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 Craquage post-partum

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MessageSujet: Craquage post-partum   Ven 17 Mar - 14:47

• Craquage post-partum •

Abygail Chevallier & Demelza Worpel
20 Mai 2017


Les travaux et préparatifs avaient tellement bien avancés que j’étais ravie de réaliser que la boutique allait pouvoir ouvrir prochainement. Je n’avais pas encore de date précise, mais je savais que j’ouvrirais avant l’été. Peut-être même à la fin du mois. J’avais eu du mal à me pencher sur la réalisation de mon projet ces derniers temps. En effet, mon ventre m’empêchant de passer la plupart des portes ou de faire le moindre effort, ce n’avait pas été simple et j’avais été forcée de mettre en pause ce projet qui me tenait tant à cœur. Je n’aurais pas lâché sans la pression de Mark, qui prenait définitivement bien soin de sa future petite femme.

Le temps est passé tellement vite. Je n’aurais jamais imaginé me retrouver ici dans ces circonstances. J’étais fiancée avec mon amour de jeunesse, j’allais ouvrir mon propre business et je venais d’être mère pour la première fois. A même pas 25 ans. Qui l’eut cru ? Moi qui pensait finir seule avec quelques animaux, toujours à vendre mes potions sous le manteau sur l’Allée des Embrumes. Mais ce temps était définitivement révolu. J’étais mère et future mariée. Je soupirai lourdement à cette pensée. Etait-ce seulement ce que je souhaitais pour ma vie ? Etre patronne, mère et femme parfaite ? Ce n’était pas pour rien si je ne m’étais jamais imaginée en arriver là. Ce n’était pas le rêve, mais ma vie allait devenir confortable. Très confortable. Et puis j’avais Mark. Et Amy. Oui, le petit têtard s’était avéré être une demoiselle, particulièrement insomniaque et bruyante. Je n’étais visiblement pas prête.

J’étais exténuée et me sentais particulièrement mauvaise dans mon nouveau rôle de mère. La petite ne cessait de pleurer, sauf dans les bras de son père. Désemparée, j’avais quitté le Manoir par transplanage pour venir trouver refuge dans ma boutique. Nous étions samedi et, penchée sur un calendrier, je me posai la question quant à mes futurs horaires d’ouverture et de fermeture.
Alors que je me levai pour me saisir d’une boite de petites fioles, je vis mon reflet dans l’une des vitrines. J’avais salement changé. Et pas qu’en bien. Bon d’accord, j’avais pris un petit peu de poids mais j’avais presque tout perdu déjà, tout en gardant la poitrine. Par contre, j’avais des cernes incroyables, le teint pâle - dans le sens maladif, et les cheveux, n’en parlons même pas ! Je les attachai en vitesse afin de ne plus voir cette tignasse difforme. Je m’étais tellement laissée aller. Et je plaisais encore à Mark ainsi ?

Je soupirai derechef. Vu mon état, je n’allais pas faire grand-chose à la boutique aujourd’hui. Peut-être devrais-je en profiter pour faire un peu de shopping ? Me remettre en état du moins. Cela ferait plaisir à Mark de voir que je suis sortie pour me reprendre en main, et non pas parce que je suis en dépression post-partum et que j’ai décidé de fuguer pour fuir ma propre gamine.
Soudainement motivée par cette idée, je me levai d’un coup, rassemblai mes affaires rapidement, me saisis de ma cape avant de sortir sur le Chemin de Traverse. Durant l’heure qui suivi, j’entrai dans pratiquement toutes les boutiques à la recherche de quelque chose de nouveau. Quelque chose qui me changerait un peu et ferait oublier cet accoutrement de croque-mort dépressif. J’achetai un bon paquet de vêtements, diverses décorations pour ma boutique et même de la bouffe. Il ne me manquait plus que la cerise sur le gâteau : mon ravalement de façade. Et j’avais choisi la boutique de ma voisine, que j’avais croisée une fois ou deux à mon installation.

Elle m’avait vue en bon état, en moins bon état, enceinte jusqu’aux dents, mais elle ne m’avait pas revue depuis que j’avais expulsé le têtard et surtout pas depuis que j’avais cette tête de zombie. Elle allait avoir du travail et je comptais sur elle. Je savais qu’elle était aussi douée dans son domaine que je l’étais dans le mien, j’avais donc pleinement confiance. Et surtout, je n’avais pas le choix si je voulais redevenir « potable ».
J’entrai donc dans sa boutique, mes sacs accrochés à mon bras gauche et la main droite occupée à porter un délicieux cupcake à mes lèvres. J’aurais eu l’air d’une petite grosse si je n’avais pas déjà reperdu tout le poids que j’avais pris. En tous cas, j’avais l’air d’une morfale, d’une désespérée. Et même si le shopping et les pâtisseries m’avaient redonnée meilleure mine, je savais que je faisais toujours peur.

- Bonjour Abygail ! Lançai-je le plus joyeusement possible avant de perdre mon sourire et de désigner mon propre visage. J’ai besoin d’aide, comme tu vois. D’un miracle même !

Devenir mère m’avait peut-être adoucie et rendue plus amicale finalement. Mais si je redevenais la Demelza froide et méprisante que j’étais autrefois, tout en ayant cette tronche, j’allais réellement faire fuir tout le monde ! Et puis, j’avais eu un bon feeling avec Abygail dès le début, même si je ne doutais pas qu’on se serait foutu sur la gueule à Poudlard si nous avions eu le même âge et que j’avais gardé la même mentalité jusqu’à la fin. Mais tout ça était loin derrière moi désormais.

- Ca va sinon ? Comment se porte ton petit commerce ?

Avouez que vous ne me reconnaissez même pas…
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MessageSujet: Re: Craquage post-partum   Sam 18 Mar - 17:02

fleur du jour : campanule

Une mèche bleue tomba devant mes yeux alors que je me penchais sur mon hibiscus pour lui donner un peu d'eau. Avec l'arrivée des beaux jours et de la chaleur, je devais être plus vigilante, car ma pauvre fleur ne tiendrait pas derrière cette vitrine si je n'y prenais garde. Une fois ma plante abreuvée, je me redressais et rangeais ma mèche rebelle derrière mon oreille tandis que j'inspectais la boutique d'un coup d’œil rapide. C'était bon, tout était en place, je pouvais ouvrir.

