Météo du
Moment
Nous sommes en juin 2018.

Au premier du mois d'avril, avec une solennité qui dément tout poisson d'avril, la presse annonce les cinq candidats à l'élection ministérielle : Maureen Kinkaid, Dylan Abercrombie, Alieksandre Menroth, Icarius Bailey et Deucalion McKingsley.




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Quoi de neuf sur Chem' ?
Pour vous tenir informé.e.s des dernières nouvelles, pensez à consulter le What's new !!

Sondage :
Plutôt fraises ou melon?

Non, nous ne vous avons pas abandonnés, promis.
Nous vous lisons, nous ne sommes pas loin.
Et nous savons maintenant que certains préfèrent les fraises.

Partagez | 
 

 La flamme intérieure • Kalista Hopkins

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar




Edenschoulder

Age du personnage : 28
Messages : 23

MessageSujet: La flamme intérieure • Kalista Hopkins   Dim 3 Déc - 15:13

20 septembre 2017 Roumanie


Avec le bruit du monde qui éclate et les tremblements qui agiterait ses entrailles s’il venait à exulter son dernier souffle, la bête vint heurter le sol comme si la terre entière rendait l’âme. Malgré les précautions, malgré la multitude de sortilèges de ralentissement et d’amortissement, malgré les efforts de chacun pour ne pas la blesser, le choc fut terriblement bruyant.
La dragonne, immense et majestueuse, souleva dans sa chute un nuage de poussière qui complétait à merveilles le paysage post apocalyptique de la réserve Roumaine. Genre décor de soirée Marshmallow qui aurait mal tournée. Accord parfait.

De ce qu’elle en savait, les derniers jours avaient montré quelques failles de sécurité et avaient été peuplés de ce qu’on aimait à appeler «incidents». De son côté, elle envisageait plus ça comme un gros bordel, chacun son point de vue et son vocabulaire. Une des créatures s’en était pris aux scientifiques, sans grande raison apparente. On mentionnait même un blessé. Qui avec le temps et le goût des hommes pour le tragique, avait fini par se métamorphoser en « bout de reste d’humain carbonisé » en passant par tous les stade de décomposition possible.

Eden avait renoncé à différencier le faux du vrai, n’ayant pas pour intention de faire de la pâtisserie nécessitant une séparation des œufs et un montage en neige.
Elle s’était mise immédiatement en quête de la créature, à la tête d’une douzaine de gardiens de la réserve dont le seul langage qu’ils avaient en commun était un anglais peu standard qu’ils massacraient tous fort bien, et qu’elle tentait de rendre plus british en dépit de ses ascendances irlandaises. La communication était donc aisée, voilà qui faciliterait d’autant plus la capture d’un dragon.

A défaut de pâtisserie, la mayonnaise pris néanmoins puisqu’en quelques 13h 46 minutes et 12 secondes, ils avaient non seulement mis la baguette sur la créature et étaient parvenu à son immobilisation. Non sans mal. Je t’épargne les détails, mettons ça de côté pour un blanc dans la conversation qu’il faudra peupler d’une histoire délicieuse dont les anecdotes te feront dresser les poils de l’échine sous ton pull de cachemire.

Eden abordait donc un sourire de triomphe et quelques éclats des yeux satisfaits. La traque avait été efficace et ne comptait aucune perte humaine ou non. Elle perçu un soupir collectif de soulagement dans le silence qui suivit la chute tonitruante de la créature. L’opération pour eux s’achevait là, après s’être fait mener d’une main de maître par une petite irlandaise hyperactive et ayant quelques prédisposition à dispenser ses ordres avec persuasion et une pointe de cynisme face à l’incompétence de certains. Autant dire qu’ils étaient doublement soulagés.  

Les volutes de poussière se dissipaient avec peine autour de la masse sombre de Milă. Et si tu te demandes pourquoi ce nom, sache qu’en roumain, ça veut dire pitié. Quelques conclusions et analogies plus tard, ça en dit long sur le caractère doux et conciliant du Cornelongue ici présent.

Elle était immense. L’une des plus grande qu’elle ait jamais vu. Et si tu crois que c’est la première à qui elle a à faire, tu peux remballer ta baguette et te gratter le dos avec. Selon la longueur, tu pourras même atteindre le milieu, détail non négligeable si on le prend en considération.
L’écaille plus luisante que l’argenterie d’une grand-mère au foyer, les cornes aussi brillantes qu’un coffre de gosse de riches à Gringotts, la bête avait les yeux mi-clos et soufflait bruyamment et avec peine, exprimant souffrance à défaut de damnation.


Eden leva la baguette à l’attention des autres soigneurs qui déjà avait propulsé les maléfices d’entraves et d’immobilisation qui retiendraient la créature sous sédatif, le temps que la soigneuse prenne la relève pour sa partie préférée : le contact.
Avec lenteur et précaution, elle s’approcha de la dragonne pour l’ausculter.
Encore quelques centimètres et sa main entrerait en contact avec la peau reptilienne.

• Putain •

Son registre de langue en prenait un sérieux coup. Mais là, honnêtement, quand tu fais un truc comme ça, c’est pas du Shakespeare qui te saute au cerveau en premier.

C’était un de ces instants qui te décape les veines et te ramone les canaux lacrymaux à coup d’émotions plus puissantes qu’un Avadakedavra.
C’est plus que de la fascination, plus que l’obsession. T’as peur et envie à la fois. Tes pieds son cloué au sol quand le reste de tes jambes à envie de courir. Tu te pèterais volontiers les doigts un par un avec une tenaille pour pas y toucher mais déjà tes bras se tendent.

