Météo du Moment

Nous sommes en juillet 2017. 

L'Écosse organise la première
édition du festival de
Greenock.
De nombreux moldus ont
répondu au rendez-vous.
Ils ignorent que parmi eux,
Et sur l'impulsion d'Adam
Campbell, des sorcières et des
sorciers participent eux aussi
au festival.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Un mouvement de panique a été enregistré sur le chemin de traverse le 24 février 2017.
Venez rejoindre le sujet commun Panique sur le chemin de Traverse!

Pour ramener Shawn Evans sur le forum
Tapez #1
(Si tu pouvais ramener tes fesses maintenant qu'on a tous tapé 1!)

Miss Shepherd,
ce n'est pas beau d'espionner les gens...
Le festival de Greenock
n'attend plus que vous! Il est temps de poster!

Campagne de dons entamée:
#BuyEzioShepherdaMac

Il semblerait que ce soit plus urgent que jamais...

WAKE UP TOUT LE MONDE!

On s'endort! Tous à vos claviers pour éviter le naufrage!

Monsieur Menroth ,
Nous vous avons à l'oeil...

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 Premier rendez-vous - avec Saoirse

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MessageSujet: Premier rendez-vous - avec Saoirse   Sam 24 Juin - 22:29



Nigel attendait au point de rendez-vous convenu. Il était en avance, comme de coutume, en partie parce qu'il s'agissait là d'un point d'honneur qu'il mettait à chaque rendez-vous civilisé dont il convenait (c'est à dire en dehors des rendez-vous concernant certaines affaires discrètes), en partie parce qu'il venait d'un autre rendez-vous qui n'avait rien de galant mais qui s'était tenu à quelques rues à peine du lieu convenu avec la charmante Saoirse Shepherd.

Des charmes de ladite jeune femme, Nigel ne connaissait pour le moment que ceux de son esprit, et celui de son parfum. Ce serait là leur première rencontre et, Nigel devait bien le concéder, il avait grand hâte de découvrir les autres charmes qu'elle possédait. En effet, si Nigel connaissait Saoirse il ne s'agissait jusqu'à présent que d'une relation épistolaire. Géographiquement éloignés, lui-même étant restreint de par sa nature, ils n'avaient pour le moment fait connaissance que par hiboux interposés.

La rue résonnait de musique, de rires et de la rumeur de nombreuses conversations qui s'échappaient des pubs successifs. C'est dans ce lieu populaire de Belfast et facile à trouver pour une étrangère que Nigel avait invité Saoirse à le rejoindre. Ainsi, il s'assurait que, même si elle était sans aucun doute débrouillarde, elle ne se perdrait pas dans les rues de Belfast pour le trouver. C'était par ailleurs un endroit très agréable où ils pourraient prendre plaisir à discuter, tout en ne se trouvant pas loin d'endroits charmants où ils pourraient se rendre si miss Shepherd préférait plus de calme et d'intimité.

Négligemment adossé contre un mur, Nigel respirait les odeurs et observait les clients rieurs, une ombre de sourire au coin des lèvres. Il se plaisait à étudier leurs comportements, les relations entretenues entre chacun. Mieux, il s'amusait des évolutions observables dans la société au cour du dernier siècle. Pour sûr, jamais lui-même n'aurait pu se comporter avec la même familiarité dont faisait preuve ce jeune homme envers sa voisine sans être aussitôt pris à partie par son frère ou son père. D'un autre côté, la jeune femme en question n'aurait jamais porté un short, et ne se serait sans aucun doute pas trouvée dans un lieu tel que celui-ci.

Nigel changea légèrement de position afin de pouvoir observer les deux côtés de la rue en peu de mouvements. L'heure du rendez-vous approchait, Saoirse ne tarderait probablement pas et il voulait la voir arriver. Pour l'occasion, il s'était vêtu avec soin, coiffé avec précaution pour que ses cheveux ne se prennent pas dans le vent léger qui venait de la mer, sans cependant montrer la moindre ostentation : il voulait lui être agréable, non la demander en mariage. Sur la poche de sa chemise au col déboutonné pour laisser l'air tiède tenter de le rafraîchir, il avait accroché un petit hibou en argent qui servirait de signe de reconnaissance pour Saoirse. En ce qui le concernait, il n'aurait nul besoin d'un quelconque signe pour reconnaître la jeune femme, son odorat lui signalerait sans le moindre risque d'erreur que la jeune femme se trouverait non loin.

