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 Magnétisme [Nigel]

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Kalistache pistache

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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Jeu 16 Nov - 14:26


Je souri en sentant le téléphone vibrer à plusieurs reprises dans ma poche.
Si elle continuait, je finirais par l’éteindre mais je préférai éviter au cas où j’étais amenée à en avoir besoin rapidement. Pour me sortir de la galère par exemple, bien que je ne capterais probablement plus grand-chose une fois dans le Chaudron Baveur. Il risquait même de s’éteindre par lui-même sans que je n’y puisse rien.
C’était le côté un peu dangereux de se rendre avec un inconnu – vampire de surcroît – sans même avoir un portable fonctionnel en cas d’urgence. Mais je voulais lui faire confiance, pour une raison qui m’échappait et qui pourrait me perdre.

Tant pis, je tente le Diable.

Ce dernier me demanda d’ailleurs si Heather était arrivée en sécurité.
Moi qui m’étais crue rapide et discrète pour lui répondre, je ne l’avais probablement pas été tant que ça. Rien n’échappait au regard perçant du vampire. J’en frissonnai un bon coup avant de lui répondre, en me retournant dans sa direction.

- Saine et sauve, oui ! En espérant que l’alcool la fasse dormir rapidement pour qu’elle arrête de me harceler de messages…

Dans quelques instants, cela ne serait définitivement plus mon problème car le Chaudron Baveur était désormais en vue.
Seuls quelques mètres restaient encore à parcourir et je semblai les engloutir en un clin d’œil, comme si j’étais réellement pressée. Tel le gentleman que j’espérai, il me passa devant afin de me tenir la porte. Un sourire enfantin et ravi aux lèvres, je franchis la porte de l’établissement avant de le suivre jusqu’à la porte de sa chambre.
Je n’avais pas imaginé que des pièces spéciales avaient été aménagées pour des créatures de la Nuit mais maintenant que j’y étais confrontée, cela me semblait comme une évidence même. Les vampires devaient être plus nombreux que je le pensais, sans parler des lycans et autres créatures dont j’ignorais tout.
Il leur fallait bien un coin tranquille.

J’entrai prudemment dans la chambre, perturbée par l’absence presque totale de lumière.
Je me cognai doucement contre un meuble et décidai de me stopper ici, attendant que Nigel mette un minimum de lumière comme il l’avait annoncé. Une fois la pièce éclairée, il put me retrouver dans mon coin, semblable à une petite fille timide qui n’ose pas bouger.
Et j’étais réellement intimidée. Je venais de pénétrer dans l’antre provisoire d’un vampire, ce n’était tout de même pas rien. Il s’excusa d’ailleurs du bazar mais je ne vis que des livres, ce qui m’enchanta. Ce n’était pas ma passion première mais j’adorais lire, bien que je n’ai pas beaucoup de temps pour le faire.
Peut-être avait-il vécu des moments historiques ? Je préfèrerais largement les entendre de sa voix plutôt que d’aller les lire dans je ne sais quel bouquin.

Je le regardai ranger le prétendu désordre, sans vraiment le quitter des yeux, un sourire taquin étirant mes lèvres. C’était réellement très intime ici et l’ambiance tamisée provoquée par les bougies me refila un nouveau frisson, mais un peu différent du précédent.
J’avais de nouveau le ventre plein de nœuds, comme s’il se tortillait à l’intérieur. C’était une sensation à la fois étrange et agréable. Impossible de savoir ce qu’elle signifiait pour le moment. J’étais simplement toujours aussi intimidée, si bien que je n’avais plus prononcé un mot depuis longtemps maintenant. Il allait probablement se poser des questions. Il m’en posa d’ailleurs une, à laquelle je mis un certain temps à répondre.
Vite, reprend-toi !

- Merci. Ah ! Non ! Enfin, je ne vous imaginais pas vraiment dormir dans un cercueil. A vrai dire, je n’ai pas la moindre idée de comment les vampires dorment habituellement durant la journée, mais vu l’obscurité de la pièce, vous n’avez probablement pas de soucis à vous faire pour la lumière du jour et…

C’était peut-être un peu trop.
J’avais déblatéré cela à une vitesse assez considérable et m’étais arrêté en plein milieu d’une phrase. Il trouvait son logement en désordre, mais il n’avait apparemment pas vu l’intérieur de ma tête, qui était la définition imagée du bordel.
C’était à peine si j’avais noté les détails des lieux : l’absence totale de fenêtre, le lit – simple – ainsi que son prétendu désordre. En fait, je n’avais eu d’yeux que pour lui, et cela me rendit quelque peu mal à l’aise. Nous ne nous étions pas croisé du regard cette fois-ci. Se retrouver dans un lieu restreint ensemble pouvait-il accentuer nos pouvoirs ? Du moins, le sien ?
Je jetai un léger coup d’œil à mon portable, éteint.

Ayant toujours l’air aussi intimidée, je m’avançai doucement au milieu de la pièce.
Mon regard scruta les lieux sous un autre angle, tentant de ne pas fixer l’électrisant vampire. Je me décidai finalement à m’asseoir sur le bord du lit. Genre vraiment tout au bord, comme si je n’avais pas le droit ou peur de déranger par ce simple geste. Si bien que j’étais assise avec les jambes collées l’une contre l’autre et les mains posées sur les genoux, en mode gêne extrême.
Je déplaçai régulièrement mes mains de place, ne sachant où les mettre pour finalement les fourrer dans mes poches. Ou plutôt dans les siennes, car sur mes épaules se trouvait toujours la veste de Nigel.
Curieuse comme toujours, je me mit à fouiller dedans pour tomber sur une espèce de sachet en plastique contenant une boite et probablement d'autres choses. J'extirpai le tout de la poche et ne pu résister à poser la question.

- C’est votre matériel pour… prélever du sang ? N’est-ce pas ?

Etrangement, l’idée que cela soit vrai m’intéressait autant qu’elle me faisait flipper.
J’avais à la fois l’envie de partir en courant et l’envie toute opposée de lui proposer de l’utiliser sur moi afin de tester le gout et les effets du sang de Vélane.
Mais qu'est-ce que tu fabriques, Kalista ?
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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Ven 17 Nov - 18:08

Miss Kalista avait retrouvé sa timidité, se tenant dans le coin comme une enfant punie. Nigel la voyait et l’observait du coin de l’œil tandis qu’il allumait les diverses bougies de la chambre, puis alors qu’il rangeait son désordre. La jeune femme était un étrange personnage. Ce qu’elle lui avait dit plus tôt lui revint alors à l’esprit pendant qu’il rangeait sa pile de livres dans la valise : elle était une solitaire. Miss Kalista avait en elle une certaine peur des autres qui ne pouvait manifestement s’effacer que par intérêt réel pour la personne, comme une créature magique -loup-garou ou vampire- par exemple. Nigel sourit intérieurement à cette constatation, légèrement amusé. Il se sentait étrangement flatté, alors même qu’il était coutumier de ce genre d’intérêt pour sa personne. N’était-ce pas dans sa nature même ? La jeune femme était d’ailleurs si intimidée que la nervosité se lue autant dans sa voix que dans sa manière de répondre à son accueil pourtant fait avec légèreté et un brin d’ironie. Nigel commença à se demander si finalement miss Kalista n’avait pas retrouvé un peu de raison et réalisé qu’elle venait de s’introduire dans la tanière du loup, s’engageant sur un chemin dangereux. Le vampire détourna les yeux. Il se sentait mal à l’aise lui aussi. S’il aimait jouer de son pouvoir pour parvenir à ses fins (comprendre : pour commettre un larcin ou aider dans une transaction) il n’avait pas coutume d’en user gratuitement sans raison valable (à ses yeux). Il n’avait certes pas cherché à jouer de son charme sur miss Kalista, qui s’était prise seule dans ce piège, mais il n’avait pas plus cherché à la prémunir contre ce danger. C’était pourtant là son rôle, sa responsabilité, bien qu’il n’oubliait en rien qu’il était lui-même le jouet du propre charme de la vélane. Charme qui eut tôt fait de lui faire oublier ce fugace sentiment de culpabilité au moment où il pose de nouveau le regard sur elle.

Entre temps, miss Kalista s’était avancée dans la pièce, à pas comptés, comme si elle craignait de déranger. Nigel l’observait, immobile, tandis qu’elle se familiarisait avec la chambre. Il ouvrit la bouche pour parler, essayer de lui dire quelque chose, mais il ne sut quoi dire. Devait-il la rassurer et lui dire qu’elle ne risquait rien, alors même qu’il ignorait si cela était vrai ? La magie qui avait cours cette nuit-là avait déjà mis à mal sa raison, quoi que celle-ci s’exprimât malgré tout pour lui signaler que cela pouvait aller bien plus loin s’il n’y prenait garde. Il referma la bouche, incapable de formuler une phrase.

Dans cet état d’esprit, le vampire regarda la jeune femme s’installer contre le lit. Ni vraiment assise, ni vraiment debout, miss Kalista semblait comme sur le point de s’enfuir.