D'un coup de baguette, j'ouvrais le loquet de la porte à distance et allait ranger mon arrosoir dans l'arrière boutique. En ce samedi matin, je reçus plusieurs visites. Des clientes curieuses ou habituées. Rien qui ne demanda beaucoup d'attention de ma part. Ce qui tombait bien car j'avais un peu de comptes à faire et des commandes à prévoir (tenir une boutique ne se résumait malheureusement pas seulement à la beauté du geste, à mon grand regret), autant dire que c'était ma grande joie et que je m'attelais à la tâche avec le plus grand plaisir. Ou pas.

Après une heure, ou peut-être deux, de chiffres et de commandes, je commençais à rêvasser en regardant par la vitrine les passants qui profitaient de leur week-end pour vadrouiller sur le chemin de traverse. J'avais envie de bouger aussi ! Délaissant le livre de compte, j'abandonnais mon comptoir pour faire un peu de rangement dans la boutique. D'ailleurs, il fallait refaire les rayonnages, il manquait quelques produits. Heureuse de cette distraction offerte sur un plateau, j'allais récupérer dans l'arrière boutique un carton d'accessoires de coiffure et le ramenais pour combler les trous laissés après les achats des dernières clientes.

Je n'eus guère le temps de venir à bout de ma tâche. À peine le carton posé, la clochette de la porte tinta joyeusement tandis qu'une cliente entrait, les bras chargés de sacs. Je la reconnu de suite, bien qu'elle ait beaucoup changé depuis la dernière fois que je l'avais vue. Il ne s'agissait de personne d'autre que ma (future) voisine.

« Nom d'une chouette ! »

Je restais un instant interdite devant sa tête d'Inferi fraîchement ressuscité (l'adjectif frais n'étant pas le plus approprié, donc) puis constatais l'absence notable de son ventre qui prenait pourtant une place importante la dernière fois que je l'avais vu passer la porte.

« Olalalalala tu as raison, il y a urgence ! »

Ignorant complètement ses questions sur ma boutique, que je prenais pour des questions polies pouvant être oubliées dans des circonstances d'urgence telles que celle dans laquelle nous nous trouvions, je me dressais d'un bond et lui montrais le rideau de perles à droite du comptoir derrière lequel se trouvait mon poste de travail lorsque je devais m'occuper des clients.

« Viens par là, il faut qu'on s'occupe de ça tout de suite ! »

Je me dirigeais moi-même vers le rideau, puis je m'arrêtais en cours de route pour me retourner vers elle :

« Et ne m'appelle pas Abygail, personne ne m'appelle plus comme ça depuis que j'ai eu 8 ans. Appelle-moi Aby plutôt. »

Je lui décochais un sourire joyeux et l'entraînais pour de bon vers mon poste.

« On commence par un shampoing peut-être hein ? Qu'en dis-tu ? »

Moi j'en disais que ça lui ferait un bien fou. Elle avait besoin de prendre soin d'elle, manifestement, et moi j'allais pouvoir profiter de sa vulnérabilité entre mes doigts pour lui demander comment elle avait pu en arriver là.
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MessageSujet: Re: Craquage post-partum   Lun 20 Mar - 13:45


Cela faisait un petit moment que je n’étais pas venue dans le coin. Les trois semaines avant l’arrivée du têtard, j’avais été forcée de rester alitée au Manoir, une véritable torture. Durant ces semaines, je n’avais pas pu m’empêcher de bosser sur l’administration de la boutique. Mark ne pouvait rien me dire, je ne faisais aucun effort, je pouvais m’occuper de tous mes papiers en étant allongée. Mais je savais qu’au fond, cela lui déplaisait grandement. Il était totalement paniqué à l’idée de devenir père, qu’il me transmettait son stress parfois. Mais me plonger dans ma paperasse m’aidait toutefois beaucoup à me changer les idées.

Après la naissance de la petite, j’avais de nouveau été forcée de rester au lit, de m’en occuper et de mettre ma vie et mon projet professionnel de côté. En fait, c’était encore pire qu’avant l’accouchement. M’occuper d’un enfant n’était absolument pas inné chez moi, j’avais probablement l’instinct maternel qui devait foirer quelque part. En revanche, Mark semblait s’en sortir mieux que moi. Il avait remplacé sa panique par une affection qui je n’aurais pas imaginée venant de lui. Et c’était tant mieux, car je n’étais pas à l’aise dans mon rôle de mère et c’était à mon tour de paniquer en réalisant la suite de ma vie. Plus rien ne serait plus jamais comme avant. Adieu la liberté, adieu l’adolescence. J’étais bel et bien devenue une adulte. Responsable, c’était à revoir, mais adulte tout de même.

Cela faisait donc une dizaine de jours depuis que j’avais retrouvé un ventre plus ou moins plat, mais je n’avais pu me résoudre à rester prisonnière du Manoir plus longtemps. Il fallait que je me change les idées et j’avais besoin d’un nouveau départ afin de marquer cette étape de ma nouvelle vie. Et le changement, ça passe principalement par l’achat de nouvelles fringues ou objets plus ou moins inutiles, mais SURTOUT par un changement de coiffure. Et là, ce n’était même plus un changement, mais une coiffure tout court. Car ma tignasse ne ressemblait plus à rien. Je ne l’avais pas coupée depuis des mois, ni même brossée. Quand elle me gênait, je me contentai de l’attacher. C’était un carnage pur et simple.

Je vis d’ailleurs dans le regard de ma voisine qu’elle était d’accord avec mon constat. Avant qu’elle ne le confirme directement en m’assurant qu’il y avait urgence. Merci, cela me rassure beaucoup ! Quelle image devais-je donner de moi, fringuée comme une grand-mère, les cheveux en bataille, un cupcake dans la bouche et divers sacs dans les bras. Pourtant, je n’avais jamais été une folle du shopping. J’étais dans une sorte de dépression hystérique.

