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Nous sommes en octobre
2017.

Suite au décès d'Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, le 21 août
dernier, Maureen Kinkaid
assure l'intérim à la tête
du gouvernement sorcier
anglo-saxon. 




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Les absents ont toujours tort.
Méfiance, nous sommes d'humeur taquine...

Une animation d'Halloween vous attend...

Venez donc nous présenter vos plus beaux sourires.

Hé, t'as vu ton rang?

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 Les ailes de la liberté [Saoirse]

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MessageSujet: Les ailes de la liberté [Saoirse]   Sam 2 Sep - 15:32

« Saoirse,

J’espère que vous allez bien.

Je constate avec joie et plaisir de vous lire chaque matin que vous travaillez encore à la Gazette. J’espère aussi que vous voudrez bien me donner des nouvelles de Shelley lorsque nous nous reverrons.
Ne désespérons pas, je sais que ce ne sera peut-être pas prochainement mais puisque vous ne vous êtes pas défiée et que je le souhaite ardemment, nous nous reverrons.

Je vous charge de prendre soin de vous d’ici là. Et si mon aide vous est requise, vous savez où me trouver.

Avec considération,

A.L.M »



Ainsi était tourné le petit mot que Saoirse avait trouvé attaché à la patte d’Artémis, une superbe femelle grand-duc de Coromandel au bec claquant et redoutable ; elle arborait en toutes circonstances une posture digne d’Hermès. C’avait été par une ravissante matinée de la fin avril, sans givre et couverte de lueurs chatoyantes. Le printemps avait alors étalé son royaume sur la terre.

Occupé à ses plans et projets, Alieksandr ne s’était pas davantage lancé sur la piste de Saoirse sinon pour se rappeler à son bon souvenir avec douceur et jeu.  Il riait un peu avec ce mot sans charme pour prendre son congé : «  considération » personne ne saluait personne de la sorte. Mais, faute d’avoir trouvé quelque chose d’original, il avait préféré cacher une blague en disant quelque chose de beaucoup trop formel. Il pensa même un moment avoir fait de l’humour britannique. Mais il était sincère bien sûr et il n’était pas en train de lancer un gallion en espérant qu’il retombe sur la tranche. Il annonçait plutôt que le résultat se lirait en quatre lettre. Pile. Face. Soon.

Plus tard dans l’année il avait pas mal voyagé. En Irlande pour rencontrer le fondateur de Lukos, en Ecosse pour rencontrer son clan et aller à Grenock, avec Ezio Shepherd dans une folle aventure qu’il faudra raconter plus tard. De retour fin août, il avait mobilisé tous ses réseaux et contacts pour plusieurs choses qui seront racontées bientôt et ailleurs. Dès le 1er septembre cependant, toutes ces choses allaient se lier.


Habillé assez formellement d’une robe de sorcier bleu nuit matinée de violet profond et d’ocre, tête nue et dandy comme il l’était toujours, portant sa Cape familiale, et sur son cœur, discrète derrière un pan de Cape une broche d’or et d’argent terne mais belle, à la pierre rouge circonscrite dans un « M. » ce fut dans le hall du Ministère qu’Alieksandr avait prévu de retrouver Saoirse. Il ne l’avait pas prévu de ce qu’il irait à sa rencontre lors d’une prise de parole publique et de l’hommage qui serait fait à Strogov. Mais il se pouvait qu’elle l’y attendit.

Depuis quelques jours en effet, parmi les bruits courant dans l’atrium souterrain il y en avait un le concernant. Avant d’en dire plus il me faut vous rappeler le contexte.
Le chef de la Section mixte venait d’être remercié dans la mesure où l’avait assassiné un Ministre sous son fort nez pileux et qu’on n’avait pas estimé qu’il était le plus compétent personnage pour mener les investigations. La Section était une unité composite, formée d’Aurors ( spécialisés dans la lutte contre la magie noire) et de tireurs de baguette d’élite de la BPM, la Brigade de la Police Magique (plus spécialisés dans l’enquête et la lutte contre le banditisme magique) qui avait deux offices principaux : la protection de personnalités publiques parmi lesquelles de Ministre de la Magie et les enquêtes les plus sensibles notamment du point de vue politique. On murmurait cela va de soi que Egelbert Porfin, le limogé, était du nombre des suspects dans tous les débits de boisson magique de la capitale d’Ewiland et cela sans vergogne ni preuve.

Placée à la fois sous l’autorité du Département de la Justice Magique et du Ministre de la Magie, ayant des fonctions de protection également pour les Juges du Magenmagot c’était une unité aussi convoitée qu’au recrutement exigeant... en théorie. Mais, comme les places prestigieuses sont souvent l’objet de simonies il y avait eu une époque où, pour une poignée d’Aurors de la section compétent, on avait également fait engager, pour plaire à untel ou au Ministre lui-même des éléments douteux comme Dawlish. Comme on ne révoquait guère les membres de cette unité ( dont l’ancien membre Kingsley Shackebolt était tout de même devenu Ministre de la Magie) il se trouvait donc qu’elle accueillait parmi sa grosse quinzaine de membres, une bonne demi douzaine de cas désespérés, deux ou trois naïfs, le reste de bonnes ou excellentes baguette.

Dawlish était le numéro deux de la Section puisqu’il en était l’Auror le plus ancien. La lucidité avait commandé qu’il ne puisse pas diriger au vu de son caractère facilement influençable et tout à fait disposé à se ranger continuellement derrière la dernière opinion émise. Il était pourtant le candidat censé en devenir le chef, mais ça ne s’était pas passé ainsi. Alerté sur cette situation par une avalanche de notes internes ( et là je vous raconte les on dits et autres bruits de couloirs ) et sentant monter la fronde, le Directeur de Département de la Justice Magique avait temporisé en remerciant Porfin.

Le successeur désigné au terme des quelques jours - on avait bien proposé le poste à l’Auror* Potter qui l’avait refusé- était un ancien de la Brigade de police Magique et c’était la première fois que cela arrivait dans la Section mixte traditionnellement dirigée par un Auror et dont  les membres d’ailleurs portaient le titre d’Auror. Dawlish restait numéro deux officieux et c’était donc Alidor Beia qui avait hérité de la section. Alidor Beia n’était pas une personnalité très connue, mais c’était un colossal africain ou crane rasé soigneusement qui ne mâchait pas ses mots au contraire de ses chewing gum et avait une réputation d’homme de terrain pour lequel seul comptait le terrain.

Et voilà que nous pouvons boucler les boucles. Le bruit qui courrait c’était que Béia allait recruter cinq ou six baguette pour porter le nombre de ses hommes et femmes à une petite vingtaine. Et si cet homme de terrain avait déjà annoncé les noms de trois ou quatre sorciers et sorcières ( deux Aurors et deux tireurs d’élites de la BPM ) il paraissait qu’il faisait passer des tests et entretien à des personnes aussi étranges qu’un spécialiste des créatures magiques, un ancien duelliste et même, mais là ça devenait stupide, au fils d’un Mangemort.

En arrivant dans l’atrium où il était pour trois choses Aleksey était encore plus concentré qu’à l’habitude, presque distant. L’entretien, plus tôt ce matin là et dans la plus grande discrétion (il avait dû ressortir du Ministère et y revenait habillé différemment par l’entrée des visiteurs) s’était bien déroulé, il était confiant pour ça.
L’hommage rendu à Strogov, il s’en fichait, mais on lui avait demandé de prendre ses marques en toute discrétion au Ministère. Aussi il allait cette fois se présenter au monde sans Tobias. Enfin, il savait que Saoirse serait présente.