De longues minutes passèrent. Ou n’était-ce qu’un instant ? Le temps semblait de nouveau se jouer d’eux alors qu’un silence gêné avait pris ses quartiers dans la chambre. Dire que Nigel était habituellement un hôte charmant ! Toutes ses belles manières nées de son éducation irréprochable du siècle dernier semblaient avoir soudain déserté. La gêne atteignit son paroxysme lorsque miss Kalista introduisit ses mains dans les poches de la veste de Nigel, dont il n’avait songé à la délester, et en ressorti l’un des kits de prélèvement dont il se servait pour se nourrir. Sans réfléchir, il se précipita sur elle, ne contrôlant pas sa vitesse, et parvint à elle plus vite qu’un humain ne l’aurait pu. Mais il se reprit aussitôt, ne voulant pas lui faire peur, et retira la poche de ses mains avec plus de douceur.

« Vous n’étiez pas destinée à voir ceci. » s’excusa-t-il.

Il n’avait certes pas honte de ce qu’il était (quoi que cela pouvait arriver parfois), ni de sa manière de se nourrir mais… il n’aurait su dire pourquoi, il ne désirait pas que la jeune femme soit témoin de cette facette de sa personne. Ni d’une autre, en y songeant mieux, d’ailleurs.

« Cela vous dérangerait-il de me restituer ma veste ? » demanda-t-il prudemment en tâchant de se montrer doux malgré le sentiment qu’il ressentait de passer pour un goujat.

Il ne désirait pas, cependant, que la jeune femme puisse trouver ce qui, dans sa veste, trahissait certaines activités peu légales. Malgré cela, il ne pouvait lui faire oublier ce qu’elle avait vu, ni ignorer sa question.

« C’est bien cela, en effet. » répondit-il en triturant la poche avec un brin de nervosité. « Grâce à ce matériel il m’est possible de me sustenter sans atteindre à la santé de mes donneurs. »

Nigel fuyait son regard et revenait à elle alternativement. C’était une chose de connaître sa nature et d’en assumer les conséquences depuis plus d’un siècle, c’en était une autre d’aborder ce sujet avec la vélane dont le pouvoir le réduisait à l’impuissance. Il n’aurait su dire s’il était capable de soutenir son regard si elle devait se montrer déçue.
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Kalistache pistache

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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Dim 19 Nov - 11:45


Pas le temps d’observer le matériel de plus près, Nigel avait usé de sa célérité vampirique pour venir me retirer l’objet des mains en une fraction de seconde.
Je ne pus empêcher un sursaut alors qu’il s’était déplacé plus vite que l’éclair, n’étant pas habituée à voir cela et étant pour la première fois de la soirée témoin de ce genre d’exploit. Je soufflai un léger « Waow » pour l’occasion avant de prestement retirer la veste du vampire pour lui restituer à sa demande.

- Désolée, me senti-je obligée de dire. Pour avoir oublié de quitter sa veste ainsi que pour avoir mis les mains dans ses poches.

Néanmoins, je me sentis particulièrement rassurée.
Je sais ce que vous allez me dire : Kalista, tu viens d’entrer dans la demeure d’un vampire, tu sais, un être qui saigne les humains pour se nourrir, tu as même mit la main sur son matos et toi, tu te sens rassurée, qu’est-ce qui cloche dans ta tête en fait ?
C’était cette simple phrase qu’il avait prononcé, soit très habilement pour me manipuler, soit parce qu’elle était parfaitement vraie, comme quoi je n’étais pas destinée à voir ceci. Autrement dit, il n’avait absolument pas prévu de se servir de moi comme d’un potentiel repas. Du moins, pas un repas à base de sang fraichement extrait de mes veines.
Et ça, c’était rassurant.

De plus, il n’était pas de ces sanguinaires vampires qui laissent leurs victimes exsangues dans un coin de rue, non. Il s’était pris la tête à trouver un moyen de se nourrir sans même atteindre à la santé de ceux qu’il appellait non plus des victimes mais des « donneurs ».
J’avais désormais la preuve sous les yeux que cette histoire de don était belle et bien véritable et qu’il ne s’agissait là non plus pas d’un stratagème pour m’attirer dans ses filets. Sans même s’en rendre compte, il m’avait rassurée sur bien des points malgré qu’il semble en croire le contraire.
Peut-être me devais-je de rétablir cela, afin qu’il ne se sente plus aussi gêné. Car pour ma part, je me sentais déjà beaucoup plus à l’aise car déjà, après avoir retiré la veste, je m’étais réinstallée un peu plus confortablement sur le lit.
J’étais à la limite de retirer mes chaussures pour me mettre en tailleur, prête à passer une soirée pyjama. Bon, peut-être pas quand même.

Je tentai de croiser son regard mais il semblait étrangement me fuir.
Cela me vexa en premier lieu puis je réalisai qu’il était réellement mal que j’ai vu tout son matériel. Il ne réalisait vraiment pas que cela m’avait rassurée au possible et que je n’avais désormais plus aucun doute sur ses intentions envers moi.
Déjà, il ne voulait pas me tuer, ni même me vider de mon sang sans mon consentement. Voire même, pas du tout. Il n’avait probablement aucune idée de comment nous en étions arrivés ici et il en était de même pour moi. Nous avions simplement été les victimes de notre magnétisme mutuel. Mais jusqu’à maintenant, je n’avais pas été déçue du déroulement des événements.

- Ne soyez pas gêné pour ça, dis-je en désignant la poche de la tête. Ce que vous me dites là me rassure, quoi que vous en pensiez. Je vois bien que nous sommes en partie piégés par nos pouvoirs respectifs et qu’on ne fait pas vraiment d’effort pour en sortir… Je fis une pause durant laquelle je me levai pour me diriger doucement vers lui et me planter pile devant, qu’il ne puisse plus fuir mon regard ou la conversation. A nous de voir si ce sera pour le meilleur ou pour le pire. Néanmoins, je suis très contente de vous avoir rencontré, Nigel, le vampire.

De nouveau, je sentis ce fourmillement dans mon estomac et jusqu’au bas ventre.
Ne sachant toujours comment l’interpréter, je me contentai de sourire. J’étais terriblement tentée de pousser l’expérience de ce magnétisme encore plus loin mais je n’étais pas certaine qu’il soit d’accord avec ça. Il ne fallait pas non plus que je me mette en danger. Pour lui comme pour moi, tout cela était nouveau, nous n’avions aucune expérience sur laquelle baser la suite des évènements et donc rien à quoi nous attendre.
C’était justement ce côté inconnu qui était excitant, autant qu’il était effrayant. Il en était de même pour la plupart des choses de la vie.

Doucement, je posai ma main sur la sienne – gelée d’ailleurs – qui tenait encore la pochette contenant son matériel qu’il ne cessait de triturer depuis qu’il l’avait récupérée.
Je m’approchai de lui presque aussi près que nous l’avions été alors que nous étions en train de regarder le cliché que j’avais fait lorsque nous étions dans la rue. De nouveau, je ressenti l’effet de son pouvoir sur moi et ne tentai pas la moindre résistance. Je lui adressai un sourire rassurant avant d’approcher mes lèvres de son oreille.

- Vous n’avez jamais eu l’occasion de gouter le sang de vélane, lui susurrai-je comme si nous risquions d’être entendus et qu’il s’agissait d’un secret. Et je pense que vous êtes curieux d’en connaitre la saveur et les effets, n’est-ce pas ?

Je tentai un jeu dangereux, c’était assez rare mais l’occasion était trop belle pour que je la loupe.
Après avoir formulé ma proposition, je voulu reculer pour retourner sur le lit comme si on avait rembobiné la scène mais Nigel m'en empêcha.
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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Dim 3 Déc - 22:32

Si le vampire était gêné, miss Kalista en revanche paraissait prendre en assurance et se sentir plus à son aise. Nigel ne comprit guère pourquoi. Il lui semblait qu’au contraire la jeune femme eut dû se sentir menacée. Pourtant, déjà, alors que Nigel reprenait possession de sa veste elle reprenait place sur le lit avec plus d’assurance. Nigel posa la veste sur le bras du fauteuil proche, ainsi la jeune femme ne pourrait trouver les indices de sa vie cachée que contenait l’habit.

C’est alors que miss Kalista lui fit une proposition charmante pour le rassurer. Charmante, c’était bien le terme, car s’il n’y avait que des mots au commencement, la vélane y ajouta bientôt sa présence, très proche. Ce ne fut guère une surprise, cette fois, de se prendre ainsi dans le regard gris de la vélane. Ou plutôt de s’y plonger car miss Kalista avait raison : aucun d’eux ne faisait d’effort particulier pour échapper à l’emprise de l’autre. A se jeter ainsi à corps perdu dans l’océan de ses yeux, Nigel prenait pourtant le risque de se noyer. Miss Kalista prenait tout simplement le contrôle de son univers. En se tenant si près, la vélane emplissait à elle seule le champ entier des perceptions du vampire sans que celui-ci n’ait le moindre désir que cela ne change. Cet instant eut pu durer des heures, Nigel était certain qu’il ne se serait jamais lassé du spectacle de ces yeux envoutants, de ce sourire désarmant encadré de tâches de rousseur, de cette peau laiteuse et de ces cheveux flamboyants. Et son parfum… Au-delà des notes artificielles sucrées et fruitées discrètes en cette fin de journée, et par delà l’odeur de l’alcool, le vampire prédateur percevait toutes les tonalités des fragrances qui imprégnaient la vie de la jeune femme. On y sentait des nuances végétales, et d’autres plus chaudes comme une odeur de bois et de fumée. Nigel se mit alors à imaginer la vie de la jeune femme, dans un petit espace intime, chauffé au bois et parfumé à l’encens. Et puis, au-delà de cette symphonie, il y avait la petite mélodie, toute simple et personnelle qui se jouait en fond : celle de miss Kalista elle-même. La jeune femme avait une légère odeur de miel, sucrée et délicieusement tiède qui invitait à la gouter. Nigel prit une profonde inspiration pour le savourer encore. Comme il avait envie de… non ! Il ne fallait pas. Même s’il aurait apprécié le déguster jusqu’à la dernière goutte, sans le moindre doute.

