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Nous sommes en juin 2018.

Au premier du mois d'avril, avec une solennité qui dément tout poisson d'avril, la presse annonce les cinq candidats à l'élection ministérielle : Maureen Kinkaid, Dylan Abercrombie, Alieksandre Menroth, Icarius Bailey et Deucalion McKingsley.




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
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Plutôt fraises ou melon?

Non, nous ne vous avons pas abandonnés, promis.
Nous vous lisons, nous ne sommes pas loin.
Et nous savons maintenant que certains préfèrent les fraises.

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 D'oiseaux & d'Augures • Ezio •

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Edenschoulder

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MessageSujet: D'oiseaux & d'Augures • Ezio •    Sam 18 Nov - 14:37

Qu’est-ce qu’il disait le type déjà ? Qu’il n’y avait pas assez d’eau pour noyer un type, pas assez d’arbres pour qu’il se pende et je sais plus trop quoi...

«Putain, y a pas d’arbres ...»

Genre, vraiment pas d’arbres sur des miles. C’est con parce que les arbres, elle aime ça. On y grimpe, on espionne, on y construit des cabanes et au pire, on peut toujours y pendre quelqu’un.
En revanche, question eau, le type qui a pondu ça, n’avait pas souvent dû poser les pieds dans le Burren. Quand on marche pas sur les pierres, on s’enfonce d’un bon pied dans l’humidité de l’herbe spongieuse comme le Konjac de ces dames. Faut juste viser entre les cailloux.
Et puis il flotte aussi. Tout le temps. Du soir au matin et du matin au soir. Ça laisse peu de répit. Ils disent que ça rafraîchit le teint des jeunes filles. Au moins, on est sûrs qu'elles sont pas en sucre. Pour ça, elle veut bien revendiquer le côté irlandais. Imperméable aux intempéries. Et que coule les remarques sur les plumes du canard.
Ah oui, et quand c’est que du crachin, les gens trouvent qu’il fait beau. Sortez les débardeurs braves gens! Le soleil n'est enseveli que sous une mince couche de brouillard. Il existe, je l'ai rencontré!

Au début, elle a bien essayé de détester le paysage, de toutes ses forces, les lieux et tout ce et ceux qui allaient avec. En cherchant bien, c’était bien trop ci ou pas assez ça. Ici, c'est surtout plus chez elle depuis longtemps. Pas de place pour la familiarité, la nostalgie ou les bons souvenirs d’enfance.

Comment s’appelait ce type déjà ?

Elle s’y est employée avec vigueur. A crié, déploré le manque ou le trop plein.
Mais on avait beau faire, ces putains de paysage avaient un charme aussi décapant que leur sol calcaire. Et elle était fan. Raide dingue du côté sauvage, déchiré, éclaté de la côte irlandaise. Raté, donc.
Ici le vent c’est une caresse, la pluie un encouragement, le désert une renaissance et l’air salé une purification. Au moins des narines, si on est pas suffisamment mystique pour que ce soit l’âme. Et quand tu te couches sur ces pierres qui flinguent les chaussures, tu sens la chaleur du soleil qui s’est barré depuis longtemps. Même en hiver. Le monde à l’envers.
Les gens ici, tu peux les haïr, ils s'en foutent. Si tu viens à leur table, ils t'entraînent dans leur tourbillon de vie. Et si tu les boudes, ils en ont rien à foutre. Ici tout est trop précieux pour se faire chier la vie.

Alors, ouais, peut-être qu’elle avait passé quelques minutes vautrée sur la roche, à vider sa tête trop pleine de condoléances faites sur le pouce et trop pleine de la pitié des vautours. Une tête, c’est pas fait pour être vide, mais faut avouer que trop pleine, ça sert pas des masses non plus. Tout est une question d'équilibre, pas vrai?

La crinière dans la saleté de la boue, elle avait guetté le choc. Le fameux. Celui qui débarque après et qui te fauche les deux jambes pour te laisser en plan la langue balayant le sol de toutes tes papilles.
Mais ni arbres, ni choc à l’horizon.
Seulement ce qu’elle avait apporté avec elle dans ce décor sauvage.

En vrac à côté d’elle, sa besace trop pleine. Comme sa tête, tu me diras.
En faire l’inventaire ? Trop long. Puis de toute façon, elle sait même plus ce qu’il y a dedans. Des années d’entassement d’objets. Ceux dont on pense qu’ils vont servir un jour et qui finalement, vont sûrement mettre dix ans à révéler leur utilité. De préférence, quand on les a perdus.
Y a quelques bouquins aussi. Au cas où. Notamment un truc sur la faune locale. Y a de grandes chances qu’elle le lise pas. Elle préfèrera toujours aller étudier le spécimen en direct. Mais sait-on jamais.
L’accouchement du grapcorne, Tu te souviens ? Elle était contente d’avoir un guide d’anatomie de créatures magiques à bosses. Sans quoi… en fait elle préférait même pas imaginer.

On pourrait y ajouter quelques photos mais comme on avait bien précisé qu’il n’y aurait pas d’inventaire, la liste s’arrêtera là. Un jour, elle fera le tri. Un jour. Mais là, elle a son compte de tri et de souvenirs qui te sautent à la gueule.

