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Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
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Il y a de la nouveauté !
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Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Les absents ont toujours tort.
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 Life and death |Vesperina|

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MessageSujet: Life and death |Vesperina|   Mer 11 Oct - 16:17







Københavns Hovedbanegård





Blanche ou noire, noire puis blanche, de la pulpe de ses doigts il en caressait l’ivoire avec une tendresse infinie.




Ils s’étaient d’abord tous deux longuement observés, entre silences respectifs et chaos de la gare. Les yeux de l'un sur le bois de l'autre, dans une attirance probablement mutuelle.
Le brouhaha des conversations fournissait l’espace sonore suffisamment étoffé pour être prétexte à penser plus fort. Les yeux du barde parcoururent le tableau lumineux où les trains, les uns après les autres, s’annulaient ou marquaient leur retard. Il en ignorait la raison, bien que captant ça et là quelques hypothèses. Les voyageurs, en de longues files d’attentes impatientes, questionnaient, s’agitaient, demandaient réparation pour ces incidents aux conséquences dévastatrices sur leur programme, travail, horaires, rendez-vous...

Ezio haussa les épaules et se réinstalla plus confortablement dans son siège. Il avait finalement plus de temps que prévu devant lui. Combien exactement, il l’ignorait et s'en moquait un peu. Ses yeux glissèrent sur le panneau lumineux, attirés par une destination dans le sud de la France. Il soupira et entreprit de se raisonner dans un sourire un peu contrit. Ça ne passait pas.
Bien sûr, il allait bien. Calme et serein à nouveau, paisible et maître de lui comme il se devait d’être. Capable de capter à nouveau images, sons, beauté et tourments de ce qui l’entourait. Il ne dépérissait pas, mangeait, dormait presque, souriait, écrivait de nouveau et voyageait beaucoup. Certains, pour ne pas dire beaucoup , s’en serait contenté.

Et lui?

Il manquait toujours son ombre dans le tableau qui se composait. Si la nostalgie lui plaisait, il se sentait peut être moins vivant sans cette étrange effet qu’elle avait sur lui. Moins à fleur de peau. Moins eux.

Parfois une silhouette attirait son regard, mais bien vite, il savait. Ce n’était pas elle.

À contre coeur, il détourna les yeux de ses envies de folie et de destination où l’attendait la souffrance qui semblait manquer à sa vie. À nouveau, ils croisèrent le piano. Seul et ignoré de la foule, son tabouret désespérément vide, l’instrument avait pourtant résonné un peu plus tôt des essais timides d’une jeune femme rougissante qui avait fini par renoncer.
Abandonnant son sac et son violon à ses pieds, il posa sa main avec respect sur l’instrument solitaire. S’asseyant doucement sur le tabouret, il commença par laisser courir une main sur les touches, avec une pudeur qu’il offrait au piano plus qu’à la foule sonore. Bien vite, sa main gauche refusa de rester en reste et vint égrainer quelques accord pour accompagner sa compagne. Avec lenteur, s’éleva une mélodie douce et empreinte de nostalgie. Les notes  s’élevèrent dans le dôme de la gare centrale de Copenhague. Timides pour commencer, plus appuyées ensuite, elles s’intensifièrent  alors que se déroulait le scénario musical. Emporté par sa propre mélodie, Ezio en oubliait la foule, le bruit, les trains, la gare, le monde entier et laissait courir des mains agiles sur le clavier.
Il foulait d'autres lieux, côtoyait d'autres gens, échangeait d'autres regards et ressentait d'autres émotions. Parmi elles, celles des passants qui l'entouraient.  
Ceux qui n’étaient pas impatients au point d’avoir fuit, tournèrent la tête, puis une oreille et enfin les deux. Certains se rapprochèrent, beaucoup cessèrent de parler et se laissèrent à leur tour bercer par les émotions de la musique du barde. L’histoire était celle d’un homme qui par quelques hasards fantastiques se trouvait marié à une morte. Pleine de nostalgie et d’étrangetés, la musique pénétrait dans les coeurs et soulevait des émotions atypiques, tantôt languissantes, parfois tourbillonnantes.

Ô combien il était aisé de conter l’histoire des autres quand il était si difficile de parler de soi.

