Météo du Moment

Nous sommes en juillet 2017. 

L'Écosse organise la première
édition du festival de
Greenock.
De nombreux moldus ont
répondu au rendez-vous.
Ils ignorent que parmi eux,
Et sur l'impulsion d'Adam
Campbell, des sorcières et des
sorciers participent eux aussi
au festival.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Un mouvement de panique a été enregistré sur le chemin de traverse le 24 février 2017.
Venez rejoindre le sujet commun Panique sur le chemin de Traverse!

Pour ramener Shawn Evans sur le forum
Tapez #1
(Si tu pouvais ramener tes fesses maintenant qu'on a tous tapé 1!)

Miss Shepherd,
ce n'est pas beau d'espionner les gens...
Le festival de Greenock
n'attend plus que vous! Il est temps de poster!

Campagne de dons entamée:
#BuyEzioShepherdaMac

Il semblerait que ce soit plus urgent que jamais...

WAKE UP TOUT LE MONDE!

On s'endort! Tous à vos claviers pour éviter le naufrage!

Monsieur Menroth ,
Nous vous avons à l'oeil...

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 Que la lumière soit [Ezio]

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MessageSujet: Que la lumière soit [Ezio]   Mar 21 Fév - 21:20

. Sérieux, Justin, on est vraiment pas obligés de rester collés toute la soirée. Ton truc me tente pas, mais vas-y, toi !. Moi, je vais zyeuter un bout de Natalia Osipov... Et on se mange une pizza à Origano après.
- Mais ...

Quand il me dégaine son « mais... », je sais d'avance que ça va dégénérer. Partir en sucette royale. C'est comme partir en sucette, mais dans la catégorie olympique. On était bien parti pour gagner une médaille. J'étais pourtant pas d'humeur. Ou justement pas d'humeur.
Ce genre de « mais... », c'est sa façon de dire qu'il est vraiment pas d'accord, mais qu'il veut pas me contrarier. Sauf que, des fois, j'en viens presque à avoir envie d'être contrariée.
Je pourrais me calmer, trouver un compromis. Ou juste le convaincre que mon plan pour la soirée est le meilleur. Comme d'hab. Je pourrais.
Mais son petit air de chien battu, au lieu de m'attendrir, m'agace. J'en suis pas fière mais il m'agace beaucoup ces temps-ci. Quand il chante sous la douche le matin, quand il laisse traîner ses rognures d'ongles sur la petite table du salon. Ces petits riens qui titillent la mauvaise humeur et tapent sur les nerfs pour peu qu'ils soient un peu aiguisés.
Ça, et quand il veut jouer au mec fusionnel, alors que je déteste ça.
Il est... différent. Je pourrais jurer sur la tête de Saucisse qu'il n'était pas comme ça, avant. Mais il devient possessif, exclusif. Et c'est comme ça depuis janvier. Ça m'épuise. Je suis sûre que plein de filles adoreraient ça, mais moi, ça me gave juste. Grave.

Alors, je m'emballe, je dis des choses que je ne savais pas que j'avais dans la tête, et que je ne pense pas. Enfin, pas forcément. Les mots fusent, droits, acérés, et touchent toujours juste. C'est le problème quand on se connaît par cœur, on sait viser où ça fait mal. Et une fois lancée, on sait pas toujours quand il faut s'arrêter.
Justin rougit, pâlit. Il semble s'hermétiser, prêt à tout supporter. Il se referme sur lui. S’enferme. Et puis, comme tous les calmes, vient le moment où ça explose. Et quand ça explose, ça fait mal. Je m'en prends plein par la face. Mes absences, ma distance, ma bizarrerie et cette drôle d'humeur mélancolique qui semble me coller à la peau. Les secrets que je cache, les maux que je tais, les efforts que je ne fais pas. Plus.
Et vient le moment charnière où le reste de contrôle sur soi qu'on avait disparaît et où la seule chose qui nous reste, c'est ce besoin presque viscéral de blesser l'autre autant qu'il nous blesse. Le ton monte, les gens se retournent sur nous.
Puis le fragile équilibre bascule. Peine et amertume viennent se rajouter à l'équation et ça donne une putain de combo désagréable. Je sais pas trop si je vais exploser ou imploser, mais y a un truc qui se prépare. Et quand je sens mes yeux qui commencent à brûler, je plante là mari et récriminations. Et je m'enfuis avant de lui en mettre une dans la figure ou d'éclater en sanglots. Parfois, fuir, ça demande aussi du courage. Et une certaine maîtrise de soi.
Je dévale les rues d'Edimbourg où s'agglutinent les touristes par dizaine, mais je remarque pas un seul d'entre eux. C'est comme si le son et les lumières étaient coupés. Et que seules certaines images m'arrivaient avec une acuité douloureuse. J'ai l’impression de flotter dans une boule de chaleur. L'air est électrique autour de moi et j'aurais les cheveux qui se mettraient à crépiter que ça m'étonnerait pas. Je capte à peine Saucisse qui m'emboîte le pas avec un dernier « grrrrrrr » adressé à Justin (il a jamais pu le supporter, mais j'imagine que ça aussi, c'est ma faute).
Et je percute à peine plus quand il se fait engloutir par la cathédrale que j'ai réussi à atteindre je sais trop comment. J'ai l'impression d'avoir traversé la moitié de la ville. Et je suis toujours pas calmée. Et je sais toujours pas si j'ai envie de pleurer ou de crier de toutes mes forces.


