Météo du Moment

Nous sommes en mai 2017. 

L'Écosse organise la première
édition du festival de
Greenock.
De nombreux moldus ont
répondu au rendez-vous.
Ils ignorent que parmi eux,
Et sur l'impulsion d'Adam
Campbell, des sorcières et des
sorciers participent eux aussi
au festival.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Un mouvement de panique a été enregistré sur le chemin de traverse le 24 février 2017.
Venez rejoindre le sujet commun Panique sur le chemin de Traverse!

Pour ramener Shawn Evans sur le forum
Tapez #1
(Si tu pouvais ramener tes fesses maintenant qu'on a tous tapé 1!)

Miss Shepherd,
ce n'est pas beau d'espionner les gens...
Le festival de Greenock
n'attend plus que vous! Il est temps de poster!

Campagne de dons entamée:
#BuyEzioShepherdaMac

Il semblerait que ce soit plus urgent que jamais...

WAKE UP TOUT LE MONDE!

On s'endort! Tous à vos claviers pour éviter le naufrage!

Monsieur Menroth ,
Nous vous avons à l'oeil...

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 Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]

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MessageSujet: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Lun 13 Mar - 15:45

Aleksey s'était levé, ce 13 mars, encore chamboulé d'avoir réussi à pénétrer dans la demeure familiale saisie par le ministère, à l'aide du réseau que son père lui permettait, depuis le bout de monde, de posséder. Bien sûr, il ne pouvait pas habiter le lieu, redresser le drapeau du temple de ses ancêtres tombé dans la poussière et menacé de destruction (encore qu'il était douteux qu'à moins d'une année entière intensive pour désactiver les malédictions et contre-sorts l'idée fut réalisable).

Le rayon de lumière qui pénétra par la fenêtre de la petite chambre, aux premières heures le réveilla. Avec un grognement-étirement, il se redressa en repoussant les couvertures. La nuit passée l’avait tourmenté. Ce n'était que le début. Il chassa momentanément le souvenir du manoir de ses ancêtres de ses pensées et entreprit de se laver se peigner et de se brosser les dents, ce qui se révéla ardu : il aurait dû s'en douter. Choisissant une tenue confortable ( en fait comme il n'avait pas pensé, trop occupé à préparer autre chose à requérir un service de chambre de lavage de vêtements, il finirait sous peu par être à court.) Il s'habilla simplement, d'une robe de sorcier violette foncé et d'un col vert (ohohoh !) avant de descendre prendre son petit déjeuner dans la salle pleine de sorciers et sorcières venus prendre un petit-déjeuner avant d'attaquer une farouche journée d'emplettes dans la rue commerçante magique la plus connue d'Angleterre.

Son hibou femelle, Artémis s'était perché sur son épaule, il avait sous le bras un exemplaire de la Gazette du sorcier. Il se mit à une petite table ronde près d'une fenêtre et commanda un petit déjeuner de thé, toast et autres joyeusetés. Artémis elle, guettait des yeux, avec son habituel air concerné et enflammé si elle ne pouvait pas trouver une bestiole, araignée ou cafard, se baladant dans l'établissement. Elle levait la tête très haute, avec une grande dignité, sans sembler vouloir s'abaisser, condescendre à quémander, même si cela semblait l'agacer que son maître mangeât devant elle sans rien daigner lui tendre. Alieksandre déplia son journal et en lu d'abord, non pas la une, mais la section faits divers. Il trouvait ça amusant, cela lui donnait une foultitude de sujets de conversation de lire des titres tels que « Ivre, il transforme sa théière en rhinocéros » ou encore « Un sortillège de tétenbulle pour traverser deux cent mètres d'eau tourne au drame » : un jeune homme, voulant impressionner ses galantes avait jeté le sortilège, à merveille certes, mais une fois la tête sous l'eau ; et c'était une bulle pleine d'eau qui ne lui permettait nullement de respirer. Incapable de conjurer le sort, il avait cependant à force de tentatives, réussit à rendre l'eau savonneuse, bouillante, sucrée puis visqueuse et enfin irritante  avant d' être transféré à Ste-Mangouste. »

Le thé était un peu froid lorsque le jeune homme en vint à un article sur le derby de Quidditch qui avait lieu le soir même entre les Tornades et les Canons. Les Canons restaient sur une bonne série de trois matchs sans défaite, tandis que les Tornades ne jouaient pas très bien cette saison. Les supporteurs des oranges étaient donc inhabituellement enthousiastes et Ronald Weasley, l'ancien auror, gérant associé du magasin Weasley farces pour sorciers facétieux (Aleksey se souvint être passé devant et se dit qu'après tout, il pourrait bien y faire un tour un de ces jours ), un de leurs célèbres aficionado,  déclarait avoir parié un tas d'or qu'ils gagneraient ou perdraient par moins de 150 points ( ce qui ne leur était pas arrivé face aux Tornades depuis dix ans). Alieksandr, jeta un coup d’œil au dessus de son journal et vit voler Artémis vers lui, une sourit morte dans le bec. Il haussa un sourcil et le barman Tom, édenté et desséché lui donna l'explication :

-J'l'ai laissé descendre dans la cave, Monsieur, i'y a parfois des souris qui cherchent du fromage.

-Ah oui, d'accord, merci.
Répondit le jeune sorcier en abaissant davantage son journal, le visage lumineux. Il roulait les « r » et avait du mal à articuler certaines des syllabes anglaises les plus précises, comme si les muscles de ses joues étaient trop engourdis pour y parvenir.

Artémis se posa derrière lui et avec une grande dignité, à coups de clappements, elle entreprit de manger sa souris avec tant de distinction qu'elle le fit plus précieusement que bien des personnes lorsqu'elles mangeaient au restaurant. Quiconque la voyait aurait presque pût s'attendre à la voir employer des couverts et de l'argenterie.
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Ven 17 Mar - 13:10

En réaction aux comportements de la plupart de ses collègues qui s’étaient mises au régime pour l’été (un nouvel article paru dans sorcière hebdo proposait une sélection de sort visant à épurer les aliments de leur calories) elle avait commandé un petit déjeuner gargantuesque. A voir ce petit être fluet attablé devant un tel étalage de mets, on pouvait supposer qu’elle attendait deux ou trois collègues. Il n’en était rien. Seule devant son bol de thé fumant, ses œufs, ses saucisses et quelques gaufres, Saoirse était penchée sur un bout de parchemin, la Gazette étalée entre deux assiettes.

Bien plus discrète qu’à son habitude, son sourire, habituellement pétillant, avait perdu de son éclat. Si elle n’était pas si bonne comédienne, on aurait pu deviner sous cet aspect moins éclatant, qu’elle n’était pas au mieux de sa forme. Elle donnait cependant le change avec une telle facilité, que personne encore n’avait remarqué les ombres bleues sous ses yeux, ses ongles des pouces rongés. Elle évitait soigneusement ses parents et Lùan depuis quelques semaines et s’était plongé à corps perdu dans ses articles. Aussi paradoxal que cela puisse être, si l’on prenait en compte la nature de la lettre parcheminée qu’elle tenait entre ses mains. Depuis trois jours déjà, elle la lisait, la relisait, la fourrait dans une de ses poches, hésitait à la brûler, la transmettre, ne savait qu’en faire. Sa lettre de démission. La page qu’elle hésitait à tourner depuis quelques temps, au creux de sa poche, à quelques centimètres seulement du bureau de son patron qui ignorait tout de ses intentions.

Au cours de la campagne de Campbell, elle avait fait la une un nombre incalculable de fois. Et peu après les attentats… les choses avaient basculé. Elle avait envisagé son métier sous un autre angle et avait cessé d’écrire ce qu’on lui demandait. Vérifiant par elle-même la théorie instaurant qu’il vaut mieux éviter de réfléchir par soi-même, elle s’était vu refuser un grand nombre d’articles. Elle soulevait des problèmes visiblement dérangeants et se voyait éconduire ses écrits les plus brillant d’un refus poli qui après l’avoir fait douter de ses capacités des mois durant, la rendait maintenant folle. Alors elle prenait en charge les dossiers moins brûlants que le sérum H, toujours confié à cet autre abruti qui se contentait de coucher de sa plume ce que le gouvernement voulait bien lui dicter. Pauvre mouton…

Face à ce copieux déjeuner, elle réalisa soudain, qu’elle n’avait pas faim. Pas plus que les autres jours. Se forçant à boire quelques gorgées de thé, elle posa ses yeux sur la gazette de la matinée, en songeant que la journée serait longue. Elle couvrait avec Pearce, le match de la soirée, pour le plus grand enthousiasme de ce dernier qui réalisait peu à peu qu’il avait une carte d’entrée pour toute les manifestations sportives du pays. De son côté, la petite journaliste manquait un peu d’entrain pour la soirée. Habituellement passionnée de quidditch, elle avait beaucoup de mal ces derniers temps à se concentrer sur quoi que ce soit. En particulier sur un article, lorsqu’un volatile arborant fièrement un cadavre de souris entre le bec, faisait irruption dans la salle.
Suivant le vol de l’oiseau jusqu’à son propriétaire, Saoirse posa alors les yeux sur lui. De taille imposante et vêtu de violet foncé, il semblait trôner à sa table si bien qu’elle se demanda comment elle avait pu l’ignorer jusque-là. Perchée derrière lui, la chouette qui venait de faire une entrée remarquée entamait son petit déjeuner à grand coup de bec, dans un élan de dignité qui faisait pâlir d’envie une femme un peu plus loin dont le mari s’empiffrait de gâteau comme un boursouflet affamé.

Saoirse repoussa lentement sa tasse de thé à la vue de la souris dépiautée et reporta son attention sur le propriétaire du volatile. Levant un sourcil interrogatif, elle détailla son visage avant de réaliser qu’elle l’avait déjà vu. C’était le saucissonneur fou du chemin de traverse. Celui qui avait matérialisé devant elle un énorme chien noir. Elle reconnaissait clairement son port altier, ses gestes fluides et lorsqu’il s’adressa à Tom, son accent étrange.