La foule était compact dans l’atrium. On avait installé une estrade où se succédaient les politiciens. Pour discourir. Derrière eux on voyait ( et ce serait le lendemain en première page de la Gazette) les statues de l’atrium, le pupitre, quelques gardes du corps discrets, disposés comme des plantes vertes ( qu’Aleksey reconnu en tachant de ses remémorer leurs noms). Il se fraya un chemin aux première loges d’une foule debout, bien habillée de couleurs ternes et, ayant aperçu la chevelure qu’il cherchait se dirigea vers elle.

La silhouette avantageuse de Saoirse se détacha comme un navire lointain sur l’océan. Il y avait la foule. Il y avait un espace encadré par la sécurité, au pied de l’estrade, qui était vide de monde. Entre les deux, des journalistes dont ceux de la Gazette. Sans franchir le cordon qui empêchait la foule d’investir le maigre couloir de la presse qui ne cessait de flasher, il posa une main sur l’épaule de Saoirse qui lui tourna le dos et, avec la fluidité habituelle de son mouvement, immédiatement il s’était penché vers son oreille pour lui y glisser de sa voix la plus chaude et grave.

-Ne vous avais-je pas laissé entendre que je vous retrouverai ?

Puis, il se redressa, retira sa main, prêt à lui décocher un sourire espiègle en pressentant qu’elle allait certainement sursauter et se tourner vers lui avec véhémence, surprise par l’assaut qu’il lui faisait, surtout dans cette ambiance bondée. Mais la Directrice du Département des Mystères était en plein discours et comme c’était l’une des personnages les plus écoutées, de surcroît excellente oratrice un regard alentour assurait qu’il n’y avait pas eu grand monde dans toute la foule pour prêter attention à leurs retrouvailles.

*NB : Les membres de la section sont tous des Aurors dîts Aurors de la section, mais qui travaillent pour la Section mixte à ne pas confondre avec les Aurors traditionnels qui sont les Aurors du Bureau des Aurors. La section est en fait le point de jonction avec la Brigade de Police Magique (BPM ) composée de Tireurs de baguette d’élite. Historiquement il y a évidemment une forme de rivalité entre les deux institutions.
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MessageSujet: Re: Les ailes de la liberté [Saoirse]   Mer 6 Sep - 14:02

Dans la pénombre de son studio, les photos se détachaient crument sur le sol boisé. On y distinguait les silhouettes mouvantes noires et blanches d’un inconnu et d’un homme que désormais, rien ne pourrait plus jamais animer.

Assise en tailleur, l’air songeur, Saoirse savait à présent très clairement quelle était la marche à suivre. L’avenir avait paru brumeux des mois durant, incertain, fragile et sans chemin. Peu à peu, il lui semblait qu’on avait levé les panaches de brumes s’accrochant à ses idées et si le parcours n’avait été fléché, on avait ouvert sous ses pieds de nombreuses routes qu’elle n’avait plus qu’à emprunter. Le soleil s’élevait de nouveau au-dessus de Skye, et sans chercher à mettre de signe sur chacun des événements de sa vie, elle ne pouvait s’empêcher de l’assimiler au retour d’Ezio. (Enfin, retour. Tout était relatif.) L’oiseau s’était de nouveau envolé pour des destinations qu’il ignorait probablement lui-même, mais il était de nouveau dans le paysage de sa vie et c’était là le plus important après ces longs mois de froid hivernal entre eux.

Une plume sur l’oreille, elle fit signe de la baguette à l’une des enveloppes glissées dans le tiroir de son secrétaire. Cette dernière atterrit en douceur à ses pieds, si bien que la petite journaliste put y glisser délicatement, chacune des photos qu’elle avait soigneusement étalées devant elle. Griffonnant quelques mots sur la première enveloppe, elle encouragea une seconde, plus grande, à suivre le même chemin et y inscrivit le nom du frère en question d’une écriture ronde et régulière, suivit d’une mention particulière. Se retournant, elle avisa, perché sur la table, le petit Pog (Pot Of Glue de son petit nom) qui bien qu’embauché à la gazette pour les missives interservices, avait décidé de ne plus la quitter. Bien que consciente qu’elle utilisait le bien commun à des fins toutes personnelles, le petit hibou portait désormais ses courriers avec un enthousiasme débordant et parfois effrayant.

Il piaffa d’impatience lorsqu’il croisa son regard et sa vivacité d’esprit (oui) lui intima de se diriger vers la petite patronne qu’il s’était (bien) choisie. Alors qu’il tendait une patte minuscule, Saoirse appliqua un sortilège réducteur à l’enveloppe, la rendant transportable par un messager aussi fluet. Elle l’enroula ensuite à la patte tendue, et porta le petit animal jusqu’à sa fenêtre restée entrouverte. L’obscurité tombait sur Londres et offrirait la couverture idéale à son petit compagnon. Après avoir jeté un œil à la fenêtre du voisin pour s’assurer de l’absence d’un œil indiscret, elle tendit le bras et murmura à Pog :

- à L’IBAS, fonce. Et s’ comme il n’y est pas, tu le laisses à l’accueil.

Dans un petit champ de triomphe de se voir accorder une telle mission, le minuscule hibou décolla. Saoirse retourna à l’intérieur, et dans un soupir fataliste et soulagé à la fois, elle se laissa glisser contre le canapé.

Les dés étaient jetés.




Un hommage. Vraiment ?
Elle tentait de retenir la verve qui lui brûlait lèvres et doigts. Parce qu’elle appréciait Maureen et qu’il lui était inenvisageable de lui prêter de mauvaises intentions. Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de penser que cet hommage n’avait pour autre but que de rassurer la population sorcière, désarçonnée par l’assassinat au sein même du ministère, de son Ministre. On sentait une tension plus que palpable chez les membres de la sécurité. Avant qu’elle n’atteigne l’atrium, on avait examiné deux fois sa baguette, passer son sac aux détecteurs de sorts (trois fois !!) et on avait vérifié son identité à deux reprises, également.

Elle savait par réseau familial que les meilleurs briseurs de sorts avaient collaboré à sécuriser le périmètre, car Lùan avait, pour une semaine, abandonné la protection des coffres pour passer à celle des gens. Ça avait dû lui faire drôle autant d’altruisme…

Pearce était particulièrement nerveux. Il avait manqué faire tomber l’appareil lors de la première fouille, écrasé les pieds de Saoirse en pénétrant dans l’espace réservé à la presse et affichait le visage inquiet de celui qui redoute un nouvel événement dramatique.

Saoirse ferma les yeux un instant pour essayer de ne pas se laisser contaminer par le stress de son acolyte et reporta son attention sur l’estrade qui s’étendait sous son nez.  Les différents directeurs allaient se succéder pour débiter leur hommage tout personnel, avec plus ou moins d’intérêt en fonction de leurs qualités d’expressions et elle se concentra pour ne pas laisser son esprit se faire la malle au milieu de tous ces adjectifs élogieux que l’on obtient qu’à titre posthume.
 
Au beau milieu d’une longue tirade sur les qualités (nouvelles) de Strogov, Saoirse sentit la chaleur d’une main sur son épaule et sursauta brusquement jusqu’à reconnaître l’accent qui murmurait à son oreille. Un sourire s’étirait sur ses lèvres alors qu’elle se tournait vers Alieksandre en répondant sur un ton sérieux que démentait ses yeux.

- Vous en avez mis du temps. Je pensais devoir vous flécher le parcours.