C’est ça l’effet dragon.



« Vous plaisantez ?
- J’ai une tête à faire de l’humour ? »

Eden refila le dossier qu’elle avait dans les mains au Directeur de la réserve et tourna à nouveau son regard vers la dragonne, profondément endormie et apaisée par les débuts du traitement. Bras croisés, jambes légèrement écartées, elle abordait un sourire satisfait qui transformait agréablement son visage.

L’autre feuilleta les pages en répétant un certain nombre de fois que c’était impossible. Ou incroyable. Ou une autre connerie du genre. Eden s’arma de patience et attendit en continuant à fixer de ses yeux gris, les écailles vert forêt de sa patiente de la semaine qu’il veuille bien admettre que son dragon avait foutu la moitié du territoire en vrac, pour une grossesse nerveuse.

Elle aurait parié qu’il avait envie de jurer, lui aussi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Kalistache pistache

Age du personnage : 19 ans
Messages : 199
Localisation : Londres
Scolarité : Oiseau-Tonnerre à Ilvermorny (2009-2016)
Occupation : Photographe assistante à la Gazette du Sorcier

MessageSujet: Re: La flamme intérieure • Kalista Hopkins   Mar 12 Déc - 23:55


C’est quand même pas super joli…

Je dois avouer que sur le coup, je n’en avais pas eu grand-chose à faire.
Tout ce qui m’avait importé sur le moment, c’était ma photo. Et je ne la regrettais pas, elle est tellement parfaite. Désormais, je l’aurais avec moi à vie. Tout comme cette brûlure…
Une brûlure magique n’est pas exactement comme une brûlure classique. Néanmoins, la mienne y ressemblait beaucoup, niveau esthétique. J’avais appris par un médicomage que la douleur pourrait réapparaitre un jour sans prévenir – une fois qu’elle aurait préalablement disparu bien entendu, ce qui n’est pas encore le cas.

Comme je l’avais fait hier et avant-hier, je terminai d’appliquer la potion que m’avait fournie la clinique.
Lorsque la chaleur de mes doigts atteignait la peau de mon bras ou de mon épaule, la douleur était si grande que j’étais souvent sur le point de me mordre afin de pratiquer correctement les soins. Sans ça, je savais que j’allais mettre trop de temps à guérir, voire même que je ne guérirais jamais. Alors, je me forçai, laissant une légère marque sur ma lèvre inférieure que j’avais mordue plus fortement que je ne l’aurais cru. D’un rapide mouvement du poignet, je vins essuyer la gouttelette carmin qui avait tenté de s’échapper.
Aucune blessure ne me semblerait plus aussi importante que celle que je voyais dans le miroir face à moi.

J’inspirai longuement, retenant ma respiration quelques instants avant de souffler.
Déterminée à retourner sur le terrain, je me penchai pour me saisir du papier sur lequel la médicomage avait inscrit que je serais apte à retourner sur le terrain après trois jours de convalescence. Et c’était aujourd’hui. Je ne perdrais pas une minute de plus dans mon van alors qu’un lieu avec tant de possibilités et de choses à voir se présentait devant mes yeux qui ne demandaient que cela.
De plus, il fallait que je termine mon reportage photographique pour Neo. Ce dernier ne serait probablement pas ravi de me voir revenir sur le terrain aussi vite, surtout après lui avoir désobéi, me mettant ainsi en danger.

Me penchant de l’autre côté, je me collai contre mes deux chats, avachis dans mon lit, avant de déposer un baiser sur leurs front et de leur ébouriffer les poils du bout des doigts.
Ils avaient l’habitude que je fasse cela juste avant de sortir et de les laisser dans le van. Ce dernier, agrandit par magie, leur offrait tout l’espace nécessaire pour vivre sans souffrir du manque d’espace, le temps que je revienne. Souvent, ils venaient en expédition avec moi, mais après l’histoire d’il y a trois jours, hors de question qu’un de mes félins ne mette un pied dehors.
Surtout qu’il ne s’agirait que d’un maigre apéro pour un dragon…

Le pas déterminé, je sillonnai les chemins tracés par magie dans l’herbe et la roche, suivant la direction du bâtiment principal où je retrouverais mon guide.
Ce dernier fut toutefois content de me revoir, du moins, de me revoir vivante et en état de fonctionnement. Il était probablement rassuré de ne pas être responsable de ma mort ou mon éventuel handicap ! Néanmoins, je le remerciai de la sollicitude avant de lui présenter le papier d’autorisation. Il laissa entendre qu’il pensait que j’avais forcé pour l’obtenir, mais il n’en était rien. Enfin presque rien.

Quelques minutes après nos retrouvailles, je fus libérée pour une bonne demi-heure le temps que l’expédition ne reparte sur le terrain. Le temps que tout le monde se prépare surtout. Pour ma part, cela faisait trois jours que je me sentais prête à repartir, mes batteries étaient rechargées à bloc et je n’attendais plus que ça !
Appareil photo magique autour du cou, je sorti du bâtiment pour me promener – sans trop m’éloigner cette fois, évitant bien évidemment d’aller me promener seule dans la zone semi-sauvage où les dragons étaient étudiés et la zone sauvage où ils vivaient en pleine liberté au-dessus des collines rocheuses.
Après quelques minutes à marcher au hasard tout en saluant les gens que je croisais, je repérai un lieu que je ne connaissais pas.