Le Burren, finalement, avait un fond de Norvège en ce qui concernait le calme. Peu de chance de croiser du monde quand on s’envoyait quelques miles dans les côtes sauvages. Le grondement des dragons était remplacé par le roulement des vagues. Une vague, et c’est le cas de le dire, familiarité dans la vibration des entrailles de la terre. On pouvait presque s’attendre à les voir surgir au détour de quatre pierres.

La seule chose qui jailli pour le coup, fut une petite mélodie. Timide au départ. Comme si elle n’osait pas déranger les vagues. Ou la déranger elle.
Fallait avouer que la première chose qui était passé dans sa tête trop pleine n’était pas vraiment un brusque élan de mélomane en quête d’émotion musicale. Plutôt un brave emmerdement à l’idée de partager son coin sauvage avec un autre qui allait polluer ses émotions des siennes.
Et puis, passée la première bouffée sceptique de mauvaise foi, elle avait dû s’avouer que la petite flûte se fondait bien dans le décor sauvage. Douce et tranquille, avec ses airs de pas y toucher et de pas venir violer tes oreilles. Juste ce qu’il fallait de présence pour qu’on l’invite à entrer. Pour que les esprits de contradictions n’aient pas envie de lui claquer la porte au nez et que les plus hermétiques à la musique découvrent une chatière dans leur porte blindée. Parfaite.

Alors? Elle était restée sur ses pierres à écouter des airs qu’elle ne connaissait pas mais que les vagues accompagnaient volontiers de leurs roulis.  C'était pas désagréable après toute l'agitation des derniers jours. On aurait dit une histoire. La musique lui parlait à elle. Comme une confidence au bord de la schizophrénie.

C’est là, précisément à cette remarque, que la bestiole s’était manifestée.

Timidement elle aussi. Histoire d’imiter l’accompagnement. La flûte s’était tue, la bestiole aussi. Comme pour se jauger, s'apprivoiser. Puis les deux avait repris, se répondant. La plainte de l’oiseau, la complainte de l’instrument. Et vice versa. Conversation à deux becs.

L’endroit était sacrément plus peuplé que prévu.

Eden se souleva sur un coude la main glissé dans une crinière à peine coiffée et retenue par un de ses élastiques. Ceux que tu vas méchamment regretter d'avoir essayé quand tu l’enlèveras, tellement t'y laisseras du poil. Tant pis.
Si elle y connaissait vraiment rien en flûte et puis merde si c’est une clarinette, c’est de la même famille, elle était plutôt douée en bestioles. A poils ou à plumes.
Et celle-là, elle la connaissait bien. Tout le monde la connaissait.

Elle faisait habituellement peur aux sorciers qui l’associaient de longue à la mort. Déjà, en temps normal, c’est rarement le genre de bestiole qu’on a envie d’entendre. Ce qui est profondément dommage, parce qu’honnêtement, c’est super beau. Le chant te prend aux tripes et ne les lâches que quand t'es sur le point de vomir. Ça te retourne le plus insensible des gros bras qui ira pleurer sa mère en entendant ça. En vrai, ça miaule quand il va pleuvoir. Mais le commun des sorcier est persuadé que si tu l'entends, c'est la mort qui guette son heure.
Et là, histoire de compliqué un peu la tâche, c'était pas un chant de pluie.

T’as déjà entendu le cri de l’Augurey sur le point de crever?

Moi, oui.
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MessageSujet: Re: D'oiseaux & d'Augures • Ezio •    Mar 5 Déc - 7:00

« Il n’y a pas assez d’eau pour noyer un homme, ni assez d’arbres pour le pendre, ni assez de terre pour l’enterrer …» 

Quelque chose de ce genre ?


Décembre étendait son ombre sur les landes désertiques de pierres et de mer déchirées. L’air était frais, annonçant l’hiver, sans la rigueur que d’autres régions revêtaient. Telle une enveloppe de douceur contrastant avec la forme des rochers, l’atmosphère humide et salée des Burrens s’enroulait dans son manteau de solitude. Il n’en fallait pas plus au barde pour en apprécier les particularités. Murée dans le silence seulement troublé par les vagues et les chants d’oiseaux, la lande avait accueilli son besoin de calme et de repos.

Il avait passé des mois à parcourir le monde, s’enivrant de nouvelles histoires et colportant les siennes. Aux innombrables heures d’exploration s’étaient ajoutées maintes rencontres plus enrichissantes et passionnantes les unes que les autres. Il ne comptait plus les minutes passées au coin de feux, à conter, raconter et chanter le monde ; les heures passées dans les trains, les avions, les bus ; les journées à marcher vers des sommets toujours plus hauts, pour atteindre les vallées les plus secrètes. Son corps quémandait l’arrêt quand sa tête en demandait plus encore. Et lorsque celle-ci consentait à marquer une pause, le fourmillement de l’aventure le reprenait aux tripes et il ne tenait plus en place.


Et puis ses nuits s’étaient faites courtes et peuplées de cauchemars dont il peinait à se rappeler au réveil. Ils le laissaient là, en sueur dans une angoisse insaisissable, alors que les informations lui échappaient une à une, glissaient entre ses doigts alors qu’il tentait de rassembler sa conscience encore endormie. Et peu à peu, alors que l’éveil gagnait sur la nuit, le malaise se dissipait pour ne laisser place qu’à l’envie d’aller rêver quelque part.

