Météo du Moment

Nous sommes en mai 2017. 

L'Écosse organise la première
édition du festival de
Greenock.
De nombreux moldus ont
répondu au rendez-vous.
Ils ignorent que parmi eux,
Et sur l'impulsion d'Adam
Campbell, des sorcières et des
sorciers participent eux aussi
au festival.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Un mouvement de panique a été enregistré sur le chemin de traverse le 24 février 2017.
Venez rejoindre le sujet commun Panique sur le chemin de Traverse!

Pour ramener Shawn Evans sur le forum
Tapez #1
(Si tu pouvais ramener tes fesses maintenant qu'on a tous tapé 1!)

Miss Shepherd,
ce n'est pas beau d'espionner les gens...
Le festival de Greenock
n'attend plus que vous! Il est temps de poster!

Campagne de dons entamée:
#BuyEzioShepherdaMac

Il semblerait que ce soit plus urgent que jamais...

WAKE UP TOUT LE MONDE!

On s'endort! Tous à vos claviers pour éviter le naufrage!

Monsieur Menroth ,
Nous vous avons à l'oeil...

Partagez | 
 

 Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
avatar






Age du personnage : 21
Messages : 62
Localisation : Chaudron Baveur
Scolarité : Durmstrang (07-14)
Université : 2 ans Etudes Supérieures sur les Loups-garous
Occupation : Ex-duelliste

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Sam 6 Mai - 11:41

Quitte ou double jeune homme. Tu as lancé la chasse. Tu peux perdre la piste sur une erreur d’appréciation, elle peut à tout moment cesser de te laisser le bénéfice du doute. Il y a beau avoir un certain nombre de sujets qui fragilement vous lient désormais, ce n’est rien qu’un souffle de vent de frais ne saurait balayer, qu’une averse de neige inattendue ne saurait recouvrir. Et sans traces, sans chemin à suivre, le meilleur chasseur n’a plus qu’à s’en remettre à sa chance, peut-être un peu à son instinct.

Allons, le jeu en vaut la chandelle.
Il est interdit de ne pas avancer lorsqu’on rencontre autrui par hasard. Le temps s’échine à dénouer le peu de commun, presque aussi vite qu’on le créé, il file entre les doigts.

Par ces quelques états d’âme, Alieksandr s’était convaincu de jouer plus serré. Ils ne se reverraient jamais, Saoirse et lui, n’en saurait jamais plus l’un sur l’autre, si n’advenait pas une passerelle vers une raison de se voir bientôt. Au fur et à mesure qu’ils avaient discuté, tous deux passant par diverses dispositions, son esprit avait très clairement mentalement formé un projet et celui-ci était de se rapprocher de la jeune femme dont il appréciait autant l’esprit que la vivacité et les pruderies. Elle oscillait entre une forte confiance en elle et des hésitations qui, pour n’être pas la règle, donnaient l’impression de ne pas être le comportement habituel de l’Écossaise.  C’était exactement comme si elle avait eut, d'ordinaire pour caractère le visage plus emporté qu’elle lui avait dévoilé par éclairs, cachant sa force.

Et tu es surpris qu’elle se soit mise sur la défensive ? Tu ne devrais pas écouter cette fille quand elle te dit que tu n’es pas louche. C’est elle qui est trop curieuse voila tout.

Cet amusement et ce sourire intérieur devinrent évidents quand, quelques minutes plus tard, Saoirse eut répondu. Mais pour l’instant, Alieksandr n’avait même pas encore prononcé son invitation  et en apprenait plus sur le sieur Shelley, Octavius et ses recherches. D’emblée, bien que distrait de ces considérations de métaphysique magique par des pensées que nous avons déjà décrites, il se demanda si tous les Retourneurs avaient bien disparus. Le ministère anglais était, à sa connaissance le seul à en avoir jamais possédés. Mais par quel prodige n’y en aurait-il pas eu un caché quelque part ?

La seule idée de voyager dans le temps donnait à ses ambitions des proportions fantastiques. Aleksey qui n’était pas un homme raisonnable, évacuait de son esprit les limites classiques. A quoi bon voyager dans le temps si ce n’est pour créer des paradoxes ? Et il voulait en savoir plus. Mais, comme il n’avait fait que hocher une face marquée par l’écoute et de répondre « Absolument pas, je vous écoute avec attention », Saoirse dut avoir le temps de regarder l’heure. Il se passa un instant de silence, comme répit dans la musique. Chaque chose en son temps.

On ignorait tout ou presque de la fabrication de ces artefacts.
Son propre père avait aussi étudié jadis ces mystères occultes. Pendant le second règne du Seigneur des Ténèbres, il était même devenu l’un des hommes de confiance à l’intérieur du Département des Mystères au service de celui-là. Effrayer les langues-de-plombs et percer leurs secrets. Alieksandr savait même, par sa mère, que c’était d’étudier les mystères qui les avait sauvé tous les trois. L’un de ces mystères, la connaissance d’une magie particulière, avait permis à son père de comprendre ce qui se passait, et pourquoi son maître serait bientôt vaincu. C’était ce savoir, cette science des actes profonds de la magie qui l’avait poussé à faire protéger sa femme et son fils en les envoyant à Nessebar, presqu’ile de la mer Noire, où, sur le flanc de l’Europe, était située la Maison Grise. De style grec, c’était une vieille bâtisse blanche et colonnades grisâtres, où Alieksandr avait grandi. Mère, elle-même n’en savait pas plus. Depuis qu’il avait sauvé sa famille, Lars Menroth était même parvenu à sauver sa vie. Ses amis les plus proches, les Mangemorts de l'époque, n’avaient plus ni souvenirs ni pouvoirs et vivaient une lamentable vie de moldu, employés grisonnants de maussades bureaux.

Aleksey regarda un instant une ribambelle de jeunes sorciers au fort accent de Galles disparaître vers la cour qui menait au Chemin de Traverse ; il se trouva quelques secondes comme dans une étrange rêverie. Saoirse vint dans le songe pour l’en tirer. Elle le dévisageait avec l’expression espiègle qu’il n’avait alors qu’entraperçut. Il répondit, de sa hauteur, toujours droit, le geste rare, impeccable, économe. Malgré cette fausse raideur d’esprit il perçait dans son regard une lueur pâle, tamisée qui témoignait du fait qu’il était indubitablement entré dans la danse. Une danse de sabbat pour ensorcelés et ensorceleurs. Il humecta ses lèvres avant de répondre, d’un ton faussement surpris qui était très amusant. Tandis qu’il répondait, il eut un sourire progressif et un geste d’ouverture avec les bras.

-En vérité Saoirse, c’est vous qui devrriez vous méfier. Je satisferai une part de votre curiosité, mais si vous m’en demandez trop, je devrai me défendre. Méfiez-vous qu’on n’en vienne pas à de telles extrémités car alors, même si vous connaissiez, par extrraordinaire, quelque juge au Magenmagot, il ne saurait vous tirer des griffes d’Aleksey l’Interrogateurr.
A tout à l’heure, je suis enchanté d’avoir fait votre connaissance.


Cela dit, Aleksey se leva sans quitter la jeune femme des yeux, très heureux de pouvoir faire cette allusion, laissant entendre qu'il en savait beaucoup plus que ce n'était le cas ; il s’inclina et fit volte face. En prenant soin d’offrir à Tom un regard suffisamment froid pour qu’il se taise, il emprunta l’escalier qui montait à l’étage et quitta la pièce d’un pas tranquille.

*


Là, il commença l’écriture d’un courrier à l’adresse de ses cousins du nord, les écossais, puis biffa le tout et regarda l’heure à la pendule. Onze heure vingt. Sa cape noire sur les épaules, il transplana. Il apparut devant le numéro 93 du Chemin de Traverse. Satisfait d’avoir si justement transplané, il poussa la porte du grand magasin et entra, les sens aux aguets.

Il flâna paresseusement dans le magasin. Comme il avait une somme rondelette en poche, il acheta quelques objets qu’il rangea dans les poches ensorcelées de sa cape. Il y avait de la Poudre d’obscurité instantanée (il travaillait sur la création d’un sort ayant cet effet et souhaitait s’inspirer de cet artifice), et une paire d'oreilles à rallonges. Il était passé, circonspect, devant la ribambelle de philtres d'amour soldés (la Saint-Valentin étant passée de quinze jours) qui agitait une dizaine d'adolescentes. Mais son esprit était ailleurs. Quelque chose lui disait que peut-être Shepherd pouvait représenter un danger. Il se pouvait que, à force qu’il lui en dise sur lui, elle se mette à rechercher des informations que lui-même devait garder par devers-lui. C’était une journaliste de la Gazette après tout. Mais bien entendu il avait très envie de la voir et puis, un gentleman ne saurait se défiler comme un gnome.

Peu avant midi, sa longue cape noire l’entourant, il quitta le magasin des Weasley et se fit indiquer la direction de Pirouette et Badin qu’il ne situait plus. Le pas mesuré, il progressait en avançant avec sa grâce habituelle. Non point frêle, non point lourd, mais d’un subtil mélange car il avait, sans jamais sembler flotter, le pas léger d’une Vélane.

La foule était forte de marcheurs qui allaient déjeuner avant de reprendre le travail. L’on croisait des sorciers et sorcières qui portaient de formelles redingotes et d’importantes cravates. Ils affectaient un mélange de décontraction et de dynamisme qui les rendait un peu tristes, qu’ils déjeunassent seuls d’un sandwitch assis sur un rebord, ou en groupe, bruyants et parlant forts, multipliant les blagues lourdes et évoquant le dernier Nimbus qui, pour ne pas valoir un Éclair niveau accélération et maniabilité, était le meilleur choix comme balai de course pour un amateur, car moins capricieux.

Les yeux d’Aleksey avisèrent à quelques trente-cinq pas la devanture de Pirouette et Badin. Il arriva bientôt devant la vitrine opposée marquée «Saveur & Basilic ». Son cœur était léger malgré l’air frais du midi et le ciel couvert qui menaçait à tout instant de tomber en pluie drue. Il entendait les pas résonner sur le Chemin de Traverse, comme le tonnerre des rires d’une nuée d’enfants espiègles et il voyait distinctement dans la foule compacte un lys d’eau sur le loch d’où sortirait Saorise, comme une nymphe jaillie d’un nénufar. Et, comme Hylas en Bythinie, il savait qu’il pouvait basculer, passer outre le miroir de l’eau pure et gésir dans un palais sous la terre, prisonnier d’un gouffre où l’on ne peut qu’entrer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t286-alieksandre-menroth#1757
avatar






Age du personnage : 25
Messages : 282
Localisation : London
Scolarité : Gryffondor (2002-2009)
Université : Norma de (2009-2012)
Occupation : Journaliste à la Gazette

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Sam 13 Mai - 23:41

Après son départ, elle était restée quelques minutes sur sa chaise, un pied replié sous elle, toujours dans cette quête de grandeur. Le menton au creux de la main, elle n’entendit pas Tom lui demander s’il pouvait débarrasser ou si elle souhaitait autre chose. Tout à la dernière réflexion de l’homme, elle laissait la bride libre à ses pensées et son imagination, ne pouvant se résoudre à imaginer qu’il avait jeté ça au hasard.
Le juge Shepherd était suffisamment impliqué dans des affaires de notoriété publique pour qu’il ait fait le rapprochement des deux noms. Une partie d’elle avait envie de croire qu’il avait dit cela pour la faire sourire, tandis que l’autre s’évertuait à envisager qu’il lui avait lancé un avertissement, peut-être malgré lui.

Alors que Tom reposait sa question, elle lui répondit évasivement par l’affirmative sans savoir ce à quoi elle avait répondu exactement.
Ses yeux étaient encore fixés sur les marches qui avaient fait disparaître Aleksey. Le niveau d’intérêt qu’elle lui portait allait croissant. Le personnage était un mélange de force et de mystère avec cette petite touche de danger qui lui avait toujours plu. Pleinement consciente d’aller droit au-devant des ennuis, elle ne pouvait cependant envisager de ne pas s’y rendre et en courant qui plus est. Pendant ce temps-là, Tom avait entrepris le débarrassage du petit-déjeuner conséquent. Il jacassait gaiement (si tant est qu’on puisse le qualifier ainsi) et avait le bon goût de fournir questions et réponses, laissant ainsi toute latitude aux rêveries de Saoirse.

Que pouvait bien lui vouloir ce type ?

C’est toi, qui vient de l’inviter. Il n’a rien demandé, lui.

Elle avait, par le passé, pu se rendre compte qu’elle avait tendance à surimaginer les situations les plus banales. Imaginant tours et détours là où le chemin s’avérait des plus rectiligne. Si ça se trouve, cet homme était tout simplement seul, comme il l’avait dit et ravi de partager un moment avec une autre personne. Point. Pas de complot machiavélique, ni une quelconque attirance et pas la moindre petite menace à l’horizon.

Et sinon, toi, tu lui veux quoi finalement ?

Dans un haussement d’épaules qui aurait concurrencé ses aînés, la jeune femme rassembla ses affaires d’un coup de baguette et quitta l’établissement, sa besace à l’épaule.


Les locaux de la Gazette étaient particulièrement silencieux. Tout le monde s’affairait avant le grand rendez-vous de journée. Saoirse en profita pour repasser dans son bureau récupérer les documents dont elle aurait besoin pour la soirée et lire son courrier. Le petit paquet de lettres soigneusement empilées sur le coin gauche de son bureau la fit sourire. Elle avait toujours adoré recevoir du courrier. Au point qu’enfant, elle tannait tout son monde pour qu’on lui fasse parvenir des missives. A l’époque, son frère Ezio s’était gentiment prêté au jeu, lui envoyant régulièrement des nouvelles de Poudlard, des dessins, de simples petits mots qu’elle collectionnait depuis (et continuait à le faire) dans une boîte entièrement dédiée à ça. Et puis, il y avait eu Joachim.


Elle aurait été bien incapable de dater exactement le jour de leur rencontre. Lui, peut-être, le pourrait. De son côté, elle aimait à imaginer qu’ils se connaissaient depuis toujours. La mère de Joachim était la guérisseuse de celle de Saoirse depuis des années et les familles avaient fini par tisser des liens d’amitiés qui avaient bien vite rapproché les deux enfants du même âge.
L’ami de toujours avait été présent dans de nombreuses étapes de la vie de Saoirse et c’était toujours prêté à la moindre de ses inventions farfelues avec une patience qui lui permettrait un beau jour de prétendre à l’obtention de la médaille du mérite.