Soudain, la petite main chaude de miss Kalista entoura la sienne. Comme la caresse du soleil dont il ne connaissait plus que les ardeurs violentes, la chaleur de la jeune femme se répandit dans sa main et son bras. Une chaleur aussi vive que glacée, électrisante, qui s’accentua lorsque miss Kalista s’approcha de son oreille pour y susurrer quelques mots. Les défenses de sa raison furent aussitôt réduites à néant. Le parfum de la vélane emplissait ses narines, prenant le contrôle de son esprit quand la voix douce qui se coulait dans le creux de son oreille renforçait l’envoutement. Ce fut plus fort que lui, il glissa sa main libre dans la nuque de la jeune femme et l’enferma dans un étau de fer qui ne lui laissait aucune chance de fuir. Il la maintint contre lui, voulant la garder toute proche alors qu’elle se faisait tentatrice.

« Vous jouez un jeu dangereux » susurra-t-il à son tour à son oreille « Je pourrais vous faire du mal. »

Sous ses doigts, Nigel pouvait sentir le pouls de la jeune femme, fort et vigoureux, plein de vie. Il sentait aussi cette douce chaleur humaine qui émanait d’elle dont il savait pouvoir profiter s’il buvait directement le sang de la jeune femme sans prendre ses précautions habituelles. Et cette odeur de miel chaud… Nigel inspira à nouveau, tout près de sa gorge. Délicieuse fragrance. Et elle qui l’invitait à rien moins qu’y planter ses crocs… Il les sentit d’ailleurs s’allonger alors que cette image s’imposait à son esprit.

L’étreinte qui emprisonnait miss Kalista se desserra aussi soudainement qu’elle s’était refermée autour d’elle et Nigel s’écarta de cette jugulaire si appétissante. La conscience du vampire, lancinante, lui interdisait de continuer. Fort heureusement pour eux, Nigel avait depuis longtemps comprit comment brider ses instincts prédateurs, même quand ceux-ci se montraient aussi virulents qu’en cet instant. Ils étaient encore proches l’un de l’autre, Nigel n’avait pas lâché la jeune femme, bien qu’il lui soit désormais possible de prendre ses jambes à son cou. C’eut été un choix plus judicieux que de tenter le diable comme elle le faisait. Car à présent, le vampire savait bien de quoi il avait l’air, il connaissait les changements qui s’opéraient sur lui à l’appel sauvage du sang. Ses canines à présent allongées et visibles entre ses lèvres n’étaient rien en comparaison de son regard, un regard sanguinaire, féroce, tout juste atténué par le contrôle impitoyable que Nigel exerçait sur lui-même. Il ne détournait plus les yeux à présent, s’obligeant à paraître dans toute sa bestialité devant la jeune femme. Il préférait sa déception immédiate que le regret de sa mort, ou encore ses regrets à elle qui, envoutée par son charme, ignorait ce qu’elle faisait et pourrait le regretter une fois le vampire loin d’elle.

« Ce que vous offrez n’a pas de prix, êtes-vous sûre que c’est ce que vous voulez ? »

La situation aurait pu être amusante si elle n’était pas si dangereuse. Habituellement, Nigel s’occupait de rassurer ses donneurs, non de les dissuader. Ce sang-là, le vampire ne pouvait se résoudre à le prendre sans mettre en œuvre toute la prudence nécessaire. Car miss Kalista avait raison : maintenant qu’elle lui avait fait cette proposition, Nigel désirait connaître la saveur de son sang.


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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Mar 5 Déc - 19:28


J’eu simplement le temps d’esquisser un pas en arrière quand la main libre et glacée de Nigel vint se loger contre ma nuque.
Un nouveau frisson me parcourue toute entière et je ne su plus distinguer si la sensation de sa peau contre la mienne s’apparentait à une brûlure de froid, ou de chaud. Je levai légèrement le menton alors qu’il enserrait ma nuque de ses doigts blafards, non sans lâcher ses yeux de mon regard perçant. Je savais parfaitement que je jouais à un jeu dangereux. Et je ne venais pas seulement de commencer.
Depuis la première seconde, j’avais su qu’il s’agissait d’un vampire et j’étais tout de même allée vers lui.

- Je sais, acquiesçai-je à sa première remarque. Puis, tentant de garder une certaine contenance, j’ajoutai : Vous ne me ferez aucun mal.

J’essayai à la fois de lui montrer que j’étais parfaitement mise en confiance, et de me convaincre moi-même que je ne courrai aucun risque.
Cela fonctionna, pour ma part du moins. Les frissons avaient cessé même si je me sentais toujours aussi agitée par l’idée d’être aussi proche de lui. J’aurais pu sentir son souffle en cet instant, si tant est qu’il eut besoin de respirer. Tout comme j’aurais probablement pu entendre son cœur cogner contre sa poitrine, peut-être à l’unisson avec le mien, qui ne cessait plus d’accélérer malgré mon calme apparent.
J’étais totalement hypnotisée, mais toujours entièrement consciente de l’être.

Je remarquai qu’il louchait légèrement en direction de mon cou.
Je dégluti difficilement, tentant cependant qu’il ne le remarque pas, je voulais donner l’impression d’être sûre de moi et de ce que je faisais. Même si j’en étais loin. Cependant, je ne bougeai pas d’un millimètre, attendant qu’il relâche son étreinte au niveau de ma nuque, sans pour autant me laisser partir ou retirer sa main terriblement glacée.
Je sentis qu’il tentait quand même de se contrôler. Il n’était pas si vieux pour un vampire, si ? Peut-être avait-il acquit une certaine expérience dans l’art de « ne pas tuer les humains », ce qui expliquerait sa technique semblable à un don du sang. Pour en arriver jusque-là, il devait bien se retenir de sauter à la gorge de ses « victimes » non ?
D’accord, nous étions sur un tout autre terrain car l’idée venait carrément de moi et non de lui mais j’étais persuadée qu’il avait un bon fond, autrement, pourquoi s’embêter et résister à me vider de mon sang, là maintenant, alors qu’aucun témoin n’est présent ?

Je me sentais un peu spéciale en cet instant.
Lui était-ce seulement déjà arrivé de se retrouver dans une situation comme celle-ci ? J’imaginai déjà nombre de filles déçues de ne pouvoir être mordues sans être à même d’en réchappe. Ah ! Le fantasme du vampire.
Il me vint alors à l’esprit une drôle de question : que provoquait réellement la morsure de vampire comme sensation ? Etait-ce une espèce de poison ? De ceux qui endormiraient la victime ou bien la paralyseraient, un peu à la façon d’un serpent venimeux. Nous ne le saurions probablement jamais, ces personnes ne pouvant apparemment en réchapper pour en parler.

Mon regard quitta finalement celui du vampire pour se diriger lentement sur ses lèvres, desquelles dépassaient légèrement ses canines pointues.
J’aurais pu frissonner mais non, cela m’était passé. En revanche, je ressenti de nouveau cet espèce de fourmillement dans mon estomac, comme si ce dernier se tordait alors qu’il recevait des chatouilles.
En revenant finalement sur ses yeux, je constatai un changement radical. Au-delà de cette espèce de fascination qu’il semblait toujours éprouver pour moi – en partie à cause de mes pouvoirs - je pouvais désormais distinguer quelque chose de nouveau : la Bête. Et elle semblait assoiffée, à force d’avoir été trop tentée et réellement en faveur de cette idée de gouter à ce bouquet inconnu qu’était le sang de vélane.

Il y avait autre chose que j’avais terriblement envie de tester : les limites de mon pouvoir, dans l’état actuel des choses.
Jusque-là, j’avais simplement laissé aller mon aptitude à sa guise, sans essayer une seule seconde de me concentrer pour lui donner en effet en particulier. Je n’avais encore reçu aucun cours à ce sujet et j’étais donc totalement débutante, mais j’étais face à quelqu’un déjà très sensible à mon sang, alors pourquoi ne pas pousser les choses encore plus loin ?
Je sentis pourtant que le moment était peut-être mal choisi, je me ravisai donc et repris une lente et profonde inspiration afin de répondre à la fatidique question.

- Oui, soufflai-je de façon presque inaudible, bien que je ne doute pas qu’il entendrait, son ouïe étant plus développée que celle du commun des mortels.