Le besoin compulsif d’écrire avait suivi rapidement, il s’y était attendu et l’avait guetté, en connaissant parfaitement les signes désormais. Alors qu’il couchait sur papiers les mots qui franchissaient son encre avant même de passer par ses lèvres, il lui semblait que quelque poids était ôté à ses épaules et que sa tête serait plus à même de comprendre ce qu’il ressentait et de se remplir à nouveau, d’autres choses.

Une sensation familière et lointaine traînait dans un coin de son cœur depuis l’été. Une chose enfouie depuis longtemps et qui cherchait à refaire surface, avec la malice d’un diable se faufilant dans son dos. Il savait que s’attarder dessus ne servirait à rien et qu’elle ne surgirait que lorsqu’elle serait prête à le faire. Ou qu’il serait prêt. Au bon moment.

Depuis quelques jours, il avait posé ses valises dans un petit pub de village, et ses journées se résumaient à se remettre sur pieds après un nouvel épisode de fièvre. Il errait rêvait, dessinait, jouait de la musique, lisait et observait les gens, quelque sourire aux lèvres s’enivrant de l’air marin, et se ressourçant de l’énergie qui lui avait fait défaut au cours des derniers jours. Il avait exploré une bonne partie du comte de Clare, après y avoir échoué par le plus grand hasard. Son avion avait été retardé pour cause de neige et il avait raté sa correspondance. Friand d’imprévus et d’improvisation, il avait enfilé son sac et marché jusqu’à ce que la fièvre ne l’arrête. Ses pas l’avait mené dans le Burren, où les plateaux calcaires offraient leurs paysages poétiques à ses yeux avides et dans lequel son goût pour les sites archéologiques ne pouvait qu’être satisfait.
Dolmens et sites mégalithiques étaient toujours porteurs de vibrations et de magies enchanteresses et créatives. Il aimait s’y promener, baigné dans leurs atmosphères, en parcourir les contours des mains, les coucher sur papiers, les graver dans son esprit pour les invoquer quand il aurait besoin de leur sérénité séculaire.

Beaucoup soulignaient l’aspect inhospitalier du secteur rocheux et désertique. D’aucun s’y sentait parfois mal à l’aise, au sein d’une végétation basse et de ces immenses étendues karstiques. Lui, de son côté, aimait le bourdonnement de la pierre, les falaises plongeant brusquement dans les eaux froides et le vent qui portait ses mélodies si loin qu’on les entendait sans pouvoir en deviner le joueur.

Il s’était assis ce jour-là, sur la roche encore tiède des quelques rayons de soleil qu’elle seule avait su capter, et avait esquisser les contours d’un paysage qui le fascinerait probablement même en y restant des années. Il y avait des similitudes avec l’Ecosse et pourtant, tout était différent. Les gens, la musique, l’odeur étaient dépaysantes sans être en rupture avec sa propre culture. Il ne pouvait s’empêcher de songer à Sarah et Franck, rencontrés quelques années plus tôt en Angleterre, tous deux Irlandais de naissance. Il lui semblait comprendre la retenue nostalgique de Sarah, quand élevée dans de tels paysages, elle s’était ensuite retrouvée enfermée dans une ville où la mer était emprisonnée de béton et couverte de bateaux.

Les yeux fermés, il s’était laissé emplir des odeurs maritimes, du vent salé et de la faune environnante. L'aria d’un oiseau lui déchira le cœur à plusieurs reprises. Timide et faible, elle avait répondu à la flûte dont il avait joué et qu’il avait fini par poser sur ses genoux pour laisser place au petit chanteur. Ce dernier s’était tu, dans l’attente probable de son partenaire, si bien que le barde avait repris sa mélodie, et soulagé, avait noté que son compagnon de la journée le suivait à nouveau.

Il y avait dans son pépiement tant de tristesse, que sous ses doigts, la flûte essayait tant bien que mal d’insuffler un peu de force à l’être qui produisait une telle élégie.
Pour être resté des heures à écouter le monde, il était la plupart du temps, capable d’identifier les chants des oiseaux. Celui-ci ne faisait aucun doute de par l’émotion qu’il suscitait. On lui prêtait mauvaise réputation si l’on était superstitieux, et pourtant, la longue cavatine était si criante de vérité que quiconque ayant déjà eu le cœur brisé ne pouvait qu’y noter là un écho des instants les plus poignants de sa vie. Les notes de l’oiseau s’égrainaient dans les airs et éclataient en déchirant le vent, murmurant au monde la peine la plus intense jamais ressentie.

Il avait déjà entendu un Augurey, une fois. Celui-ci s’était alors élevé dans les cieux et n’avait fait que passer au-dessus de leur tête; laissant les différents témoins de la scène dans la confusion la plus totale et l’attente de la catastrophe imminente qui ne pouvait qu’avoir lieu après une telle rencontre.
Avait-elle vraiment eu lieu? Il n’en gardait aucun souvenir. Mais le chant avait été bref et différent de celui-ci qui s’éternisait et lui semblait si proche.
A bien l’écouter, il s’agissait presque d’un appel.