Fourrant une nouvelle fois sa lettre au fond de sa poche (à croire que cette dernière n’avait pas pour but d’atteindre le bureau de Barnabas) elle glissa une de ses jambes sous elle pour se surélever un peu et avoir un meilleur point de vue sur l’homme intriguant.

Après l’avoir observé un instant encore, elle arrêta Tom d’un bras et lui murmura :

- Dis, c’est qui ce grand type ?
Le serveur eut un nouveau sourire édenté avant de lui répondre, visiblement ravi de toutes le informations qu’il détenait :
– Ah !! Lui ? C’t’ un pensionnaire qui vient d’nous arriver… de … d’ailleurs. Puis semblant se méprendre sur ses intentions, il lui adressa un petit clin d’œil (il avait toujours bien aimé Saoirse) avant d’ajouter. Bougez pas ! J’vais vous arranger ça !

Avant qu’elle n’ait pu l’arrêter, ce qu’elle tenta de faire à l’aide de grands signes et rappels qui manquèrent la faire tomber de sa chaise, il traversa la salle de sa démarche claudicante et alla se planter devant l’homme pour y déposer des biscuits qu’il tenait sur son plateau.

– C’est pour vot’chouette, de la part de la p’tite dame là-bas.

Plongeant de honte derrière son petit déjeuner, elle se couvrit le visage des mains. Pour la discrétion, on repasserait.
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Sam 18 Mar - 3:08

Depuis un petit moment, Alieksandre avait remonté son journal sur son visage. Un long article évoquant le Ministre de la magie l’intéressait au plus haut point. Il n'habitait en Angleterre que depuis un seul mois à peine et avait donc un peu de mal à comprendre à et suivre les circonvolutions de la politique anglaise. Bien sûr, issu d'une famille notamment anglo-ecossaise, il savait comment fonctionnaient la politique sur l'archipel breton. L'indépendance du ministère écossais depuis Campbell, il l'avait même suivi de loin, à Durmstrang souvent, sous la neige et dans la haute tour noire charbonneuse qui était sa retraite favorite, il s'adonnait à la lecture d'articles de journaux. Il avait gardé en mémoire, non sans nostalgie, le souvenir de la morsure du froid de l'hiver, lorsque le jour le cède à la longue nuit, au terme d'une lutte de plusieurs mois de crépuscule. Stroïgov n'ajoutait pas grand chose qui l’intéressa, la période était plutôt calme. Il y avait quelques lignes sur la fin de l'hiver. Aleksey allait en lire plus lorsqu'il sentit quelqu'un s'approcher. Sa baguette était dans sa poche gauche. A la façon dont il tenait son journal, il pouvait la saisir sous le papier en cas de besoin.

Il se sentit soudain un peu ridicule et baissa son journal sur Tom le barman, qui se régalait de venir vers lui pour lui dire quelque chose qu'il eut un peu de mal à comprendre en raison de la diction édentée du barman. Le plateau de biscuit..Ok. La dame … ? Aleksey tourna la tête sur à sa droite pour observer une jeune femme assise devant un petit déjeuner qu'elle aurait probablement été incapable d'avaler, n'eut-elle pas mangé pendant six mois. Visiblement elle attendait du monde. Il ne lui fallut pas très longtemps pour remarquer qu'elle n'était pas mal. Il ne rougit pas (ou du moins une telle chose n'était pas discernable au vu de la distance, il estimait ) et chercha à accrocher son regard en l'observant quelques secondes, mais elle avait levé les mains pour l'éviter. Cela rappela au jeune homme le temps où il était duelliste (il était connu principalement dans son pays et dans le milieu de ceux qui suivaient les duels, pour avoir été demi-finaliste du championnat national, à un âge très jeune, deux ans auparavant) quand il devait composer avec la volonté des gens de lui faire savoir sans cesse qu'ils avait une certaine forme d'admiration pour lui et son amour pour la paix et la proximité d'autres personnes. Ce n'est pas mauvais pour l'estime de soi, mais très difficile à gérer quand on a mon caractère. La seule chose qu'il arrivait à ne pas projeter, c'était l'effet que cela pouvait avoir sur lui ; celui du tonnerre qui a fendu la montagne.

Il reporta son attention sur Tom, visiblement un peu tard pour que son regard resta tout à fait poli  sans insistance, et de répondre avec large sourire et un hochement de tête.

-Merci bien. Artemis ?!

L'oiseau daignait à peine baver du coin de l’œil sur les gâteaux, qui, pour être sans doute atrocement dur et mal conservés, étaient servis littéralement sur un plateau. Avec la satisfaction de l'homme de bon droit à qui l'on a enfin rendu justice, du calme de monument de celui qui sait depuis toujours que la marée reviendra, l'oiseau de nuit déploya ses ailes et se posa sur le plateau avec un claquement de mâchoire qui semblait vouloir dire «Très bien, je vais m'acquitter de mon dû à présent. Le monde entier peut disposer. ». Menroth referma puis plia son journal qu'il fit entrer dans une poche intérieure de sa robe de sorcier et se leva d'un mouvement particulièrement souple. Avec la même fluidité, d'un geste que la vue ne suivait qu'avec incommodité, il s'était emparé de sa baguette, tournait déjà le poignet, coup sec, et fit léviter le plateau (duquel Artémis ne jugea pas bon de s'envoler pour poncer l’entièreté de la matière comestible) devant Tom.  Il adressa un bref signe de tête au barman, sans tenir compte de l’œil mouillé et pétillant de celui-ci, il se dirigea droit vers Saoirse d'une démarche féline : longues enjambées imperceptiblement chaloupées, cherchant à attraper son regard. Le plateau et le grand-duc, en flottant dans les airs l'avaient devancé. Parvenu à un pas d'elle, il s'arrêta et dit :


-Bonjourr,* merci pour Artémis
( le hibou hulula joyeusement ). Alieksandr passa deux doigts longs et fin mais noueux sur la tête du rapace. C'est trrès gentil à vous.

Sonores, les voyelles résonnaient dans sa voix grave mais très claire. Seules les consonnes ressortaient roulées et mâchonnées. Il n'avait pas visiblement de difficultés avec l'anglais, mais la prononciation avait quelque chose de malaisé pour le jeune homme. Le visage rayonnant, il s’efforça de parler plus distinctement lorsqu'il reprit, en levant une main, paume ouverte (dans le même mouvement, il avait déjà rangé sa baguette avec une dextérité étonnante, fut-ce pour un mouvement aussi simple) :

-Ne soyez pas désolée, je suis heureux de parler avec vous, si vous le voulez bien. Je ne suis pas à Londrres depuis trrès longtemps... Je m'appelle Alieksandr (« Alexander »)... Menroth.

Il avait ajouté son nom sans trop savoir pourquoi. Ce nom était notoirement celui d'une vieille famille anglo-écossaise, dont le titulaire le plus célèbre était un Mangemort toujours en fuite. Sans trop savoir quoi dire, ni comment rebondir, se sentant ballot, debout devant elle, il la voyait déjà beaucoup mieux. Petite taille, mais l'air déterminée, grands yeux aveline déparé d'un éclat qu'ils ne pouvaient manquer d'avoir possèdés.
Il espérait un peu qu'elle enchaîne. Pour ne pas paraître penaud, il ajouta, après avoir tendu la main, le geste lent mais alluré d'un gentleman. Il saluait toujours les femmes d'un poignée de main fermée à la prise relâchée, en remontant son geste, l'esquisse d'un baisemain.

-C'est un grand-duc de Coromandel, une rive lointaine de l'Inde, à l'est du Sri Lanka.

Il n'y avait rien à répondre à cela. La petite sorcière devant son festin ne lui avait pas paru très à l'aise non plus. Vite, Aleksey réfléchit. Il était un peu tôt pour lui offrir un verre et il ne voulait pas l’importuner. En la regardant, il sut qu'il l'avait déjà rencontré.

-Artemis, va remercier la dame, qu'elle sache, qu'à la différence des gros chiens, tu n'es pas agressif. Je vous en prie, ne le conjurez pas, c'est le meilleur hibou que je ne connaisse.

Cette fois, il lui adressa un regard complice, tandis que le hibou, que son maître avait accompagné au début s'envolait, réactif et alerte, pour, d'un vol qui sembla être un bond, aller mordiller affectueusement sa bienfaitrice, grand yeux ronds, la tête ronde comme une mornille.

L'affection démontrée par l'animal encouragea la fibre sociale très développée du bulgare qui embraya :


-Je peux peut-être m'asseoir avec vous le temps que vos amis n'arrivent (coup d’œil rapide en direction du festin matinal). Vous m'expliquerez comment vous préférez les animaux sur deux pattes et de taille raisonnable.

Artémis, qui semblait comprendre parfaitement la langue humaine, ou peut-être était-ce un hasard, reprit un biscuit l'air outragé : elle de petite taille, non mais de qui se moque t-on ?

*Je suppose, mais c'est peut-être faux, n'hésite pas dis le moi, qu'Al n'arrive à obtenir l'attention de Saoirse que lorsqu'il lui dit bonjour, si c’est plus tôt, plus tard, pas du tout, dis le moi, je modiferai !


Dernière édition par Alieksandre Menroth le Jeu 30 Mar - 17:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Mer 29 Mar - 14:38

Bien qu’elle ne suivît pas la scène des yeux, elle la vit très nettement dérouler le tapis rouge de la honte dans son esprit et sous son nez. Peut-être avait-elle, elle aussi hérité des dons de voyance de sa mère, après tout.  A grand enjambées, l’homme arrivait. Elle était presque en mesure de compter les pas qui les séparaient. Il traversait la salle et était désormais tout prêt. Pouvait-on disparaître dans un bol de thé ? Prendre ses jambes à son coup à ce stade là d’une rencontre imminente ?

