Météo du
Moment
Nous sommes en octobre
2017.

Suite au décès d'Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, le 21 août
dernier, Maureen Kinkaid
assure l'intérim à la tête
du gouvernement sorcier
anglo-saxon. 




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Les absents ont toujours tort.
Méfiance, nous sommes d'humeur taquine...

Une animation d'Halloween vous attend...

Venez donc nous présenter vos plus beaux sourires.

Hé, t'as vu ton rang?

Partagez | 
 

 Que la lumière soit [Ezio]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
avatar




Moldue Mordue

Age du personnage : 24 ans
Messages : 410
Localisation : Brighton
Université : Varndean College
Occupation : Étudiante

MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Mar 2 Mai - 2:22

Wahou. Encore.
Assez pour me paralyser les neurones et m'atrophier la pensée. J'ai oublié tous mes doutes, toutes mes questions. Envolés dans un baiser-univers. Vous savez, le big-bang, les étoiles, et le monde tout autour qui s'affadit et disparaît. Quelques secondes qui suffisent à vous faire trembler le souffle, battre le cœur et qui vous donnent l'impression d'exister pour de vrai.

Quand il détache ses lèvres des miennes, je peux pas m'empêcher de soupirer, qui se perdit dans son sourire. Indescriptible sourire, juste pour moi. J'ai la poitrine qui se serre, tandis que je m'emplis du sentiment bizarre que ce ne sera jamais assez. La sensation s'envole rapidement et une de mes mains s'égare sur sa nuque. Sa peau est douce, chaude. Troublante. C'est juste un tout petit bout de peau, mais ça suffit pour me filer des frissons dans tout le corps.
J'ai envie de tellement plus.

Mais ses mots m'arrachent au moment, pour me réembourber dans ma fosse aux questions.


. Un aigle...

Je ferme les yeux, pour ne plus avoir à plonger dans les siens, trop intenses. Trop pleins de... de je ne sais quoi.
Mes doigts sur sa nuque semblent soudain être une ancre à la réalité plus qu'une caresse. Je sens mon esprit qui divague. Un aigle. Un aigle. L'image de cet aigle est imprimée sur l'écran de mes paupières fermées. Comment est-ce seulement possible. .. ?
C'est plus fort que moi, j'ai toujours eu besoin de comprendre. Chercher le pourquoi et le comment. Traquer la vérité. Je sais plus trop pourquoi ça m'est si important, mais je sais que c'est souvent le moteur qui me fait avancer. On me dit souvent que c'est la curiosité, excessive parfois, mais c'est surtout tellement plus que cela. Un besoin viscéral de m'expliquer le monde, pour y poser mes marques.
Sauf que là... là, c'est moi que ça concerne, en direct. Moi, ma tête et ma santé mentale. Qui vacille.

Je voudrais le serrer contre moi, retrouver le chemin de ses lèvres et m'y perdre pour de bon... sauf que je n'ai plus la tête à ça. Ma tête à moi est assaillie de questions sans fin, de réponses foireuses et d'une vague sensation de panique. Non, ce n'est même pas de la panique. Ni de la peur. Un sentiment bizarre et complexe qui me vrille l'estomac et y distille une pointe de malaise. La vérité ne m'a jamais à ce point attirée. Ne m'a jamais fait si peur.


. Attendez... attendez...

J'ai des milliers d'images qui dansent sous mes paupières toujours closes. Celles qui m'envahissent la tête dès que je m'endors. Lui et moi, principalement, dans un de mes pubs préférés. Mais déjà, de nouvelles scènes se sont greffées dans ma bibliothèque d'instant. Je ne nous avais encore jamais vu ainsi, souriants et à moitié nus, en train de danser au son d'une chanson dont je ne comprends pas les paroles et où ça n'a strictement aucune importance. Je....
Je suis plutôt du genre à avoir l'imagination galopante, mais pas à ce point. Il y a trop de détails, l'ensemble est trop vivant pour juste être un fantasme spontané né de je ne sais où.


. Pourq... Comment … Comment est-ce que je peux savoir tout ça .. ?

Je le regarde, perdue, frustrée, à mi-chemin au milieu d'un millier d'émotions. De la colère, un peu. De la tendresse, certainement. Et des trucs que je suis juste incapable de définir. Je le regarde comme si il pouvait avoir la réponse à mes questions.

Cette main, posée d'elle-même sur sa nuque, tressaille, glisse doucement sur son épaule. Je sens l'os de sa clavicule, je devine les muscles sous sa peau. Se place sur ses côtes.


. Vous avez une cicatrice, juste là.