Face à l’urgence évidente de mon cas, Abygail ignora ma question concernant sa boutique – pourtant cela m’intéressait de savoir si elle avait bien démarré – et m’indiqua un coin de la boutique où se trouvait un rideau. Je n’avais pas la moindre idée de comment cet endroit fonctionnait mais je lui faisais confiance pour le miracle dont j’avais besoin pour me remonter le moral.
Moi qui avait eu peur d’avoir été trop familière avec elle, elle m’intima de ne pas l’appeler par son prénom complet mais plutôt par son surnom beaucoup plus court. Sans problème, je hochai la tête en signe d’approbation, la bouche occupée par un morceau de pâtisserie que je venais de croquer.

Elle était toujours aussi amicale que lorsque je l’avais croisée les premières fois. J’avais l’impression que nous n’étions pas voisines de boutiques mais voisines tout court. J’imaginais déjà quelques détails amusants qui pourraient se produire dans le futur. Nous deux installées entre nos deux boutiques lors d’une période creuse, en train de discuter des potins divers des environs, de parler manucure et surtout coiffure. J’avais étrangement hâte d’en arriver là, d’être bien acceptée dans le coin et de prendre rapidement mes marques.

Sans attendre, je déposai mes sacs dans un coin, englouti rapidement la fin de mon cupcake avant d’aller m’installer derrière le rideau. Je ne savais même pas ce que je voulais exactement. Ma seule attente était le changement radical du zombie à la femme respectable.  En ce qui concernait ce dernier point, je n’étais pas certaine d’être au bon endroit. Mais j’étais sûre d’une chose : j’allais changer de tête et cela allait forcément me plaire. J’allais retrouver ma jeunesse perdue depuis quelques mois et me donner un bon coup de boost au chaudron. En commençant par un shampoing apparemment.

- Bonne idée. Je te fais confiance !

Sans attendre, je vins défaire le nœud dans mes cheveux afin de laisser cette tignasse dégringoler sur mes épaules. Ils étaient naturellement ondulés mais absolument pas coiffés ni entretenus et beaucoup plus longs que ce que je pensais. Ils dépassaient largement mes épaules pour pratiquement atteindre le milieu de mon dos. Je soupirai d’avance, constatant le travail qu’elle allait devoir fournir.

- J’espère que tu es motivée, dis-je en lui lançant un regard amusé. Surtout qu’il n’y a pas que ma crinière qui pose problème.

Je n’avais pas mis un brin de maquillage sur mon visage depuis des semaines et ces longs jours sans dormir m’avaient creusé de jolies cernes sous les yeux. Un zombie je vous dis.
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MessageSujet: Re: Craquage post-partum   Lun 20 Mar - 18:10

Elle me faisait confiance, donc. Très bonne idée ! Presque malgré moi, mon sourire s'élargit. J'allais pouvoir me faire plaisir avec ses cheveux alors ! Lorsque je l'avais rencontrée, j'avais aussitôt flashé dessus. De telles boucles, ça méritait un traitement de faveur. Aujourd'hui, j'étais déçue, elle les avait fait disparaître dans un simulacre de chignon qui ne ressemblait à rien et qui ne lui rendait certainement pas justice !

Ravie de sa docilité, j'attrapais une serviette propre sur l'étagère à côté du post de shampoing et désignais le fauteuil à Demelza pour qu'elle prenne place. Celle-ci s'inquiétait du travail que j'allais devoir fournir. Si elle savait ! Je déniais de la tête en claquant la langue.

« T'inquiète pas pour ça ! Tes cheveux, on va les chouchouter. Oh ils ont poussé ! » fis-je en les voyant tomber sur ses épaules et bien plus bas dans une cascade de boucles emmêlées.

L'envie me gagna plus que jamais. Ils n'étaient peut-être plus aussi beaux qu'avant mais, foi de Bee, ils le redeviendraient ! Et ils seraient magnifiques avec toute cette longueur. Oui oui oui !

J'attendis (à peu près) patiemment qu'elle prenne place dans le siège pour lui placer la serviette sur les épaules, afin que l'eau du shampoing ne lui coule pas dans le cou ensuite. Au passage, je notais que ses habits aussi montraient un laissé aller qui ne semblait pas lui correspondre. Les quelques fois où nous nous étions croisées, elle ne m'avait pas laissée une telle impression de négligence, ça aurait même plutôt été le contraire. Comme il me tardait de savoir !

Je la laissais s'installer tandis que je faisais le tour du poste pour allumer l'eau, la laissant tiédir pendant que je rassemblais les produits nécessaires pour bichonner cette chevelure à l'éclat ternie par des mésaventures dont je comptais bien connaître le fin mot. Une fois mes flacons alignés le long du lavabo, je testais la température de l'eau : tiède à souhait. Nous allions pouvoir commencer.

« Surtout, tu me dis si je te fais mal ou si l'eau n'est pas à ton goût. »

Je n'étais pas coiffeuse, et même si depuis un peu plus d'un an je m'étais improvisé ce petit poste pour pouvoir agir sur les cheveux de mes clientes ensuite, je n'avais pas le savoir faire de ces femmes qui font de vrais études pour ça. Enfin peut-être, à vrai dire aucune cliente ne s'était trop plainte de mes shampoings (même s'il y avait toujours des râleuses professionnelles – pas besoin de diplôme pour ce métier, on est accepté d'office, et on peut même cumuler).

