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Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

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 Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]

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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Ven 7 Juil - 12:47

L’heure cheminait et Alieksandr éprouvait quelque affection, comme faible pincement du côté du poumon à l’idée de laisser filer Saoirse dans une proximité temporelle trop entreprenante à son goût. C’était un sentiment familier au marcheur qu’il avait été dans les monts lointains de l’Europe orientale : peu avant l’extinction de l’astre le soir, l’immensité rocheuse séquestre les lueurs du ciel diurne entre ses pentes et ravines, puis les achève cruellement adagio au cours du crépuscule ; elle offre aux ténèbres les rênes étoilées de la voûte céleste.
 
Charmante répartie, toutefois. Elle lui apparaissait, cette fois, verte et printanière, allure de nénuphar, peinte de couleurs fraîches et vives à la semblance de la nature tempérée. C’était étrange, car il avait très bien le souvenir de la première impression qu’il avait eu d’elle quelques heures auparavant : des traits de jeune femme pensive arborant un masque de comédienn... Non, plutôt... jouant un masque  neutre, mais fardé de larmes sèches, invisibles, mais beiges et pâles sur une peau de toile de lin, mulquinerie adroite : batiste ou linon, comme les clown tristes d’autrefois. Un brasero qui devait être claquemuré dans une maison trop grande et chauffant mal : il avait la conviction que quelqu’un comme Saoirse ne pouvait tirer la source d’un attristement de la seule lassitude du travail. Il ne se pouvait guère, selon lui, qu’elle se fut soudainement rendu compte d’être une propagandiste superbe et que cela la brisa. Que cela ne la frappe que maintenant le surprenait comme détonation, mais il ne l’excluait pas faute d’autre explication.
Alors à quel moment s’était-il trompé ? Il la voyait rayonnante et l’avait vue assombrie. Une petite voix suggérait que peut-être il aurait dû voir maintenant les ombres sur elle comme il n’aurait pas dû les remarquer le matin-même. Il y en avait en effet, de sombres lueurs, qui formèrent fugacement certes, une image sur sa rétine et une idée dans sa tête, mais elles filèrent aussitôt entre les doigts de ses yeux (oui).
Qu’importe tout cela, il savait qu’il n’y pensait que parce que, conquis par l’aisance de Saoirse, il la trouvait (malgré son peu d’expérience en matière de Britanniques il était certain que là n’était pas la question) brillante. Brillante quand, bien qu’ardemment surprise, elle parut davantage épatée qu’incrédule quant à ses desseins ; à défaut de meilleurs mots. Brillante quand elle lui répondit. Et très sérieuse.
Au fond à quel point l’était-il lui-même ? Pour diriger le Ministère il lui faudrait d’abord y entrer. Rien de trop difficile en soi, mais où ? Quand ? Et comment ? Ces trois là restaient à voir. Auprès de qui se lier pour gravir le plus rapidement possible, sans pour autant se compromettre jamais  ? Matière incertaine encore sans réponse.
D’abord il devait accomplir son acte de métamorphose et se prouver à lui même qu’il avait fini son cursus avec maestria. S’il parvenait à devenir animagus, cela serait pour lui le signe définitif de son succès.

Quand on croisait son regard, elle mettait indéniablement ardeur et probablement point d’honneur à le soutenir sans ciller, une rage de femme qui couvait en elle. Mais en même temps, il voyait constamment se colorer ses joues, ce qui lui donnait, c’était trompeur comprenait-il véritablement enfin, l’apparence d’un caractère impressionnable. Elle évoqua sa mère, puis son frère. Et de ces informations, Aleksey se souviendrai avec difficulté des mois plus tard en rencontrant le conteur : grave, beau et gris-brun dans un festival, aux flancs des vallées des Highlands, habillées de plateaux, lochs et collines. Finalement ce bout d’échange, conclut par un mot sur la robe du Magenmagot lui assura presque que le juge Shepherd était bien son père. Il la laissa parler puis interrogea en auditeur assidu.

-Vous nagez donc sur une mer de voyants et d’oracles sibyllins.

Et un peu plus tard derrière ça dans un murmure, lâché tel une confidence, un peu il est vrai la réponse du berger à la bergère.

-C’est un tempérament fort, vous le savez… Dangereux même. Un peu comme une baguette puissante. Il s’agit de lui donner un maître, en l’occurrence, une égide dont émanera du sens. Je crois avoir un caractère analogue, si je puis vous donner mon conseil, pesez constamment vos options, forgez vos choix et n’hésitez pas longuement. Battez-vous pour vous, resplendissez sur les autres qui vous en sauront gré.

Reportant momentanément son attention sur sa fourchette, Alieksandr se sentit observé. Il releva la tête pour croiser derechef la vue aveline de sa comparse et éloigner l’insistance que portait cette observation. Les armes qui touchent autrui peuvent me blesser aussi. Son frère... Il répondit du tac au tac et en cillant une fois. Information enregistrée.

-Vous me le présenterez si l’occasion se fait jourr, j’espèrre ? Je ne doute pas un instant qu’il soit un homme charrmant en ce cas.

