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 Les dents de la mère • Saoirse

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L'homme salamandre

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MessageSujet: Les dents de la mère • Saoirse   Mar 18 Avr - 17:23

Mère célibataire, lycanthrope de surcroît, Gwen McEwan n'avait jamais eu une vie aisée. Son travail de libraire à temps partiel, chez Fleury-et-Bott, lui avait permis quelques temps de tenir la tête hors de l'eau. Mais la récente indépendance de l'Écosse avait généré ici-et-là un fort ressentiment anti-Scott dans la communauté sorcière. Ici-et-là, dans le cas présent, au sein de la famille Bott, cette animosité avait conduit à une soudaine réduction du personnel. Le poste de Gwen n'avait pas survécu à la purge.
En dépit de ces difficultés financières, la mère de Mélusine avait réussi à faire de son petit appartement, situé en plein Doxyham, le quartier sorcier d'Edinburgh, un havre coloré et chaleureux, où la jeune génération McEwan aimait à se réunir, plutôt que dans le manoir de Zoroastre, ou dans le studio de l'un d'entre eux. On s'y trouvait peut-être un peu à l'étroit, mais le lieu avait des allures de quartier général.
Ils s'y étaient retrouvés, ce soir-là encore, chacun amenant son stock de provisions, ce qui était aussi une façon d'aider Gwen ni vu ni connu. Emreis, Morgane ou Joachim savaient qu'elle n'accepterait jamais la « charité », mais si ils prévoyaient trop grand, elle se résignait toujours à laisser le surplus envahir ses placards. Personne n'était dupe, mais l'honneur était sauf. Quand on n'avait plus grand chose, l'orgueil était parfois le seul truc qui permettait de rester debout. En cela, Mélusine tenait bien de sa mère.

Au soir du onze avril, la cousinerie McEwan se faisait donc une autre de ces petites réunions au sommet. Mélusine, bien sûr, Emreis et Morgane étaient également de la partie. Joachim en était lui aussi, quand Xaël roucoulait avec sa suédoise, et Jocelyn ne s'était jamais vraiment coulée dans leur petit groupe. Le matin même, Joachim avait invité Saoirse. Après tout, elle était presque de la famille. Restait à savoir si elle aurait l'info à temps.


Depuis Poudlard, depuis Noël 2007 précisément, Saoirse et lui avaient un mode de communication bien à eux. Ce 25 décembre-là, Joachim lui avait offert une carte de chocogrenouille un peu particulière. Non seulement elle était à leur effigie (une carte Saoirse Shepherd et Joachim McEwan, c'était quand même plutôt carrément la grande classe, avec une photo d'eux, le nez dans leurs écharpes de Gryffondor, un bonnet jusqu'aux yeux, prise quelques semaines plus tôt), mais, en plus, dotée d'un petit sortilège protéiforme des plus intéressants. C'était pas à ça que servaient les cours de magie ? A être réutilisés pour la vraie vie, et pour les choses vraiment importantes. Au dos de la carte donc, un court texte, vaguement biographique, qui laissait la place à un message codé, dès que Saoirse le modifiait d'un petit sortilège bien placé. Joachim, de son côté, avait la même carte qui, sortilège protéiforme oblige, subissait les mêmes altérations textuelles. Joachim avait été carrément fier de son cadeau, ce Noël-là. Directement inspiré par Hermione Granger, certes, mais les grandes découvertes n'étaient-elles pas toutes des réinterprétations de choses déjà existantes.
Laissées de côté quand leur relation s'était un peu distendue, les cartes avaient fait leur grand come-back quelques années plus tôt.

Il n'y avait plus qu'elle pour manquer à l'appel. Sans s'en formaliser, Mélusine, Morgane et Joachim avaient pris leur aise sur le grand tapis devant la cheminée et se faisaient griller quelques chamallows au-dessus des flammes. Un poil excentré, Emreis taillait un morceau de bois, perdu dans ses pensées. Murtagh, que seule Morgane pouvait voir, puisque c'était, après tout, son ami imaginaire, bouquinait dans son coin, Dilemmes de la sorcellerie insolite et leurs solutions .
Entre deux mastications (Mélusine avait lancé le concours de celui qui rentrait le plus grand nombre de chamallow dans la bouche à la fois et était en passe de gagner, au plus grand dam de Joachim), Morgane, comme à son habitude, mit les pieds dans le plat plutôt que de tourner autour du pot :

« Et ta mère, ça va comment ? Elle s'est vraiment fait injecter du sérum h ? »

Même Emreis s'arracha à la contemplation de son bout de bois pour tendre l'oreille. Joachim himself s'arrêta de machouiller, bouche grande ouverte (il y avait de toute façon trop de chamallow à l'intérieur pour la fermer décemment).