Je n’en rajoutai pas, attendant simplement ses instructions quant à la marche à suivre.
Je n’avais jamais donné mon sang pour la charité, mais j’allais le donner à un vampire, qui en plus n’avait rien demandé. Ce que j’y gagnais pourrait sembler flou mais c’était d’une importante capitale pour moi : la Connaissance. Je voulais savoir quelle était la particularité de mon sang, au-delà de produire quelque magnétisme incontrôlable et d’attirer n’importe qui sans même que je le veuille.
Je voulais savoir comment m’en servir, et en même temps, comment ne PAS m’en servir. Je pressentais qu’il s’agissait là d’un pouvoir bien trop puissant pour en faire bon usage. J’avais beau y réfléchir, je ne trouvais pas de bonne utilité. Contrairement à Nigel, je n’avais pas besoin de charmer qui que ce soit pour me nourrir.
Je voulais donc savoir si le gout différait réellement des autres et quel serait son effet si on se mettait à le boire directement. Quoi de mieux qu’un vampire pour tenter cette expérience, n’est-ce pas ?

Doucement, j’avais relâché sa main et terminé mon pas en arrière pour lui faire face tout en laissant une certaine distance entre nous.
Sous sa direction, je m’installai dans une position confortable. Je portai un débardeur, nul besoin d’effectuer ce geste basique de relevage de manche. Je dégageai mes cheveux avant de présenter mon bras, prêt à se laisser pénétrer par l’aiguille. Je me posai alors une nouvelle question étrange : allait-il tout simplement boire le sang au bout du tuyau transparent, ou allait-il stocker le sang prélevé dans une espèce de poche, afin de le consommer à son rythme ? Si tant est qu’il fut capable de s’arrêter de boire avant d’avoir avalé la dernière goutte disponible.
Je ne savais même pas de quelle dose il avait besoin pour se sustenter, ni même combien il comptait m’en prélever. Serait-il seulement capable de s’arrêter une fois qu’il aurait commencé ?
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Nigel chrome

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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Mer 6 Déc - 13:14

Miss Kalista montrait une confiance démesurée en lui alors qu’il eut été plus raisonnable de penser que le vampire représentait un danger pour elle. Au lieu de quoi, elle persistait à rester avec lui, persuadée qu’il était incapable de lui faire du mal. Sans doute le charme vampirique y était-il pour quelque chose mais Nigel pensait que ce n’était pas le seul responsable (ou bien n’avait-il aucune envie d’y croire, cela était possible également). A l’instar de miss Kalista, Nigel n’avait plus toute sa tête, d’autant moins qu’à présent le vampire désirait ardemment goûter son sang. Dans sa gorge une brûlure sèche trahissait son désir de boire le sang au parfum de miel chaud et si terriblement attirant de la vélane. Fort heureusement, le vampire n’était pas affamé, ayant pris ses précautions avant de quitter Belfast, ainsi il pouvait garder le contrôle, bien qu’à grande peine. Il s’en fallait de peu qu’il ne morde la gorge appétissante de la jeune femme qui le tentait sans avoir conscience de ce qu’elle faisait.
Quelque chose dans l’attitude de miss Kalista fit cependant changer d’avis le vampire. Elle montrait de légers signes de nervosité, comme si elle savait tenter le diable et attendait de voir jusqu’où elle pouvait aller sans perdre la vie. Miss Kalista aimait-elle donc jouer ainsi avec sa vie ? S’il n’était aussi près de la bête assoiffée de sang, Nigel aurait pu changer d’idée. Il n’aimait guère être l’objet d’un défi, ou d’un fantasme. La jeune femme ne lui avait pas semblé être de ces jeunes écervelées en quête de beauté vampirique, c’est pourquoi Nigel avait pu se laisser aller jusque là. A présent cette vague réflexion se noyait dans d’autres considérations bien plus matérielles qui lui firent oublier toute retenue : miss Kalista venait de confirmer son choix. Malgré la vision du vampire assoiffé et presque sauvage, la jeune femme semblait sûre de sa décision, aussi Nigel pouvait se laisser aller à prendre sans remord ce qu’elle lui offrait si généreusement.

« Allongez-vous sur le lit, vous y serez plus à votre aise. »

Pour cela il fallut que Nigel la laisse s’éloigner de lui. Il s’y contraignit malgré sa soif, sachant qu’il s’agissait de l’étancher plus tard, même si la méthode ne correspondait guère à ce que lui commandait son instinct de buveur de sang. Nigel préféra se concentrer sur les préparatifs, et détourna même les yeux de sa généreuse donatrice pour tenter d’apaiser la bête furieuse qui grognait d’impatience en lui. L’appel du sang, une fois éveillé, avait peine à s’apaiser. Nigel ne serait en paix qu’une fois sa soif étanchée. Le kit de prélèvement se trouvait encore dans la main du vampire, qui en avait oublié l’existence. Il était possible de se demander si Nigel n’avait pas, en quelque sorte, vu la situation présente venir, pour conserver ainsi le kit en main. Une réflexion qui n’empêcha en rien l’intéressé de déchirer l’emballage sans grand ménagement et de sortir le matériel stérile de son enveloppe plastique. Il posa l’ensemble sur le lit, de manière aussi stable que possible, à côté de miss Kalista qui s’installait à son aise. Le kit ne se suffisant pas à lui seul, Nigel dû s’écarter le temps d’aller quérir dans les poches de sa veste le reste du nécessaire : un petit flacon de désinfectant, deux sachets de compresses et le lacet servant de garrot. Une fois paré pour l’opération, avec tout le matériel à disposition, Nigel pu se mettre à l’œuvre. Avec le temps, ses gestes étaient devenus mécaniques. Bien qu’il n’utilisât cette méthode que depuis peu (à l’échelle de sa vie) Nigel avait pris ses habitudes. Une infirmière lui avait appris comment procéder sans procurer de gêne au patient (dans son cas, non dans celui de Nigel) il y avait de cela de nombreuses années, depuis Nigel avait peaufiné ses gestes, ajouté des mesures préventives, suivant ses observations ou les recommandations qu’il avait pu obtenir. L’évolution de cette technique avait permis un tel confort que ses volontaires (ceux qui donnaient régulièrement) étaient devenus plus nombreux, se montrant presque reconnaissants pour ses soins. Et tandis qu’il nouait le garrot autour du bras chaud de la jeune femme, Nigel songea qu’il était loin le temps où les vampires devaient saigner leurs victimes pour se nourrir. En vampire moderne avec une conscience morale, Nigel était d’ailleurs bien heureux de n’avoir jamais connu ces temps triviaux où les humains mourraient sous les crocs de ses semblables.

Debout à côté du lit, Nigel surplombait sa donneuse, préférant cette position à toute autre afin de conserver la précision de ses gestes. Il commença par désinfecter la peau blanche de miss Kalista, à travers laquelle commençait à se dessiner les veines bleues gonflées de sang.

« Ce devrait être rapide et presque sans douleur. » dit-il pour se faire rassurant.

Il ignorait s’il s’agissait de rassurer la donneuse ou bien lui-même, car si ses gestes étaient sûrs il sentait poindre une légère nervosité. La situation lui semblait presque irréelle et s’il avait dû se réveiller dans l’instant pour constater qu’il ne s’agissait que d’un rêve il n’en aurait pas été surpris. Seule la déception aurait été vive.

Tandis qu’il agissait, Nigel fuyait autant que possible le regard de la vélane. Ses canines dépassaient encore entre ses lèvres et il y avait fort à parier que la soif de sang se lisait toujours sur son visage malgré ses efforts pour la contenir, et Nigel n’avait pas la moindre envie de lire l’effet que procurait cette vision sur le visage de la jeune femme. L’aiguille pénétra la chair tendre sans anicroche et trouva le vaisseau sanguin tout aussi simplement. Alors, le sang commença à s’écouler en dehors du corps de la vélane, rouge et sombre, d’une tiédeur appétissante même à travers le plastique du tuyau que Nigel tenait entre ses doigts. Au bout de ce dernier, la poche attendait l’arrivée du liquide mais Nigel ne le permit pas. Le vampire avait bien trop hâte de gouter ce sang, et il ne désirait pas le ternir par tous les anticoagulants que contenait le réservoir. Il sortit donc de la poche de son pantalon un couteau dont il déplia la lame pour sectionner le canal et placer ainsi l’extrémité dans un mug propre. Ce n’était pas la première fois que Nigel procédait ainsi et ce mug portait à l’intérieur une marque signalant la quantité que le vampire pouvait prélever chez un humain sans que celui-ci n’en soit trop affaibli.

Il n’y avait plus qu’à attendre en veillant à ce que le processus suive son cours sans heurt.

« Tout va bien ? » s'enquit Nigel auprès de la jeune femme en faisant mine de vérifier que tout était en place alors même qu’il n’en doutait pas une seconde.

Sa nervosité ne s’améliorait guère. Cette nuit lui avait réservé déjà plusieurs surprises et il savait qu’il fallait en attendre de nouvelles. Nigel était à la fois prudent et pressé de les découvrir. Et il se demandait comment la nuit se finirait.
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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Mer 13 Déc - 14:08


Suivant les indications de Nigel, je m’étais finalement allongée sur le lit.
Dans mon ventre revint une sensation que je reconnu cette fois : le stress. Pour une raison qui m’échappait, j’étais stressée par ce qui allait suivre. C’était à la fois le mauvais stress – comme avant un examen – et le bon stress – comme juste avant de revoir quelqu’un qu’on apprécie et qu’on n’a pas vu depuis longtemps – et c’était assez frustrant.
Je l’avais observé alors qu’il s’était préparé à passer à l’acte et qu’il était partit chercher le matériel dans la boite que j’avais trouvée dans sa poche. Son visage ne trahissait presque aucun sentiment ou état. Impossible de savoir s’il était excité de faire cette découverte ou s’il en était effrayé.