« Tu as finis par te décharger du surplus, à ce que je vois. Ce doit être plus pratique pour passer les portes. Comment va la petite merveille ? »

Je ne savais rien de cet enfant, qu'il s'agisse de sa date de naissance ou même de son sexe. Quant à son prénom, mystère. J'étais curieuse de savoir. La maman semblait fatiguée en tous cas, raison pour laquelle je m'efforçais de garder l'air enjoué. Si je pouvais lui redonner un nouveau souffle, ce serait une bonne B.A. pour ma journée.
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MessageSujet: Re: Craquage post-partum   Ven 24 Mar - 16:43


En général, les coiffeurs sont souvent ravis de voir que vous avez une tignasse particulièrement longue, car ils s’imaginent déjà faire maintes et maintes choses avec, qu’ils ne peuvent pas avec les leurs. Je n’ai pas été souvent chez le coiffeur, mais en général, les coiffeuses n’ont pas les cheveux très longs. D’après ce que l’une d’entre elles m’a avoué, elles doivent changer de coupe tellement souvent, et même de couleur, qu’à force leurs crinières sont abimées, sèches et ne poussent plus autant que celle de nous autres, qui n’allons les couper qu’une fois tous les six mois. Et bien que Aby ne soit pas coiffeuse à part entière, elle semblait justement afficher cet air ravi que j’avais vu chez la plupart de ces travailleurs du cheveux.

Elle était aussi pétillante que dans mes souvenirs et fut tout aussi surprise que moi de la longueur de ma tignasse. Je l’attachais tellement souvent que je ne m’étais réellement pas rendu compte qu’elle avait autant poussé. Mais elle semblait toutefois déterminée à lui rendre son éclat d’antan ! Tant mieux, c’était ce que je voulais. Je n’avais pas d’exigence, si ce n’était qu’elle se lâche – bon pas trop quand même – et me redonne une tête potable.

Alors qu’elle préparait son matériel et installait une serviette sur mes épaules, je regardai un peu sa boutique. Dans ma jeunesse à Poudlard, j’imagine que j’aurais détesté un tel endroit. J’étais un brin dépressive et solitaire, m’habillant exclusivement de noir ou parfois de vert. Un endroit aussi joyeux, presque festif, et coloré que celui-ci m’aurait refilé la migraine. Je me souviens d’ailleurs de la fameuse Pink Party de Jezabelle Jackersson durant laquelle les autres Serpentard et moi avions tout repeint en vert. Ah, c’était le bon temps.
Aujourd’hui, bien que je sois toujours en dépression – même s’il s’agit d’une autre forme de ce mal – j’appréciai l’environnement. En fait, il me redonnait un peu le sourire et j’aurais souhaité que porter autant de couleur sur moi me sied autant qu’à Aby.

- C’est parfait ne t’en fais pas. Et je ne crains pas vraiment des cheveux. Tu peux y aller !

Cela me détendait tellement que quelqu’un s’occupe de moi. Pas que Mark me laisse toute seule, loin de là ! C’était une forme différente de soins. Mark était plutôt du genre à me faire des massages, à me câliner, me parler et me rassurer sur l’avenir de notre petite famille en devenir. Là, c’était tout à fait autre chose. Je n’avais jamais laissé personne s’occuper de mes cheveux autant que j’allais laisser Aby le faire. C’était un peu stressant, mais un d’un bon stress finalement. J’avais hâte de voir le résultat autant que je le craignais. Mais après tout, je suis une sorcière. Si ça ne me plait pas, un coup de baguette règlera le problème, même si je doute en arriver là.

Aby fit mention du bébé, par le biais d’un enchainement de métaphores plutôt charmantes, qui me donnèrent le sourire. Ce dernier se crispa légèrement d’une petite gêne. Il était vrai que je ne parlais pas de la petite, ou très rarement, si bien qu’on était obligé de me poser la question. Je n’étais pas ce genre de mère qui vous colle la photo de son gosse affreux sous le nez en beuglant « regardez comme il est beau ! » afin de recevoir des compliments plus hypocrites les uns que les autres. Je me fichais bien de l’avis des autres et je ne me considérais pas comme une bonne mère. Voilà pourquoi je préférais ne pas en parler de moi-même. Pour Aby, je ferais une exception. Elle m’avait vue à beaucoup de stades de la grossesse, prenant à chaque fois de mes nouvelles. J’étais celle qui était en faute.

- En effet, acquiesçai-je d’abord à la première partie de sa réplique avant de reprendre mon souffle pour la suite. Eh bien, elle ne se porte pas trop mal. Elle s’appelle Amy, me laboure les seins quand elle ne me détruit pas les tympans. Je ne dors plus et ne sais pas comment la calmer. Mark s’en sort mieux que moi pour le moment.

Comme pour illustrer mes propos, je cachai un immense bâillement de ma main droite avant de hausser les épaules, comme par désespoir, ne sachant plus comment m’y prendre. J’étais désemparée par cette histoire, bien plus que je ne laissais paraitre à la vue de tous et même dans mes explications à la jeune femme. J’avais cette part de pudeur et de honte surtout, d’avouer que je n’étais pas capable de m’occuper de ma gamine correctement. J’avais cru que l’instinct maternel m’aiderait, mais c’était à croire qu’il était inexistant chez moi. Pourtant l’amour inconditionnel était là et c’était une torture de ne pas pouvoir approcher Amy sans qu’elle me fasse saigner des oreilles.

- J’avais vraiment besoin de prendre l’air et de me remettre à neuf. Je laissai passer une seconde durant laquelle j’inspectai simultanément le décor et mon visage dans un miroir, avant de déclarer : Du violet, ça le ferait du violet, non ? J’aime bien le violet.

Il y a différentes formes de dépression et apparemment j’étais dans une sorte de dépression hystérique.
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MessageSujet: Re: Craquage post-partum   Sam 25 Mar - 10:27

Elle disait que je pouvais y aller, j'allais y aller dans ce cas. Je mouillais la longue chevelure progressivement, faisant remonter la douchette des pointes vers le cuir chevelu, prenant garde à ce que l'eau ne lui coule pas sur le visage en visant bien. J'adorais mon boulot, inutile de dire à quel point il me plaisait, mais il avait un gros désavantage : j'étais obligée d'entrer dans la zone personnelle de mes client(e)s. Pour pouvoir exercer, je devais franchir cette barrière que nous les êtres humains nous posions autour de nous en disant « ça c'est mon territoire ». Et je n'aimais pas ça. Du moins était-ce toujours un point critique qui me posait problème et que je mettais du temps à dépasser. La gêne passait après un temps, mais surtout, à la fin, le résultat me permettait d'oublier que j'avais dû prendre sur moi.