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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Jeu 9 Mar - 22:38

[suite de la soirée du lancement du Philtre B612]

Quelques secondes furent nécessaires pour qu'il remette complètement l'homme qui lui faisait face. Toujours nauséeux, empreint d'un peu de culpabilité à l'égard de Saoirse, il se contentait d'attendre la fin du discours pour estimer son devoir accompli et pouvoir prendre la poudre d'escampette sans avoir à se flageller davantage.
Le jeune homme avait changé, indéniablement et cela était certainement dû à son nouvel état. Son visage s'était fait plus dur – si ce n'était que des larmes d'émotions perlaient au coin de ses yeux – et sa carrure était plus imposante désormais, hypertrophiée par la lycanthropie qui parcourait ses veines. Son « merci » manqua de faire vaciller le peu de forces qu'il restait au barde pour affronter la soirée. Un pâle sourire étira cependant ses lèvres alors qu'il abandonnait son mur pour s'avancer vers le jeune homme.  

- Bonsoir Alexander.

Comme à son habitude, il réalisa un peu tard que Saoirse l'avait informé de la visite du jeune homme quelques mois plus tôt. Il ajouta cet acte manqué à la longue liste de « il aurait dû » que les dieux tenaient pour lui, ce qui augmenta encore plus son malaise.
Prendre de ses nouvelles aurait été la moindre des choses. Au moins passer par Aidan.

- Je suis content de voir que vous allez … bien.

Les mots moururent sur ses lèvres à peine prononcés. Alexander semblait en proie à une rage intérieure qui transpirait à travers chaque pores de sa peau. La poignée de main se transforma en un semblant d'étreinte lorsqu'Alexander se jeta dans les bras du barde, décontenancé. Au contact de la Douleur folle de cet homme Ezio fut mis à mal par un trop plein d'empathie qui faisait de lui l'éponge parfaite. Alors qu'une sueur froide prenait possession de son dos, il sentit ses mains se mettre à trembler intensément et les plaqua sur les épaules d'Alexander pour abréger leur rébellion.

Ce dernier lui rendit un regard empreint d'une tristesse qui se mua en inquiétude lorsqu'il constata qu'Ezio lui-même n'était pas au mieux de sa forme.

- Ezio vous allez bien ? Vous vous sentez mal?

Le barde rendit un sourire plus amical au jeune garçon en secouant la tête lentement.

- Ce n'est rien. Un peu de fatigue. Ça passera.

Machinalement, sa main plongea dans la poche avant de son pantalon et se referma sur le petit galet trouvé quelques heures plus tôt. Ses doigts en parcoururent la surface étonnamment lisse et l'enserrèrent avec force. Le contact de la pierre le rassurait. Il avait toujours aimé ramasser des pierres en cours de route.
Non il ne voulait pas s'asseoir. S'il s'asseyait il finirait par se statufier au beau milieu de la salle, il en était presque certain. Ou sauter à la gorge de quelqu'un. Son esprit continuait à essayer de se concentrer à la fois sur ce qui se déroulait officiellement et sur le jeune Alexander qui semblait vouloir poursuivre la conversation.