Artemis avait fait irruption des mois plus tôt dans les locaux de la Gazette, en pleine réunion hebdomadaire. De son port altier et faisant fi des regards envieux qu’elle s’attirait, elle avait eu l’audace d’atterrir au centre de la table, avant de parcourir avec majesté les derniers centimètres la séparant de Saoirse, jetant un œil dissuasif à la ronde.
Reconnaissable par sa taille et son attitude princière, la chouette entraina immédiatement une réaction chez la petite journaliste qui s’empara de la missive avec une impatience non dissimulée, laissant là son patron, la phrase en suspend et la mâchoire entrouverte.

Ses yeux s’arrêtèrent un instant sur la signature, le « L » attisa sa curiosité et alors que ses joues s’empourpraient, elle lança un nonchalant :

- Vous pouvez reprendre Barny.

Qui la surprit autant que lui, qui en avala de travers.
Après différents stades de colorations épidermiques, ils reprirent la réunion.



Elle avait répondu avec une considération amusée, le soir même.

« Cher A.L.M,

Je ne peux qu’encourager vos lectures à continuer à guetter Shelley. Vous devriez bientôt avoir de ses nouvelles. Si lui et moi ne pouvons prétendre à la une, je vous encourage vivement à arracher cette dernière pour nous voir apparaître.

J’ai cru distinguer votre silhouette attablée au Chaudron l’autre soir, mais vous n’étiez pas seul et je n’ai pas osé vous interrompre.
J’ai bien peur cependant que votre ami du jour ne manque de bonnes adresses culinaires.

Si vous désirez mieux pour vos papilles, vous savez où me trouvez.

Avec… déférence.

S.C.S »

Elle avait alors attendu. Suffisamment longtemps pour se demander s’il souhaitait réellement la revoir. S’accrocher à l’espoir que ses messages amusés et taquins compensaient là son déplacement en personne et qu’il était seulement occupé. Puis elle avait eu son propre lot d’occupations et de préoccupations et n’avait pas cherché à le revoir par ses propres moyens.

Ce fut donc entre sourire ravi et surprise qu’elle accueillit ses paroles, ce jour-là.
Avant qu’elle n’ait pu les retenir, ses yeux le parcoururent de pieds en cap(e). Vêtu avec élégance, comme à leur dernière rencontre, il demeurait comme dans son souvenir, cet homme au maintien impeccable, imprégné de cette autorité naturelle, aux allures de dandy. Elle retint un sourire embarrassé persuadée qu’il n’avait pu manquer ce regard et enchaîna rapidement pour masquer le rougissement de ses joues.

- Vous venez postuler ? Lança-t-elle taquine avant de réaliser que le sujet n’était peut-être pas le meilleur pour plaisanter.

Qu’il n’aille pas s’imaginer qu’elle l’imaginait (oui, ça fait beaucoup d’imagination) impliqué d’une quelconque façon dans le sort réservé à Strogov.
Bien qu’elle admît, qu’une fraction de seconde, l’idée avait pu lui traverser l’esprit. Une toute petite fraction de seconde.


Dernière édition par Saoirse Shepherd le Dim 24 Sep - 10:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les ailes de la liberté [Saoirse]   Ven 22 Sep - 19:56

Les yeux de Saoirse croisèrent les siens. Aleksey eut l'impression de retrouver quelque chose de perdu depuis très longtemps. Elle répondit quelque reproche qu'elle balayait elle-même aux vu de la brillance de ses pupilles. Tournés l'un vers l'autre au cœur de la foule, ils se trouvèrent, au sentiment de Menroth, comme suspendu spatio-temporellement parlant. Ça ne dura pas plus longtemps qu'un battement de cil, mais revoir Saoirse faisait à Aleksey l'effet que chaque instant, lentement vécu, valait plus cher que les longues heures passées dans le désert, dans la nature ou dans sa nouvelle demeure londonienne. Il se revit même un instant, luttant, sac au dos, sous le feu de l'étoile ardente, dodelinant, le pas moins alerte, déshydraté. Comme le temps était long. Seules tenaient la comparaison quelques rares heures et beaucoup d'entre elles avaient illuminé ses jours lorsque, cheval fougueux dans le désert il avait nuitamment arpenté les dunes de sables du bout de l'Orient. Elle sentait peut-être sur lui le parfum de cette vie sauvage et étrange qu'il avait mené avec son frère. Le teint du sorcier était encore mat et les cernes sous ses yeux avaient toute juste retrouvé le coloris de sa peau, n'étant plus désormais que des traits de plis qui lui cerclaient les yeux. Il pensa à Ezio Shepherd, avant de répondre à la pique de la sœur comme on lance son revers.

-J'attendais que vous ne m'attendiez plus.

Il la vit le détailler d'un coup de regard en plongée, puis se faire discrète, d'une attitude qu'il lui connaissait bien. Peut-être était-ce parce qu'il y avait du monde autour d'eux, mais il eut l'impression qu'elle contint une émotion. Il se dit que ce ne pouvait guère être une mauvaise chose au vu des sourires qu'elle lui adressait. Elle piqua à nouveau, la vilaine abeille. Comme pour le rendre moins subtil. A nouveau, il para et tenta une riposte.C'était une danse de sabres cette fois là.

-Postuler me serait inutile, j'ai déjà trouvé ma future occupation. Je ne peux pas vous en parler tant que vous ne me jurez pas d'en rien écrire jusqu'à nouvel ordre.

Il disait ça comme s'il plaisantait, mais avait le ton et l’assurance d'une être mi renard mi serpent. A vrai dire,il se demandait si les ragots des Aurors de la section étaient parvenus à ses oreilles. Il estima probable que oui. En jetant un coup d'oeil sur la tribune, il affirma :

-Je ne peux pas me permettre de faire aucune déclaration à la presse.

Puis, comme il se dit qu'il avait assez piqué la curiosité de la journaliste ( laquelle n'avait, du propre aveux de la jeune femme, aucune limite ) mais qu'ils étaient quand même en plein milieu d'un hall bondé, il saisit l'occasion de se joindre au brouhaha des applaudissements qui retentirent comme une vaste pluie semée sur la terre depuis les nuages, saluant la fin du discours de la Directrice du Département des Mystères qui remercia avec l'enthousiasme d'un bibliothécaire se rendant compte qu'on lui impose l'organisation sous ses rayonnages d'un concert de hardrock. Le tumulte se tut et il y eut de l'agitation derrière le pupitre comme allait y monter une autre personnalité. Alieksandr en profita pour parler à Saoirse avant qu'elle ne se rappelle qu'elle était en plein travail. D'un air de dépit qui sonnait inhabituellement faux il lui dit :

-Quelle époque tout de même. Le Ministre assassiné dans son bureau, au nez et à la barbe des Aurors... Vous avez dû avoir une semaine affreuse avec tout cela. Quelle est votre hypothèse ?

Au milieu de sa courte tirade, il avait retrouvé son naturel resplendissant.

Le jeune homme n'était pas un imbécile. Il n'avait rien à voir avec l'assassinat du Ministre bien entendu. Mais il aimait jouer ainsi et, pour que Saoirse ne se détachât pas immédiatement de lui, il avait la vanité de jouer son personnage mystérieux et retors. Elle ne pouvait pas, ne pas être effleurée par l'hypothèse qu'il y fut mêlé : elle l'avait rencontré des mois auparavant et il ne réapparaissait que maintenant que le Ministre était mort, alors même qu'il lui avait confié son ambition, qui était de devenir un jour Ministre de la magie. En creusant un peu, elle se rendrait assurément compte de ce que ça n'était en rien un mode opératoire qui lui ressemblé aucunement, mais là, sur l'instant la folle hypothèse ne pouvait ne pas se former.