N’ayant jamais été très fan des piqures, j’avais tout de même détourné le regard à partir du moment où il était revenu près du lit.
Je pu sentir qu’il avait commencé à procéder à ses manipulations, en commençant par une désinfection de la zone dans laquelle il piquerait. Sa réplique destinée à me rassurer eut presque l’effet inverse. Je me mis à serrer les dents en évitant toutefois qu’elles grincent, je détestais cela et il fallait que j’évite de frissonner si je ne voulais pas qu’il rate la veine.
Je repensais soudain à quelque chose d’un peu idiot : j’avais toujours de l’alcool dans le sang, cela pourrait-il risquer de fausser le « résultat » ? De changer le gout par exemple ?
J’imaginai que nous allions bientôt le découvrir !

J’expirai doucement mais longtemps alors qu’il avait finalement introduit l’aiguille dans ma veine.
Cette dernière ne devait pas avoir été difficile à trouver tant ma peau était blanche et mes veines particulièrement apparentes. J’en avais même complexé quand j’étais à Ilvermorny ! Qu’est-ce qu’on peut être stupides quand on est jeunes, à s’inventer des complexes simplement destinés à nous pourrir la vie et nous faire perdre confiance en nous. Mais c’était plus fort que nous.
Aujourd’hui, j’essayais tant bien que mal de ne plus avoir de complexe mais la confiance n’était pas à son maximum. Ce n’était pas pour rien que je m’amusais à « flirter » de temps en temps. J’avais sûrement besoin de me rassurer quant à mon charme. Du moins jusqu’à Greenock, où j’avais compris pourquoi peu de gens m’étaient insensibles.
Et cela n’avait rien à voir avec mon charme naturel malheureusement.

Cela est dû à mon sang, et rien d’autre. Ce fichu sang dont on ne va pas tarder à découvrir les effets une fois dégusté directement à la source.

Au même instant où j’eus cette pensée, j’entendis le vampire manipuler le matériel d’une étrange manière et je ne résistai plus à l'envie de regarder ce qui se passait.
Après un bref regard sur mon bras troué, je reposai les yeux sur lui pour le voir couper le tuyau de plastique afin que le liquide rougeâtre coule directement dans une tasse. C’était la première fois que je pu « voir » à quel point il était en fait impatient mais aussi nerveux à l’idée de découvrir la saveur de mon sang.
En espérant qu’il ne lui soit pas toxique !

- Ça va, répondis-je simplement, replantant mes yeux dans les siens. Et vous ? Demandai-je en retour avec un petit sourire en coin. Vous semblez nerveux.

Prenant le risque de bouger légèrement le bras, je vins poser ma main sur la sienne, toujours aussi glacée malgré la chaleur ambiante. C’était un peu étrange comme situation.
Le vampire nerveux et la donneuse de sang tranquillement calée dans le lit avec une aiguille plantée dans le bras. Cela n’aurait-il pas dû être l’inverse ? Toutefois, le voir ainsi m’avait donné envie de le rassurer à mon tour et m’avait libéré de ce mauvais stress qui me prenait les tripes. Il ne me restait plus que l’excitation à l’idée de voir l’effet de mon sang sur le vampire.

- Si ça vous perturbe trop, on peut encore tout arrêter…

Je n’avais pas la moindre idée d’où nous allions avec cette expérience mais quelque chose me disait que ce serait plutôt positif.
Néanmoins, cela ne valait peut-être pas le coup de se mettre dans un état pareil de nervosité. Avait-il si peur de me faire du mal ? Se pensait-il capable de me sauter dessus pour me vider de mon sang si celui-ci avec bon gout ? Lui-aussi allait devoir apprendre à se faire confiance.

Un peu plus à mon aise désormais, je reposai les yeux sur le tuyau de plastique et sur mon sang qui glissait à l’intérieur pour finir sa course dans le mug qui était désormais presque plein.
Allait-il se décider à le boire, ou à laisser tomber l’idée ? Quels seraient les effets du sang de Vélane sur un vampire déjà bien hypnotisé par sa simple odeur ?
C’était bientôt l’instant de vérité.
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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Jeu 14 Déc - 18:33

Sans aucun doute, la nervosité de Nigel était perceptible. Miss Kalista s’en rendit compte et Nigel s’en voulut. Son rôle consistait en temps normal à rassurer ses donneurs, à les mettre à l’aise pour que l’opération ne soit rien de plus qu’un acte banal, comme respirer ou se sustenter. Au lieu de quoi, Nigel était mal à l’aise, il ne maîtrisait pas la situation comme cela aurait dû être le cas, on pouvait trouver ici le début d’une explication quant à sa nervosité.
Tandis que le vampire plaçait le tuyau de façon à ce qu’il ne bouge pas et ne procure aucune gêne à la jeune femme, celle-ci lui attrapa la main. Oubliant sa réserve, il leva les yeux vers les siens, les rencontrant avec ce même plaisir toujours renouvelé. Elle souriait, presque moqueuse, et peut-être pouvait-on trouver dans ce contact magnétique entre eux la suite de l’explication concernant la nervosité de Nigel. Celui-ci se laissa aller à sourire à son tour, se détendant quelque peu.

« Je vais bien, je vous remercie. » fit-il en recouvrant brièvement de son autre main les doigts chauds de la jeune humaine. « Vous devriez plutôt vous inquiéter pour votre personne. »

Ce manque d’instinct de conservation était bien singulier. Nigel replaça précautionneusement la main de miss Kalista sur le lit afin que la prise de sang se déroule au mieux. Il ne fallait pas faire bouger l’aiguille dans la chaire, bien que le contact de la douce peau agréablement chaleureuse de l’humaine lui soit fort plaisant. La personne de miss Kalista agissait sur le vampire tel un aimant et tout ce qui la constituait semblait attirer toute son attention. Tout cela était déroutant, fort agréable, grisant pourrait-on dire même, mais tout à fait déroutant. D’autant que le vampire était bel et bien là, éveillé en Nigel par l’appel du sang versé. Celui-ci, coulant lentement dans la tasse, émettait ses effluves uniques, légèrement ferreux, quelque peu sucré, et cette tiédeur typiquement humaine qui le rendait si attirant… Pour Nigel, cette situation semblait interminable. Le prédateur ne demandait pas mieux que de s’abreuver tandis que l’être civilisé savait devoir attendre. Il était heureux que l’hémoglobine de la vélane ne produise pas sur lui le même effet que sa personne car dans le cas contraire Nigel ignorait si miss Kalista en serait ressortie en vie.

Goutte à goutte, minute après minute, le sang coulait, remplissant peu à peu la tasse. Encore quelques instants et il faudrait y mettre fin. Miss Kalista avait tort de penser que Nigel était perturbé. Ou plus exactement, pour être tout à fait honnête, elle avait raison, mais elle n’y mettait sans doute pas le sens auquel Nigel songeait. Et quoi qu’il puisse en être, il n’était plus temps de faire demi-tour. Jamais le vampire n’aurait pu trouver la paix s’ils avaient interrompu prématurément le processus.

Le niveau du liquide atteignit finalement la marque. Trois cent millilitres de sang avaient quitté les veines de la jeune femme pour s’offrir à la soif du vampire. Nigel s’empara d’une compresse propre qu’il plia et maintint au niveau de la piqûre tandis qu’il retirait l’aiguille du bras de la donneuse. Quelques manipulations plus tard, un pansement protégeait la peau de la jeune femme et tout le matériel de prélèvement avait disparu dans la poubelle. Le mug rempli du doux breuvage patientait sur la table, à la disposition du vampire qui ne demandait pas mieux que de mettre fin à l’attente. Mais il était d’autres considérations que Nigel devait encore prendre en compte avant de se laisser aller à l’appel du sang. Tout hypnotisé qu’il puisse être par la vélane et son sang, et aussi assoiffé fut-il, miss Kalista méritait qu’il lui prêta toute l’attention qu’il accordait à ses donneurs. Dans la salle de bain, un verre était à disposition des clients. Nigel s’en empara et le rempli d’eau, après quoi il plongea la main dans sa valise où il n’eut aucun mal à trouver ce qu’il cherchait : un paquet de gâteaux chocolatés. Le tout fut offert à miss Kalista.

« Tenez. Ce n’est pas grand-chose mais cela vous permettra de récupérer quelques forces. Mieux vaut d’ailleurs que vous évitiez tout effort durant la journée à venir, pour votre santé. »

L’offrande était minime comparée à celle que la jeune femme venait d’effectuer, il s’agissait là des réserves de secours que le vampire prévoyant avait apportées pour le cas où un don urgent lui aurait été nécessaire. Il n’avait en aucun cas imaginé une situation s’approchant si peu que ce fut des circonstances actuelles. Quoi qu’il en fut, il ne pouvait mieux faire en l’état, il n’était plus l’heure de sortir faire des emplettes.