Elle opta lâchement pour la politique de l’autruche, se concentrant sur son gargantuesque petit déjeuner qui avait pourtant taille à la dissimuler entièrement. Ne pouvait-il pas l’avaler à son tour pour lui épargner la honte de devoir justifier les actes de Tom ?
Se maudissant intérieurement pour cette erreur de débutant (note pour plus tard, ne plus jamais demander de renseignements impliquant une quelconque discrétion au serveur) elle entama une longue procédure de persuasion mentale à l’égard de l’homme pour le convaincre qu’il ferait mieux de passer son chemin et sortir de l’établissement. N’ayant jamais brillée en légilimancie, sa tentative fut vaine, bien entendu.

Nul doute que l’ombre de l’homme se serait déployée, immense, au-dessus d’elle s’ils avaient été au soleil. Néanmoins, en intérieur, elle dû se contenter de cet étrange impression de proximité qui alarme votre petit être lorsqu’une personne lambda entre dans votre espace vital. Hésitant à redresser la tête et feindre ainsi la débilité profonde où la surdité (oui, la honte a parfois de drôles d’idées) et dû néanmoins se résoudre à redresser le nez quand il fut à portée de mots.

Lorsqu’il s’adressa à elle d’un ton amical, elle tacha de masquer sa surprise au mieux. Pourquoi s’était-elle attendu à une manifestation antipathique ou moqueuse ? L’homme semblait même heureux de venir lui parler et tendait vers elle une main accueillante dont elle consentit enfin à s’emparer, après avoir marqué un petit temps d’arrêt, toujours sous le coup de l’étonnement. Elle avait bien senti la chaleur familière d’un rougissement intempestif, mais gardait les yeux rivés d’obstination sur lui, dans le but de ne pas bafouiller ou perdre ses moyens. C’est qu’il était impressionnant, ce type. Son accent fort reconnaissable, sa stature et sa façon leste de se mouvoir en faisait un homme qui ne passait pas inaperçu.  

Alors qu’elle envoyait une main qu’elle désirait aussi ferme que son penchant féministe espérait, il se présenta et envoya le volatile vers elle comme on incite un enfant à dire merci. Recevant l’animal docile sur son épaule (et constatant qu’il devait, ailes déployées être plus imposant qu’elle) elle s’autorisa un petit sourire pour répondre aux taquineries de l’homme qui prenait place face à elle.

- J’ai toujours eu beaucoup de défiance à l’égard des gros chien noirs. En particulier lorsqu’ils ont été niffleurs dans une vie antérieure. Probablement parce qu’ils ont trop de pattes à mon goût et pas assez d’ailes. A moins qu’ils n’aient un trop grand nombre de dents en comparaison d’un volatile. J’hésite encore… Disons pour être plus sérieuse, que jusqu’à présent, aucun hibou ne m’a jamais couru après en aboyant.

Elle avait, pour tout dire, toujours eu peur des chiens, sans arriver à se rappeler réellement pourquoi. Certaines phobies ne s’expliquent pas. Ezio par exemple, avait une frousse bleue des crapauds. Ce qui ramené à sa grande taille et son goût pour l’aventure, pouvait paraître risible. Inexplicable. De son côté, elle était paralysée par les chiens et par l’eau. Il faudrait vraiment qu’elle apprenne à nager, un jour.
Rajustant son assise sur la chaise pour éviter de se sentir minuscule face à son interlocuteur, elle posa un regard sur les mets qui s’étendaient entre eux et attrapa le bol de thé pour avoir quelque chose à faire de ses mains.

- Enchantée, je suis Saoirse. Shepherd. Ajouta-t-elle en se remémorant qu’il s’était présenté à la manière d’un gentleman.  Menroth. Le nom faisait écho dans sa mémoire. A quel sujet déjà ?Votre Artemis est une créature superbe. D’une élégance notable au vu du sacrifice enjoint à la consommation de ces biscuits. Taquina-t-elle en désignant ce que la pauvre bête consentait à avaler pour ne pas paraître impolie. Je suis navrée pour la situation… un peu gênante.

Quel euphémisme.

A nouveau, elle sentit ses joues se colorer alors que dans le dos de l’homme, Tom lui faisait un grand signe du pouce qui la fit rouler des yeux. Le tact n’était pour certains être, ni acquis ni inné. Probablement pas à portée de main pour bien des générations.
Lui répondant d’un regard appuyé à tendance courroucé qu’il dû prendre pour un signe d’encouragement puisqu’il lui rendit un sourire plus grand encore, elle soupira bruyamment et baissa les yeux en touchant machinalement le petit pendentif qui avait repris sa place contre son cœur malgré la mésaventure du mois dernier.

- Excusez-moi… Bafouilla-t-elle à l’attention d’Alieksandre. Vous venez d’arriver à Londres?  Pour raisons professionnelles ? Questionna-t-elle à nouveau reprise par un accès de curiosité en se rappelant les faits et gestes de l’homme sur le chemin de traverse quelques jours plus tôt. Elle aurait parié qu’il avait quelques habitudes de combats. Une maîtrise calculée des sortilèges et un sang-froid qui laissait entrevoir une certaine expérience dans le domaine.

Puis, posant à nouveau ses yeux sur la table recouverte d’un petit déjeuner qui allait refroidir, elle enchaîna.

- Pour tout vous dire, je n’attends personne. J’aimerais pouvoir assurer qu’il y a eu méprise sur ma commande mais ce n’est pas le cas. Aussi, si quelque chose vous tente… vous ou Artemis… ce sera toujours meilleur que les biscuits. En particulier les gaufres. Elles sont exquises. Poursuivit-elle en désignant la table dressée devant eux.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Jeu 30 Mar - 19:01

Avec une pensée intérieure amusée, Aleksey remarqua que l'inconnue répondait à sa poignée de main avec la fermeté indécise qui l'avait toujours surpris chez les femmes occidentales. Les orientales et slaves avaient, dans son expérience, une genre de femmes fortes selon leur façon. Non moins talentueuses et non moins réfléchies. Mais avaient-elle rien, dans leurs effarouchements du sexe faible qui évoqua pas la maladresse gracieuse, profondément virile des européennes. Cet air de je n'ai aucun doute sérieux à ce sujet, je vaux autant sinon davantage que vous et je n'ose vous le prouver par les moyens habituels. Elle eut pour lui une réponse un peu cinglante, qu'elle termina sur une réplique rieuse. Le jeune homme esquissa un sourire.

Il avait remarqué qu'elle n'avait pas trop tiqué ( ou le cachait bien) au nom de Menroth. Il se rassura intérieurement en saluant le grand nombre d'adeptes de la magie noire. Sa famille était formidablement riche et ramifiée, très influente en Bulgarie. Être dans un pays où il pouvait passer six mois sans devoir déjeuner avec de gros hommes politiques ou d'affaires, le genre à s'accroître avec son activité, était assez salutaire. Toujours debout à cet instant, en hochant la tête, il nota que décidément le pouvoir des noms ne devait pas être sous-estimé. Quiconque entendait un nom pouvait inférer quelques suppositions qui ne manquaient pas de se voir valider ou invalider rapidement. Dans le pire cas l'on voyait validée sa théorie inconsciente, dans le meilleur l'on avait une opportunité d'apprendre à mieux calibrer ce genre d'inférences.

-Ne soyez pas navrée. Il se peut que nous survivions tous deux à cela.

La dénommée Siircha, au vu de sa gestuelle semblait se liquéfier un peu. Il ne tint pas compte des balbutiements d'excuse, qui n'exprimaient que de la gène sans objet. Mais tout de go, elle redressa la tête et Aleksey ne put s'empêcher d'y voir une confirmation de ce qu'il avait pensé un peu plus tôt, sur le caractère des Occidentales. La fulgurance et la pugnacité de la question, par ailleurs gênante, le surprenaient un peu. Il avala précautionneusement sa salive et s'apprêta à inventer un mensonge, en tâchant de ne pas laisser entrevoir qu'il avait été un peu dominé sur l'espace de cet échange. Parce qu'elle avait prévu de ne pas le laisser répondre, par chance ou parce qu'elle le jaugeait bien, elle reprit en l'invitant à partager son petit-déjeuner. Trop heureux d'avoir quelques secondes pour répondre, il la remercia en s'inclinant. Comme elle s'était redressé sur son séant, il projeta de l'ombre sur son visage et la regarda pour croiser son regard.

Menroth, suivit son geste et prit, une chaise sur sa droite, pour s'asseoir en face de Saoirse.

-C'est trrès...aimable...à.. vous, dit-il, déplaçant le mobilier. Vous attendiez quelqu'un sans y penser, il se peut alors.

Et il s'assit, cette fois en regardant dans sa direction, sans croiser son regard, la position droite altière, mais détendue. Il la remercia et accepta une gaufre. Artémis hulula en piochant quelque chose. Plus savoureux qu'un souris. Entre ses serres avec habileté elle remplit les derniers coins, à sa manière précieuse au rebord de la table.

-Pour raisons professionnelles, pas tout à fait. Je viens de Bulgarie. Là-bas je procurai des soins aux lycanthropes. C'est un travail très intéressant et assez complet du point de vue des magies employées. Mais j'ai démissionné.

Il avait ajouté cette dernière phrase avec un sourire complice, un coup d’œil au parchemin que Saoirse n'avait pas rangé, lorsqu'il l'avait remercié en s'inclinant, lui avait permis de déchiffrer fort impoliment quelques mots sur la lettre.

-Désolé, je suis un peu curieux, mais vous travaillez à la Gazette, c'est cela ? J'ai lu plusieurs de vos papiers. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce que vous soyez si jeune... J'étais à Sofia, mais je dois vous remercier.
C'est lorsque j'ai lu votre une, celle du 30, que
j'ai su que les Sorciers n'avaient pas suivi le choix des moldus. Ma moitié écossaise n'a fait qu'un bond !


Depuis très longtemps, Menroth n'avait vu, ni discuté avec aucun écossais. Sur les trois pays dont il était originaire, c'était celui-ci qu'il connaissait le moins et il en avait l'image d'un paradis perdu, lointain, inaccessible où il ne pourrait vivre que lorsqu'il se retirerait.