Demelza se laissait aller à mon savoir faire. Elle avait l'air las. Je la sentais détendue pourtant, ce qui m'encourageait à continuer sur ma lancée. Attrapant le flacon de shampoing, j'en faisais couler dans ses cheveux puis je m'attelait à la tâche. Faisant taire mes réticences, j'étalais la mousse sur toute la longueur, attaquant par les pointes pour me laisser le temps de m'acclimater au contact des cheveux étrangers dans mes mains, puis commençais à masser le cuir chevelu de la jeune maman. Celle-ci entreprenait de me répondre. Je la sentais mal à l'aise sur ce sujet. Je n'en comprenais pas la raison. Pour moi, les jeunes mamans avaient toutes ce défaut de vouloir vous brandir sous le nez la magie de leur maternité toute neuve, photo de leur œuvre d'art à l'appui. Et c'est alors que je compris que pour Demelza, les choses n'étaient pas si rose qu'on voulait nous le faire croire. Avoir un bébé, ce n'était pas si simple, et pas inné pour tout le monde. C'était quelque chose dont j'avais entendu parler, sans jamais le voir. Aujourd'hui, je le voyais, et cela me désolait. Pauvre Demelza. Pour la peine, je prenais plus de soin encore à lui chouchouter le crâne. Je n'étais pas à l'aise avec ce geste, et je doutais de m'en sortir spécialement bien, mais comme on dit c'est l'intention qui compte. Quant à elle, elle se mit à bailler et je cru que sa mâchoire allait se décrocher. J'étais démunie face à un tel spectacle. La maternité, je n'y connaissais rien. Je n'étais pas mère, n'aspirais pas à le devenir pour le moment, et quand je pensais à la mienne de mère... je n'avais pas franchement de conseils à donner.

« Tu as oublié de sortir le mode d'emploi ? » plaisantais-je à défaut d'autre chose. Puis j'ajoutais : « Ça doit aider, un papa présent pour te permettre de refaire surface et de souffler un peu. »

Amy donc. Une petite fille, et un bébé pleurnichard. Je n'avais pas pensé que ce serait une fille, je ne sais pourquoi, peut-être parce que nos conversations m'avaient laissé croire cela, ou parce que je n'avais pas fait attention. Qu'importe, de toute façon le sujet n'était pas là. Le but du jeu, aujourd'hui, c'était de remonter le moral de la nouvelle maman, qui n'en était pas spécialement heureuse.

Rallumant l'eau, je rinçais les cheveux avec précaution, empêchant la mousse de s'échapper ailleurs que dans le lavabo. Demelza conclu en disant ce que j'avais déjà compris : elle avait eu besoin de temps pour elle. Et puis elle lança une proposition que me séduisit aussitôt.

« Ce sera parfait ! » décidais-je avec, j'en suis sure, des paillettes dans les yeux. « On va te faire ça. Tu vas ressortir d'ici aussi belle qu'avant, voire même plus ! »

Je ne revenais pas sur le sujet de sa fatigue. Si elle le voulait, elle le ferait d'elle-même, mon but était plutôt de la distraire, de faire qu'elle se change les idées. Elle était sortie pour respirer un air nouveau, pas pour qu'on lui réinjecte l'air qu'elle respirait depuis la naissance de sa fille.

« Et ta boutique, l'installation avance ? »

Je cherchais parmi mes flacons celui qui contenait l'après shampoing nourrissant et démêlant et recommençais mon manège : liquide, mousse, massage. Ces cheveux allaient retrouver leur éclat, c'est moi qui vous le dit !
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MessageSujet: Re: Craquage post-partum   Lun 27 Mar - 17:46


Quelle merveilleuse idée j’avais eu de me laisser vagabonder dans les rues cet après-midi, et surtout, d’être entrée dans la boutique de ma voisine, à qui je faisais pleinement confiance pour me remettre sur pieds. Du moins, en apparence. Pour le reste, c’était de repos dont j’avais besoin. Je songeai d’ailleurs à installer une sorte de lit dans mon bureau, afin de pouvoir y passer la nuit si jamais j’avais encore trop besoin de fuir le Manoir. J’imaginais déjà que cela déplairait beaucoup à Mark. Il y avait beaucoup de chambres et d’espace et j’aurais très bien pu aller dormir dans une autre chambre afin de ne pas être dérangée chaque nuit par les cris d’Amy. Mais je préférai carrément passer la nuit ailleurs. Et j'espérais vraiment qu'il comprenne que j'avais besoin de temps pour moi avant de me lancer pleinement dans cette nouvelle aventure.

Je fermai les yeux un instant, le temps du shampoing et du massage, afin de profiter autant que possible du savoir-faire d’Aby. Il fallait que j’arrête de penser à tout ça, que j’essaye de ne penser à rien. Chose qui était bien plus facile à dire qu’à faire. Il est pratiquement impossible de penser à rien, sauf après méditation intense, et je ne sais pas faire ce genre de choses. Je pouvais toujours diriger mes pensées vers la finalisation de ma boutique et son ouverture imminente, c’était toujours mieux que de penser à une éventuelle dépression post-partum ou même de penser tout simplement au début de ma nouvelle vie, dans laquelle je n’étais visiblement pas prête de me lancer.

Les yeux toujours fermés, j’entendis la réplique de ma voisine. En effet, je n’avais pas eu de mode d’emploi et le pire, c’était que je ne pensais pas en avoir besoin. J’avais vraiment cru que l’instinct maternel ferait le taff. Pourtant, j’avais trouvé mon bébé boursouflé et moche à la naissance, gueulard ensuite, et je n’avais pas la moindre idée de comment le calmer. Logiquement, j’aurais dû savoir comment m’y prendre non ? Pourtant, ce ne fut pas le cas. Bon, cela ne faisait que quelques jours, peut-être que je parviendrais à prendre les choses en mains par la suite. Mais pas aujourd’hui visiblement.

