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2017.

Suite au décès d'Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, le 21 août
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du gouvernement sorcier
anglo-saxon. 




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Les absents ont toujours tort.
Méfiance, nous sommes d'humeur taquine...

Une animation d'Halloween vous attend...

Venez donc nous présenter vos plus beaux sourires.

Hé, t'as vu ton rang?

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 A farewell to Arms

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Scottish Muffin

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MessageSujet: A farewell to Arms    Mer 8 Mar - 21:45





« Ask yourself my love whether you are not very cruel to have so entrammelled me, so destroyed my freedom. […]
I almost wish we were butterflies and liv’d but three summer days—three such days with you I could fill with more delight than fifty common years could ever contain. »*



I. Shame.

L’homme qui lui faisait face avait un visage juvénile malgré des traits tirés et les cernes qui soulignaient ses yeux clairs. Interrompant régulièrement la passionnante contemplation de ses deux mains, Ezio levait de temps à autre la tête vers lui pour l’observer à la dérobée. Il soupçonnait l’homme de faire de même puisque leurs regards se croisaient de temps à autres. Ce qu’il pouvait lire dans celui de son compagnon de cellule lui serrait le cœur d’amertume et de honte et le forçait à baisser la tête à nouveau.


Ils n’échangèrent pas un mot, bien qu’ils eussent probablement des milliers de choses à se dire, et l’air déjà nauséabond suintait le malaise. La honte se mêlait à la peine, à la répugnance et à un filament de curiosité déplacée. Passant une main peu assurée sur son front soucieux, Ezio tentait de rassembler les débris d’estime de lui qu’il pouvait trouver éparpillés aux quatre coins de son être. Essayant de se persuader qu’il n’était pas plus responsable que l’autre de ce qui découlait aujourd’hui de leurs actes passés à tous, il réalisait que s’il ne portait pas seul le fardeau, il n’était pas moins innocent. Que son insouciance et sa faculté à ne penser qu’à lui dans cette histoire avaient peut-être influencé les choses selon un angle dont il n’était pas très fier, à présent. A lui seul n’incombait pas la faute, évidemment, mais il ne pouvait se targuer d’avoir toujours su.


L’introspection était douloureuse et malvenue. Ses pensées sautaient d'un événement à un autre, d'époque en époque, effleuraient les personnages, touchaient du bout des doigt des sentiments enfouis et douloureux, pointaient ses faiblesses les plus inavouées, écrasaient les plus évidentes, naviguaient dans un flot de questionnements délicats à lui en donner la nausée. Dès le lendemain, il était attendu à l’Ibas pour passer ses examens de Penderwydd et la confusion qui régnait actuellement dans son esprit était bien gage de l’imbroglio de sa vie personnelle. Assurément, cela ne l’aiderait pas. Il aurait dû être en train de faire le vide, de s'emplir de quiétude et faire montre d'une sagesse dont il se sentait finalement bien éloigné. Au lieu de ça, il était dans cette cellule crasseuse à faire le tour de lui même comme de sa cage, sans parvenir à une quelconque liberté. Après des mois d'insouciance volés à un autre, il se vouait aujourd’hui une aversion sans borne, sans réussir néanmoins à blâmer réellement ses actes.



II. Revulsion


Appuyé contre le mur faisant face au barde, le jeune homme se tenait bien droit, assis dos à la cloison, la tête renversée en arrière comme s’il désirait contempler le ciel de ses yeux fous de douleur. Victime.  Ezio détourna une fois de plus le regard et dans un simulacre d’écho, pencha la tête en avant pour laisser son regard échouer sur le sol. Dans un soupir, il frotta ses mains l’une contre l’autre et les passa sur son visage en constatant que son nez avait cessé de saigner. De son côté, l’autre abordait, sur les lèvres et l’arcade sourcilière, les stigmates probablement douloureux de sa rencontre avec le crépis du pilier de la gare. Détournant prudemment la tête en prenant soin de ne pas croiser à nouveau l’expression de son visage de tout jeune homme, il contempla la grille de la cellule de garde à vue en se demandant combien de temps on les retiendrait encore ici. Il percevait nettement le régulier battement de l’aiguille d’une horloge qui devait être suspendue quelque part, mais n’avait aucune vue sur cette dernière et n’osait demander l’heure à quiconque.


Quelques minutes plus tard, dans un silence oppressant, il pouvait toujours sentir sur sa nuque le regard pesant de l’autre, lourd de reproches, d’horreur, de répulsion, de curiosité malsaine et très probablement empli d’envie de meurtre. Paradoxalement, il devinait derrière l’homme, quelqu’un de profondément doux et ce sentiment exacerba la sensation d’exécration qu’il éprouvait à l’encontre de sa propre personne. Il savait par expérience que les actes peuvent être contraires à la nature d’un homme, poussé par l’amour, la peur ou une douleur intense. La conjugaison des trois pouvait aisément conférer au plus amène des hommes, des instincts meurtriers. Par empathie, il pouvait presque ressentir la douleur mortelle infligé à l’autre. L’homme qu’il avait lui-même supplicié.
Une vague de dégoût l’envahit à nouveau. Envers lui-même.