Ces précautions prises pour la jeune femme, plus rien n’obligeait Nigel à attendre encore pour boire l’appétissant breuvage si généreusement offert. Plus rien hormis la bienséance. Par égard pour cette dernière et miss Kalista, Nigel ne se précipita pas sur la tasse remplie du liquide sombre si plein de vie et de magie. Il prit le temps de se déplacer sans empressement et de s’installer dans le fauteuil à côté de la table sur laquelle attendait l’offrande dont il s’empara. Il n’hésita qu’un instant avant de porter la tasse jusqu’à ses lèvres, se demandant si une nouvelle recommandation à l’adresse de la jeune humaine quant à ce qui allait advenir serait de bon aloi. Il lui sembla que cela était inutile, compte tenu de tout ce qui avait eu cours auparavant. Alors, il put enfin apaiser sa soif.

Une première gorgée se glissa entre ses lèvres, chaude et épaisse, chargée du goût unique de la vie. Rien n’était comparable au goût du sang pour un vampire. Ce bouquet si délicieux et singulier offrait un plaisir et une découverte toujours renouvelés. Chaque humain offrait sa propre saveur ajoutée au breuvage, une fleur dans le bouquet. Nigel sourit légèrement derrière sa tasse en découvrant celle de miss Kalista. Elle était telle qu’il l’avait imaginée : elle s’apparentait au bouton d’or. Une petite fleur timide mais solaire et gaie. C’est à cette fleur que Nigel associa la saveur de la jeune femme, bien que cela ne demeure rien de plus qu’un jeu personnel sans lien réel avec le goût qui s’attardait sur ses papilles. Nigel prit une seconde gorgée pour renouveler ce plaisir. Ce faisant, il ne quittait pas la jeune femme des yeux, trop heureux de pouvoir profiter de sa présence avec l’ensemble de ses sens (à l’exception du toucher). Il savait pourtant que son visage n’avait plus rien d’humain. En cet instant, il était pleinement vampire, civilisé certes mais bel et bien inhumain. C’était là ce dont il aurait voulut avertir miss Kalista avant d’y renoncer en sachant qu’elle l’aurait contredit.

Soudain l’effet du sang se fit sentir. Nigel se figea dans son fauteuil. La magie de la sorcière pénétrait dans les veines du vampire, lui donnant la capacité de vivre encore un peu plus, mais le sang de miss Kalista portait en lui une seconde magie qui entrait en conflit avec celle qui animait Nigel. La vélane avait rencontré une créature dont le pouvoir lui ressemblait beaucoup. Une violente décharge courut le long du corps de Nigel. De surprise, celui-ci lâcha la tasse qui tomba sur le sol et s’y brisa. Sans douleur mais tout à fait inconfortable, l’électricité courait dans les veines du vampire. Peu à peu, cette sensation évolua et Nigel découvrit bien autre chose. D’abord désagréables, les picotements du choc se muèrent en une sensation de plus en plus appréciable. Une chaleur inaccoutumée naquit au creux de son ventre et une part de son humanité reprit vie de manière surprenante tandis qu’une nouvelle faim depuis longtemps oubliée refaisait surface. Une faim d’une grande bestialité qui brisa l’immobilité de Nigel et le poussa à se jeter sauvagement sur la jeune femme pour qui il éprouvait désormais une attirance d’une nouvelle nature.
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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Ven 15 Déc - 22:46


Je ne le sentis pas véritablement convaincu alors qu’il affirmait se porter bien.
Je m’étais étrangement débarrassé de mon stress alors qu’il avait gagné en nervosité, comme si nous avions échangé nos places. Pourtant, c’était lui qui se trouvait en position et force et moi en position de faiblesse, car il aurait pu s’en prendre à moi à n’importe quel moment sans que je ne puisse rien y faire.
Je n’avais aucune maitrise de mes pouvoirs et ces derniers servant à attirer un individu à moi, cela ne m’aurait pas été très utile pour parer quelque attaque contre ma personne. Il y eut pourtant une autre action prouvant qu’il ne voulait pas me faire de mal lorsqu’il entoura ma main de ses deux paumes glacées.
Comme à chacun de ces contacts, je frissonnai.

Je me sentis soudainement moins fière à sa seconde réplique.
Il insistait encore sur le fait que je devrais m’inquiéter pour moi, plutôt que pour lui. Il était vrai qu’au moindre problème, tout allait probablement retomber sur moi. Je tentais de lui faire confiance depuis le début alors que je ne le connaissais pas et il ne cessait de tenter de briser cette confiance en me prouvant qu’il ne se faisait même pas confiance à lui-même.
Je voyais bien dans ses yeux qu’il était tenté de gouter mon sang mais que l’effet inconnu de celui-ci lui faisait peur, le rendait nerveux. J’étais presque persuadée qu’il s’en voudrait s’il me faisait du mal, c’était même pour cela que je lui avais affirmé qu’il ne me ferait rien.
Je n’en étais plus tout à faire certaine désormais, alors que j’observai ses yeux suivant le trajet du sang à travers le tuyau.
Sa soif semblait devenir de plus en plus coriace pour progressivement laisser la place à la Bête qui le dominerait.

Le moment de vérité approchait alors que la tasse se remplissait.
Et finalement, la limite fut atteinte. Il avait prélevé assez de sang et il était temps d’arrêter ce mécanisme. Je ne me sentis pas spécialement différente, pourtant je savais que cette action avait pour effet de m’affaiblir. Peut-être était-ce parce que je n’avais toujours pas tenté de me redresser. Nigel s’était finalement emparé d’une compresse pour venir faire pression sur le petit trou laissé par l’aiguille, rapidement remplacé par un pansement.
Je fis doucement glisser les doigts de mon autre main dessus, mais ne sentis pas grand-chose. Il avait l’habitude, cela se voyait. J’étais certaine que je n’aurais aucun hématome ! Là encore, je me remis à lui faire entièrement confiance.
A mes dépends.

Alors que le vampire s’était éloigné pour se procurer de quoi grignoter et boire, je me redressai sur le lit.
Je ressenti un coup de chaud étrange avant que la pièce ne se mette à tourner violemment. Je me saisis du paquet de gâteaux et du verre tant bien que mal, retenant une nausée. Je devrais peut-être me rallonger quelques instants après avoir mangé…
Selon lui, il me fallait donc désormais éviter tout effort ? M’invitait-il à passer la nuit ici pour m’empêcher un retour à pieds ou un Transplanage fatiguant ? Je souri de nouveau en le remerciant puis sans attendre, je m’enfilai l’un des gâteaux au chocolat, laissant échapper un long soupir de soulagement et de délectation quant au gout délicieux.
Je me stoppai soudainement alors que j’étais en train de mâcher, voyant que Nigel s’apprêtait lui-aussi à passer à la dégustation.

On y est, voyons l’effet brut du sang de Vélane…

Je terminai mon bout de gâteau, bu deux gorgées d’eau avant de reposer le verre et le paquet sur la petite table de chevet.
J’avais l’impression que Nigel s’était mis un peu à l’écart pour boire, comme s’il avait honte de ce qu’il faisait. Prenant mon courage à deux mains, je me levai pour me diriger vers lui dans le but de l’observer. Cela le dérangerait peut-être, ses donneurs habituels quittant probablement les lieux immédiatement après avoir rechargé son stock d’hémoglobine.

Mon souffle se coupa totalement alors que le vampire venait de prendre sa première gorgée.
Intriguée, je l’observai tout en m’appuyant sur le mur afin d’éviter de tourner de l’œil. Je n’avais jamais vu un vampire boire de sang et ne savais donc pas grand-chose sur les effets de ce dernier. Les effets « de base » je veux dire.
Mon sang lui, était spécial. Au point où je commençai même à me sentir spéciale. Surtout alors que Nigel m’observait lui-aussi, de derrière sa tasse. J’eu un énième frisson en découvrant son regard qui se transformait au fur et à mesure des secondes qui passaient. Comme s’il se transformait en bête féroce et affamée.
Doucement, je glissai ma main droite dans ma poche, où se trouvait toujours ma baguette et je m’en saisi, comme lors du départ d’Heather devant le pub. Il me fallait pouvoir palier à toutes éventualités.

Lorsque le vampire se figea dans son fauteuil, je resserrai mon emprise sur ma baguette, à la limite de la sortir.
Je dégluti difficilement juste avant que Nigel ne lâche le mug qui vint se briser au sol, éclaboussant les environs des quelques gouttes de sang restants au fond. J’eu à ce moment-ci, un mouvement de recul et failli trébucher contre un livre posé au sol.
Je n’aurais jamais dû détacher mon regard du vampire pour le porter sur ce qui m’avait presque causé une chute. Car le danger n’était pas là, mais devant moi. Dans cet être qui, revitalisé par mon sang si spécial, venait de retrouver une part de son humanité perdue. Cette part d’humanité que j’avais pensé ne jamais voir en lui, au point de m’être totalement faite à l’idée et d’avoir accepté que non, il ne se passerait jamais rien avec un vampire, car ce dernier est incapable d’éprouver les mêmes désirs charnels que les vivants.
Et en cet instant, il était redevenu vivant. Juste assez pour retrouver cette envie, cette faim, alors que je ne m’y attendais pas. Que je ne m’y attendais plus.