Alieksandr avait longtemps considéré la majorité des hommes sous les frondaisons hautes et rudes de la concurrence, comme on lève la tête sous la frimousse d’un vieil et grand arbre. Un atavisme anachronique sans doute, il n’en avait jamais douté mais cela l’avait construit. Il amenait amis, cousins, camarades sur son terrain pour les dominer puis jouait à leurs jeux.
C’était à cet instant de sa vie, alors qu’il avait déjà nettement grandi, vieil adolescent, qu’il avait apprit la défaite. Sans enjeu. Les échecs lui avaient longtemps résisté, mais en stratège tenace il s’accrocha, lu les maîtres, appris les ouvertures et les parties simples au prix d’efforts nocturnes. Il parvint bientôt à tenir la dragée crochue haute à ses contradicteurs et condisciples de Durmstrang. Il conservait pour ce jeu et son échiquier sorcier aux fidèles pièces de bois et d’ivoire, qui lui faisaient désormais confiance, une amitié sage.  Les jeux d’adresse n’impliquant pas l’usage d’une baguette magique étaient sa grande faiblesse. Il excellait dans tout ce qui demandait de l’endurance, de la patience et le mélange de force, de savoirs et d’habileté qu’avaient nécessité ses études et le début de son âge adulte. Mais véritablement, il lançait trop au hasard, visait approximativement à main nue et s’il faisait preuve d’une élégance gestuelle rare il n’avait jamais véritablement su expliquer d’où lui venait cette gaucherie quand on mettait de coté la magie.
Il était amusé de se demander quel genre d’adversaire pouvait être le frère de cette étonnante Saoirse, curieuse et imprudente autant que composée et naturelle, dont l ‘intonation traduisait une certaine admiration, à moins qu’il eut mal entendu. Son grand-frère en ce cas probablement ( il lui semblait que les yeux des gens s’éclairaient plutôt d’une sorte d’instinct de protection lorsque l’on évoquait -positivement- ses frères et sœurs cadets et ça n’avait pas été le cas crut-il). Pour Aleksey qui était fils unique mais avait grandi avec d’autres enfants (qui lui étaient tous, fussent-ils plus grands, inférieurs et qu’on obligea très tôt à le regarder avec déférence), c’était tout un monde que celui de la fratrie et il voyait un grand bazar tapageur régulé par des adultes, fait de gnomes jetés pêle-mêle au chaudron, bris de vaisselle et d’affections discrètes, données en soirée dans la chaleur des étés, sur un perron avant de se quitter un an pour le collège, au sortir d’un train quand arrive la Noël, ou machinalement.
Saoirse eut quelques mots franchement effrayés sur l’hypothèse de la fin du Code. Il prit sa voix la plus chaude pour chasser ces vapeurs empoisonnées.

-Je sais les progrès des moldus et leur facilité à semer mort et destruction. Mais notre magie ne s’est pas amenuisée non plus. Nous réalisons aujourd’hui des prouesses égalant celles de anciens. Voyez le sérum H, les travaux de Shelley dont vous devrez encore me montrer les notes que vous avez prises ( il lui fit un clin d’œil entendu) et quant au domaine de l’évitement des dangers le degré d’accomplissement des sortilèges et rituels de protections.
Cela se préparera bien sûr, et il faudra montrer baguette blanche, mais ils devront se fier à nous et nous à eux. Nous n’avons pas le choix. Ni eux, ni nous,
répéta t-il. Le monde sera, non point mort, mais condamné et nous tous avec si nous ne faisons rien, d’ici un siècle au plus.
Il déglutit et ponctua.

-Je crois d’ailleurs que la violence des moldus est derrière eux, plutôt que dans leur avenir, comme pour les loups-garous raffinés.

Autrefois la majorité d’entre eux pendait un homme sans se soucier de prouver sa culpabilité ou le faisait monter au bûcher pour l’embraser, comme au temps de la Fantasque. Ils donnaient leurs prisonniers aux lions et se  montraient cruels, même entre eux, se réduisant en esclavage par générations entières. Toutes ces choses, ils ont fini par les comprendre et leur forme de vie est en évolution non plus seulement pour la technologie mais aussi pour les mœurs qui sont plus libres et proches des nôtres. N’ayez crainte et, de grâce, faites attention à votre assiette, ce ne sont jamais que des moldus, je mettrai deux Aurors devant votre porte pour vous protéger.


Aleksey ignora si ses enfantillage étaient la bonne formule, mais Saoirse se calma et retrouva sa contenance. Comme ils ne disaient tous les deux, il se sentit bien disposé à l’égard de cet effarouchement de jument sauvage qui avait saisit soudainement la journaliste.

-La peurr est le héraut de nos erreurs. Il faut conduire, guerrrroyer nos ennemis quand il devient regrettable d’hésiter parce qu’ils nous y poussent ; tout en cherchant l’apaisement avant la victoire. Les Bulgares célèbrent la Noël selon d’autres façons que les Occidentaux, je pourrai vous les dire une autre fois si la chose vous intéresse, mais non... j’ai toujours su pour le conte. Avoua t-il a regret.