Ce n'est même plus une question. Je le sais. Je la vois presque littéralement par superposition.

. Pourquoi je suis certaine que vous avez une cicatrice juste là ??

Ma voix flanche.
Le vertige me reprend, tellement différent de quand j'étais tout contre lui, à le laisser me dévorer la bouche (et à adorer ça).
Tous mes doutes font leur grand débarquement. Je suis pas tellement du genre à douter, pourtant. J'ai quelques certitudes bien enracinées qui me font avancer droit. Mais là... toutes les incertitudes que je collection depuis presque six mois, depuis ce jour de février où une gare nous a explosé à la figure, toutes ces interrogations sans réponse... tout me retombe dessus et j'en ai presque le tournis. Je perds le nord et mon seul réflexe, c'est de l'agripper du mieux que je peux pour éviter de faire naufrage.

Tout ce qui a pu me passer par la tête depuis Londres s'offre un deuxième tour en fanfarre. Toutes les idées loufoques pour donner du sens à tout ça. Toutes les tentatives d'explication. Mais rien ne me convainc.


. Je suis un peu folle, c'est ça ? Ou médium ? Ou bien... ou encore...

Ça s'explique comment que je le connaisse à peine et qu'il me plaise autant ? Que je rêve à répétition de moments jamais vécus ? Que je sache des choses sur lui que je devrais ignorer ?
J'arrive plus à le regarder parce que je suis presque certaine que quelque chose cloche.


. Qu'est-ce qui ne va pas avec moi ?

Je serais plus lucide, je serais avec un autre que lui, je m'alarmerai de me laisser être aussi vulnérable en public. Mais, aussi étrange que cela puisse paraître, aussi démunie que je me sente, c'est un peu moins pire parce que je suis avec lui. La confiance aveugle en quelqu'un se manifeste vraiment dans les moments et avec les êtres les plus improbables.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t83-stacy-grant
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 505
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Mar 2 Mai - 21:38

- Calmez-vous, Anastasia.

Sans appel. Tout doute s’était évaporé, en ce qui le concernait. Sa voix avait retrouvé toute l’assurance qui lui avait manqué, plus tôt. Impérieuse et grave, il ne conseillait pas, il ordonnait.

- Je… je peux pas…

A deux reprises, elle inspira de grandes goulées d’air, tentant par tous les moyens de retrouver un calme visiblement hors d’atteinte. Alors qu'elle s'accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage, il pouvait sentir ses doigts se refermer autour de ses bras. Le choc était violent.

- Si vous pouvez. Ecoutez-moi…Reprit-il avec persuasion.

Fébrile entre ses mains, elle était agitée de tremblements incontrôlables et semblait sur le point de perdre l’équilibre. Il resserra l’emprise de ses bras autour d’elle et la maintint fermement contre lui, tenant ses deux poignets d’une main et plaquant l’autre dans son dos. Quelques passants leur avaient bien jeté un ou deux coups d’œil suspicieux, mais sans plus. Ils les avaient probablement pris pour un couple qui se disputait, ou s’embrassait, au choix. De l’un à l’autre la frontière était si mince… La bascule entre deux émotions, si aisée. La berçant doucement de ses bras, il appuya son menton sur le haut de la tête de la jeune femme et réaffirma un peu plus sa prise sur ses frêles épaules, délivrant ses poignets d’un geste vif. Et toujours cette fête qui battait son plein, comme si plus rien d’autre au monde n’importait que poursuivre la musique.

- Tout va bien, Anastasia. Murmura-t-il plus doucement. Tout va bien. Vous n’êtes ni folle, ni médium et tout va bien avec vous.

«C’est le monde, autour de vous, qui va mal.»

De nouveau face à ce choix. Ce fut à son tour d’inspirer calmement, à plusieurs reprises.
Le nez dans ses cheveux, il se laissa envahir par son parfum. Toutes les femmes mettaient-elles du parfum dans leur shampoing ? Saoirse le faisait… Mais était-elle comme toutes les femmes ?
Une touche d’agrumes se dégageait de celui d’Anastasia, quelque chose de boisé. L’odeur lui plaisait. Elle n’était pas capiteuse, ni trop sucrée comme le sont certains parfums féminins. Celui-là ne collait pas aux narines mais se diffusait subtilement, d’une force tranquille, suffisamment persistante cependant pour être entêtant sans être incommodant.  Contre sa poitrine, le cœur d’Anastasia ralentissait un peu, se calant sur le rythme sourd et plus lent du sien.  Il sentait encore le contact de ses doigts sur ses cotes, à l’endroit exact où elle se trouvait. La cicatrice.