Lorsqu’elle avait développé cette marotte « lettres », il s’était, lui aussi, plié en quatre pour la satisfaire. Ils avaient alors entrepris une fabuleuse aventure, visant à dresser le hibou de la famille McEwan à relever et déposer leurs courriers secrets dans une boîte tout aussi secrète à savoir, un vieux mur en pierres de l’île de Skye pour elle, une vieille souche d’arbre aux alentours d’Inverness, pour lui.
Après quelque mois, le hibou pour le moins coopératif (et fortement soudoyé à grand renfort de gâteaux) avait entamé sa mission avec beaucoup de succès et les deux enfants avaient entamé une correspondance régulière et assidue de secrets d’une importance capitale. C’est ainsi qu’ils avaient rédigé leur premier pacte. Il avait, certes, été suivi de beaucoup d’autres, mais revêtait une importance toute particulière pour Saoirse...


12 juillet 1997, sur les marches du perron de la maison Shepherd.


En ce frais matin , elle s’était retrouvée seule et désespérée sur l’escalier de bois du perron. Elle avait passé l’année scolaire à attendre le retour de ses frères à la maison, et ces derniers se trouvaient en début de vacances d’été, en proie à divers besoins qui n’étaient pas compatibles avec sa présence enfantine. Lùan était parti pour un stage de quidditch d’une semaine et Ezio, après avoir passé des mois dans un dortoir et des salles bondées, était entré en mode « absence physique et mentale », partant tôt le matin, revenant silencieux le soir, profitant soi-disant du calme et des grands espaces qui lui manquaient parfois.
Ce fameux matin-là, elle était donc assise sur le perron, en chemise de nuit, ayant eu tout juste le temps d’enfiler ses bottes de pluie (la première paire qui passait), persuadée qu’elle arriverait à temps pour accompagner Ezio. Son frère devait pourtant avoir quitté la maison bien plus tôt puisqu’il n’était plus dans son lit et que tout était désert et silencieux quand le jour se levait à peine.
Déçue, contrariée, et furieuse aussi, la fillette se tenait depuis le tragique constat devant la maison, à scruter l’horizon désespérément vide, ses petits poings serrés contre ses joues rebondies, le regard noir et les sourcils froncés. Elle avait à cet instant, maudit la moitié des habitants de la terre et voué l’autre moitié à des sorts bien plus terrible encore.

Après un bon quart d’heure d’élaboration de plans divers et variés, elle s’était brusquement levée et avait couru droit devant elle, se refusant à pleurer sur son sort. (Oui, difficile à croire, mais enfant, elle ne pleurait pas. C’était venu avec l’âge, hélas.)
Ses pas rendus maladroits par les bottes de pluie boueuses qui avaient fini par peser bien lourd, l’avaient conduite vers le mur en pierres faisant office de boîte aux lettres. Après s’être appuyée contre les vieilles pierres pour reprendre son souffle, elle avait, à tout hasard, jeté un œil vers la pierre descellée qui servait de dépose courrier. La vision de la petite enveloppe lui avait tiré son premier sourire de la journée. Quelques mots, à peine, d’une écriture hésitante, pleine de fantaisies et faisant appel aux rébus pour les mots les plus complexes, mais qui avaient su réchauffer son petit cœur meurtri.
Ce fut précisément ce jour-là, que, saisie d’une brusque inspiration, elle s’empara de plume et parchemin cachés sous une autre pierre et rédigea le premier article du Neverending pact.


   
Nervenending Pact
« Article 1. Nous, Saoirse Shepherd et Joachim McEwan, jurons devant les fées, les trolls et les dragons que nous serons toujours là l’un pour l’autre, même vieux et flétris par le temps. Même si l’un de nous épouse un pauvre abruti qui cherche à nous éloigner, même si nous vivons sur deux planètes différentes, même si l’un de nous devient ministre de la magie, nous promettons de toujours répondre présent à l’appel de l’autre. »

PS : Dis, t’es d’accord ? Si oui, signe là.

PS 2 : avec ton sang.





Ce même pacte qu’elle conservait bien caché dans sa boîte à souvenirs. Entre temps, ils avaient soigneusement recopié le tout. Je vous laisse deviner pourquoi.





Agitée de la même excitation que jadis à la découverte des enveloppes, elle parcourut rapidement les yeux celles qui trônaient sur sa table, cherchant comme lorsqu’elle était plus jeune à en deviner l’expéditeur et espérant secrètement qu’Ezio en ferait parti, pour s’excuser. Evidemment, ce ne fut pas le cas, mais lorsque glissa entre ses doigts la cinquième enveloppe, son regard se figea soudainement et le sang déserta ses joues.

Jetant un coup d'oeil rapide en directions de la porte, elle s'assura que personne ne l'observait où n'était en passe de franchir le seuil de son bureau. Après avoir constaté qu'elle était bien seule, elle agita sa baguette en direction de la serrure et verrouilla la porte. Elle put alors reporter son attention sur l'enveloppe parcheminée qu'elle tourna et retourna dans tous sens.

Les lettres typographiées ne laissaient aucune place au doute. Son cœur manqua un battement en y lisant son nom. Elle n’ignorait rien du contenu, même si les mots différaient parfois. Ses doigts se crispèrent autour de l’enveloppe et elle s’autorisa quelques secondes de peur, de colère même, avant de reprendre son sang-froid. Pas plus de 10 secondes.

Compte jusqu’à 10. Un…deux… trois… quatre…





La réunion se déroula sans elle, qui bien que présente, s'abstint de tout commentaire. Alors que chacun exposait son sujet du jour, elle demeura silencieuse, observant chacun de ses collègues avec une suspicion qu’elle dissimulait derrière un air innocent.

Lequel ?

Lorsque chacun pu retourner à ses occupations, elle échangea trois mots avec ses collègues. Rapides, précis et efficaces, de façon à ne pas se perdre en babillages inutiles. De retour dans son bureau, elle ouvrit son tiroir, parcouru une seconde (bon, peut-être dixième, ok) fois la lettre des yeux et la déposa ensuite avec les autres, dans le double fond du même meuble. L’air sérieux, elle fit une dernière fois le tour de toutes les informations avec logique et méthode et finit par se percher, en tailleur sur le rebord de la fenêtre d’un air songeur. Après quelques minutes d’attente silencieuse, elle agita sa baguette en direction du couloir et bien vite, un carton des archives déboula en lévitant dans son bureau. Toujours sans un mot, elle l’ouvrit d’un sortilège et éparpilla divers articles et documents sur lesquels revenait sans cesse un nom : Larsen Menroth.

Avec dix minutes d’avance sur l’heure fixée, elle quitta les locaux du journal, confirma à Pearce leur rendez-vous pour le match et sortit sur le chemin de traverse. A ce moment de la journée, il semblait s’animer. Au premier rayon de soleil de la sortie de l’hiver naissaient parasols et terrasses devant la devanture des nombreux petits cafés qui fleurissaient comme un champ de coquelicot. Bien qu’aujourd’hui, le soleil soit plus absent que le bon sens chez certain, les terrasses étaient là, dépourvues de leurs atours solaires. Malgré la menace pluvieuse, les gens s’attablaient dehors, comptant probablement sur un bon impervius pour les protéger en cas de pleurs célestes.
Elle déjeunait seule depuis quelques semaines, ayant refusé la dernière invitation de Lùan. Avec lui, c’était facile, il ne relançait jamais et acceptait la moindre excuse (même la plus mauvaise). Econduire sa mère avait été plus compliqué, mais elle avait prétendu avoir beaucoup de travail, ce qui n’était pas faux. Ce qu’elle désirait par-dessus tout, était d’éviter d’avoir à répondre à des questions personnelles à des gens qui la connaissaient trop. Il aurait fallu entrer dans les détails et la conversation l’aurait probablement affaiblie, elle n’avait pas besoin de ça pour le moment. Elle aurait certainement murmuré le nom d’Ezio, on lui aurait servi la même soupe, elle aurait attendu le soir pour pleurer, rien de neuf sous l’absence de soleil. Donc inutile.
En déjeunant avec Aleksey ce midi, elle avait un peu l’impression de les trahir, tous. Elle en retirait, certes, un peu de culpabilité, un brin d’amusement mais cette sortie avait par-dessus tout quelque chose de très excitant qui dénotait complètement de tous ces derniers jours. Face à lui, elle s’était sentie différente. Méfiante, surprise, intéressée, amusée, mise à nue, suspicieuse. Voilà qu’en l’espace d’un petit-déjeuner, il avait chassé la morosité ambiante qui tentait de l’étouffer depuis des semaines. Elle avait dévoré les informations glanées ça et là avec un appétit qui l’avait pourtant déserté ces derniers temps. Entre obnubilation étrange et fascination.
Elle se surprit donc à sourire distraitement, alors qu’elle se jetait consentante, dans la gueule du garou. Sans cesser de se répéter qu’elle était folle, elle avançait mutine, parmi la foule et déboucha devant « Saveurs et Basilic » en peu de temps.
Elle n’en mit pas plus pour le trouver parmi la foule. Avec sa haute taille et son allure altière, il était particulièrement reconnaissable. Il était enveloppé dans une cape noire dans laquelle elle aurait pu s’enrouler au moins trois fois et qui tombait autour de lui avec l’élégance que seuls possèdent les gentlemen. L’étrange idée qu’elle aurait dû se changer lui traversa l’esprit avant qu’elle ne se reprenne elle-même, s’accusant de trollerie. Elle se dirigea vers lui d’un pas sûr et rapide, légèrement bondissant, et s’approcha suffisamment près pour pouvoir lui glisser d’un ton taquin :

- J’ai contacté mon juge personnel au Magenmagot, nous avons pu aborder le sujet de vos griffes. Pas d’inquiétude, je maîtrise parfaitement le sortilège limongles.

Bien entendu, c’était faux. Mais elle tenait à lui stipuler qu’elle n’était pas dupe et qu’elle avait parfaitement saisi l’allusion à son père. Savait-il seulement qu’il s’agissait de son père ? Ou avait-il lancé une bouteille avec un nom tout au plus, à l’intérieur ?

- Vous avez faim j’espère ? Malgré tout ce que vous avez pris ce matin ? Lança-t-elle innocente en poussant la porte de « Saveurs et Basilic ».


Honteuse et confuse:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
avatar






Age du personnage : 21
Messages : 62
Localisation : Chaudron Baveur
Scolarité : Durmstrang (07-14)
Université : 2 ans Etudes Supérieures sur les Loups-garous
Occupation : Ex-duelliste

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Dim 21 Mai - 0:36

La contre attaque. Laisser venir à soi puis férir. Avoir lancé toute son habileté sur cette tactique, après une excellente instruction aux solides bases, aurait dû faire de lui un esprit patient, lent à se jeter dans le gouffre du risque. Les longues séances consacrées à la maîtrise technique, de cette doctrine perfectible transformerait n’importe quel effervescent en très méthodique stratège.
Fort heureusement pour lui, une autre école l’avait déterminé et, comme elle lui avait permis d’ excaver des forces significatives, elle l’emportait sur toute autre chez lui. Il était devenu l’imprévisible joueur qu’il était à présent.
Se faire passer pour un patient le rendait encore plus imprédictible : il pouvait très bien chercher à tuer un affrontement dès la première passe. Comment ? Très commodément, sa façon à lui c’était de, dès lors qu’il se sentait en délicatesse, donner de fausses informations à l’adversaire. Suggérer que le danger ne venait pas directement de ses sorts et, se lançant dans la longue conjuration d’un maléfice, informuler un simple Sortilège de Découpe au moment où l’adversaire, convaincu d’avoir l’espace pour attaquer, passait en garde offensive. Il attaquait sur la ligne au moment le plus attendu, de façon inattendue car inespérée. Là il laissait s’exprimer l’aisance avec le geste qu’il ne pouvait cacher. Pour fendre, rompre, esquiver, pour remettre, parer ou riposter, non plus que aux parades et contre-ripostes, il trouvait rarement quelqu’un pour lui répondre avec une égale fluidité.
Ensuite, des mois durant, il faisait varier sa manœuvre, se reposait face aux adversaires les moins vifs sur d’interminables conjurations de flammes et revenait, dans un combat important, à cette esbroufe.
Il jouissait, en outre, d’une habileté défensive louable, endurant, il se dépêtrait de situations en faisant durer les affrontements les plus ardus, fatiguait ses adversaires et passait à l’attaque en faisant ce qu’il appelait un « doublé » ou un « emballé ». Doubler une attaque c’était, en un laps réduit jeter deux sorts. Une stupéfixion et une Maléfice de Conjonctivite successifs pouvaient ainsi remporter la décision car un duelliste inattentif, trop occupé à dévier ou repousser le premier assaut, voyait pour quelques instants son champ de vision se réduire. C’était handicapant et Aleksey, qui n’avait jamais eu une vue très claire à l’horizon le savait fort bien. On emballait un sort lorsqu’en prononçant sa formule, on informulait autre chose, sans jamais avoir jeté jeté le sort dont on venait de prononcer la formule. Non content d’être relativement difficile à maîtrise, ce n’’était très pratique que jusqu’à un certain niveau. Puis, les legilimens et les occlumens ( ces derniers, dont faisait partie Aleksey ne prononçant jamais un seul sort et n’écoutaient pour ainsi presque rien durant le combat) prenaient le pas et se jouaient de ces ruses avec désinvolture.

Le fait que ces réminiscences de sa carrière de combattant lui revinssent au moment où Saoirse jaillissait comme le diable au détour d’un couloir était parlant. Avec elle il s’agissait bien d’un jeu, mais pas d’un duel. Difficile à encaisser ça, pour un bretteur. Laissant au placard ses vieux souvenirs à regret, il revint aux réels.