Mais je vois ce que vous voulez dire m’est avis : il est rageant et crruel d’apprendre qu’on a été trompé et le cœur peut s’enflammer. Mais que voulez-vous ? Il y aura toujours des esprrits vaillants pour renverser le vieux monde et ses héritages dépassés, je sais que mon heure viendra… Aux deux sens du terme
, ajouta t-il après une courte pause durant laquelle il prit soin de regarder Saoirse, comme pour qu’elle puisse voir au fond de ses yeux sombres combien était profonde sa conviction. Je vais suer sang et eau pour arrriver au zénith et je commencerrai à dégringoler dès que j’aurai mis un orteil dans la robe de Ministre de la Magie. Vous êtes trop subtile pour croire à une fin du monde que vous ou les fils et filles de vos petits-enfants verront, sans pour autant que cela ne remette ne question la possible condamnation du monde  -on peut être condamné à de longues années de souffrance et de peine-, aussi pour quelle raison ne pas jouer le rôle que vous choisirez ? Si l’on ne peut éviter qu’une chose advienne, on dit qu’il faut la souhaiter.
Je le ferai, pas parce que c’est mon idée, pas parce que c’est mon destin, écrit dès avant que je naisse par la Providence, ni même pour une histoire de devoir - je ne suis pas un champion -, mais parce que j’arriverrai à réconcilier les chosess chez les mages que nul autre ne pourra rréparer mieux que moi.


Il se mua en spectateur un court instant, sentant ou croyant sentir que Saoirse ne voulait pas aller plus loin dans le débat et se proposait de clore tout cela par une idée de son invention. Elle repassa donc par la lucarne de grâce et de frivolité, du sixième art.

-Vous ne devriez pas, je vous assure. J’ai fui beaucoup de mes apprentissages de salon due dimanche pour apprendre à jeter mauvais sorts et enchantements des plus amusants. Tout juste si j’arriverai à ne pas rendre vos deux pieds bots en ne les piétinant qu’une mesure sur deux.

Il exagérait évidemment, à en croire la malice qui se lisait sur sa face ciselée de latin oriental, infiniment plus mirliflore que rude homme. Son œil vif et lumineux quoique très terne piqua pour suivre le bras tendu de Saoirse. Il ne bougea pas ses bras lorsqu’il fut effleuré et suivit de la tête la petite main décidée. Lorsqu’il reporta son attention dans les yeux avelines, l’air d’attendre une explication mais très flegmatique, attitude très bien adaptée à Londres. En effet, cette audace qui n’écorchait guère les bonnes manières (il avait appris que la Grande-Bretagne était le pays des bonnes manières et qu’il y avait cent mille choses à savoir pour se tenir comme une femme ou un homme du monde et pourtant il ne se souvenait pas clairement de l’article du règlement des loyaux sorciers anglais qui interdisait à une femme de piquer une part dans l’assiette d’un inconnu) lui semblait entrer, paradoxalement, dans le peu qu’il se souvenait des codes de conduites, et déduisit à la teinte qu’avait prise la carnation de Saoirse qu’il semblait quand même un peu embarrassant que d’agir ainsi.

Avec son mouvement gracile habituel, il ouvrit les mains une nouvelle fois, dans un geste apaisant et serein.
Mais tout à coup, l’air sévère, il répliqua avec un seul sourcil froncé, interrogatif:

-Vous vous proposez de goûter à tous mes plats ? Sachez, dit-il après lui avoir laissé le temps de répondre, que si l’idée est d’ainsi accélérer le rythme de notre déjeuner, vous êtes dans l’erreur. Vous allez, au contraire me devenir indispensable, car de nos jours, on ne trouve plus un goûteur digne de ce nom. Il se garda d’ajouter qui ne soit pas un Elfe ou de ne faire aucun commentaire en ce sens, car il croyait vite comprendre que ne pas passer pour un orifice de troll requérait en Angleterre de ne pas se laisser aller à molester ses inférieurs, mais au contraire de les traité avec justice et retenue. C’est du moins ce qu’il se dit en lui-même. A la place il prit un ton pompeux et officiel qui jurait grandement avec son personnage de dandy et de ses mots surannés il s’élança :

-Si en revanche vous persistez dans cette voie, sachez aussi qu’il ne m’est pas loisible que vous fussiez affectée à ma protection. Je ne doute pas que vous excelliez dans cet office, mais je crains qu’au vu de l’imprudence que vous n’avez de cesse de déployer, acceptant repas, compliments et  dialogues avec des inconnus issus de mages noirs et moult autres imprudences que je ne manquerai de vous adresser par Artémis quand j’en aurai achevé le compte, je ne sache pas qu'il me soit sécuritaire de confier ma survie à votre impétuosité.
Mais j'espère vous rencontrer à nouveau. En vue d’autres imprudences c’est entendu
, ajouta t-il a demi seulement encore dans son rôle, à demi narquois.
Sur quoi, il se remit à déjeuner, comme avec hâte, sans doute tout à la protection de ses mets. Au bout d’un moment, il revint sur le prétexte qui avait prolongé leur rencontre.

-Vous en savez désormais beaucoup sur moi et moi un peu sur vous, suffisamment pour vous apprécier. M’en diriez vous plus sur notre ami commun, Mr. Shelley ?
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Ven 14 Juil - 14:22

Au diable Shelley et son foutu temps.