III. Anxiety.


« The world breaks everyone and afterwards many are strong at the broken places. But those that will not break, it kills. It kills the very good and the very gentle and the very brave impartially. If you are none of these, you can be sure it will kill you too, but there will be no special hurry. » * *

6 heures plus tôt…


*Love letter to Fanny Brawne. J. Keats.
* * A Farewell to Arms. E. Hemingway.


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Moldue Mordue

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MessageSujet: Re: A farewell to Arms    Jeu 9 Mar - 22:39


samedi 14 janvier
> brunch avec Olga - 11h30 - Mange tout, Trafalagar Street (autant s'entraîner à manger français dès maintenant !! C'est moi qui régale)
x check-point sacs et papiers
x repas à Shoreham chez Mam's et Pap's
○ coucher au plus tard à 23 h (ne pas oublier de mettre le réveil !!)


dimanche 15 janvier
x 08h00 : ultime checkpoint (passeport ! Billets de train !!)
x cachet pour Saucisse
x 09h44 : grand départ de Brighton → 11h26, Londres
○ Ezio ☺♥
○ 13h31 : bye bye U.K. ( → Paris, 16h56. Pas se planter de métro)
○ 16h58 : direction Lyon (18h57)
○ 19h10 : last but not least... Arrivée Nîmes, 20h33...


Londres. Gare de St Pancras. A deux sauts d'aiguille de onze heure trente. Un homme, sur un quai de gare.
Saucisse est tout shooté par ses médocs (oui, mon chien a le mal des transports), sinon, c'est clair, il aurait couru comme un fou sur le quai. Et je l'aurais suivi pareil, la langue au vent en moins. Sauf qu'avec sacs et valises, la gravité joue contre moi. Et je préférerai éviter le vautrage royal. J'ai réussi à préserver une part de mystère, jusque-là, autant pas exploser ma valise sur l'asphalte. Petites culottes en vrac sur fond de locomotive, j'ai connu plus glamour comme tableau.

Mes yeux ne se sont pas perdus longtemps dans le flou des inconnus, pour sauter presque aussitôt sur sa grande silhouette, désormais familière. S'y attacher, s'y cramponner. Tandis que, et c'est plus fort que moi, je suis pourtant pas tant une grande démonstrative, un sourire s'accroche à mes oreilles. Mes trente kilos de bagage me forcent à la retenue. Que j'envoie valser à deux pas de lui. Libérée des bandoulières, sangles et autres poignées, je me sens légère, à m'envoler jusqu'à lui. Et tant pis pour l'impudeur des embrassades publiques... Je lui saute dessus et laisse échapper un
Vous êtes venu...incrédule, avant que mes bras glissent autour de son cou, que ma bouche glisse sur la sienne.

De tous les « au revoir » des dernières vingt-quatre heures, c'est mon préféré.
Et si j'ai une pointe de déception à le voir, ici, sans le moindre bagage pour l'embarquer dans mon périple, je la repousse gentiment. Je rêve des fois un peu trop fort, et  un peu trop fou, pour être honnête.
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Scottish Muffin

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MessageSujet: Re: A farewell to Arms    Jeu 9 Mar - 23:20

Forcé de constater que si… en deux jours, elle avait réussi à lui manquer, il profita de l’embrassade pour lui dérober l’odeur de son parfum au creux du cou et écourta un peu leur baiser avant de ne plus être certain de maîtriser la situation.
Au ton quel employait, il devina qu’elle avait clairement envisagé qu’il ne vienne pas. Il aurait probablement menti en disant ne pas avoir hésité. Une fois encore, il se trouvait mal à l’aise avec les effusions, les aurevoirs, les embrassades, les promesses de retour - ou non - et les quais de gare. Néanmoins, il lui semblait qu’il manquait un petit quelque chose au sourire qu’il avait gardé en mémoire et il avait eu besoin de venir vérifier par lui-même avant qu’elle ne s’échappe pour de bon.

- Une jeune femme, d’une cinquantaine de kilos, tractant son propre poids en bagages, je ne pouvais décemment pas manquer ça. murmura-t-il en se dégageant doucement d’elle et en désignant la quantité de valises et sacs qu’elle avait abandonné à quelques mètres d’eux. Tu emmènes ta collection de cailloux ? La taquina-t-il en repensant au nombre de fois où elle s’était moqué de sa manie d’en ramasser.
Un peu gêné par la situation qui paraissait étrange après ces vingt jours de cohabitation, il s’accroupit vers le petit chien qui accompagnait la jeune femme et lui flatta gentiment la tête. Il nota que ce dernier paraissait légèrement plus calme qu’à son habitude, mais ne fit aucun commentaire, conscient que son comportement devait paraître étrange à la jeune femme. Se redressant complètement, il se tourna à nouveau vers Anastasia et glissa une main contre sa joue en laissant courir son pouce sur la bouche de la jeune femme.

- Je suis désolé, lui murmura-t-il en haussant les épaules, je n‘ai jamais su dire au-revoir correctement.