Curieuse, comme toujours, je m’approchai.
C’était probablement le bâtiment le plus gros du site. Mais il n’était pas exactement construit comme les autres. Il ressemblait plutôt à une suite d’enclos dans lesquels je repérai déjà d’ici quelques dragons. La plupart semblaient particulièrement petits. Sûrement des jeunes, surveillés par les soigneurs et magizoolistes afin qu’ils se développent correctement ? A côté de tous ces petits dragons s’en trouvait un bien plus gros, à côté duquel un homme et une femme discutaient.
En y regardant de plus près, je le reconnu. C’était Lui. Le dragon qui nous avait attaqués hier. Ou du moins, celui qui s’était – légèrement – énervé et éloigné de la zone sauvage.

La curiosité fut à son comble à ce moment-ci.
Si bien que lorsque l’homme quitta les lieux après avoir mis un terme à sa discussion avec la femme, je m’élançai vers elle, ne tenant déjà plus en place. Le pas rapide, j’arrivai aussi près que je le pu, me retrouvant bloquée par des barrières probablement censées éviter aux dingues comme moi de trop s’approcher des dragons qui se trouvaient ici. Mais je n’avais pas dit mon dernier mot.
Alors que j’étais à quelques mètres de cette femme tout aussi rousse que moi – décidément, je ne croise que ça depuis que j’ai quitté les Etats-Unis – je m’agrippai à la barrière avant de la héler.

- Hey ! Excusez-moi, je me demandais juste… qu’est-ce qu’il a ce dragon ? Il est blessé ?

Et voilà que j’avais l’air inquiète pour la santé de cet être qui avait failli me bouffer il y a trois jours de cela.
Mais c’était plus fort que moi. Je savais qu’il n’y avait que les êtres humains qui attaquaient pour le plaisir de se battre. Un animal qui attaque est un animal effrayé, qui a faim, qui protège ses petits, mais jamais un animal qui a pour but de faire du mal sans raison. Pour moi, les animaux sont tous innocents. Je n’avais jamais pu faire de mal à un animal et un jour, l’un d’entre eux me boufferait peut-être. Tant pis, s’il fait cela pour survivre, alors pourquoi pas ?
Quoi qu’il en fût, j’avais une espèce d’affection pour cette créature gigantesque qui se trouvait face à moi et qui semblait bien moins en forme que lors de l’attaque. Désormais, j’avais envie de savoir ce qui lui a pris ce jour là et pourquoi pas, l’aider.


HJ : Désolée de ce retard ! Mon inspiration était à plat, j'espère donc que ma réponse te plaira.
J'ai précisé que l'homme avec lequel Eden discute s'en va à ce moment là, mais je peux tout à fait modifier si tu ne voyais pas cela ainsi.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t209-kalista-hopkins-o-wild-american-witch http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t192-kalista-diana-vlasova-hopkins
avatar




Edenschoulder

Age du personnage : 28
Messages : 23

MessageSujet: Re: La flamme intérieure • Kalista Hopkins   Jeu 4 Jan - 19:24

C’est marrant comme certaines personnes sont disciplinées. Et d’autres pas.
Une barrière qui leur arrive au mollet et ils s’arrêtent. Bon, ok. Admettons que celle-là clignotait en rouge étincelles, genre si tu me franchis je te change en goule gluante. Mais franchement, pour aller voir un dragon, s’il n’y avait eu qu’une barrière, elle l’aurait sauté à pieds joints.  La visiteuse, elle, se contenta de l’empoigner comme si elle allait la faire disparaître. Autre technique.

A peine arrivée, elle avait pu constater de grandes différences entre cette réserve et celle de Suède. Les questions de sécurité laissaient grandement à désirer si on voulait son avis.
Et même si on le voulait pas, elle l’avait donné quand même.
Elle était allée jusqu’à se permettre de conseiller au directeur de revoir les normes obligatoires s’il ne voulait pas d’ennuis avec la Commission.
Bien sûr, elle irait pas le dénoncer, mais franchement, jouer à l’apprenti sorcier avec de telles créatures c’était un peu comme repêcher une racine de gingembre à mains nues dans un chaudron en ébullition. Fallait être sacrément siphonné et pas que du chaudron.

On lui avaot proposer un poste à la commission deux ans plus tôt. Elle avait refusé, évidemment. La paperasse, sans façon. Ça servait juste à allumer un poêle en cas d’égarement de baguette. Ceci dit, si elle en avait été, elle t’aurait pondu un super rapport pour ce cas concret.

Pour commencer, les gardiens étaient trop peu nombreux. Répartis bizarrement et franchement plus occupés à regarder pousser les pâquerettes roumaines qu’à surveiller les zones dangereuses. Et puis les protections magiques lui paraissaient évidentes à contourner. Un sorcier de premier cycle aurait pu en faire son terrain de jeu. Et pour finir, les zones de sécurité et les personnes qu’on laissait entrer étaient à repenser entièrement.
Oui, elle était exigeante, très exigeante même, mais de là d’où elle venait on ne plaisantait pas avec les règles et les lois. Les pays du Nord étaient parmi les plus disciplinés et respectueux, c’est bien connu. En revanche, ici, on semblait plus souvent dans l’improvisation.
Y a qu’à voir comment les gens dégueulassent leurs propres rues, ici. Dans le nord, tu pioches une méga amande si tu laisses traîner ton sachet de Fizwizzbizz. Plus au sud, c’est à peine si on balance pas son chaudron usagé par la fenêtre au petit bonheur la chance. Alors t’imagines si on cause créatures magiques ?