Pendant ce temps là, lui se remémorait sa réponse astucieuse, qu'Artémis avait apportée le soir même où il l'avait contacté. Polie, invitante, mesurée, une réponse parfaite en tous points qui aurait dû l'inciter à la recontacter rapidement, mais il ne pouvait jouer sur tous les tableaux. Aussi avait-il fait silence depuis ce jour, non sans mal à certains instant il avait hésiter à lui donner des nouvelles... Mais il avait tenu bon, guettant, comme le loup qu'il était le meilleur moment pour passer à l'action.

-Navré de ne pas vous avoir retrouvé plus tôt, cependant. Désormais, je m’assurerai de votre bonne santé plus régulièrement...Si vous le permettez encore.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Les ailes de la liberté [Saoirse]   Dim 24 Sep - 10:42

Il attendait qu’elle n’attende plus ? Pourquoi tous les types de son entourage lui demandaient-ils d’arrêter d’attendre ? Avait-elle une pancarte autour du cou qui stipulait « je t’attendrai jusqu’à la fin des temps » ? Un air particulièrement désespéré de fille incapable de vivre seule ? Elle dissimula un brin de vexation avant de réaliser qu’effectivement, elle l’avait attendu un bon moment.
Et en grand magicien du timing, il réapparaissait, effectivement, quand elle n’y croyait plus vraiment. Elle ouvrit la bouche pour protester, mais déjà, il enchaînait et lui arrachait un nouveau sourire. La croyait-il capable de déballer la moindre de ses déclarations dans un journal ?
En réalité, la vraie question était plutôt… en était-elle incapable ? Immédiatement, elle imagina :

Il vient d’être nommé assistant personnel de Maureen pour qu’elle lui passe la main. "Alieksandre Menroth, parcours d'un sorcier qui monte".
N’importe quoi. Elle a déjà tout un réseau influent.


Elle galopa dans les élucubrations de son esprit, enchaînant les hypothèses les plus improbables :
il va être cuistot pour le chaudron baveur, dépité par la médiocrité des mets. Racheter la gazette ou un journal concurrent. Devenir maître de duel sur Londres. Eleveur de sombrals. Dresseur de niffleurs sur le chemin de Traverse.

Rien n’allait. Il fallait quelque chose de secret qui nécessite qu’il s’assure qu’elle la bouclerait. A moins qu’il ne s’agisse d’une occupation toute anodine qu’il s’amusait à mystifier pour le plaisir de la taquiner.

Elle avait avec lui, la folle impression de se lancer dans le fameux jeu du « il sait que je sais qu’il sait ». Perdant peu à peu le fil de ce qui se déroulait sur scène (cet homme avait une drôle d’influence sur sa carrière) elle lui glissa un regard suspicieux.

- Mon hypothèse ?

Dites moi juste que vous n'avez rien à voir là dedans.

Elle se tourna à nouveau vers la tribune. Des hypothèses, elle en avait élaborées de nombreuses. Elle avait eu la chance de se trouver très rapidement sur les lieux. Avait recueilli les premières réactions des enquêteurs. Celles qu’on laisse échapper sans le filtre du recul ou de la retenue. Les premières surprises, les exclamations, les interrogations. Et de fil en aiguille, rassemblant ce qu’elle savait, elle avait élaboré un très grand nombre d’hypothèses. Il y avait en ces lieux quelqu’un sur qui elle pouvait compter pour avoir tous les renseignements au fur et à mesure où ils étaient formulés. Alors que ces comparses se répandaient en hypothèses dans leurs journaux respectifs, elle, montait son petit dossier pour ne lâcher sa sentance que lorsqu’elle serait complète. Ou plausible. Pour l’instant, elle avait surtout passé son temps à rayer des hypothèses. Il y avait trop d’incohérences dans celles qui étaient formulées.  
On murmurait dans les couloirs, que la dernière personne à avoir vu Archibald Strogov vivant n’était autre que son homologue écossais. Les mauvaises langues se déliaient. Pourtant…

- J’ai eu une semaine des plus prenante. Mais je ne la dirais pas affreuse. Enfin, pas pour moi. Quant à mon hypothèse… Je vous la donnerai uniquement si vous promettez de ne pas la livrer à la concurrence. J’ignore toujours votre nouvelle occupation, voyez-vous.

Lui tournant toujours le dos, elle masqua un sourire amusé avant de se composer un visage plus mystérieux qu’elle lui offrit.

- Peut-être pouvons-nous faire un pacte ? Hypothèses et silence contre renseignements et nouvelles régulières ?

Alors qu’un autre directeur d’un quelconque cabinet achevait un nouveau discours, Saoirse remarqua au pied de la tribune, le garde du corps personnel d’Adam Campbell. Surprise, ignorant que le Ministre écossais était supposé s’exprimer ce jour, elle le chercha des yeux, sans le trouver. Ce dernier s’était d’ores et déjà exprimé dans la presse au sujet de la mort de son homologue et n’avait plus souhaité faire de déclarations depuis. Peut-être à cause des hypothèses de certains, justement. De plus, s’il avait dû s’exprimer ce jour, il serait passé avant les Directeurs de départements et se trouveraient actuellement auprès de Maureen Kinkaid. Or, ce n’était pas le cas.

- Qu’est-ce qu’il fait là, celui-là ? Murmura-t-elle.

Attrapant le bras d’Aleksey qui se tenait derrière, elle tenta de l’attirer vers elle.

- Vous qui êtes grand, c’est bien Declan McNeil, au pied de l’estrade ?

Réalisant qu’elle avait saisi Alieksandre par le bras pour lui impulser un mouvement vers l’avant, elle lâcha brusquement prise et ramena sagement sa main à sa place.

- Pardonnez-moi. Fit-elle confuse. Ses yeux glissèrent le long du cordon qui séparait la foule de la Sacro-presse et qui par la même occasion, s’interposait entre eux.  Alors qu’un, discours des plus ennuyeux se répandait de la bouche du Directeur du département de la régulation du traffic de hiboux, Saoirse abandonna tout espoir d’être capable de suivre les flots de paroles qui rebondissaient dans le hall et se tourna entièrement vers Aleksey.

- Pourquoi vouloir vous enquérir régulièrement de ma santé si vous ne vouliez plus que j’attende? Il vous suffirait de lire la rubrique nécrologique de la Gazette pour savoir qu’il ne m’est rien arrivé… Souffla-t-elle audacieuse.[/color]


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MessageSujet: Re: Les ailes de la liberté [Saoirse]   Mar 17 Oct - 9:47

Saoirse cogitait, c’était évident pour un observateur averti. Il le devinait à ses voltes faces, à ses regards plus ou moins appuyés, aux tergiversations trahies par son intonation aussi bien que par la tournure de ses phrases. En la taquinant, c’était aussi pour Aleksey l’occasion de se faire une idée d’où en était l’enquête pour ceux qui avaient un accès directs aux bruits de couloir. Il pouvait ainsi sonder l’opinion public par l’intercession de la merveilleuse jeune femme et cela le rendait heureux des choix qui l’avaient conduits devant elle. Il la supposait, probablement à raison, suffisamment bien informée pour ne pas trop être sujette aux écueils tels que l’envie d’écrire une bonne histoire, l’envie de faire se juxtaposer l’aboutissement de ses conclusions à sa vision du monde ou tout simplement un tel goût de l’information qu’on en compilait tellement qu’au fur et à mesure qu’elles s’accumulaient, elles formaient  une tâche irréversible sur le dossier, une croûte immonde, infâme, vile, peinte sur un chef d’œuvre de maître. Enquêter, tout un art subtil qui exigeait autant d’audace que de retenue, autant d’intuition que de méthode. Pourvu dans tous ces domaines, Alieksandr n’ignorait que le dosage qu’il fallait avoir de ces choses pour mener bonne investigation et il espérait l’apprendre rapidement de Saoirse.