Lui accordant un long regard intense, il s’autorisa un baiser encore avant que la démonstration ne devienne trop pesante. Une fois encore il se laissa happer par l’effet enivrant qu’elle avait sur lui, oubliant presque l’endroit où ils se trouvaient et s’écarta de ses lèvres avides en souriant avec amusement.

- Tu disposes de combien de temps avant ce départ pour une nouvelle vie ?


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Moldue Mordue

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MessageSujet: Re: A farewell to Arms    Ven 10 Mar - 20:29

. Correct, ça ne sert à rien, l'important, c'est que vous soyez là..., je murmure en retour.

L'Islande a sacrément émoussé ma capacité à dissimuler mes émotions, et, quelque part, je ne suis pas sûre d'aimer ça. Mais le départ imminent distribue aussi au moment un sentiment d'urgence. Il y a des choses qu'on ne dirait pas autrement mais qui sortent d'elles-mêmes quand le temps vous est compté. Comme si le fait de ne pas le revoir pendant un bail m'autorisait un peu d'impudeur émotionnelle. Pour parer à la distance, il faut bien quelques petits rapprochements sentimentaux.

Je crois que j'ai juste un peu peur qu'il m'oublie, pendant tout ce temps.
Je me ressaisis mentalement – j'ai du mal à penser droit quand il me touche – et je ramasse au fond de mon cerveau les informations essentielles.


. Je pars dans deux heures.

Deux heures, c'est rien. Deux heures, c'est quoi ?
Dites-moi que vous les passerez avec moi !
Perso, je resterai bien ces deux heures collée contre lui, mais, le cas échéant, je suis pas  certaine de bien me tenir tout du long.


. Et si je posais mes affaires à la consigne, peut-être qu'on pourrait...

Là s'arrêtent mes plans pour les deux prochaines heures. A un « on » qui fera bien ce qu'il voudra tant qu'il reste indivisible.
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Scottish Muffin

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MessageSujet: Re: A farewell to Arms    Dim 12 Mar - 16:07

Evitant soigneusement d’achever la fin de la phrase de la jeune femme, il se contenta de lui offrir un sourire amusé et se détacha d’elle doucement pour la regarder. Une pointe de maquillage au coin des yeux, sa grosse écharpe bleue et un pull blanc. C’est donc ainsi qu’il se rappellerait d’elle pour les mois à venir. Il grava l’expression de son visage dans un coin de sa tête pour avoir tout le loisir de l’y inviter quand il en ressentirait le besoin, où, comme savait si bien le faire Anastasia Grant, pour débarquer dans ses pensées quand il s’y attendait le moins.

L’évocation de son souvenir serait probablement différente après ces quelques jours passés ensemble. Il n’avait pas encore eu le temps d’y penser et avait refusé de le faire avant de venir lui dire au-revoir. Peut-être par crainte de ne pas être venu s’il l’avait fait. La nuit précédente avait tenté de l’assaillir d’un flot de questions qu’il avait repoussé sans ménagement, marchant ainsi jusqu’au petit matin pour éviter de trop y réfléchir. Étrangement, la fatigue ne se faisait pas sentir et il se sentait capable d’aller arpenter quelques rues de plus en fin d’après-midi. Son train à lui ne partait que le lendemain et il n’avait pas encore de programme pour occuper la fin de sa journée. Le seul et unique objectif étant d’éviter soigneusement de tomber sur Saoirse…

- Ils risquent de demander un supplément conséquent au vu de la quantité de bagages en question… La taquina-t-il en se dirigeant vers lesdites valises.

Après lui avoir jeté un dernier regard amusé, il s’empara du sac qu’il glissa à son épaule et empoigna la valise de l’autre main.

- Alors Anastasia Grant, comment avez-vous planifié ces deux heures ?

Tout en prononçant ces mots, il réalisa qu'il n'avait probablement jamais rien planifié de son entière vie et que ces quelques jours passés ensemble devaient avoir été passablement éprouvants pour l'organisation de la jeune femme.


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Moldue Mordue

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MessageSujet: Re: A farewell to Arms    Sam 1 Avr - 22:32

Je souris à son « vous » lancé au vol. C'est presque devenu une taquinerie entre nous. Lui qui me tutoie. Moi qui le vouvoie. Et je souris encore plus fort à me dire qu'on a passé assez de temps pour avoir nos propres private jokes.
Et assez pour qu'il sache que j'étais parfois un peu psychorigide quand il s'agit d'organiser mes journées. Il a fallu me faire violence, de temps à autre, pour accepter de me laisser porter par les improvisations d'Ezio, en Islande. Le temps passant, cela m'était devenu plus facile. Agréable, même. Ce qui ne m'avait pas empêché de renouer avec les bonnes vieilles habitudes pour mes derniers préparatifs avant le grand départ pour Nîmes. Mon bullet journal pour témoin, je n'aime pas trop laisser de place au hasard et aux impulsions. Ce qui est assez paradoxal quand on pense que si je n'avais pas laissé un peu de champs libre au hasard, je n'aurais jamais croisé la route d'Ezio. Ou, si je l'avais croisé, notre relation se serait arrêté à un vague regard échangé au détour d'une soirée contes.