Lorsqu’il entendit la réflexion de Saoirse, le jeune homme inspira puis expira lentement. Pour qui se risquait à le lire, il paraissait avoir son visage coutumier : fermé au d’aspect, mais qui énonçait les choses avec une tiède tranquillité et n’avait pas peur du tabou. Un tic de mâchoire, apparu et disparu avec la soudaineté d’une bouilloire qui siffle, manifesta un instant une canine pointue, derrière des lèvres qui esquissèrent le sourire d’un belligérant déviant un maléfice de justesse. Il eut l’impression de devoir parer un contre.

Il mit, avec le même air partagé, son regard dans celui de Saoirse, brutal. Brutal n’eussent été son élégance surannée, policée et la douceur des lignes de son visage. Les deux pupilles sombres qui dessinaient un masque de comédien sur sa face carnée prenaient un plaisir de compétiteur en jeu et éloignaient toute velléité de réplique cinglante. Il lui répondit et la voix profonde louvoyait sur l’accent :

-Je n’en attendais pas moins de votre parrt.
Parade sans riposte.

Avec le dernier mot, le masque tomba, comme on lève l’enchantement d’un corps lévitant. Il eut un sourire, yeux froissés par le dessin sous eux de petites vaguelettes. Ses pommettes, saillirent rouges et d’un air de franchise :

-Vraiment, vous m’épatez.

Et, conservant une certaine distinction, il la vit, puis la regarda ouvrir la porte. Pour entrer à sa suite, il retint le battant en plaçant avec douceur sa main sur l’huis. Franchissant à son tour, il contempla la place. A sa façon de se tenir et de marcher, il avait décidé de plutôt suivre que précéder. On devinait au regard qu’il proposait à la journaliste qu’il entrait dans un rôle qu’il n’avait pas passé sa vie à jouer, mais qu’en revanche, il pouvait le jouer avec beaucoup de tenue. Sans la contempler particulièrement, à peine le seuil dépassé, il avait dit.

-Je n’ai plus faim, c’est vrai, mais je me souviens de vos parole, que j’ai prises pour un défi. Vous m’avez averti, soyez à la hauteur de la réputation que vous vous êtes construite.

Il était très satisfait qu’elle ait adoptée son ironie, fut-ce à titre de réplique. Il admirait toutes les réparties.

Il lui glissa, le ton bas, en posant un court instant, une main sur l’épaule de Saoirse, qui était devant lui.

-Je vous suis, menez-moi.

Il jetait de son côté des coups d’œil par dextre et senestre, sans jamais les intensifier. Puis, quand il eut détaillé les lieux et noté le cadre, il se tint près d’elle et lui servit plusieurs regards en coin en tournant la tête vers elle. Il ne la regarda jamais assez longtemps pour qu’elle put lui répondre en agissant similairement, car il se reportait sur autre chose. L’endroit n’était pas grand et figurait une retraite aux murs frais, sombre mais aux lumières chaudes. Dans leurs pots des plantes, dont plusieurs magiques s’agitaient avec paresse.

Après un vestibule où une dame âgée en habits de service accueillait avec flegme, un serveur au grand pas leste plaçait les clients. Il y avait douze tables, plus ou moins grandes dans la pièce suivante aux flancs des murs droits et gauches. Ça et là, dans des étagères des baies et des plantes séchées diffusaient une odeur agréable que l’on soupçonnait sans sentir. Baies de genévriers, thym et autres bouquets. A peu près au centre, mais distancié des tables, il y avait un bar assez long, large où des clients dévoraient sur leur doigt opposable.

Lorsqu’ils purent s’installer, une table de bois pour deux au flanc d’un mur de pierre,, entourée de plantes en pots sous une clarté rougeâtre, Aleksey remarqua au fond, derrière le cintre d’une arcade coiffée du portrait d’une femme très distinguée qui trichait aux cartes contre un petit homme au monocle de travers, un poële frémissant qui se remplissait tout seul comme un grand.

On entendait peu les autres tables et l’on pouvait deviner que la magie n’y était pas pour rien car leurs voisins ( un couple d’hommes qui se dévorait des yeux ) était audible sans que pourtant le moindre mot ne fut discernable. Plus loin, une table assemblée avait une discussion animée. Alieksandr les fixa un peu plus longtemps et plissa les yeux avant de se reporter sur la table qu’il ne pourrait plus voir, assis dos à elle où un homme charnu et court sur pattes à la moustache grise, assez âgé, cheveux de paille, égayait un auditoire, dans une impeccable et riche tenue de sorcier velours brodées d’or et d’argent. Son assemblée occupait la plus grande table, dans la lumière bien qu’au coin, et comptait des visages connus qui attiraient les coups d’œil de toute la clientèle.

Comme Horace Slughorn aspirait le contenu du crane d’un homard avec une vague mais réelle distinction goulue, il sembla achever une blague. Sa voisine de droite, Gwenog Jones, ancienne capitaine des Harpies de Holyhead était la seule personne de l’assemblée sr laquelle Alieksandr put mettre un nom. Ostensiblement il croisa le regard de Saoirse, passa devant elle aussi poliment que possible et prit place dos à cette table. Il connaissait la réputation et l’apparence de Slughorn car il avait étudié les travaux de l’homme lorsqu’il apprenait à préparer la potion Tue-loup. Aussi, il n’avait aucune envie que l’un des dix ou douze membres de la table, pour un peu qu’il put le connaître l’apostrofa, ni même de parler avec eux. D’un coup de baguette, il mit sa cape en mouvement, qui alla se poser en douceur sur son dossier. Il s’assit en observant Saoirse.

Inspira et dit :

-Je connais cet homme, vous aussi sans doute. C’est un maîtrre des potions, je ne connais pas sa compagnie, mais j’aimerrai autant…

Il s’interrompit car les cartes, levitant et précédant le serveur leur arrivaient.

-...ne pas être reconnu.
Acheva t-il, attrapant la sienne qu’il ouvrit. Je vous invite, pour vous remercier de votre compagnie…. Et de m’éclairer sur Octavius Shelley.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t286-alieksandre-menroth#1757
avatar






Age du personnage : 25
Messages : 282
Localisation : London
Scolarité : Gryffondor (2002-2009)
Université : Norma de (2009-2012)
Occupation : Journaliste à la Gazette

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Dim 28 Mai - 22:54

La main qu’il avait posée sur son épaule, brièvement et sans message, aucun, lui procura un frisson de l’échine à la pointe des talons, qu’elle ne portait pas. Un indéfinissable frisson, qui n’avait rien du plaisir, ni du froid. Autre chose. L’exaltant sentiment d’être entre les pattes d’un lion, ce petit rat capable de finir triomphant du roi des animaux ou plus possiblement, en déjeuner.

Prenant son titre de guide très au sérieux, elle le mena à travers la salle et jeta un œil à la ronde pur constater qu’elle n’était pas la seule à connaître l’excellente adresse qu’était l’établissement. Elle apprécia d’un petit sourire la propreté impeccable de la table qu’on leur proposa. Pas une trace de gras, de doigt ou du gras d’un doigt pour tout dire. S’il était bien une chose qu’elle ne pouvait supporter, c’était la saleté ambiante d’une salle de restauration mal entretenue. Elle reconnaissait posséder quelques tics et autres tocs dans tout un lot de qualités (exceptionnelles) et certains, lui attiraient souvent les moqueries de son entourage. La propreté donc, ainsi que la fâcheuse habitude de tout compter. Les fenêtres, les pas qu’elle avançait, les clients présents, le nombre de chaises, tout y passait. Si pour son métier, de telles manies pouvaient parfois faire la différence entre un article et un bon article, il n’en était pas de même pour sa vie privée. Parfois décentrée d’une conversation par l’absence d’une chose qui aurait dû se trouver là, ou par l’inachèvement d’un pas qui aurait été le centième, elle se distrayait parfois toute seule.

Elle avait décompté 21 pas jusqu’à leur table, et se retenait de faire un commentaire sur le nombre de clients présents. A plusieurs reprises, elle avait croisé le regard d’Alieksandre qui semblait s’appliquer à tourner le regard dès que leurs yeux se croisaient. Et bien quoi ? Avait-elle quelque chose sur le front ? Se penchant rapidement dans le sillage d’une vitre particulièrement bien lustrée, elle constata que si ses cheveux auraient pu effectivement être un peu plus disciplinés, elle n’avait rien de particulier sur le visage. Elle manquait très certainement d’apprêt en comparaison des femmes qu’il devait fréquenter, était peu maquillée et très loin de la grande dame dont elle rêvait mais qui au lieu de se rapprocher avec l’âge et la maturité, semblait s’éloigner en se payant le luxe de lui faire quelques pieds de nez. Elle se tira brièvement la langue dans le reflet de la vitre et offrit en se retournant, un sourire radieux à son compagnon qui prenait place à table.

Elle attrapa sa propre carte d’un geste vif et sourit également au serveur qui la connaissait visiblement et leur annonça rapidement le plat du jour (brochette de gambas flambées et ananas), agita une baguette qui dressa une table simple aux couverts propres avant de repartir pour leur laisser le temps nécessaire à leurs choix culinaires. Saoirse déplia sa carte et y posa les yeux brièvement avant de lancer une œillade à la grande tablée qu’elle avait repérée en arrivant.

- Et bien, espérons qu’il ne regarde pas trop longtemps en notre direction. Cet homme s’est pris de passion pour mon frère et j’ai bien peur qu’il ne ressente l’immense besoin de venir me rappeler que je ne suis pas lui mais que je fais parfaitement office de hibou à son attention. S’amusa-t-elle en écartant son regard du vieux maître de potion qui faisait, comme à son habitude une leçon de vie à sa cour.  

Elle savait qu’Horace et son petit monde se réunissait régulièrement dans cet établissement. Pour tout dire, elle avait connu réellement Saveurs et Basilic après y avoir accompagné Lenny Starcey, l’un des petits protégés de Slughorn, il y a quelques années. Amusant de constater qu’elle avait eu l’occasion de participer à quelques dîners du maître des potions, sans avoir été jamais le réel objet de l’invitation. Une jolie petite décoration au bras de quelqu’un d’important. Le second rôle, c’était décidément son truc. Autrefois son frère (ok, elle l’avait supplié), une ou deux fois Tobias et enfin Lenny. Elle savait l’homme assis là-bas suffisamment autocentré pour ne pas poser les yeux sur quiconque n’était pas à sa table. S’ils étaient là ce soir, il estimait certainement avoir fait le tour des gens importants et ne chercherait pas à agrandir l’assemblée pour aujourd’hui. Elle offrit donc un sourire rassurant à son partenaire.

- N’ayez crainte, il conjugue une myopie mal corrigée à un fort sentiment narcissique, je doute fort que qui que ce soit nous importune. Soupira-t-elle. Certes, vous êtes actuellement soulagé, mais attendez que j’entame la brillante démonstration de Shelley et vous en viendrez bientôt à supplier quiconque de nous interrompre. Glissa-t-elle mutine tout en retournant à son menu. Vous êtes bien audacieux de me proposer une invitation… vous avez pourtant vu ce matin ce que je suis capable de commander pour un petit déjeuner. Imaginez donc le déjeuner… Lança-t-elle tout à l’observation de la carte. Merci… Lui glissa-t-elle ensuite.

Après quelques secondes de silence où elle fit semblant d’étudier un menu qu’elle connaissait par cœur et pour lequel elle n’aurait aucune hésitation, elle reposa prestement la carte sur la table et accorda un sourire malicieux à son compagnon de déjeuner.

- Bien ! Avant d’entamer la partie technique du déjeuner, permettez-moi de tenter de ne pas faillir à la réputation que j’ai mis si longtemps à me construire. Ironisa-t-elle. Vous ne m’avez toujours pas mentionné ce qui a guidé vos pas jusqu’à Londres ? Et ne me répondez pas que ce sont les anglaises, je n’en crois pas un mot.

Coude sur la table, elle glissa son menton au creux de sa main et fixa l’homme qui lui faisait face avec un brin d’effronterie. S’il avait accepté repas et curiosité, elle entendait bien être satisfaite.

- Je vous prierai de ne faire aucun commentaire sur la présence de la Shepherd’s pie à la carte. Je n’y suis pour rien. Ceci dit, elle est délicieuse.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
avatar






Age du personnage : 21
Messages : 62
Localisation : Chaudron Baveur
Scolarité : Durmstrang (07-14)
Université : 2 ans Etudes Supérieures sur les Loups-garous
Occupation : Ex-duelliste

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Mar 30 Mai - 20:04

-Si vous le dîtes. s'exclama Alieksandr en lui offrant un air amène.

Depuis qu’il s’était assis et a fortiori depuis que Saoirse l’avait rassuré sur leur voisinage, le jeune homme avait repris son maintien ordinaire et paraissait calme comme un métronome.

Son frère était-il le juge ? Peu probable. Si celui-ci avait tout au plus dix à quinze ans de plus qu’elle, il était peu vraisemblable qu’il ait eut le temps, même en ayant à tout casser dix ans de carrière au Magenmagot, d’être aussi connu et influent qu’on disait le juge Shepherd qui avait, croyait-il se rappeler, traité beaucoup de dossiers liés au sérum. L’hypothèse d’un père ou oncle se renforçait.

Ainsi donc, Slughorn considère que le frère est le plus brillant ? Elle me paraît avoir sa brillance, mettons ça sur le compte de la fameuse mauvaise correction myope.


Étrangement un jeune Shepherd plus brillant que reporter ne disait rien à Aleksey. C’était étonnant comme licorne rousse car, à vrai dire, Saoirse était l’une des plumes les plus fameuses de la Gazette et elle était très jeune.
Peut-être était-il plus jeune et encore à Poudlard  ? Slughorn avait quitté Poudlard longtemps auparavant mais il y était retourné pendant la guerre. Y enseignait-il toujours ? Il trouverait le moyen de mettre tout ça au clair plus tard sans dévoiler son jeu.

D’un air serein, il glissa immédiatement, sans rupture avec son état passé, vers une concentration circonspecte, vigilante, encore affable. Ses deux mains posées jusqu’aux avants bras, manches retroussées, devant lui sur la table, il répondit par un sourire lorsque Saoirse repoussa sa demande.

Ainsi elle voulait d’abord qu’il paie rubis sur l’ongle avant d’en dire plus. Ah les filles... Il la regarda d’un air léger et de défi puis ferma les paupières quelques instants, courts mais qui lui parurent comme une respiration après une longue apnée. Des plis se formèrent aux coins de ses yeux.

