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Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

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 Quest of past days

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MessageSujet: Quest of past days   Mer 8 Mar - 23:55

Londres, Allée des Embrumes, le 11 mars 2017

Alieksandre portait sa longue cape noire, très noire même, en vérité elle était si obscure qu'elle semblait ternir les lueurs à son approche et dans son sillage. Il avait rabattu sa capuche si bien que son visage était à peine visible et plongé dans l'obscurité. Le bruit des ses bottes lourdes clapotant sur le pavé et dans les flaques. Sous la pluie battante, trempé par le ruissellement de l'eau sous les devantures fermée, il n'accordait aucune attention aux personnages louches -groupe de femmes aux doigts crochus, longues dents pointues et prolixes cheveux sales qui semblaient apprécier le déluge et odoraient un fumet de viande faisandée, petits gobelins pressés cachés sous des capes, mages aux regards fuyant, cachant sous leurs capes sombres des objets dont l'illégalité ne faisait aucun doute. Le jeune homme avait rendez-vous dans l'allée des Embrumes. Il était minuit passée. Il entra un estaminet miteux, bruyant et sales, où se pressait une foule de mages sorciers et sorcières sinistres aux airs crapuleux. Un serveur en le voyant brièvement relever les pans de sa vaste capuche pour lui indiqua d'un signe de tête une porte ouverte au travers laquelle on apercevait une table basse située dans une arrière salle aux canapés de cuir de dragon noir. Un homme, de dos, haut-de-forme vert foncé, l'y attendait près d'une cheminée en se chauffant les mains. Aleksey inspira un grand coup, vérifia discrètement la position de sa baguette dans la manche gauche de sa robe ample et marcha d'une pas ferme.
La porte se ferma d'elle-même. Ce petit salon privé, entièrement impassibilité était à la disposition des clients pour leurs affaires discrètes. Dexter Miles, était un homme de quarante-cinq, de sang faiblement mêlé car un seul de ses ancêtres sur deux générations avait du sang moldu. Lui et Menroth s'était déjà rencontré une fois, quelques semaines auparavant, avant l'arrivée du jeune homme en Angleterre. Il était grand et avait le visage dur. Outre son chapeau, il avait une cape grise et une tenue lin noire, pantalon chemise et redingote bordeaux. Il fumait une pipe d’écume à tête de méduse ( laquelle remuait sans cesse évidemment). Il se retourna, canne en main, avec un sourire satisfait aux dents de carnassier. C'était un industriel, qui possédait une fabrique de chaudron anciennement traditionnelle et qui désormais, grâce à son talent de spéculateur ne cessait de l'enrichir. Miles's Cauldron ( qu'on abrégeait familièrement et couramment Mil's Cauld') était une entreprise florissante qui avait toujours défendu son modèle économique particulier. Les chaudrons étaient produits dans trois fabriques avec une composition d'étain et d'alliage tenue secrète. Ils étaient déclinés en plusieurs gammes selon les âges, la taille et le besoin (culinaire, poisons, décoctions, potions médicales etc.), mais il était surtout de notoriété publique que l'entreprise vendait des chaudrons sur mesure à un prix faramineux pour toute sorte de rituels et de préparations plus ou moins licites.
Sans que cela ne soit ouvertement dit, la société attirait ainsi toute une clientèle de « vieux sorciers » qui souhaitaient pratiquer la magie «  à l'ancienne » et s'adonner librement à l'art des potions. Ce que l'on entendait par vieille magie n'était pas clair et tenait surtout d'un vieux fantasme du temps où les sorciers et sorcières passaient le plus clair de leur temps à mettre des choses dans leurs chaudrons et à voir ce qu'il se passait. Cela était source d'accident, de disparitions de moldus et de méprises ; on a ainsi longtemps largement surestimé les vertues de la bave de crapaud et sous estimé les danger de la plupart des champignons, ou encore ceux de la consommation excessive et fréquente de bile de mammifère.
Mais il existait aussi un fantasme, répandu parmi les vieilles familles, pas à fait dénué de sens de pouvoir aussi convoquer, invoquer ou conjurer un certains nombre de malédictions, choses démoniaques et interdites pour lesquelles il fallait absolument un chaudron à l'ancienne, adapté à ce type de manifestation et qu'à moins d'avoir un vieux chaudron hérité de votre arrière grand-mère datant d'avant les assommantes normes et réglementations concernant ces récipients ( lesquelles les avaient rendus inaptes à la pratique de pas mal de magie noire au passage et poussaient les gens qui le souhaitait à utiliser des chaudrons de pierre qu'ils fabriquaient eux-mêmes et qui, pour être efficaces, gardaient très longtemps les traces de la magie noire utilisée, ce qui pouvait vous valoir un aller simple pour l'île et la prison d'Azkaban) vous pouviez vous gratter la baguette pour tenter de convoquer le moindre Détraqueur. Depuis que Dexter Miles avait repris l'entreprise familiale il faisait les fonds de chaudron gras donc de pas mal de mages et sorciers qui aimaient en cachette violer allègrement une centaine de lois, décrets et injonctions en se lançant dans des rituels à tire-leprechaun. Les motivations de ces gens sommes toute assez ordinaires pouvait aller de la vieille revendication politique de créer un régime dans lequel les sorciers dominait les sans pouvoirs, à simplement se venger de voisins trop curieux, faire une bonne frayeur à son meilleur ami ou passer un chagrin d'amour de façon violente.
Alieksandr s'avanca et Miles le débarrassa de sa cape avant de l'inviter à s'asseoir en lui proposant un whisky pur feu. Il ne savait pas s'il faisait assez digne, alors il se contenta de regarder droit devant lui, gorge nue et regard haut en se tenant très droit.

-Notre ami commun sera heureux de savoir que vous êtes arrivé sans encombre, Alieksandre. Dit Miles, lorsqu'ils commencèrent à parler.
Ils y eut ensuite de longues minutes de discussion qu'il n'est pas nécessaire de rapporter. Pour faire court, il s'agissait d'échange de bons sortilèges. Enfin Aleksey en vint à ce qui l’intéressait.
-Et votre contact au ministère. Que dit-il ?
Miles fouilla dans la poche de sa veste en exhalant un nuage de fumée qui fit plisser les yeux à la figure sur sa pipe. Il en sortit un parchemin froissé recouvert d'une écriture cursive, sur laquelle une adresse était inscrite.
-Ça n'a pas été facile annonça fièrement l'industriel. Fidelitas. J'ai dû débourser un bon paquet de Gallions, mais j'ai pu obtenir que …

-Quand est-ce que je pourrais y aller ? La voix d'Aleksey était brisée, il était très ému.
-Pour la première fois, je vous enverrai un gars du Ministère, qui a déjà travaillé pour moi, c'est un briseur de sorts et vos cousins le connaissent, c'est un McKenzie.
Les McKenzie formaient une famille de sorciers écossais. Ils étaient assez proche de la branche Menroth d’Écosse et entretenaient avec eux une relation clientéliste fort lucrative pour eux autrefois, lorsque ces derniers avaient encore de la fortune. Désormais, les relations s'étaient distendues, mais un Menroth, fut-il bulgare et anglais, savait qu'il pouvait faire confiance à un McKenzie et l'on avait recommandé à Aleksey de ressusciter les anciennes alliances.
-... le manoir est fermé, expliqua Miles devant les sourcils froncés de son employeur. Il y a eu tellement de maléfices jetés sur la propriété, le lieu est considéré comme très dangereux par le Ministère. Au début ils ont envoyé du monde pour briser les mauvais sorts et puis depuis plusieurs années, apparemment, ils se contentent de le faire garder. Ils ne font pas de zèle, mais comme ton père n'a jamais été arrêté, ils pensent toujours qu'ils pourraient y trouver des indices.
Aleksey se détendit.
-Et donc cet homme, où et quand je dois le retrouver?Demanda t-il assez impérieusement en vidant d'un trait son verre.
-Demain soir, minuit, à l'adresse que vous venez de lire.