Aleksey parlait calmement, toujours avec son accent et ses quelques syllabes empâtées. Lorsqu'il évoqua les moldus, il crut sentir passer un froid. Sa façon de les évoquer était encore un peu équivoque mais il avait visiblement mis un certain dédain à tout le moins dans le mot. En Bulgarie, les plus fervents merliniens (Merlin était le premier grand défenseur des droits des moldus) ne manquaient pas de considérer les moldus comme quantité vivante négligeable, capable d'émotion et de sentiments certes, à protéger, sans aucun, mais négligeable au vu de leur nombre et de leur absence de pouvoir. Ici, en Ewiland c'était différent et il ferait mieux de s'en rappeler s'il ne voulait pas être catalogué comme une ordure. Surtout depuis le sérum et toutes ces monstruosité faîtes à la magie. Faîtes à la puissance.

Il croqua avec précaution dans sa gaufre et la mangea avec ravissement. Exquis, en effet.
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Ven 14 Avr - 14:58

Notant l’origine du fort accent de l’homme, elle acquiesça à ses dires tout en poursuivant ses investigations internes sur le nom de Menroth. Cela lui semblait à la fois très évident et très lointain…sombre aussi, en particulier cela faisait écho à … Bouse de sombral ! Si seulement son cerveau n’était pas actuellement vampirisé par la haute silhouette de son traître de frère, peut-être arriverait-elle à quelque chose…
Extirpée non sans brusqueries de ses recherches par la désignation de sa lettre, elle se sentit soudainement piquer un fard, qu’elle tâcha de masquer en feignant un nouveau réajustement de sa position.
L’homme faisait montre d’un culot saisissant en faisant allusion à sa propre démission pour avouer la sienne. Il confessait ainsi avoir lu par-dessus son épaule, dénotant ainsi un comportement particulièrement grossier. Elle le dévisagea ouvertement d’un air un peu effronté, avant d’admettre… qu’elle aurait très probablement fait la même chose si elle avait été à sa place. Jouant les courroucées pour les bonnes grâces de la situation, elle replia soigneusement la lettre d’un geste sec avant d’ajouter.

– Votre moitié écossaise maîtrise parfaitement notre langue, à l’évidence. Railla-t-elle en glissant son parchemin au fond de son sac.

Ne parlant pas de sa syntaxe parfaite malgré son accent prononcé, elle tentait de lui renvoyer la balle et nota qu’en plus d’une excellente lecture de l’anglais, l’homme possédait également une bonne vue et une discrétion notable qu’elle n’aurait décelée s’il n’avait avoué son crime.
L’aveu lui octroya donc la moitié de pardon qui incombe aux fautes énoncées et elle décida de ne pas lui en tenir rigueur. Pour le moment.

Nombreux était ceux qui lui tenait ce discours sur sa jeunesse. A croire qu’il était difficile pour une jeune femme d’écrire trois lignes intelligentes sur la politique sans être surprenante. Son côté féministe prit un envol démesuré alors qu’elle se redressait de toute l’immensité de sa petite taille.

- Je travaille pour la Gazette, en effet. Ravie de vous compter parmi nos lecteurs. Il faut croire que la curiosité n’a ni âge ni sexe…vous ne devez pas être vétéran non plus. S’amusa-t-elle en notant qu’il n’était pas bien vieux en retour.
Difficile d’accorder un âge à quelqu’un. Son visage juvénile n’était pas encore marqué par le temps, bien que l’on puisse aisément y déceler l’expérience d’un homme qui avait voyagé. Elle pris quelques instants pour le détailler à nouveau. Achevant de parfaire le portrait qu’elle se dressait de toutes ses rencontres. Des manières élégantes, une maîtrise évidente des langues ben que marquée par cet accent qui lui conférait, il fallait l’avouer, un charme certain. Le plus frappant était dans sa manière de se mouvoir. Avec la rondeur de son visage, on aurait pu s’attendre à une jeunesse inexpérimentée à tendance timide potelée. Que nenni, il remplissait l’espace tel un comédien, de gestes assurés, posés et empreints de cette assurance qu’on les gens qui se remettent peu en question. Intriguant, en résumé.
La manière dont il avait prononcé le mot «moldu » alluma une petite lanterne dans sa tête qui entraîna bientôt un immense brasier. De toute évidence, les moldus étaient pour lui une catégorie d’être inférieurs … et …

Menroth !

Elle claqua des doigts sous le nez et la barbe (qu’il n’avait pas) de son invité. Geste Ô combien grossier et de ce fait, assez délicat à justifier. Réactualisation du mode phare écarlate.
A croire qu’il guettait l’instant propice pour intervenir, le serveur Tom manifesta à nouveau sa capacité à être dans le ton de la conversation, en arrondissant face à eux un dos difforme assorti d’un sourire mielleux.

–Tout s’passe bien pour vous ?
Tout juste s’il n’ajoutait pas « les deux tourtereaux » pour le plus grand drame de Saoirse qui tâchait de se rappeler le grand nombre de fois qu’il l’avait aidé afin de ne pas l’avadakedavriser sur place.
Frottant ses mains l’une contre l’autre, comme s’il se gargarisait de ce petit déjeuner improvisé entre jeunes gens de bonnes familles, il s’attardait entre l’homme et la femme, attendant probablement qu’on le remercie pour cette rencontre bien arrangée. A deux doigts de se faire fustiger à l’écossaise, il fut sauvé par son inénarrable sens de l’à propos. Saisissant là une occasion de justifier le précédent geste sans faire étal de ce que réveillait en elle le nom de Menroth, Saoirse offrit alors son sourire le plus innocent.

- J’étais justement en train de me dire qu’il fallait absolument que tu fasses goûter ta toute dernière marmelade à Monsieur M… à Monsieur. Sur ces gaufres, ce sera parfait ! Claironna-t-elle en dévisageant ouvertement l’homme qui lui faisait face. Ce dernier ne serait certainement pas dupe. Et étant donné qu’il n’avait pas caché son identité en se présentant, il était clair qu’il assumait les gestes de ses ancêtres, ou qu’il s’en démarquait sans difficulté. Vous aimez la marmelade, Monsieur Menroth ? Renchérit-t-elle malicieuse, alors que Tom se précipitait déjà dans la réserve.

Menroth. Evidemment. Eminente famille des temps anciens. Ceux-dont-on-se-souvient. Faisant fonctionner son immense palais mental (technique aux mérites fortement vantés par son frère, bien que celui d’Ezio dû avoir la forme d’une yourte à bien y réfléchir) elle regretta de ne pas avoir fait le ménage à l’intérieur plus souvent. Ses souvenirs professionnels côtoyaient recettes de cuisine, nostalgie des jeux d’enfants, dossiers en tout genre, numéros, sortilèges, codes et contacts. Fouillis redoutable mais efficace. Elle avait une excellente mémoire visuelle et fut capable de donner le numéro de page, la couleur du parchemin et de l’encre utilisée sur le dossier du ministère qui mentionnait ce nom. Illustre famille au temps du Lord. Fervents adeptes de magie noire, la famille était impliquée dans un grand nombre de tortures et autres affaires sordides lors des deux guerres. Qu’était-il alors advenu de ce nom ?

Imaginant le fil de ses pensées se dérouler sur son front tel un parchemin, elle décida de les interrompre un cours instant afin de pouvoir donner le change sans éveiller trop de soupçons.

- Je n’ai pas eu l’occasion de vous remercier… Pour m’avoir relevée sur le chemin de traverse.



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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Sam 15 Avr - 15:29

Celui qui, dans les débats, était presque invariablement du parti le plus apte à mêler ardeur enflammée et  bise intellectuelle jouait en son esprit un étrange combat. Il n'avait pas, non, voulut réagir ; visage tendre et fermé au claquement de doigt. Mais pouvait-il seulement se faire ainsi moucher? Ce jeune homme éduqué qui savait cacher son sentiment n'était pas inapte à le travestir.

Un éclair avait passé dans les yeux de Saoirse. Il l'avait vu. Elle avait eu beau, le regardant d'un air qu'il qualifia de défi, affirmer qu'elle n'avait fait qu’appeler le barman, son trouble s'était vu un instant.

Un peu plus tôt, courroucée et railleuse, elle avait eu ce mot sur sa maîtrise de l'anglais. Il s'était contenté de sourire en haussant les épaules. Aussi décontracté qu'amusé. Avait-elle seulement le cœur à le réprimander pour une faute éthérée, sans aucun mal penser ? La curiosité  jouant la vieille partition : voir ce qui est sous son propre nez et ne pas garder par devers soi ce que l'on acquiert tortueusement. Visiblement pas. On dit en Bulgarie qu'une parole douce peut ouvrir même les portes de fer. C'était fort amusant de voir s’irriter sans inflammation, se montrer sèche, fière, celle qui, un instant plus tôt et un instant plus tard, colorait ses joues de carmin, d'incarnat et de vermeil. Un feu d'artifice et une caméléone de fard cette fille. Cela aurait été badin n'eut été la puissante volonté que l'on devinait en seigneur de cette place forte. Voilà qui ne manquait pas de la rendre ravissante. L'attention d'Aleksey fut un moment attiré par une mèche de cheveu près de son cou qu'il eut loisir d'observer lorsqu'elle quitta l'espace social pour ranger son parchemin.

Pour ne rien montrer il avait alors froncé légèrement les sourcils et affecté un air pensif en écoutant sa réponse. Non lui non plus n'était pas vieux non plus. A vrai dire, il se doutait être plus jeune, mais il était rare qu'on lui donnât son âge. On lui donnait toujours plus, au vu de la plénitude qui était la sienne. Il voulut faire une phrase mais il savait, par son éducation qu'il pouvait être grossier de parler d'âge aux femmes. Visiblement Saoirse, pourtant, n'en faisait pas grand cas il renvoya son précepteur et sa gouvernante, qui lui avaient appris les mœurs britanniques, dans leur bosquet de snargaloufs. En parlant, il leva les bras et ouvrit les mains.