Les ruelles de Sofia se dessinèrent peu à peu.

*

Il venait tout juste de rentrer de son voyage asiatique.

Dans sa tête des odeurs. Celles épicées et désespérément polluées par l’action insensée de la racaille moldue des rues – vraiment, ici plus qu’en n’importe quel endroit, cela vous prenait au cœur et aux poumons, une épaisseur moite dans chaque inspiration -, celle du restaurant sur le Fleuve, plus douce et nettoyée par les charmes, l’eau et les encens, celle forte, aigre et ingrate du taxi moldu, l’interminable voyage en avion, et bien d’autres ; ces odeurs se bousculaient en un tourbillon contre lequel il devait employer une ferme volonté. C’était ce qui l’avait le plus marqué là bas. Hanoï n’avait de cesse de sentir : puanteur infâme sur les boulevards et dans les échoppes, agréables et surprenants arômes dans les intérieurs. Il avait sentit beaucoup de lieux pourtant. Pas un n’arrivait à la hauteur ni dans la puanteur, ni dans les parfums enivrants et Londres n'aurait pas mérité d'être un coin de basse dans la banlieue de cette capitale odorifique.

Deux ans plus plus tôt, way back in Sofia. Il évoluait à pied dans les rues désertes, parcourant en soufflant de la fumée pâle et blanche le quartier magique historique. C’était surtout une rue courte de commerces et de boutiques qui se terminait en un quartier plus nocturne, bars et restaurants. Tout un monde du spectacle donnait ici représentations et spectacles plus ou moins osés. On fumait encore dans les tripots sombres où l’on se pressait à s’entasser, chaudement vêtu, pour se détendre devant des coupes de rakija.
Mais, en ce mois de février sous la tempête neige, ce soir de semaine et de pluie, peu de monde s’était aventuré alentours. La capuche de sa Cape relevée il entra dans le plus grand des bars (Au royaume de la nuit tombée), néanmoins bruyant.  Très lumineux aux allures de saloon et comptant deux étages. Quand on l’eut reconnu on le mena dans un endroit de la grande salle principale, à l’étage supérieur. Celles-ci était un espace partitionné en « à l’écart » qui esquissaient des salons privés aux ambiances mal famées d’où l’on voyait la scène ; une estrade centrale où dansait une troupe de Vélanes. Émerveillé par leurs pas chaloupés et leur beauté, ensorcelé comme les hommes de la pièce, il mit un peu de temps avant de s’adresser à l’homme qui l’attendait déjà à table, en fumant un cubano, nonchalamment affalé sur un fauteuil noir de riche cuir de dragon un peu éliminé. Lorsque les créatures quittèrent l’estrade sous les bravos, il avait applaudi avec le chœur, maintenant il s’asseyait. Retour à la réalité.
Ils se saluèrent avec plus de froideur qu’à l’accoutumée.

Alieksandr avait mal au cœur.

-Alors c’est vrai ce qui se dit. C’était ton dernier combat ?

Aleksey commanda une pinte de bière du Dragon d’un geste et acquiesca.

-Oui.

L’autre secoua la tête. Il avait été son entraîneur, puis son agent. En le laissant tomber Aleksey allait lui faire perdre la majeure partie de ses revenus. Ceux avec lesquels il s’achetaient des habits aussi beaux et bien ouvragés que ceux qu’il portait à l’instant. Il ne fumait plus que des cubains et avait tellement grossi que ses complets de mage sur mesure à refaire chaque année lui coutaient des malles d’or.

-Et pourquoi ?
Voulut savoir Boris Venkov Mulev, le ton patriarcal, très raccord avec ce bar malaisant dont Aleksey aurait aimé avoir une peinture, mais dont il n’aimait guère l’atmosphère lourde, et en rentrant la tête pour accentuer son double triple menton.

-Pour faire autre chose Boris. Comme je te l’ai toujours dit. Je voulais savoir me battre, le reste ne m’intéresse pas. Maintenant je sais que je peux le faire. Ça me va.

Boris avait sans doute cinq ou six autres poulains prometteurs auxquels il pourrait trouver de bons combats. Mais il perdait Aleksey au moment où celui-ci était le plus jeune duelliste à atteindre les demie-finales du championnat national depuis...pfiiou ! Le combat de la veille avait été époustouflant et Aleksey l’avait perdu, légitimement il est vrai, à la décision au terme d’un échange de sorts admirable contre un vieux briscard qui avait déjà remporté quatre fois le championnat.

-Le reste ne t’intéresse pas, ne t’intéresse pas, mais enfin Aleksey, il y a tant à gagner, je t’assure. Tout le monde t’adore ici. Tu n’as même pas vingt ans !! Ton image se vendrait aussi bien que celle de Krum à l’époque
(il en savait quelque chose pour avoir flairé le filon trop tard) Imagine… Tu pourrais gagner le championnat du monde d’ici quelques saisons si tu travailles sérieusement.

-Écoute, peut-être un jour, ok ? pour un duel de temps en temps, quand j’aurai fini avec Lyupev, contre un adversaire intéressant mais pas maintenant et pas toute ma vie. Et rassure toi, je ne t'abandonnes pas pour un autre agent.


Ils avaient discuté encore un peu avant qu’Al’ ne se lève en terminant rapidement sa bouteille de verre, embrasse son mentor sportif et ne quitte le bar, en prenant soin de rabattre sur son visage le capuchon noir.

A Sofia, dans la résidence hivernale des Piercoview, la famille bulgare, les odeurs des marchés de l’hiver glacial le hantaient encore. Il avait le souvenir des odeurs dans les vieux bâtiments de briques et de roc. En Angleterre aussi ; et en Écosse c’était encore différent. Des choses humées là-bas il lui restait surtout la réminiscence de spécialités culinaires. A Nessebar, la sapidité de la cohue, le brouhaha de l’iode, les poissons à la criée du port durant l’été et, dans la Maison Grise où il avait grandi, il y avait l’un des plus fabuleux jardins du pays au millions de senteurs, arômes dont les émanations de fleurs et de plantes, ainsi que les jeux d’enfants aux tendres cœurs odorants laissaient sur lui des traces plus indélébiles que les cicatrices de maléfices.

Au Nord, à Durmstrang il avait laissé derrière lui des odeurs qu’il croyait ne jamais oublier. Dans les salles de potions des senteurs lourdes et épaisses, multiples et changeantes, aux nez souvent très hauts en couleurs. La bibliothèque était sèche et encrée. Poussière et parchemin, avec je-ne-sais-quoi qui tenait, pensait-il aux murs de pierre et aux meubles de bois spécifiques qui constituaient le lieu.
Dehors, les conifères dont on apprenait à peine à commencer à reconnaître les variations de fragrance au bout de sept années. Sur les bateaux et près des rives, le sel marin et le gel vous emplissaient les poumons sans amertume. Il sentait bon le large et la liberté cet air là. Les tignasses suaves, frêles, ou douces ; bouclées, frisées ou lisses, mais toujours soyeuses des filles qu’il fréquentait à l’époque avaient leur propres relents. L’odeur de sa sueur et de son sang jumelées pendant les combats. Les fugaces effluves endormies par le froid attrapées au vol en jouant au Quidditch. Celles, enfin des corps bien ou mal traités par une institution rigide et rigoriste.
Mille autres parfums qu’il croyait avoir à jamais marqué dans un coin de sa mémoire et maintenant le fuyaitent. Y en avait-il trop ? Qu'ils débordent alors, gaz retenus et perdus à jamais.
Ces parfums il lui était pourtant impossible de les évoquer, même de les décrire, fidèlement. Pour lui qui avait beaucoup grandi auprès de sa mère et de sa grand-mère qui préparaient potions et philtres à longueur de journée, l’odorat n’était nullement mineur.

L’Asie avait bouleversé ses sens, mis à mal son odorat. Il lui fallut plusieurs journées pendant lesquelles, enrhumé comme d'un excès alimentaire, il reniflait brusquement deux ou trois fois pour que cette évidence le frappe. L’odeur du cigare, écœurante de son père à la fin du déjeuner. C’était comme s’il n’avait plus rien inspiré depuis.


Il se souvint aussi, rapidement, de la neige qui tombait toute la nuit dans les hauts. C’était au cœur de la saison blanche, aux grands froids. La Bulgarie était encore, comme tous les pays autrefois, parcourue de lycanthropes dit « sauvages » qui vivaient en marginaux et assumaient leurs instincts les plus terribles à la pleine lune. Des meutes plus ou moins nombreuses avec lesquelles il fallait prendre contact. Elles décrurent au cours du siècle dernier, massacrées par les sorciers car ils se louèrent aux mages noirs qui leurs promirent sang frais et territoires de chasse. Il en reste d’assez peuplées dans les plaines du Nord de la Bulgarie, mais ce sont les plus intégrées et celles qui vivent le plus près des populations moldues et magiques. Les meutes sont aussi présentes, et plus agressives, dans l’ouest, le centre, le sud et le sud-ouest (dans les montagnes elles sont en concurrence avec les géants, ce qui n’est pas idéal). Les plus agressives s'enhardissent parfois à venir aux plaines du Nord, aller rejoindre les meutes cousines et rivales jusque parfois, au-delà de la frontière roumaine (et se battre même avec les vampires des Carpates).

Pour ne rien arranger, les populations magiques locales leur donnent une chasse continuelle dès qu’elles s’approchent de leurs habitations. Le ministère passe donc l’essentiel de son temps à cacher ces luttes aux moldus et à sécuriser les lieux de vie.

La pleine lune approchait. Alieksandr était en charge de la sécurité. Il avait reçu du gouvernement le droit d’abattre s’il le fallait tout lycanthrope agressif (ces même permis étaient même accordés parfois, vieille tradition aux chasseurs en battues qui chassaient le jour et exécutaient sommairement les vagabonds). Avec lui, le professeur Lyupev dont il était l’apprenti et un spécialiste des interactions du Ministère qui était chargé de leur négocier un territoire pour l’hiver en l’échange de prise d’identité et de « cadeaux » visant au à la vie sociale.
D’abord on leur prépare la Potion Tue-Loup et on les installe dans un village de fortune. Ensuite on les sociabilise si ça marche.

On leur avait signalé cette meute très agressive, dans l’un des lieux les plus dangereux du pays. Volontaire pour cette mission Aleksey y avait protégé la vie de ses compagnons et était parvenu à tenir en respect, dans une passe entre les montagnes, les loups-garous qui en voulaient à leur troupe sous l’effet de la pleine lune. Ils s’étaient rendu en territoire lycaon pour des prises de contacts importantes avant la pleine lune mais avalanches et tempêtes avaient compliqué leurs déplacements. Comme la zone entière était interdite au transplanage pendant les périodes de pleine lune (on avait rapporté des cas de lycaons transplanant à proximité d’habitations avant leurs transformations) il était impossible de la quitter.  Pour un combattant de son niveau ça n’avait rien d’extraordinaire mais en revenant il était passé pour un homme très courageux. N’importe quel pyromancien capable de rester éveillé une nuit entière à cause de la peur de mourir ou de d’être mordu en aurait fait de même. Bon n’importe qui aurait peut-être tué. Son père ne s’en serait pas privé. Lui, il avait tremblé au moment où il pouvait abattre ce grand loup gris qu’il avait coincé dans un cercle de flammes. Au lieu de ça il lui avait fait subir moults brûlures et une immobilisation prolongée. Mais au petit jour, ils s'était retrouvé devant une vieille femme sale, laide et en haillons, brûlée superficiellement et hébétée. Quand on l'avait ramenée nourrie, soignée et saine et sauve au campement de fortune des Loups, on avait conclu les accords en un tournebaguette.

Et pourtant de là aussi il était parti après deux ans près le Pr. Lyupev, sommité de la discipline. Là non plus ils ne comprirent pas vraiment pourquoi quelqu’un qui avait obtenu le respect des populations lycanes les plus violentes en épargnant leurs chefs lorsqu’ils se trouvaient à sa merci, en soignant les blessures et en les protégeant des battues décidait de ne pas vivre sa vie durant dans cette aventure.

C’est qu’aucun ne comprenaient que Alieksandr était venu là pour savoir s’il avait du courage, si son coeur était fort, s’il pouvait se faire respecter et suivre par les irrévérencieux, les indomptés et les insoumis notoires. S’il pouvait faire ses armes contre ce que peu d’hommes osaient affronter. Il n’avait qu’un but, relever de la poussière et de l’opprobre où la fortune l’avait jetée, la gloire de sa maison. Il voulait entrer en patriarche dans Menroth’s hall et voir entretenues les salles de ses aïeux, voir son nom au bas de la tapisserie qui listait les noms de ses ancêtre depuis plus de mille ans. Il n'était, lui et tous ses souvenirs, qu'un battement dans une longue histoire. Il ne voulait pas en être la fin.

*

Lorsqu’il rouvrit les yeux, cinq à dix secondes avaient passées. Les ruelles de Sofia disparurent en se mêlant aux neiges éternelles et il eut un sourire qui découvrit le pointu de ses canines.  

-Vous êtes journaliste, ça vous arrange de poser les questions, c’est ça ? Je vous l’accorde.

Il marqua un instant pour regarder sa carte qui se dépliait sous toutes se coutures en lui conseillant d’elle même d’une voix fluette de choisir tel ou tel plat. Il avait de toutes manière déjà choisi.

Reportant son attention sur la journaliste, il vit qu’elle avait adopté un posture destinée à le faire parler, tête appuyée dans la main. Ainsi posée, elle était plus petite que lui. Il ouvrit les mains en découvrant ses paumes qui comportaient des traces de brûlures anciennes au contraire du dos de ses mains, qui paraissait très soigné.

Très spirituelle, impertinente, malicieuse. C’était un subtil et délicieux bout de charme qu’elle lui jouait pensa t-il.  Il lui dit, de sa voix toujours un peu traînante pâteuse, à l’accent sourd et brut qui changeait profondément la musicalité de l’anglais :

-Je ne sais pas pourquoi vous persistez à penser qu’il faut une raison particulière pour qu’un jeune homme riche, célèbre dans son pays veuille voir ailleurs s’il peut faire autre chose que ce qu’on attends de lui, mais je vais vous raconter ce qui m’a amené à prrendre cette décision. Gardez en tête que mon père et des générrations de mes ancêtres vivaient à Londres, aussi ne suis-je pas tant un émigrré qu’un rapatrié.