Sachant que la Roumanie possédait quelques-uns des spécimens de dragons les plus dangereux et agressifs, on avait franchement envie d’offrir le code de sécurité dragonesque au directeur pour qu’il en fasse son livre de chevet et fissa s’il te plaît.
La preuve, l’accident de la veille. Une femme avait été blessé. Même pas une gardienne. Une photographe qui n’aurait jamais dû se trouver dans le périmètre à haut risque sans protection adéquate. Faille.

La sorcière de la barrière non plus n’appartenait pas à la réserve. Ou alors, elle avait zappé son badge magique. Ce qui, là aussi, signifiait une faille de sécurité. Où étaient les contrôleurs d’entrée ?

Le pire dans tout ça, c’est qu’au lieu de s’inquiéter sur l’avenir d’un lieu où l’incompétence se disputait à la bêtise, elle n’éprouvait qu’une immense compassion pour les créatures qui la peuplaient. Pas étonnant que les dragonnes se tapent des grossesses nerveuses. Si tu cherches bien, je suis sûre que tu peux t’enquiller un dragon schizo dans tout ce merdier.

Eden adressa un regard curieux à la nouvelle venue tout en se demandant s’il lui revenait de la retoquer dans une zone autorisée aux visiteurs ou si elle pouvait rester spectatrice de l’efficacité discutable de la sécurité roumaine.
En voyant la fascination qu’exerçait la dragonne sur la rouquine, Eden eut un léger sourire qui aida son cœur à basculer côté obscur. Elle lisait dans les yeux de l’autre, ce que reflétait son propre esprit.
Après tout, les failles roumaines, qu’elles soient monétaires, géologiques ou sécuritaires, ne la concernaient pas. Qu’ils se débrouillent.

Avec agilité, elle se dirigea vers la sorcière et la rejoint près de la barrière, sans un mot. Une fois sur place, elle se percha sur la barrière avec souplesse, dans un brusque élan effronté pour tout ce qu’elle signifiait ou représentait. Interdiction, espace restreint et faille. Une fois encore. S’assoir sur l’interdiction, voilà qui lui convenait à merveille.

Balançant ses jambes dans le vides, elle observa elle aussi la dragonne majestueuse qui n’offrait pourtant pas la vision de la bête dans toute sa splendeur. Respiration plus lente désormais, plus apaisée par les calmants et les hormones injectés. Là aussi, méga histoire. T’as déjà tenté de faire une piqûre à un cuirassé d’avant-guerre ?

« Elle est canon hein ?» Lâcha la soigneuse comme si ça pouvait tout expliquer. « Elle n’est pas blessée, mais c’est pas la super forme non plus.Ajouta-t-elle. « Elle fait une grossesse nerveuse. C’est la première fois que je vois ça chez un dragon. Habituellement, ce sont plutôt les mammifères qui pètent les plombs à ce niveau-là. C’est surprenant. » Eden quitta la créature des yeux pour détailler celle qui se tenait toujours à ses côtés. Gros appareil photo en bandoulière et accent américain, elle fut piquée dans sa curiosité et alla même jusqu’à guetter quelques bouclettes rousses roussies. « Je vois pas ton badge. T’es de la réserve ? » Demanda-t-elle en arquant un sourcil amusé. A défaut de boucle, c’est de la peau cramée qu’offrait la photographe en pâture. De l’avant-bras jusqu’au coude, les vestiges d’un rencontre du type brûlante se dessinaient … à jamais.

La dragonne en profita pour ponctuer le tout d’un soupir profond annonçant son endormissement libérateur, bien qu’un tantinet factice. On peut pas être bio tout le temps. Demain.

« T’es venue pour lui tirer le portrait et c’est elle qui t’a flashée c’est ça ? » Lança-t-elle en désignant le bras de la femme. « Le tatouage aura le mérite d’être original. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Kalistache pistache

Age du personnage : 19 ans
Messages : 199
Localisation : Londres
Scolarité : Oiseau-Tonnerre à Ilvermorny (2009-2016)
Occupation : Photographe assistante à la Gazette du Sorcier

MessageSujet: Re: La flamme intérieure • Kalista Hopkins   Jeu 1 Fév - 22:20



J'étais impressionée de voir la créature d'aussi près.
Et surtout, dans une posture aussi vulnérable. Ce n'est évidemment pas dans un tel état qu'on observe les dragons en général. Ce sont des êtres puissants, gigantesques et très dangereux. Là, il donnait l'impression de roupiller tranquillement, installé confortablement dans cet espèce de hangar immense. Il me faisait presque penser à un animal de compagnie.
Mais genre un très gros animal quoi, rien à voir avec mes chats même si ce sont des Maine Coon XXL.

J'espérai obtenir plus d'information sur l'impressionnante créature qui m'avait tant fascinée quelques jours auparavant.
Je développai toujours une certaine empatie pour les animaux, même si ces derniers se montrent parfois hostiles envers moi. Je leur trouve toujours des excuses à leur comportement. S'il m'attaque, c'est qu'il a une raison. Et contrairement aux être humains, ils en ont de bonnes, des raisons.
J'étais donc curieuse de savoir ce qui lui était passé par la tête, si tant est si bien que cette femme était au courant elle-même, ce que j'allais découvrir dans peu de temps, je le sentais.