Le barde se prêta au jeu de longues minutes, transporté par le rebondissement des notes à travers le hall qui en était maintenant rempli. Les yeux fermés pendant que ses mains couraient sur les touches, il se balançait doucement au rythme d'un tempo qui n'appartenait qu'à lui. Intimes tous deux maintenant, l'homme et l'instrument ne semblait plus qu'un, dans toute l'intensité de la musique qui prenait toujours de l'ampleur pour sombrer à nouveau dans cette languissante nostalgie.
Hors des lieux et du temps, il s’arrêta soudainement alors que prenait fin la mélodie, les notes en suspend, avec un goût d’inachevé, comme bien des histoires finalement...
Les mains suspendues au-dessus de l’instrument, le barde demeura là un instant alors que des murmures de poursuite s’élevaient parmi les voyageurs.
Un appel dans les haut parleurs annonça l’arrivée d’un train qui avait échappé aux annulations grèves ou incidents techniques et la gare reprit son souffle en même temps que son activité ruchière.


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Dernière édition par Ezio Shepherd le Mer 11 Oct - 22:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Life and death |Vesperina|   Mer 11 Oct - 21:29

Le monde magique me faisait de plus en plus peur.

Comme si tout ce que je touchais de magique devenait incontrôlable et faisait n’importe quoi. Tout ce dont je m’approchais finissait par bruler ou disparaitre… Comme mes espoirs, à vrai dire… Et mon refuge. Tout semblait partir en volute de fumée, et je ne pouvais rien y faire. Mon sentiment d’insécurité lui, par contre, grandissait à mesure que les secondes passaient, et la sensation de m’étouffer dans la peur s’étendait elle aussi. Je n’arrivais même plus à parler sans devenir bègue… Et ce, alors que les seules personnes qui m’écoutaient, étaient Suki et ses petits, soit la chatte siamoise que j’avais achetée une semaine plus tôt.

J’ai donc agis dans la précipitation, comme je le fais toujours, et vérifiant que la minette avait encore de quoi se nourrir et de l’eau, j’ai pris le portauloin que j’avais commandé dans une boutique magique… J’en avais trois sur moi en plus de celui-là, trois destinations afin de pouvoir visiter de nouveaux endroits où vivre, loin du danger et de l’agitation. Et un pour rentrer ici.

Et comme d’habitude, rien ne s’est passé correctement.

Je suis bien arrivée sur Cagliari, mais je n’ai rien trouvé d’intéressant, ni de petites affaires intéressantes, ni d’offres d’emploi, rien. Alors j’ai vite renoncé. Si j’apprenais très facilement les langues, je ne voulais pas m’encombrer de plus si cela ne pouvait pas me servir… Et je commençais à avoir du mal à subvenir à mes besoins malgré la fortune laissée par mes parents pour mon héritage. Je ne vivais pas à outrance, mais j’avais des besoins, et une petite suite dans un hôtel, quand bien même ce soit agréable pour un séjour de courte durée, ça ne l’était pas pour vivre… Et je voulais un chez moi. Un endroit qui soit paisible, loin de toute l’horreur qui semblait vouloir me tomber dessus. Un havre de paix loin du monde.

J’ai renoncé à l’Italie, et j’ai utilisé l’artefact qui devait me conduire en Autriche. Les ennuis ont commencé… Je ne suis pas arrivée à Vienne, mais à Villach… et je me suis perdue… J’ai dû mettre une bonne heure pour trouver l’office de tourisme et ainsi me situer, mais ça avait été suffisant pour que la panique reprenne ses droits sur moi. Je me sentais fébrile, nauséeuse, haletante. J’ai pris quelques minutes pour me calmer, assise sur un banc, mais si la crise d’angoisse est passée, la honte d’avoir été vu ainsi par toutes sortes de passants m’a saisi… Je me suis mordue la lèvre pour retenir la tension, et j’ai esquivé un temps pour essayer de dénicher un coin tranquille où user du dernier portauloin pour visiter ce qui aurait dû être l’Allemagne…

Mes yeux se sont écarquillés d’horreurs quand j’ai atterris en France, au milieu d’un quartier chaud et purement moldu. Je me suis mise à courir sans savoir où j’allais pour m’éloigner. Je ne comprenais que peu le français, juste quelques mots par-ci par-là, et atterrir comme ça. Inutile de dire que j’ai fini par craquer et m’isoler entre deux murs pour laisser échapper toute la tension. Des larmes silencieuses, tandis que je comptais mentalement dans ma tête pour remettre mes pulsions cardiaques dans un ordre logique. J’avais faim, mais je savais que je ne pourrais rien avaler, je voulais juste rentrer et me coucher pour ne plus avoir affaire au monde extérieur.