. Je me disais qu'on pourrait aller grignoter un truc chez Benugo ?

C'est un peu impersonnel mais, quelque part, ça me rassure.. Avec lui, je me laisse facilement emporter et là, ce ne serait pas raisonnable. Je suis pas en manque à ce point, pourtant, je passerai bien les deux prochaines heures contre lui. Mais je suis pas sûre d'être alors foutue de me décoller d'Ezio. C'est stupide, il me semblait que ce serait plus facile de monter dans mon train si, juste avant, on passait un moment normal et soft. Je saurais pas l'expliquer, mais quand je suis seule, j'oublie un peu l'effet qu'il me fait, en direct. Et je me prends la réalité de plein fouet. Je suis pas sûre de me sentir jamais normale et soft quand il est avec moi. On aurait pu penser qu'après vingt jours l'un sur l'autre, cette fascination me serait un peu passée. Que je me liquéfierais plus sous son regard. Que je pourrais sentir son regard sur moi, sans en être toute remuée de l'intérieur. On aurait pu le penser mais on aurait eu bien tort. Au lieu de s'arranger, mon cas s'aggrave. Ça m'inquiète, à me laisser les yeux grands ouverts dans mon lit, seule, la nuit. Mais quand je suis avec lui, ça n'a bizarrement plus autant d'importance.

Nos pas, accompagnés de ceux sans entrain de Saucisse, nous ont mené jusqu'à la consigne où il dépose mes sacs. Un vrai gentleman.
Le pire, c'est que je me suis laissée faire, quand je considère d'habitude les portes tenues et les petites galanteries quotidiennes comme autant d'hypocrisies machistes.

Pour ces derniers moments avec lui, je me voulais légère et insouciante. C'est pas vraiment gagné.
Alors peut-être qu'au contraire, pour ces deux heures, je vais envoyer valser ma maîtrise et arrêter de réfléchir. Et ça commence par moi, qui vient glisser un bras autour de la taille d'Ezio, pour marcher tout contre lui. Benugo, pas Benugo, comme ça, je pourrais marcher jusqu'au bout du monde. Ou presque. J'ai encore des fragments d'ampoules sur les pieds.
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MessageSujet: Re: A farewell to Arms    Lun 10 Avr - 18:09

« Benugo… »


Une fois de plus il se sentait appartenir à un autre monde que celui de la jeune femme. Ce qui en soit, n’était pas faux si l’on considérait le milieu dans lequel il avait grandi. Mais force était de constater, qu’après des années, il n’appartenait plus vraiment à aucun des deux et se contentait de naviguer maladroitement de l’un à l’autre. Il se limita à sourcil haussé sans oser avouer que l’enseigne ne lui parlait aucunement, et la voyant baisser un regard rougissant, il n’insista pas et l’entraina vers la consigne.
Pour ne pas déroger aux habitudes, il grimaça en songeant qu’il devait avoir quatre livres six pence dans la poche gauche, probablement tout un tas de choses inutiles dans la droite et que pour tout dire, il n’avait pas vraiment faim. Le choix d’Anastasia quant au programme n’était pas anodin, être ensemble mais pas seuls.  Un doute s’insinua en lui aussi subrepticement que le temps s’écoule. N’aurait-il pas mieux fait de la laisser s’en aller en paix ?

Un train de voyageur déversa dans le hall une nuée de gens pressés de s’extirper de leur prison de ferraille – du moins c’est ainsi qu’il le percevait – qui s’agitèrent autour d’eux dans un bourdonnement incessant lui parasitant l’esprit. Une kyrielle d’hommes et de femmes les effleuraient, s’arrêtaient face à eux pour les contourner, les assaillaient de leurs paroles, leurs odeurs et leurs émotions toutes plus contradictoires les unes que les autres.
Il marqua un court temps d’arrêt alors qu’elle passait un bras sous son épaule et tressaillit à son contact. La sentant se coller à lui, il lui sourit cependant, gagné par une nervosité que la foule n’aidait pas à contenir. Sa main gauche vint agripper l’épaule de la jeune femme alors qu’il l’accueillait contre lui et il l’entraina à l’extérieur de la cohorte vomie par les wagons.

- Viens… Souffla-t-il en les contournant.

La foule l’avait toujours mis mal à l’aise dans les lieux clos. S’il pouvait se promener au sein d’une ville bondée en souriant aux passants qu’il croisait en masse, il était cependant incapable de se tenir dans une salle, au milieu d’une cohorte de personnes bruyantes, sans ressentir le besoin de s’échapper. A moins qu'on ne lui fournisse un bon feu, quelques verres et un auditoire attentif. Auquel cas, il signait volontiers.
Les quelques pas qu’ils firent ainsi les menèrent sous la statue de Paul day, "The Meeting place" qu’il avait déjà bien observé en entrant. Haute de 9m, elle représentait deux amants enlacés dans une étreinte de retrouvaille. Il s’arrêta un instant et la contempla de nouveau en se demandant s’ils ressemblaient à ça l’instant d’avant. Daignant enfin poser les yeux sur elle, il croisa son regard clair inquiet, levé vers lui. Pleine de question, elle devait deviner sa nervosité à travers la distance qu’il embrassait.