J'observai la jeune femme s'approcher avec une certaine grace féline puis elle grimpa sur la rambarde pour s'y installer. Feline est définitivement l'adjectif parfait pour la qualifier en cet instant.
Elle avait dû passer par de nombreux surnoms, un peu semblables aux miens j'imaginais. En rapport à la chevelure de feu, ou bien les tâches de rousseurs parsemant son visage. Mais moi, elle me faisait penser à un petit chat mignon. Pour continuer dans le félin, je sentais qu'elle était du genre indépendante et en pleine confiance de ses capacités.  
C'était du moins ce qu'elle dégageait au premier regard.

Comme moi, elle semblait absorbée par la beauté qui se recroquevillait pourtant devant nous. En fait, elle semblait même s'en émerveiller plus que moi. "Canon" n'était définitivement pas le terme que j'aurais employé, mais pourquoi pas ? Je notifiai soudainement le "elle" d'un tic de la tête.
Ainsi, c'était une demoiselle qui avait voulu me rôtir sur le grill. Et tout ça à cause de ? D'une grossesse nerveuse. C'était à peine croyable. Bouche-bée, je reportai mon regard d'acier sur la jeune femme qui semblait satisfaite d'avoir produit son petit effet quant à la nouvelle.

- C'est dingue ! lâchai-je finalement.

De nouveau absorbée par l'impressionnante mais pourtant fragile créature, je ne notai pas tout de suite la question posée par mon interlocutrice. Je sursautai lorsqu'enfin, ses paroles furent assimilées dans ma petite tête et je me mis en quête de mon badge de visiteur.

- Ah oui, il doit être par là... gromelai-je tout en fouillant mes poches extérieures, puis intérieures pour finalement sortir le petit papier plastifié. Je le présentai avec une certaine fierté, un sourire collés aux lèvres. Kalista Hopkins. Je suis la photographe de Neo Bănescu. Et j'ai un reportage photo en cours pour une journaliste britannique de la Gazette.

La dragonne signifia par un soufflement qu'elle voulait dormir, ou bien qu'on la gênait peut-être ? Après tout, ce n'était pas moi l'experte, mais cette femme probablement.
Je remarquai qu'elle avait zieuté mon bras l'espace d'un instant. De toute façon, je me doutais bien que cette blessure allait attirer l’œil. Cela ne me gênait pas. Je n'étais pas fière de cette marque, mais presque. Après tout, une dragonne victime d'une grossesse nerveuse m'avait cramé le bras quoi, ce n'était tout de même pas rien !
Je ris doucement à la façon qu'elle eut de résumer les choses. Elle avait touché en plein dans le mille, évidemment.

- C'est ça ! confirmai-je en rigolant, comme si cet accident n'était qu'un événement anodin. N'empêche que la photo est collector. Aucun regret !

Sur ce, je levai mon appareil photo magique pour le tourner dans un sens bien précis et j'enclenchai le diaporama, ce qui eut pour effet de projeter mes photos dans l'espace entre nous, et en trois dimensions.
Après avoir appuyé plusieurs fois sur "next", apparu enfin la fameuse photo de la bestiole, en plein vol bas et qui s'apprête à cracher toute la puissance de ses entrailles sur les autres membres du groupe. La flamme destructrice s’abat sur eux planqués derrière des boucliers magiques, et enflamme les arbres aux alentours. A la toute fin, on peut apercevoir que le dragon m'a repérée en tournant le regard dans ma direction. C'est là que j'ai tout stoppé pour commencer ma fuite.

- Et vous, vous faites quoi de beau ici ? demandai-je en baissant l'appareil photo pour le replacer autour de ma nuque. Vous vous occupez de cette... demoiselle ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t209-kalista-hopkins-o-wild-american-witch http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t192-kalista-diana-vlasova-hopkins
avatar




Edenschoulder

Age du personnage : 28
Messages : 23

MessageSujet: Re: La flamme intérieure • Kalista Hopkins   Mer 7 Fév - 22:31

C’est trop les britanniques, ça. Ils restent le cul sur leur chaise à siroter un thé fadasse et préfèrent envoyer les amerloques se faire cramer les bras à leur place. Remarque, quelque part ils ont parfaitement intégré le principe de survie de base.
Probablement une vengeance ancrée dans leur société pour avoir été les toutous de feu la grande puissance. Enfin feu… le mot est mal choisi.

La rouquine déballa son matériel pour projeter en l’air le portrait de Milă. Ce qui avait toujours perturbé Eden dans la photographie, c’était la miniaturisation du sujet. Si les couleurs et expressions sont fidèles, tu peux pas nier qu’un dragon dans un cadre de 7 pouces, ça rend les perspectives et les émotions un poil différentes.
Bon, ok, ça ne l’empêcha pas de lâcher un « putain » à tendance admirative. Mais question de principes, elle ne l’avouerait pas tout de suite.

Elle choisit donc de lever un regard sceptique vers l’intrépide captureuse d’image. Grimper sur le dos du dragon en échange d’une redécoration du bras version röstis aurait pu lui être familier. Pour toucher, aussi, sans problème. Mais sacrifier son épiderme pour une image qu’elle aurait pu découper dans un livre d’étudiants à Poudlard, ça, ça l’intriguait.

« Ça valait le coup ? Professionnellement parlant ?»  Regardant la fille avec insistance, se demandant à quoi pouvait bien ressembler la blessure sous le pansement, Eden se questionnait.