Cette dernière, justement, temporisait par une pirouette en lui accordant la possibilité d’entendre ses hypothèses, pourvu qu’elles ne finissent pas dans l’escarcelle de la concurrence ( laquelle concurrence à la Gazette du sorcier était très mesurée en termes d’importance). Alieksandr souffla avec une sérieux délibéré, mettant de coté ses sourires et ses mimiques de provocateur puéril. Il voulait lui faire réaliser que ce pacte ne serait pas vain lorsqu’il répondit les mots qui suivent. Son regard s’attarda sur le cou de la journaliste, sur ses cheveux et il se sentit transporté à des kilomètres de là, en un désert plus aride que le Désert de Lout. Et ce fut un exploit que le ton de sa voix demeura aussi neutre, car il était ému et heureux de retrouver Saoirse après ce long voyage avec son frère, ce diable, dont à n’en pas douter, elle ignorait tout. Encore que...

-Pactisons. Je vois que vous êtes toujours encline à pactiser avec les énergumènes que vous rencontrez, pour peu qu’ils vous donnassent le change. Deal !

Alieksandr avait un accent beaucoup plus léger et une diction bien plus claire que lorsqu’ils s’étaient vus pour la première et dernière fois. Son accent, quoiqu’ayant toujours du bulgare avait quelque chose d’écossais. Et surtout il prononçait l’anglais avec une aisance plus grande. Ce n’était pas tant dû à la pratique qu’à l’absence de feuille de mandragore cachée sous son palais. Il entendit Saoirse s’étonner de la présence d’un sorcier qui n’avait rien à y faire en l’absence de Campbell. N’ayant jamais accordé d’attention à la protection de Campbell il ne pouvait être aussi catégorique que sa compatriote écossaise qui devait connaître par cœur tous les membres de la protection rapprochée de Campbell. Il plissa les yeux en dévisageant deux secondes le dénommé McNeil qui arborait sa ganache avec une certaine forme de décontraction.

-Je pense que c’est lui, en effet. Et pas plus que vous je n’ai d’explication sur sa présence ici.

Pret à saisir sa baguette, Alieksandr fut soudain pris d’un élan de sang froid, comme si d’un moment à l’autre tout pouvait basculer. Il repéra Beia, son nouveau patron qui mâchait un cigare éteint quelque part. Mais le bulgare fut remué dans sa concentration par la prise ferme et douce de sa compagne. La prise se desserra comme il accordait son regard à Saoirse, muni d’un sourire complice. Il y eut un instant de flottement pendant lequel la jeune femme revint de son emportement, pourpre comme à son habitude. Elle tenta de changer de sujet tendit qu’Aleksey était à deux doigts de la dissociation. A la fois tout à Saoirse, il ne pouvait s’empêcher de se demander tout à trac ce que faisait le garde du corps d’un ministre étranger ici et ce que cela signifiait. Il répondit à la jeune femme non sans faire briller deux ou trois coups d’œils vers le pied de l’estrade.

-Ne vous excusez pas.
Sa main effleura la sienne, remonta jusqu’au coude et passa sur son épaule.

Comme elle s’était retournée, il lui accorda pleine et entière attention. Et son regard sombre parut un instant vouloir envelopper d’ombre la journaliste. Il répondit, le rire en coin.

-Pitié ne dites pas des choses pareilles. La rubrique nécrologique reçoit assez de travail ces temps-ci.

Et son regard s’attacha à  celui de Saoirse, puis pivota d’un mouvement de balancier sans accroc mais ostensible, en direction d’Alidor Beia, qui échangeait désormais quelques mots avec une secrétaire d’État.

-Ma nouvelle occupation requiers que je sois moins distant avec vous… De là à conclure que c’est pour cela que je la choisissais, je vous défend de franchir le pas.

Il en était revenu à une œillade complice, scrutant sur son visage : du front au menton, dans ses grands yeux, sur la fente petite et aimable de la bouche, près de la fossette de ses joues taillées avec art ; scrutant sur son visage le signe de la compréhension de ce qu’il ne pouvait dire mais voulait faire comprendre.

-Plus l’on remplira cette rubrique des personnages assommants que vous n’écoutez même plus et moins bien j’aurai rempli mes devoirs.

Comme Saoirse l’avait attiré à elle et qu’il n’avait pas reculé, maintenant qu’elle s’était retournée, ils étaient très proches en réalité. Si le bulgare parvenait à conserver la sorte de flegme de comédien qui était le sien, particulier, soudain, vivace, il pouvait désormais discerner Saoirse plus près que jamais et devait faire avec le sensation de son souffle sur lui, l’odeur distincte d’elle et, à chaque battement de ses cils, une bourrasque aveline.

Il ajouta.

-Me susciterez-vous maintenant cette hypothèse, comment je viens de vous suggérer la réponse que vous me demandiez ?
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MessageSujet: Re: Les ailes de la liberté [Saoirse]   Mar 24 Oct - 18:10

Une fois encore, il lui arrachait quelques sourires. Au mot énergumène, elle laissa échapper un rire amusé. Voilà un terme qui lui seyait bien. Aleksey, gentleman énergumène. Elle leva vers lui un œil pétillant avant de faire semblant de reporter son attention sur la scène de l’Atrium.

Elle allait renchérir sur les possibles raisons de la présence du garde du corps lorsqu’elle sentit la main d’Alieksandre remonter le long de son bras. Elle se figea, quelques mots mourant sur ses lèvres. Le contact la fit frissonner sans qu’elle ne parvienne à déterminer s’il s’agissait toujours de cette force qu’il dégageait et qui l’impressionnait ou d’autre chose.

La réponse qu’il invoqua à sa taquinerie ne fit qu’exacerber cette étrange sensation et étonnamment, elle en fut ravie. Leurs visages étaient désormais si proches qu’elle en découvrait quelques détails nouveaux ou oubliés. Alors que les yeux dans les siens elle laissait se dérouler sans elle le fil des conversations, elle réalisa qu’il lui parlait toujours. Du moins, ses lèvres se mouvaient, avec cette élégance et cette souplesse déconcertante. Lentement, les mots lui parvinrent et touchèrent son esprit avant qu’elle-même n’y revienne entièrement. Tant pis. Plus tard.

- Moins distant... Mais… à quelle distance exactement ? Souleva-t-elle avec une effronterie destinée à masquer son trouble.
Il était particulièrement près. Un haussement de talon, un dressement sur les pointes de pieds et elle aurait…

Mais il avait déjà détourné le regard.

Il lui sembla alors avoir oublié de respirer. Lentement, elle secoua la tête et sentit à nouveau ses joues sous l’attaque d’une quelconque chaleur de la pièce. Le monde, sans doute.
A peine eût-elle le temps de se calmer qu’il revînt vers elle ravivant d’un regard le trouble qui menaçait son esprit. Et le reste.

Elle se sentit observée comme elle l’observait. Mangée des yeux était le juste terme, alors qu'il semblait dans l’attente d’une réponse…

- La réponse ? Quelle réponse ?

La réponse est oui, dans tous les cas.