Il pouvait presque ressentir la douleur lancinante qu’elle lui avait offerte ce jour-là.

Avec douceur mais fermeté, il dégagea la tête d’Anastasia qu’il avait jusque-là, précieusement gardée contre son épaule. Puis, glissant ses paumes sur les joues de la jeune femme, il enveloppa son visage et l’obligea enfin à le regarder. A travers ses yeux il voyait tout ce qui le hantait depuis des mois. Le Lemon Tree, le nouvel an, son attente, l’acceptation, la gare et la suite. Quelle explication pouvait-il bien lui fournir ?

Il existe trois façons de faire des choix. Sortir une pièce et laisser le hasard décider est la première. Pour ceux qui refusent de s’en remettre au destin, il était préférable de sentir la direction à prendre et s’y lancer. Se fier à ce que l’on pouvait appeler l’instinct, le cœur, un autre sens, une intuition. Ou bien encore, pour les plus raisonnés, envisager les conséquences, les dommages collatéraux, se poser, réfléchir et prendre la décision qui s’imposait. Restait à déterminer les priorités, ce qui impliquait tout une autre série de choix.

Lui, avait toujours eu un instinct assez fiable.

- Je sais que ça peut paraître présomptueux mais… je suis là. Et vous n’êtes pas folle. Faîtes-moi confiance, Anastasia. Tout ira bien.

Autrefois, il avait affirmé la même chose à une autre femme. Fais-moi confiance. Tu n’es pas seule. Et ils savaient tous deux comment cela avait fini.

« Tais-toi. »

Dégageant une mèche de cheveux du visage d’Anastasia, il lui sourit doucement et la fixa dans les yeux. Pleine de questions auxquelles il ne pouvait répondre, mais dont il avait les réponses, elle levait un regard suppliant qui acheva d’abattre les derniers remparts qu’il dressait entre lui et le monde.

- Aussi étrange que ça puisse paraître – mais je suis plus à ça près – j’ai confiance en vous.

- Je sais. Venez avec moi.




HJ: Version quatre mains, avec tous les accords nécessaires.


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Moldue Mordue

Age du personnage : 24 ans
Messages : 410
Localisation : Brighton
Université : Varndean College
Occupation : Étudiante

MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Dim 7 Mai - 22:18

Tout ira bien.
Les mots tournent dans ma tête, et je peine à leur trouver du sens. Et pourtant, ils m'imprègnent déjà. M'enveloppent d'un cocon rassurant. La voix de cet homme a quelque chose de magique. D'envoûtant. Sa voix. Et ses mains qui sont un apaisement en soi. Sa main sur ma joue. Apaisante. Sa main contre la mienne. Entraînante. Sans être insistante. J'abandonne et je le laisse me guider.
Sous mon crâne, questions et hypothèses tourbillonnent. Je liste toutes les bizarreries qui s'accumulent depuis notre rencontre à King's Cross. La fascination de Saucisse pour un inconnu au beau milieu d'une foule londonienne. La détermination de ce même inconnu à me protéger d'une explosion surréaliste. Les fragments inexplicables de cette explosion, avec de la fumée en forme de cheval ailé et des gens avec de drôles de costume. L'énumération des grains de beauté et de mes cicatrices,... À cette liste, viennent s'ajouter toutes les questions qui en découlent. Et toutes mes hypothèses pour leur trouver un semblant d'explication. Une sorte de caméra cachée. Oui, étalée sur six mois. Une séance d'hypnose qui aurait mal tourné (on peut devenir à moitié obsédée par quelqu'un juste avec quelques suggestions vocales ?). Une...

La liste de mes questions s'effiloche, mon esprit s'égare, vaincu par la douceur de la nuit, la peau d'Ezio Shepherd contre la mienne, la beauté de notre silence. J'aime faire le silence avec lui. Je suis pourtant plutôt du genre à fuir les vides, à les combler de paroles et de questions. A m'activer, à remplir l'espace. Mais notre silence n'est pas vide. Il existe, il est là, non pas entre nous mais autour de nous, comme une bulle qui nous isole du reste du monde.
Je ne suis plus qu'un souffle qui marche, des jambes qui palpitent, un cerveau au point mort, et une poitrine où se calfeutrent mille et une sensations. A partir du moment où je lâche prise, où j'accepte de ne rien maîtriser, un drôle de calme s'installe en moi. Et le monde qui m'entoure n'est plus que l'amoncellement de plein de petits fragments épars. C'est drôle comme un univers peut se résumer à la sensation d'une paume chaude contre la sienne, de l'odeur sucrée-salée d'un petit restaurant au coin d'une rue, du tapotement des pattes d'un teckel sur le pavé, de quelques notes de musique sans queue ni tête ou de la saveur d'un homme qui s'attardent sur vos lèvres.