« Oui mais chroumpachum grouinch mache mache. »

Ou, pour tout individu doté d'un traducteur mélusinien automatique : oui, ils lui ont fait la deuxième injection jeudi dernier.
Gwen, mordue à l'âge de dix ans, avait toujours vécu la lycanthropie comme un fardeau (la société lui donnait malheureusement raison. En même temps, la société fournissait elle-même les raisons en question) et avait toujours associée sa nature de sorcière à sa nature de louve-garoue. Elle n'avait pas hésité longtemps quand un individu en blouse blanche lui avait offert le sérum h comme remède à tous ses maux. La perte de ses pouvoirs était un faible prix à payer si elle la débarrassait de sa malédiction. Le secret quant à cette tentative était de mise. Aucune conclusion officielle n'avait encore été dévoilée. A chaque cause, il fallait ses cobayes. Gwen, du point de vue de Joachim, avait toujours eu cette tendance à se sacrifier, pour tout et pour rien. Il n'était pas toujours certain que Mélusine se rendait compte de tout ce que sa mère avait abandonné pour elle.

« Et ça marche bien, du coup ? »
« Avec la deuxième injection, c'est bon maintenant ! Ils feront la troisième pour être sûrs mais... c'est bizarre de la voir sans magie. L'autre jour, elle a pris sa baguette et juste... rien. »

Un frémissement collectif traversa leur petit groupe : ils s'imaginaient tous, soudain, sans magie, la baguette vide.

« Elle vit ça plutôt très bien. Vous verrez... elle doit passer tout à l'heure ! »

Comme pour lui répondre, tous purent entendre des pas qui grimpaient les marches deux par deux.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Les dents de la mère • Saoirse   Mer 26 Avr - 17:38

Encore une.

Les mains tremblantes, elle avait reconnu son nom typographié à la baguette. Procédé qui ne permettait pas l’identification de l’écriture de l’auteur. Elle hésita un court instant. Les locaux de la Gazette avaient été déserté par la plupart de ses collègues. Une vague lueur subsistait dans le bureau de Barnabas. Il semblait nerveux ces derniers temps. Plus qu’elle, c’était pour dire.
Elle en avait déjà reçu 4 autre comme ça. La première l’avait faite sourire. Elle était même allée jusqu’à se sentir suffisamment importante pour être menacée. On ne pouvait cependant pas dire que ces articles étaient particulièrement gênants ces derniers temps. Barnabas mettait son véto dès qu’elle titillait le gouvernement de trop près. A croire qu’il avait peur qu’on lui coupe ses subvention chaussettes. A la seconde, elle avait été surprise. Ennuyée. Cela l’avait empêché de dormir. Lorsque la troisième arriva, elle fut envahie d’un doute. Se pouvait-il que l’auteur ait reconnu ses écrits pour The independant Wizard, bien que sous pseudonyme ? Car les seules choses qui pouvaient actuellement déranger se trouvait dans ce quotidien-là. Elle avait réfléchi de longues nuits. Retracé son propre parcours, récapitulé les sujets brûlants sur lesquels elle travaillait. La magie temporelle ? Strogov ? Le sérum ? Lenny ? Peu de choses étaient déjà publiées. Si ce n’était les travaux de Shelley. Mais qui pouvait être mis en cause ? A moins que l’on ne se soucie de ce qu’elle préparait ? Auquel cas… cela signifiait qu’elle était surveillée ?
L’idée l’avait glacée. A la suivante, elle avait paniqué et envisagé de toutes les brûler pour faire l’autruche. Après un instant de confusion durant lequel elle avait déjà entassé le tout dans la poubelle de son bureau, elle avait réussi à retrouver son calme et décidé de mener l’enquête de son côté. Si on la surveillait, elle devait être en mesure de retrouver son chien de garde. Elle avait soigneusement rassemblé le tout, épluché chacune des lettres et cherché les indices. Sans trop de succès jusqu’à présent. A plusieurs reprises, elle avait envisagé d’en parler à quelqu’un. Evidemment, le premier nom qui lui était venu à l’esprit était celui d’Ezio. Qui non seulement brillait par son absence mais dont elle n’avait jamais été aussi éloignée que depuis leur dernière…entrevue. Ils ne s’étaient plus reparlé depuis, il n’avait donné aucune nouvelle, elle ignorait où il se trouvait et ne savait pas encore si elle le détestait profondément ou s’il lui manquait affreusement. La seule et unique alternative à son frère était Joachim. Ou Lùan. Mais elle n’était pas certaine de vouloir entendre les conseils de ce dernier qui la renverrait immédiatement vers les autorités magiques. Et ça, c’était inenvisageable.