Dernière édition par Alieksandre Menroth le Mer 3 Mai - 22:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quest of past days   Lun 13 Mar - 15:49

Dimanche 12 mars, 23h45, Londres, Mayfair

« Pop », un jeune homme avait transplané, dans un coin de ruelle, à plusieurs rues de l'endroit où il se rendait. Il portait une tenue bleu nuit et émeraude avec des reflets d'argent, aux tissus travaillé et riches. Très riches. Elle réussissait à n'être pas prétentieuse par l’apparente simplicité mais un coup d’œil attentif décelait le ciselage précieux recherché. Son visage était inhabituellement fermé et tendu. Il avait passé la soirée à attendre, dans sa chambre du Chaudron Baveur et avait à la main un coffret richement ouvragé qu'il tenait par la poignée. Alieksandre avait sur les épaules la Cape noire, familiale, héritée de son père ( qui la tenait lui-même de maints ancêtres). Toute la soirée, et même une partie de la journée il avait attendu ce moment, en ressassant l'histoire familiale.


Son ancêtre le plus ancien, légendaire en fait, était une sorcière appelée Lilith. D'après ce que lui avait raconté son arrière grand-mère Elza et son arrière-grande tante Bonnie ( deux jumelles de plus cent ans, repoussantes au possible, qui correspondaient en tous points à l'image que les moldus se faisaient des sorcières : verdâtres, verrues sur le nez, voix insupportable, malodorantes et qui n'aimaient rien tant que préparer des poisons ) quand il n'était encore qu'un petit sorcier à la dentition partielle. Mamie Elza ( que toute la famille appelait familièrement Dulle Griet) insistait avec fierté sur le fait que Lilith avait eu un nombre déraisonnable de maris, lesquels avaient tous malencontreusement rendu l'âme en lui confiant une somme fortune non négligeable, ce qui fortune plus fortune, plus trésor, plus héritage avait bientôt formé un héritage fantastique. C'était une ensorceleuse extrêmement talentueuse, aux multiples aventures, qui confectionna entre autre et selon la légende, une Cape plus noire que l'obscurité, conférant une protection aux sorts mineurs, et capable d'aspirer la lumière du jour. Elle s'en était notamment servie pour étouffer bon nombre de ses amants dont elle prélevait l'âme pour la cape, s'assurant ainsi que l'objet ne cesserait jamais d'être chargé de magie.
C'était une histoire à laquelle personne ne croyait vraiment, mais la Cape passait de main en main, à l'époque où les très laides jumelles Elsa et Bonnie, nées Stieglitz en Allemagne (dans la famille de Bernd Stieglitz, le peintre sorcier) n'étaient même pas encore ourdies par leurs géniteurs, c'est-à-dire avant 1910. Les origines scandinaves de la famille était encore difficiles à retracer. Sans doute avaient-ils été, avant le secret le secret magique et les noms de famille, dans la société viking traditionnelle, une lignée de chefs de clan élus renommés pour leur force physique ( Aleksey faisait exception, mais nombre de ses parents étaient des forces de la nature, à commencer par son père Larsen ) et le courroux de leurs ombrageuses malédictions.
Respectés mais en manque de terres, on note qu'un Larsen le Noir débarqua aux Hébrides puis sur les côtes de l’Écosse, fit force pillages et rapines avec ses guerriers vers 800 et s'installa au nord du pays, au flanc des Highlands où vivaient à l'époque de nombreux gobelins et géants. Lui et ses descendants ne furent pas les derniers à être cause de la disparition des géants en Grande-Bretagne. Aujourd'hui encore, la branche vieille des Menroth vit dans le château familial de Tarn. Ils se sont beaucoup liés avec les sorciers MacKenzie du Kintail, de farouches montagnards et chevriers aux barbes en collier et il restait, jusqu'à une date récente, une douzaine de châteaux Menroth, MacMenroth et Kenroth, toutes branches apparentées à la branche vieille. Menroth le Vieux (ou la vieille lorsque l'aînée était une femme) était le titre porté par le chef de branche vieille.


Mais les Menroth avaient le goût du voyage. Alan Manroth ( déformation de Man Rock, l'homme de pierre pensait Harry Menroth, historien de la magie fin XIXème, mi XXème qui avait beaucoup fait pour retracer - et assez honnêtement ce qui était rare dans les familles de Sang-Pur- la longue généalogie Menroth*), héritier légitime du titre de Grand Menroth ( patriarche et chef de famille toujours mâle) et donc fondateur de la branche aînée par son acte ci-après mentionné descendit d’Écosse avec une partie du clan et ses descendants s'installèrent dans la région de Londres. Lui et sa maisonnée étaient une lignée de chasseurs de dragon amenés à voyager et la région offrait les meilleurs routes et informations ( il était de tradition dans la famille de mourir jeune d'avoir voulu tuer quelque chose d’énorme, sans doute pour démontrer l'extraordinaire ampleur de ses parties intimes). A ce moment là, se créa la lignée des pyromanciens, du fait sans doute, qu'il s'étaient rendus compte de l'importance et, dès le XIVeme siècle on a une littérature savante et latine écrite par des membres de la famille concernant principalement la chasse au dragon, les sorts et rituels utilisables contre eux. Vers 1800, Sir. Oneille Menroth, chassa dans un bain de sang lord Wescott, dernier héritier Cracmol d'une lignée de sorciers illustre, de son domaine dans le cœur de Londres et prit pour lui ce qui se nomme depuis le Manoir Menroth, une vaste propriété dans Mayfair rendue incartable et soumise à de nombreux enchantements sur laquelle nous reviendrons après quelques autres pesantes considérations biographiques. On se bornera à préciser que l'extraordinaire du domaine venait surtout d'un sous sol plus vaste que la propriété terrestre, sombres catacombes, portes cachées et couloirs pétris de magie au cours du temps.
Un peu plus tôt, après la fin du Moyen-Âge, la famille ancra encore davantage ce qui était une règle importante, celle de la pureté du sang. Même ceux qui vivaient dans le royaume anglais se considéraient toujours comme écossais et le Vieux Menroth conservait une grande autorité de prestige qu'il perdit par la suite (sa principale occupation avec la raréfaction des géants devenant la chair et la boisson) et l'un d'eux décréta que les seuls mariages autorisés, sous peine de dés-héritage, seraient avec des filles légitimes d'un certains nombre de famille, choisis par lui dans une liste restreinte, parmi lesquelles, à la meilleur place, une famille de grands et minces sorciers slaves aux visages émaciés : les Piercowski ( ou Piercowiev). Originaires de Pologne pour la branche aînée et de Bulgarie pour les branches secondaires, ces propriétaires terriens étaient lettrés et souvent capables en matière de potions, ce qui jurait avec les brutes épaisses Menroth, surtout de la vieille branche. Un accord scellé entre les deux familles décida que, de tout temps les deux familles seraient liées et qu'il serait fait un rapprochement sur la durée. Pour cette raison, lorsqu'un ou une Menroth/Piercowski n'avait pas qui épouser, il allait chercher son ou sa promis(e) dans l'autre famille.
Les deux familles étaient opposées au secret magique, fière de la pureté ( largement entretenue par des meurtres, de l'ostracisme et du mensonge ) de leur sang et se liaient de nombreuses fois entre elles. Il se trouva que les Menroth réussirent au fil des ans à conserver quatre lignées : la branche aînée des Menroth qui vivait à Londres et la branche vieille qui vivait en Ecosse. Il y avait aussi la branche Kenroth qui était subordonnée directement à la branche vieille et les Menroth de Bulgarie, peu nombreux mais qui étaient, en fait, une branche née de l'exil auprès des Piercowski d'un second fils, non héritier, slavophile. Or, durant les mêmes quatre ou cinq siècles il n'y eut que deux branches de Piercowski qui survécurent et que l'on appelait les Piercoview en Bulgarie et les Piercowski, en Pologne. Pire, des cinq enfants de Gabritov Lev Piercowski et de Anastasia Maria Yaspoutine, épouse Piercowski ( branche polonaise), quatre n'eurent pas de descendants. Cette crise conduisit les Piercowski et les Piercowiev à ne former qu'une famille, laquelle se basa en Bulgarie et ce fut le début de la fin des Slaves ( comme les appelaient tous les Menroth). Quelques années plus tard Larsen Donovan Aleksey Piercowski naquit, fils de Donovan Piercowski ( en fait Piercowiev mais nul ne faisait plus la différence ) et de Charlot Menroth. Mais, comme sa mère était la seule héritière de la branche aînée, il prit le nom de sa mère et fit disparaître le nom de son père. Larsen assassina sa propre sœur, Mary, son époux (Harold Hattam, né-moldu nord-américain) , et leurs trois enfants, tous des sang-mêlés et devait le dernier du nom de la branche aîné. Menroth Sr. eut un fils avec la petite-fille de Darren Menroth, son oncle maternel. Katherine (Katerina) Christova Barutcieva, fille de Christo Barutciski.
Ce fils, il l'avait baptisé Alieksandr et il était né dans ce manoir famillial et devait être selon son père le dernier Grand Menroth d'un cycle, destiné à redresser la lignée en des temps sombres car la branche vieille et ses suivantes s'étaient couchées et résignées à abandonner, lorsque Lord Voldemort avait chût. Ils avaient, en grand nombre mêlé leur sang pur, si durement conservé à celui de sorciers moindres, gâchant des siècles de calculs matrimoniaux.