-Je pense même que vous êtes mon aînée. Chez moi l'on dit qu'il ne faut pas demander à un vieillard – pardonnez mon impertinence- ce qui le fait souffrir, mais plutôt ce qui ne le fait pas souffrir.

Il ménageait encore son effet, gestes lents assurés et vifs, mains mouvantes, ses sombres yeux un petit peu plissés et vaste sourire aux lèvres, lorsqu'elle lui claqua deux doigts sous le nez avec la poigne d'une botanicienne dépotant des mandragores. Un instant plus tôt ce coup d'éclair dans la  vue aveline. Alieksandr leva un sourcil sans manifester trop d'incommodité et adressa un badin sourire qui aurait pu être complice, songeur ou une invitation à l'exaspération collective à Saoirse en  tournant la tête vers Tom. Debout, visiblement ravi, celui-ci fut envoyé quérir quelque marmelade. Non sans que la jeune femme ne fit connaître indirectement la cause de son trouble. Elle n'avait osé prononcer son nom devant Tom. Il eut d'abord la voix chaude et rassurante.

-Tom sait qui je suis, ne vous inquiétez pas. Il a également la délicatesse de m'appeler Monsieur. Appelez moi Alieksandr, Aleksey, je vous en prie. Puis, sa voix devenant moins clair, son ton moins assuré, d'une fêlure inhabituelle et comme s'il se parlait un peu à lui-même. Vous pensez qu'un fruit ne peut tomber loin d'un arbre, madame ? Cela est vrai... Il est pourtant des oiseaux et pis, des hommes, qui peuvent porter très loin la graine de ce fruit.

Il avait cherché, questionnant Saoirse, à saisir son regard puis brisé cela en posant sa main droite dans sa main gauche, massant sa phalange un instant ; les yeux posés, reposés sur et par ce mouvement.

-Volontiers, merci.
Sa réponse, un peu virulente, lui venait du fond des tripes. Il n'avait pas élevé la voix. Tout en ayant conscience de la part de manipulation qu'il utilisait en jouant cette partition, il avait toujours été révolté que les gens s'arrogeassent le droit de penser qui il était par le prisme de sa naissance. Il aimait et admirait son père, était on ne peut plus fier de ses ancêtres. Il considérait que le monde se porterait mieux en l'absence du secret magique, les sorciers intégrant les moldus à leur ordre. Aujourd'hui un enfant, pour avoir utilisé la magie pouvait être mis au ban. Or la magie était une force s'exprimant dans un corps, profonde et créatrice. Ah l'amer existence enchaîné. Parce qu'il pensait ainsi, fallait-il qu'il soit un salaud ?

Son père était un brave, combattant accompli, qui avait jeté son propre corps dans la bataille avec l'ardente force de sa maisonnée. Le fils pouvait-il rougir de cela ? Vive, belle, fluette et obstinée Saoirse, comment te dire qu'un homme qui ne peut haïr ne jette pas d'anathème. Il n'y a que le chemin que l'on emprunte, et les obstacles qu'il faut vaincre. Le combat n'est pas davantage un moyen qu'un but. Le combat, c'est un cœur qui souffre.

Tranquillement, flegmatiquement, Alieksandr ne dit rien de tout cela. Il ne s'attendait pas à tout, mais Saoirse fut à nouveau surprenante. Elle dégonfla aisément son envergure, cette aigle royale, ayant battu des ailes, revenait se poser en hirondelle. Une diversion ?

-Je vous relèverai aussi souvent que j'aurai le plaisir de pouvoir le faire.
Assura t-il avec bienveillance.

Il regarda du coin de l’œil Tom revenir de son affaire avec un pot de sa merveille qu'il posa sur la table en baragouinant. Le jeune bulgare leva une main longue, dont la manche violette ne bougea presque pas, parfaitement coupée.

-Merci Tom, pourriez-vous vous charger d'une course pour moi ? Artémis
(coup d’œil vers l'oiseau qui dormait la tête sous l'aile après son festin) s'est endormie. La matinée est une heure tardive pour elle. Remontez là dans ma chambre, et faites-y donner le service de chambre, s'il vous plaît. Vous avez une blanchisserie je crois ?

Comme le barmen s'éloignait, Alieksandr rendit toute son attention à Saoirse. Il vivait ici depuis plusieurs semaines, dans un confort relatif au vu de la richesse des siens, mais qui n'était pas inexistant puisqu'il n'avait aucune tâche à effectuer.
Ses pensées dérivèrent. Il connaissait l'existence d'un juge Shepherd au Magenmagot, lié à la journaliste de la Gazette. Ce qu'il ignorait c'est la nature de ce lien. Fille, nièce, cousine...

-Dites moi si je suis trrop currrieux. Que fait une journaliste phare, un lundi à …10h35 dans un établissement tenu par un rustre, lequel la force à s'attabler avec des inconnus pour le moins...louches, -Rassurrez-moi, je suis louche n'est-ce pas ?-. Vous devez un être un type de sorcière vraiment trrès habile pour Mr. Cuffe, dont ce n'est pas le genre, si j'en crois la rumeur, vous octroie un pareil congé !

Il y avait beaucoup de malice dans ce que disait Alieksandr. Il avait un anglais châtié et parfois vieillot, parlant presque comme un vieil homme.


Dernière édition par Alieksandre Menroth le Mar 18 Avr - 2:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Lun 17 Avr - 23:17

Un sourire esquissé à la mention de l’aînée qu’elle était (mais qui ne put se résoudre à être véritablement outragé) dessina une fossette au creux de sa joue rosie. Elle avait, de par sa petite taille et ses manières enfantines, eu bien souvent l’habitude que son côté juvénile face de l’ombre à la femme qui dormait en elle, ce qui l’avait bien souvent contrariée. Aussi prit-elle avec fierté la qualification « d’aînée » qui la propulsait ainsi au rang de femme accomplie et qui plus est, femme d’affaires dans cette histoire. Elle aurait tout loisir de s’appesantir sur les premières rides au coin de ses yeux, plus tard. Le plus tard possible, s’il vous plaît.

Alors qu’il confirmait ses présomptions quant au fait qu’ils jouaient tous deux à se donner le change à propos de l’identité de la famille Menroth, elle releva chez lui ce surprenant changement de ton. Quelque chose de perceptible et moins maîtrisé que les discours précédents. Comme si la carapace si étroitement léchée possédait malgré tout quelques fissures exploitables. Elle plissa les yeux une fraction de seconde (persuadée de prendre alors un air d’enquêtrice aux compétences indiscutables) avant que l’homme ne reprenne son flegme et son assurance d’une poigne qu’elle jugea plus impressionnante que ne laissait entrevoir ses joues rebondies. Elle le sentait joueur. Et doué le bougre. Maniant la verve tel un duelliste acharné.

Un peu décontenancée (et fort désireuse de le cacher), elle s’autorisa un second sourire, plus franc et un peu troublé il fallait l’avouer, lorsqu’il lui promit une main secoureuse chaque fois qu’il le pourrait, avec une bienveillance qu’elle n’avait pas vu venir. Cet homme était plus intriguant à chaque parole proférée. Tantôt calculateur au personnage pourléché, tantôt souverain aux accents inquiétant, il ressemblait à un virtuose du déguisement, capable de pianoter sur toute une gamme de personnages plus fascinants les uns que les autres.

Elle se fit violence pour refermer une bouche entrouverte (qui devait sérieusement jurer avec l'idée que l'on se faisait d'une grande dame) sous l’effet de la surprise et bégaya quelques mots qui firent écho à sa propre histoire.

- Je ne juge personne de par son nom. Les faits sont ce qu’ils sont, indépendamment de notre volonté. Chacun est un individu au sein de sa famille, avec ce qu’il y a d’hérédité, de révolution et de contraste.

Bien sûr, certains noms étaient plus tenaces à porter que d’autres. Menroth devait être, à la fois un fardeau, comme un sésame dans certain milieu. De la même manière, Shepherd pouvait s’avérer plus difficile à porter certain jour. Quand on touchait le doigt du nom pour des écrits qui n’étaient pas d’elle, mais ceux d’un étrange poète croisé dans un quelconque pays plus petit qu’Inverness. Ou encore, lorsque quelque affaire était déboutée par un juge connu pour son austérité. Quand encore on le mêlait à d’étranges prophéties pour lesquelles elle aurait préféré que sa mère ne contacte pas l’ensemble du bureau des Aurors avant d’en avoir vérifié la potentielle authenticité. Résolument, les noms n’aidaient pas toujours l’individu à se frayer un chemin dans la vie. Même si dans d’autres cas, ils ouvraient portes et stages, donnaient contenance et prestance à un pauvre être débutant ou s’attirait les bonnes grâces des préjugés de ceux qui se vantaient de ne jamais juger qui ou quoi que ce soit.

Et disant cela, elle réalisa que si elle prétendait se défaire du jugement, elle était constamment ramenée à ce dernier. De sa collègue de travail qu’elle ne jugeait pas, mais qui décidément, « se laissait bien trop faire par son petit ami, sa mère et son supérieur ». Et puisqu’on parlait de ce dernier, que là encore, elle ne se permettrait pas de juger (quoi que…) et qui de son côté, était bien trop à la botte de Strogov. Ou encore, de la sacrale loi qui énonce qu’on ne juge jamais sa sainte famille, alors qu’il était évident qu’elle ne pouvait piffrer sa futur belle-sœur (qu’elle soupçonnait fortement d’adultère), qu’elle considérant qu’Ezio avançait dans un processus d’autodestruction malsain dont elle entendait bien le sauver malgré lui et bien encore des choses sur le reste des membres mais qu’elle se taisait pour éviter de pousser l’introspection de sa facilité à juger qui l’engageait sur un terrain bien trop glissant pour son égo. Glissade mortelle garantie. En particulier pour la fierté et l’image de soi. A proscrire, donc.

Après un court instant de réflexion qui la plongea dans un mutisme surprenant, elle sembla se ressaisir et confessa rougissante.

- C’est incroyable à quel point nous sommes tous bourrés de principes qui ne s’appliquent qu’aux autres.