Elle déplia lentement le parchemin anonyme et en parcouru les lignes des yeux. Lèvres serrées, regard résolu à ne pas pleurer. Ce qu’elle réussit avec brio et s’en félicita, même si à l’intérieur, elle tremblait comme une petite fille face à un épouvantard. C’en était trop. Trop pour elle, trop pour ce début d’année et trop tout court. Elle avait beau essayer, elle ne pouvait résoudre seule toutes ces choses-là.

Après avoir fourré la lettre au fond de son sac, en compagnie de tout un bazar dans lequel il faudrait qu’elle mette son nez un jour où l’autre, elle attrapa sa carte de chocogrenouille magique pour contacter Joachim.
Souriant à la vue du message qui était déjà inscrit, elle se rassura en soupirant qu’une fois encore, ils pensaient l’un à l’autre au même instant. Enfant déjà, on s’amusait à les taquiner en prétendant qu’ils partageaient un cerveau pour deux. Ce qui leur convenait tout à fait. Ils allaient même jusqu’à le revendiquer. Joachim savait ce qu’elle pensait sans qu’elle n’ait à le formuler avec élégance ou précision. Et vice-versa. A sa voix, il pouvait deviner si ça allait ou non. A son regard, elle savait ce qu’il allait faire et s’y joignait avec plaisir. Il était un peu tout à la fois. Un autre grand frère, un compagnon de jeu, un confident, un bout d’elle, un gros nounours sécheur de larmes. Et parfois, un drôle de gars qui l’embrassait quand d’autres garçons s’approchaient trop. Elle sourit en repensant à la soirée de l’été dernier.

Il tombait à pic (comme toujours) avec son invitation de la soirée. Elle pourrait ainsi, lui parler de ces menaces et de tout ce qu’elle avait sur le cœur ces derniers temps.
Rangeant ses affaires d’un coup de baguette et y ajoutant un stock conséquent de chocolats à partager avec son ami, elle traversa le couloir, hésita à aller dire bonsoir à son patron, avant de distinguer d’autres voix avec lesquelles il s’entretenait. Par curiosité, elle fit un pas. Puis se ravisa. Joachim devait l’attendre depuis un moment. Si le message ne permettait pas de dater l’information, il contenait suffisamment d’indications pour lui laisser entendre qu’il n’était pas tout récent. Elle devrait penser à consulter sa carte plus souvent.

Destination, Détermination, Décision.

Et quelques sensations désagréables plus tard, elle se retrouva dans le Doxyham, face au bâtiment qui abritait le fief McEwan.
Pressée comme toujours de retrouver Joachim (et encore plus en ce soir de tourment) elle grimpa les marches quatre à quatre, et comme on lui avait souvent indiqué, poussa la porte avec précipitation sans attendre qu’on lui ouvre. (« Ne te gênes pas, poupée, fais comme chez toi !!! » S’était-elle entendu dire de très nombreuses fois au cours des 20 dernières années)
Déboulant énergiquement dans le salon, elle avait déjà la bouche ouverte pour étaler à Joachim tous les malheurs de ces jours derniers, quand elle constata qu’ils n’étaient pas seuls, mais qu’en plus, ils étaient super nombreux. Effectivement, l’invitation, maintenant qu’elle y repensait, mentionnait une cousinade et non une coussinade. Ce qui comme programme, l’aurait tout autant enchantée.
Se composant rapidement un visage jovial de circonstance, elle remit ses jérémiades à plus tard et accorda au petit groupe un sourire ravi.

- J’ai le chocolat ! Annonça-t-elle gaiement en le dégainant brusquement de son sac et se joignant immédiatement au groupe rassemblé devant les flammes, de préférence, à côté de Joachim.