Toutes ces arguties étaient dans la tête d'Aleksey lorsqu'il se retrouva, face à une grille noire, qu'il poussa devant lui. Un large lotissement, tout en longueur, silencieux et malaisant était devant lui.
Pour arriver au Manoir, il faut, dans Mayfair, au cœur de la cité de Westminster, entrer dans un quartier habité sorcier et distingué. Sur Piccadilly Street, qui borde d'une part Mayfair au Nord et d'autre part Green Park au sud, Half Moon Street donne accès, entre les numéros 6 et 6bis accès à une assez longue allée sombre entre les immeubles. Si vous êtes moldu, à ce moment, vous vous souviendrez de l'anniversaire de la tante Huguette ou d'aller arroser vos pissenlits.
Il faudra encore pousser une vieille grille noire, que vous verrez comme un mur de briques rouges si vous n'avez pas de pouvoirs et, au lieu d’arriver sur Clarges Street, vous vous trouverez dans Lost Avenue, lotissement sur une butte traversée par une route, à ciel ouvert, où vivaient autrefois une dizaine de familles, toutes très riches, dans un lotissement de manoirs anglais.
Désormais, toutes les propriétés avaient été saisies ; le silence et le calme régnait sur le quartier. Des créatures magiques, satisfaites de la tranquillité y prospéraient : gnomes et noueux, fléreurs, fées et chartiers occupaient les lieux avec plaisirs. Le Ministère était en débat depuis des années pour savoir ce qu'il pouvait faire d'un tel terrain. Le problème était que toutes les maisons avaient été habitées pendant très longtemps par des vieilles familles et qu'ils y avait pour ainsi suffisamment de maléfices réunis ici pour tuer n'importe qui y entrait sans permission ou précautions adéquates pendant trois siècles. Les briseurs de sorts les plus aguerris avaient abandonné, car, à la différence par exemple des tombeaux d'’Égypte, les malédictions étaient encore très récentes et les propriétaires (certains avaient ajouté des protections) toujours en activité.. En plus de ça les vieilles familles tâchaient encore de récupérer leur bien. Une surveillance était exercée, mais avec les bons contacts, Aleksey n'était pas surpris de pouvoir entrer.

Au numéro 5, devant une haute grille ouvragée par les gobelins, bordée tout le long d'un haut mur de pierres grises, il y avait une silhouette dans l'obscurité. La grille avait été faste, on y voyait à présent la rouille mêlée à l'or intarissable.
Derrière la grille, couverte de lierre, une vaste allée de marbre blanc, salie et terne, entourée d'un jardin en friche, baigné par la clair de lune. Au bout, un manoir anglais à deux noires tours pointues sous le ciel. La grande porte, close, pour autant qu'on put le voir de l'extérieur, était accessibles par une volée de marches, qui étaient encore blanches. Reportant son attention sur la porte comme il s'en approchait et que ses enfant de bambin remontaient par éclairs, Alieksandre marchait de plus en plus lentement.
Près d'elle, un homme d'assez haute taille, enveloppé d'une bonne cape brune. Il avait des cheveux d'or coupés en brosse et n'avait guère plus de trente-cinq ou quarante ans. Le nez tordu et cassé plusieurs fois, yeux bleu des mers du sud, Tobias MacKenzie, ancien attrapeur star et capitaine des Pies de Montrose, jeune retraité au ministère se leva. Après quelques temps aux Jeux et Sports Magiques ils avait trouvé un poste en charge de l’administration des saisies faîtes aux personnes ayant soutenue le régime de Voldemort. Son travail consistait à faire en sorte que soit renouvelés les enchantements qui scellaient ces lieux sous séquestre et à contrôler la validité des actes magiques les concernant.
Saluant son cousin chaleureusement, surprit et rassuré (il doutait toujours des combines que son père, Lars Menroth organisait pour l'y mêler, estimant avec raison qu'un homme en fuite au bout du monde pouvait bien avoir un réseau et être habile, c'était extrêmement risqué de se joindre à lui), Aleksey était fébrile.
Après quelques échanges de paroles, Tobias lui confia une clef d'argent serpentine. La serrure avait la forme de la gueule d'un dhole ouverte. A peine tournée dans la serrure, il y eut un grincement et les portes s'ouvrirent devant Aleksey. Balayée par le vent l'allée s'ouvrait à lui. Mais, en l'empruntant, comme Tobias, renonçait à l'accompagner et disparaissait en lui recommandant la prudence, il fit un tour dans le jardin à l'abandon, ému de fouler le sol de ses ancêtres. Il y avait pour lui une forme de sacralité qui s'exprimait, née de sa seule présence ici. La lune éclairait parfaitement l'ensemble et le jeune homme installa, hors l'ombre d'un chêne noueux et vénérable son coffret, il en sortit un pot, une fiole de cristal qu'il déposa sous un globe de verre fin (enchanté par lui pour ne laisser passer aucune lueur le jour, mais s'éclaircir dans la nuit pour ne pas filtrer les raies de lunes) dans une allée du jardin autrefois bien entretenue. D'un mouvement de baguette tournoyant, il dessina dans l'herbe un cercle autour de son ouvrage. Cela fait, il quitta les lieux, referma la grille et disparut la gorge nouée par l'émotion. Il lui paru comme il tourbillonnait vers ses pénates, que les deux manticores de pierre sur les colonnes de la grille de l'entrée n'étaient plus aussi affaissés et qu'il s'étaient redressés.
*Auteur entre autres de : Menroth, sorciers et siècles de pure roche, essai généalogique chez Lignées et La Pierre purificatrice, roman chez Sorcio
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MessageSujet: 18 mars   Sam 18 Mar - 12:30