La suite de la scène se déroula comme au ralenti devant mes yeux.
Les restes de la tasse s’éparpillaient de façon dramatique tandis que le vampire partiellement réanimé changea de nouveau de regard. Après l’envie impossible était venue la soif de la Bête et désormais, cette dernière s’était mêlée à cette faim incontrôlable et perdue depuis bien trop longtemps.
Je n’eus le temps de rien. En une seconde, le pâle visage du vampire était arrivé à quelques millimètres du mien, sans que je ne sente son souffle. Seulement le froid. La froideur de son corps vampirique. Je me figeai, avant de réaliser que si j’avais voulu bouger, je n’aurais pas pu le faire. Les doigts glacés étaient venus m’enserrer de toute part et je me senti soudainement prisonnière de la volonté de ce vampire qui ne semblait plus contrôler le moindre de ses mouvements.

Le millième de seconde durant lequel son visage fut simplement face au mien sembla durer une éternité sans pourtant que je puisse me défendre. J’avais pourtant saisi ma baguette quelques instants avant ce moment, mais je pouvais désormais sentir ma main plaquée contre le mur derrière moi et rien entre mes doigts.  Je l’avais probablement lâchée, surprise par ce retournement de situation.

Le millième de seconde suivant, un gout métallique et désagréable vint envahir mes lèvres, ma langue, mon palais. Il avait emprisonné ma bouche de la sienne, m’enserrant toujours de ses doigts glacés. Il me fut impossible de le repousser, étant immobilisée entre lui et la cloison murale.

L’instant suivant, je me sentie poussée en arrière avant de ressentir le même vertige que j’avais eu en me redressant, comme si je tombais. Je retrouvai quelque peu l’usage et mes bras, dont je vins plaquer les mains contre le torse du vampire, en vain tant sa force était supérieure à la mienne. Le reste de mon corps restait toujours emprisonné bien que je distinguai le lit dans mon dos et vit le plafond devant moi. En une fraction de seconde, il m’avait plaquée contre le mur puis entrainée dans le lit.

J’usai de toute ma force pour tenter de le repousser.
C’était étrange car n’avais-je pas souhaité cet instant ? Je ne pouvais cacher que j’y avais pensé dès le début, lorsque nos regards s’étaient croisés pour la première fois. Pourtant, le fait d’avoir accepté n’être qu’une « amie » ou même une « donneuse » m’avait rendue légèrement étrangère à cette éventualité.
De plus, ce n’était vraiment pas ainsi que j’avais imaginé la scène. Certes, je ne me serais jamais attendue à quelconque tendresse avec un tel être, mais jamais je n’aurais imaginé ce cas de figure non plus.
J’étais totalement tiraillée alors qu’il ne semblait pas décidé à me libérer et je commençai à me faire mal toute seule en essayant de le repousser. Si bien que j’abandonnai, laissant mes bras retomber sur le lit.

Il me sembla qu’une éternité passa à ce moment-là, alors que mes yeux s’étaient clôt et que j’avais pris le temps de réfléchir. En réalité, cette réflexion ne dura pas plus d’une seconde.
Lorsque mes yeux se rouvrirent, ils se trouvèrent face à ceux du vampire, carnassier. De mes mains libres, je vins lui saisir le visage, le forçant à s’arrêter quelques instants, histoire d’être certaine de comprendre.
J’avais du mal à le retrouver dans son regard, retrouver le vampire que j’avais rencontré dans le pub. Je voulais simplement le revoir, être certaine que c’était avec cette personne que j’étais, et pas n’importe quel affamé, car c’était avec lui que j’avais eu cette envie en premier lieu.

- Nigel..., murmurai-je tout en le fixant, espérant que cela le fasse revenir à lui mais je sentais bien qu’il continuait de me presser tout contre lui.

J’avais le souffle court et le cœur rapide, tandis qu’il n’avait aucun souffle et pas la moindre pulsation cardiaque.
Ce n'était pas vraiment comme ça que j'imaginais « éviter tout effort. »
Nos nez se frôlaient en cet instant qui sembla là encore, durer très, très longtemps. Je pris finalement la décision moi-même de venir poser mes lèvres contre les siennes. Délicatement, lentement, à l’exact opposé de ce qu’il avait fait quelques instants auparavant. Je voulais contraster la situation tout en le rassurant sur mes propres envies.
Je n’étais pas contre, mais je n’étais pas pour que cela se passe ainsi.
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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Dim 17 Déc - 15:26

La bête était sortie de sa tanière. Impossible désormais de prédire la suite des évènements, ni comment tout cela finirait. Nigel n’était plus lui-même, dominé par un pouvoir et des instincts qui ne lui étaient pas familiers. Un homme (comprendre : humain de sexe masculin) reconnaitrait là l’appétit charnel, un appel du corps à se livrer aux plaisirs de l’acte sexuel. Le vampire, lui, avait certes connu cela avant de renaître mais il n’était désormais plus normalement conçu pour éprouver cela. Seule la magie de la vélane était en cause, bien sûr, et Nigel n’avait aucunement prévu cela. Il n’était en aucun cas prêt ou armé pour combattre cela et subissait de plein fouet l’éveil de cet instinct primaire. Le résultat en fut une réponse brute qui, associée à la nature du vampire, en devint tout bonnement bestiale.

Nigel s’était emparé de la jeune femme et l’avait emprisonnée dans ses bras, s’emparant sans scrupule de ses lèvres. Miss Kalista avait bien été sur ses gardes mais la jeune humaine possédait des ressources limitées pour faire face au vampire dont la vitesse et la force, non bridées, étaient nettement supérieures aux siennes. Elle ne put rien faire contre lui lorsqu’il la plaqua contre le mur puis l’emporta dans le lit où il lui semblait qu’ils seraient plus à leurs aises. Ce fut à peine si Nigel sentit l’opposition de la jeune femme. Nigel continuait à se délecter du goût du sang que portaient les lèvres de miss Kalista sans se douter que cette dernière essayait d’échapper à son étreinte, ou que ce goût n’était dû qu’au fait qu’il l’y ait lui-même déposé.

Jusqu’à ce que des mains chaudes viennent encadrer son visage et qu’une voix timide prononce son prénom. Ce fut comme si Nigel s’éveillait d’un songe. Son regard voilé retrouva sa clarté et il vit vraiment miss Kalista, comme s’il la découvrait. Contre son torse, enfermé dans l’étreinte où il le tenait étroitement, Nigel sentait le corps chaud de la jeune femme. Il sentait son cœur battre follement en envoyant dans ses veines un sang chargé de vie, mais il voyait surtout son regard. Ses yeux gris si plein d’une inquiétude qu’il avait tant bien que mal tentée de faire naître auparavant en pure perte tandis qu’à présent il aurait voulu lire tout autre chose dans ces petites fenêtres de l’âme. Il ne voulait pas que miss Kalista se méfie de lui, il désirait désormais ardemment qu’elle ressente la même brûlure qui le consumait de l’intérieur et qu’elle seule pourrait éteindre. Les mots lui manquaient pour exprimer ce désir, ce besoin. C’est de miss Kalista que vint la solution. Doucement, elle vint poser ses lèvres contre celles du vampire. Nigel comprit le message : d’accord mais pas comme ça.

Il fallut réfréner son enthousiasme et faire preuve d’un peu plus de délicatesse. Ce ne fut pas une mince affaire d’étouffer un désir si nouveau et puissant. A vrai dire, Nigel ne sut jamais où il parvint à trouver la force et la détermination d’y parvenir. Le résultat ne fut d’ailleurs sans doute pas à la hauteur des attentes de la jeune femme. Au moins parut-il moins sauvage. Et pour commencer, il rétracta ses canines, atténuant quelque peu cette apparence bestiale. Puis il brida sa force en desserrant son étreinte pour tâcher de ne pas faire mal à la fragile humaine. Avec plus de douceur, il glissa sa main sous la nuque de miss Kalista et, cette fois-ci sans l’y contraindre, approfondit son baiser.

Pour Nigel, ce fut une redécouverte. Quelques onze décennies s’étaient écoulées depuis la dernière fois qu’il avait connu ainsi le corps d’une femme. Beaucoup de choses avaient changé depuis lors, à commencer par sa propre nature qui normalement ne lui offrait aucun des désirs et des plaisirs auxquels il gouta cette nuit là avec miss Kalista. Les habitudes avaient changé également, sans le moindre doute, sans parler de la mode vestimentaire… Entre nouveautés et instincts, entre maladresse et désir, cette étreinte fut tout à la fois délicieuse et déroutante pour le vampire. Nigel faisait de son mieux pour se dominer mais il lui fut impossible d’y parvenir tout à fait. Il se montra parfois quelque peu brutal avant de se maitriser de nouveau sur les instances de miss Kalista. Sans grande expérience il se montra maladroit, et emporté par son instinct il mordit même en quelques occasions la chair appétissante de la jeune femme (sans jamais faire couler le sang). Il n’y eu aucun romantisme dans cette étreinte, certes, mais la passion brûla. Et elle fit long feu, jusqu’à les laisser fourbus d’épuisement.
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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Lun 18 Déc - 0:21


Par chance, Nigel sembla réceptif à mon appel et comprit même le message.
Je pu en effet ressentir qu’il avait légèrement relâché son étreinte et alors que j’avais croisé son regard, j’avais reconnu un instant celui qu’il était juste avant d’avoir gouté à mon sang et je me réjouissais de ne pas l’avoir totalement perdu. Il m’était possible de le « raisonner » et de nouveau, j’étais rassurée.
Je n’irais pas jusqu’à dire que j’avais totalement confiance en lui, sachant qu’il ne se contrôlait pas à chaque instant, mais le Nigel calme, sans l’emprise de la magie présente dans mon hémoglobine, était digne de confiance.