A bien y réfléchir, une dizaine de tablettes supplémentaires n’auraient pas été du luxe. Mélusine était de la partie.
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MessageSujet: Re: Les dents de la mère • Saoirse   Ven 9 Juin - 20:46

« Chat-ouuuuuuuuuuuuurse !!! », rugit Mélusine en voyant débarquer Saoirse. Avec toujours un train d'avance, elle lui sauta dessus sans faire de manière.

Ces deux-là avaient un drôle d'historique relationnel. Joachim avait souvent pensé qu'elles étaient parfaitement faites pour s'entendre mais Poudlard les avait vues nouer des relations cordiales, sans plus. Aucune des deux ne semblaient oser faire le premier pas vers une belle amitié, avec une drôle de retenue et de timidité que Joachim n'avait jamais vraiment comprises. Venant d'elles, en tout cas. Depuis la fin de leurs années collège, et hors des murs du château, elles paraissaient avoir un peu mis de côté leurs réserves, quand bien même elles n'avaient pas la complicité qu'on aurait pu attendre de deux personnalités si compatibles. Elles dissimulaient, chacune, une drôle de réserve respective, habilement cachée sous de la bonne humeur et une certaine dose d'exubérance.
« Chat Ourse » était le surnom échu à Saoirse, quelques années plus tôt, quand Mélusine l'avait adoptée pour de bon. Écoper d'un surnom ridicule était un grand honneur mélusnien. Le fameux « Chat Ourse » était né de quelques souvenirs d'école, quand un de leurs enseignants avait prononcé la prénom saoirsien à la française : Sa-Oie-Rse. Avec un peu d'imagination, c'était devenu Chat Ourse. Parfois réduit en un simple Chourse ou même Chousse. Adopté à l'unanimité de Mélusine elle-même.

Saoirse se fit donc avalée dans les bras de Mélusine. Puis de Joachim, qui rappela ainsi discrètement que c'était quand même sa Saoirse à lui. Mélusine se consola en s'offrant le titre de grande dégustratrice de chocolat. Morgane et Emreis saluèrent à leur tour la cinquième mousquetaire et tous s'installèrent confortablement pour débattre de tout et de rien.

Alors que Morgane et Mélusine se lançaient dans une autre de leur discussion inepte, à laquelle Joachim se serait d'ordinaire volontiers joint, ce dernier jetait de fréquent coups d'œil à Saoirse. Il aurait pas pu mettre de mots dessus mais il y avait quelque chose. Sans une parole, juste avec ses yeux, il lançait des questions qui restèrent sans réponse. Elle finirait bien par tout lui raconter. Tant que c'était pas cet idiot de Bryan qui avait décidé qu'harceler quelqu'un était le meilleur moyen de la reconquérir.

Joachim fut distrait de ces pensées par l'arrivée de Gwen, qui trouvait toujours le temps de passer les saluer. Traits tirés, expression lasse, elle lança malgré tout un sourire à la cantonnade.

« Tout se passe bien ? »

Pour la forme, elle grignota du bout des lèvres un carreau de chocolat, plus pour rassurer le regard inquiet de sa fille que par réelle envie. Pour donner le change, elle accepta de s'asseoir parmi eux et de faire le tour des dernières nouvelles. On parla d'Ewen et de Gabriella, de Luan et d'Ezio, de Jocelin et Kyla, de Morag et Galaad...

« D'ailleurs, si je me souviens bien... »

Ils ne sauraient jamais ce dont Gwen se souvenait. Son corps se raidit brusquement, ses yeux se révulsèrent et elle tomba à la renverse dans un bruit sourd.

« Mam ? Mam !! »

La voix de Mélusine flirtait soudain avec les aigus, Morgane s'était redressée et analysait la scène à toute vitesse, Emreis, le premier, avait filé droit sur Gwen pour prendre son pouls et accorder les premiers gestes de secours. Joachim, les bras ballants, se sentait idiot. Et inquiet. A quantité égale.
Des yeux, il cherche Saoirse.