- Tu l’as dit, je ne pourrais même pas être là sans Mark !

C’était décidément un homme parfait au fond. Attentionné, capable de résister à la panique qui – je le savais – l’avait envahi à l’annonce de ma grossesse, et très doux sous ses airs d’Héritier prétentieux. D’ailleurs, pouvons-nous encore le nommer « héritier » ? C’était peut-être à Amy d’obtenir ce titre désormais. Tout comme ma mère, je n’avais jamais été trop une fanatique des histoires de familles à sang-pur, mais mon père l’est, ainsi que Mark. De façon moins exagérée que mon père certes, mais il est tout de même très fier de sa condition.

Mais revenons-en à notre chevelure violette ! Car c’était ce que nous avions prévu et le but était d’arrêter un peu de penser à tout cela pour se concentrer sur moi, au moins le temps d’un après-midi salvateur. Parler de ma boutique semblait donc un excellent sujet et je percevais qu’Aby avait senti que je ne souhaitais pas épiloguer plus que cela sur mon rôle de mère ratée. Alors qu’elle s’occupait toujours de ma tignasse qui – je n’en doutais pas – retrouverait toute sa forme et sa grâce, j’entrepris de songer à l’avancée de ma petite boutique. Tout allait dans le bon sens malgré le léger ralentissement de ces dernières semaines, à cause de l’aboutissement de ma grossesse.

- Ça avance doucement ces derniers temps, Mark ne m’a pas vraiment laissée bosser les semaines précédant l’arrivée d’Amy. C’est même la première fois que je reviens depuis un bon moment. Mais j’avais anticipé en prenant de l’avance, du coup j’imagine bien l’ouverture d’ici un mois grand maximum.

Ce serait l’idéal ! Changer de coupe ou de fringues n’allait m’aider qu’un temps à mettre mes idées noires – ou trop colorées – de côté. Il me fallait quelque chose à plus long terme et la gestion de cette boutique était l’élément parfait. J’allais probablement revoir du monde, principalement Coleen, pour le reste, j’avais préféré me débrouiller seule pour les quelques semaines d’après ouverture. Je trouverais plus de personnel en temps voulu et j’avais toujours autant de mal à déléguer. Sauf déléguer mon rôle de mère à Mark, papa poule professionnel.

- Et ici du coup, ça roule comme tu le souhaites ?

Elle avait probablement ignorée ma question à mon entrée en pensant à une simple formalité de politesse ou bien devant l’urgence de mon cas, mais cela m’intéressait de suivre la progression d’une nouvelle boutique, un peu comme la mienne. Bien que la sienne soit des plus originales et attrayantes !

- Tu vas me faire des mèches violettes alors ? demandai-je soudainement, un sourire mutin au coin des lèvres.
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MessageSujet: Re: Craquage post-partum   Sam 1 Avr - 21:32

Entre mes doigts, Demelza semblait se détendre. Bien que mon toucher soit hésitant, ma patiente (oui, à ce niveau là c'était pathologique) ferma les yeux et se laissa aller. J'avais eu raison de penser qu'un shampoing lui serait profitable, autant pour elle que pour ses cheveux. Cela lui faisait du bien de se laisser aller, de se faire chouchouter par une autre personne. Quelqu'un d'autre que son futur mari, peut-être même. Même si à l'entendre, il était en or. J'avoue, j'ai ressenti une pointe de jalousie à ce moment là. Demelza avait semble-t-il trouvé l'homme parfait. Cela me passa vite ceci dit. C'était le but de beaucoup de gens, de trouver l'amour, et cela finissait toujours par arriver. En tous cas, souvent. Y'avait pas de raison que je ne trouve pas aussi, le jour venu, mon propre Jules (pas de Roméo pour moi, le genre tragédie, à la vie à la mort tout ça... c'est pas mon style).

« Tu m'étonnes » commentais-je alors qu'elle disait que le parfait Mark l'avait empêchée de travailler en même temps qu'elle menait sa grossesse à terme. « Avec un tel mont devant toi, tu aurais fait quoi de toute façon ? Déjà que passer les portes les mains vide ça te demandait un peu de mise au point, imagine un peu avec les mains chargées. »

Sans compter la fatigue que ça devait causer de déplacer autant de monde en même temps, et puis le rasibus il devait en téter de l'énergie pour grandir dans le ventre de sa mère ! En y songeant même un peu plus, on pouvait s'imaginer le must : que Demelza donne naissance à sa fille dans la boutique. Ça aurait fait un peu tâche. Et je ne parle pas que de la perte des eaux sur le parquet de sa boutique. En bref, même si je n'avais jamais rencontré ledit Mark, je le soutenais tout à fait.

« Mais c'est bien si tu arrive à ouvrir sous peu, tu verras, c'est un parcours du combattant mais c'est génial. En tous cas moi j'ai adoré ! »

D'ailleurs, elle enchaîna sur ce sujet, me demandant, encore, comment ma propre boutique se portait. La première fois j'avais mis la question de côté, cette fois-ci j'y répondis de bon cœur.

« Ça marche plutôt bien. Surtout auprès des jeunes. C'est vraiment chouette. Et puis, grâce à ma sœur, j'ai aussi un pied à Poudlard, la vente par correspondance a du bon. Pour une boutique ouverte depuis un an, franchement, j'ai pas à me plaindre. »

A papoter comme nous le faisions, j'oubliais avec plaisir que mes doigts massaient son crâne depuis plusieurs minutes pour faire pénétrer l'après shampoing et aider Demelza à se sentir mieux. Le malaise avait à présent disparu et je continuais mon manège encore un peu avant de décider que c'était bien suffisant. Alors, je rallumais l'eau et rinçais sa longue chevelure avec soin, prenant garde à ce que le produit s'en aille entièrement. Et tandis que l'eau s'écoulait le long de ses boucles, j'acquiesçais à sa question.