Machinal, vif, Menroth achevait une lettre dans sa chambre au Chaudron Baveur, assis devant la table qui lui servait de bureau. Il écrivait avec une belle plume, en bulgare à l'aide de lettres amples, penchées en écriture italique, traçant des traits fins et étirés. On lui avait toujours dit qu'il avait une belle écriture et c'était vrai. Sa mère, qui lui avait appris à écrire, était une femme pleine de charme, brune et forte de caractère, aux cheveux en cascade. L'âge, en fanant ses appâts semblait avait eu le chic de lui conserver le port altier et la droiture dont avait hérité son fils unique. Elle agissait dans tout ce qu'elle faisait avec une diligence et une application hors normes. Katherine, aînée, de trois filles et un seul garçon avait commencé ses études à Poudlard vers 1984 avant de les terminer à Durmstrang vers 1991. Elle n'était pas maladroite en sortilèges et enchantements, excellait dans la préparation de potions. La belle empoisonneuse comme on l’appelait d'ailleurs n'avait pas manqué de faire fortune en tenant une boutique discrète préparant tout type de potion à des clients discrets et pressés. Pourvoyeuse de qualité, elle obtenait une bonne partie de ses ingrédients sur les marchés parrallèle où son ascendance dans de vieilles familles de sang-pur lui ouvrait des portes. Lorsque pareils avantages avaient été douteux en Angleterre, elle avait quitté le pays deux fois : en 86 lorsque ses parents avaient déménagés, était revenue en Angleterre et s'était marié environ dix ans plus tard avant de quitter définitivement le royaume avec son fils lorsque son mari Menroth Sr. avait eut l'extraordinaire pressentiment qu'il fallait savoir mettre les siens à l'abri. Grand bien leur en avait. Dans la famille on songeait aux Malefoy, aux Black, aux Crabbes, toutes ces vieilles familles dont les noms avaient disparus ou bien étaient traînés dans la boue.

Lorsqu'il eut terminé une première lettre écrite en termes officiels auquel il adjoignit un long formulaire d'aspect rébarbatif, Aleksey se fendit d'un courrier plus court à l'adresse de sa génitrice. Il y évoquait « la bonne marche de ses projets » et le fait qu'il trouvait en Angleterre « un état des choses tout à fait en phase avec ce à quoi je m'attendais ». Ces banalités rassureraient ceux qui, restés au pays avaient quelques connaissances de ses ambitions. Enfin il termina en demandant à Mère de « ne pas manquer de présenter mes respects et salutations à toutes notre noble maisonnée, particulièrement à ceux que vous voyez peu ou prou au quotidien et qui son trop loin de moi », ce qui était une autre circonvolution pour éviter de citer la grand-mère et surtout son père, toujours très recherché et dont il n'avait pas eu de nouvelles depuis quelques temps.

Malgré sa clandestinité, Menroth Sr. Demeurait insaisissable malgré une activité notoire. Il bénéficiait à l'étranger d'un vaste réseau, dont beaucoup étaient de la famille éloignée. En effet, il était à la fois le patriarche de la branche aînée de la famille, un mage d'une rare habileté (Mangemort du cercle originel, déjà fort adroit à sa sortie d'école, il avait été formé à la magie noire par le Maître des Ténèbres) et jouissait, en sus d'un capital de sympathie particulièrement élevé dans la famille. Hors de cela les sorciers sensibles aux idées puristes du monde entier lui témoignaient leur sympathie. C'était lui qui était sorti victorieux, en 1968, à seulement quatorze ans, de la crise de succession au sein de la famille.
Le grand Menroth (« Menroth the Great), ou le magister de la famille était l'homme descendant en lignée la plus droite des lointains ancêtres plus ou moins mythiques du lignage. À Menroth's Hall, la partie centrale et principale du manoir londonien de la famille, dans la grande et immense salle de bal, sur le mur du fond, d'illustres ancêtres s'étaient succèdes pour réaliser un puissant Arbre enchanté, sur tout un pan de mur et qui représentaient ( tels que les enchanteurs voulaient le voir) la descendance de la famille depuis Thormar Larsen le Noir qui, le premier avaient débarqué en Ecosse vers l'an 800.
Il était évident, contrairement à ce que l'on pourrait supposer à la vue du Grand Arbre de Menroth's Hall observable dans le manoir de Londres que cette crise de succession ne fut pas un cas isolé. De même, dans quelques siècles, lorsque les écrits auront été jalousement dissimulés dans les bibliothèques des maîtres des différentes maisons du clan Menroth, lorsque l'on posera l’œil sur cette période, la succession ne paraîtra nullement avoir été problématique, rien, dans l'arbre ne nous permettra, comme par magie de soupçonner la moindre anicroche.
Or, il était arrivé en fait, dans les années 60, une crise d'une ampleur telle que le nom des Menroth de la branche aînée avait failli disparaître, et leurs possessions être aspirées par d'autres familles. Il ne dut sa subsistance qu'à quelques éléments tenant au hasard, à la chance et à la robustesse des hanches de Charlot Mary-Rose Menroth.
Oneille Georges, fils aîné de Larsen Haraldsen (surnommé le Desséché, tant il était vieux lorsqu'il mourut à 267 ans, son corps parchemineux, abîmé et colonisé par les vers après de nombreuses tentatives, partiellement fructueuses pour tromper la mort en devenant un Inférius, ou une liche, doué de conscience) eut quatre enfants de sa délicieuse épouse Ange Menroth (une femme très jolie, pâle, longs cheveux noirs, mais au visage et au caractère profondément sinistres, puisqu'elle ne e nourrissait principalement que de viande d'elfe et de gobelin), laquelle était aussi, pratique occasionnelle lorsque l'on ne trouvait pas d'épouse, sa sœur germaine (cet adjectif ne changeant pas le sens que vous connaissez au nom qu'il complète, c'est bien d'inceste familial marital que l'on parle).
Elisa Menroth l'aînée ne pouvait ni héritier ni transmettre le patriarcat familial car on n'admettait pas qu'elle fit pont et planche (transmettre ce qu'elle ne pouvait hériter). Elle épousa un sorcier gallois qui justifiait d'un arbre impeccable et dont les ancêtres pratiquaient une forme de druidisme. Pierre Platt et elles fondèrent ensemble la lignée galloise de Serpens, qui survit encore aujourd'hui et se affirmait encore, il y a peu, lorsque c'était de bon ton, la pureté de son sang. Les Menroth de Serpens en tous temps étaient d'excellents alliés de la branche aînée et ils avaient leur résidence à Swansee, sur les rives de la mer.
Le magister Oneille Georges et d'Ange Menroth avaient eu aussi Ivan, le cadet qui était un homme ce qui était la seule compétence requise pour recevoir le patriarcat de la branche aînée. Il hérita, laissant ses sœurs Cortia et Venusia épouser respectueusement un Black et un Prewett. Il eut deux enfants : Lana, la cadette, épouse Londubat et Harry Maxence, qui fut le nouveau patriarche.
Harry Maxence eut, comme ses parents, deux enfants avec Louise Wilkes : Helen, née en 1887 et Vincent John en 1885. C'est lui qui était encore le patriarche lorsqu'éclata la crise de succession que nous évoquons. Son épouse, Rose Mary House ( les House avaient un sang-pur assez récent, mais ils étaient admis attendus qu'ils n'y avaient que des sorciers chez eux depuis un siècle ), lui fit quatre enfants ; chronologiquement, l’aîné Darren Aleksei (1924) épousa une sorcière allemande de très bonne famille (morte en 1966) mais n'eut qu'un enfant, une fille, Amanda Rose.
Son frère cadet, Ivan Charles, mourut à 14 ans d'un furieux retour de Dragoncelle. Suivait Charlot Menroth(1932), immédiatement écartée de la succession au profit d'un autre frère, né opportunément en 1935. Cet autre frère, Larsen Vincent épousa une une jeune Prince à la santé fragile, qui lui donna une fille à quinze ans (en1960) puis une seconde deux ans plus tard, avant de décéder des suites de l'accouchement à seulement 17 ans.