Il m’avait suivie pour approfondir notre baiser et pour celui-ci, je ne ressenti pas la même brutalité que pour le précédent.
Ce qui était un bon début. Je cessai alors de me raidir pour me laisser aller à mon tour, de plus en plus enthousiasmée par ce retournement de situation. Finalement, si ma simple aura suffisait à attirer qui que ce soit, cela semblait logique que mon sang directement goûté  possède le même effet de façon décuplée, surtout alors qu’il est question d’un vampire.
Je ne savais plus si j’en étais arrivée là par mon charme naturel, mes pouvoirs de Vélanes ou mon sang magique mais j’étais décidée à profiter de l’instant.

De nouveau saisie par la nuque par Nigel, je perçu le retour de l’engourdissement abdominal, si bien que j’en compris l’origine : l’excitation, dans la plus brute de ses formes.
Goûtant à mon propre sang sur les lèvres du vampire, j’étais animée par la même passion que lui mais depuis bien plus longtemps, lui ayant probablement perdu toute envie depuis sa transformation. Après avoir freiné mes pulsions instinctivement en ayant compris que ce ne serait jamais réciproque, je pu désormais les laisser s’exprimer dans leur totalité, adoucissant ma frustration de ces derniers mois au passage.
Nous étions donc possiblement sur la même longueur d’onde à partir de cet instant, satisfaisant finalement ce besoin depuis trop longtemps repoussé ou disparu.

Ce fut, sans aucune surprise, particulièrement passionnel.
La peau glacée du vampire n’eut aucun effet refroidissant et la température du mois de Juillet non plus. Je n’avais jamais vécu quelque chose d’aussi éreintant, bien que cela se rapprochait de ma relation avec le lycan : même bestialité, même fougue, même passion. Il ne manquait que les sentiments qui, je le savais, étaient présents chez le loup-garou. Nigel n’était certainement plus capable d’en ressentir, bien que ses yeux semblaient parfois affirmer le contraire.
Néanmoins, je ne me faisais pas d’illusion quant à la suite de cette histoire, qui n’avait pas le moindre avenir.

Durant ces instants, je pu clairement voir l’alternance entre Nigel et la Bête qui sommeillait habituellement au fond de lui et que j’avais libérée.
Lui me regardait avec passion, m’agrippait avec fermeté bien que retenant visiblement sa force pour ne pas me faire de mal, tandis que je me laissai aller à la découverte de son corps glacé. La Bête, elle, pouvait m’agripper au cou ou aux poignets sans prévenir, faire preuve de plus de puissance et de domination, s’autorisant même à me mordre sans que je ne m’y attende. Cependant, aucune autre goutte de mon sang ne serait versée ce soir, et surtout pas de cette façon.
Je ne compte pas rejoindre le monde des morts sans libido, désolée.

Parfois, alors que j’avais clairement Nigel en face de moi, je m’autorisai à prendre la main en me glissant au-dessus de lui, les yeux plantés dans les siens.
Je le sentais parfois hésitant et je ne savais en déduire la raison. Peut-être s’agissait-il à la fois de son manque d’expérience mêlé aux précautions qu’il prenait pour éviter de me blesser. Cela me touchait et pour ma part, je n’hésitai jamais à le guider, bien que mon expérience personnelle ne remontait pas à loin non plus.
Nos expérimentations étaient très différentes mais nous offraient une dance des plus uniques en cette chaude nuit d’été, une que je serais très loin d’oublier.

Le lit n’offrant pas assez d’espace pour que je m’allonge correctement, je me laissai tomber sur le torse froid du vampire, contre lequel je vins poser ma joue, brûlante.
Exténuée. C’était l’adjectif parfait pour me qualifier en cet instant. La passion ayant animé l’acte additionné au fait qu’il me manquait presque un litre de sang dans le corps m’avait laissée totalement lessivée, au point où la froideur du vampire ne me dérangea nullement pour m’endormir directement sur lui.
L’une de mes mains était posée juste à côté de mon visage, profitant de la musculature de cet être de la nuit, tandis que l’autre s’était faufilée sous son dos, donnant l’impression que je ne voulais plus le lâcher.
Ce qui était probablement le cas.
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MessageSujet: Re: Magnétisme [Nigel]   Lun 18 Déc - 17:13

Il est des moments où les mots sont impuissants. Leur signification serait trop faible pour décrire la situation en son entier et lui rendre justice. Il est des moments où le silence exprime bien plus. Et cette nuit-là, rien d’autre n’avait sa place, que le silence rythmé par les battements du cœur et le souffle de miss Kalista. L’esprit de Nigel était comme anesthésié tandis que ses doigts s’emmêlaient dans la crinière rousse qui s’éparpillait sur son torse. Parfaitement immobile, tous ses sens en exergue tournés vers la si singulière jeune femme, il écouta son souffle ralentir peu à peu pour devenir celui, lent et profond, du sommeil. La pauvre était sans le moindre doute épuisée à cette heure avancée, avec du sang manquant et après ce qu’il venait de lui faire vivre. Elle eut certes besoin de repos, comme il le lui avait lui-même recommandé, plutôt que de se donner ainsi dans cette… étreinte si… les mots manquaient pour exprimer toute cette fougue, toute cette beauté brute et ce partage des sens.

Il était encore tôt pour Nigel et malgré tout ce qu’il venait de vivre le sommeil le fuyait. Ou bien était-ce à cause de ce qu’il venait de vivre ? Qu’importe. Nigel restait là, parfaitement immobile pour ne pas déranger miss Kalista qui dormait déjà profondément sur lui. Le film de sa nuit se déroulait à nouveau dans son esprit pour lui montrer comment il en était arrivé là, le pub, les deux sœurs, le cheminement dans les rues de Londres endormie… puis ses pensées remontèrent plus loin encore dans le temps. De vieux, très vieux souvenirs remontèrent à la surface, lui rappelant le sourire d’une autre femme, tout aussi belle mais beaucoup plus ordinaire. Nigel se souvenait avoir connu son corps à elle aussi, mais pas de sensations si puissantes que celles qu’il avait ressenti cette nuit, en compagnie de miss Kalista. Et, quoi qu’il ne ressenti guère de regret en cet instant, il se promit de ne plus jamais laisser une vélane le dominer ainsi de son pouvoir.

Ainsi entouré de la douce chaleur de miss Kalista et de son odeur, encore empli par le souvenir de cette nuit à nulle autre pareille, Nigel tomba finalement peu à peu dans le sommeil, un long moment après que la jeune humaine l’ait précédé au pays des songes.

Nigel n’avait jamais été un grand dormeur. Humain déjà il se satisfaisait de peu, vampire il n’en demandait que moins encore, et les conditions si particulières ne lui accordèrent certes aucun délai supplémentaire. Le vampire rouvrit les yeux une poignée d’heures après les avoir fermés. Le soleil était déjà haut dans le ciel, il pouvait le sentir même ainsi enfermé sous terre. Les bruits de la vie humaine l’entouraient, quoi qu’étouffés de manière satisfaisante, et il savait que la matinée était déjà bien entamée. Miss Kalista dormait toujours. Dans son sommeil, elle avait quelque peu glissé sur le côté, ce qui fut fort opportun pour Nigel qui, avec mille précautions, échappa à son étreinte pour la laisser finir sa nuit seule dans le lit, remontant la couverture sur elle afin de protéger sa peau nue. Il avait besoin de s’éclaircir les idées et la présence de la vélane tout contre lui ne lui laissait pas cette possibilité.

Durant la nuit, les bougies laissées allumées avaient fondues et la chambre se trouvait dans le noir complet. Malgré cela, il ne fut guère compliqué pour le vampire de s’y mouvoir sans heurter le mobilier. Il s’empara tout de même de la boîte d’allumettes et d’une bougie neuve avant de se rendre dans la salle de bain.

L’eau tiède coulait sur lui, charriant le sang et les fluides corporels qui avaient séchés sur lui, emportant dans le siphon les sentiments qui brouillaient sa vision. Une dernière trace de sang sombre apparaissait sur son doigt à la lumière de la chandelle. En la regardant, Nigel songea à toute l’étrangeté de cette nuit et au danger qu’il avait fait courir à l’humaine qui l’avait partagée avec lui. Si le sang disparut en passant sous le jet d’eau, l’inquiétude de Nigel, elle, s’installa. Les évènements de cette nuit allaient avoir beaucoup d’influence sur la suite de sa vie, Nigel en était certain, et il ne pouvait pas savoir à quel point il avait raison.

Propre et coiffé, Nigel vint chercher des vêtements dans la chambre, une serviette enroulée autour de la taille. Et tandis qu’il s’habillait, une nouvelle question bien plus triviale se posa : quelle conduite devait-il tenir à présent ? C'est alors qu'il s'avisa que le lit était vide. Miss Kalista avait filé à l'anglaise et un mot griffonné à la hâte sur un parchemin la remplaçait. Elle s'excusait de lui avoir forcé la main et avait préféré s'enfuir pour ne pas déranger. Au bas du mot figurait une adresse à Londres assortie d'une précision expliquant que la jeune femme s'y trouverait jusqu'en septembre. Nigel plia le parchemin et le rangea dans la poche intérieure de sa veste. Au moins la question triviale avait-elle obtenue sa réponse.


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