Lorsque je fus calmée… du moins que je cessais de pleurer et ventiler, j’ai regardé le dernier pinceau, celui qui devait me conduire jusqu’à chez moi. J’ai fermé les yeux et je l’ai serré dans ma main avec espoir que ce dernier fonctionne… Jusqu’ à l’activation… J’ai été tirée par le nombril, tout s’est mis à tourner, et j’ai manqué de m’écraser au sol avec violence… J’ai presque mangé un trottoir… J’étais dans une ville, il faisait frais… Et les voix qui résonnaient non loin de moi n’avaient rien d’écossaises.

De ma main tremblante, j’ai frappé le bitume, en colère et désespérée… Il n’y avait plus d’artefact pour me ramener chez moi… Je devais me débrouiller avec les moyens du bord, encore, parce que Odin se moquait de moi. Oui. J’en étais certaine maintenant, j’avais dû lui faire quelque chose pour qu’il me vende ainsi à Loki. Ce n’était pas possible autrement… Les yeux encore brillants, tremblante et le souffle court, j’ai cherché à savoir où j’avais atterris. Les langues ne m’aidaient pas véritablement, je savais juste que j’étais dans un pays nordique… Pas loin de… de mon ancien chez moi…

À cette pensée, mon cœur se serra. La Finlande me manquait mais… Je ne pouvais pas y retourner, il n’y avait plus rien pour moi là-bas. Anya était partie dans une université américaine, et moi… Je n’avais plus de famille à rejoindre depuis longtemps… Observant les alentours pour me changer les idées, c’est un écriteau qui manqua de me rentrer dedans, ou l’inverse, qui me permit de savoir où j’étais… À côté d’une gare… Une grande… que je commençais à reconnaitre pour l’avoir empruntée deux fois dans mon enfance.

Copenhague…

On est loin, très loin d’Inverness… Et je commence à en avoir marre du monde sorcier… Si certes, j’ai dû y retourner parce que les évènements enflammés qui se produisaient autour de moi étaient moins dangereux de ce côté-là, c’était malgré tout une catastrophe. La baguette de ma mère plantée dans mes cheveux, j’ai resserré la prise sur mon sac à main, et je me suis avancée lentement. Les trains ne pouvaient pas apparaitre et disparaitre n’importe où, pas vrai ? Ils arrivaient forcément dans la gare de destination… Et là, je n’aurais pas de souci… Je devais juste aller en France, et ensuite… Ensuite je prendrais le tunnel sous la manche… Et j’irais ensuite vers Edimbourg… Heureusement que j’ai toujours de quoi payer en argent moldu aussi… Une carte bleue notamment.

Mais une fois entrée, la quantité de personne encore sur les quais et les bancs me donna des frissons d’appréhension. Qu’est-ce qu’il se passait ici ? Pourquoi est-ce qu’il y avait autant de monde ? Je ne me sentais définitivement pas à l’aise, avec mes yeux bien rouge, mon air perdu, fragile, mes mains tremblantes… J’avais l’impression que tous les regards convergeaient vers moi, et même si c’était faux, je me sentais en panique. Et il ne fallait pas, il fallait que je me calme, sinon ça allait de nouveau éclater, et je ne voulais pas… Je me suis rendue au guichet, et avec difficulté, j’ai demandé dans un anglais devenu tremblant, un billet pour la France. Une fois payé, et récupérant le papier, tremblante, je me suis crispée à la nouvelle annonce de retard. L’atmosphère autour de moi s’est réchauffée, et j’ai commencé à m’éloigner de la foule, me mettant assez loin, là où personne ne me verrait…

Il y avait un piano sur ma gauche. Mais je n’arrivais pas à me focaliser dessus, non, j’entendais les rires, les paroles, les diverses langues qui voulaient communiquer toutes en même temps, les lieux vivre, en fait. Et ma tête s’est mise à tourner violement. Je crois que j’aurais pu m’évanouir si cela n’avait pas soudainement écrasé tous les bruits autours.

Il y avait quelqu’un au piano.