Et tandis qu'il songeait cela, un léger courant d'air lui apporta de nombreuses effluves. L'odeur de l'alcool (beaucoup de bière), des parfums aussi bien féminins que masculins, accompagnés des odeurs naturelles de leurs propriétaires. Et, dans tout cela, il identifia une senteur légère et familière, qu'il avait déjà senti auparavant et qui lui évoqua aussitôt l'odeur des parchemins et des rapaces nocturnes utilisés par les sorciers pour correspondre. Saoirse venait d'arriver. Et comme l'horloge d'une église voisine sonnait douze coups, il songea qu'elle était de plus pile à l'heure. Voilà qui était parfait pour un premier rendez-vous.
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MessageSujet: Re: Premier rendez-vous - avec Saoirse   Mer 28 Juin - 17:36

« Ne te retourne pas encore… ça fait proie. »

Pour la dixième fois, elle se retourna.

Personne.

- Je suis définitivement parano.

A elle seule, elle avait de quoi faire vivre la très nombreuse famille d’un psychomage dans le luxe le plus total et sur trois générations.
Derrière elle, un bruit étouffé. Se retournant vivement (et de 11 !) elle porta la main à sa baguette, sous sa cape d’été. Le souffle court, les yeux scrutant l’obscurité, elle dû se rendre à l’évidence, elle était seule dans cette rue.

Jusqu’à présent, elle n’avait jamais eu peur dans la rue. Parfois dans le couloir sombre de son appartement.Notamment depuis l’histoire du hibou porteur de photos. Quelques semaines plus tôt, elle avait trouvé devant sa porte un vieux duc un peu décrépi de la plume, un parchemin plus gros que lui enroulé autour de la patte. Premièrement outrée que l’oiseau ait choisi l’entrée moldue en risquant ainsi d’attirer de gros ennuis à l’expéditeur comme à elle-même, elle fut ensuite choquée à l’ouverture du parchemin.
Ce dernier était vierge. Il servait uniquement de contenant à des photographies. La première était une photo d’elle et Joachim au bal qui avait été donné l’année précédente lors de la présentation du filtre. Elle y figurait au bras de son ami, sourire aux lèvres (avant que tout ne parte en noise) visiblement ignorante qu’à moins d’un mètre, quelqu’un les photographiait. La photo bougeait, montrant son ami se pencher vers elle pour lui glisser quelques mots à l’oreille. Ces derniers visiblement l’amusaient fortement puisque son sourire s’élargissait encore plus. La seconde était une photo d’Ezio nonchalamment perché sur un rocher dans un décor qu’elle reconnaissait être le festival de Greenock. Il regardait dans le vide puis se tournait ensuite vers l’objectif avec cet air sérieux et grave qu’on lui connaissait.
La dernière la mettait à nouveau en scène, attablée deux jours plus tôt avec Lùan sur la terrasse d’un vendeur de glaces du chemin de traverse. Elle était à peu près sûre qu’il s’agissait de l’instant où elle énonçait qu’Ingrid avait des goûts de bouse en matière de décoration.

Le message était clair, et l’intention n’était pas de remplir les albums de famille.  


Elle avait alors conservé le hibou pour tenter de remonter jusqu’à son propriétaire et avait dû se rendre à l’évidence : l’oiseau était trop vieux pour voler. On l’avait donc déposé devant sa porte, ce qui était aussi rassurant qu’avoir un rendez-vous galant avec un loup garou un soir de pleine lune. Ainsi, lorsqu’elle rentrait seule, elle prenait soin de garder une main sur sa baguette, et ne soufflait réellement que lorsqu’elle refermait les loquets magiques de sa porte.