•Pourquoi tu t’imposes ça, pour une image ?•

Il fallait lui accorder qu’à part dans les livres d’études, effectivement, on avait peu d’images de ce genre. Milă en pleine action, bouche grande ouverte à vous cramer la moitié d’une réserve, ça valait peut-être son sac de gallions. En plus, si on regardait bien, on pouvait carrément comprendre ce qui avait merdé niveau sécurité…

• N’y pense même pas. •

Elle détourna le regard de sa dragonne miniaturisée pour l’envoyer, perçant, vers la fille à l’appareil. « Non parce que des regrets, sans vouloir te vexer, tu risques d’en avoir quand tu verras que la peau de ton bras a pris 30 ans que t’as pas encore fêtés. Les brûlures par feu de dragons, c’est clairement différent de quand tu laisses traîner tes doigts au-dessus de la bougie de mémé. »
Première plongée dans le psychodrame. Faudrait peut-être revoir le manuel de communication non violente distribué à la sortie des grandes écoles. Et encore, elle a maîtrisé le vocabulaire.

Se laissant glisser de sa barrière, Eden atterrit avec agilité sur ses pieds et se tourna vers la photographe.
« T’as vu quelqu’un pour ça ? De compétent je veux dire. Pas un de ces charlatans qui va te vendre trois potions pour contour des yeux à appliquer six fois par jour en psalmodiant des formules à deux noises. »

Les blessures gentiment léguées par les bestioles, ça la connaissait. Piqûres, morsures, griffures, brûlures, encornures, boufatures et elle en passe. Une fois, son grand-père s’était fait mordre à la jambe par un Poultard à mandibules. Tu vois à quoi ça ressemble ? Elle avait pris la taille d’un jambonneau de foire en moins de 2 minutes et aurait continuer à gonfler si elle n’était pas intervenue. Une vraie boucherie.

« Je suis soigneuse » Finit-elle par conclure. « Mais, c’est plus ça mon genre que les humains. » Désignant la dragonne d’un signe de tête, elle se tourna à nouveau vers la créature qui poursuivait ses soupirs à vous décoiffer un chauve. Empreints d’une folle envie de faire culpabiliser le monde entier, à coup sûrs.
La soigneuse amorça l’ombre d’un sourire qu’elle effaça rapidement.

  « Tu veux l’approcher ? » Glissa-t-elle en tentatrice, constatant que la créature dormait maintenant profondément et que l’américaine ne paraissait pas avoir froid aux yeux.

• Après tout, ils t’ont filé un badge. •

« Evite juste le flash et l’appareil. Le premier pour notre survie et l’autre pour sa dignité. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Kalistache pistache

Age du personnage : 19 ans
Messages : 199
Localisation : Londres
Scolarité : Oiseau-Tonnerre à Ilvermorny (2009-2016)
Occupation : Photographe assistante à la Gazette du Sorcier

MessageSujet: Re: La flamme intérieure • Kalista Hopkins   Mar 27 Fév - 14:42


Je pris le juron de façon positive.
Apparemment, j’avais plutôt bien immortalisé sa protégée et je n’étais pas peu fière de moi. A vrai dire, j’avais déjà montré ce cliché animé à tout le personnel soignant qui s’était occupé de moi, et en fait, à pratiquement toutes les personnes que j’avais croisées depuis l’accident et donc la prise de ce cliché. Il fallait bien avouer que ça avait de la gueule et que je ne risquais pas d’en reprendre un autre comme ça de sitôt !
Et si cela valait le coup professionnellement parlant, cela me semblait être une évidence !

- Bien sûr ! lançai-je gaiement. J’ai pas du tout fait d’étude, tout ce que je voulais, c’était voyager et prendre des photos. Et avoir mon nom en bas de ce cliché dans l’article d’un Magizoologiste connu, ça peut pratiquement remplacer un diplôme !

Evidemment, j’en avais payé le prix mais ce n’était pas comme si la flamme était directement venue contre mon épiderme jusqu’à le faire fondre !
Disons plutôt que j’étais restée collée – comme une idiote certes – contre le rocher qui devenait plus incandescent à chaque seconde qui passait durant lesquelles la dragonne déchainait sa flamme destructrice. Si j’avais tout pris directement sur moi, je pense que je ne serais plus là pour en parler. Au alors mon bras ne serait plus là. Je suis consciente d’avoir eu beaucoup de chance. C’était comme d’avoir mit mon bras sur des braises au lieu de l’avoir directement plongé dans les flammes de l’Enfer. Magiques, les flammes, en plus.
Ce n’était pas rien, mais ça aurait pu être pire. Et là, ça n’aurait peut-être plus valu le coup. Je considérai pratiquement que j’en étais sortie indemne.

- Je sais bien, répondis-je devant l’inquiétude de la jeune femme. Mais je ne m’en fais pas trop, j’ai effectivement vu quelqu’un de très compétent et la flamme ne m’a pas touchée directement. C’est moche pour l’instant mais déjà bien mieux qu’il y a trois jours !

Et puis de toute façon, j’avais l’habitude d’avoir une peau fragile.
Ma jeunesse et mon inconscience évidente devait transpirer plus que jamais en cet instant. Ce qui n’empêcha pas la soigneuse de me proposer de m’approcher, une nouvelle fois, de la dragonne. Encore plus proche qu’il y a trois jours ! pensai-je sur le coup avec une excitation plus qu’évidente. A croire que j’étais maso.
Mais tout comme elle, j’avais quelque chose pour les animaux que je n’avais pas pour les gens de mon espèce. Je ne pouvais donc que la comprendre et accepter son invitation de m’approcher pour la voir d’un peu plus près. D’un coup d’œil, je vérifiai tout de même que la dragonne dormait réellement, mais après tout, ce n’était pas moi l’experte.