Le patriarche d'alors, Vincent J. Menroth, un très grand homme, au caractère violent, grand amateur de bonne chère, en resta là, il avait un héritier et sa santé se dégradait. Larsen Vincent cependant fut tué lors d'un duel en 1967 (La première guerre des sorciers n'avait pas commencé, mais les défenseurs du Sang-Pur, les puristes, s'érigeaient alors en parti politique et nombreuses de leurs manifestations donnaient lieu à des agressions violentes ). Problème, deux filles Julie et Éloïse (part la suite considérées comme traîtres à leur sang et retrouvées décédées avec leurs descendance entre 2008 et 2011) ne pouvaient hériter.
A la suite de cela, très faible et de plus en plus malade, le magister Vincent Menroth devait trouver une solution. Il entra en forte correspondance avec Sinead Menroth, en Écosse, qui était alors matriarche de la branche vieille, mais aussi avec Francis Piercowski (branche polonaise) et Nicolas Piercowiev (branche bulgare). Festisneus Penbrock, l'australien et les siens furent aussi mis à contribution et Alexander Alfred Serpens, le gallois, ne restait pas en retrait. D'autres parents ou amis s’intéressaient à l'affaire, et dans toutes les vieilles maisons : ceux dont le sang était encore pur, ceux qui s'acharnait à le prétendre, ceux qui ne l'étaient plus, ceux qui aspiraient à fonder de nouvelles dynasties de sorciers, cela faisait jaser. Un mariage pouvait être l'occasion de renforcer son pouvoir, sa richesse et de nouer alliance avec l'une des famille de sorciers les plus vastes et les plus anciennes du monde. Or, les filles de Larsen V. Menroth, sous prétexte de deuil refusaient les avances nombreuses venues des plus illustres héritiers.
Un grand conseil de famille, ouvert à tous ceux qui étaient représentés comme une maison de Menroth, sur l'arbre de Menroth's Hall. Il se déroula sous cet arbre, présidé par le grand Menroth grabataire et bien aidé par son épouse, assisté de la Vieille, venue de Tain en Ecosse.

Les débats s'éternisaient et de nombreux prétendants demandaient le droit d'épouser Julie Menroth, ou cherchaient à justifier qu'une fois la branche aînée éteinte, ils incarneraient la plus grande proximité avec elle. Ils avaient pour beaucoup leurs propres arbres, élagués selon leur soin, mais qui ne concordaient pas avec le grand arbre de Menroth's Hall, ce qui était cause que des armures enchantées leur donnaient par mégarde de violents coups de hallebarde accidentels, que la vaisselle faisait disparaître la sauce des plats sous leur pain ou que les elfes de maisons, lors des banquets les servaient tardivement et froid, voire pas du tout. Ils en concevaient une grande hargne.
Et chacun d'eux avait son champion : les Serpens arguaient que si l'on prenait l'héritage féminin en compte, alors Elisa Menroth, sœur d'Ivan Menroth ( le grand-père de l'actuel chef), avait eu une descendance qui comptait leur chef, lequel avait sa propre fortune et était un excellent patriarche pour eux. Les Pierkowski de Pologne et Piercowiev de Bulgarie étaient d'accord pour dire qu'après tout, Ivan Menroth avait eu une descendance mâle, certes bâtarde, avec Dzonja Karkaroff. Il voulaient donc que ce soit leur chef, Aleksey Gabrit, qui devint Magister de la famille. D'autres encore proposaient qui Stenphoehus Strendford, qui Brahim Ben Saïd Menroth, qui François ou son frère cadet Fernand Menroth de SaintClair (le premier de ces derniers, les français, n'avait pas d'enfant).

Plusieurs jours de débats et de duel s'étaient déroulés, lorsque Charlot Menroth se leva et prit la parole, dédaignant le sexisme qu'on lui opposait. En rappelant qu'elle ne voulait pas le pouvoir pour elle-même, elle proposa son fils Larsen Donovan, le père d'Alieksandr. En effet, fils d'une fille exclue mais en théorie première héritière cognatique en ligne directe de la branche aînée, mais aussi par son père, car Donovan Piercowski descendait d'Ivan Menroth par batardise, premier héritier agnatique.
Il était aussi descendant par son arrière-grand-mère, exclue de la succession mais aînée d'un magister, Helen Menroth, la sœur du magister Vincent J. Menroth. Elle s'était mariée à l'allemand Bernd Stieglitz et, ils avaient eu pour fille Elza Piercowski, qui fut la femme de Nicola Pierkowski. Ce couple avait engendré Donovan Pierkowski qui avait engendré, avec Charlot Menroth, Larsen. Autre argument de taille la fortune des Piercowski bulgares dont faisait partie son époux et ses relations. Lars Menroth n'avait que 14 ans, mais avait à Poudlard un dossier d'ore et deja exceptionnel. Il fit en public un discours mémorable. Élevé par ses parents au manoir Menroth, sous la protection du Magister, il était aussi son protégé. Il n'eut aucun mal à convaincre Darren Menroth, qui succéda bientôt à son frère avant de lui laisser les rênes de la famille. Darren fut d'ailleurs arrêté pour magie noire et condamné au baiser du détraqueur en 1971, avant de s'éteindre en 1998. Il ne laissait qu'un fille qui serait la mère de Katherine Menroth.
Dès le début des années 70, Mangemort actif dans l'ombre, duelliste couronné et applaudi, Lars eut à cœur d’œuvrer pour le bien des siens. S'en prenant aux Gobelins, il s'empara de beaucoup d'or. Il est probable qu'une partie des richesses volées dorment désormais au fond des souterrains immenses et obscurs que les sorciers ont creusés sous Menroth's Hall, un dédale infini de couloirs aux murs de pierre, portes cachées et monstres endormis. Ils y cachèrent leurs trésors, protégés là par des enchantements, des maléfices et des créatures, qui font que même au temps de leur puissance, ils n'exploraient plus eux-mêmes ces lieux qu'ils avaient appris à craindre. La perte des lieux fut une grande avanie que eux-mêmes n'avaient envisagés.
Alieksandre ouvrit les yeux et bailla. Il avait rêvé un moment.