Jusqu’à aujourd’hui, elle n’avait jamais eu peur dans la rue. Pourtant, ce soir, dans ces rues de Belfast, quelque chose cherchait à l’alerter. Elle se sentait observée, épiée, vulnérable.
Il fallait avouer que son correspondant avait un goût prononcé pour la mise en scène dramatique. Il avait insisté pour que leur entrevue eut lieu en ces lieux et à minuit. Sur le moment, elle en avait été surprise puis avait ensuite envisagé qu’il puisse être difforme et souhaite bénéficier de l’obscurité ambiante pour cacher ses cicatrices. Son imagination avait alors pris un envol grandiloquent, imaginant un combat avec une créature magique (Merci Ezio pour l’inspiration) ayant laissé des traces visibles sur son visage. Ou du feu. Un dragon. Un sortilège reçu à la naissance. Et bien d’autres choses encore.
Mais alors qu’elle marchait, là, dans cette ruelle sombre, une autre idée s’insinua en elle. Beaucoup moins fantastique que les autres, moins romanesque et franchement plus inquiétante.
Et s’il était l’auteur des photos et qu’elle courre droit au piège ?
S’arrêtant brusquement, elle regretta d’être venue seule. Et de n’avoir informé personne de son déplacement. Se tordant brusquement les mains d’angoisse, elle pesta un court instant contre son imprudence. Elle correspondait avec Nigel Coyle depuis des mois maintenant, il était un informateur particulièrement précieux en ce qui concernait les déplacements internationaux. Mais que savait-elle de lui au juste ? Pouvait-on avoir confiance en lui ?

Tentée de faire demi-tour et d’annuler quand tous ses sens étaient en alerte, elle songea aussi à son enquête et à l’importance que revêtait cette entrevue pour elle.
Et puis tant qu’à avoir un maître chanteur, autant essayer de mettre le doigt dessus pour appuyer très fort. L’idée d’un sacrifice de sa personne pour faire éclater un scandale au grand jour l’avait souvent effleurée. Mourir en martyre pour une cause importante lui paraissait une jolie fin. Mais si ça pouvait être un autre jour, ça l’arrangeait. Hésitante, elle chercha une troisième alternative … et la trouva.
Bondissant sous un porche sombre et mal éclairé, elle s’assura que personne ne pouvait la voir avant de sortir sa baguette et de murmurer quelques paroles. Aussitôt, un loup clair jaillit en volutes de fumée de sa baguette. Elle lui glissa quelques mots, le lieu où elle se trouvait et l’envoya en destination de celui qui serait son protecteur pour la soirée.

Ravie de son idée, elle bondit hors de son porche avec le calme d’un diable hors de sa boîte, toujours dans l’espoir de surprendre son espion qui visiblement, la boudait.
Soupirant à l’incompétence de son cafard, elle rajusta sa cape et descendit la ruelle d’un pas plus léger.
Elle déboucha sur une artère plus fréquentée, où divers établissements semblaient se délecter de la vie nocturne qui animait Belfast. Elle était venue plusieurs fois dans la ville, bien des années plus tôt. La toute première fois, elle devait avoir 11 ans et était accompagnée de son frère. Elle se souvenait encore de la visite guidée qui l’avait enchantée.

Autour de son cou brillait le pendentif en forme de hibou que lui avait offert Joachim pour ses quatorze ans. Elle aimait bien le collier et le portait régulièrement. Aujourd’hui, il était bien en vue sur sa poitrine, servant de moyen de reconnaissance avec l’homme qu’elle n’avait encore jamais vu. Dans un élan de paranoïa prudente, elle dissimula l’objet sous sa cape, préférant voir avant d’être vue. Elle le sortirait si elle mettait trop de temps à identifier l’homme.

Alors qu’elle parcourait la rue animée en cherchant le point de rendez-vous, elle imaginait la course de son patronus et la réaction du destinataire du message. Il trouverait probablement incongru et malvenu de sa part de rencontrer ainsi de nuit un homme qu’elle ne connaissait pas. Il se ferait probablement un tas d’idées… fausses.