Et voici typiquement le genre de réflexions que tu as le droit de garder pour toi. Et vraiment, n’hésite pas.

Entre temps, Tom s’était démené pour apporter le pot d’exquise marmelade dont elle avait oublié jusqu’à l’existence, ce qui lui donna le temps de se recomposer une attitude plus distinguée de cette grande qualité de dame dont on lui avait fait don aujourd’hui. Elle observa le serveur se retirer avec la majestueuse Artémis, l’air un peu craintif de manipuler une si spéciale créature. La petite écossaise la suivit de ses yeux brillants et envieux, avant de les poser à nouveau sur l’homme élégant qui lui faisait face.

De sa tirade complice, Aleksey (oui, elle avait opté pour le diminutif qu’elle trouvait à la fois séduisant et exotique) lui faisait l’honneur de quelques flatteries sous entendues. Ne sachant, avec lui, sur quel pied entamer les reels, elle se prit à lui rendre un regard tout aussi malicieux que le sien. Bien que son esprit se soit langoureusement et rêveusement arrêté sur le « phare » qu’il avait associé à son métier.  « Journaliste phare ». Saoirse Shepherd, journaliste phare de la Gazette. Pourquoi avait-elle soudainement envie de brûler sur le champ sa lettre de démission et de danser sur la table?

- Avez-vous réellement besoin d’être rassuré sur l’effet que vous faites aux gens, Aleksey ? Questionna-t-elle taquine. Vous ne me semblez pas être de ceux qui doutent de leur influence, mais je peux me tromper. Auquel cas, je suis navrée de vous décevoir mais « louche » n’est pas le premier qualificatif qui me vient à l’esprit. Je serai davantage tentée par « intriguant » ou … « déconcertant ». Mais comme vous l’avez souligné, je ne suis qu’une journaliste assise à la table d’un pub dont l’authenticité rivalise avec la poussière, un lundi matin à l’heure où les grands de ce monde forgent le destin de demain. Alors ma psychologie laisse probablement à désirer.

S’amusant de la joute verbale qu’ils avaient engagée, oubliant jusqu’à la morosité de ces derniers jours, elle avala une longue gorgée de thé qui lui parut bien plus goûteuse que les dernières.

- Nul congé pour ma part. Que vous le croyiez ou non, ce cher Barny n’a pas la moindre idée concernant ma fuite du bureau. Je suis, ou plutôt j’étais en plein travail jusqu’à ce brunch impromptu. J’avais juste… besoin d’être ailleurs pour écrire.

Baissant les yeux sur les mets auxquels lui seul avait touché jusque-là, elle s’employa à masquer la confusion qui voulait à nouveau prendre possession de ses joues, sentant l’échec de la procédure, tout aussi cuisant que la honte. La sensation d’être mise à nue sur ses difficultés passagères s’empara d’elle, alors que son imagination galopante délivrait à cet homme intriguant toutes sortes de capacités potentielles, comme la légilimencie. Elle releva immédiatement la tête pour guetter dans les yeux d’Aleksey, le moindre indice qui pourrait le trahir et planta un regard sérieux dans le sien.
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Mer 19 Avr - 23:28

La bouche bée qui composa un instant suffisamment long pour amuser le jeune homme, le visage de Saoirse l’assura qu’il avait fait mouche en répliquant. C’était le mordant et la réponse qu’il fallait faire aux britanniques pour désamorcer leurs préjugés. Sans déformer le vrai, il lui fallait énoncer cette vérité simple ; que l’on n’était responsable que de son action propre. Pour la suite... il faudrait composer avec le futur.
Le sorcier moyen bulgare et ses opinions étaient formellement considérés comme repoussants ici. Ce n’était pas simple, pour qui aimait la magie. Vivre cette tension entre tradition, héritage et liberté. Le souhait de voir les meilleurs, indépendamment de leur sang, pouvoir s’exprimer avec harmonie. Croire en la magie, comme un don superbe et exquis pour couronner le genre humain. Lui y croyait plus que tout. Il aimait ses pouvoirs et était prêt, il le sentait, à faire évoluer les moyens d’action de son camp pour porter le message de ceux qui avaient défendu l’exception qu’étaient les porteurs de pouvoirs dans le genre humain.

Mais foin de cela. C’était une interaction fort plaisante. La meilleure peut-être qu’il avait eut depuis son arrivée en Ewiland. Au lieu d’être aussi maîtrisée que lui-même, Saoirse faisait preuve de beaucoup de spontanéité dans ses réactions. Sans la connaître, il était fort amusant, touchant même, de la voir jouer les dames, prendre la hauteur qui lui semblait seoir à leur rencontre. Peu evident de savoir s’il avait mieux joué en rejetant loin de lui ce que l’on appelait aujourd’hui, à voix basses et en bonne compagnie, « les vieilles pratiques », ou bien si c’était son éducation de galant homme qui était plus pertinente pour parler à Saoirse. Il aima le trouble du sourire. Amusée, confuse, flattée. Elle était d’un charme que nul ne pouvait manquer de remarquer. Pas même elle.
Dans sa tête, Aleksey revint sur ses inférences pour savoir si le juge Shepherd pouvait être le père, l’oncle de Saoirse. Par nature et par éducation, il se méfiait des juges. Ceux-ci avaient mené une brutale campagne et mis à bas les vieilles familles trop peu de temps auparavant. C’était un événement traumatique qu’il avait vécu de l’extérieur. Les grandes familles avaient toutes été touchées lorsque l’on avait pris leurs membres condamnés, qu’on leur avait retiré leurs dons, effacé la mémoire et qu’on les avait relâché, coquilles vides, moins que la moitié d’eux-même, dans le monde des moldus. Égarés sans but et vacillants. Parée de cette séduisante timidité dont elle faisait preuve avec une habileté que peut-être elle ne soupçonnait guère, la journaliste parla fort sagement. La sentence de Saoirse résonna longtemps dans sa tête, et même lorsque quelque minutes après, Tom fut venu puis partit en manipulant incommodément Artemis assoupie, les mots étaient encore présents. Immédiatement après, sourire fugace et avec la même bienveillance que précédemment il lui avait répondu :

-Voilà de sages parroles.

Il y avait eu un battement dans la discussion, une respiration dans la danse. Puis ils avaient reprit. Lui sur un rythme qu’elle avait suivi sans broncher. A la malice flatteuse de son pas, elle répondit d’une effronterie taquine. De sa haute et droite posture, Aleksey répondait sans ciller : d’un sourire, d’un éclair compagnon ou d’un hochement de tête. Il croqua dans sa gaufre. C’était là une autre partie de sa personnalité, celle de l’animal social. En société, ce mondain raffiné était aussi à l’aise que dragon en lave. Il avait l’écoute expressive bien qu’attentive. En l’occurrence il avait rigolé minimement avec ravissement. L’on sentait une énergie neuve chez elle.

-Je produis un effet différent selon les personnes, Saoirse. On ne juge pas un chaudron à son épaisseur. Non pas que vous ne le fassiez, au contraire. Quant à votre psychologie, de ce que vous m’en laissez voir, je suis formel. Vous êtes passionnée, mais vous déplorez les tâches que vous faîtes actuellement.

Les yeux d’Aleksey brillèrent un instant d’une lueur. Au fond de ces pupilles noires et sombres, ce fut comme le reflet de l’étoile du berger sur la mer en pleine nuit. Comme il terminait sa gaufre, la jeune femme avait baissé les yeux sur son festin. Elle avait un air un peu coupable. Puis, soudain, elle releva la tête et croisa son regard avec un air de sérieux qu’elle n’avait pas encore eut le temps d’affecter. Elle avait joué la fuite, la timidité, la complicité, voilà qu’elle chantait autre chose. Une capacité émotionnelle certaine, donc. Le genre capable de s’énerver puis de se calmer aussi vite, par la seule force nerveuse. Pour sa part Alieksandr lui, n’avait le regard ni appuyé, ni fuyant; ce n’était pas tout à fait impassible, plutôt perçant et sagace. Il la vit s’empourprer à nouveau et décocha quelques mots.

-Vous voici ailleurs et l’on vous empêche encore d’écrire puisque vous me gratifiez d’une compagnie inespérée. Alors, qu’écrivez vous ? Laissez moi deviner… J’aime les devinettes. Un article sur la qualité des petits-déjeuners servis par Tom ? Mmh… Non, c’est un amour trop platonique que vous avez pour la nourriture. Ou bien êtes vous trop empruntée pour en profiter allégrement ?

Un marronnier sur l’arrivée du printemps ? Ou bien vous cherchez l’inspiration… La trouve t-on vraiment au milieu des tables de bois et du passage continu ?

En effet, au fur et à mesure de la matinée, de plus en plus de passage traversait la frontière magique. Sorciers et sorcières plus ou moins mal vêtus à la moldue ( casquettes de base-ball, robes à fleur et bottes de caoutchouc ou tenue de pompier, gants de football et chapeau de cow-boy).

En parlant ainsi pour faire la conversation, il la vit le guetter, soudainement il répondit par un regard aussi fixe que le sien. Il ne dit rien un instant, n’eut aucune réaction et il sentit cette fois une gêne. Il estima bien résister, ne pas s’empourprer et ne baissa pas les yeux. Sa respiration se fit profonde et posée. Il plissait imperceptiblement les yeux, prêt à bondir comme dans un duel. Comme au combat, il vit le temps se dérouler au ralenti. Un peu barbouillé par cet instant partagé, il dit d’une voix lente, moins maîtrisée qu’à l’habitude car ses lèvres et sa gorge avaient séché soudain.

-Et si je vous aidais à rédiger cet article ?