Ses yeux soudainement un peu perdus ne l’étaient pourtant pas autant que ses oreilles ( et nous sommes d'accord, cela comment à sérieusement réduire le nombre de ses sens en alerte). Désormais les voix se mélangeaient. Brillants orateurs pleins de louanges envers (... qui déjà ?) et sa voix à lui, posée et agréable, bien plus aisée à pratiquer sa langue que dans ses souvenirs. Il avait dû s'entraîner. Si ses oreilles ne parvenaient à se raccrocher à rien de compréhensible, ses yeux, dans un essai de raccrochage aux branches, se fixèrent à nouveau sur sa bouche pour tenter d’en décrypter quelques mystères.  

Sa bouche.

L’hypothèse.



Tu te concentres un peu ?




Les sourires qu’il avait faits naître s’évanouirent brusquement quand elle réalisa l’emprise effrayante qu’il avait sur elle. La femme forte et indépendante en elle, fronça les sourcils et s'en voulait de céder aux délices de le contempler si près. Tout au sérieux d’une tentative de concentration désespérée elle tâcha de remettre de l’ordre dans ses pensées alors qu’indiciblement, c’était un instinct très animal qui la gouvernait. Pour son plus grand plaisir et déplaisir en même temps.

Et parce qu’elle possédait peut de filtres qui ne laissent percer ses désirs à haute voix, elle s’entendit lui répondre avec un ton presque accusateur.

- Vous trichez, Aleksey. Vous me perturbez. Dois-je deviner que vous êtes devenu garde du corps très rapproché pour vous tenir à une telle distance ? Souffla-t-elle non sans l’espoir paradoxal qu’il se rapproche encore un peu.

Et sentant son audace se perdre sous l’action de forces qui ne lui demandaient que peu de choses, elle tourna brusquement les talons, visage fermé pour reprendre le peu de contenance qu’elle pouvait espérer retrouver s’il restait dans la même pièce qu’elle.

Là, concrètement, je vous suscite tout ce que vous voulez… De mon numéro de coffre à Gringotts à mon CV complet.

Finalement, elle était peut-être vraiment l’imprudente qu’il mentionnait en la disant capable de se référer au moindre énergumène croisé. La voilà qui était prête à se jeter à la tête d’un homme dont elle ne savait rien, si ce n’était que tous ses sens la mettaient en garde (entre autres choses) sur ce qu’il était capable de faire.
Elle ferma les yeux un instant et tenta à nouveau de revenir à ce qui les avait menés ici. Professionnellement parlant.

- Tout semble accuser Campbell. Murmura-t-elle avant de poursuivre comme on récite un texte maîtrisé. Il se dit dans les couloirs qu’ils s’entretenaient là la veille. Ils semblent toujours ne pas parvenir à un accord quant à l’avenir éducatif des petits sorciers et…

Il y avait d’autres choses… des témoignages… des … choses.


- Tout ça est bien trop évident! Lança-t-elle plus bruyamment qu’elle ne l’aurait voulu.

Et pivotant vers Alieksandre elle se planta à nouveau devant lui, à quelques centimètres seulement de son visage.

- Je pense qu’on veut le faire tomber et que la mort de Strogov n’est qu’un … prétexte ... piètre sacrifice pour... une ... et vous m’empêchez de réfléchir correctement!! Piqua-t-elle avant de se hisser sur la pointe de ses pieds pour n’être plus qu’à un cil de sa joue. M. Menroth, si vous êtes responsable de mon licenciement du fait que je suis incapable de faire mon métier parce que je n'ai rien écouté, je risque de vous demander un sacré dédommagement.

Elle avait planté son regard dans le sien. Plus aucune trace de sourire à ses lèvres. L’œil était vif d’un autre éclat que la colère, et le menton levé d’audace pour parvenir à soutenir le regard de son compagnon bien plus grand, semblait défier son interlocuteur d’en faire de même. Il lui fallait reprendre les rênes avant de filer du mauvais chaudron.

- Et je suis une terreur en négociations. Ajouta-t-elle en appuyant son discours d’un petit hochement de tête qui amena l’arrête de son nez à frôler la ligne de la mâchoire de l’homme sur laquelle elle s’attarda, un court instant.



- C'est l'ancienne salle de réunion du comité des inventions d'excuses à l'usage des moldus, lui glissa-t-elle en fermant la porte derrière eux. Ils l'ont déserté à cause du nouveau président du comité qui affirmait que cette salle était au centre d'une source d'énergie provenant du département des mystère et que ça lui filait mal au crâne. Ajouta-t-elle d'un air sceptique.

La petite écossaise fit quelques pas à l'intérieur et se laissa glisser sur l'un des siège trônant autour de l'immense table ronde qui ornait la salle.
Après avoir parcouru les lieux d'un regard amusé, elle glissa un poing sous son menton et entreprit un examen détaillé de son compagnon.

- Et bien... vous ne dîtes plus rien? Taquina-t-elle.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Les ailes de la liberté [Saoirse]   Dim 29 Oct - 21:20

Il cilla amusé autant qu’enchanté par le trouble que manifestait la jeune femme. Il affecta un air de léger étonnement feint et complice lorsqu’elle lui demanda de quelle réponse il parlait, qu’il récita avec d’autant plus d’aisance qu’il lui était venu naturellement. Aucune dissonance, cent dissociations ; comme souvent chez cet étonnant prodige qui jouait dans sa vie le héros de la pièce avec un subtil dosage d’arrogance, de charme et de talents tous si heureusement mêlés que ça en devenait agaçant. Mais de cela aussi il avait l’habitude et c’est pourquoi il maniait toujours ses mystères et ses secrets avec prudence, cœur fermé, esprit ouvert ; cœur lent et lourd, esprit vif et tranchant. Il avisa sur le visage de Saoirse la teneur de son premier mouvement. Il aurait pu l’anticiper facilement au vu de ses réactions lors de leur entrevue originale dans le matin londonien qui était certes un peu lointaine désormais. Et de fait, il s’était préparé à ce qu’elle recule. Il la laisserait reculer en bon prédateur, suivant de loin sa proie jusqu’au bord du précipice. Même là devant la facette la plus douce qu’il lui eut présenté, surtout là, il y avait une forte tension, similaire à la lourdeur d’un soir d’été – et l’orage n’éclate pas-, on sentait presque le parfum des lilas fleuris au jardins. Les pieds hauts nourris de la terre sèche et ce fruit du printemps qui fane dans l’été et s’enracine à l’automne avait quelque chose à dire. Alieksandr, qui avait passé de longues heures ennuyeuses à son goût, à étudier le langage des fleurs à la magie liée à lui, pour les besoins de ses décoctions lorsqu’il vivait auprès des loups, n’avait pourtant pas oublié l’odeur fraîche du lilas débutant au début de ce que les français appelaient l’été de la Saint-Martin. Il lui semblait la sentir.

Il fit mine de reculer lorsqu’elle cessa de rire en haussant légèrement les sourcils, les yeux à peine écarquillés, exprimant un mélange de surprise et une goutte de navrance ; très en dessous, cachées, ésotériques et mystifiées, d’infimes bulles pétillantes s’agitaient en ses yeux, primesautières, pour suggérer à l’esprit de Saoirse qu’il ne lui voulait aucun mal et comprenait sa réaction.

Il se rendait bien compte qu’une passion l’habitait. Et ce garçon qui ne comprenait pas ce qu’était un obstacle sinon ce qu’il laissait derrière lui avait déjà prit son élan pour franchir celui qu’elle lui offrait. Elle ne se renfrogna guère et il l’entendit minauder, le rudoyer gentiment, avec ses yeux de gosse, sa fierté de femme et l’aveline l’emprisonna un instant. Il était surpris sans le montrer pensait-il, mais il se sentait pris d’une forme féroce de rage. Il ne s’appartenait plus tout à fait tant qu’elle se trouvait là, quelque part et qu’elle l’avait nourrie, d’un cadeau empoisonné mais exquis, en nourrissant Artémis de quelques gâteaux pour entamer la conversation. Une farouche écossaise habitait ce petit être furieux et, tout bêtement il se mit à éprouver la fierté d’être lui aussi de ce sang.