Epiant chaque homme qu’elle croisait (il avait dit qu’il porterait une broche) elle s’attira des regards douteux de plusieurs d’entre eux qui imaginait là une invitation à lui adresser la parole. A un moldu visiblement ivre, elle répondit dans un affreux Polonais et en louchant atrocement, une phrase qu’elle avait lue quelque part et qui devait signifier quelque chose du genre « mon père est professeur de mathématiques ». Il détourna la tête et Saoirse poursuivit sa route, en tâchant d’être plus discrète dans son observation, bercée par les douze coups de minuit.

Un éclat argenté attira son œil un peu plus loin. Adossé contre un mur, les cheveux longs soigneusement attachés, l’inconnu au visage pâle abordait une broche à sa chemise. Son regard était braqué sur elle, si bien qu’elle se demanda s’il l’avait déjà identifiée. Après tout, son visage avait été au bas de certaines unes qu’elle avait faite sur Campbell. Temps révolu mais qui sait.

Elle prit quelques secondes pour observer la bête. Grand, mais pas autant qu’un écossais. Propre et soigné, nulle trace de cicatrice. Bouse alors. C’était quoi l’excuse ?
Elle détailla rapidement le visage aux traits agréables, peut-être un peu étrange en y regardant de plus près. Il dégageait une étrange sensation de calme et d’immobilité qui lui rappelait quelque chose, sans qu’elle parvienne à le définir.

- Bouse, encore un barde, à tous les coups.

Il y avait dans ce calme apparent quelque chose de dérangeant qui s’insinuait en vous pour vous apaiser. Elle détestait qu’on tente de l’apaiser quand elle n’avait pas décidé d’être apaisée. Le visage était cependant avenant et son regard clair était doux. On avait presque envie de le qualifier de sage. Une légère barbe soulignait son menton délicat et plus elle le regardait, plus elle le trouvait agréable à regarder. Et alors qu’elle l’observait, le petit signal d’alerte « attention danger » survint à nouveau.
Il fallait qu’il arrête de clignoter à chaque fois qu’elle côtoyait un membre de la gente masculine. Etrangement ses pensées glissèrent vers Aleksey. Il dégageait là, une autre sorte de danger. Plus imposant que l’homme qui lui faisait face.
S’arrachant au souvenir de l’un, Saoirse se concentra sur le danger potentiel du soir.

Greffant le sourire confiant et assuré qu’elle abordait dans le milieu professionnel, elle se dirigea à pas rapides vers lui.

– Je suppose que vous n’êtes pas collectionneur de broches Lança-t-elle mordante Saoirse Shepherd. Nigel Coyle je présume ? S’amusa-t-elle en lui tendant une main qu’elle espérait suffisamment ferme pour annoncer à sa place qu’elle n’était pas une petite poupée fragile.


Dernière édition par Saoirse Shepherd le Mer 5 Juil - 15:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Premier rendez-vous - avec Saoirse   Ven 30 Juin - 22:27

Le doux parfum qui flottait jusqu'à lui guida les yeux de Nigel vers une jeune femme à l'allure bien mystérieuse. Son regard nerveux cherchait parmi les badauds celui qu'elle était venu rencontrer. Bientôt, elle le vit. Elle sembla l'étudier un instant, semblant chercher quelque chose sur son visage. Craignait-elle qu'il ne cachât une verrue ? Il est vrai que rencontrer une personne en chair et en os après une correspondance suivie dissipait les illusions. Était-ce là ce que vivait miss Shepherd ? Cela ne sembla pas lui déplaire, pourtant, car elle s'avança vers lui avec détermination, quoi qu'un brin de nervosité restât accroché à ses pas, et lui tendit la main pour le saluer.

Difficile de déterminer l'avis de miss Shepherd quant à ce qu'elle voyait, en revanche, Nigel n'était pas déçu le moins du monde. La journaliste était telle qu'il l'avait imaginée : sa poignée de main disait assez sa franchise et son énergie, que son apparence ne laissait pas entendre. Avec spontanéité, un sourire vint s'accrocher à ses lèvres pour faire écho à celui de la jeune femme tandis qu'il répondait à sa poigne par la même ferveur.