-Artémis !

Le hibou, qui était perché sur un perchoir de vieux livres, la tête sous l'aile, assoupi, hullula avec sens du devoir et vint se poser devant son maître. En bulgare il dit à l'oiseau, pendant qu'il enchantait pour les protéger les deux enveloppes :

-Voici deux plis. Le premier à Mère, à Nessebar, la Maison Grise, dans la partie magique de la vieille ville, c'est prêt de la Mer Noir. Le second, -Bubonico Maleficio Iradie- au Ministère de la Magie, à Sofia. Si mère n'est pas à Nessebar, va à Sofia, dans le quartier de magique de l'Eglise Saint-Georg, il y a là notre résidence d'hiver, au numéro 222844 du boulevard Hristo Botev, tu trouveras une maison surmontée d'une tourelle que les Moldus ne voient pas, c'est là.


Les deux plis étaient accrochés, elle penchait un peu du coté du pli du ministère, plus pesant de liasses de parchemins. Aleksey lui fit une caresse et lui murmura d'être diligente. Le hibou fit presque garde à vous, accepta nonchalamment une gorgée de Revhibourant, un cordial revigorant pour hibou en voie de rabougrissement et sauta pas la fenêtre. Elle se laissa tomber un long moment avant d'ouvrir ses ailes s'envoler si haut qu'Alieksandre dut détourner le regard car elle s'était fondue avec le soleil.
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MessageSujet: Re: Quest of past days   Mar 28 Mar - 23:22

Le mois de mars emporta l'hiver. Il fit bientôt un temps appréciablement meilleur.
Les jours passaient. Aleksey ne voyait pas grand monde, trop occupé à sa tâche secrète. Il lut dans la Gazette qu'il s'était passé une attaque, dans une obscure histoire entre moldus. Apparemment un moldu détraqué du casque était arrivé en automobile et avait taché de renverser les moldus passant par là. Le pays entier, non-magique était en deuil et en recueillement.

Aleksey fit quelques achats dans la semaine, Artémis perché sur l'épaule. Il acheta chez Madame Guipure une étoffe de poils d'Ethonan. En outre, il se rendit à Wiseacres, équipement pour sorcier et y trouva une longue cuillère d'argent qui lui coûta 24 Gallions ( plus de 400 Mornilles !!). Bien qu'il ne manquât pas d'or et pouvait toujours s'en faire envoyer de Bulgarie, il voyait bien qu'il n'allait plus trop devoir tarder à travailler s'il voulait conserver son train de vie.

Il alla plusieurs fois au Manoir, de nuit, en vérifiant qu'il n'était pas suivi ( il prit comme précaution l'habitude lancer un sortilège et de transplaner toujours assez loin du manoir pour ne pas être vu).


Au premier étage, au numéro 7, l'horloge bavaroise, son accent de goule espagnole. Son horrible voix ;

-Six heure, six heure, six heure.

En entendant cela, Alieksandre sort de l'ombre où il s'est caché -« Hominum Revelio »-, et pénètre au delà de la grille étincelante et rouillée. Un sourd grincement, le claquement habituel l'accueillent.

La nuit n'était pas encore dissoute par l'aube, et il faisait sombre. Alieksandre, à pas lents, traversa une allée du jardin en friche, marchant sur les herbes folles qui poussaient sur les dalles. La nuit était fraîche, capuchon relevé, il portait la longue Cape noire familiale. De la poche de celle-ci il sortit ce qui ressemblait à une étoffe, fine et flottante, presque immatérielle entre ses doigts, elle était de couleur brune. Sur un carré de pelouse, il la fit léviter, à environ mètre du sol, puis fit jaillir quatre cordes, qui la maintenaient d'autant plus solidement qu'elles s'enroulaient à quatre arbres robustes. Désormais, il y avait sous l'étoffe, étonnamment épaisse , un carré d'ombre sur la pelouse. Lorsque, d'un coup de baguette Aleksey l'ajusta, les pans se rabattirent en effleurant l'herbe.

Il lui faudrait revenir pour vérifier la bonne marche de tout cela. En attendant, il vérifia le reste de son matériel : la fiole de cristal, dormant sous le globe de verre aux parois claires la nuit mais qui devenait le jour opaque et sombre, imperméable aux lueurs. Rien n'avait bougé, au pied du grand chêne, où il l'avait laissé, hors de son ombre.

De retour là où l'étoffe était tendue, il attendit que la lune neuve de la nuit fut chassée du ciel. Le jour lui apporta la confirmation de ce que l'étoffe était bien capable d'isoler de la lumière, ce qui devait l'être. Satisfait, il lança plusieurs maléfices informulés. Auprès des deux endroits où il travaillait si durement, Menroth enchanta les statues de l'allée centrale et du jardin, qui formèrent un large cercle autour des deux lieux, séparés d'une trentaine de mètres. Jeter des enchantements et des sorts ici lui semblait étonnamment facile, comme si la Manoir l'encourageait.

Revigoré il quitta les lieux et rentra au Chaudron Baveur.


Dernière édition par Alieksandre Menroth le Ven 14 Avr - 10:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quest of past days   Ven 14 Avr - 10:46

Quelques jours plus tôt.

Lorsqu’Alieksandre sortit de chez l’apothicaire, il avait les bras chargés d’un coffret de préparation de potion contenant un certain nombre d’ingrédients. Le bruit de ses bottes sur les pavés le remmena dans sa chambre au Chaudron. Là, il relu pour la énième fois le chapitre XXXII «Métamorphoses d’excellence : Devenir l’animal qui vit en soi » qu’avait écrit, longtemps auparavant un mage spécialiste en métamorphose et de bonne renommée. Des années d’études et la résolution dans laquelle il était d’accomplir, de longue date, cet auguste projet l’avait amener à sélectionner, parmi toutes ses lectures ce livre ci pour mener à bien sa volonté.

Mardi 11 avril.

Comme à l’habitude, Alieksandr avait quitté le Chaudron Baveur vers dix neuf heures. Il avait marché un temps dans les ruelles proches du Chemin de Traverse, après avoir descendu l’Allée des Embrumes. Il faisait un temps radieux, chaud par l’éclaboussement de la lumière solaire. Les rayons de l’astre tombaient en pluie fine et chatoyante, ravivant tous les éclats. Depuis l’hiver un vent d’ouest avait soufflé les branches alourdies de neige. Une averse de soleil, chaleur douce, avait volé sur la ville.

Il sentait sous sa robe bleue nuit, son cœur excité s’emballer, parti grand train. Il avait compté un à un les jours le séparant de la pleine lune. Une à une les nuits dormies, chômées, blanchies se mélangeaient dans le désordre de l’état second que lui avait imposé durant tout ce mois la mandragore. Dans sa bouche, la feuille de mandragore, avait d’abord eut un goût désagréable. Il s’était ensuite habitué à ce goût, la peau s’habitue au sel de la mer avant de se flétrir. Désormais, il était comme anesthésié. La nourriture ne goûtait guère, il vivait la nuit le jour avec l’indifférence des rêves. Mais aujourd’hui, dès le lever, la flamme avait repris. A la manière du lit trop longtemps froid qui promet de se réchauffer.