Il avait pris la voix posée d’un homme d’affaire parlant impôts et affectait, ça l’amusait beaucoup de prendre le même ton que celui qu’il prenait durant sa carrière pour parler aux journalistes. L’arcade en sang et le bras couverts de plaies purulentes en moins.

-Quand j’ai quitté Durmstrang, j’avais déjà commencé à pratiquer le duel à un niveau très ambitieux. Je m’entraînais deux fois par jours. Il faut beaucoup travailler pour être un bon duelliste car il y a pas mal de choses à savoir et savoir faire. Les figures techniques, la stratégie, apprendre à parer un sort. Il faut éduquer son regard et savoir anticiper. Enfin il y a bien sûr la partie la plus amusante, apprendre à jeter des sorts et choisir lesquels on maîtrise pour les mettre dans son répertoire.

Le serveur arriva à la table et prit leurs commandes. Alieksandr demanda la tourte dont lui avait parlé Saoirse en lui adressant un regard et un haussement d’épaules qui signifiait : «Pour ne pas mourir idiot ». Il demanda aussi du vin d’Elfe (« Le meilleur ») .

-Je suis parti après avoir été battu par le champion en titre dans une demi finale. C’est le jury qui a mis fin au combat, comme il est d’usage lorsque, pour se vaincrre les adversaires doivent par trop mettre en dangers leurs vies respectives.

Il dit cela et ses yeux, après avoir fixé Saoirse comme il le faisait lorsqu’il lui parlait, sautèrent un instant dans le vague et le vide.

-Je le battrai aujourd’hui, il me semble, mais nous ne saurons jamais.

Il rit.

-Tout cela doit vous paraître bizarre, mais en Bulgarie, il est courant de faire ce genre de carrière dans le duel. Il y a encore des morts et la championnat est aussi populaire que le Quidditch chez nous. Il y a même un clivage et pour les vieilles familles le Quidditch est le sport des familles moindres… Si nous étions en Bulgarie, il y a deux ans, votre collègue des sports vous en voudrait à mort de ne l’avoir pas imposé à notre table.

Il n’y avait pas eu cette fois de mépris dans son intonation comme lorsqu’il avait parlé des moldus, le matin même. Peut-être le cachait-il par prudence, ignorant de quel sang était Saoirse. Peut-être y avait-il d’autre raison, mais rien, ni sa posture, habituelle, ni aucun tic ne vint donner d’information sur la question. Le plat de Saoirse arrive le premier en lévitant, suivi du vin et du plat de Menroth. Il n’y eut pas besoin de servir la boisson qui emplit seule les verres, la bouteille s’élevant dans les airs pour proposer de remplir d’abord le verre de Saoirse -avec insistance- puis celui d’Aleksey qui acquiesca tranquillement. Dans le temps du service des plats, il avait eut le temps de rajouter.

-N’est-ce pas moi qui parle trop désormais ? Je m’emprresse de finirr. J’ai ensuite travaillé auprès du Pr Dragomir Lyupev qui était à la fois mon patron et mon enseignant. Il a été désolé de me voir partie, quand j’ai eu terminé ma formation. Je l’avait prrévenu mais il s’était persuadé que je signerai un contrrat pour passer ma vie avec lui auprrès des lycaons. Voilà pour ce que je peux vous raconter avant de dire pour quel motif me voilà en Angleterre.
Voyons si vous êtes perrspicace selon votre façon et jouons. Ce sera à vous ensuite d’avoir un long discours sur Shelley si vous le voulez bien, et vous aurez tout loisir de me tester ensuite. Pour quelle raison ai-je quitté la Bulgarrie à votre avis ?  

Et vous y gagnez, Saoirse  : vous apprenez des choses sur les miens et sur moi, alors qu’hormis le Juge, que vous n'êtes pas, je ne sais rien de vous. Je demande réparation.


Il sourit derechef.

Non content de son attitude déjà altière, non dépourvue d’arrogance, il dégageait en plus une forte odeur de fierté. Il pouvait être difficile à faire parler, mais Saoirse, qui était sans doute rompue aux méthode pour obtenir confessions et déclarations définitives l’avait jaugé avec talent. Demande à un dragon de cracher du feu et il brûlera la forêt. Mais l’on dit aussi que Draco dormiens nunquam titillandus.

A l’écouter si, à son âge il avait vraiment fait ce qu’il prétendait avoir fait, il était en effet un très étrange individu ayant, à l’âge indécis de la jeunesse déjà fait ses preuves. Bien sûr il avait grandi dans une société qui lui avait tout donné pour qu’il fut un être d’exception et, en fait, il avait bien vu que les dés étaient pipés en sa faveur. Il en gardait autant de fierté que d’amertume la première était la plus brillante, elle brillant sur son front comme la corne argenté d’une licorne. Et quand il parlait on sentait qu’il se promettait à un destin, qu’il voulait faire quelque chose de précis.

Il observa les joues, les yeux et la bouche de Saoirse à la recherche de réactions ou de tics, sans insistance, le regard un peu en-dessous et, souriant, joyeux, Aleksey goutta à part sa part de tourte. C’était très bon et cela lui rappelait des plats qu’il aurait pût manger chez lui et notamment les draniki, ces galettes de pomme de terre râpée, farcies de viande hachée qu’il avait goûtées souvent dans les restaurants biélorusses et russes.

Pour une cuisine britannique, Saveurs & Basilics s’en sortait (bien mieux que le midi au Chaudron Baveur) comme il le fit remarquer sur le passage du garçon. Il but un peu de vin et regretta immédiatement cette pensée en adressant une légère grimace, complice à Saoirse, et jetant au breuvage un vif et emphatique regard de reproche. Rien à tirer de cette pitié glacée. Décidément, pour le vin, il n’y avait que les Européens du sud et les latins d’Amérique qui s'y entendissent et valussent la chandelle.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t286-alieksandre-menroth#1757
avatar






Age du personnage : 25
Messages : 282
Localisation : London
Scolarité : Gryffondor (2002-2009)
Université : Norma de (2009-2012)
Occupation : Journaliste à la Gazette

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Sam 3 Juin - 16:28

La tarte fut donc choisie. Masquant son sourire de satisfaction, car après tout elle s’attendait plus ou moins à la réaction de l’homme, elle pinça les lèvres et lui abandonna toute son attention alors qu’il parlait.

Rapidement, vint se dessiner l’image de l’homme en duelliste. Trempé par la sueur de l’effort, baguette à la main et assorti d’un sourire qu’elle devinait pouvoir être particulièrement cruel. En observant les grandes mains d’Aleksey, elle nota les brûlures, mais aussi leur taille et la puissance qui s’en dégageait. Elles auraient pu rompre un cou sans le moindre effort.

D’un coin de lèvre un peu tremblant, elle lui offrit un petit sourire et accusa réception de son plat, tout en constatant que son verre se remplissait bien trop. L’avait-elle mentionné ? Elle ne supportait pas l’alcool. Ne l’appréciant guère, le tenant peu, elle gardait un mauvais souvenir de la dernière fois qu’elle avait vraiment bu. Pour son 17ème anniversaire, avec ses frères.  L’un comme l’autre avaient fini dans des états déplorables. Si Lùan avait plutôt l’alcool joyeux et n’avait été insupportable que par son comportement incontrôlable, déluré et stupide, la boisson avait sur Ezio, une incidence plus sombre. Elle les avait tous deux trouvé pitoyables et n’avait pas réellement pu apprécier cette soirée d’anniversaire. Depuis, plus un verre pour sa part. Si, peut-être une coupe de quelque chose lors des réveillons. Histoire de tremper les lèvres, trinquer avec les autres et abandonner son verre dans le coin d’une pièce pour qu’une bouche salvatrice le libère de sa solitude. Grand bien lui face.

Elle observa donc son verre de vin avec suspicion et se concentra sur les paroles d’Aleksey.
Elle avait pu expérimenter le duel dans les ateliers que le ministre avait mis en place au cours de l’hiver. Si elle était certaine de posséder quelques sorts en sa réserve et de faire preuve de suffisamment de sang froid pour parer les attaques, elle reconnaissait son point faible en l’attaque. N’ayant jusque-là pu s’entraîner que sur des partenaires qui n’en voulait pas à sa vie (si on excluait cette pétasse de Trudd Marlow en 6ème année), elle n’avait jamais osé envoyer ses sorts les plus redoutables et hésitait trop longuement avant d’attaquer. Ce qui lui portait préjudice.

Si l’on excluait le traitement réservé à la greluche de septième année, oeuvrant chez les serpentards. N’y voyez pas là une quelconque discrimination ou confrontation vert/rouge, il n’y en a pas. Marlow était avant d’être Serpentard, une sacrée pétasse. Point. Elle aurait pu être dans la même maison qu’elle, elles n’auraient jamais pu s’apprécier pour autant. Suite au duel, l’autre l’avait évité tout le reste de l’année dans les couloirs, ce qui lui avait fourni une paix royale. Assortie de quelques obligations tous les samedis matin, mais elles les valaient bien.

La comparaison au Quidditch était parlante. Ici, les gens ne juraient que par cela. Lùan avait flirté avec le milieu professionnel à la sortie de Poudlard. Il avait goûté à la renommée. Poursuiveur d’exception, il s’était fait remarquer dès ses premières années à l’école et avait entamé une carrière professionnelle dès ses examens en poches. Son charisme, son côté aventureux et sa grande bouche lui avait alors attiré les sympathies de Slug (qui s’empiffrait lui aussi d’une tarte, décidément le nom était mis à l’honneur) qui l’avait rapidement convié à son club et ce pour des années. Saoirse ignorait si Lùan continuait à le fréquenter. Depuis son accident, il avait déserté les terrains de Quidditch pour passer maître dans un autre art : briseur de sort. Il excellait là aussi (dans la famille, presque tout le monde semblait doué pour quelque chose… certaine, un peu moins) et avait rapidement gravi les échelons au sein de Gringotts pour devenir responsable de la sécurité de la banque en matière de sortilèges. Comme s’il n’avait pas suffisamment la grosse tête.

Elle voyait donc tout à fait quel engouement pouvait susciter les duels en Bulgarie, ayant baigné dans celui du Quidditch depuis son plus jeune âge.
Elle-même s’y était essayé. Elle avait occupé un poste d’attrapeur et se débrouillait bien en la matière, mais n’avait pas l’éclat de son aîné. Elle s’était également essayé à la musique, mais là, c’était l’ombre de son autre frère qui l’avait refroidie. Il semblerait qu’il y ait toujours quelqu’un pour avoir fait mieux avant dans chacun des domaines auxquels elle s’essayait. Elle clamait alors qu’elle n’était ni artiste ni douée, histoire de se démarquer. Pour tout dire, elle cherchait encore ce qu’elle savait faire. SShhhhshh. Il parait que ça ne se dit pas quand on est adulte.

Lorsqu’il proposa le jeu, ses yeux pétillèrent de malice. Elle était joueuse. Et friande de ce type de jeu. Qui la ramenait certes, une fois de plus, au fait que non, elle n’était pas non plus voyante comme sa mère. Avouons-le, ce talent aurait eu de l’intérêt pour le coup. Elle aurait adoré lire la surprise dans les yeux de l’homme en lui mettant le nez directement sur la bonne réponse. Elle accepta de bonne grâce d’essayer et repassa en mémoire ce qu’il avait bien voulu donner comme informations jusque-là.

Que pouvait faire un homme, fraîchement débarqué de Sofia sur les terres anglaises de ces ancêtres ? Dans un monde où ces derniers étaient célèbres pour des actes qu’on ne vantait qu’au sein de certains cercles … Elle plissa les yeux en le détaillant, à la recherche d’un petit indice. Ses manières et son maintien indiquaient une éducation attentive. Peut-être stricte. Il avait excellé dans son domaine, semblait attaché aux valeurs du travail et à la persévérance, avait abandonné le milieu pour se consacrer aux lycans. Pourquoi les lycans ? Il était rare que les gens aient un intérêt pour les lycans, sans expérience personnelle à ce sujet. Elle s’était intéressé de près au sujet quelques années plus tôt, avait rédigé tout un dossier… qu’elle avait fini par brûler sous les arguments d’Ezio. Ce dernier avait d’étranges relations. Une partie d’elle savait qu’elle aurait surement gravi un échelon de plus à l’aide de ce reportage. A croire que son destin était d’être muselée dans la réussite.
Son intérêt pour le sujet n’avait pas cessé pour autant. Dragomir Lyupev… Elle nota précieusement le nom pour effectuer quelques recherches après ce dîner.
Les lycans donc. Et ensuite ? L’abandon d’une carrière toute tracée pour les contrées de ses ancêtres. Un héritage à récupérer ? Quelqu’un à retrouver ? Quelque chose à prouver ? Aleksey était un homme de défi à n’en pas douter. Les trois solutions était possible, la persévérance et la dureté qu’elle lisait sous le masque lisse de l’homme l’encourageait à pencher pour une quatrième cependant qu’elle n’arrivait pas à pointer du doigt. Elle tenta un peu de provocation.

- Laissez-moi réfléchir. Vous avez passé la majeure partie de votre vie à vous essayer à différents défis. Durmstrang en est un en soi. Une fois diplômé, vous tentez de vous gaver d’expériences et de cicatrices, bien cachées je l’avoue, en vous battant. Visiblement vous êtes brillant dans ce que vous entreprenez…

Et pourquoi évite-t-il Slug ? Il aurait été un excellent candidat à son club. Y a-t-il été?

- Non loin de vous contenter d’écraser les meilleurs dans le domaine, vous changez d’activité pour vous consacrer à des créatures dangereuses et fascinantes. Là, vous travaillez avec les plus grands j'imagine et on vous déroule un tapis de poils de licorne immaculée sous les pieds… Mais une fois encore, vous effectuez le grand saut en plaquant le tout.
Soit vous êtes un homme très inconstant, soit vous êtes au contraire un fabuleux joueur d’échecs avec quelques coups d’avance…
Dit-elle en souriant.

