pour éviter de laisser à l'adversaire cette cible facile) et de la jeune femme. Il manquait d’élément pour réagir, il avait besoin de voir ce qui les attaquait et n’avait pas même aperçu la main de la créature.

Dans l'eau glacée, il tâcha de ne pas être séparé de Saoirse, mais la force qui les avait attiré était puissante. Puissante peut-être, mais téméraire ; comme il se laissait aller à l’eau il fut saisi aussi à son tour. Incantant sous l’eau et en maintenant sa respiration une formule, il repoussa net le membre non identifié qui s’était accroché à lui en brandissant une langue de flamme qui brilla sous le lac au bout de sa baguette et disparut presque aussitôt. Mais il était libre.

Hélas dans l’eau, il n’avait pas l’avantage, même si à Durmstrang, sur les barges du collège, comme tout le monde il était tombé plusieurs fois à l'eau, dans des criques plus glacées et plus sombres. Et donc il savait quoi faire.
Tachant à son tour de nager, il n’aperçut pas Saoirse à la surface et son cœur commença à s’emballer. La force qui tentait de l’attitrer était plus forte que la sienne, avantagée dans les eaux froides et pouvait le saisir à tout instant. Elle revint à la charge,et cette fois, Menroth ne tenta aucun sort. D’ailleurs il n’y avait plus de Menroth, ce fut un puissant cheval élancé et nageant sans hâte qui ébroua la tête hors de l’eau en hennissant. Fougueux, comme l’était Alieksandr, c’était un nouveau Bucéphale jailli de l’Hydaspe cette fois et non plus épuisé mais plein d’humeurs, qui repoussa des sabots les assauts de l’agresseur.

Il avait les yeux sombres et dans l’eau se mouvait par des mouvements étonnement souples et gracieux pour une bête de son poids. On voyait en lui toute la race chevaline qu’avait monté les conquérants des steppes, les turciques et les ottomans : de farouche guerriers à cheval, qui envoyaient des flèches à d’immenses distances, qu’on se tuait à rattraper et qui vous égorgeaient d’un violent coup de cimeterre.

Désormais, on ne pouvait plus l’emmener par le fond surtout, et il se mit brusquement en travers de la route de la chose que Saoirse avait repoussée et qui coursait la journaliste qui, naturellement filait gracieuse et agité en sens inver… Saoirse qu’est-ce que tu fais ?? Sauve-toi, nage !! Allez !

Ce fut plus fort que lui, Alieksandr émit un formidable et tonitruant hennissement qui ricocha à la surface de l’eau et parcouru d’à-coups et de tressaillements : Saoirse avait dû ne pas être très attentive en cours de natation, si elle en avait pratiqué car elle était aussi à l’aise qu’un poisson dans l’herbe, produisait mille gestes superflus pour une allure mi-immergée, mi-noyée qui pour n’être ni une brasse, ni un crawl n’avait encore rien ni du papillon ni d’un dos crawlé tout en mêlant des éléments de chaque dans un fourbi hilarant. Sans cesser de hennir, Alieksandr tachait de garder le monstre face à lui et elle barbottante hors de la portée des tentacules. Si elle arrivait, sans vider le lac à couvrir la distance qui la séparait de son amant et à monter sur son dos, il y avait une chance pour qu’il la ramène saine et sauve sur la rive.
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MessageSujet: Re: La Mécanique du coeur |PV Aleksey|   Ven 8 Juin - 21:53

Dans un craquement sinistre, déjà la glace se refermait, couvrant le ciel de sa surface polie, à s'en user les ongles sur la surface, sauf qu'il ne s'agissait pas des siens. Les souvenirs confus de l'accident se mêlaient à la réalité sous les assauts de la panique qui s'emparait d'elle.
Eau, terre, ciel, glace. Maintenant, avant. Il y avait bien un fil conducteur mais ce n'était ni la raison, ni le cœur, seulement une panique intense.
Quelqu'un grattait avec fureur la surface de l'eau de ses sabots puissants.

Des sabots maintenant ?

Peut-être qu'avaler trop d'eau de lac avait des effets sur la raison. Auquel cas, il semblait limpide qu'elle venait de la perdre.

Il y avait autant d'éclaboussures que le jour où elle avait tenté de donner un bain à Desmond. Le chat. La bête s'était tellement défendue de vouloir adopter une robe propre pour Noël que le désengorgement de la salle de bains avait nécessité l'intervention de deux baguettes bien avisées.