Le barde laissa échapper quelques dernières notes graves avant de reposer l’instrument pour se contenter d’écouter. L’oiseau sembla émettre un trémolo de protestation mais repris néanmoins sa plainte plus basse, comme s’il n’avait plus la force de la pousser plus avant.  

Intrigué, le barde se leva, déposa sa flûte sur son livre et tacha de déterminer d’où venait le son. Auditeur aguerri, il localisa rapidement la direction et entrepris d’avancer lentement vers sa provenance. Lorsqu’enfin, il identifia le buisson, il fut pris d’hésitation. Déloger l’oiseau ne lui paraissait pas respectueux et pourtant, sa curiosité le poussait à envisager d’écarter doucement les branches épineuses pour discerner le « visage » de son musicien du jour.

La petite créature aurait-elle peur de lui ?

«Probablement.»

Il était là, toujours plein d’hésitations, à vaciller entre le grand respect qu’il vouait à la nature – et dont son épaule se rappelait la dernière infraction -   et cet étrange besoin d’aller dénicher la beauté du monde dans ses endroits les plus camouflés, quand il perçut un mouvement dans son dos.



HJ:Désolé, j’ai été victime d’un naufrage. Je devrais être plus réactif à l’avenir. Enfin... j’espère.


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Edenschoulder

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MessageSujet: Re: D'oiseaux & d'Augures • Ezio •    Mer 27 Déc - 18:50

« Putain, mais tu fais quoi là ?! »

Pour comprendre l’entièreté de la question et appréhender l’ampleur d’une telle entrée en matière, faisons l’effort de revenir quelques minutes en arrière.

Quand la flûte se tut et que l’oiseau non, (genre la grande lâcheuse qui avait provoqué la créature et qui désormais l’abandonnait à son triste sort : Vas-y, chante avec moi. Puis crève.) elle avait guetté la suite de l’opéra de sa cachette. Tant que la créature chantait, c’est qu’elle vivait. De ses yeux, elle avait fouillé les environs, à la recherche du musicien provocateur. Comment l’imaginer ? Homme ? Femme ?
Le cadre était posé, la victime et l’ambiance aussi, manquait les autres personnages et les costumes.
Tu peux pas t’imaginer le bruit d’un cœur qui guette un truc qu’il ne voit pas encore. C’est à te retourner le cerveau, les ongles et les poils des bras.

Et soudain, lumière fut, le jeune premier entra en scène.

Cris d’agonie dans le silence versus grande silhouette qui surgissait des broussailles, sur rythme de palpitant au galop.

La vision était poétique quoi qu’insolite. Le grand type était sorti de nulle part, ce qui avait amené Eden à s’imaginer des tas d’autres gars tapis dans les recoins des buissons. Genre une équipe de Quidditch au complet.Voilà qui augmenterait considérablement la densité de population au mètre carré en Irlande mais pouvait valoir le coup d’être étudié.
D’une démarche calme et assurée, Le grand brun crapahuta sur la pierre en direction d’un buisson qu’il contempla longuement avec hésitation.
Homme donc.

« Allez… laisse-le. Barre-toi. »

Il en fit le tour et attendit. Longuement. Elle aussi.
Bouche ouverte, tout au suspense, à observer avec une curiosité extrême celui qui avait ravi à son être hyperactif, quelques minutes de calme aux détours d’un buisson.
Très grand, très brun, on ne distinguait pas son visage de là où elle était, mais elle devina à ses gestes ralentis, et ses inclinations qu’il hésitait à mettre ses grandes mains dans le buisson abritant l’Augurey.

• Et merde. •

Se redressant, tout à fait, elle bondit sur ses pieds et se glissa vers lui, aussi silencieusement et rapidement que possible. Une clé de bras par derrière ou une strangulation aurait été efficace. Mais la taille de l’homme lui laissait peu d’échappatoire en cas de foirade.
Oui, elle entendait bien l’empêcher de toucher à cet oiseau.

Les Augurey tenaient du vautour. Ils semblaient fragiles et malades la plupart du temps, contrastant avec la puissance magique dégagé par leur chant. Le fait que celui-ci balance ces dernières notes avant de faire le grand voyage refilait à Eden l’envie grandiloquente de jouer les sauveuses.
Et ce n’était pas un grand type au fluteau qui allait gâcher les derniers instants de vie précieuse de cette pauvre créature. Aussi grand soit-il. Et carré aussi. Et sûrement costaud aussi. Vu ses bras.

T’as déjà vu une irlandaise décoiffée, campée sur ses deux jambes, la main près du fourreau de sa baguette, face à un homme de dos, prête à le déglinguer sur place s’il venait à avoir envie de mettre les mains dans le buisson ?

Là, tout de suite, tu comprends mieux le « Putain, mais tu fais quoi là ?! ». La situation s’y prête mieux qu’une conversation autour d’une bière qui aurait entraîné un dialogue plus du type Michel Audiard.

Détaillez donc le dos de quelqu’un. Ça en dit super long, un dos. La forme, l’habillement, la musculature, l’entretien. Certains Aurors étaient même spécialisés dans l’observation du dos et suivaient une filières physionomie arrière sur leurs lieux de formation. A coup sûr on pouvait retracer le profil de quelqu’un rien qu’avec son dos.
Ce n’était pas son cas, mais elle pouvait toujours essayer.  