« Bien sûr ! Le violet t'ira à ravir. »

J'envisageais déjà le résultat avec un plaisir non dissimulé. Comme elle allait être belle à la fin !

Je coupais l'eau et essorais doucement ses cheveux pour en faire couler le plus d'eau possible sans lui faire mal. Je fis tomber quelques gouttes de plus puis quittais mon poste. Repassant devant elle, je lui désignais l'autre fauteuil pour qu'elle vienne y prendre place.

« Viens là » fis-je en tapotant le dossier du fauteuil. « On va s'en occuper justement. Installe toi, je reviens. »

Je repassais côté boutique pour aller chercher mon nuancier (une règle en bois dans laquelle étaient coincées des mèches de cheveux déployant toutes les couleurs de l'arc en ciel, et plus encore) ainsi que trois potions violettes : lavande, magenta et violet (si on se fie aux fabricants, on tombe sur des noms à coucher dehors genre "purple with a purpose" ou "lucky lavender" sans parler de "Wiggentree chutney" -celui-là je sais pas où ils ont été le chercher-, donc je résume avec mes propres couleurs). Puis je rejoignais Demelza et lui posais mon butin sur la table juste à côté tandis que j'allais chercher un spray rangé dans le même placard que mes flacons de shampoing.

« Ce sont toutes les couleurs que j'ai en magasin, dis-moi laquelle te plaît le plus » l'enjoignis-je « Personnellement, je te conseille le lavande, ça ira bien avec tes yeux. Mais le violet tout court te donnerait plus de peps. C'est comme tu veux. »

Je la rejoignis enfin, mon spray à la main. Et tandis qu'elle faisait son choix, je m'assurais que ma baguette était toujours dans ma poche. J'allais en avoir besoin bientôt, il ne fallait pas qu'elle me fasse défaut.
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MessageSujet: Re: Craquage post-partum   Mar 18 Avr - 21:49


J’avais l’impression de rajeunir quelques peu. Après tout, c’était le but non ? Je n’étais pas bien vieille mais me retrouver avec une boutique à gérer et un enfant sur les bras, cela pouvait mettre un sacré coup de vieux tout de même. A seulement 24 ans, j’avais l’impression de déjà avoir la trentaine et de commencer ma vie qui serait ma vie d’adulte plus ou moins posée. Même si je n’étais pas du tout prête à cela, que ce soit psychologiquement ou même physiquement. J’avais encore envie de bouger, de faire plein de choses. Et me voilà prise dans la spirale de la vie d’adulte. Je n’étais pas certaine de pouvoir en ressortir un jour ou de pouvoir mettre « pause ». En tous cas, j’essayais de me redonner un coup de fouet grâce à l’aide précieuse d’Abygail.

En me regardant dans le miroir, me revirent en tête les différents aspects par lesquels j’étais passée durant toute la durée de ma grossesse. Avant, j’étais une jeune fille assez sombre, cheveux lisses, maquillage foncé et regard tueur. Puis j’avais évolué en jeune femme correcte, toujours avec ce brin  de sombre et de mystère, mais avec une légère classe malgré un regard toujours aussi agressif. Puis il y avait eu l’annonce de la grossesse. Là, je m’étais transformée en une espèce de larve – un peu comme maintenant – mais cela n’avait pas duré car j’ai très vite pris cet évènement du bon côté, attendant même le petit têtard avec impatience. J’étais ainsi redevenu classy, affichant ce large sourire et ce teint lumineux propre aux femmes enceintes épanouies. Et enfin, il y avait eu la naissance, pas spécialement difficile en elle-même, contrairement aux jours suivant durant lesquels, désespérée de la façon dont se déroulait ma relation avec ma fille, je m’étais totalement laissée aller, reprenant cet air de larve qui se laisse dépérir.

Mais tout ça, c’est terminé. Une nouvelle jeunesse m’attend !

J’avais souri aux remarques d’Aby, qui n’allait jamais par quatre chemins pour exprimer ce qu’elle voulait dire. Cela me faisait toujours penser à Poudlard et bizarrement, j’imaginai qu’on aurait pu être amies là-bas. En fait, j’avais eu autant de réticence à rejoindre Serpentard qu’elle en avait apparemment eu à rejoindre Gryffondor, avec ce sentiment que nous n’étions pas dignes. Mais les choses ont fait qu’on ne se soit jamais croisées. C’est probablement pour le mieux, notre rencontre sur le Chemin de Traverse annonçant une relation totalement différente de celle que nous aurions développée à Poudlard. Et cela me plaisait beaucoup plus.

J’espérai avoir la même motivation et satisfaction qu’elle lors de l’ouverture de ma boutique. Ce n’était certes, pas du tout le même genre de commerce, mais j’imaginais que les obstacles seraient plus ou moins similaires. D’après ce qu’elle affirmait, sa boutique marchait bien auprès des jeunes, ce qui n’avait rien d'étonnant. L’inverse aurait été plutôt surprenant à vrai dire. D’ailleurs, dans quelle catégorie me situait-elle ? Les jeunes aussi ? Je secouai la tête à cette pensée, refusant de m’attarder encore sur ce sujet alors que j’étais ici pour me changer les idées. Et pour changer de tête par la même occasion.

- C’est vrai que tu ne t’en sors pas trop mal. Pratique d’avoir un pied à Poudlard, c’est une bonne idée. C’est sûr que ça ne manque pas de jeunots là-bas, ça doit faire fureur !

Et voilà comment se classer soi-même EN DEHORS de la catégorie des « jeunes ». Je me pinçai les lèvres en réalisant ce léger détail. Tant pis, j’espérai que nous allions vite rester sur le sujet de ma prochaine couleur de cheveux. Et apparemment, nous étions parties sur du violet. Enfin, pas une tête entièrement violette, simplement des mèches. D’ailleurs, je me mis à penser que j’aurais bien aimé des mèches vertes finalement, j’aurais ainsi été accordée à la décoration de ma boutique. Peu de violet s’y trouvait d’ailleurs, mis à part dans quelques fioles et flacons exposés.