Le temps, elle aurait voulu pouvoir s’en jouer. Le retourner, l’arrêter, le suspendre, revenir en, arrière, réparer quelques bêtises malgré ce qu’annonçait le chercheur sur les conséquences de telles entreprises.

- Vous pensez sérieusement qu’après de telles révélations je vais vendre mes infos au futur dirigeant de ce pays ? Merlin, j’aurais trop peur que vous ne le fassiez brûler de crainte qu’il ne parvienne à changer le cours de votre vie. Plaisanta-t-elle.

En réalité, elle avait seulement envie de poursuivre la discussion avec lui, peu importait le sujet. Shelley, plat du jour, tarte, Bulgarie…

Si à la mention de son frère, le pincement, vif, était revenu aussi puissant que des mois durant, il avait suffi qu’il embraye sur un autre sujet pour que la douleur s’atténue et ne passe au second plan, recouverte par l’intérêt. Il suscitait tous les bénéfices d’un anesthésiant sans en apporter l’engourdissement habituellement indissociable de ces choses-là. Bien au contraire, il réveillait son être là où le reste du monde lui avait paru si fade. C’était comme un baume qui endormait la douleur et éveillait l’esprit.
De par son métier, les rencontres étaient nombreuses et les sujets souvent intéressants. A quelques exceptions près ou la bêtises se conjuguait à l’incompétence et qui valait tout de même le coup d’être vécu ne serait-ce que pour la postérité de la chose. Cependant, l’intérêt qu’elle avait lors de ces entretiens était professionnel et son enthousiasme devait bien souvent être poussé par le besoin qu’elle avait d’extirper quelques informations.
Aleksey en revanche, avait éveillé la part franche et naturelle de sa curiosité, suscité un intérêt personnel et induit une conversation comme elle les aimait. Faite d’échange de boulets de canons au milieu de quelques roses. L’homme était complexe et intelligent. Suffisamment mystérieux pour ne pas être prévisible et à la fois empli d’une assurance qui rendait chacun de ses propos crédibles, alors qu’elle les aurait balayés d’ironie s’ils avaient été dans la bouche d’un autre.

Elle avait souri à la mention de sa nage au milieu d’oracles. Elle en était plutôt au stade de la noyade au vu de ses prouesses aquatiques. Elle vouait une sainte horreur à l’eau. Disons plutôt, qu’elle en avait une peur incontrôlable et préférait prétendre ne pas aimer ça. Cela rendait les choses plus simples et évitait les moqueries. De l’accident qu’elle avait vécu plus jeune en passant à travers la glace, elle avait conservé des cauchemars de noyade et s’était peu à peu persuadée qu’elle était tout simplement, incapable de flotter (oui, ça existe). Lùan puis Ezio avait bien tenté, à tour de rôle, de lui apprendre à nager et elle avait bien fait quelque progrès avant qu’Ezio ne rentre à l’Ibas (elle ne coulait plus comme une pierre mais flottait quelques secondes avant de paniquer). Puis les leçons avait pris fin avec le départ de son frère et chacun était persuadé qu’elle savait maintenant nager. Ce qui était entièrement faux, elle n’avait remis les pieds dans l’eau qu’à deux reprises. Le jour où Joachim l’avait jetée à l’eau pour s’amuser (on avait frôlé le drame) et lors du bestiaire magique où un calamar avait tenté de la noyer (un jour, elle vous raconterait ça en détail, sinon vous pouvez toujours demander à Brenna Quinn).
La mer, les lacs, les lochs restaient pour elle des splendeurs si l’on concédait à la laisser sur la rive les deux bottes bien implantées dans la terre. Monter dans un bateau restait une expérience amusante si elle pouvait rester la main crispée sur sa baguette. Quand à aller nager, cela restait exclu, évidemment.

Alors se battre contre le courant prenait une toute autre dimension pour elle. Celle de la survie. Car peu importait ses choix, le seul fait de se laisser emporter par les flots la condamnerait à couler comme une pierre. Mieux valait tenter de jouer les saumons.

Elle repensa à sa dispute avec Ezio et son envie de se jeter dans l’eau pour le voir obligé de sauter pour la sauver. Parfois, lui traversaient l’esprit de drôles d’envies. Celle de tenter les choses les plus dangereuses et les moins sures. Juste pour se prouver qu’elle en était capable. A moins que ce ne soit dans le but de se demander si l’on s’inquiéterait pour elle ou non.
Ce jour-là, elle avait regardé ces cubes de mètres d’eau salée comme l’ennemi en personne. Un simple mouvement de jambes, un tout petit pas en avant et elle aurait fait le grand plongeon. Peut-être même aurait-elle eu la fraction de seconde nécessaire pour lire l’épouvante dans les yeux de son frère.
Mais aurait-il sauté ce jour-là ?