Ce dos-là portait du coton et était agrémenté de quelques herbes. Donc, il n’avait pas peur de se salir. Premier trait de caractère évident. Maintien sportif et largeur notable, On n’était donc pas face à un trader mais plutôt une version moderne de l’homme des bois, des steppes ou de la roche. Le temps de descendre jusqu’aux chaussures en marquant quelques temps d’arrêt et elle pouvait vous faire le thème astral du gars.

Conclusion : Il était mal barré de toute façon parce qu’elle était têtue.

De l’index, elle effleura le fourreau accroché à sa taille. S’il esquissait le moindre mouvement agressif, elle avait en réserve une bonne quantité de sortilèges aux effets divers et variés.
Tu veux voir ?


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MessageSujet: Re: D'oiseaux & d'Augures • Ezio •    Dim 4 Fév - 23:29

Le mouvement qu’elle amorça fut ensuite aussi sonore qu’il n’avait été discret pour venir jusque-là. Si la jeune femme était parvenue derrière lui sans qu’il ne la devine jusque-là, son intervention lui fit au contraire, l’effet d’une tempête qui se déchainait dans son dos.  Ses intonations avaient plus de la tornade que du murmure du vent et s’il se retourna amusé pour commencer, son sourire se figea en notant l’air sérieux et farouche de la femme qui lui faisait face. Elle avait le visage fermé comme si elle pensait à le crucifier sur place et il ne put s’empêcher de remarquer la main portée à sa hanche, vers un fourreau. Croisant de nouveau un regard clair où il pouvait lire détermination et suspicion, il écarta rapidement les mains en gage de paix.

- On se calme. Avança-t-il doucement. J’écoutais seulement l’appel de l’Augurey. J’avais l’impression que…

« Qu’il m’appelait, moi ? »

La fin de sa phrase lui parut soudainement stupide et irréelle, bien qu’il en reste intimement persuadé.

La jeune femme qui lui faisait face était de taille moyenne et semblait avoir rampé dans la bruyère et les épines. Elle en avait plein les vêtements et les cheveux, ce qui ne semblait pas affecter son sérieux extrême. Son visage était charmant, bien qu’il eût gagné à être moins froid. Ses yeux vifs et gris jetaient des éclairs comme s’il était l’entier responsable de tous les maux de la terre. Constellée de tâches de rousseurs, elle avait la peau claire des gens d’ici mais n’en n’avait pas l’accent. Il y nota quelque chose de chantant qu’il avait déjà noté chez d’autre. Cheveux sombres et cuivrés remontés en bataille, elle lui rappela soudainement le personnage effronté de Tom Sawyer, si bien qu’il n’aurait pas été étonné de la voir pieds nus. Son air arrogant semblait le défier ouvertement et si une partie de lui avait envie de s’en amuser, l’autre, plus raisonnable lui intimait gentiment d’éviter toute plaisanterie stupide qui lui vaudrait quelques maléfices qu’elle n’hésiterait certainement pas à envoyer.

- Je m’appelle Ezio. Et je …je suis barde. Précisa-t-il comme s’il s’agissait là d’une justification suffisante, voire universelle.

Bien qu’à la réflexion, ce petit gardien ébouriffé aurait peut-être montré plus de déférence envers un moldu.

« Perdu pour perdu… »

- Et inutile de vous affoler, j’étais seulement en train d’écouter…

A cet instant bien choisi, la pauvre créature renouvela sa longue plainte d’agonie. Conscient qu’il ne fallait pas tourner le dos à une femme armée - et décoiffée - , le barde se contenta d’un mouvement de tête en direction du cri., un doigt plaqué sur les lèvres. Un léger sourire se greffa à ces dernières alors qu’il constatait qu’il ne s’était pas trompé sur l’émission de la complainte. L’oiseau était tout prêt d’eux désormais et son cri faiblissait de désespoir.

- Vous entendez ? Souffla-t-il. On dirait vraiment qu’il nous appelle... Poursuivit le barde dans un murmure.

Se tournant à nouveau vers la jeune femme, il la dévisagea et fut pris d’un doute, confirmé par l’impression qu’elle dégageait et son étrange accent.
Il l’avait déjà vue.
Mais où ?

Il parcourut de nouveau ses traits, plus fort de cette intuition et fouilla sa mémoire à la recherche d’une paire d’yeux gris et d’un culot monstre. Les décors se succédaient derrière elle pour tenter de remettre celui dans lequel elle aurait pu évoluer.
Il toucha du doigt le souvenir, le frôla de l’esprit, le caressa des yeux, sans parvenir à s’en saisir.

- Il souffre.


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Edenschoulder

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MessageSujet: Re: D'oiseaux & d'Augures • Ezio •    Mer 28 Fév - 17:51

Comment ça inutile de s’affoler ? Qui c’est qui s’affole là ? C’est pas moi qui lève les bras comme si j’allais être crucifiée, bonhomme.