« Quel piètre amant tu fais… »

L’attirant pleinement à lui, il enfouit son visage dans le cou de la jeune femme, en essayant de regagner le calme et la quiétude qu’il sentait glisser entre ses doigts alors que l’assaillaient à nouveau toutes les questions de la nuit.
Qu’avait-il à lui offrir ? Face à sa jeunesse, sa vie bien planifiée, son besoin de clarifier les choses, il n’avait à soumettre que des années d’errance, une instabilité profonde et un besoin de n’avoir aucun compte à rendre.

« Tu y penseras plus tard. »

Soupirant dans son cou, il ne redressa la tête que lorsqu’il fut certain d’avoir réussi à se calmer parfaitement et maîtriser les vagues d’anxiété qui venait s’échouer contre lui. Il avait à son actif quelques phobies et petites choses capables de faire basculer son humeur et concevait son faible seuil de tolérance au bruit et à l’agitation. Aussi, avait-il appris avec le temps à se connaître parfaitement et à se maîtriser – ou du moins, à essayer. Il n’était pas encore aussi doué que son mentor dans ce domaine, mais parvint néanmoins à ralentir les battements de son cœur et chasser la morosité qui tentait de l’envahir.
La jeune femme sentait bon et contre sa peau, il se sentait bien. N’était-ce pas là seulement ce qui comptait sur l’instant ?

- Est-ce que c’est dehors ton Benugo ? Lui demanda-t-il plein d’espoir.


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Moldue Mordue

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MessageSujet: Re: A farewell to Arms    Jeu 13 Avr - 23:12

. Non non, c'est juste là.

Un léger mouvement de tête en direction de l'échoppe. Où patientait une petite foule de voyageurs entre deux correspondances. J'ai besoin de la foule comme d'une garde-fou. Besoin de la foule pour me forcer à conserver une distance raisonnable entre moi et la peau d'Ezio. Besoin de la foule pour m'empêcher de sauter dans le premier train, avec lui, destination : inconnue. Son souffle dans mon cou m'a pas franchement aidé dans ma résolution d'être sage et mesurée, pour rendre le départ moins difficile.
Mais, au fond, à quoi sert de se frustrer ? Et comme toujours, quand je suis avec lui, mes bonnes résolutions s'envolent. Pourquoi donc aller s'enfermer chez Benugo alors qu'on a juste deux heures à nous ? Je crois que son côté sauvage déteint sur moi. Je supporte moins la présence des autres quand je suis avec lui. Comme si ils me parasitaient le temps et l'espace qu'on partage. Le reste du temps, pas de problème. Je suis même plutôt sociale et un bain de foule de temps en temps, ça a son charme (j'irai pas pour autant me ruer dans les magasins le premier jour des soldes. La foule, oui, mais de petite dimension). Mais là... Non, les gens m'agacent. Ezio déteint sur moi ou je deviens plus sensible à son inexorable besoin d'air frais. C'est peut-être un savant mélange des deux. C'est une autre de ces choses auxquelles je réfléchis en solo. J'aime pas trop l'idée que quelqu'un influence ma manière d'être ou de penser. Et c'est typiquement une autre de ces choses dont je n'ai strictement plus rien à foutre pour peu qu'Ezio envahisse de sa présence ma bulle personnelle.


. Mais on devrait aller faire un tour. Saucisse a besoin de se dégourdir les pattes.

Oh le savant prétexte pour justifier un changement de plan ! Tout ça sans remettre en cause la volonté de personne. On dira pas que les femmes ne sont pas de savantes diplomates ...!
Quelque part, c'est vrai. Ce pauvre Saucisse va passer sa journée enfermé dans une demi-douzaine de trains (j'exagère à peine). Un peu d'air frais lui fera du bien. A lui aussi.

Maintenant que je me suis décidée, j'ai l'impression qu'on sera jamais assez vite dehors. Mes vieilles habitudes me rattrapent. Le besoin de combler un malaise en déblatérant des inepties.

Je ne peux pas me résoudre à lui débiter des banalités. La pluie, le beau temps, le Brexit qui part en sucette, c'est bon pour les autres. J'aurais son talent pour les mots et sa belle voix grave, je lui déclamerais bien quelques vers, sortis de nulle part.

I march to a different drummer
My life it is my own
I'm an explorer of experience
That is how I'm known

...

I travel on my stories
Feed myself with all my tales
I'm an explorer of experience
I'm a gypsy of the rails


J'étais tombée dessus, en glandouillant sur facebook, à un moment perdu, en rentrant d'Islande. Je sais pas trop de qui c'est, mais j'avais immédiatement pensé à Ezio en le lisant. Mais je me tais. Par pudeur. Par je sais pas trop quoi. Il y a des explications que j'ai pas envie de donner. Comme pourquoi je me retrouve à penser à lui quoi que je dise, quoi que je fasse. Parce que je me rappelle aussi que j'aime le silence avec lui.