Un homme charmant. Voici un qualificatif qu’elle pouvait ajouter à ce qu’on pensait d’Ezio en le rencontrant. Charmant c’était le mot qui convenait, vraiment. Le charme de ses grands yeux doux et son sourire avenant, le tout enrobé d’une voix à charmer les serpents. Charmant, donc.
Et au fond c’était aussi un homme capable de vous effacer de sa vie avec la facilité des coups de gommes qu’il mettait à ses dessins. Une esquisse ! Voilà ce qu’était les gens finalement dans sa vie. Simple aquarelle dont il s’emplissait à une période pour mieux les ranger dans un cartons à dessins ensuite. Et le pire, c’est qu’il le revendiquait.
Ok, elle était injuste. Et médisante. Et en colère. Et franchement impartiale à ce jour. Mais le pincement au cœur était revenu si vif après avoir été relégué tout le temps de ce dîner à une douleur plus sourde qu’il lui coupa le souffle avec la violence d’un ouragan lorsqu’il mentionna la rencontre.

- Avec plaisir. Avait-elle sifflé en réponse.  

Elle se garda d’ajouter le moindre commentaire, bien qu’ils aient surgi dans sa tête avec toute la violence dont elle était capable.

Si d’avance je savais où le trouver, s’il avait du temps et l’envie de me revoir. S’il avait gardé un pied sur terre … Je vous le présenterais avec plaisir. Priant même pour voir s’affronter vos opinions et qui sait, vous regarder utiliser vos talents de duelliste sur lui. Bon, après je serai obligée de vous tuer parce que je le regretterais probablement mais sur le coup, j’avoue que je suis très tentée.

Elle replongea son regard sur l’homme, ce mélange de sérieux, de sévérité et champion d’estoc des expressions les plus étonnantes.

Vous n’avez aucune idée d’à quel point je suis prête à vous confier mes deux pieds pour une danse, M. Menroth. Dussiez-vous en faire deux cales à bateaux.

De la frivolité, de la légèreté et de l’humour. Voilà ce qui manquait parfois à son monde. Elle lui sourit avec une pointe de mélancolie. Depuis quand n’avait-elle pas dansé ?

Bondissant sur la plaisanterie lancée à vive allure, elle monta en marche et le suivit de bonne grâce.

- Si vous imaginez que le but était de raccourcir nos entrevues, vous vous poivrez le chaudron tout seul. Affirma-t-elle avec un sérieux parfaitement feint. Bien au contraire, je cherchais à faire mes preuves. Quant à mes imprudences, nous en reparlerons. Qui vous dit que vous êtes pour moi un inconnu. J’ai peut-être effectué des tonnes de recherches sur votre cas avant de prétendre tomber sur votre chemin au chaudron baveur… C’est en retour que je m’interroge sur votre capacité à survivre dans un monde de requin où la première petite journaliste venue obtient de vous une interview sans avoir dû auparavant vous donner sa carte de presse…

Abandonnant ensuite tout sérieux, elle s’autorisa un sourire plus franc qui dû lui ôter une bonne dizaine d’années. Oui, ça faisait jeune. Et alors?

- Vous ne devriez pas douter de mes talents quant à la protection. J’ai survécu malgré deux frères aînés et croyez-moi, ils n’étaient pas en manque d’imagination pour me mettre dans des situations aussi rocambolesques que dangereuses. Je suis relativement inventive et ma réputation d’empoisonneuse n’est plus à faire. Ironisa-t-elle. Vous seriez en totale sécurité, contrairement à vos ennemis.

Elle marqua un court temps de pause au cours duquel elle repensa à la vie que devait avoir un garde du corps. Celui de Campbell était réputé pour son efficacité et sa discrétion. L’homme de l’ombre n’était jamais loin, mais sa vie privée semblait inexistante tant il était difficile d’avoir des informations. Il avait d’ores et déjà sauvé le ministre de situations qui lui aurait certainement couté la vie et paraissait indestructible. Comment choisissait-on un garde du corps ? Par petites annonces ? Existait-il une agence qui vous présentait les hommes les plus redoutables ? Elle nota pour plus tard de se renseigner sur le sujet.

- Quoi qu’il en soit, je suis toujours prête pour d’autres imprudences. Je suppose que je ne serai pas difficile à retrouver si d’avance elles vous tentaient.  Risqua-t-elle, un peu honteuse.

Détournant un regard qu’elle sentait coloré, elle plongea dans son sac et en sortit une liasse de feuilles parcheminées d’une écriture régulière qui paraissait prendre plaisir à utiliser la place comme bon lui semblait.  

- Et bien moi qui croyait que vous dîniez avec moi pour mes beaux yeux, je vois qu'en tout bien tout honneur, c'était bien Shelley que vous visiez. S'amusa-t-elle.Vous êtes certains de vouloir vous plonger là-dedans ? J’ai encore d’autres questions en réserve qui n’impliquent ni calculs scientifiques, ni paradoxe temporel. Lança-t-elle toujours rieuse, en déballant le tout sur la table.  Alors, version courte ou longue?
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Sam 22 Juil - 18:06

Le cousin Tobias ( qui lui serait devenu, quelques semaines plus tard, ce qui se rapprochait le plus d’un ami -il considérait l’amitié d’abord par l’angle de la dévotion-) le lui avait dit, plusieurs années auparavant lors d’un voyage à Tain. Avant même qu’il soit un homme fait et alors que Tobias venait de dépasser le paroxysme de sa gloire. «On ne sait jamais vraiment lorsqu’un mouvement t’échappe ou lorsque tu joues quelque chose. C’est très … subtil . ».