Rapide inventaire des « lieux » et possessions du grand brun. Pour ces dernières, ça allait être plus rapide, il n’avait pas l’air de traîner grand-chose avec lui. Pas de sac, ni de fourreau apparent, pourtant il était clair qu’il était sorcier.
Parce que si tu penses qu’un moldu va te parler d’Augurey entre deux broussailles et lever les bras en voyant une petit nénette menacer de porter la main à un petit bout de bâton, tu te fourres la baguette dans l’œil jusqu’au manche. Et en prime, tu peux même faire le deuxième.
Il la dévisageait en frisant les limites de l’impolitesse, avec un air de la photographier mentalement qui ne lui disait rien qui vaille. Si œil pour œil, dent pour dent ne restait pas en rade, regard pour regard prit alors des allures de duel au soleil. Et puis question œil, il en avait deux à se rouler dans la paille, le type.
Sauf qu’au lieu d’entendre rouler les bottes de pailles devant le saloon, on entendait plutôt piailler l’oiseau comme s’il réclamait un peu plus d’attention.

Putain, c’est vrai qu’on dirait qu’il appelle. J’aime pas du tout qu’il ait raison.

Un peu contrariée de devoir lui accorder ce point, elle s’abstint de le faire. Il n’avait qu’à le deviner, qu’il avait raison. Ou avoir un peu plus confiance en ses opinions. Pourquoi toujours devoir avoir besoin de l’approbation d’autrui ?
Du coup, évidemment, la contre-attaque fut plus brutale : « T’es au courant, Ezio le barde, qu’on écoute avec ses oreilles ? Sors tes paluches de là. Evidemment qu’il souffre, il est en train de crever. » Oui, avec le roulement des yeux qui va avec. La totale.

Si elle avait pu souffler autant qu’Erwin la tempête elle l’aurait fait, mais à son échelle d’humaine l’exhalation demeura soupir, bien que suffisamment appuyé pour qu’il prenne toute la mesure de son exaspération. Un barde, c’était un peu un quantifieur d’émotions sur pattes non ? Même quand elles sont longues, les pattes.

Ils étaient là, comme deux blaireaux dignes d’une campagne de pub pour Pouffsoufle, à regarder un buisson qui se trémoussait au rythme de plaintes à vous arracher le cœur avec le bec. Même pas stérilisé.

« Pousse-toi. » Souffla-t-elle de nouveau. Ok, c’était plus une question de forme parce qu’elle aurait pas fait le poids pour dévier l’homme de sa trajectoire, mais il faut croire qu’il y mit un tant soit peu de bonne volonté puisqu’elle put passer. Se glissant entre lui et lui buisson, elle écarta les branches à la main (juste au cas où elle se soit planté et que ce brave type n’est jamais eu à faire à une baguette de sa vie) pour révéler un oiseau minuscule qui ne devait pas être bien vieux si on considérait la qualité de son plumage. Surprise, Eden fronça les sourcils à l’attention du barde. Bien surprenant ce petit dont la volonté certaine était de leur crever sous le nez à son jeune âge.
Coupant court à tout envie que l’autre aurait pu avoir de commenter la scène, et le repoussa d’un coup d’épaule (se faisant mal par la même occasion sur l’épaule du type) et avança la main vers la petite bête recroquevillée dans son nid optimisé pour une larme géante. Foi de soigneuse, si cette petite chose était malade, elle la soignerait.

« Regarde-moi ça, le barde, il est tout rachtèque ton musicos. »  Maigre et dégarni du plumage, il était verdâtre et noir, pas plus grand que sa main. Il continuait à ouvrir et fermer le bec en les regardant droit dans les yeux. Si je te jure. Le cri était aigu et désespéré, genre dépression niveau 12. « Soit il est malade, soit il annonce une flotte à te lessiver le T-shirt. »
Et pour démentir la seconde option, après un dernier spasme noueux et bruyant, la bestiole dodelina de la tête et s’effondra dans la main d’Eden qui sursauta, avant de se tourner, d’un air furieux vers le barde. « C’est malin, à cause de tes conneries, j’ai un oiseau qui vient de me clapser dans les doigts. »

Super karma. J’aurais préféré qu’il me chie dessus.
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Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: D'oiseaux & d'Augures • Ezio •    Sam 7 Avr - 14:53

Si quelques vents devaient souffler sur les côtes irlandaises ce jour-là, on était loin des brises marines. Il y avait en elle quelque chose de tempétueux qui rappelait l’hurricane. Une électricité de l’air qui annonçait l’explosion prochaine des nuages gorgés d’eau et peut-être pire encore. Il l’observa tracer son chemin sans faiblir comme si la jeune femme se battait contre vents et marées, le monde entier probablement, lui compris.
Elle tentait de contrebalancer une physiologie fluette avec une voix assurée et une attitude incisive qui lui arrachèrent - à plusieurs reprises - des sourires qu’il cacha aussitôt face aux assauts de son regard plus mordant encore que le reste.
Se gardant bien d’y répondre, il se contenta de lever les yeux au ciel, un mince rictus au bord des lèvres et s’écarta prudemment alors qu’elle se prenait pour un abraxan en fonçant sur lui.
A grands renforts de cynisme et autre piquants verbaux, elle se fraya un chemin jusqu’à l’abri de l’oiseau, qu’elle révéla à alors à leurs yeux.
Curieux, il se rapprocha malgré les mises en garde dont elle prenait soin de ponctuer chacune de ses phrases au vocabulaire poétique. La petite agitée finit par extraire du buisson épineux, une toute petite créature qui tenait au creux de sa main et qui paraissait – effectivement – bien mal en point.