De quelques doigts habiles, j'ai effectué un peu plus tôt la mise en silencieux de ce petit bijou de la technologie qu'est mon blackberry. Comme si j'avais senti ce silence venir, que le moindre petit bip messager serait venu profaner.

Contre sa paume, ma main gravite et migre, l'air de rien. Mes doigts se glissent et s'entrelacent aux siens. Et je frémis comme une adolescente énamouré, ravie de ma propre audace.
Quoi qu'il en dise, j'ai probablement de quoi enrichir à moi toute seule le psy qui voudra bien de moi... mais je m'en fiche royalement. J'ai le ventre qui palpite de me balader main dans la main avec Ezio Shepherd. Parce qu'il tient à moi. Parce qu'il me regarde comme on ne m'a jamais regardé. Parce que mon univers a beau être un bazar monstrueux, je m'y sens presque à ma place, sans avoir besoin de tricher, de bousculer ou de prétendre.
Je me surprends à le dévisager régulièrement. Moins parce que j'essaye de percer le mystère qui l'entoure que parce qu'il est juste agréable de le regarder.
Parfois, ses yeux croisent les miens et je frémis encore, mais sans jamais me détourner devant son intensité. Ça me bouscule, ça m'effraie... et ça me grise.

On sort progressivement de la ville sans que je puisse déterminer si on a marché quelques mètres ou si on a traversé la moitié de l'Écosse. Je le suis, toujours dans notre bulle de silence. Et ça devrait me hérisser - je suis plutôt de celle qui prend les initiatives - mais non. Rien. Je le laisse m'embarquer je-ne-sais-où avec une confiance aveugle, qui, pour le coup, m'effraie un peu. A croire qu'il m'a jeté un sort.
La nuit tombe doucement sur Edinburgh et je frissonne un peu. Ma blouse est légère et le vent souffle doucement sur nous, pauvres silhouettes solitaires à l'assaut des hauteurs. Presque timidement, il lâche un :
« Je vous aurais vien prêté ma veste mais je crois l'avoir oublié à la cathédrale... »
Et en prononçant ces premiers mots depuis tout à l'heure, il réussit l'exploit de ne pas briser ce silence qui me plaisait tellement, mais de le prolonger de sa voix grave. Je le regarde sans rien dire, mais j'ai l'impression de penser si fort que tout s'affiche en lettres néon sur front. Je me fous de sa veste. Là, tout de suite, maintenant, j'ai juste envie qu'il me prenne encore dans ses bras et qu'il me serre contre lui. C'est probablement le seul endroit où j'arrêterai de trembler.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t83-stacy-grant
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 505
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Mer 24 Mai - 18:25

La vieille ville avait fait place à un mélange de bâtiments plus récents auxquels se mêlaient encore quelques vestiges du passé. De leur trajet jusqu’au parc d’Holyrood, seuls ses yeux avaient capté quelques images alors que le reste de sa tête avait refusé de s’en imprégner davantage. Le temps, les sons qui s’éloignaient, alors que leurs pas les conduisaient hors de la ville, le vent qui rafraîchissait l’air, tout semblait être étouffé par une ambiance concentrée sur les quelques centimètres de sa peau qui touchait la paume de sa main. Une pléthore de sensations dissimulées sous l’épiderme. Ils avalaient la distance en silence, accompagnés bientôt du seul bruit de leur pas. Réalisant, au moment où il en aperçut la haute silhouette se découper derrière les bâtiments, qu’il savait finalement exactement où il voulait se rendre, il désigna du menton le sommet d’Arthur’s seat à Stacy, se contentant d’une pression au creux de sa main pour attirer son attention.

Paradoxalement au calme apparent de l’instant, ses pensées s’égaraient en tous sens, caressant une multitude d’idées sans s’arrêter vraiment sur aucune. De la soirée qui était, à celles passées, de la main d’Anastasia qui se réchauffait peu à peu au creux de la sienne, à ses mèches de cheveux abandonnées aux caprices du vent qui s’engouffrait dans sa blouse, à ce qu’il allait lui dire, d’étranges pensées sans forme, faites de sensations, d’envies et d’intuition déroulaient leurs fils dans son esprit.