Dernière édition par Joachim McEwan le Mar 15 Aoû - 20:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les dents de la mère • Saoirse   Sam 8 Juil - 17:17

Elle évitait avec une habileté extrême chacun des regards qu’il lui lançait. Dans un jeu de balles rebondissantes, elle ne tournait les yeux vers lui que lorsqu’elle était certaine qu’il regardait ailleurs. Elle sentait qu’il se doutait de quelque chose. Joachim savait toujours. Mieux qu’Ezio parfois. A l’intérieur, c’était le grand chambardement. Elle ne s’attendait pas à ça. Pas à devoir faire bonne figure devant lui. Elle s’était imaginée se ruant dans ses bras et laisser libre cours à plein de larmes, de râles de bougonnements pour finir par en rire, parce qu’il serait rassurant. Il couvrait cette partie de sa vie qu’aucun autre ne parvenait à faire, la rassurer. Même s’il ne trouvait pas les solutions aux problèmes, il savait par son empressement à être de son côté quoi qu’il arrive, la persuader qu’elle aurait la force nécessaire de surmonter l’obstacle, dussent-ils cambrioler le ministère de la magie même.
Alors, pour éviter l’embarras de voir grimper quelques larmes aux rideaux de ces cils par un simple regard appuyé de ce dernier, elle l’évitait.
Bavardant gaiment avec Mélusine, répondant aux plaisanteries qu’on lui envoyait et mentionnant ces deux frères comme si elle avait des nouvelles fraîches, elle savait être capable de donner le change devant presque tout le monde. Parée d’un sourire mutin et sachant faire pétiller ses yeux quand le reste de son être était vide, elle faisait parfaitement illusion, même si à l’intérieur, elle criait.

L’apparition de Gwen avait suscité un relent d’excitation et Saoirse eut l’étrange impression de ne pas être la seule à donner le change ce soir. Elle avait les traits tirés, la mine épuisée mais prenait tout de même des nouvelles de chacun. Saoirse s’entendit répondre d’une voix presque enjouée qu’Ezio était au sommet de l’Everest pour concrétiser un projet qu’il avait depuis des années et poursuivait ses mensonges éhontés en prétendant qu’ils se retrouveraient tous très bientôt pour le mariage de Lùan qui s’annonçait sous les meilleurs auspices.

Et le masque fissura, se brisa et tomba en morceaux sur les pieds éhontés de la princesse qui redevint ogresse. Amen.

Et quelque chose dans l’ambiance changea. Saoirse qui avait décroché du fil de la conversation fut interrompue dans ses pensées par le cri strident de Mélusine. L’agitation régnait autour de Gwen qui prostrée au sol était agitée de mouvements convulsifs.
Pour la première fois de la soirée, elle croisa le regard de Joachim qui cherchait le sien.
Et parce qu’elle faisait toujours plus preuve de sang-froid dans les vraies situations de crise que face à une araignée, elle sortit brusquement de son coin pour se faire entendre.

- Ecartez-vous, il faut qu’elle puisse avoir de l’air. Sa voix éraillée dominait les accents suraigus et inquiets des autres.

En traversant la pièce, elle posa quelques doigts sur le bras ballant de son ami y exerçant une pression plus éloquente qu’un discours. Elle aussi était capable de déplacer un dragon d’une montagne pour récupérer la moindre bavboule qu’il aurait pu égarer. Emreis étant déjà penché au-dessus du corps de Gwen, elle renonça à mettre en pratique le module « malaises divers » qu’elle avait suivi à l’université et entreprit de faire regagner le calme à ceux qui le perdaient. Et la perte de calme chez les McEwan, c'était comme le feu d'artifice de Guy Fawkes. Ça pouvait partir dans tous les sens.

-Il faut rester calme. Ça doit être l’épuisement. Emreis s’en occupe.  Ça va aller.


Emreis s’en occupait, certes. Avec calme, on pouvait lui reconnaître. Mais pour être tout à fait honnête, elle n’aurait jamais pris le pouls à cet endroit-là. Fronçant les sourcils elle se tourna vers Joachim. Ce dernier venait de se dégager brusquement de ses doigts et filait à toutes jambes (et Merlin sait qu’elles sont grandes) vers la cuisine. Il revint l’instant d’après en maintenant un verre d’eau de ses deux mains (si vous vous demandez pourquoi il n’a pas utilisé sa baguette c’est que vous n’avez jamais vu Joachim McEwan jeter un sort en état de stress). L’une de ses immenses jambes refusa visiblement la trajectoire qu’on lui proposait puisqu’elle s’égara sous un pied de la table, l’entrainant dans sa suite et projetant eau, verre et porteur au sol.
La moitié des présents se tournèrent vers lui pour lui lancer quelques regards manquant un peu trop de surprise aux yeux de Saoirse. Cette dernière le questionna d’un lever de menton qui dans leur code se traduisait par un non moins éloquent : Çavariendecassétuveuxquejefassediversion ?
Il répondit d’une torsion de nez top secrète qui la rassura.