Alors qu’il s’apprêtait à émettre quelques commentaires sur les prévisions météorologique de l’ouragan des plaines, leur ami commun s’évertua à rendre l’âme aussi douloureusement que possible, dans une dernière plainte musicale crève-cœur. Tragédie qui déclencha en réaction, une fébrile et furieuse accusation à son encontre qu’Ezio réceptionna comme une boule de feu.
Offrant un visage fermé aux allégations de la jeune femme à son sujet, il se contenta de libérer les mains de cette dernière du petit corps qu’elle contenait en le prenant dans les siennes. Il paraissait de ce fait, encore plus frêle.
Encore empreint de la chaleur de la vie qu’il venait de quitter pour son dernier envol, la créature s’avéra être extrêmement légère et maigre. Dans son imagination, le barde avait envisagé d’autres images pour l’Augurey. Probablement plus honorables bien qu’on le signale d’apparence fragile. Son plumage n’était pas celui auquel on aurait pu s’attendre de la part d’une légende à rémiges. Il paraissait avoir été abîmé et témoignait d’un éclat passé qui aurait terni avec le temps. Pourtant, comme l’avait soulevé la jeune femme, il ne semblait pas vieux.

-Peut-être que si vous vous étiez contentée d’écouter avec vos oreilles, il ne vous aurait pas accablée de ce poids. Murmura ironiquement le barde, relativement agacé par la responsabilité qu’elle voulait lui faire endosser.

Poursuivant ses observations sans plus se soucier des regards furieux qu’elle aurait pu lui envoyer, il retourna l’oiseau entre ses mains pour le détailler plus avant. L’une de ses pattes portait une petite marque longue et fine qui lui arrachèrent un froncement de sourcil. Passant son doigt dessus, il le retira rapidement, ses soupçons confirmés. On avait magiquement marqué la créature.

Le front soucieux, il posa deux doigts sur le petit corps chaud et murmura quelques paroles en gaélique avant de se dégager du buisson et de fouiller le sol de ses yeux. Ayant repéré ce qui l’intéressait, il fit quelques pas dans cette direction et s’accroupit ensuite entre deux plaques de roches qui laissait entrevoir une petite fissure dans laquelle il glissa le corps de l’oiseau qu’il entreprit de recouvrir de pierres glanées autour tout en continuant à psalmodier.

-May the blessing of light be on you - light without and light within. 
May the blessed sunlight shine on you like a great peat fire, 
May the blessing of the rain be on you, 
May it beat upon your Spirit and wash it fair and clean,
and leave there a shining pool where the blue of Heaven shines, 
and sometimes a star. 
May the blessing of the earth be on you, 
soft under your feet as you pass along the roads, 
soft under you as you lie out on it, tired at the end of day; 
and may it rest easy over you when, at last, you lie out under it. 
May it rest so lightly over you that your soul may be out from under it quickly;


Lorsque son travail fut achevé, il se releva et daigna enfin jeter un œil à son étrange rencontre du jour. Elle avait toujours l’air aussi contrarié, mais il eut l’impression de ne pas en être l’unique cause.
Au loin, quelque chose grondait et semblait se soulever. Il sembla au barde qu’on lui insufflait à l’oreille quelques pensées ne lui appartenant pas, portées par un vent d’avertissement. Alors qu’il la dévisageait toujours dans un silence distancié, une bourrasque plus téméraire que les autres s’engagea dans les cheveux de la jeune femme pour y semer quelques chaos. Le barde leva un œil curieux vers les cieux tourmentés et changeants qui leur servaient de toit.

-Peut-être était-ce un peu les deux après tout… murmura-t-il.

Délaissant enfin la jeune femme, son regard chercha le livre et la flûte, abandonnés plus tôt sur la pierre.

- Je ferai mieux de récupérer mes affaires. Vous avez raison, il va pleuvoir. Lâcha-t-il lourdement dans l’atmosphère pesante.


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Edenschoulder

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MessageSujet: Re: D'oiseaux & d'Augures • Ezio •    Sam 12 Mai - 16:48

Un point pour le barde. Elle avait touché, pas lui.
C’était certainement très chartier de lui faire porter la responsabilité de la mort du petit piaf. Il aurait rendu l’âme dans tous les cas, avec leur présence ou sans. D’autres auraient fourni des excuses à t’en dérouler deux mètres de parchemin sous les pieds. Pas elle. Trop fière. Les excuses, c’est pour les faibles. Et reconnaître ses erreurs… elle tenterait dans une autre vie. De préférence quand elle n’en ferait plus.
Eden se contenta donc d’hausser les épaules face à l’ironie du barde mais ne dit rien lorsqu’il lui prit la petite bête des mains.
De toute façon, elle ne savait pas quoi en faire maintenant qu’on en était là. Elle ratait rarement son coup sur les soins, les cadavres, c’était carrément pas une habitude et pas vraiment son truc. Sinon elle aurait tenté la filière équarisseur.