- Aucun soucis ! Tout en prononçant ces mots, je fis disparaitre mon appareil photo à la hâte au fond de mon sac, et c’était assez rare de me voir sans cet engin au cou. Je préférai le planquer définitivement pour le moment. De toute façon, je ferais pas de meilleure photo d’elle !

Je n’étais pas à 100% rassurée non plus, bien que je tentai de le cacher derrière mon enthousiasme, tout à fait véritable pour le coup.
Avec un peu moins d’agilité que la soigneuse, je passai la barrière pour me retrouver du côté de la dragonne, qui se trouvait à peine à une quinzaine de mètres.
Je me demandais si j’aurais la possibilité de la toucher, mais je doutai avoir le droit d’aller aussi loin sans être moi-même soigneuse. Une reconversion en perspective peut-être ? Hum, j’aimais trop mon travail de photographe et le voyage était vital pour moi. Cependant, je remarquai que la jeune femme n’était pas du coin non plus. Je ne savais pas pour qui elle bossait, mais tout comme moi, elle ne devait pas camper le même lieu de travail toute l’année.
Cela pourrait peut-être bien me plaire en fin de compte !

- Il consiste en quoi votre boulot finalement ? J’imagine que vous devez pas mal voyager aussi, non ? demandai-je à voix légèrement plus basse. Ça doit être génial…

Impossible de contenir ma curiosité plus longtemps, alors que nous avancions vers la Belle au Bois Dormant.
Il n’était pour le moment pas question de changer de voie professionnelle mais prendre des informations n’allait pas me tuer. Et puis, c’était bien la première fois que je tombais sur quelque chose de différent qui avait le mérite de pouvoir me plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t209-kalista-hopkins-o-wild-american-witch http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t192-kalista-diana-vlasova-hopkins
avatar




Edenschoulder

Age du personnage : 28
Messages : 23

MessageSujet: Re: La flamme intérieure • Kalista Hopkins   Jeu 1 Mar - 16:54

Si t’appelles voyager se maraver à chaque bout de la planète en peaufinant ton bronzage, ta maîtrise des langues et en prenant des photos, alors non, elle ne voyage pas.
Des coutumes locales, elle apprenait celles que les soigneurs sur place utilisaient ; elle finissait de compléter la richesse d’un vocabulaire parfaitement étudié pour le côté pratique et non théorique de toutes les complications que tu pouvais croiser dans une vie et ramenait en souvenir ce qui lui tombait sous la main et qui finissait entassé au fond de son sac. Ils avaient l’avantage de resurgir quand on s’y attendait le moins, pour te renvoyer à la gueule quelques moments clefs du passé.
Etre spécialisé en créatures dangereuses, ça impliquait bien plus qu’un tampon au bas de tes diplômes ou qu’une journée de travail aux horaires bien définis. Ça te trainait par la peau du cul de pays en continents, et ça te bouffait les nuits comme les jours, au point que t’en rêvait les nuits où tu étais censée te reposer.
Selon sa définition, c’était donc, le métier le plus génial du monde.

Les yeux pleins de rêves qui différaient un tantinet de ceux auxquels on pouvait s’attendre chez une jeune femme, elle repensa à ce que son métier l’avait amenée à voir et faire pour son jeune âge. Un bon tas d’expériences dont bien peu pouvait se vanter et de toute façon, si elle avait voulu le faire, elle aurait pas eu le temps, de s’en vanter. Des trucs qui à te decaper un bandimon, à t’amadouer un doxy ou te dégoûter d’avoir un jour ouvert les yeux.

« L’entreprise pour laquelle je bosse actuellement, c’est un peu le dernier recours avant le suicide du gouvernement du pays dans lequel y a eu un incident. Tu vois, ils ont une brigade d’intervention magique au ministère ? Ben là, c’est la même mais version créatures. Si un dragon déboule dans un jardin moldu, ils vont te faire débarquer toute leur cohorte d’excuseurs professionnels. Mais concrètement, c’est moi qui vais retirer leur petit pote des fleurs de mémé. A la base, je suis soigneuse de réserve, spécialité dragons. Mais de fil en aiguille, je me suis retrouvée à gérer tout un tas d’autres créatures et me voilà donc experte en Catacréatures. Alors, je soigne, je répare, je déplace, je transporte, je capture, je libère, je fais de la médiation, de l’intervention de masse, j’invente, je révolutionne et j’innove.» Enonça-t-elle, plutôt fière d’elle.

Le parcours jusque-là avait été exaltant. Elle avait eu pour formateur les meilleurs dans chacune des disciplines importantes qui régissait les compétences qu’elle avait à mettre en jeu. Elève particulièrement douée, elle avait consacré sa vie à son job et s’était doté d’une réputation qui lui valait d’être en tête de liste sur les caboches à appeler en cas de pépin sérieux. Et puis, on n’était pas petite fille de Linus Drake sans être farcie d’un caractère et d’une ambition de haut niveau.