C’était lent… doux… Un démarrage à une main, comme des arpèges cassés, bien qu’avec une pédale de résonnance… Puis l’autre main. De maigres accords délicats… J’avais fait de la musique jusqu’à mes 15 ans, du piano et du chant, un peu tous les jours, pour passer le temps. Lorsque les cours étaient terminés et que je n’avais plus rien à faire si ce n’est entendre à quel point mon frère était un bon élève à Durmstrang… C’était comme si tous les bruits autours avaient disparu, passé en sourdine, tandis que l’instrument chantait, apaisant. Je reconnaissais le morceau… Une histoire bien étrange… Qui pourtant, aurait pu ravir toutes les jeunes filles au cœur tendre. À la manière dont c’était tourné… J’aurais moi-même choisit la morte, car la compréhension et la tendresse avait été apprise par les deux individus…

Mais tout cessa avec une sorte de choc… L’histoire ne semblait pas terminée… Et la gare reprit ses droits sur ce monde, hélant les passagers d’un train en particulier qui semblait être toujours d’actualité contrairement aux autres dont le retard était annoncé sur tous les panneaux…

Le pianiste n’avait pas bougé, les mains suspendu dans les airs… J’ai fait quelques pas dans sa direction, je n’avais pas fière allure, avec mes yeux rouges, mon pull trop grand ressemblant à une robe, et mes cheveux en pétard liés par une baguette… Mais… ça ne pouvait pas se terminer comme ça… J’ai fait le tour de l’instrument, lentement, et j’ai tendu ma main droite tremblante dans la direction du clavier monochrome, la cinquième octave, des notes claires et hautes… J’ai repris son rythme, mais sur un autre morceau, du même compositeur… La complainte… Les deux œuvres se ressemblaient énormément, et j’ignorais pourquoi… Mais j’étais calme.

Pour la première fois depuis des mois, je me sentais bien, apaisée. C’est peut-être pour ça d’ailleurs, que je me suis approchée de cet inconnu. Habituellement, je fuyais la foule, le dialogue, et toute autre altercation avec des humains… Mais là… J’avais envie de partager quelque chose… Un morceau… Parce que même sans le connaitre, j’avais l’impression que l’émotion que je pouvais voir dans son regard concentré sur l’instrument, était une nostalgie qui nous était commune. Il m’avait aidé à me calmer… Et même s’il ne le savait pas… Je voulais lui rendre la pareille… L’aider en retour… J'ai alors fait ce que je refusais habituellement avec toutes les personnes que je croisais.

J'ai cherché son regard...
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MessageSujet: Re: Life and death |Vesperina|   Sam 14 Oct - 14:43

La petite main qui rejoint la sienne était aussi délicate et fluette qu’était grande et assurée celle qu’il offrait en balance. Alors qu’elle enfonçait quelques notes de ses doigts pâles et menus, il reconnut une variation du thème précédent. Il  l’avait déjà entendu, bien que ne le jouant pas. Doté d’une oreille absolue et maîtrisant parfaitement l’instrument il n’eut cependant aucun mal à accompagner sa partenaire providentielle.

Il reposa alors ses mains sur le clavier pour poursuivre la suite de l’histoire égrainée par cette apparition timide dont il sentit bien vite le regard à l’orée du sien.
Se tournant entièrement vers elle quand ses mains entamaient leur besogne, il capta de grands yeux clairs dans un visage qui faisait concurrence à l’ivoire du piano. De son regard turquoise suintait une fragilité qui toucha la sensibilité du barde. Ce dernier devina qu’il fallait là à la toute jeune femme une sacré dose de courage pour se révéler.

Quel défi s’était elle lancé?

Pour l’encourager à poursuivre, il lui sourit et plaqua à son tour quelques accords plus graves. Mais déjà les yeux de la petite musicienne s’étaient reposés sur ses doigts hésitants. Elle semblait, elle aussi plongée en immersion bien loin de la gare et sa foule. Dans les limbes les plus profondes qui existent, à savoir l’esprit.
Sa main glissait sur le piano avec la lenteur de ces souvenirs lointains que l’on touche du doigt sans parvenir à les saisir vraiment, peu assurée mais expressive au point de faire s’arrêter le temps et avec lui quelques autres voyageurs.