Alors que j’essayai de me décider entre les deux, je vins à l’endroit désigné par Aby et m’y installai. Alors qu’elle s’était éclipsée quelques secondes en arrière-boutique, je repensai à l’autre couleur. Et puis après tout, nous sommes des sorcières non ? Pourquoi ne pas faire une couleur de cheveux qui se modifie elle-même ? Selon le temps, l’humeur ou même l’endroit où l’on se trouve ? Parfois vert, parfois violet. Non ?
Distraitement, j’observai le nuancier qu’elle me proposait, me conseillant de me diriger plutôt sur le violet simple ou sur de la lavande. Je devais avouer que j’aimais particulièrement la couleur lavande.

- C’est partit pour lavande alors ! Lâchai-je enfin. Et tu crois que… ce serait possible deux couleurs qui s’alternent ? Je pensais à du vert pour la seconde, évidemment. Selon l’humeur, ou la température par exemple, ce serait sympa, non ?

Sinon, juste du violet irait très bien. Enfin, de la lavande. Pour la coupe en elle-même, je me demandais ce qu’elle allait me faire. Me rafistoler mes ondulations, les lisser ou carrément les boucler ? Pourquoi pas les boucler, après tout, j’étais là pour faire peau neuve. En tous cas, j'étais tout à fait prêt à me laisser aller à son expertise, trop impatiente de découvrir le résultat final !
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MessageSujet: Re: Craquage post-partum   Sam 17 Juin - 18:36


Je me laissai donc faire entre les mains expertes de la jeune demoiselle en qui j'avais une confiance aveugle tant elle maîtrisait son sujet, chose rare de nos jours. J'en profitai donc pleinement et tentai de me détendre un maximum. Aby était revenue de l'arrière boutique avec plusieurs fioles violettes et je culpabilisai un peu de devoir lui réclamer un nouvel aller-retour pour tenter la teinture alternante violette-verte. Je voulais pouvoir manifester ma colère sans pour autant hurler ou casser quelque chose et cette teinture verte allait me servir grandement. Ainsi, Mark saurait qu'il ne faut pas me titiller alors que mes pointes prendraient des teintes verdâtres qui lui rappellerait probablement notre passé de Serpentard à l'école. Nous n'étions pas les personnes les plus aimables que l'on puisse trouver là-bas ! Et nous n'étions probablement toujours pas catégorisés comme des personnes sympathiques mais cela m'importait peu de nos jours. J'avais grandi, lui aussi, et nous étions passés à autre chose. Autrement, comment pourrais-je être là, à me faire manipuler la tignasse par une Gryffondor ?

Les yeux fixés sur l'ancienne rouge via le miroir, je pu observer comment elle s'y prenait pour colorer les cheveux de ses clients. Les fioles restaient sagement posées à côté d'elle alors qu'elle mouvait sa baguette, répandant la couleur aux endroits souhaités. En direct, je pu ainsi constater que les extrémités de mes ondulations se teintaient de violet. Et c'était plutôt agréable, cela me changeait beaucoup. Contrairement au vert qui viendrait plus tard. Je me félicitai d'avoir choisi le changement de coiffure pour marquer ce gros tournant dans ma vie. Après tout, c'est ce que font la plupart des gens, non ? Les femmes du moins, changer de tête symbolisant parfaitement une sorte de renouveau. Comme une rupture, un divorce ou au contraire un mariage ou... un enfant. Je n'avais aucun doute sur la fiabilité de cette méthode : j'allais me sentir mieux, je le savais. Une renaissance.

Après plusieurs tournoiements de baguette et incantations, Aby termina enfin d'appliquer la teinture émeraude au bout de mes mèches et s'attela à la coiffure. Elle parvint sans mal à harmoniser le tout, à souligner les ondulations naturelles de ma chevelure et à mettre en valeur ces nouvelles couleurs. Je n'aurais plus qu'à me remettre au maquillage afin de ne pas avoir l'air d'une poubelle divinement coiffée. Durant tout le processus, elle avait bien pris soin de tenir la conversation, probablement pour que j'évite de me morfondre dans mes idées noires. Je n'imaginais même pas un ami agir ainsi, alors voir ma "coiffeuse" le faire, c'était presque touchant. Je me demandai alors si elle était comme ça avec tout le monde ou si nous avions eu une sorte de feeling amical. J'espérai qu'il s'agisse de la seconde option bien sûr, mais j'éviterais de me faire la moindre illusion. Et puis, j'aurais le temps de confirmer cette hypothèse étant donné que nous allions nous croiser souvent. Nous étions voisines après tout.

Le travail terminé, je m'observai dans le miroir. Mis à part le maquillage qui manquait toujours, je me sentais réellement revivre ! Je ne savais pas comment remercier Aby - mise à part la payer bien évidemment - alors je songeais à, pourquoi pas, lui refiler ce dont elle avait besoin dans ma boutique, quand elle en aurait besoin. Pour ce qui s'agissait de ses teintures, elle pourrait trouver du choix dans mes plantes - normalement non en vente - afin d'y obtenir des pigments. Je regardai ensuite mon look et en conclue qu'il fallait vite que je procède au changement afin de porter les nouvelles fringues que j'avais achetées en début d'après-midi.

- C'est parfait ! annonçai-je comme une évidence, avant de payer la demoiselle pour ses services. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à passer, je ne suis pas loin.

Je lui adressai un sourire aimable que peu de gens jusqu'à maintenant avait eu l'opportunité d'apercevoir. Je vins ensuite récupérer mes affaires qui étaient posées dans un coin pour m'approcher de la porte de sortie. Après un dernier regard dans l'un des nombreux miroirs qui couvraient les murs de ces lieux, je me tournai vers elle.

- Merci pour tout !

Là encore, des mots que je prononçais rarement étaient sortis de ma bouche. Je franchi finalement la porte afin de rejoindre ma propre boutique qui ouvrirait prochainement. C'était décidément une journée qui annonçait une toute nouvelle vie.



The End


HJ : Désolée du double post, je conclue le sujet, avec l'aide et l'accord d'Abygail.
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