Tout grouillait, écumait autour d'elle, comme le jour où l'immense calamar du lac avait tenté de la noyer. Combien d'autres créatures tenteraient encore de l'attirer dans sa phobie ?
La chose devait être très certainement immense étant donné la masse d'eau qu'elle soulevait et remuait ainsi. De la taille d'un éléphant, probablement. Avec une multitude de tentacules prêt à noyer chaque partie de votre corps. Une sorte de calamar hennissant.

Hennissant?

C'est ce hennissement spectaculaire qui retentit un peu plus loin, qui fit prendre conscience à Saoirse deux choses capitales.
La première, c'est que sa raison fonctionnait toujours, il y avait bien un cheval.
La seconde, c'est que la bataille faisait rage plus loin et que le seul éléphant à remuer ciel et mer ici, c'était elle.

"Calme-toi et respire.»

Fort heureusement l'eau des lochs était douce, car elle gagna à son inspiration bardesque (oui, le conseil émanait de toi très cher   ) une désinfection en profondeur des fosses nasales. Pas de rhume pour elle pour les deux mois avenir.

Toussotant, sifflant, crachotant et maudissant la terre entière, la petite journaliste réussit moyennant un exploit de flottaison intense à tourner la tête sans couler pour observer la scène.

Un immense cheval s'ébrouait effectivement à quelques brasses (pouvait-on sérieusement parler de pas?) d'elle. L'écume provenait de ses puissantes attaques pleines de sabots alors qu'il caracolait fièrement de la crinière. Le cœur de Saoirse manqua un battement.
Car si bataille il y avait, il se devait d'y avoir deux âmes impliquées. Dont l'une ne pouvait être qu'Alieksandre puisqu'il avait plongé avec elle.

L'horreur la saisit alors pleinement.

Un (certes magnifique) Kelpie essayait de les attirer, elle et lui, dans les eaux profondes de la mort.

Si elles n'avaient été occupées à tenter de maintenir un équilibre aquatique précaire dans ce milieu hostile et instable, Saoirse aurait probablement tordu ses mains de désespoir. Toutefois, elle se contenta de battre des membres pour essayer de maintenir sa tête à la surface et voir comment s'en sortait son ami.
Au milieu des remous créé par l'agitation du cheval et de sa propre prédisposition à disparaître soudainement sous la surface, Saoirse avait du mal à distinguer ce qui se tramait réellement. En proie à un désespoir à percer le chaudron le plus épais, elle s'employa activxement à chasser la panique causée par la situation pour trouver un moyen d'intervenir.

Bientôt, un plan s'échafauda. Presque tout seul. A peine un peu d'aide.

Tâchant de se maintenir suffisamment longtemps à la surface de l'eau, la petite journaliste fit jaillir sa main droite de l'eau et envoya une rafale d'Impendimenta en direction du cheval. Il lui en couta de boire une tasse (qui s'apparentait plus à un bol) d'eau du loch et qui l'empêcha de vérifier si elle avait atteint sa cible ou non.

Par les bontés gracieuses d'on ne sait quelles divinités, elle parvint à refaire surface le temps d'apercevoir une silhouette derrière celle plus imposante du Kelpie. Les grands yeux globuleux qu'elle croisa au milieu d'un visage plus pâle que la mort n'avait rien de ceux d'Aleksey. Ni les longs doigts palmés qui émergeaient de deux bras bien trop décharnés pour être humain.

Où est mon beau Bulgare?????

Alors qu'elle poussait un cri de terreur en imaginant ce que les deux créatures avaient dû faire du corps d'Al, un doute sinueux s'installa peu à peu et s'effaça de lui-même alors qu'il naissait. Oui, c'est le propre du doute, ça. Plus il vous envahit et moins il est réel. Passant de l'état de doute à l'intime conviction en moins de deux pour peu que la personne soit persuasive.

- Alieksandre?????!!!!!!! Mais c'est pas vrai??????? Depuis quand es-tu un cheval???????

Inutile de préciser la quantité d'eau qu'il en couta.