Dehors, l'air est frais. La bruine omniprésente. Qu'est-ce que je pouvais bien attendre d'une matinée de la mi-janvier. Y a pas à dire, le Sud de la France, ça va bien me changer !
Dehors, je ne sais plus trop quoi faire. Mes plans ne vont pas plus loin que ça. Et l'improvisation, c'est pas mon domaine. Ezio, lui, nous trouverait le truc à faire, le truc à voir en deux temps trois coups d'œil. Moi, je l'entraîne juste au plus grand des hasards, laissant finalement sans regret la gare derrière nous.
Alors, quand les mots me manquent, alors qu'on est à deux pas de quelques arbres rendus squelettes par l'hiver, je me hasarde à ce que je sais faire de mieux. Lever les yeux vers Ezio. Lui sourire de ce sourire qu'on dirait inventé pour lui. Et rejoindre sa bouche, mes bras glissés sous son manteau, parce que c'est bien l'endroit où je me sens le mieux. Et où je peux arrêter de réfléchir. En général, il est pas contre l'idée.

(pour info, ils sont arrivés à Brill Place. C'est pas la même en hiver)
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MessageSujet: Re: A farewell to Arms    Sam 24 Juin - 12:00

D’évitements en fuites, il se contentait d’hocher la tête à tout ce qu’elle énonçait. Que le chien ait réellement besoin d’air ou non, il l’ignorait. Néanmoins, il se garda bien de protester et la suivit silencieusement jusqu’à percevoir sur son visage les première gouttelettes d’une bruine salvatrice. Ils débouchèrent au niveau de Brill Place et il se laissa guider vers le parc sans émettre la moindre objection, se contentant d’emplir ses poumons d’un air frais qui lui libérerait sûrement la tête. Les questions l’imitaient en se taisant à leur tour, et bientôt, il se sentit à nouveau capable de sourire sans trop se forcer. Démentant les propos de sa maîtresse, la créature à quatre pattes, dont le comportement était particulièrement languissant ce jour, observait le ciel d’une babine retroussé, visiblement mécontent de la météo.

Face à eux, quelques jeux pour enfants faisaient grise mine, abandonnés par leurs occupants habituels. La vie semblait avoir déserté les lieux, et la bruine seule ne pouvait en être tenue pour responsable. Elle n’était ni plus ni moins présente que les autres jours. Peut-être un peu plus pesante s’il y réfléchissait bien. Mais réfléchir était précisément ce qu’il tentait d’éviter à ce jour, si bien qu’il se contenta de constater piteusement le calme des alentours sans y apporter d’éclairage nouveau.
Deux mains fraîches se glissèrent sous les pans de sa veste et le corps d’Anastasia s'épancha contre lui. Réalisant qu’elle le dévisageait en souriant, il répondit de même et accueillit sa bouche – rendue fraîche par la température extérieure – contre la sienne.

Alors qu’ils se tenaient l’un contre l’autre, il repensa à cette soirée du 30. Celle qui n’existait plus que dans ses souvenirs, pâle spectre dont les événements s’érodaient avec le temps, parce qu’il n’avait personne avec qui les partager. Bientôt, toute la soirée ne serait plus qu’un songe mêlé au fil conducteur de son imagination. S’il la revoyait parfaitement dans sa robe le lendemain, s’il se souvenait pleinement de son corps et le désir qui l’avait animé, il lui semblait que l’ambiance feutrée dans laquelle ils avaient échangé leurs premiers mots lui coulaient entre les doigts comme une encre insaisissable qui se refusait à laisser d’autres traces que celle qui lui entachait les mains. Elle ne saurait jamais à quel point elle l’avait troublé ce soir-là. Elle ignorait qu’il avait alors perçu les signaux qui lui intimait de mettre fin à la discussion et de monter ce coucher. S’il avait daigné les écouter, ils ne seraient pas là sous cette pluie fine, à observer le ciel pleurer sa mélancolie sur leurs têtes. Il ne pouvait nier qu’à plusieurs reprises, ils avaient tenté de l’avertir et qu’à chaque fois, il les avait ignorés de bon coeur. Et pour finir, aurait-il souhaité se trouver ailleurs aujourd’hui ?

Le sentiment de malaise qui l’avait étouffé dans la gare revenait peu à peu. Il réalisait que les deux heures qui les séparait de son train étaient à la fois trop courtes pour ce qu’il souhaitait lui dire et trop longues pour qu’il ne puisse les vivre sereinement. Ils se trouvaient alors dans un entre-deux qui le mettait mal à l’aise. A ne pouvoir partager que la moitié d’une histoire et ne pas savoir si elle était prête à accepter qu’il ne soit pas sûr des pages suivantes. Il avait jusque-là envisagé son départ sous un jour heureux, une chance pour elle de vivre cette expérience, mais avait été rattrapé par les questionnements qu’il soulevait à leur propos.

Au cours du dernier mois, il s’était souvent demandé si elle se contenterait, comme lui, de ces instants chapardés, ces croisements de routes, dus au hasard ou à d’autres cieux. Si elle voudrait plus et ce qu’elle attendait de lui. Il avait balayé les différentes interrogations en se contentant des bons moments passés ensemble. Son départ impliquait désormais que les instants partagés se devaient d’être prévus et voulus et il n’était pas certain d’être capable de lui offrir quoi que ce soit de stable, tout en ignorant ce qu’elle voulait vraiment. Jamais elle n’avait abordé le sujet, bien qu’il ait parfois senti des regards appuyés et à la fois lointains trahissant quelques pensées.