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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Lun 24 Avr - 18:19

Sous le regard scrutateur de l’homme, elle se sentait plus vulnérable que jamais. Capable d’avouer l’inavouable et de lui déballer soudainement le contenu de ces deux derniers mois sans qu’il ne demande explicitement quoi que soit et par la simple peur qu’il ne le découvre de lui-même. Il y avait dans ses expressions, sa façon de parler et sa maîtrise de lui, une réflexion et une intensité qui le rendait difficile à cerner. Parfois convaincue qu’il en savait plus sur elle que ce qu’il laissait paraître (était-il particulièrement perspicace ? Fin psychologue ? ou décidément légilimens ?) elle s’abandonnait à penser qu’elle se méprenait peut-être en pensant avoir provoqué la rencontre, puis se moquait d’elle-même pour avoir osé imaginer un tel calcul. Dans toute son entité, il l’intriguait. Inconsciemment, sa mémoire balayait les dossiers Menroth auxquels elle aurait pu avoir accès, tentant de se rappeler si on y faisait mention d’un Alieksander. En vain.

Les regards qu’il enchainait passait de l’intense à la subtilité sans qu’elle ne parvienne à en comprendre les changements. Il semblait suivre à la fois la conversation et le cours de ses pensées, pour lesquelles elle aurait donné Gallions, chemise et le petit-déjeuner qui refroidissait sur la table.
Machinalement, elle s’empara à son tour d’une gaufre, réalisant qu’elle n’avait pas avalé grand-chose depuis quelques jours. A ce souvenir, sa gorge se serra pendant que l’une des causes de son mal-être s’invitait à la grande valse de ses pensées. Les derniers mots échangés avec Ezio lui revinrent en mémoire et tourneraient probablement en boucle dans le fond sonore de sa petite tête, comme ils se jouaient à le faire chaque nuit. Et de nouveau cette sensation qu’ils en resteraient là et qu’elle ne le reverrait plus pour effacer tout ça. Pourquoi était-elle persuadée à ce point qu’il allait mourir ?
La petite journaliste chassa impudemment son frère et les ennuis qui allaient avec pour revenir à l’interlocuteur de l’instant. Elle sourit légèrement lorsqu’il mentionna son prénom, le trouvant plus original avec l’accent qui ponctuait les intonations d’Aleksey.

Ses essais de divination quant au sujet de son article la divertirent suffisamment pour qu’elle le laisse tâtonner quelques instants, le temps de lui arracher encore deux autres sourires. Elle savait désormais qu’en cas de panne d’inspiration, il en aurait à revendre. Et pouvait dès à présent rayer la légilimencie de ses soupçons. A moins d’une grosse dose d’humour… ?
Le sujet actuel était un gros dossier sur lequel elle traînait depuis quelques mois maintenant et qu’elle entendait bien concrétiser. Rebutant au début, il lui avait procuré un immense travail de recherche qui l’avait accaparé des semaines durant. N’y comprenant que très peu au début (elle avait presqu’eut l’impression de revivre ses premiers cours de runes) elle avait fini par se piquer au jeu et s’apparentait maintenant à une spécialiste en recherche sur la temporalité.

- Rien de tout cela. Mais je note tout de même quelques idées pour la suite. La qualité des petits déjeuner pourrait m’interdire l’accès à l’établissement si je m’appesantissais trop sur les biscuits et la cuisson des saucisses. Les gaufres en revanche… Assura-t-elle d’un regard complice. Mon article est un peu plus rebutant. J’espère pouvoir le présenter au cours du mois, il ne me reste plus que la finition de la rédaction. Il m’a donné du fil à retordre sur le fond… mais je crois que j’y suis. Avez-vous entendu parler des travaux d’Octavus Shelley dans le domaine de la magie temporelle ? Depuis l’affaire des retourneurs de temps, beaucoup de scientifiques ont décidé de se replonger dans cette étude, mais ce sont ses travaux qui sont les plus aboutis… Sentant un nouveau rouge lui monter au joue (carmin passion version je m’emballe sur un sujet que j’ai mis des mois à comprendre mais ça y est je maîtrise !) elle tenta d’éviter de torturer d’ennuie son interlocuteur et embraya rapidement Vous voulez m’aider ? Attention, je vais vous prendre pour l’espion d’un journal concurrent, un homme à la curiosité pire que la mienne… ou pour quelqu’un qui me juge incompétente à écrire seule. S’amusa-t-elle.

Ou un type franchement sympa… peut-être s’ennuie-t-il tout simplement ?

Et bizarrement, elle était très tentée d’accepter.

Après un dernier regard planté droit dans ses yeux, elle fut dans l’obligation de les détourner, incapable de deviner vers quelles pensées tendait son interlocuteur.
Parfois, elle parlait trop.

- Il s’agit plus d’une suite de notes pour l’instant. Elles sont beaucoup moins faciles à déchiffrer que ma lettre de démission. Sourit-elle.

Malgré l’intensité du travail fournit et la quantité mémorable de notes qui en résultaient, graphées un peu partout, dans tous les sens sur divers parchemins, cet article était ce qui la tenait depuis des mois. Sans lui, elle aurait probablement tout envoyé valser, à commencer par la Gazette. Cela faisait quelques semaines déjà qu’elle écrivait en parallèle pour The Independent Wizard sous un pseudonyme. Le quotidien au financement indépendant acceptait la plupart des articles coup de pieds qu’elle écrivait sur l’actualité. Ils ne censuraient pas les critiques gouvernementales et ne lui demandaient pas d’écrire une copie qui aurait été préalablement relue et corrigée par Archibald Strogov. Elle hésitait à basculer entièrement du côté obscur de cette force, mais se sentait lié à ce dernier article, comme si elle lui devait quelque chose avant de partir. Au moins l’achèvement. A moins qu’elle n’ait tout simplement manqué de courage pour quitter son poste. Ou encore, que Lenny ait suffisamment d’influence sur elle pour lui dicter quelques mouvements…

Sentant qu’elle s’était égarée dans des pensées qui la séparaient de son invité, elle secoua la tête et lui accorda de nouveau toute son attention.

- Pourquoi inespérée ? Je veux dire… la compagnie… bégaya-t-elle. Je suppose que vous n’avez pas de famille dans le secteur, auquel cas vous ne seriez probablement pas dans ce pub. Des amis, connaissances ou rencontres ? Quelqu’un pour vos donnez de… meilleures adresses culinaires ?   Chuchota-t-elle un peu plus bas en risquant un oeil vers Tom.

Ses yeux croisèrent l’étalage de la moitié des provisions de l’établissement sur sa table et lui firent réaliser à quel point elle se sentait nerveuse ces derniers temps.

- Ne me demandez pas ce qui m'a pris, je l'ignore moi-même… Lança-t-elle à la volée en haussant les épaules.
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Jeu 27 Avr - 12:15

Un cercle vertueux était jeté là par le hasard de la rencontre. A une vertu, une autre répondait et c'était une danse, un réel énergique et fécond. Soubresauts, élans et traits d'esprits.
Alieksandr avait même abandonné un temps ses recherches intérieures sur la filiation de la journaliste. Durant l'adolescence il s'était lentement, non sans peines et régressions, détaché du point de vue de son éducation rigoriste sur la question. Aujourd'hui, jeune homme ayant profité d'un formidable héritage aristocratique, il concevait un mépris profond envers ceux qui, partis d'un tel héritage n'en faisait rien. A Durmstrang où l'on exacerbait deux choses, l'origine et le talent, il avait appris à ne se fier ni à l'une, ni à l'autre. Des gens que l'école jugeait comme dépourvus de la moindre once de prédisposition se révélaient comme de grands sorciers, sous d'autres cieux. D'autres exhalaient des dons fantastiques par le moindre de leurs pores, on les considéraient pourtant, des années durant, comme quantité négligeable. Et, sinon pire, que dire des rangs interminables issus des grandes plus lignées, de la poignée des nés dans des familles plus riches que la sienne, fut-ce au temps de la splendeur, de leurs rejetons gorgés de vanité ? Qu'en pouvait-il dire, lui qui avait passé ses jeunes années à les brutaliser de ses sorts ?
Au milieu de cela la part largement majoritaire des sorciers et sorcières n'avait de génie que par instants fugaces, balancement subtils et brûlants au firmament, que rien n'avaient laissé présager. Même, -surtout- ce génie là il l'admirait. Une grande gloire, fantasque, inattendue, pouvait être une grande flamme, haute et majestueuse, vacillante un instant, puis partie en fumée et disparut dans la nuit.
Dans sa vie, il avait souvent vu le paroxysme de la gloire des anonymes surpasser la sienne. Plus grave ; dans les moindres affaires ils se paraient des lauriers du quotidiens, réduisant ses affaires de duelliste à des jeux d’adulescent. Il pouvait être le meilleur combattant de la région de Sofia, un jour de mariage à la ville, il n'était plus qu'un attraction secondaire. Pour un homme qui voulait boire à tous les vins et toucher tous les trophées ce n'était pas supportable.

Sur la question des dons voilà que l'atavisme, cependant, le poursuivait comme malédiction. Voyons, voyons, elle n'est certainement pas née moldue (il écarta cette hypothèse machinalement sans arguments, parce qu'il n'avait pas fréquenté vraiment de gens de cette ascendance). Quelle tête ferait sa grand-mère Elza Stieglitz, sa verrue sur le nez et sa clique d'amies du club VERRUES ( Vénérable Et Respectable Rassemblement des Egorgeuses Sorcieres ), si elles le voyaient attablé avec une raclure de Sang-de-bourbe ? Une tête hideuse sans aucun doute – il lui revint avec un grand amusement que, cela dit, Baba Elza était certainement l'une des personnes les plus laides qu'on puisse imaginer et que cela ne changerait pas grand chose. Comme, pour ne point léser son interlocutrice, il devait continuer à parler, il ne put aller guère plus loin dans ces réflexions instinctives, qui ne l’intéressaient, par ailleurs, plus autant que quelques mois auparavant.

Aleksey écouta suivit le discours avec une concentration placide. Parfois, il hocha la tête avec compréhension et agrémenta ce geste d'un sourire en entendant la plaisanterie sur la qualité de la nourriture du Chaudron Baveur. Il sembla peut-être très fugacement contrarié d'être ignorant lorsqu'il fit non de la tête pour préciser qu'il n'était pas familier de Shelley.

-Je connais ce nom, mais je n'en sais guère plus.