« Les présentations sont ainsi faites. » approuva-t-il en nouant ses mains dans son dos et en inclinant poliment le buste devant elle. « Il n'est en effet pas dans mes habitudes de porter un tel ornement, mais ce soir cela s'imposait me semble-t-il. Avez-vous fait bon voyage ? L'Irlande ne vous déçoit pas, je l'espère. »

A présent qu'elle se trouvait bel et bien devant lui, le parfum de miss Shepherd parvenait à Nigel avec beaucoup plus de précision qu'il ne le faisait par l'intermédiaire des parchemins où elle couchait ses lettres. Discret mais plein d'énergie, légèrement épicé, il lui ressemblait.

D'un geste, il désigna les divers établissements se tenant non loin.

« Quelle est votre préférence ? Désirez-vous que nous prenions place dans l'un de ces pubs ou préférez-vous un endroit moins fréquenté ? Vous pourrez alors me dire ce qui vous amène en ces contrées. Je le confesse, j'en suis curieux. »

Tandis qu'il attendait une réponse de sa part, Nigel s'employa à décrocher le petit hibou qui ornait sa chemise. Comme il l'avait dit, il n'était guère dans ses habitudes de porter ce type de bijoux, malgré ses diverses autres breloques qui agrémentaient ses doigts et poignets (pas de collier ce soir), et à présent que miss Shepherd l'avait trouvé il n'était nul besoin de le conserver. L'oiseau nocturne disparu dans une poche en un instant et Nigel fut tout disposé à se plier aux désirs de la visiteuse.
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MessageSujet: Re: Premier rendez-vous - avec Saoirse   Mer 5 Juil - 15:54

A travers les écrits de quelqu’un on se faisait forcément une image de la personne. Et Nigel Coyle n’était pas épargné. Ils avaient entretenu une longue correspondance à travers divers sujets journalistiques, l’homme étant une source d’informations précieuse.  Saoirse l’avait imaginé sous bien des traits, mais pas ceux-ci.
Elle avait, derrière l’écriture, envisagé un homme d’une classe certaine. Il était lettré, c’était certain, elle l’avait donc envisagé en dandy des temps modernes, peut-être portant sur lui la morgue des gens qui savent bien des choses. Suite à ce curieux rendez-vous, elle l’avait supposé marqué voire défiguré. En réalité, Nigel Coyle n’était rien de tout ça. Les adjectifs pour le décrire ne manquaient pas, mais aucun n’eut la bonté de faire surface dans l’esprit de la jeune femme. Il était de ce fait presque indéfinissable. Incapable d’en détourner les yeux, Saoirse était dans l’impossibilité de dire si elle le trouvait beau ou non. Rien d’exceptionnel que ce soit dans sa stature ou son visage (si, les yeux à bien y réfléchir) mais pourtant, cet indéfinissable charme qui faisait qu’on ne pouvait pas cesser de le manger des yeux.
Ses mouvements et sa voix semblaient jeter tout autour d’eux des sortilèges de… d’attraction. Elle y était. Nigel Coyle était irresistiblement attirant, sans qu’on arrive à en définir exactement la source. Loin d’être désagréable à regarder, évidemment, il était également à des miles d’être dans les critères des mannequins actuels et pourtant, il éclipsait dans cette rue, tous les autres mâles présents qui semblaient en demi-teintes à côté de lui.
Consciente qu’elle devait être plantée là, l’œil suspicieux et la bouche légèrement entrouverte depuis un peu trop longtemps pour avoir l’air intelligent, elle tenta une secousse interne.

Dis un truc là.

- Captivant. Le voyage… Cru-t-elle bon de préciser.

Elle s’arracha ensuite de la contemplation de l’homme pour jeter un œil aux établissements qu’il avait désigné. Une petite voix en elle lui intimait qu’un pub trop désert pouvait être source d’ennuis, elle choisit donc cette option. Enfin, plus pour le côté discret qu’ennuis, évidemment. Quoi que…
Un mouvement au coin de la rue attira son attention. Elle eu à nouveau l'impression d'être surveillée. Une tête avait surgit de l'angle puis avait brusquement changé d'avis pour disparaître à nouveau. Fronçant les sourcils, la jeune femme continua à regarder dans la direction de la disparition durant quelques secondes encore.