Elle se détourna n’en pouvant plus elle-même ce qui le rasséréna en un clin d’œil. Non qu’il eut douté de lui : Alieksandr ne doutait pas de lui. Il se remettait en question, se demandait s’il avait fait les efforts nécessaires, ce qu’il fallait qu’il fasse pour sortir comme l’auguste de n’importe quelle situation. Lorsque, par extraordinaire ça n’arrivait pas, il prenait encore plus d’élan, comme on court quelques pas avant de s’envoler sur le vieux balai d’un aïeul qui a trop dormi au grenier. Il ne bougea pas d’un pouce et ce qu’il dit désormais à Saoirse, il allait lui dire d’une voix grave, aux inflexions de chuchotements, laissant couler les mots dans son oreille par assauts répétés et sourds pour allumer leurs âmes.

Il voyait ses cheveux retomber sur son cou. Il avait envie d’avancer. Il avança. Derechef, il fut proche d’elle, ne gardant que la distance qui permettait qu’il ne fut pas pressé contre elle, mais seulement près comme l’on se tient près d’autrui dans un espace confiné.

La voix qu’il avait avait la chaleur d’une pierre chargée longtemps des émanations brûlantes d’une source chaude. Pour tarir un peu cette force il la voila d’un frais bruissement, parlant à voix vois mi-basse sans plus se soucier -il s’en rendit seulement compte- ni du garde du corps, ni des discours ni de rien d’autre qu’elle. Il hésita à jouer ce jeu entièrement, mais il le voulait et n’avait jamais reculé en rien, ni devant rien. Ou du moins, c’était ainsi qu’il voulait avoir l’audace de vivre. Latin slave aux origines nordiques, il ne lui était point permis de demeurer dans aucune incertitude.

-Je ne peux pas y aller par quatre chemins avec vous. Vous lisez en moi comme je lis en vous, Saoirse. Je voudrais vous connaître, et me rapprocher de vous, disons, suffisamment près pour que, bientôt vous n’ayiez pas à me tourner le dos pour garder un peu votre aise.


Étonnamment, il modula sa voix pour faire retomber la tension avec un certain brio. Il avait lui-même comme le souffle court au début. Et lorsqu’il prononça « dos » , il lui parlait déjà de celà comme d’un évènement lointain, avec un détachement magiquement soudain.

Il pinça les lèvres, pour continuer à se calmer comme elle ne le voyait plus. Avec sa petite voix, elle l’avait achevé, il ne voulait pas attendre cent ans pour passer du temps avec elle. Il était tombé, avait franchi l’eau noire, était épris de cette nymphe triste et joyeuse qu’il n’avait pourtant vu qu’une fois. Il allait répondre mécaniquement au propos sur Campbell, dans une bataille intérieur que, hormis une couleur plus chatoyante de sa peau latine, il n’avait pas laissé apparaître au grand jour. Elle se tourna vers lui avec la soudaineté d’une détonation magique. Un poids se mût du côté de son poumon -sistoooole diastooole- mais il tenait encore bon et à présent, très aisément, dans son personnage. Il se fit un visage concentré avec peu d’inflexions musculaires, comme très peu soucieux, formant vite les images mentales de la réflexion et revint à l’histoire de Campbell. Il avait effectivement eut accès à quelques pièces du dossier et savait que le ministre écossais était soupçonné d’être impliqué, y compris en haut lieu.

Il acquiesca, écoutant avec un sérieux d’où ne perçait aucune séduction. Et il était saisissant de le voir passer ainsi, sans dissonance, du feu à la glace. Mais bientôt elle le piqua et il lui sourit, révélant derrière son masque quelque chose qui était de l’ordre du désir.

-Vous êtes un grande femme. Je ne négocie pas à la légère.

Et en la dévisageant il jeta sur ces mots prononcés encore froidement, un grand feu. Elle allait devoir s’éclipser pour rejoindre ses collègues comme se terminaient les allocutions, il y avait un grand brouhaha inaudibles qui s’élevait, du mouvement, ils échangèrent un contact visuel suffisant. Amplement suffisant.

Lui aussi s’éclipsa, fendant la cohue presque au pas de course dans le sens inverse. Il laissa derrière lui Saoirse, les flashs des appareils ensorcelés, les protestations et les appels aux hommes et femmes dirigeants et dirigeantes du pays qui affectaient avec brio le sérieux, l’ardeur, le calme. Il se savait fait du même bois qu’eux. Les émotions passaient sur lui comme les années sur les sages… Lentement, il avait le temps de les diriger.

Habituellement. Car là, lorsqu’en le regardant, elle lui avait indiqué d’un regard qu’elle exigeait de terminer aujourd’hui même cette seconde entrevue en un lieu plus paisible, il n’avait pas hésité, il avait acquiescé. Rien de tout cela n’avait eut lieu physiquement, mais l’échange avait été clair, autant que brutale leur séparation momentanée.

Au ministère, il fit quelques étages, demanda deux ou trois renseignements sans conséquences et sut bientôt comment il allait retrouver Saoirse.

Après avoir participé à la course aux dernière déclarations avec un enthousiasme qu’il était heureux d’estimer fort relatif, il apparut devant elle, un simple mouvement de Cape au détour d’un long corridor, ayant emprunté un couloir magiques connu des services de sécurité ( on le lui avait renseigné en formation), mais interdit aux civils pour surgir à l’étage où elle échangeait -distraite, il en était certain- sur les interventions politiques. A cinquante pas, il croisa son regard, et se prit à jouer un rôle.

-Madame Shepherd !
La héla t-il d’une voix de jeune homme en quête d’autographe qui n’était pas la sienne. Il partit d’un petite course vers elle, sortit une feuillet de sa poche.

Un message pour vous, c’est urgent. Ça vient du siège ! La Gazette..

Elle joua le jeu et ils s’évanouirent ensemble. Sitôt tourné le premier corridor, c’est elle qui le mena. Il laissa faire, comprenait qu'elle connaissait mieux que lui le secteur.

Lorsqu’elle referma la porte, il rangea le parchemin et reprit un peu son souffle. Elle était allé s’installa sur l’un des fauteuils et paraissait ravie de leur petit jeu de collégiens. Lui espérait surtout n’avoir pas été aperçu par Alidor Beia.

Il marcha vers elle et prit le fauteuils immédiatement à sa droite.

-Je vous laisse parler, c’est vous qui dirigez.
Et il lui fit remarquer qu’elle occupait effectivement le fauteuil du président de séance.

J’ai déposé un amendement aux termes des articles 11, 12 et 23bis des feuillets rectificatifs portant instructions sur les inventions d’excuses…

Je voudrai vous transmettre la requête d’un certain sorcier qui a été ravi de vous retrouver et vous présente ses excuses pour avoir mis tant de temps à vous retrouver.

Il affirme dans ses conclusions de dix-huit pages avoir très envie de vous fréquenter et se doit de vous dire qu’il ne souhaite pas vous cacher plus longtemps qu’il a rencontré votre frère Ezio.