Il écouta dans l'espoir de davantage d'informations.

Aleksey se dérida encore pour une nouvelle plaisanterie. La retenue dans le verbal ou le silence semblait faire partie de lui. Hormis baguette en main, c'était un homme assez calme, fier et orgueilleux, que l'on n'énervait que rarement sauf en le provoquant. Assis, sans bouger beaucoup, il avait des mouvements d'une égale fluidité et tenait son espace comme un chef d'orchestre. De manière général, il attirait l’attention sur un geste avec un aplomb de prestidigitateur. Rien n'avait disparu, cependant, lorsqu'il reprit la parole.

-Et moi qui crroyait avoir fait prreuve d'une discrétion à toute épreuve en assommant ces fichus niffleurrs devant Gringott's.

Désolé de vous décevoir, Saoirse je suis moins curieux que vous, je pense. C'est vous qui me faîtes parrler comme je ne l'ai pas fait depuis longtemps. Quant à vous juger incompétente, en vérité je vous admirre. J'espère même, secrètement que vous m'apprendrez à écrire l'anglais correctement.

A la vérité, il avait appris l'anglais comme seconde langue maternelle et c'était en partie par choix qu'il parlait avec un accent. Au fil des années il ne pouvait plus s'en départir, d'autant que Durmstrang avait rouillé dans sa tête le parler, la prononciation et les logiques de la langue de Shakespeare. Était-ce d'avoir parlé longuement qui la mettait à nouveau mal à l'aise ? Il prit le pari intérieur que c'était le cas. Elle avait le cramoisi d'une étudiante retenant son souffle pour donner la réponse. Il pensa à l'une de ses amies du même sérail et cela renforça sa sympathie.

-Je croise les doigts de parvenir à déchiffrer ce que vous ne me cachez pas, en ce cas
(il fit le geste brièvement). Et puis, vous avez raison, l'espion doit passer au niveau supérieur.

Les pupilles noisettes de Saoirse lui semblèrent un instant dans le vague jusqu'à ce qu'elle ne secoue la tête. Elle parla avec un nouveau trouble. Il répondit en riant de bon cœur mais un œil très avisé de fin limier aurait pu noter que quelque chose sonnait un peu faux. C'était un bon acteur, il cachait quelque contrariété. Il reprit d'un ton soufflé ; et sa voix, plus basse qu'à l'habitude, prit des allures de murmure. Il eut à cœur qu'on ne l'entendit pas en dehors de Saoirse. Il n'utilisa pas ses mains pour parler et toute deux étaient tombées sur le bois de la table. Aleksey se pencha vers la jeune femme, et lui dit avec une gravité d'où perçait l'amusement :

-Vous supposez bien pour ce qui est de la famille.
Le rejet, l'imposition, le sérum... Mon père, Lars Menroth le mangemort se cache toujours quelque part. Plusieurs membres des différentes branches arrêtés ou piqués, les autres qui ont perdu leur éclat. Et moi qui n'ai pas appris, là d'où je viens, à avoir honte de mon nom. Je ne me résoudrai pas à le cacher.


Sa détermination scintilla un instant. Il n'avait pas appuyé le propos, souriant et sombre, dans une ombre projetée qui lui faisait briller son air de guerrier. Il avait dit le nom de son père comme l'on se défenestre et l'on sentait poindre une grande fierté chez cet homme, pour sa lignée, si ténébreuse fut-elle. En évoquant la Bulgarie, il voulait faire écho au fait que la position de sa famille y était des plus enviables.

-Ceux qui apprécient mon nom font une compagnie...étouffante. J'ai fait quelques rencontres, revu de vieux amis, mais vous comprenez j'ai quitté mon pays pour une autre vie.
Peu de gens réagissent aussi bien que vous le faites. Je suis sur le point de vous prendre pour une espionne au service du ministère.


Il perdit sa gravité avec la soudaineté d'un maléfice.

-Je désespérai donc d'une agréable et honorable compagnie.

Il surprit le coup d’œil qu'elle risqua vers Tom et joua les imbéciles.

-Je doute que Tom accepte de dîner ou même déjeuner hors d'ici avec moi, vous savez.

Puis il éclata de rire et joua le soulagement, après qu'elle eut avoué n'avoir aucune explication sur sa commande.

-Me voilà rassuré, j'aimerai beaucoup vous inviter où bon vous semblera et j'avais peur que vous n’ayez appétit d'un kraken !


Reprenant son sérieux, il ne voulut pas paraître trop moqueur.

-Alors dîtes moi, que voulez-vous écrire sur notre ami Shelley ? Quel est... l'angle ?


Il avait dit ce dernier mot d'un air de « est-ce bien comme cela qu'on dit? » .
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MessageSujet: Re: Plumes, cape... marteau ? [Saoirse]   Mer 3 Mai - 17:40

Cet homme était-il en train de l’inviter à dîner avec subtilité ? Ou son imagination galopante avait-elle encore sauté quelques étapes ?

Le fixant un instant de son regard sérieux, elle avait la vague sensation qu’une petite lueur au fond d’elle émettait quelques signaux d’alerte. Ne sachant à qui ou quoi les vouer et n’ayant pas franchement envie de les écouter ou d’en tenir compte, elle les balaya d’un revers de main à faire pâlir un batteur de quidditch.

De ses allusions à sa famille, elle nota cependant ce mélange de fierté qui paraissait se dégager du côté Bulgare, le nom du père et cet légère inflexion de voix qui ne manquait de le prendre lorsqu’il abordait ce sujet. A quitter son pays pour une autre vie, pouvait-on réellement prétendre être fier de ses racines ?

Qu’est-ce que vous ne me dites pas, M. Menroth ? Pourquoi êtes-vous réellement ici ?

Songeant qu’il maniait sarcasmes et gravité en passant de l’un à l’autre sans préavis, elle fut prise d’un réel doute quant à la possibilité qu’il fut un espion.

Et au compte de qui Sherlockette ?

Voilà qu’il redoublait d’intérêt à ses yeux. Détournant prudemment le regard de l’homme, elle se mordit la lèvre un instant, tout à l’hésitation d’une réponse qu’elle savait devoir réfuter mais qu’elle avait furieusement envie d’accepter. Des cours d’anglais ? Voilà qui pouvait être amusant… et peut-être l’occasion d’en apprendre plus sur cet étrange homme qui savait parfaitement détourner la conversation des sujets qui le troublaient.
Alors qu'il prononçait le mot sérum, tous ses sens se mirent sur le qui-vive. Menroth? Candidat au sérum H et toujours dans la nature?

- L’angle est purement scientifique. Pour tout vous dire on m’a confié ce dossier …

Pour que j’arrête de fourrer mon nez dans les recherches de Bailey et son sérum, justement.

… parce que plus personne ne semble s’intéresser à la magie temporelle. Ce qui était mon cas, jusqu’à ce que je me penche de plus près sur les recherches de Shelley. Il s’intéresse à tous les paradoxes temporels qu’ont soulevé les retourneurs de temps. Notions qui ont plongé dans l’oubli après leur destruction. Les recherches ont été rendues compliqué par l’absence de tests possibles et ne pouvaient se baser que sur les anciennes théories qui avaient permis leur construction. Se sentant observée avec attention, elle détourna le regard un court instant.
Sous ses yeux, elle se sentait rougir comme la jeune fille timide qu’elle n’avait jamais été. Elle n’avait pas été une élève introvertie, plutôt de celles qui n’avaient pas froid aux yeux. Ses années estudiantines avaient également été sous le signe de l’effronterie et jusqu’à présent peu avaient été à l’impressionner. Tobias peut-être. Et cet homme. Pourquoi la troublait-il à ce point ?

- Vous voyez, longtemps, ces objets ont été idéalisés et leur disparition n’a fait qu’accroître leur impact dans l’esprit des gens. Shelley avance une tout autre théorie… il suppose qu’a bien y réfléchir, il s’agisse plus de distorsion de l’espace que du temps… et que leur utilisation ne permettait en aucun cas de modifier quoi que ce soit dans le cours du temps. Et… je suis à nouveau trop bavarde c’est ça ?

Essayant de dérougir (allez-y, essayez donc) elle prit une profonde inspiration et posa ses mains bien à plat devant elle pour dégager le plus de clame possible. On lui avait donné à l’université, quelques cours de postures qui visaient à permettre de donner l’impression que tout était sous contrôle. Même en cas de panique à bord. Certes, actuellement, on était loin de la panique. Mais elle sentait bien qu’alors que ses rougissements se faisaient plus carmins, l’homme de son côté, gagnait en influence sur elle. Et cela ne lui convenait guère. La conversation avec Aleksey Menroth s’avérait fort agréable, distrayante à souhait et pleine des mystères dont elle était friande. Il lui fallait cependant repasser à la Gazette pour y déposer quelques dossiers, mais elle se refusait à perdre de vue cet individu si particulier.  Il soulevait trop de questions auxquelles il n’apportait aucune réponse et avait pour lui de conjugué mystère, charme et bonnes manières. Il fallait donc qu’elle trouve queleque chose…
Greffant un sourire mutin à sa bouche, elle prit soin de le regarder droit dans les yeux avant de lancer l’offensive.

- Saveurs & Basilic à midi pile ? En face de Pirouette et Badin. Ajouta-t-elle l’œil vif. Je dois absolument repasser par le journal avant. Mais cela vous laisse le temps de vous trouver une excuse acceptable si mes bavardages ont épuisé votre capital patience de la journée. Et, si par bonheur vous acceptez, je vous promets d’éviter de dévorer comme un kraken et de vous montrer l’entièreté de mes notes. En échange, il vous faudra satisfaire ma curiosité à votre égard. Elle s’autorisa un sourire malicieux avant d’ajouter : Méfiez-vous, vous perdrez probablement au change. Shelley est un homme dont la vie personnelle est loin d’être passionnante et dont les recherches sont à vous créer des nœuds au cerveau. En revanche, ma curiosité, elle, a peu de limites. Réfléchissez-bien avant d’accepter.
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