Il n’ignorait rien du danger qu’il encourait de choisir de devenir animagus sans le déclarer au ministère d’Ewiland. Mais, étant citoyen bulgare, il avait pris fort grand soin de faire inscrire sa démarche dans le registre bulgare. D’ailleurs, il avait même fait savoir à ses mère et grand-mère qu’il était en cours de réalisation de sa volonté et que celles-ci seraient, fort opportunément, utiles en prenant les devant de verser les sommes de gallions d’or nécessaires pour que l’information soit notifiée, qu’une autorisation officielle lui fut décernée. Si dans le même temps pour d’autres pièces d’or, on pouvait reporter puis oublier de faire savoir cette information au ministère d’Ewiland, alors ce serait une grande joie pour lui, de nature à ce que la famille bulgare des Menroth fit de généreux dons à des œuvres plus ou moins charitables, rémunérant plus où grassement le fonctionnaire oublieux. La Bulgarie n’était pas davantage connue dans le monde magique que dans le monde moldu pour la résistance à la corruption de ses fonctionnaires. Ceux-ci se montraient également disposés à regarder ailleurs que des pies, pourvu que leur regard tomba sur un ferme gallion d’or. Mais quelle pierre jeter et à qui ? Mal entretenus, traités avec distance, engoncés dans des bureaux sans charme, ils jouissaient d’un pouvoir, celui de s’enrichir en sabotant le balai sur lequel ils étaient assis. Funambules, derniers romantiques, c’était toute une poésie que celle du temps de l’obole payée et du service rendu contre le service.

Bientôt Alieksandre passa les grilles de Menroth’s Manor. Celui-ci, dans le crépuscule se dessinait comme une grâce sur le sein d’une vierge. La nuit silencieuse, cette retraite bien-aimée et protectrice. Il était né quelque part entre ces murs de pierre. S’il devait mourir à leur pied, quelque justice serait faîte.

Le ciel, c’était une chance, ne contenait pas un nuage. Il vit la rosée fraîche briller sur l’herbe à la lueur de sa baguette. Les statues encerclées, entouraient la cape d’ombre. Elles s’écartèrent d’un signe de la main qui tenait la baguette.

Alieksandr fit recueillir par sa cuiller d’argent, une mesure de rosée. Il marcha vers le second cercle, qui s’ouvrit de même. La fiole de cristal était une princesse assoupie sous un globe de vers qui ne laissait passer que la lumière de la lune.

Dans la fiole, il mit la rosée, la feuille de mandragore qu’il retira de sa bouche avec la sensation de s’arracher une vieille dent mouvante. Comme l’on se défenestre, il s’était lancé dans un rituel capable de le tuer s’il y échouait. Il y mit un long et unique cheveu noir qui paraissait sur sa nuque, arraché d’un coup de baguette.

Dans son nécessaire d’apothicaire il prit, les mains moites et tremblante, sous l’image d’un papillon jaune et noir, le Sphinx tête de mort, une chrysalide de quinze centimètres brillante comme si elle avait été laquée, d’un brun rougeâtre de bel argile. Flanquée de ses petits points noirs, la chenille tomba dans la fiole dans un bruissement, au milieu du silence de la nuit qui retenait son souffle.

Puis Aleksey marcha vers la cabane de pierre et de bois qui trônait au fond du jardin. Il avait, en flashs éparses et disjoints, le souvenir de cet endroit. C’est là, dans une petit coffret refermé par magie qu’il mit la fiole.

Désormais, il devrait attendre un orage. Il quitta la maison et rejoignit sa chambre. Quand le soleil se leva, il pointa sa baguette sur son cœur en murmurant.

-Amato Animo Animato Animagus.
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MessageSujet: Parlez moi de la pluie et non pas du beau temps !   Jeu 27 Avr - 23:00

Pendant de longues journées, allongé sur son lit ou déambulant paresseusement dans les ruelles, Alieksandre vécut au ralenti. Il attendait l'orage.

Le rituel pour devenir un animagus était complexe et requérait un niveau de magie assez avancé, mais surtout il exigeait d'être méthodique au plus haut point. Chacun des actes requérait un soin particulier. Beaucoup des compétences nécessaires pour un bon ritualiste étaient en fait du même ordre que celles qui présidaient à la réussite dans le domaine des potions : la rigueur. Ce n'était pas excessivement le fort d'Alieksandr dont l'esprit emporté et inventif supportait mal les carcans. Il se reposait sur son mental de travailleur acharné ; tout entier tourné vers son prochain objectif, la prochaine étape : attendre l'orage et retourner au manoir.

La fiole qu'il avait laissé dans la cabane serait alors rouge sang si tout allait bien. Autre impératif il ne devait à aucun prix s'y rendre avant qu'un éclair n'ait zébré le ciel à peine de … Non il ne voulait pas y penser. Depuis plusieurs mois il travaillait son rituel et cela faisait même plusieurs années qu'il avait commencé à se documenter jusqu'à connaître par cœur les meilleures pages qu'il avait lues. Et il savait qu'il n'était à peine qu'à mi chemin d'une route escarpée et dangereuse. A tout moment il pouvait, comme l'on avance nuitamment, enjamber un bastingage et basculer dans le vide. Il avait vu les images des sorciers semi-transformés qui avaient échoué leur rituel et perdaient la tête. D'autres, transformés en animaux ne supportaient pas la magie qu'ils avaient déclenchés et se retrouvaient à vivre comme de véritables bêtes.

Autre incertitude et non des moindres, il ne pouvait prévoir en quoi il se transformerait. Il existait certes une méthode, mais il fallait savoir produire un Patronus corporel. Malgré de nombreuses tentatives, il ne parvenait pas à jeter ce sort. A peine avait-il réussi à entrevoir une silhouette large et de haute taille, pour peu que ce n'ait pas été un effet de son imaginaire. Pour tuer l'ennui, ces derniers jours il avait redoublé d’effort à ce sujet, multipliant les tentatives.

Enfin pour couronner le tout, un plaisantin lui avait fait parvenir plusieurs hiboux contenant des messages qui tous lui avaient fait froncer les sourcils. D'abord une étrange carte, au début du mois d'avril qui ne comportait qu'une main tendue à l'index pointé. La manche de ce bras était bleu nuit et marquée de deux étoiles claires. Le doigt perçait au travers d'un déchiré aux bandes blanches et rouges. La seconde carte, environ huit jours plus tard représentait une femme au bandana rouge qui jouait du biceps. En lettres blanches, « Cook like a muggle ? Yes I can » sur un fond jaune. Machinalement il avait fait brûler la carte d'un coup de baguette. Enfin, le 18 sur un fond rouge l'annonce d'un festival à Greenock (« centre de l'écosse ! Avait fierement annoncé la carte parlante ensorcelée qu'il avait utilisé pour se rendre en Irlande au siège de Lukos rencontrer Morgenstern ») le 29 avril. Étrangement, pour lui le rendez-vous était prit et il avait une forme d'impatiente curiosité à l'égard de ce festival.  Il s'était d'abord sentit menacé avant d'apprendre, la veille, par un sorcier éméché au bar du Chaudron Baveur que cela venait probablement du ministère, des messages semblables ayant été reçu par tout un chacun dans le pays.