Alors qu’elles avançaient vers la dragonne, la rouquine flasheuse de bestioles n’avait pas l’air aussi rassuré que si elle avait été en studio post développement pour son art. Eden eu un petit sourire satisfait. Elle pouvait louer l’intrépidité en multilangues, la stupidité l’exaspérait. Face à une créature de cette envergure, il fallait savoir rester humble. Ne pas être rassurée était signe d’humilité donc d’intelligence. « C’est le boulot le plus génial du monde. » Excitant, intéressant, sans jamais de routine, et ça te garantissait une réponse clef en main quand la plupart des gens te demandait pourquoi à ton âge t’étais pas encombrée d’un mari et de mioches à torcher. « Je suis soigneuse embauchée par ICAN » te garantissait la tronche compatissante de tout l’auditoire, admiration en plus au coin des yeux. Classe totale et bon débarras. Sans compter sur le nombre de réponses que ça apportait aux questions que toi tu aurais pu te poser si tu avais eu le temps. Pas de temps, pas de questions, problèmes résolus.

Elles étaient maintenant à quelques pas de la dragonne assoupie et la soigneuse s’arrêta en balançant une main impérieuse vers l’autre femme pour stopper son avancée. Elles n’iraient pas plus prêt. Ni l’une, ni l’autre. « Draco dormiens nunquam titillandus » murmura Eden, espiègle. « J’ai beau être certaine qu’elle roupille, eux et nous, n’avons pas le même sommeil. Elle serait bien capable de nous bailler quelques flammes en pleine visage. » Elle n’était pas certaine que la fille soit partante pour un tatouage facial.

Avec une expression presque attendrie qui modifiait considérablement ses traits, la soigneuse considéra la dragonne avec un respect intense. Le plus dur avec ce job, était de se dire que les créatures qu’on rencontrait, comme les gens finalement, n’étaient que de passage dans une vie. Un passage très court qui s’il lui laissait toujours à elle une empreinte indélébile, ne devait pas avoir le même impact sur les créatures. Elle s’était demandé quelque fois, si des années après, une créature se rappellerait son odeur ou ses gestes. Son grand-père prétendait que les dragons, même s’ils ne manifestaient aucun égard vis-à-vis des humains quoi qu’en disent les folklores, pouvaient parfaitement reconnaître un soigneur à son odeur. Un jour, elle testerait. Mais avant, elle voulait bien vivre un peu. Juste au cas où ça foire.

Dans un claquement de langue, elle se tourna vers la photographe tatouée, les yeux plissés d’une idée malicieuse. « Dis, ton truc là, ton image. Tu peux faire des copies ou bien ? » Questionna-t-elle soudainement, l’air de rien. « Je me disais, je sais pas, tu les vends j’imagine… » La pente était méchamment glissante mais comme elle avait déjà un pied dedans, elle opta pour la meilleure technique de descente qui soit. Tu fonces et tu la dévales d’un coup. Le pire c’était de freiner ou de tenter de ralentir. C’est là que tu te vautres, en général.
« Genre, tu me vendrais une de tes photos d’elle ? » Enchantée par sa nouvelle idée, Eden s’imaginait déjà en train de contempler l’image de la dragonne quand elle serait une vieille peau incapable de se rappeler ses autres exploits. Au moins, celui-là, on lui boufferait pas. Elle trainait toujours dans son sac tout un tas de bordel qu’elle associait à diverses missions. Il y avait au milieu de tout ça, quelques photos de gens qu’elle avait fait un peu plus que croiser, parfois. Un portrait de la dragonne y aurait parfaitement sa place. Et puis si elle n’avait pas le temps d’arriver jusqu’à cet âge de pierre, elle aurait eu une courte vie pour se vanter d’avoir touché cette divine créature.

« Pas les super clichés de la mort qui t’ont niqué le bras, évidemment. Je suis pas un super magicozoologiste diplômant moi. » Lâcha-t-elle en roulant des yeux. « Mais chais pas, un des ratés. Même un flou. C’est histoire de pouvoir me mater la tronche de la première dragonne qui s’est tapé une grossesse nerveuse, de temps en temps. »


Et parce que franchement, elle est trop d’enfer.

Campée sur ses deux jambes arquées, les bras croisés, la soigneuse attendait en fixant la photographe de ses yeux clairs et sans détours. Elle était habituée à la franchise des types qui n’ont pas le temps de tourner autour du pot et acceptait aussi bien les oui que les non, ça ne l’empêchait pas de demander. Et si les photos étaient hors de prix, et bien elle se contenterait de celle qui trônerait dans sa tête. Avec le temps, elle aurait tout loisir d’extrapoler la dangerosité de Milå et de se louer quelques vertus supplémentaires.
Comme elle n’avait jamais le temps de prendre des photos de ses petits protégés, elle s’était contentée jusque-là de les taper aux autres, d’embarquer au passage les souvenirs qui trainait comme on vole un baiser, de chourer une carte postale aux boutiques des réserves où elle intervenait. Tout ce qui pouvait être utile pour permettre au temps de se péter les dents sur l’acharnement qu’il mettait à tout effacer dans la tête des gens.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La flamme intérieure • Kalista Hopkins   

Revenir en haut Aller en bas
 
La flamme intérieure • Kalista Hopkins
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Seule l'explosion intérieure permet de briller. // ft. Willow
» Qui vient troubler ma paix intérieure ? [Tissudouw ;D]
» You're such a backstabber | Calixte
» [FE] L'Aventure Intérieure - Evènement #64
» La Bête Intérieure

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chemins de Traverse :: Reste du monde :: Europe & Amérique-
© du contexte du forum, de ses personnages officiels et des éléments de son intrigue, propriété des administrateurs. Copyright déposé le 28.01.2018