Et cette fois, il conserva le ton et le flegme du fonctionnaire avec tant d'assiduité qu'il ne fit pas mine de vouloir se rapprocher d'elle.
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MessageSujet: Re: Les ailes de la liberté [Saoirse]   Mar 7 Nov - 21:43

L’observation scrupuleuse de sa démarche dans les couloirs du ministère aurait permis au plus sensible démarchologue (il existe bien des graphologues, non ?) de noter la légèreté soudaine de ses pas (et les 12 années de danse classique n’y étaient pas pour grand-chose).
Quelque chose de peu tangible mais sautillant. Un tantinet plus rebondissant, comme si elle était portée par quelques forces mystérieuses.

Intérieurement ?

Une grande paire d’ailes avait poussé dans son dos et s’étendaient effrontément de chaque côté de son corps, effleurant les murs et même les gens qu’elle croisait. Allant peut-être même jusqu’à en renverser certains…
Elle ne marchait pas, elle volait. Elle ne souriait pas, elle éclaboussait le reste du monde d’une joie provoquée par… quelques petits mots.
Pas si puissants, si on y réfléchissait bien. Pas bien forts et pas spécialement poétiques mais à ses oreilles ils sonnaient un peu comme l’annonce de l’entrée du champion sur le ring de la légèreté. A la manière d’une main qui se serait glissée dans la sienne, ils s’étaient répandus sur son visage et dans son esprit en résonnant avec la puissance d’une liberté qui se découvre ou se retrouve après trop de temps passé.

Sa tête avait bien tenté d’émettre quelques protestations, d’ériger quelques barrières protectrices, décentes et raisonnables, mais ses pas (si légers pourtant) les avaient écrasées avec une insolence et une cruauté enfantine.

Se « rapprocher », ça n’était pas forcément ce à quoi elle pensait.
Et pourtant, elle y pensait. Encore et encore, allant même jusqu’à décrocher un sourire remarquable à ces requins du journalisme qui la considérait toujours comme une petite débutante dont le seul minois avait offert la position qu’elle occupait. Tant pis pour eux.

Et elle l’avait suivi, précédé, accompagné, peu importait après tout, dans cette salle vide.

Trônant sur son fauteuil, elle avait glissé ses pieds sous elle, dans un réflexe pour paraître un peu plus grande assise (à défaut de pouvoir trop tricher debout), et s’amusait de leur petit jeu en l’écoutant débiter ses articles 11, 12 et 23 bis.  Elle retenait à grand peine un sourire plus large encore que celui offert précédemment à Moses Falks du Sorcière Hebdo et jetait un œil taquin au pladoyer.

Excuses acceptées, Aleksey.

Jusqu’à ce qu’il parvienne à la fin de sa demonstration.

- Pardon ? Questionna-t-elle surprise. Il y avait un étrange décalage entre la voix dans sa tête et celle qui venait de s’échapper de sa gorge.

Entendre résonner le nom d’Ezio dans une salle du ministère avait un truc surréaliste.

Où ça ? Quand, comment, pourquoi, avec qui et avez-vous parlé de moi ? Furent vaillamment retenues par une volonté plus forte que sa curiosité.  
Notez l’effort.

Le claquement de sabot de son imagination lancée au galop retentit à travers tout le ministère, désarçonnant peut-être quelques âmes au passage.
Alieksandre et Ezio. Ezio et Alieksandre.
En voilà deux qui formait là une paire notable et certainement peu recommandable.( si, si)
Comment un ex-duelliste fraîchement débarqué de Roumanie pouvait-il avoir croisé un barde itinérant et incartable fuyant les sorciers? En Roumanie, justement ? Le monde était décidément parfois trop petit.
Et d’autres fois si vaste.

Alors qu’elle envisageait les circonstances de la rencontre, elle réalisa que cela ne lui plaisait que très moyennement. Si d’habitude elle rêvait de connaître les fréquentations d’Ezio et d’en glaner quelques renseignements indiscrets à son sujet, elle devait volontiers admettre qu’elle aimait à considérer Alieksandre comme sa fréquentation à elle et non celle de son frère.
Elle ne doutait pas un instant qu’Ezio n’ait pu parler d’elle en d’autres termes qu’agréables  et courtois, mais se sentait fortement contrariée à l’idée qu’Aleksey puisse se faire une idée d’elle à travers son frère. Sans trop savoir pourquoi.
Une jalousie bilatérale grimpa le long de ses veines. Il existait des univers que l’on aimait à cloisonner. Peut-être aurait-elle préféré que ces deux-là ne se rencontrent pas. C’était bien la première fois.

Ressaisis-toi, Merlinoise… 


|color=indianred]- Je crois que je préférais le passage des dix-huit pages de conclusion où vous disiez avoir envie de me fréquenter. [/color]Ronchonna-t-elle en levant les yeux au ciel avant de s’appliquer à remettre un peu d’ordre dans les mèches de cheveux qui semblaient s’être redressées à l’évocation d’Ezio.

Abandonnant son fauteuil en soupirant comme une jeune collégienne, elle entreprit de se raisonner et de mettre de côté curiosité, jalousies et inquiétudes pour ne faire de cette information qu’une banalité parmi d’autre.

- Enfin bref !! Soit. Vos articles, amendements et autres traités sont ratifiés sur le champ et …

Continua-t-elle en parcourant la pièce tout en traçant des arabesques imaginaires de ses bras et poursuivant ses hypothèses quant à leur rencontre.

  « Ah tiens, l’autre jour, j’ai croisé votre frère. »

Ça passe bien, ça.

« J’ai croisé votre frère, Ezio. »

C’est ça, c’est le prénom, en fait.

« J’ai croisé Ezio Shepherd. »

Pourquoi il a pas dit ça ? Vachement plus impersonnel. Moins intime.


Ouais… mais on ne croisait pas Ezio. On tombait dessus. Par hasard, n’importe où et de préférence dans les endroits déserts et reculés où les bestioles vous arrachaient la moitié du bras…


- … que, bien qu’un peu surprise de vous croiser ici …

Et pour qu’ils parlent d’elle, il avait fallu qu’Ezio admette son lien avec la magie, ce qui impliquait plus qu’un simple croisement !  

« J’ai rencontré votre frère, Ezio. »

Et on a bavardé des heures, de la pluie, du beau temps, remonté le cours du temps, traversé les montagnes d’écosses, réécrit l’histoire, épitaphé quelques poèmes à propos de quelques tombes, disserté sur la vie et autres aventures rocambolesques qu’on vit toujours en sa compagnie. 


Qui a dit qu’ils avaient parlé de toi ?

« - Bonjour, je suis Ezio Shepherd.

- Shepherd ? Comme Saoirse Shepherd ?

- C’est ça.»


Et Hop. Alikesandre, dans sa finesse d’esprit avait fait le lien. C’était sûrement ça.  

Trois tours de table plus tard, elle réalisa qu’elle était de retour à son point de départ, à savoir, le fauteuil présidentiel.
Un poil de licorne (spéciale dédicace à Stacy et les autres licornes fan) frustrée de ne savoir paraître aussi neutre qu’elle l’aurait souhaité, elle se replanta dans son fauteuil, d’un air arrogant et leva un doigt accusateur.

- OK, je dépose un recours. Avant toutes choses, je tiens à vous dire que je me fiche éperdument de savoir ce que vous avez bien pu faire avec ce bougre d’…. ce bougre.  

Faux.

- Après tout, vous fréquentez qui vous voulez, je m’en fiche. Balya-t-elle d'un revers de main.

Faux.

- Et vous êtes tous les deux grands.

… ta gueule.

Pourquoi parlait-elle si fort?

- Mais par les caleçons de Merlin !!! Où donc et comment avez-vous réussi à vous rencontrer alors que vous êtes constamment aux abonnés absents l'un et l'autre ?????

Voilà, c’était ça. Calme et aussi neutre que possible. Une réussite totale.
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