Emreis poursuivait calmement ses observations qui intriguait de plus en plus Saoirse. Pour avoir vu Ezio porter secours à quelques âmes égarées, elle trouvait étrange cette pratique-là. Un pincement au cœur lui arracha une grimace alors qu’elle songeait qu’ils auraient bien eu besoin d’un barde guérisseur ce soir. Au moment au Emreis tentait un bouche à bouche sur la femme qui respirait, son cœur de Saint Bernard se sentit dans l’obligation d’intervenir.

- Tu permets que je te relaie ? Proposa-t-elle avec tact. (Vous voyez qu’elle peut en avoir parfois !)

Emreis un peu pâle, accepta sans protester de laisser sa place et resta tout de même derrière Saoirse pour un second avis médical.

- Elle respire, ça va. Souffla-t-elle aux autres. Par contre, elle est toute chaude… s’étonna-t-elle. Et son pouls est … très rapide.

Vachement trop en fait.
Le corps de Gwen était parcouru de petits soubresauts comme si elle luttait contre quelqu’un ou quelque chose. Il semblait même à Saoirse que sa peau se tendait et s’étirait comme si elle était sur le point de craquer. La petite journaliste ne parvint pas à retenir un léger réflexe de recul lorsque le corps de Gwen s’arcbouta avec brutalité. Ses yeux s’ouvrirent grands et sa main se referma autour du poignet de Saoirse qui sursauta.

Elle avait peut-être un peu crié aussi, mais dans la confusion générale, personne ne le remarqua.
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MessageSujet: Re: Les dents de la mère • Saoirse   Mar 15 Aoû - 21:14

Le regard de Joachim, qui ne se détachait jamais bien longtemps de la silhouette de Saoirse, capta l'image au vol. Le sursaut de son amie, la main de Gwen qui lui serrait le poignet à l'en faire blanchir. Ses yeux sautaient de l'une à l'autre. Puis, plus sur l'autre que sur l'une.
Il se trouva à agir avant même d'avoir pris le temps de réfléchir. Du sol où il s'était vautré sans grâce, écopant d'un cheveu humide et d'éclats de verre dans la paume gauche, il bondit, plus prestement que Darren O’Hare devant le souaffle, et extirpa Saoirse de l'emprise de Gwen, la propulsant presque littéralement de l'autre côté de la pièce.

Mélusine, qui, en temps normal, aurait pris ombrage du traitement infligé à sa mère, avait d'ores et déjà capté ce qui avait alerté Joachim. Avant lui, même, probablement.
Elle tenta un ultime : « Mam ? », auquel Gwen ne répondit que par un regard plein de détresse et de perdition, tandis que son corps entier se convulsait à nouveau.

« Dehors ! Tout le monde dehors, vite ! »

Emreis, sensible au caractère pressant du ton de Mélusine, entraîna Morgane sans ménagement qui, comme beaucoup de McEwan XX, avait un goût trop grand pour le danger, et trop faible pour l'auto-préservation.

« Allez chercher quelqu'un ? »

« Un médicomage ? »
« Voyons, Morgane, tu veux qu'ils l'enferment ? »


Et ils savaient tous ce que cela signifiait.

« Oui, mais... qui ? »
« Wyndham. Allez chercher Wyndham. »
, grogna Mélusine que la perspective n'enchantait guère, mais qui se débattait comme elle pouvait pour essayer d'immobiliser sa mère. « Kim Kong ! Va-t-en, toi aussi ! Prend Saoirse, je gère. J'ai l'habitude. »

Pour toute réponse, Joachim lâcha un bruit étranglé, avant de commenter, la panique en approche :

« Je veux bien, mais elle me lâche pas... »

La prise de Gwen sur Joachim s'était accentuée, faisant pâlir les jointures de la mère, et rougir la peau du jeune homme. Les pupilles de la mère de Mélusine s'étaient dilatées.