Alors qu’ils achevaient l’histoire restée en suspend - entre improvisations du barde et voix claire de la petite main - Ezio observait la jeune femme du coin de l’œil. Sans curiosité et tout à l’émotion du moment qu’ils partageaient tous deux, mais avec ce besoin qu’il avait de capter les instants dans leur entièreté. Il voulait se souvenir de l’image avec la musique. Cet étrange petit bout de femme, aussi menue qu’un manche de violon, enroulée dans un pull gris qui aurait pu appartenir à son père s’il avait été batteur au quidditch, le visage grave et appliqué - un peu effrayé peut-être - surmonté d’un regard bleu lagon.
A son cou tintait un petit pendentif en forme de croissant, seul apparat de la jeune femme dont les cheveux était relevés sur un le nuque gracile.
Il détourna les yeux à son tour pour ne pas mettre mal à l’aise cette âme à la timidité palpable.

Elle marqua la fin de leur duo en achevant la mélodie d’une façon plus raisonnable qu’il ne l’avait fait précédemment. Quelque chose semblait plus optimiste dans sa manière à elle d’achever l’histoire.

Après le dernier silence, lorsqu’il releva la pédale de l’instrument, il lui offrit à nouveau un regard complice. On tissait parfois des liens autour de la musique  sans échanger un mot, rien qu’en partageant un peu de cette intimité qu’il avait accordé à l’instrument seul, un peu plus tôt. Encore drapé de la magie des notes il fut tenté de conserver le mystère de cette rencontre en se levant et la quittant après un Merci des plus sincère qui se serait cantonné à un sourire et un regard empreints tous deux de gratitude.
Retenu par la grâce émouvante qui émanait de la fragile jeune fille, il resta cependant, gagné cette fois ci par une réelle curiosité concernant cette apparence aussi discrète et timide que surprenante. Il y avait quelque chose de touchant  dans cette minuscule petite femme cachée dans son pull, les yeux encore rouge d’un tourment passé, les doigts à nouveau tremblants et le regard peu assuré.

Il prit quelques secondes pour ne pas briser la magie trop brutalement et retourna à leur réel à travers le murmure d’un merci, dévoilé à voix basse comme on confesse un secret. Conservant un léger sourire il chercha à son tour son regard un peu fuyant et réprima l’envie de lui demander si elle allait bien. Machinalement, sa main gauche caressait le bois de l’instrument quand ses yeux déjà faisaient le tour des expressions de la jeune femme.

- Vous avez raison, il fallait l’achever... énonça-y-il gravement. L’histoire. Crût-il bon de préciser.

Devant ses grands yeux, il envisagea alors qu’elle ne parle pas anglais et sourit derechef pour se faire pardonner ses élucubrations à mi chemin entre deux réalités.


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MessageSujet: Re: Life and death |Vesperina|   Lun 16 Oct - 19:12

Je continuais de jouer…

C’était étrange, mais même en ayant croisé son regard et entraperçu un sourire, je ne me sentais pas aussi effrayée que d’habitude. C’était moi qui étais allée chercher ses yeux, comme un accord pour jouer avec lui, et si ce genre de contact me rendait crispée et inquiète, là, c’était… calme. Je ne me sentais pas en danger… Ses mains sont venues plaquer des accords plus graves, tout aussi lent que les miens, comme un consensus, et je me suis laissée aller. Restée debout, je jouais timidement la mélodie, du bout des doigts même, un peu tremblante en sentant les regards alentours se poser sur nous. Mais je me concentrais sur ma main, et sur les siennes, pour oublier la gare. Les gens n’étaient plus là, il n’y avait plus de train, plus d’annonce, juste le piano, lui, et moi. Et même si c’était bizarre, ma crise d’angoisse sembla très lointaine d’un coup.

Je ne me sentais plus à l’étroit. Mes poumons semblaient fonctionner correctement, et mes tremblements se faisaient moins nombreux. Je n’étais plus au bord des larmes, ni sur le point de paniquer pour rien. Je me sentais apaisée. Et je crois que cette sensation ne m’était pas revenue depuis longtemps… Depuis le départ d’Anya en fait… Lorsque pour célébrer son diplôme, nous avons passé une journée entière à faire des pâtisseries. La dernière fois que je m’étais sentie aussi bien, c’était avec elle. On dit que la musique adoucie les mœurs… Bon, bah ce n’étais pas vraiment ainsi, mais en tout cas, elle calmait les crises d’angoisses. Et ça faisait du bien. Certes, il y a toujours beaucoup de monde autour, et je dois toujours me débrouiller pour palier à mes problèmes urgents, mais je ne me laisse plus déborder par la terreur, et ça soulage un peu. J’ai l’impression de pouvoir réfléchir plus facilement…

Mais le résultat, c’était que j’allais encore un peu mieux, et que je n’arrivais toujours pas à rendre la pareille à l’homme qui jouait avec moi.