Dans l’obscurité qui les enveloppait, il se surprit à sourire, sans être réellement à l’origine du mouvement de ses lèvres. Il se sentait épuisé par cette soirée et désormais proche du répit tant attendu. Comme à l’aube d’un repos bien mérité, du dénouement d’une histoire trop longue, à la marge des dernières pages d’un roman dont on a besoin de lire les derniers mots. Bientôt.

S’il existait bien des chemins pour parvenir à Arthur’s seat, certains étaient plus praticables et aménagés que d’autre. Son choix ne pouvant se résoudre à se porter sur l’autoroute pour touristes - qui bien que peu fréquentée à cette heure-ci ne pouvait convenir à cette fin de soirée - il opta pour un chemin plus escarpé et sauvage et prit soin d’aider la jeune femme à en gravir les marches glissantes.

- Il est difficile d’imaginer que nous escaladons les pentes d’un volcan, n’est-ce pas ? Murmura-t-il dans la pénombre.

Soutenant Anastasia du bras dont la main n’était pas occupée à réchauffer la sienne, il la guidait dans l’obscurité, le contact de la douceur de sa peau, décuplé par une vue moins agile à la tombée de la nuit, lui procurait une sensation grisante. Son esprit, tout comme ses mots, sautait d’une idée à l’autre, sans autre lien que ce qu’il ressentait sur l’instant présent. De la nostalgie à une pointe d’angoisse, flirtant avec l’excitation d’un premier rendez-vous et tout à l’euphorie de tenir au creux de sa main quelque chose d’aussi précieux, chacun de ses pas lui accordait un nouveau sentiment alors que se profilait le sommet.
Le temps semblait s’être écoulé à une vitesse incroyable pendant qu’il rompait le silence pour lancer quelques idées et commentaires tels qu’ils lui passaient à l’esprit, sans priorité ni fil conducteur. Les couleurs du soir, le vent qui rafraîchissait l’atmosphère, les accords qu’ils avaient laissés derrière eux, les légendes qui peuplaient l’endroit et bien d’autres mots encore qu’il pensait avoir murmuré pour lui dans la quiétude de la nuit mais qu’il exprimait à voix basse pour elle.
Le sommet fut rapidement atteint - en dépit de quelques glissades dues aux semelles plates des sandales d’Anastasia - et la vue sur la ville était à couper le souffle. De plus, le lieu avait eu le bon goût d’être désert ce soir-là.
Après être resté silencieux, un instant encore, à contempler l’Edimburgh qui s’étendait à leurs pieds, le barde attira la jeune femme vers un petit promontoire d’herbes sur lequel il se laissa tomber en douceur, invitant la jeune femme à venir s’assoir entre ses jambes. A défaut de pouvoir lui offrir sa veste, il l’enveloppa de son corps en se collant à son dos et referma ses bras protecteurs autour d’elle. Il avait eu le temps au cours de l’ascension pour tourner et retourner la phrase dans tous les sens, pour peser et mesurer les conséquences de ses aveux. Anastasia, de son côté, était restée bien silencieuse et il craignait qu’elle ne soit toujours troublée par les souvenirs qui avaient surgi. Partagé entre le soulagement qu’elle se rappelle certaines choses et l’affliction que lui provoquait la confusion de la jeune femme, les mots pourtant répétés, fuyaient désormais sa bouche et ce furent d’autres qui prirent forme. Il finit par poser son menton sur l’épaule d’Anastasia comme on dépose les armes et soupira à son oreille :

- Vous avez des secrets, Anastasia ?
- Quelques uns… je … vous aussi ?

A l’abri de son regard, derrière elle, il haussa les épaules et masqua un sourire gêné en enfouissant son visage dans les cheveux de la jeune femme.

- Tout le monde en a, je suppose. Il marqua un temps de silence durant lequel il laissa son regard courir sur les lumière de la ville. Si je vous en révèle un, vous promettez de ne pas poser de questions ?
- Pourquoi ?
- C’est une question, ça…
- Je vous le promets. Répondit-elle d’un ton sérieux.
- Si je vous disais que je vous avais déjà tenue dans mes bras avant King’s Cross ? Vous me croiriez ?

Sa voix, habituellement si assurée, semblait plus hésitante et il fut ravi qu’à cet instant, elle ne put voir son visage.


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Que la lumière soit [Ezio]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Dieu a dit "Que la lumière soit!" Et la lumière fut. Mais comme je ne suis pas Dieu, il fait toujours noir dans ma chambre
» [Mission] Que la Lumière Soit !
» Que la lumière soit ! [LIBRE - An zéro]
» Peu importe que les étoiles dont la lumière nous parvient soit mourante ...
» Obélisque de lumière

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chemins de Traverse :: Ecosse :: Edimbourg-