Spoiler:
 




Thanks N.C
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MessageSujet: Re: La Mécanique du coeur |PV Aleksey|   Dim 17 Juin - 17:45

A la surface agitée du lac se jouait un spectacle étrange et quelque peu abscond certainement pour le promeneur sur la rive lointaine, forcé d’assister impuissant à la scène. Spectacle fabuleux mais sordide du monstre aperçu comme une ombre sous-marine, gigantesque et intimidant, tapi à un cheveu sous la fine frontière du sommet de l’eau ; ou de ses tentacules, surgies des cauchemars les plus terrifiques du meilleur des aquaphobes, lesquelles claquaient violemment sur les flancs du cheval sombre. L’œil embrassait immédiatement cet acquis que pour vif, pour puissant, pour déterminé qu’il fut, l’étalon reculait. A chaque coup de fouet, il donnait du flanc, baissait l’encolure, frappait du sabot tout en peinant grandement. Il n’épargnait aucune des forces de son corps, mais on voyait dans ses gestes gracieux encore, l’énergie le quitter pas à pas tandis que comme un prédateur referme son emprise sur sa proie, le Kelpy avançait brasse à brasse son ombre sur la vacillante lumière du destrier.

Alieksandr commençait à comprendre que la partie serait difficile car, s’il cédait pour le moment le terrain raisonnable sans mettre en danger Saoirse, il serait bien obligé de tenir lorsqu’elle ferait une proie trop facile pour les tentacules du Démon du Lac. A vrai dire, il ne craignait guère les tentacules de la bête qui, même lorsqu'elles s'arrimèrent par trois ou quatre à lui peinèrent à l’entraver sérieusement : de formidables coups de dent, il pouvait presque les trancher net. Le goût du sang de la bête...pouah… Il aurait plus volontiers dégusté de la pelouse sèche et des aiguilles de pin. En revanche, Saoirse si elle était prise pouvait se retrouver par le fond en moins de temps que n’en nécessite la prononciation du mot " natation"...

Il fallait agir. S’il reprenait sa forme humaine, il pourrait faire usage de sa baguette magique, mais comment mettre rapidement et sans bavure un Kelpy hors d’état de nuire ? Les créatures de cette taille ont le cuir suffisamment épais pour dévier la plupart des maléfices. Le plus simple serait de vider le lac pour avoir l’avantage du terrain, mais ils étaient loin d’en avoir le temps…. Quant au feu dont Alieksandr, en bon Menroth, connaissait trois demi-douzaines de formules tout à fait efficaces en milieu marin, il craignait de ne pouvoir en assurer le contrôle. Et un sort de flammes malignes mal incanté aurait tôt fait de brûler tout le val en se nourrissant aussi facilement de l’eau douce du Loch que de l’herbe verte.

Il en était tout à ces constations lorsqu’il sentit qu’on l’entravait brusquement et d’une manière différente que ne l’eussent fait les tentacules : par dessous l’eau. Les quatre pattes en même temps, ralenties net, bridées comme dans une filet à poisson. Il leva les yeux vers le Kelpy, le visage plein de craintes qu'ils savait se confirmer, à temps pour voir s’abattre, inévitable désormais sur lui, une gigantesque tentacule cinglante qu’il reçut comme une gifle et lui fit boire la tasse. Son propre sang coulait sur sa figure et il était hors de lui. Le colosse aux tentacules s’enfonça entièrement sous la surface.

Groggy, il devait lutter contre les effets du Maléfice d’Entrave dont il avait été victime. L’hypothèse selon laquelle Saoirse avait raté le Kelpy lui paraissait trop improbable. Alors quoi ? Voulait-elle le rattraper en le clouant pour se donner le temps ? Pourquoi n’arrivait-elle pas alors ?

Il sentit les tentacules du Kelpy tenter à nouveau leur chance : une, deux, trois puis quatre bientôt six, sept et, désormais freiné, il n’ y avait rien qu’il puisse faire pour s’en libérer. Inexorablement, il était attiré vers le fond et subissait de violents coups aux flancs qui ouvraient des lacérations cuisantes dans ses flancs.

Sa nature chevaline cependant lui permettait déjà de résister aux effets du Maléfice et, les combattant, il les sentit bientôt s’amenuiser. Il n’aurait probablement pas d’autre fenêtre de tir pensa t-il, l’esprit très affaibli comme il disparaissait à son tour de la surface, sans un bruit autre que celui des vagues, happé par la gigantesque ombre noire.