« Bloody Hell... »
« Irfinn ! »
, jurèrent Mélusine et Joachim de concert.
« Comment ...? Non, toi, file, Zyn. Ça sert à rien que... »

Un hurlement s'échappa de la gorge de celle qui n'avait plus grand chose en commun avec Gwen McEwan.
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MessageSujet: Re: Les dents de la mère • Saoirse   Mer 4 Oct - 13:53

Alors qu’une partie de la famille s’était rué à l’extérieur en quête de Wyndham Saoirse était restée comme pétrifiée dans le coin de la pièce où Joachim l’avait propulsée. Le sang battait ses veines en prodiguant l’affreux avertissement qu’une chose horrible était sur le point de se produire. Si elle avait été sa mère, elle aurait sûrement vu. Si elle avait été son frère, elle aurait certainement su. Mais elle n’était qu’elle, avait cet abominable sensation qu’une fois de plus au court de cette année, tout allait basculer. Et la seule chose qui parvenait à son esprit glacé sur place n’était qu’une litanie de mots répétés en boucle comme s’ils avaient pu avoir le pouvoir de changer le court des événements.

Pas Joachim. Pas lui. Pas Joachim. Pas lui.

Elle avait rapidement compris. La condition de Gwen n’était un secret pour personne de la famille. Cette famille qui l’avait accueillie toute petite, comme un membre à part entière, sans qu’elle n’en ait ni le nom, ni la rousseur, ni les qualités qui en faisait ce qu’elle était.
Les hurlements de la mère de Mélusine, la détresse de cette dernière et le regard que lui offrit Joachim ne firent que conforter ce à quoi elle s’attendait. Il lui semblait impossible que ... et pourtant...

Mélusine se tourna aussi vers Saoirse et les deux jeunes femmes échangèrent un regard entendu. Aucune des deux ne partiraient sans lui, bien qu’elles soient pleinement conscientes des risques encourus.
Gwen McEwan entamait sa métamorphose et abandonnait sa silhouette rousse et longiligne pour l’élancement lupin de la créature qu’elle devenait lorsque la lune s’arrondissait. Le grognement suivant avait abandonné toute détresse pour la férocité et ses mouvements envoyèrent valser la longue Mélusine qui se rattrapa aux meubles tout en regardant avec impuissance, son cousin qui tentait de repousser les assauts de sa lycante de mère.

Ils avaient souvent joué à « et si ». Parce que c’était le jeu préféré de Saoirse et qu’elle enquiquinait la moitié du monde avec ça. Le « et si » la rassurait, doublement. Parce qu’envisager le pire lui évitait les mauvaises surprises et qu’en plus, il l’informait de l’intention des autres à son égard. Elle avait souvent eu besoin de savoir qu’elle comptait. Avec Ezio, elle y jouait encore parfois, mais il s’amusait à construire les réponses les plus évasives pour le plaisir de contourner les règles du jeu. Joachim, lui, avait toujours été un joueur de haut niveau, capable d’apporter les réponses les plus rassurantes.
Si on la jetait un jour à Azkaban ? Il dresserait un dragon pour faire voler la cellule en éclat et la sortir de là.
Si elle ne trouvait pas de mari avant 30 ans ? Il l’épouserait pour lui éviter l’embarra de passer un Noël de plus face à une famille désespérée de la savoir vieille fille.
Si un mage noir cherchait à la tuer ? Il le métamorphoserait en citrouille.

Aujourd’hui, il venait de répondre à la question suivante : Et si un loup garou l’attaquait ?
Il se jetterait lui-même sous les dents de la créature.

- Non, NON, NON!!!!

Elle attrapa fermement sa baguette et la brandit devant elle, prête à faire ce que Mélusine ne pourrait faire à sa mère. Mais la confusion était telle qu’on ne distinguait plus l’homme du loup. Dans un ballet mortel, Joachim était aux prises avec une Gwen plus féroce que jamais dont les mâchoires claquaient à vous briser l’échine, les hurlements de l’un et de l’autre redoublaient.
Les yeux plissés sous l’effort, elle envoya une première slave de sortilèges informulés dont les couleurs illuminèrent la pièce avant que la forme lupine de Gwen Mcewan ne s’écroule sur Joachim, qui face contre terre, ne bougeait plus non plus. Enserrée entre les mâchoires de sa tante, la nuque de ce dernier saignait abondamment répandant au sol une mare noirâtre qui atteignait presque le tapis.
Tout en se précipitant vers eux, et heurtant Mélusine au passage qui faisait de même, Saoirse lançait une multitudes d’episkey sur son ami, la gorge bloquée par la douleur d’une réalité irréversible.


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Les dents de la mère • Saoirse
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