Je sentais son regard en biais sur moi, pourtant, il ne me gênait pas. Ce n’était pas désagréable, pour une fois. Je savais qu’il ne me jugeait pas, même si je ne savais pas pourquoi il me regardait, ce n’était pas mauvais. Et ça, je le prenais en compte. J’ignore s’il essayait de trouver pourquoi j’étais venue le reprendre sur son morceau, ni même si c’était pour voir comment j’étais lorsque je jouais de la musique, mais ce n’était pas mauvais. Gardant mes yeux sur le clavier, j’ai ralenti le rythme, et peu à peu, ma main s’est approchée des dernières notes, que j’ai caressé du bout des doigts, gardant la finale appuyée. C’était la fin du morceau, et je pouvais de nouveau sentir son regard se poser sur moi. C’est un merci murmuré tout bas qui manqua de me faire sursauter, le retour à la réalité était étrange, j’avais l’impression que tout mon être s’y refusait, que ce moment n’aurait pas encore dû s’arrêter, que je n’étais pas prête pour ça… Et je me demandais si, si ce n’était pas le cas, après tout… ?

J’ai à peine croiser son regard, je n’osais plus rien, l’audace disparaissant aussi vite que la musique. Je le fuyais à présent, même si j’avais eus le temps de constater cette nuance sombre, proche du chocolat noir… Mais très douce… Il souriait un peu et, si j’essayais de lui rendre cette douceur, cela devait donner une grimace pitoyable… Je n’aimais pas mon sourire, trop proche d’une réelle expression sur mon visage, trop réel… Il laissait entrevoir ce que je ressentais vraiment, et se voyait modifié et loin de ce que je voulais montrer… Trop vrai. Cependant, ma tentative probablement rater de sourire fut avortée par la reprise de parole du pianiste. Il avait une voix basse et profonde, c’était chaud et agréable… Comme le ronronnement d’un feu de cheminée… Oui, comparaison bizarre, mais c’était aussi proche de ce que j’entrevoyais… Il me disait avoir eu raison d’achever l’histoire… Avant de sourire de nouveau, mais quelque peu gêné cette fois-ci…

C’était bizarre…

D’entendre l’accent écossais dans un coin bien éloigné de l’écosse. Pourtant, ça ne me semblait pas être une mauvaise chose… Me remettre au finnois n’aurait fait que me rappeler ce que j’ai perdu, et l’Ecosse, même si elle me semble bien dangereuse à présent, est mon seul et dernier chez moi. Alors, aussi loin de tout, cela devient rassurant. En revanche… Les propos, eux, l’étaient un peu moins… Non pas dans le terme d’achever, mais dans la continuité… C’était… pessimiste… de croire que l’histoire s’était terminée… Non… Le morceau l’était, cette aventure aussi… Mais pas l’histoire… Du moins je l’espérais… De là d’où je viens, même la mort n’est pas une fin… Il n’y a de fin que si on le décide, et encore. Et pour cette histoire, même si à mes yeux le choix de la vivante n’était pas un bon choix en vue de ce que je savais des deux amantes, l’histoire n’était pas finie… Et… Malgré moi, je me suis sentie obligée de le dire… Ce n’était peut-être rien, mais… J’avais l’impression qu’il le fallait, que je devais lui dire que ce n’était pas terminé… C’était peut-être quelque chose dans sa musique, dans le choix de ce morceau, dans sa manière de le terminer la première fois, ou même dans sa voix et son regard… Mais… Je le devais.

« Vous-Vous vous trompez… » Evidemment, ce n’était pas aussi clair que cela le devrait, j’étais toujours tremblante, et mon accent nordique ressortait malgré moi. « Elle… L’histoire… Elle… Elle n’est pas finie… Juste… Elle commence… » Je me sentais ridicule, à chercher mes mots et à les bafouiller comme une petite fille ayant perdue son chemin, mais je ne pouvais pas faire mieux pour le moment… Pourtant, cette fois-ci, j’ai essayé de lui sourire avec douceur, parce que je voulais croire en mes paroles… Même si d’un point de vu extérieur, ça n’avait aucun sens.

Pour moi, il y en avait un...
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