Et je ne pense pas un instant à l’inconstance, M. Menroth.

Elle fit mine de réfléchir et chercha sur son visage un signe d’encouragement, de nervosité ou d’agacement.

- Vous débarquez donc ici, sur la terre de vos ancêtres… Vous ne cherchez pas quelqu’un puisque vous m’avez dit ne pas avoir de parents dans le secteur.

A moins que vous m’ayez menti. Et je suis certaine que vous faites ça très bien.

- Et vous logez dans un Pub dont les assiettes ont parfois une couleur douteuse…

[color=navajowhite Malgré le soin apporté à vos tenues et votre maintien. [/color]

- J’en déduis donc que vous ne venez pas récupérer les clefs de la maison familiale… Je pense Monsieur Menroth que vous essayez de prouver quelque chose.

A qui ? Vous ? Le père ?


- Que vous êtes un homme à la hauteur, peut-être. lâcha-t-elle en portant son verre à ses lèvres sans y toucher pour autant. Elle le reposa brusquement et se pencha au-dessus de la table.

- A moins que vous ne soyez finalement un brillant journaliste Bulgare venu m’extorquer l’article le plus fabuleux jamais écrit sur Shelley. Plaisanta-t-elle en continuant son examen minutieux des traits de l’homme.

Profitant qu’il goûte un peu de sa tourte, elle agita sa baguette sous la table, et son verre se vida lentement d’un quart de son contenu.

- Maintenant que j’ai probablement dessiné un portrait de vous avec la maladresse d’un enfant de trois ans, je vous promets effectivement une réparation à la hauteur et le moindre détail de la vie intime de Shelley. Mais avant, je veux savoir si je peux entrer au club très select des voyances et prophéties.
Vous n’aimez pas le vin ?
Taquina-t-elle.


Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
avatar






Age du personnage : 21
Messages : 62
Localisation : Chaudron Baveur
Scolarité : Durmstrang (07-14)
Université : 2 ans Etudes Supérieures sur les Loups-garous
Occupation : Ex-duelliste

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Ven 9 Juin - 15:39

Saoirse acheva sur une note plus légère. Il répondit, l’œil brillant un instant et d’une voix basse mais claire, qu’il était surpris, que le vin devait être abhorré à Londres, même maudit, pour qu’une  cuisine si talentueuse ruinât son talent à servir d’aussi viles boissons. Lesquelles on avait le toupet incroyable, pensa t-il, de désigner par le nom subtil que les dieux de jadis avait offert aux hommes pour nommer le plus exquis de leurs cadeaux ; nectar pour enflammer une âme ou apaiser son tourment,  boisson sans égal parmi tous les liquides. Dionysos jadis ne s’y était pas trompé. Le fils de Zeus et de Séméné, non plus que l’aède qui composa l’Iliade connaissaient tous deux, voilà des millénaires  les merveilleuses vignes de Thrace, adossés à la Mer Rouge et au climat adroit.

Avant cela il avait secoué la tête au moment de la plaisanterie, avant de dire avec un clin d’œil mais avec l’allure sérieuse qui seyait, croyait-il savoir à ce qu’il croyait être l’humour britannique.:

-Exactement. Et le barrman du Chaudron Baveur était dans le coup depuis le début.

Le sourire du jeune homme revint et s’étendit sur toute la partie inférieure de son visage. Il se mordit la lèvre car il lui sembla avoir enfreint deux règles du noble art du rire insulaire. Primo sa blague n’incluait aucun parapluie et il avait souri. Mais, une fois de plus c’était un beau sourire qui respirait une certaine franchise et beaucoup d’aisance sociale.

Il eut alors, sans crier gare, un de ses regards, perçants, soudains et rares, de ceux qu’une existence vécue comme  on jette une paire de dés lui avait façonné au fil du temps. Il n’avait pas encore dardé celui-ci sur Saoirse.
C’était tout un ballet en fait. Il avait l’air d’hésiter mais, l’assurance prédatrice, passait de l’un à l’autre des yeux de son sujet ; et tantôt d’une œillade, vive comme un sort lancé d’estoc et tantôt l’observation discrète, d’une attention vague qui avait quelque chose de la vue périphérique. Au bout de deux ou trois respirations sans vous quitter des yeux, le coup d’œil vous objectivait, comme celui du peintre à son modèle. Quelle que soit la réponse, elles ne vous lâchaient pas, deux pupilles fines et distinctes pour lire l’âme, aussi sûrement qu’un prédateur guette le moment propice pour embrasser sa proie. Il avait des yeux sombres que l’on pouvait décrire comme presque noirs, mais en réalité ils tenaient à la fois du gris d’orage et de l’aspect de lune rousse sous nuages suies.
Tout ce temps pendant lequel Aleksey vous épiait, il pouvait très bien vous parler, détendu ou vous questionner même le plus souvent, et ne s’embarrassait pas de cesser de mirer votre prunelle. C’était à la fois une expérience intrigante et agaçante. Pour certains effrayante et perturbante, pour d’autres enfin c’était une défi mortel qui menaçait de devenir un raz-de-marée.

En fait, c’était son regard de vigilance. Il avait appris à repérer d’instinct, sans vraiment les voir, les infimes et infinies nuances de l’œil qui parle un langage que le menteur sait. La pupille se dilate avant de frapper. L’œil fixe lorsque l’on va quitter la ligne, il est fuyant un quart de seconde, lorsque l’on feinte. Pour humecter ses yeux, il fermait les paupières avec le sérieux d’un hypnotiseur. De sa vie, Alieksandr avait connu peu de gens qui y fussent indifférents et une poignée qui avait su, sans s’en défier, ne pas en être poussé à l’introversion. Cela aussi il le voyait, il le sentait plutôt. Ce moment de triomphe ou autrui adopte votre point de vue et se regarde à travers vous, cet instant où la nuit de vos pupilles reflète à l’autre, son reflet et sa propre âme, déformés.

Il scintilla, cilla et son large sourire resplendissant prit le pas sur tout, arc-en-ciel après l’orage. Son élégance était de retour après deux bonnes minutes d’observation et il vous quittait des yeux, comme désintéressé, ou satisfait de ce qu’il avait obtenu. En revenant sur vous, il savait que vous pourriez aller jusqu’à vous demander s’il ne vous avait pas jeté un sort.
Il jouait ce morceau là sans jamais l’avoir travaillé consciemment. Ce n’était qu’un comportement qui pour n’être pas inné était acquis sans travail. De même il ne pouvait enclencher cette vision pour transpercer quelqu’un sans que les circonstances ne s’y pretassent. Qu’il y parvienne seulement et pendant de longs instants rythmés par le battement sanguin, c’était comme être seul à l’intérieur d’une pièce, vous même, observé par l’œilleton immobile et inexpressif d’une caméra de surveillance. Pendant qu’il observait Saoirse, il lui avait posé trois questions.

-Vous n’avez pas tord. Mais qui vit sans défi ? Ou sans rien prouver à personne ? Je pourrais également chercher quelqu’un qui ne fut pas de mes parents.

Il se tut un instant, peut-être pour la laisser répondre, sans cesser de la mirer, même pour manger, et lorsqu’il reprit.

Mais ce serait vous induire en erreur, car je ne suis pas venu ici pour retrouver une personne. Encore qu’en rencontrer m’est une douceur. Vous particulièrement.
Vous êtes très perspicace en parlant de clefs, mais vous ne saisissez que la parie immergée de l’iceberg, Miss Shepherd
. Conclut-il, professoral.

Et d’ajouter : « Vous observez souvent les gens ? ».

A demi mots très dissous, il avait révélé à son tour un soupçon. Se pouvait-il qu’elle sut qu’il était allé la veille à Menroth’s Hall ? Raisonnablement non. Mais il ne perdrait rien à faire attention en s’y rendant désormais.

Puis après un instant et quand il eut terminé de l’observer.

-Il est vrai, vous l’aurez compris justement, que j’aimerai récupérer les biens qui me reviennent de droit, cela se fera un jour ou l’autre. Et à la vérité, je suis à eux plus qu’ils ne sont à moi. Être né dans une vieille famille est une charge et un devoir.

Quand à prouver mon habileté. Je l’ai déjà fait,
trancha t-il. Si c’était demeuré mon but, j’eusse pu persévérer en d’autres voies. Non ; je suis navré, vous faites une enquête par trop journalistique et ne transcendez jamais les faits pour atteindre une vérité, fut-elle erronée, car croyez le, je ne vous ai pas tout dit.

Avant qu’elle ne put protester il se fit ferme.

-Et je ne vous en dirai pas davantage aujourd’hui, avant de révéler mon objectif. Faudra t-il que je mente ?
Si vous ne pouvez trouver, je crois donc que vous perdez cette manche.


Il laissa passer un instant et continua à manger, reprit de son verre et termina cette passe.

-Madame, tout savoir sur la vie de Shelley est croyez le, un bien fort précieux pour moi et cela nous rendrait presque quittes. Cependant quand je parlais de réparation, il me semblait que vous pourriez m’en dire un peu sur vous…Quitte à moins parler de Shelley. Oserai-je parler en pourcentage ? Disons 80/20.

Comme souvent, il ne pouvait s’empêcher, lorsqu’il parlait longtemps, de faire usage d’un anglais vieillot, aux tournures un peu affectées. Sur ce dandy d’un autre temps c’était presque du ton sur ton.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t286-alieksandre-menroth#1757
avatar






Age du personnage : 25
Messages : 282
Localisation : London
Scolarité : Gryffondor (2002-2009)
Université : Norma de (2009-2012)
Occupation : Journaliste à la Gazette

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Sam 17 Juin - 15:02

Lorsqu’il souriait, on le devinait plus jeune. Les hommes étaient toujours cachés derrière des visages composés de choses plus sombres que ne l’était vraiment leur âme, s’amusait-elle à penser. Combien de fois avait-elle trouvé Ezio bien plus jeune en l’observant dormir ? Combien de fois s’était-elle rappelé que Lùan, bien qu’aîné, restait un enfant en le voyant faire des courses de balais dans le jardin quand il se croyait à l’abri des regards ? Le sérieux des hommes était comme la grandeur des dames : un masque que l’on portait en société pour dissiper immédiatement le doute d’une incrédibilité. Pourtant, dans la pénombre d’un doux foyer, les masques tombaient, parfois.

Et vous, Menroth… que vous faut-il pour abattre ce masque ? Songeait-elle alors que son accent taquinait et que son regard la perçait.

Il avait un regard étrange lorsqu’elle le croisa. Piquant et caressant à la fois, si bien que son propre sourire vacilla alors qu’elle hésitait à sortir tantôt un bouclier à la cuirasse épaisse, tantôt à se laisser sonder par les questions sous-jacentes que soulevaient ses yeux. Elle soutint le regard avec tout l’affront emmagasiné par 25 ans d’existence chez les Shepherd et réajusta un sourire taquin en parade.

Qu’il sonde après tout. Qu’y avait-il à cacher ? L’existence désorganisée au possible d’une jeune journaliste, qui, bien qu’adepte du rangement, peinait à débroussailler son propre chemin. Elle s’amusa même du fait qu’il pourrait en voir plus qu’elle à son propre sujet, puis se ravisa. Bien qu’on la dise expansive et parfois trop communicative, elle avait aussi quelques secrets. Peu glorieux, évidemment, sinon elle les aurait peut-être criés davantage. Mais elle pouvait se gargariser d’avoir su les garder, malgré tout.
Elle se détendit un peu alors qu’il souriait de nouveau, et se prêta à nouveau au jeu qu’il poursuivait.

Qui vit sans défi ?

Elle baissa les yeux sur son assiette, s’amusant de le voir entrer sur un terrain qu’elle maîtrisait bien. Les défis était un jeu qu’elle pratiquait depuis longtemps. Seule, ou pas. Défis amusants ou non. Dangereux ou sécurisants. Depuis le plus lointain de ses souvenirs, elle posait défis et conditions avant d’entamer une journée. Des défis qui parfois ne la concernait même pas. Si elle entendait le voisin avant les klaxons alors ce serait une bonne journée. Si elle parvenait à dérider la secrétaire de la gazette, elle aurait une lettre. Si elle commettait une bonne action dans la matinée, la soirée serait douce. Si elle résistait plus d’une heure à une tablette de chocolat, elle aurait une surprise. Elle ponctuait sa vie de défis censés engendrer d’autres événements (qui évidemment, n’arrivaient jamais, sauf grosse surprise). Et si elle était consciente de leur inutilité, elle ne savait pas et n’envisageait pas une seule seconde de fonctionner autrement. On sortait grandi des défis. Ou franchement diminué, mais c’était pas de bol. Avec Joachim, ils aimaient se donner des défis. Le but étant plus de passer un moment hors du commun que de les réaliser vraiment. Quant à ses frères, elle les avait suffisamment espionnés pour connaître le petit jeu auquel ils s’adonnaient: prouver à l’autre qu’on était capable de dépasser ses peurs juste par orgueil.
Alors vivre sans défi ? Les lâches peut-être ? A moins d’avoir trop de choses à perdre. Les chanceux peut-être, devaient craindre les défis.
Elle rougit lorsqu’il mentionna leur rencontre, maudissant de ce fait l’irrigation de ses joues qu’elle jugea trop active. A moins que sa peau ne fût trop transparente. Dès ce soir, elle travaillerait un sort de dissimulation émotionnelle. Bien trop lisible.

C’est mon métier d’observer les gens. Songea-t-elle en laissant planer le doute.

Elle s’interrogea quant au terme « observer ». La trouvait-il trop entreprenante à le dévisager ? Elle n’en était pas au point de le manger des yeux (elle avait bien assez à faire avec son assiette) mais l’homme était plaisant à regarder. Ou l’imaginait-il en train de jouer les détectives ? Elle se contenta d’un sourire pour toute réponse, suivit d’un haussement de sourcils qui aurait bien pu crier « mystère, mystère » à sa place.

Après avoir avalé deux bouchées de son plat pour se retenir de répondre aux attaques quant à son échec (elle détestait perdre), elle prit le temps d’observer son verre qui se vidait peu à peu sans qu’elle n’y touche. Lorsqu’elle revint à lui, sa mine était contrariée. Elle avait perdu cette manche, mais pas le match et si la vie lui avait appris quelque chose, c’est que ce dernier n’était fini que lorsque l’arbitre l’annonçait.