Il avait alors un peu plus de quinze ans et son cousin venait de terminer une carrière exemplaire de joueur de Quidditch, laquelle, couronnée de succès, l’avait propulsé tour à tour en jeune premier, athlète admiré, coqueluche des feuilles de chou, personnalité d’influence, personnage respecté et cela s’était conclu par une autorité de vénérable divinité au nord du mur d’Hadrien et du golfe de Solway et il  avait toujours eu, depuis lors, de la place au spectacle comme dans les restaurants. Il n’y avait pas assez de jours pour qu’il réponde au tiers des invitations et comme c’était un solide sorcier élevé dans les Highlands par une famille aisée à la destinée soudée à celui des Menroth de Tain, qui n’avait jamais été personnellement dans la clarté jusqu’à ses exploits, il développa ce caractère mi extravagant mi réservé, rarement véritablement enjoué qui lui allait comme une cape.

Tobias donc, qui n’avait jamais véritablement pensé à décider des aléas du monde et vivait une vie de chef de meute taiseux, méticuleux et ombrageux avait vu en son cousin Alieksandr un alter égo dont l’égo justement allait surpasser le sien. Étonnamment ce qu’il n’avait jamais accepté sur un balai il le prenait comme peccadille les pieds sur terre et il allait se charger de présenter le patriarche de Menroth’s Hall à la communauté magique durant les mois qui viendraient. Il se composerait surtout, avec placidité, en présence de celui-ci une affectation diligente de majordome, dont, et cette éminence grise, gros nuage brillant sorti du soleil d’un après-midi d’été le savait, son cousin aurait grand besoin pour se faire entendre du monde. En voyant comment le bulgare surplombait ce colosse qui avait conquis l’Écosse  - et-au delà car il incarnait un idéal de souplesse et de force physique ; son vol était toujours planant et il était beau comme un philtre d’amour-, mêmes les moins sagaces remarqueraient qu’il y avait dans le nouveau Menroth, toute la furie d’un intriguant assez emporté pour donner des vertiges aux âmes prêtes à les souffrir.

Mais à cette heure l’intriguant avait sur son visage un de ses mélanges d’expressions maints fois décrits ici : émulsifiant la fougue, le calme et une douceur trompeuse, il se montrait peu limpide, tourbé, encore que, la durée de la rencontre et le plaisir qu’il y prenait manifestement donnait un indice flairable sans ésotérisme. Saoirse pensait-il, était assez sagace pour inférer que ce breuvage avait une pointe d’amer au goût; ils sentaient tous deux probablement qu’un long temps devait se passer sans qu’ils ne se revissent, par faute de prétexte autant que parce que certains filtres mijotent longtemps sur leur chaudron. Et dans le calice qu’ils buvaient ensemble la potion se tarit, comme au milieu d’une bataille arrive un événement qui suspend le cours du temps. Pour un temps.

Alors sans rien dire pour le moment, le jeune homme observa qu’elle ne répondit qu’à peine à ses paroles sur son frère et cela se nota quelque part au fond de lui. L’échange se fit léger et cette ombre passa. Il ne revint pas dessus.

Saoirse scintilla à nouveau, d’un lueur bambine qui arracha un tic à Aleksey. Ce faisant, elle prenait les commandes, car il avait quitté si tôt l’enfance, au gré de l’histoire de sa courte vie, qu’il ne lui était pas possible de dominer son enchantement devant l’éclat d’un tel sourire mutin. Peut-être prit-il à son tour quelque couleur plus chaude, mais le flegme de son visage ne se démentit pas par le moindre tic, au contraire, il souriait avec une apparente assurance qui n’avait d’égal que son désarconnement soudain, mais passager. Incontestablement elle était très vivace cette prosatrice fougueuse mais triste qui avait jailli au cours, même pas sinueux, d’un matin de mars ; et quand bien même il n’avait rien fait pour le vouloir, il était tombé comme Hylas. A différence, notable, qu’il savait qu’à son âge un cœur sec s’embrase vite et que, même emporté par une nymphe au fond du loch, sa résolution à atteindre ses objectifs était telle qu’il pouvait prendre le temps, faire une longue chute avant d’être englouti. En pensant à la légende de l’Argonaute, il se dit que lui au moins, avait la chance de pouvoir vivre en même temps deux passions. Il était, se dit-il, un seigneur, maître d’une maisonnée puissante, le champion de la magie et il lui fallait une équipe, à bon seigneur tout honneur et un entourage pour renverser les anciens. Saoirse en serait. Il convoitait auprès de lui son adresse, sa beauté et sa fausse candeur. Et, de sa vie, quand il avait voulu quelque chose ou quelqu’un, par passion ou raison, il n’avait jamais cédé. Au contraire ce qui n’avait pas plié, il l’avait enflammé jusqu’à ce que les cendres, qui ne s’opposent plus à rien, retombassent à ses pieds sur le sol, bercées par le vent.

Elle lui parlait de ce qu’il n’aurait aucun mal à la retrouver et brasilla dans ses yeux une nitescence carnassière, la foudre dans l’oeillade du loup, qui incendia son regard sombre comme un cheval sauvage, puissant, libre qui se cabre au clair de lune et repart d’une furieuse galopade.