Rien.

Se raisonnant, elle songea qu'il lui fallait se calmer pour éviter de tomber dans la paranoïa.
Dans un soupir, elle décida de ne plus y penser et rassembla ses pensées pour se remémorer tout ce qu'elle avait à dire et faire au cours de cette étrange rencontre avec M. Coyle.

Elle se tourna à nouveau vers lui, l’esprit un tant soit peu confus, prise d’un doute.
Attraction, danger, nuit. ADN.

- c’est vous le spécialiste du secteur. Je vous laisse maître de la situation. Les affaires dont je souhaite m’entretenir avec vous nécessitent une certaine discrétion. Cependant, celle-ci ne dépend pas forcément du nombre de clients présents. Au contraire. Sourit-elle en ne cessant de le dévisager.

ADN.

- Quant à satisfaire une quelconque curiosité, il me semble bien que nous allons avoir de quoi faire… Murmura-t-elle un petit sourire taquin au coin des lèvres. Vous me guidez ? Votre ville est fort agréable.
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MessageSujet: Re: Premier rendez-vous - avec Saoirse   Sam 15 Juil - 11:58

Tiens donc. Nigel n’aurait pas cru, en lisant ses lettres, que miss Shepherd soit sensible au charme vampirique. L’image qu’il s’était conçue à son sujet faisait d’elle une femme peu encline à s’y laisser prendre, manifestement il s’était trompé car il avait sous les yeux des signes indiquant sans l’ombre d’un doute que miss Shepherd s’était laissée prendre dans ses filets. Toute sa personne le disait, le criait même, quoi que –et c’était tout à son honneur- elle tentât de s’en délivrer et de résister au charme du vampire prédateur qui lui permettait d’attraper ses proies. Malgré tout, la jeune femme avait une attitude étrange. La nervosité observée un instant plus tôt refit surface. Nigel se demanda quelle en était la raison. Cela aurait pu être la présence du prédateur qu’il était, néanmoins cela ne semblait pas être le cas. L’attention de miss Shepherd attirait son regard vers une autre source d’inquiétude. Intrigué, Nigel suivit son regard sans rien voir de particulier. Avait-elle vu un fantôme ? Difficile à dire. D’autant plus qu’elle n’en dit rien, préférant répondre à son invitation, de nouveau sous son charme aussitôt les yeux posés sur lui. De la discrétion, oui, Nigel y songeait en effet…

Le murmure de miss Shepherd n’était pas passé inaperçu pour les oreilles du vampire, il y avait manifestement des sous entendus là-dessous, au sujet desquels Nigel fit naturellement quelques suppositions, qu’il garda pour lui. Il en saurait bientôt davantage. Un établissement tranquille, donc, à l’abri des curieux. On pouvait trouver cela à Belfast, quand on savait où chercher, et ce n’était pas comme si l’indic’ ne savait pas où se rendre pour des entrevues discrètes. Puisque miss Shepherd consentait à se laisser guider, Nigel l’invita à le suivre d’un geste qu’il accompagna d’un :

« Si vous voulez bien me suivre, je connais un endroit non loin qui saura satisfaire nos besoins de discrétion. »

L’irlandais s’engagea dans la rue, les dirigeant tout deux vers une ruelle qui se trouvait un peu plus loin. Moins bien éclairée que l’axe principal, elle était aussi moins fréquentée, bien que le bruit de ses voisins soit encore audible dans la ruelle étroite. Un pub annonçait timidement sa présence, une centaine de mètres plus loin, étroitement logé entre un tatoueur et une librairie ésotérique, tout deux fermés à cette heure tardive. Au dessus du pub, écrit en lettres noires, « O’Donough’s» nommait les lieux, soutenu par deux lampes électriques à défaut de pouvoir compter sur les réverbères. Devant le pub, deux hommes avaient investi le banc mis à disposition des clients ayant envie d’un peu d’air frais, ils fumaient allègrement en narrant une histoire salace tandis que leurs pintes de bière arrosaient leurs gosiers sans doute desséchés par cette anecdote. Nigel les salua en s’avançant pour entrer.