En ce 26 avril, Alieksandr regardait par la fenêtre, debout devant elle. Les carreaux n'étaient pas très nets. La nuit était presque tombée à présent. Elle devenait très vite sombre. Il se dit qu'il pourrait demander à la journaliste Shepherd si, par hasard elle ne pouvait lui en dire plus. C'était d'ailleurs un assez bon prétexte pour parler avec elle. De la main gauche il attrapa sa baguette et informula un sort qui ouvrit un tiroir et fit voler une plume et du parch... Son cœur ne fit qu'un bond, puis battit la marche au pas d'oie, quand, sans bruit la rumeur de lumière qui avait zébré le ciel rayonna sur lui. Il  demeura immobile deux seconde, débile, éberlué et tétanisé. Il allait peut-être mourir cette nuit. Chassant à regret miss Shepherd et ses yeux avelines de son esprit, il attrapa la cape noire qui avait appartenu à son père, rabattit son capuchon et jeta plusieurs sorts pour empêcher qu'on lui suivit. Il transplana trois fois avant de se retrouver à deux rue de la grand-grille. Là il courut à la tout rompre sous les éclairs, toujours silencieux. Puis il s'arrêta et prit un inspiration lente et profonde devant l'édifice de ses ancêtres.

Comme la grille s'ouvrait devant lui, un grondement amplifia les ténèbres. Dans un bruissement lointain puis s'aggravant à chaque pas la pluie se mit à tomber sur lui. Sa cape flotta sur les dalles comme il faisait claquer ses pas pressés. Mieux vaut mourir plus tôt que plus tard.

Les deux dernières semaines d'attentes défilèrent devant ses yeux. Chaque matin et chaque soir il avait répété, baguette sur son cœur, la formule « Amato animo animato animagus ». D'abord rien. Puis, comme prévu, petit à petit, il sentit en prononçant la formule, battre quelque cœur qui n'était pas le sien. Ou plutôt si c'était le sien mais comment dire... Celui de la bête qui vivait en lui.

Dans la cabane sombre quand Alieksandr referma sur lui, il sentit sa main trembler d'excitation. Respire lentement et à profondes inspirations. Les jambes flageolent. Il se dirigea vers le coffre ayant allumé d'un coup de baguette deux brandons magiques qui diffusaient depuis les murs une apaisante lumière bleutée. Il ferma la porte d'un autre coup de baguette. En passant celui-ci lentement au dessus du coffret. Celui-ci s'ouvrit avec un « clic-clac ».

Sur du velours, la fiole qu'il contenait était emplie à ras-bord d'un liquide rouge en tous point semblable à du sang. Aleksey le regarda un instant en soulevant le flacon, épaté et réjoui. Il inspira.

* A la tienne, Alieksandr, à bientôt en enfer. *

La potion n'était pas délicieuse. AU début du moins, après cela devenait agréable. Le liquide sembla chauffer dans sa gorge. Puis brûler, il voulut hurler mais dut tituber, comme s'il avait trop bu de vin. Il se sentit empoisonné, tituba encore et voulut se redresser. Il ne parvenait pas à rassembler ses pensées pour faire quoi que ce d'autre, bientôt il ne parvint plus à parler. Les sons s'étouffaient et il se tenait le cou à deux mains.

Dans sa tête alors, précisément se dessina une image qu'il ne comprit pas immédiatement. Un cheval,  assez fin et élancé, à la robe sombre. Le garrot très marqué était dessiné avec orgueil. La finesse de l'animal se tassait à l'avant du fait d'un large poitrail et d'une encolure puissante et longue. Un animal aussi vif que puissant, bondissant. La croupe, mince mais musculeuse, possédait un galbe félin. Le cheval, l'air sévère, avait la robe bai. Au bout des membres sur son dos, sa crinière et sa queue, il était d'un noir de jais qui n'était pas sans rappeler...

* La cape de Lilith...Trrroll et gargouille ! C'est moi.  *

Précisément à cet instant une intense douleur le traversa et il tomba. Il dut s'affaler en avant et se rattraper sur une table ou quelque chose, car il se sentit puissamment retenu. La douleur déforma sa colonne. Il voulut hurler longtemps. Plusieurs minutes sans qu'un son ne sorte et lors qu’enfin il put en faire un, il n'avait rien d'humain. Il voulut porter les mains à son visage pour se toucher, mais ce fut comme si ses bras ne voulurent pas réagir. La douleur était forte, mais il se rappela qu'il devait la dominer pour ne pas donner cours à ses instincts animaux. Alors il récita la liste des sorts, contresorts et antisorts de pyromancie qu'il avait appris en préparation du championnat de duel bulgare. Cela l'aida à se subjuguer. La liste des ingrédients de la potion tue loup. Les désarmements du plus basique au plus avancé. Les propriétés du sang de dragon. Les métamorphoses humaines complexes et permanentes.

Ce fut un long combat. Peut-être n'avait-ce duré qu'une dizaine de minutes, ou une journée entière, il n'aurait su le dire. Ce qu'il savait c'est qu'il aimait GALOPER et BROUTER l'herbe. Était-ce parce que sa trace magique l'avait reconnu ou bien fallait-il mettre cela sur le compte de sa force décuplée ? Il enfonça en tous cas la porte de la cabane en trois assauts qui lui firent mal mais quel bonheur ensuite de pouvoir s'ébattre au grand air au triple galop ! C'était comme si toute sa  vie il n'avait pas vécu dans son véritable corps. Soudainement, il se sentait enfin dans sa véritable anatomie, capable de bondir avec légèreté bien qu'il pesa une demi-tonne (plus de mille cent livres!).

Il était un cheval et le cheval c'était lui. Un fier bulgare oriental, vif et puissant, également élégant, digne descendant des montures des archers d'antan qui parcouraient la plaine.

La nuit durant il s'ébroua dans une joie qu'il aurait voulu voir durer toujours.

Lorsqu'il n'en put plus, il se souvint qu'il devait se rappeler sa forme humaine. Un petit effort et, très concentré malgré l'épuisement, il se remémora. Il était un jeune homme aux cheveux sombres, visage aux joues pleines mais dessinées. Yeux noirs et port altier. Il mesurait un mètre quatre vingt, presque six pieds. Il se focalisa dessus et s'endormit sans savoir s'il était un cheval ou un sorcier.

Au réveil, il était frigorifié, épuisé et... visiblement ce n'était pas un rêve : il avait réussi ! Son premier mouvement fut se lever et chercher sa baguette. Il ne la trouva pas. Merde. Autour de lui, le jardin, maltraité par ses sabots, avait connu des jours meilleurs. Telle statue renversé lui fit se souvenir d'où venait cette bosse. Et celle-ci s'était d'avoir forcé la porte.
Il avait l'impression d'avoir but son litrage sanguin en whisky pur feu. L'orage s'était tut dans la nuit qui n'était pas finie. L'aube ne devait pas être loin. Tremblant de froid, éternuant, il retrouva sa baguette sur le sol de la cabane. Quelques sorts lui permirent de sécher ses habits et de les rendre un peu plus présentables que s'il n'avait passé la nuit sur le sol. La cape de Lilith retrouva sans mal son éclat car c'était un vieil artefact magique.

Aleksey aurait bien voulut se transformer à nouveau, mais il était fatigué et savait qu'il devait désormais apprendre à maîtriser son pouvoir.
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Quest of past days
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