Pendant un temps ; une minute, deux minutes, l’eau demeura calme et introublée à cet endroit sinon par l’obscurité mouvante qui tâchait la surface éclatante surmontée de brume pâle du Loch.
Puis il y eut comme un bourdonnement dans l’air. Il se mua en grondement et il y eut un formidablement éclat qui chassa l’ombre sous-marine : Alieksandr avait attendu d’être entraîné au fond du lac puis il avait retrouvé sa forme humaine. Là, frêle et faible, il avait glissé comme une puce saute et échappé à l’emprise du Kelpy.
La suite c’était sa baguette : il avait incanté en silence une formidable déferlante de flammes qui avait crucifié la bête laquelle s’était courbée dans un cri et à son tour, avait pris une autre forme.  Pendant ce temps, pointant vers le sol, Menroth s’était propulsé vers la surface. En parvenant à celle-ci pour reprendre son souffle, il avait retrouvé ses poumons d'équidé et toute l'allure du quadrupède et avait enchanté au fond du Loch une traînée sablonneuse qui vint former un sol, court, mais qui se déplacerait au gré des pas des sabots d’Alieksandr, si bien que dès qu’il fut retombée de son bond formidable, les poumons gorgés d’air, crinière comme enflammée, il se tint fièrement et fermement, marchant sur l’eau et prêt à courir sur aux ennemis de son aimée. Voilà maintenant que cheval, il n’avait plus à nager. Au moins le temps que durerait son enchantement.

Il avisa Saoirse et fonça droit sur elle pour la retrouver, laissant dans son dos, notamment, le kelpy qui avait pris la forme d’un cheval blanc aussi nacré de brillance qu’une licorne et nageait paisiblement, sa crinière semblable à la flore sombre des fonds éparpillée autour de lui. Alieksandr avait utilisé ses flammes pour brûler tout le bassin au fond du Loch et il était surpris, un peu, que le kelpy ait survécu, il était certain de lui avoir infligé de cruelles blessures au ventre et sur les flancs qui payaient largement les coups qu’il avait lui-même essuyé.
Pour ne pas être brûlé par l’incendie du fond, le kelpy avait pris une forme moins imposante. Sage décision d'autant que les flammes, en tous cas, ne risquaient pas de disparaître de suite. Flammes malignes dérivées du Feudaymon, elles étaient dépourvues de vie, mais on ne pouvait les éteindre aisément car l’eau elle-même leur faisait nourriture. L’absence de vie les empêchait de s’étendre trop vite et Alieksandr en avait dessiné le tracé en un huit qui s’adapta remarquablement, compte tenu du temps qu’il avait eu pour le lancer à la forme du lac et le feu devait couver longtemps sous l’eau en de petits foyers de braises qui réchauffèrent rapidement l’eau auparavant glacée dont le niveau pourtant ne diminua pas significativement. En profondeur, de temps à autre une flamme jaillissait du tapis de cendres rougeoyantes qui fumait au fond de l'eau. Petit à petit, le feu consumait les fonds, si on ne l’arrêtait pas à moyen terme il reprendrait la force qu'on lui avait vu un bref instant lorsqu'il avait vaincu le kelpy. Quand au long terme, il valait mieux ne pas y songer. Cependant, pour l'instant, hormis pour tout ce qu'il voulait aller par le fond, il n'y avait rien à craindre que d'être échaudé.

Mais il y avait autre chose, une autre menace, pourvue de long bras décharnés et sinistre, qui suivait le kelpy. Ce dernier, métamorphe, semblait vouloir goûter de la chair humaine, car il louvoyait tranquillement en direction de son compagnon hideux qu’Alieksandr distinguait mal avec ses yeux d’équidé, très sensibles aux nuances et peu adaptés à la brume déposée sur le lac qui se chargeait à peu présent de vapeur. Parvenu près de Saoirse, par derrière la jeune femme afin de ne pas perdre leurs ennemis des yeux, il effectua un demi-tour, comme un cheval de tournoi aurait fait, pour rejoindre son chevalier et se présenta à elle avec une lueur dans yeux qu'elle lui connaissait bien : il s'amusait l'animal ! Il frappa deux fois du sabot, comme un taureau annonça qu'il va tout emporter. On était à peu près arrivé au centre du Loch, si l’on fuyait sans se battre au moins pour ralentir l’ennemi, on serait rattrapé. De l’encolure, la crinière trempée mais douce, Alieksandr tâcha de donner un peu d’allant au cœur de Saoirse. Puis il se courba pour la laisser monter sur son dos parcouru de lacération. Il semblait n’en point beaucoup souffrir tout grisé qu’il était, bouillant, par la fureur du combat.

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