« Ici nous serons à notre aise » assura-t-il en tenant la porte à miss Shepherd, comme pour lui demander d’oublier ces rustres « Même s’il s’agit d’un pub moldu. » ajouta-t-il pour n’être entendu que de la jeune femme.

Surtout parce qu’il s’agissait d’un pub moldu, à vrai dire. Ici, nulle oreille magique ne viendrait les espionner, et les moldus de ce pub se fichaient bien de ce que faisaient les autres, ainsi personne ne viendrait les déranger.

A l’intérieur, il y avait un peu de monde, mais les lieux ne débordaient pas comme dans les pubs qu’ils avaient aperçus auparavant. L’endroit possédait juste ce qu’il fallait d’éclairage pour permettre de voir où mettre les pieds tout en empêchant les yeux humains de distinguer précisément son environnement, ce qui était parfait lorsqu’on ne voulait pas attirer l’attention… ou se livrer à des câlineries en toute discrétion. La télévision était allumée et trois écrans judicieusement disséminés dans tout le pub retransmettaient un match de football (Nigel ignorait s’il s’agissait d’un direct ou d’une rediffusion, mais au moins celui-ci ne déchaînait pas les foules), le son n’en était pas suffisamment élevé pour représenter une gène, pas plus que la musique émise par les hauts parleurs qui, indubitablement irlandaise, ne couvrait pas la rumeur des conversations.

« Tiens mais c’est mister Coyle ! » lança l’homme derrière le bar, en appuyant ironiquement sur mister « Je commençais à me demander si on vous reverrait ! Ah mais vous avez de la compagnie. Pas mal ! Mieux que d’habitude. »

L’homme derrière le comptoir, à la franche parole, affichait une bonne quarantaine. La peau blanche, le poil si blond qu’il en paraissait roux et une barbe fournie l’identifiaient comme un irlandais pure souche. Il portait un t-shirt quelque peu chauviniste, vantant les mérites de la bière locale, et légèrement trop ample pour lui malgré son embonpoint, ce que Nigel nota avec amusement en se vengeant de sa remarque sur la jeune femme qui l’accompagnait.

« Bonsoir, monsieur O’Donough. Votre compagne aurait-elle décidé de vous infliger quelques privations ? »

Le tenancier éclata d’un rire franc et tapa le comptoir du plat de la main.

« Sacré Coyle ! Même pour me chambrer il reste poli ! Allez, dites moi ce que je vous sers, je veux pas vous retenir. »

Il agrémenta sa demande d’un clin d’œil dépourvu de la moindre discrétion ou distinction. Nigel ne releva pas, connaissant le larron il le savait fait ainsi : un peu brut, sans subtilité mais dépourvu de méchanceté.

« Nous prendrons deux… »

Nigel se tourna vers son invitée avec interrogation. Lui-même ne boirait pas, l’établissement moldu n’avait rien qui puisse convenir à son régime alimentaire, aussi mieux valait-il prendre ce que miss Shepherd préférait.



Verres en main, Nigel invita miss Shepherd à le suivre. Il y avait dans le fond de la salle, derrière le billard, une petite alcôve des plus tranquilles. Là, entourés de bruits et isolés du monde aussi bien moldu que magique, ils pourraient discuter dans la plus grande tranquillité. Galant, Nigel laissa la banquette à son invitée et prit place sur la chaise qui lui faisait face.

« Alors donc, me direz-vous ce qui vous amène à Belfast ? L’Irlande offre bien des merveilles mais j’ai le sentiment que vous n’êtes là ni pour admirer leurs beautés, ni pour vous laisser prendre aux charmes de ma personne. »


Mi-taquin, mi-sérieux, Nigel en venait directement au sujet qui les intéressait tous les deux sans tourner autour du pot. Au passage, il tentait d’avertir la jeune femme au sujet de la nature de la fascination toute vampirique qui la saisissait. Miss Shepherd était une femme intelligente, à ce qu’il en savait, elle ne devait pas se laisser piéger si elle voulait atteindre l’objectif de sa visite.
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