Il aurait probablement pu continuer ainsi sans rien dire, mais il lui devait certainement une discussion qu’il ne se sentait pas le courage d’entamer, pour la simple et unique raison qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il pourrait bien dire sur le sujet.

Paradoxalement, alors qu’elle était l’une des causes de son malaise, il se raccrocha un peu plus fort à elle et la garda contre lui en resserrant son emprise autour d’elle, avec plus de puissance qu’il ne l’aurait voulu. Son humeur faisait les montagnes russes à l’en épuiser et il se connaissait suffisamment pour attester à l’avance des dégâts qu’il pouvait occasionner. Déjà, il regrettait d’être venu, tout en ne pouvant se résigner à ne pas l’avoir fait. Elle lui avait manqué. Il avait envisagé ces instants avant le départ comme légers. Bavardant tous deux de son programme en France. C’est ce qu’il avait souhaité. Et voilà qu’il était à deux doigts de provoquer une discussion qu’il s’était toujours attendu à ce qu’elle déclenche, tout en la redoutant.

- Anastasia… Murmura-t-il tout en restant contre elle. Je ne sais pas du tout ce que j’ai à t’offrir.


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MessageSujet: Re: A farewell to Arms    Lun 25 Sep - 23:16

Sa voix, douce et chaude, comme toujours, me fait frissonner. Il y a pourtant des nuances et des variations dans la chair de poule qui me secoue la peau. Un je-ne-sais-quoi d'insaisissable qui me donne envie de l'embrasser encore, par lâcheté. Pour ne pas chercher à le définir. Pour ne pas tenter de saisir, de comprendre.
Mais parce que Ezio n'est pas homme à lancer ce genre de mots, en l'air, juste pour les regarder flotter et s'envoler au loin, je fais un effort. je prends sur moi. Je peux pas être moins courageuse que lui. Je peux pas être celle qui fuie, qui esquive, qui fait comme si de rien n'était. J'aurais juste préféré qu'il choisisse un autre moment pour lâcher cette incertitude.

Moi, j'aurais voulu quitter l'Angleterre avec de la légèreté, de l'insouciance, un truc qui porte vers l'inconnu. Si je suis honnête avec moi-même, j'aurais pas été contre la promesse d'une visite à mots couverts. Je suis pas certaine qu'Ezio Shepherd soit du genre à se perdre en de grandes déclarations ou en d'infertiles serments. Mais une phrase ou deux teintées par l'idée de se revoir autrement que par le biais du hasard... C'était probablement trop demander.
Je secoue la tête pour en chasser l'amertume légère d'une pointe de déception. L'arrière-goût de l'appréhension, lui, persiste.


. Je...

Ah non ! Certainement pas ! C'est pas l'heure de perdre ma langue et ma cervelle. Reprends-toi, Grant !
Je reste dans ses bras mais prends juste un soupçon de recul. De quoi lever la tête et fixer son regard.


. Je me souviens pas de vous avoir demandé quoi que ce soit.

Ouch. Ça sonne un peu froid. En tout cas, ça réchauffe pas l'atmosphère humide et fraîche de cette matinée de janvier.

. Juste de profiter de votre temps et de passer des moments avec vous.

Je me rends compte à mon ton doux, quoiqu'un peu guindé, qu'un truc n'est pas tout à fait passer. Je prends ça comme s'il sous-entendait que j'exigeais quelque chose de lui...
Ben, oui, clairement, j'aimerais que l'avenir soit autre chose qu'un grand point d'interrogation. J'aimerais imaginer d'autres moments ensemble. J'aimerais me projeter un peu. On part pas passer deux semaines en Islande avec un type que l'on a envie de laisser disparaître de sa vie. Il est venu, là, à la gare, pour me dire au revoir, c'est débile de penser que je pourrais aussi le quitter avec l'option d'un rendez-vous collé à mes horizons ? J'aimerais un poil de certitude, mais je me suis jamais permis de lui demander quoi que ce soit. Il est sauvage, il est solitaire, et, honnêtement, c'est aussi pour ça qu'il me plaît. Je m'attends pas à une demande en mariage, oh oui, et faisons trois enfants, là, maintenant. D'autant que ma situation actuelle ne me permet pas exactement d'avoir des exigences.


. Ils sont beaux, ces moments avec vous. Je voudrais juste savoir qu'il y en aura d'autres, potentiellement, dans un avenir pas trop lointain.

Si je le dis pas maintenant, je le dis quand ? Il n'a pas d'adresse, pas de numéro à me laisser (ça a été une drôle de discussion, au milieu de notre séjour en Islande, alors que j'étais presque sûre qu'il avait réussi à nous perdre entre deux glaciers, mais que je faisais bonne figure en faisant semblant de le croire quand il affirmait savoir s'en retourner à la voiture de location). Une fois que je monte dans ce train, j'ai plus aucun moyen de le contacter. Ce sera à lui de me joindre, si jamais il... L'idée est à la fois excitante...et carrément flippante. Ne pas être maîtresse de cette part-là de ma vie m'est assez désagréable, malgré que la porte ouverte laissée à l'imaginaire permette d'envisager une foultitude de scénarii sympathiques.