-Je vous en prie Saoirse, endorrmez vos questions, ou vous résoudrez bientôt plus de mystères que je ne puis vous fournir. Mais je n’ai aucun doute quant au fait que vous ne soyez capable de tirer encore des choses de moi tout en m’évoquant ces travaux que vous me cachez encorre si sournoisement que j’en viendrrais à douter qu’ils existent  si je n’étais persuadé qu’au fond vous ne me le cachez que pour que je ne revienne vers vous. Mais soyez rassurée, je vous convoite dans mon camp bien plus que l’ombre de Shelley, et vous serez contrainte de m’accorder d’autres entretiens, dussé-je pour cela jeter moi-même sur le Chemin de Traverse niffleurs, dragons et serpencendres !

Et il fit un geste  : sa main droite, qui était posée sur la table attrapa sa baguette, tournemain sans murmure et apparurent entre eux deux pelotes de fils blancs et rouges qui, à l’intérieur d’une minute se tressèrent sous les mouvements de son poignet. Ce furent bientôt deux petites poupées, l’une à dominante rouge et l’autre à dominante blanche, entièrement faîtes de la laine qui cillaient avec l’air de lutins espiègles, liées ensembles à leurs chefs par un entrelacement des deux fils et qui, sur une injonction subite se levèrent d’un bond et marchèrent vers Saoirse dans un ballet comique dû surtout au ridicule de leurs courtes pattes. Sautillantes, elles tenaient dans la main, fut-ce dans une petite main, et l’invocateur les présenta.

-Ce petit couple est une martenitsa. Ces deux personnages, des pompons traditionnels célèbrent la fête du 1er mars. Vous me pardonnerez, j’espère, de vous l’offrir tardivement mais je ne vous connaissais pas voici deux semaines. Ils celèbrent le printemps, la fin de l'hiver et le renouveau des terres et portent bonheur. Puissent t-ils, dit-il psamoldiant quelque chose en bulgare, vous apporter la paix, le bonheur et la joie.

Et, comme si leurs jambes étaient lourdes de les avoir porté, les deux pompons s’assirent, côte à côte.

-Petit cadeau qui ne vous dispense pas de respecter votre parole mais vous autorise, si vous le souhaitez, à reporter vos confidences sur Shelley et à m’esbaudir de vos dernières malices.

Il disait cela avec un plein sourire, qui transformait en douces caresses les remontrances.
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Dim 30 Juil - 16:31

Il vous suffirait d’un chien. Se murmura-t-elle.

N’était-ce pas ainsi, après tout, qu’avait été entamé cet étrange tour de danse ?
Elle repensa à cette journée particulière, à ce chaos, qui avait l’espace de quelques heures mis sens dessus-dessous ce même chemin de traverse. Elle se remémora l’aisance avec laquelle il maniait la baguette et qui ne l’étonnait plus dès lors qu’il lui avait avoué être ancien duelliste.

- J’espère bien que vous m’accorderez vos prochaines interview en exclusivité plaisanta-t-elle.Je ne vous ai pas encore demandé votre couleur préféré, la provenance de la laine de vos chaussettes ou la composition de votre baguette...

« Je vous convoite dans mon camp. » Les paroles étaient aussi douces qu’effrayantes. Le plaisir non dissimulé qu’elle pouvait avoir à entendre la flatterie de la part d’un homme aussi sûr de lui et ambitieux, n’avait d’égal que l’ignorance qu’elle se connaissait quant au camp en question. Elle songea avec amusement que l’homme parviendrait à rendre attrayant n’importe quel camp, qu’il fut infesté de niffleurs ou pire encore. Le danger venait souvent de la faculté qu’ont les hommes à être d’excellents orateurs. De leur facilité à convaincre sans démontrer, de leur aisance à charmer sans jamais se dévoiler plus que ce qui n’était prévu.

Elle accueilli Pizho et Penda d’une main timide. Voir marcher vers elle deux poupées envoyées par un homme qui menait une danse similaire à celle d’un cobra la fascinait tout autant que cela la renvoyait à une prudence dont elle savait parfois manquer. Avait-elle jamais eu une poupée ? Interrogeant sa mémoire et l’image de sa chambre d’enfant, elle réalisa que la réponse était non. Préférant de loin les jeux de garçons, un peu brusque et dotée de deux spécimens fascinants à étudier, elle n’avait jamais pris le temps ni la peine de s’assoir avec une poupée sur les genoux. Les histoires qu’on lui avait raconté à propos de ces dernières (merci Ezio) lui intimait une certaine défiance vis-à-vis des sortilèges dont elles pouvaient être le relai.
Alors que le couple s’asseyait sagement face à elle, elle les ramassa pour les observer de plus près. Bien que la tradition ne lui soit pas inconnue, c’était en revanche, la première fois qu’on lui en offrait une. Il fallait avouer que ses fréquentations jusque-là manquait de duelliste Bulgare aux manières si troublantes.
Alors qu’elle tâchait de se remémorer la symbolique dissimulée derrière les couleurs (Rouge sang et blanc pureté ? Trop facile. Il s’agissait sûrement d’autre chose. Elle se promit d’effectuer quelques recherches), elle capta les dernières paroles d’Aleksey. D’un sourire coupable, elle s’accorda à les trouver charmantes. Elle avait toujours eu un faible pour les cadeaux personnels et faits baguettes. La valeur lui importait peu, le symbole derrière en revanche pouvait lui tirer quelques larmes le cas échéant.
Instinctivement, sa main se porta autour de son cou, où dissimulé sous les diverses couches de textiles à même sa peau, se trouvait le bois sculpté d’Ezio.