Laissant quelques nouvelles théories s’échafauder dans un coin rebelle de son esprit, elle réprima la folle envie de poursuivre malgré tout son questionnement. Que ferait-il alors ? Il semblait avoir un égo suffisamment développé pour ne pas apprécier que l’on ne suive ses directives.

- A quel point est-il gros ? Piqua-t-elle. L’iceberg immergé… Précisa-t-elle non sans un brin d’ironie.

Après un soupir qui signifiait qu’elle ne s’attendait pas forcément à ce qu’il réponde, elle entreprit de contourner le bloc de glace.

- Très bien, puisque j’ai perdu et qu’il semblerait que les mathématiques me désignent pour cible principale, engageons-nous sur ce terrain.

Quels renseignements pouvaient bien l’intéresser à son sujet ? Voulait-il connaître la journaliste ou la femme? La femme qu’elle aurait voulu être ou celle qu’elle était ? Dans un haussement d’épaules elle attrapa son verre machinalement et le porta à ses lèvres avant de grimacer.

- C’est infect. Pardonnez-moi. Ma première confession sera que je ne bois pas d’alcool. Mes frères vous diraient, et probablement avec raison, que je ne suis pas sortable. Cependant, je suis du coup, tout à fait capable de rentrer. En toutes circonstances. Ce qui n’est pas toujours leur cas.

Elle reposa son verre avec une délicatesse tout à fait discutable, en renversant de ce fait sur la table. Sortant sa baguette alors qu’elle réfléchissait à ce qu’elle pourrait dire à son sujet, elle effaça les traces du délit d’un mouvement souple et rapide du poignet.

- Que pourrais-je vous livrer que vous ne savez déjà ? Questionna-t-elle en se parlant plus à elle qu’à lui.

La question se posait un peu différemment. Que s’attendait-il à ce qu’elle lui dise ?

- Je pense que vous avez noté que je ne raffole pas des chiens, je n’ai pourtant pas de raisons particulière de les craindre, n’ayant jamais vraiment eu affaire avec eux. J’ai eu un chat étant enfant, Desmond. Il est toujours vivant mais refuse d’abandonner le domaine familial sur Skye. Vous l’aurez deviné, je suis écossaise, je suppose que malgré mes efforts, l’accent reste présent … Peut-être devrait-elle éviter ce sujet avec lui, à la réflexion Plutôt maladroite, comme vous avez pu le remarquer, mais je suis également pleine de talents que je cherche encore à découvrir. Ponctua-t-elle un brin agacée, sans trop savoir pourquoi.

A côté, Slughorn riait trop fort. Comme en réponse à sa présentation succincte et inintéressante. Elle leva des yeux plein d’éclairs et croisa un bref instant le regard du vieil homme, avant de se pencher pour être masquée par Aleksey. Il ne manquerait plus qu’il débarque à leur table.

- Professionnellement parlant, je suis journaliste depuis quelques années maintenant, après avoir suivi des études en droit magique à l’université. J’avais pour ambition secrète de devenir médicomage un jour mais à coup de cours du soir, il semblerait que j’en ai pour 29 ans d’études, ce qui complique un peu les choses. Néanmoins si vous vous étouffer avec votre tarte, vous êtes chanceux, je suis à même de vous sauver la vie.
Quant à la suite de ma carrière…Peut-être devrais-je me lancer moi aussi dans le duel, en commençant par mon patron; à moins que Campbell ne cherche un ministre des lois pouvant passer par la petite porte…  
Soupira-t-elle. Si vous me disiez exactement ce que vous aimeriez savoir, vous gagneriez du temps et cela m’éviterai bien des situations ridicules…A moins que vous soyez mauvais en mathématiques et que vous preniez ces pauvres informations pour 80% Finit-elle par sourire, un peu amèrement en constatant que parler d’elle impliquait d’être mise face à ses doutes actuels.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
avatar






Age du personnage : 21
Messages : 62
Localisation : Chaudron Baveur
Scolarité : Durmstrang (07-14)
Université : 2 ans Etudes Supérieures sur les Loups-garous
Occupation : Ex-duelliste

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Ven 23 Juin - 23:41

Le jeune Menroth haussa un sourcil lorsque Saoirse lui demanda à quel point était-il gros ? Son anglais lui faisait-il défaut, avait-il mal compris, que voulait-elle dire par là ? Ah oui très bien… Il répondit du tac au tac d’une inflexion de voix un peu plus rêveuse qu’à l’habitude et qui laissait entrer un rayon de malice estival.

-Non moins que le votre, madame. Il est des icebergs qui se forment sous la mer, hors du su de tous et d’autres qui, émergés d’abord, deviennent si gros que leur secrets pénètrent même les eaux les plus noires.

Puis il l’écouta, la scrutant en retrait, sans perdre un seul de ses faits et gestes, les yeux aux aguets comme ceux d’un oiseau de proie. Il lui devait encore une vérité après tout, ayant accepté de jouer, il devait bien la lui donner. Mais comme elle ne réclama pas son dû, il remit à plus tard sa confession. La mission que lui avait donné son père et que tout son être aspirait à accomplir.

-Vous ne buvez pas d’alcool donc. Tout l’espace de vos vices est occupé par votre curriosité ? A moins que vous n’ayez peur de perdre le contrôle ? Ou que vous n'en cachiez d'autres... ?

Puis, relâchant la pression avec un franc éclat de rire, mais maîtrisé, tout en la dévisageant.

-Pardon, ce n’est pas correcte de poser des questions aux gens de plume pour les mieux connaître. On dit chez moi que cinq verrrres de vins font naîtrre cent querelles. Je ne peux donc que vous donner raison. Pour ma part, je suis imparfait de ce côté là j’en ai bien peur. Le vin était une boisson importante chez moi dans ma jeunesse, j'en ai souvenir et je sais pourquoi. A faibles doses, on ne s’en rend guère compte au premier abord, mais nous autres bulgares des vieilles familles, sommes des gens taciturnes, il ne nous est guère donné d’être loquace sans l’aide du sang des vignes qui délie les langues gourdes.

Il lui parut manifeste qu’elle était bien plus à l’aise lorsqu’elle posait les questions. Elle déballait les informations machinalement. Il s’efforça de les conserver par devers lui. De la même façon qu'on garde souvenir précieux. Quand quelqu’un vous parle de lui, fut-ce informellement, fut-ce par pièces de tissus découpées dans une grande toile, on n’a pas vraiment le droit de ne pas attraper au vol ces morceaux. En levant son verra à la santé de Saoirse, il vida le reliquat d’un trait, en n’y laissant que le fond, comme à son habitude. Encore ces vieilles manières de gentleman. Chat, chien, Skye, accent écossais.

Elle continua.

-Je vous remercie par avance de bien vouloirr sauver ma vie.

Il la laissa terminer, resta un moment silencieux, terminant de manger puis reprit :

-Avant de vous soumettre à la question, je vais vous répondre, car je vous un peu plus clair dans vos dessein. Pas au point d’éclairer pour vos yeux, les incertitudes qui jalonnent votre chemin, ajouta t-il avec une malice qui brilla sur son visage juvénile.
Vous l’aurez compris je suis dans mon pays et dans ma famille un grand espoir. Avec tout leur soutien et, comme j’ai jusqu’ici toujours répondu au-delà des attentes, je me suis fixé un objectif que presque personne n’a osé, textuellement me formuler.

Évidemment je voudrais reprendre mes biens et rendre à ma famille la place qui est la sienne. J’ai aussi mandat de mes ancêtres pour perpétuer ma maison et prolonger notre histoire.

Mais j’aimerais mêler mon et notre histoire à l’Histoire de la magie. Mes expériences, jeunes certes, mais mes expériences m’ont éloigné des thèses puristes sur le sang. J’y suis encore attaché, malgré moi je crois, je l’avoue, mais elles ont fait preuve de leur faiblesse. Un destin et une étoile brillent au dessus de moi, il serait trop égoïste qu’ayant profité d’autant d’avantages et d’une vie fantastique, malgré mon statut d’exilé je refuse de mettre tous mes avantages dans la balance pour rendre le monde meilleur.

Du purisme qui a conduit à nous donner Voldemort, dévoiement suprême des thèses premières, pis que Grrrindelwald, je retiens une idée. Il ne me paraît plus tenable dans notre monde que les sorciers continuassent à vivre cachés.

C’est injuste et indigne de nos pouvoirs de rester ainsi. Savez-vous Saoirse que la société des moldus conduit le monde à sa perte ? Non pas parce qu’ils sont une forme de vie inférieure et méprisable
(en disant cela, il sembla qu’il ne soit pas tant convaincu de cela que du fait qu’il n’y avait rien à gagner à guerroyer les sans pouvoirs).

Et j’en veux aux anciens puristes d’avoir voulu tout embrasser jusqu’à rendre inacceptable l’idée de mettre fin au code du secret magique. L’important n’est pas de régner sur le monde, nous en tant que sorcières et sorciers mais que tous les arts et tous les savoirs de tous les Êtres de la Terre soient conjugués pour créer le monde que nous méritons.

La magie est puissance, c’est vrai mais il existe maints forces en ce monde. D'aucunes sont toutes entières maléfiques d'aucunes toutes entièrement bénéfiques. Il n'en pas ainsi, je crois des forces que possèdent les Êtres. Il y a chez les moldus une puissance de la connaissance et du savoir qui, bien que j’ai appris à la mépriser depuis très longtemps, me semble être un yang : un art et une puissance à mettre au service de tous, la force de la lumière et du soleil. Nous sommes un yin, une force obscure, née de la lune et du sabbat. Le monde de demain réunira la magie et la science moldue ou s’effondrera en guerres et luttes vaines….

Il s’arrêta de parler. Il avait parlé avec une passion non dissimulée, comme un fou d’un lubie et, en même temps avec l’air calme et réfléchi d’un sage chenu, courbé sous le temps. Ses joues avaient pris des couleurs et il reprit sans gêne manifeste, mais avec moins de flamme.

-Voila ce que je suis venu faire ici, Saoirse, je veux entrer en politique et faire disparaître le Code du Secret, car l’influence des organes politiques britanniques est grande. Un jour je serai Ministre de la Magie.

Voyez, en fait que nous ne sommes pas si différent. Je crois comprendre que vous aimeriez vous aussi faire savoir votre vision du monde, et renverser les gérontes qui gouvernent, et mal. Mais que faire ? Quitter la Gazette et redevenir anonyme ? Ou y rester et perdre votre voix ?

Affreux dilemme.

Parlez moi encore de vous, s'il vous plait. Prenez garde ! je finirai bien par vous cerner, ne vous l’avais-je pas dit ce matin ?


Il lui sourit à nouveau, et son égo s’était éteint, brûlé par sa verve. Les yeux, même, qui avait tant brûlé en croisant ceux de la jeune femme était calmés, moins sombres, très doux ou très adoucis.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t286-alieksandre-menroth#1757
avatar






Age du personnage : 25
Messages : 282
Localisation : London
Scolarité : Gryffondor (2002-2009)
Université : Norma de (2009-2012)
Occupation : Journaliste à la Gazette

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Dim 25 Juin - 15:34

Curiosité, gourmandise, orgueil et j’en passe. Si vous saviez Menroth quels sont les vices qui me caractérisent…


L’alcool déliaient certaines langues, en enfermaient d’autres dans un mutisme affligeant. La sienne se contentait d’être piquée par l’âpreté du breuvage. Chacun ses effets.

Souriant lorsqu’il mentionna les incertitudes, elle songea avec amertume qu’elle devait renvoyer l’image peu avenante d’une jeune femme en manque de confiance en elle… qu’elle n’était pas. C’était plutôt le monde qui manquait de confiance en elle.

Cessant l’observation de son petit nombril lorsqu’elle prit conscience de l’importance de ce qu’il lui confiait, elle en lâcha sa fourchette dont le bruit couvrit fort heureusement le juron que ses lèvres murmurèrent malgré elle. Oui, il existe un autre code qui dit que les grandes dames ne jurent pas.
Elle n’en serait définitivement jamais une.

Reposant précautionneusement son couteau pour éviter de lui réserver le même sort, elle attrapa sa serviette et essuya le coin de ses lèvres pour gagner quelques précieuses secondes.

Le code du secret ? S’il savait. Voilà un discours qu’elle avait déjà entendu.

Depuis des mois maintenant elle soupçonnait Campbell de vouloir mener à bien cette tâche, estompant peu à peu les différences entre les deux communautés. Sauf que lui, ne semblait pas partager l’aversion évidente d’Aleksey pour les moldus.

L’autre être qui prônait une collaboration entre les deux mondes n’était autre que son frère, Ezio. Lorsqu’il avait renoncé à la magie et découvert les aspects de vie moldue, il n’avait eu de cesse d’énoncer que dans de nombreux points, un partage des connaissances serait bénéfique.

Pourquoi ce discours, si pacifique jusque-là lui paraissait-il aussi fou et dangereux dans la bouche de son compagnon ? Parce que les guerres énoncées comme autre alternative semblaient plus menaces que prophéties ? Ou parce qu’il y avait au fond de ses yeux cet éclair de persuasion (et qui pour sa plus grande surprise la persuadait aussi) qu’il serait effectivement Ministre de la Magie.
Strogov n’aimait pas les moldus. Ce n’était plus à prouver. Mais il protégeait le Code du Secret en vaillant défenseur des traditions. Que pouvait donner un homme comme Menroth à la tête d’un pays ? Il y avait chez cet homme une détermination et une ambition qui faisait froid dans le dos, certes, mais qui le faisait également bénéficier d’une aura de puissance comme on en croisait peu. Il avait un tel éclat dans les yeux que s'en était douloureux à regarder. Force et détermination. Ce gars là aurait pu vous faire transplaner sur place...

Elle eut soudainement l’intime conviction de partager un déjeuner avec le futur Ministre de la Magie.

-Vous cherchez une secrétaire ?

Furent les seuls mots qui acceptèrent de franchir ses lèvres toujours ouvertes de surprises.
Elle ferma les yeux et secoua la tête pour excuser cet accès de second degré. Elle utilisait souvent (et comme beaucoup d’autre) l’humour lorsqu’elle était nerveuse.
Après avoir joint ses mains devant sa bouche comme si elle priait, elle accorda à son interlocuteur un petit sourire dépourvu de toutes intentions.