Du coin de l’œil elle le regarda observer la petite chose et la manipuler avec une délicatesse qui aurait fait baver quelques soigneurs de sa connaissance. Il avait de grandes mains, mais n’avait rien d’un empoté. Chacun de ses gestes était précis et doux, puis rien qu’à le regarder, elle avait déjà moins envie de lui en vouloir. Ce type était agaçant.

Étrangement, alors qu’elle se targuait de n’avoir peur de rien et pas froid aux yeux, la vision de l’oiseau mort la dérangeait. Elle évita soigneusement de porter les yeux dessus et délaissa les mains d’Ezio le barde, pour son visage.
La vision était carrément plus agréable qu’une bestiole raide, mais elle n’eut que très peu de temps pour s’extasier sur les longs cils de l’homme puisqu’il fronça les sourcils avec un sérieux qui réveilla son instinct méfiant. Automatiquement elle suivit son regard.
Il passait un doigt sur la patte de l’oiseau pour y découvrir un petit fil gravé qu’elle ne manqua pas d’identifier comme la trace d’un sortilège. A la base de cette même patte, une légère teinte carmin du plumage indiquait une minuscule blessure, de la taille d’une aiguille tout au plus.

Elle ouvrit la bouche pour faire un commentaire mais déjà il se lançait dans une sorte de prière bizarre qui lui extirpa un regard interloqué qui en oublia d’être moqueur, pris de surprise.

• S’il le ramène à la vie, ce type est mon nouveau dieu sur terre. •  Songea-t-elle cynique.

Tu te doutes bien que l’oiseau garda l’œil vitreux et la patte raide. Mais le spectacle de ce type penché sur une toute petite chose à réciter des paroles qui l’apaisaient alors qu’elle était d’une humeur de sombral en choc anaphylactique était à vivre. Pendant qu’il parlait, sa voix paraissait se détacher et te parcourir les oreilles, un peu comme la musique plus tôt.
Il y avait ce petit truc dans son timbre et ses intonations qui lui titillait le cœur à l’écraser comme un midgee. Jusqu’au bout, elle garda le silence. Ce n’était pas les commentaires qui lui manquaient. La plupart lui sautaient dessus avec la force d’assaut d’une meute de grapcornes. Seulement voilà, ils ne franchissaient pas la barrière de ses dents bien serrées. Sûrement ce truc, qui lui murmurait au cerveau que l’instant était sacré. Même pour elle, l'irréductible impie.

A deux doigts de se sentir gênée (deux doigts ça peut quand même être de grands doigts, ne te leurre pas) elle refreina l’envie de faire trois pas pour se glisser par-dessus son épaule. Et pourtant, elle avait le commentaire curieux à tendance moqueur facile.

« Et pssssst, tu fais quoi ? » Ça aurait planté un pieu dans l’ambiance mystique et aurait peut-être filé au barde l’envie de lui coller une mandale. Ce à quoi elle aurait riposté de la baguette, mettant là en péril la solennité de l’enterrement du piaf. Parce que finalement, c’était de ça qu’il s’agissait. Une mise en bière en bonne et due forme. Plus classe que ce à quoi avait eu droit sa mère, quelque part.

Quand enfin il se retourna, elle se composa fissa un air narquois histoire qu’il ne prenne pas le melon à réussir à en imposer avec trois brindilles et un cadavre.  Ils se dévisagèrent quelques secondes, durant lesquelles son ironie perdit un poil de sa superbe. Puis il embraya météo.

Évidemment qu’il allait pleuvoir.
Inutile d’être barde pour fleurer la flotte avec ce vent et ces nuages gorgés d’autre chose que la bière. Suffisait d’être irlandais.

Un peu vexé d’être lâchée comme une vieille chaussette sur le parvis du cimetière, elle se contenta d’opiner du chef avant de lancer l’arme ultime : « C’est ça. » Les deux mots qui ne veulent rien dire d’autre que « Continue dans ton cul-de-sac, tu verras ou ça te mène. » et encore, ça, c’est la version imagée.

Croisant les bras d’un air de défiance, elle l’observa faire demi-tour et se trouva une fois encore à contempler son dos. La vision devenait familière.
Tiquant des sourcils, elle le regarda s’éloigner vers les affaires qu'il avait laissé plus loin.

« Sérieux, tu te casses comme ça? Genre on en reste là quoi? Tu comptes pas venger sa mort?»

Ouais, enfin... c'était peut-être un peu too much, la vengeance. Mais n'importe quel sorcier normal aurait tiqué sur le côté chelou de la fin du piaf. Ou fait un commentaire. Même tout petit. Un soupir, quelque chose. Pas juste, tchao je me casse, j'ai fais mon taff, il repose en paix et son âme est safe.

« Allez, fais pas comme si t'avais pas remarqué!»

Et pour te rendre le timing parfait, le ciel en profita pour dégueuler par surprise ce qui lui était resté sur le cœur après la nuit. Une douche fraîche à te rincer le plus coriace des shampoing, calcaire et régulateur de température en moins.

• Si ça se trouve, il pense que c'est toi qui l’a dégommé •

« Hé le barde, attends un peu!Que les choses soient claires, j'y suis pour rien moi!! je suis soigneuse, ok?» Et si tourner les talons et transplaner avec classe aurait été vraiment une bonne idée, Eden prit l'option de courir derrière le type sous une avalanche de flotte.
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