- Paix, bonheur et joie. Voilà un programme qui ne se refuse pas. Glissa-t-elle avec une malice empreinte de nostalgie.

Alieksandre Menroth êtes-vous homme à croire aux porte-bonheur ?

Elle estima après l’avoir observé à nouveau d’un air taquin qu’il serait plutôt du genre à provoquer lui-même sa chance et son bonheur. A l’aide de quelques tours de baguettes et sourires dédiés au but à atteindre.

Le problème avec le bonheur c’est qu’il vous glissait entre les doigts comme les poils de boursouflets. A la différence qu’on essayait souvent, en vain, de se débarrasser de ces derniers quand on courait désespérément après le bonheur. Evidemment, la plupart du temps, on ne constatait sa présence que parce qu’il était trop tard et qu’il venait de s’enfuir à grande enjambées avec votre ex et la moitié de vos économies. Ok. No amertume. Ça donne des rides. Tout ça pour dire que la plupart des gens ne réalisaient qu’ils étaient heureux que quand c’était trop tard. Parfois, on captait un moment de grâce. Assis sur un banc avec un pote et une bièraubeurre, à se dire qu’après tout, c’était ça le bonheur. Même si certain préférait les chèvres violonistes. Chacun son truc.
Alors, oui. Une bonne dose de bonheur, avec plaisir.

De la paix ? Encore plus.

- Vous êtes doué. Annonça-t-elle abruptement, volontairement évasive.Dans de nombreux domaines qui s’éloignent du duel. Le tressage de fil, par exemple. Sourit-elle avec malice en observant les deux poupées. Il est magnifique, merci. Ajouta-t-elle avec sincérité. Je tairai mes questions pour vous éviter de devoir m’avouer que vous reprisez mieux les chaussettes que moi. Lui glissa-t-elle sous le ton de la confidence.

A la table du fond, Slugh et sa cour se levait après avoir réglé l’addition. Saoirse fit mine d’observer le mur et ses plantations artistiques lorsqu’ils passèrent non loin. Autant pour éviter d’attirer l’attention sur eux que pour s’épargner l’éventualité douloureuse que Slughorn la voit sans même la remettre. Le bruit dans l’établissement s’amenuisa fortement pour le plus grand étonnement de la petite journaliste, qui jusque-là, n’avait été concentrée sur rien d’autre que les paroles d’Aleksey.

Alors que le serveur s’approchait d’eux pour leur proposer café et desserts, Saoirse réalisa que ce repas prendrait bientôt fin. Qu’elle retournerait à son article et la bombe qu’elle avait entre les mains depuis quelques mois maintenant. Qu’elle ferait à nouveau la conversation d’un ton faussement enjoué pendant qu’elle s’ennuierait des sujets proposés et du manque de répartie de ses collègues. Qu’elle donnerait le change à son chef tout en le fustigeant royalement dans ses rêves pour sa mollesse et son manque d’ambition individuelle. Qu’elle retournerait à ses silences et ruminations, sa culpabilité masquée sous une colère qui la dévorait.
Tandis qu’elle détaillait sans plus de dissimulation l’homme qui lui faisait face, elle prit la décision de brûler la lettre qui croupissait dans son sac. Dans un entêtement étrange de petite fille, elle se prit à rêver de voir émerger Aleksey sur la scène politique et d’avoir le véritable honneur de pouvoir alors choisir son camp (Après en avoir étudié chaque recoin) d’un point de vue professionnel. Que les choses bougent enfin et que le courant se décide à prendre un sens ou l’autre, pour qu’elle puisse le remonter jusqu’à la source.

Commandant machinalement un dessert chocolaté, elle poursuivit ses malices et profita de la délicieuse compagnie de l’homme jusqu’à ce qu’ils prennent congé l’un de l’autre. Notant mentalement tout ce que lui disait Aleksey, qu’il s’agisse de plaisanteries ou choses plus sérieuses, à moins qu’il n’ait dissimulé l’un dans l’autre, elle se promit de trouver un moyen ou un autre pour se trouver dans son chemin à nouveau.  

Alors qu’elle remontait le flot de passants pour s’en retourner aux locaux de la Gazette pour y préparer le travail de la soirée, elle se surprit à sourire le nez en l’air. D’un sourire qui n’avait rien de celui qu’elle offrait depuis des mois. Elle songea avec malice qu’il y avait peut-être un peu de bonheur dans ce dîner. Elle glissa une main dans son sac et caressa d’un doigt la laine de la Martenitsa en se demandant si elle n’allait pas finir par croire au porte-bonheur aux voyants et au destin.


- The end -


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