- Après une telle révélation, je ne vois sincèrement pas ce que je pourrais vous révéler sur moi qui rivalise ne serait-ce qu’à moitié avec vos ambitions.

Je ne suis pas difficile à cerner, voyez-vous. Je suppose avoir été également la porteuse des espoirs de ma famille, ou plus particulièrement mon père pour prendre sa suite après qu’il ait renoncé à raisonner mes frères à ce sujet. Mais le temps est révolu puisque parmi les vices que vous ignorez encore, il en est un particulièrement prégnant qui est mon obstination à faire comme je l’entends.


Certes, en ce moment, j’ai juste du mal à m’entendre. Doit y avoir trop de bruit autour de moi.


- J'ai voulu être bien des choses ... danseuse notamment et ça a duré longtemps... vous avez déjà porté des chaussons de danse plus de deux heures d'affilées Aleksey? Médicomage, dresseuse de licornes et danseuse ... mais certainement pas juriste. Je n’aime pas les voies toutes tracées et, pardonnez-moi, je ne crois pas au destin. J’aime à penser que chaque être construit sa propre route et se donne sa propre chance. Une probable réaction héréditaire à une mère voyante qui avait tracé l’avenir de ses trois enfants sans prendre en compte leurs individualités pour le moins… exacerbées. Si j’ignore ce qu’elle a prévu pour les deux autres je peux vous affirmer que je n’étais pas censée être journaliste.

Disant cela, elle repensa à la lettre au fond du sac et fronça les sourcils. Simple coïncidence, voilà tout.

- Je ne doute pas un instant que vous puissiez être Ministre de la magie. Vous en avez l’éloquence, la prestance et visiblement votre culture et votre charme peuvent se charger de séduire la foule. Il reste à votre bonne étoile de vous procurer l’opportunité de briller Monsieur Menroth.
Permettez-moi cependant de déplorer un monde dans lequel notre libre arbitre buterait contre un destin plus fort en nous entrainant malgré nous dans une direction que nous ne voulons pas prendre. Cela voudrait dire alors, que tout est déjà écrit et que nous ne sommes que les marionnettes d’un jeu qui se joue à nos dépend. Et pourtant, nous sommes chaque jour devant nos propres décisions. A commencer par ici et maintenant, quand je pourrais entre des dizaines d’autres choix, me pencher au-dessus de la table et déposer un baiser sur votre joue, vous jetez ce verre de vin à la figure ou… rassurez-vous,
sourit-elle, je suis suffisamment bien élevée pour passer au choix numéro trois. Celui qui me permet de pousser le vice de ma curiosité jusqu’à vous demander pourquoi.


Elle se pencha au-dessus de la table, un air grave et sérieux contrastant avec la malice qui avait éclairé son regard l’instant d’avant.

- Pourquoi considérez-vous que les moldus nous conduisent à notre perte quand vous louez ainsi leur technologie ? N’avez-vous pas envisagé que cela puisse être le contraire ?

Pour tout dire, elle ne l’avait elle-même jamais envisagé. Mais elle avait soudainement besoin de provoquer. La mention au destin, peut-être…


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
avatar






Age du personnage : 21
Messages : 62
Localisation : Chaudron Baveur
Scolarité : Durmstrang (07-14)
Université : 2 ans Etudes Supérieures sur les Loups-garous
Occupation : Ex-duelliste

MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Dim 25 Juin - 17:46

Voilà que s’engageait un débat d’ordre politique.

Dès sa prime jeunesse, il avait été orienté dans ce tourbillon, gigantesque tornade qui l’avait éveillé. Lorsqu’il demandait où se trouvait son père, que tous lui décrivaient comme un héros -jugez un peu, l’un des rares Mangemorts de la première heure, du tout premier cercle, à avoir été marqué par le Lord, encore vivant, libre et influent : fantasque, inattendu, insaisissable )- on lui disait qu’il se battait au service d’une noble cause, la plus grande gloire de la magie. En vieillissant il avait questionné tout cela. Pourquoi cacher la magie ? Enterrer nos maisons, brider l’expression de nos enfants, emplir nos prisons de personnes ayant commis pour seul crime d’utiliser la magie devant témoin moldu. Partout dans le monde depuis 1692 et la promulgation du Code International du Secret Magique, les sorciers réussissaient à peu près à vivre sans persécution, mais leur emprunte sur le monde avait décru. Autrefois il y avait des mages et des fées dans les forêts, la montagne était belle. Altière et blanche sous le faîte du globe ; y vivaient en paix mille créatures magiques et simples qui façonnaient une ère superbe. Aujourd’hui les moldus avaient tout recouvert de béton, de métaux et de câbles électriques.

Les créatures non magiques - cela intéressait peu la majorité des sorciers qui ignoraient souvent la mort du vivant et la dérégulation du climat, mais Aleksey avait vécu chichement dans la nature plus ou moins sauvage,- vivaient cruellement l’ère industrielle que les moldus avaient jeté sur le monde depuis presque cent cinquante ans. Mais c’était aussi le cas des créatures magiques. Pourquoi les dragons, qui n’aimaient rien plus que vivre en des grottes aux riches mines brillantes sous la terre et y dormir des siècles durant sortaient-ils pour massacrer un troupeau ou des humains ? La faim, la peur, la destruction de leurs grottes pour y faire passer des touristes, ces groupes de fols photographiant ( et pourtant la photo quel invention superbe, quelle adjonction fantastique pour l’art et magnifiée par la magie !), jetant partout sur la terre le plastique et le gaz que les moldus répandent partout comme les oiseaux leur fiente.
A cause du Code on devait déplacer telle harde de Palomino de quatre cent miles vers le nord car les sans pouvoirs voulaient faire un grand établissement agricole sur leurs terres. Ils n’avaient de cesse de se multiplier, de croître. Deux siècles après 1692, les moldus avaient érigé de grands bâtiments de métal et de rouage en brûlant les forêts désertées par les fées, les licornes et les trolls dont ils massacraient l’habitat, en irradiant le val et en polluant la rivière. Et ces bâtiments de fer qui roulaient par le monde sur des rails, qui crachaient statiques une noire fumée, qui croisaient dans le ciel en épandant aux quatre vents une suie invisible qui crevait les poumons.
Il avait marché sous le soleil et sous la lune dans les montagnes anciennes, aujourd’hui basses et érodées, autrefois qui estoquaient le firmament. Dans les livres narrant les aventures de ses ancêtres : chasseurs de géants, tueurs de dragons et mages noirs, il avait lu les récits du monde au temps où celui-ci était beau et jeune et où la vie humaine réunie était plus harmonieuse. La magie présidait à la paix du monde. Toutes les magies y compris la noire qui ne sert qu’à venger sur les hommes les humiliations qu’ils ont fait vivre au monde, y existaient en bonne entente.
Partitionnée entre moldus, ingénieurs superbes et maîtres en compréhension des règles immuables présidant à leurs destinées sans flambeau et sorciers, envoyés royaux, porteurs de l’harmonie et de la création joyeuse, l’humanité était tombée dans un marécage aux mains d’un Pitiponk sanguinaire.

Alieksandr ne bouillonait pas, il avait pour lui sa lueur, son charme et son calme. Il avait d’ailleurs répondu au bout d’un certain temps avec le plus grand sérieux.

-Je ne vous vois pas comme secrétaire. Directrice de cabinet ou du Département de la Coopération Internationale plutôt. Un travail sérieux et acharné pour lequel j’aurai besoin de toute votre ardeur et votre combativité. En tous cas, j’accepte votre candidature sans plus d’entretien.

Il rit.

C’était toute une facette d’Alieksandr, celle qui l’avait rendu si populaire à Durmstrang. Dans ses entreprises il emportait tout. Ses ennemis devenaient ses alliés et les meilleurs ambassadeurs de ses réussites. Ceux qui doutaient, restaient en marge du chemin et assistaient, incrédules ou médusés à ses victoires. Il s’était relevé de tous les coups qu’il avait pris et n’en prenait d’ailleurs pas souvent. Ses amis ne le lâchaient jamais car il était entouré d’une telle aura de succès que ses projets, fussent-ils fous, se formaient au rythme de son avancée vers eux, comme s’il ouvrait par sortilèges informulés les portes de la gloire.

-Je ne suis pas certain d’avoir porté si longtemps des chaussures de danse, mais j’en ai porté. Apprendre à danser fais partie d’une bonne éducation, mais ne rêvez pas trop, je ne suis pas très habile.

Il porta un regard badin et retrouva diligemment tout son sérieux quand son sourire s’effaça. En parlant il fit usage de ses mains et son discours fut très posé. La voix grave et claire était basse mais parfaitement audible. Elle ne fut pas rauque bien qu’on y entendit toujours son accent de slave latin aux intonations nettes et profondes.

-A vrai dire, nous sommes presque d’accord sur le destin, je ne vous contredirai pas
, commenca t-il.

Quand je parle de destin, je parle surtout de la chance qui fut la mienne depuis ma naissance jusqu’aujourd’hui, de l’ensemble des efforts conjugués qui m’ont amené devant vous, et vous devant moi. Je vous l’ai dit, usé-je suivi moi-même la voie tracée que je serai encore duelliste. Et vous-même vous ne me dites pas ce que vous seriez ? La question du destin se pose indépendamment, pour nous autres non voyants et mortels, hors de celle du temps.

Vous ne crroyez peut-être pas à la divination et je dois reconnaître que je suis moi-même un sceptique. Pour avoir eu l’occasion de rencontrer des sorciers et sorcières capables de prédire l’avenir j’en suis souvent resté étonné. Tout se passe comme si ceux-là usent du Retourneur de Temps tant étudié par votre ami Shelley. Votre mère possédait vraiment le Troisième œil ?

Je n’encourrage personne à suivrre une voie plutôt qu’un autre, Saoirrse, je dis qu’il est primordial et urgent de réunir les deux humanités séparées. Tout ce qui est séparé souffre et apprend la haine de l’autre.

Je crrrains que vous n’ayiez confondu destinée et prédétermination. Il est des destins partout et beaucoup ne s’accomplissent pas. C’est un peu comme les amours qui ne naissent jamais. Étaient-elles pourr autant impossible ?

Et si jamais vous souhaitez vous battre contre le courant, faites-le, battez vous, je suis avec vous car  le courant actuel est nauséabond.

Il marqua un temps d’arrêt ferma les yeux et massa un instant ses tempes, le mouvement très souple comme à chaque fois.

Les trois choix de Saoirse lui avait tiré un haussement de sourcil amusé et une pétillance joueuse.  

-Les moldus ont, je le constate, créé la plupart des objets que nous utilisons et n’ont de cesse de faire la preuve de leur génie en ce sens. Du vieux four de pierre ils sont passés à une grande  machine rectangulaire dont on ne voit pas la flamme et qui cuit à la perfection les aliments même sans baguette grâce à l’énergie des éclairs, l’électricité, qu’ils ont dompté pour la produire, la transférer, la répartir et l’utiliser.  

Comme ils ne peuvent résoudre leurs problèmes d’un coup de baguette
( Aleksey eut un mouvement soudain et maîtrisé. Il fit jaillir de sa baguette un éclair bleuté qui prit l’aspect d’un moineau doré parcouru d’éclairs, il avait matérialisé de l’électricité qui demeura tangible voletant autour d’eux avant de disparaître lorsqu’il le commanda ) ils ont recours à cent artifices et chaque fois cela les entraîne à aller plus loin. Ils sont à ce jeu formidables.

Alors puisqu’ils créent pour s’occuper, pour améliorer l’ordinaire et parce que ce sont des humains, ils utilisent des ressources. Nombreuses, multiples, déraisonnables. Leurs véhicules sur terre, dans les airs, sur mers transportent des quantités hallucinantes de marchandises à travers le monde. Et cela, entre autre, a pour conséquence la destruction de bien des formes de vie. Le climat se réchauffe et ils s’en rendent compte. Ils ont bouleversé le monde et l’ordre qui existait avait que nous ne disparaissions parce qu’ils doivent consommer les ressources du monde.

Nous autres, mages, ne sommes guère soumis à la ressource ( hormis pour les exceptions de Gamp) car nous pouvons transformer, développer, agrandir, réduire, multiplier à partir de peu. Par contre nous sommes peu, notre apprentissage de la magie est très long et nous avons la chance de vivre longuement.
La magie qui est pour nous chose naturelle est pour eux chose invraisemblable, mais ils la sentent. Ils la sentent parce que la magie est nécessaire à l’ordre du monde. En nous retirant, en nous cachant, nous sommes en rupture avec le réel que nous abandonnons. Deja des espèces magiques et non magique se font plus rares en même temps qu’ils brulent les forets pour avoir du bois. Les arbres qu’ils replantent n’ont jamais connu la magie, ils sont des coquilles vides dépourvues de puissance pour l’instant et le monde devient chose vaine.

Une seule chose pourrait renverser la vapeur. Je n’ai jamais rien perdu sans combattre, car je suis moi-même très obstiné.  Je ne laisserai pas les moldus détruire notre monde parce que nous les avons abandonné tant que je pourrais agir contre. Et je rompt avec l’idée selon laquelle nous devons les asservir car nous n’en avons pas besoin. Mais imaginez un peu…

Saoirse, l’on dit que rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue. Vous le savez ; Il est temps d’en finir avec le Code de 1692.

En lui parlant ainsi longuement, Alieksandr ne lâchait pas Saoirse des yeux, parlait avec de souples gestes de bras et en ouvrant les mains. Il la voyait s’acharner à faire une bonne contradictrice et il  songea par badinerie qu’elle était vraiment adorable de faire tant d’effort pour le voir prendre son envergure de futur Ministre.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t286-alieksandre-menroth#1757
 
Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» [25-26-27 mars] CIIL 2011 : la fauCIIL et le marteau
» Couleur de la cape de haut elfe
» tuto le petit haldir a la cape verte
» Dolgan Marteau Noir [Aventurier]
» Une guilde en cape du poulet ! pourquoi pas....

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chemins de Traverse :: Zone de Jeu :: Ewiland :: Angleterre-