. ...

J'ai ouvert la bouche pour ajouter quelque chose. J'ai ravalé les mots qui venaient. Pas très certaine de ce qui allait sortir.
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MessageSujet: Re: A farewell to Arms    Mer 11 Oct - 0:26

Entre ses bras, il la sentit se raidir un peu. Son ton guindé, son application à mettre de la distance dans sa voix ne le trompa pas. Se détachant d’elle et reculant de deux pas, il plaça physiquement entre eux l’intervalle musical qu’elle avait creusé de sa voix. La bruine s’accentuait pour glisser sur le visage d’Anastasia, levé vers lui en un défi muet.

- Non, tu n’as rien demandé. Confirma-t-il.

« Le feras-tu ? »

La raison pour laquelle elle ne l’avait pas encore fait lui échappait un peu. Peut-être n’attendait-elle rien, ce qui paraissait étonnant à la connaître. Peut-être le pratiquait-elle désormais suffisamment pour s’attendre à l’effrayer en le faisant.
Il hocha la tête à deux reprises avant de lever son regard vers les cieux tourmentés de grisaille, puis replaça sagement ses mains dans les poches de sa veste avant d’inspirer profondément pour faire taire la multitude de questions que soulevait ainsi la jeune femme.
Son « quoi que ce soit » n’était pas « rien », à ses yeux. Ils n’étaient peut-être pas sur la même échelle. Et pour être honnête, il n’y avait pas de peut-être. Il savait pertinemment que son échelle à lui était bien particulière.

Il attendit quelques instants ainsi, à contempler les toits au-dessus de leur tête, à recevoir en plein visage les crachins moqueurs de la ville. Conscient de tout gâcher ainsi, il était partagé entre le besoin de faire le vide et d’être honnête avec elle. Il n’avait aucune idée de quand ils se reverraient. Il ne savait pas même où. La seule chose dont il était certain – bien que les certitudes ne soient pas son fort – c’était d’avoir envie de la revoir, si bien qu’il se trouvait là, à court de mots. La revoir. N'importe où. Il reposa ses yeux sur elle. N'était-ce pas déjà ce qui l'avait mené ici? La revoir.

Pourquoi?

En croisant son expression déterminée, à mi-chemin entre la fierté et l’attente qu’il confirme un rendez-vous futur, il ne put s’empêcher de s’attendrir. Elle lui offrait – comme à chaque fois – la vision la plus délicieuse qui soit : naviguant entre force et fragilité, bravant les interdits pour mieux se ranger derrière ses propres barrières, lui jetant au visage quelques défis et provocations qu’il soupçonnait être des prises de risques pour le rassurer de sa propre inconstance.
Et lui d’avoir envie de sauter avec elle dans le premier train, qui ne ramènerait ni l’un ni l’autre vers une quelconque obligation...

Sa bouche s’arma d’un sourire sincère face à cette jeune femme si particulière, alors que du vif de sa lame, une troublante affection transperçait toutes les autres émotions et déchirait le voile du malaise.
Retenant ses doigts pris de l’envie audacieuse d’aller se poser sur les lèvres d'Anastasia pour en apaiser les maux, il prit soudainement conscience des mots qui s'apprêtaient à franchir les siennes et les laissa éclater dans son esprit, rebondir dans ses pensées et l’effrayer à en avaler le monde des yeux.
Un peu de buée sorti de sa bouche lorsqu’il exhala la reprise de son souffle, dans ce qui trépassa d’allégation à sourire aussi surpris que troublé.

Avec lenteur et précaution, il extirpa ses mains des poches de sa veste, franchit à nouveau la distance qu’ils avaient laissée entre leurs corps et, encore fragile de sa découverte, risqua ses mains de chaque côté du visage de la jeune femme. Son regard plus grave que jamais, brillait d’un éclat ardent alors qu’il sondait quelques choses dans les yeux de la jeune femme.

« J’ai envie de vous revoir. Je peux vous revoir ? » « J’ai perdu ça, ce soir. Et j’y tiens beaucoup… Je reviendrai le chercher.»*

Perdu soudainement dans un lointain qui n’appartenait qu’à lui, il referma les yeux et se contenta de murmurer un « D’accord... » à des lieues des mots qui flirtaient toujours aux frontières de cette réalité. Et pour en compenser la pauvreté, le spectre, l’inexactitude et le peu d’éclat qu’ils rendaient à ses émotions, il les accompagna d’une caresse de ses lèvres sur la bouche d’Anastasia, entre baiser et secret offert.  

«...Et puis il y a ceux que l'on croise ...**»




HJ: * Extrait de Contes et légendes d'un monde oublié.
** V. Hugo.

Celui-là m'a donné du fil à retordre. Smile


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A farewell to Arms
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