- Il s'appelle Joachim. Ils sont amis depuis … toujours je crois. Marmonna-t-il en souriant au souvenir des enfants qu'ils avaient été, l'une toute en fossettes et l'autre tout en boucles rousses. Pourquoi ?

Il regretta immédiatement sa question. Question qui entraînerait des explications qu'il n'avait pas envie d'entendre ou une conversation qu'il n'était pas certain de vouloir mener. Saoirse était une grande fille qui se débrouillait très bien, seule. Probablement mieux sans lui pour tout dire.
Elle était un peu plus loin, Beltrov et Joachim toujours à ses côtés. Plus femme encore qu'à son dernier souvenir. Les fossettes et les nattes étaient définitivement enterrées ; avec l'enfance, les jeux et probablement quelques promesses faites au creux d'une cabane ou d'un lit. Elle n'appartenait plus qu'à elle-même.
Il l'avait toujours trouvé jolie. Parce que l'adjectif seyait parfaitement à une petite sœur. Ce soir il constatait à quel point elle était belle. Et il ne lui avait même pas dit. Il espéra secrètement que Joachim s'en était chargé pour lui. Quel piètre frère.

- Ça ne me regarde pas. Ajouta-t-il brusquement avant que l'autre ne réponde. Pardonnez-moi.

Baissant la tête les yeux et sa garde, il observa un instant ses chaussures. Parcourir la foule des yeux lui donnait mal au cœur, il y croisait tant de visages et de fantômes qu'il lui semblait être hors du temps et des lieux, comme à côté de son corps. Quelque part son frère, ses parents très certainement et la robe rouge qui ramenait sans cesse son regard à elle.

« Il faut que je sorte . »

Alors que sur la scène se poursuivaient historiques et explications détaillées, il sentit une nouvelle vague de nausée l'assaillir pendant que la panique s’emparait de lui. Il y avait trop de monde, l'espace était trop petit, il faisait trop chaud.
Il passait en revu toutes les excuses possibles à son mal être et refusait de s'en avouer la cause véritable.

Le col de sa chemise était trop serré – excuses toujours. S'agitant un peu, toujours collé à son mur, il prit le parti de fixer son regard sur Alexander pour essayer de se calmer et fuir la vision de tous les autres. Ce dernier l'observait d'un air inquiet qui arracha une moue timide – qui se voulait sourire- au barde. C'était le monde à l'envers. Le garçon portait les stigmates des nuits trop courtes que l'on passe à réfléchir. Ses yeux lui mangeaient le visage et paraissaient questionner le monde entier avec angoisse. La première qui vint à l'esprit d'Ezio fut « pourquoi ? ». Il était évident qu'Alexander n'aurait jamais de réponse à celle-ci. Il était jeune et semblait avoir cent ans. Tout dans son attitude laissait entrevoir une sourde colère battant le tambour comme une révolte grondante. Ezio se passa la main sur les yeux, incapable de faire ce qu'on attendait visiblement de lui : rassurer le jeune homme qui souffrait. Il expira profondément avant de prendre une nouvelle inspiration, plus calme que les précédente. Il savait exactement ce qu'il avait à faire maintenant. S'il ne pouvait apaiser les bleus à l'âme du jeune garçon, il pouvait au moins remédier à sa douleur.

Il abandonna enfin son mur et se rapprocha d'Alexander, portant une main sur l'épaule du jeune homme, l'autre allant à la rencontre de sa seconde poche dont il extirpa une petite blague à tabac en cuir bleu.

- Vous avez raison, je ne me sens pas très bien. Lança-t-il d'une voix sourde en étouffant son malaise derrière un sourire. Il y a trop de monde et j'ai besoin de prendre l'air. Je suis heureux de vous avoir revu Alexander. Je suis certain que nous aurons l'occasion de nous revoir et de parler plus longuement, du moins je le souhaite sincèrement. Mais je ne peux pas rester.

Discrètement, il lui glissa la blague à tabac au creux de la main.

- Quelques jours avant … le moment. Puis les deux jours qui suivent. En décoction. Cela devrait soulager les douleurs. Il croisa brièvement les yeux de l'homme qu'il tenait toujours par l'épaule. Je suis navré Alexander. Pour tout.

Après un dernier regard appuyé il détourna les yeux et s'en fut à travers la foule. Parcourant le fond de la salle à la recherche de la plus proche sortie il croisa le regard malicieux d'une jeune femme asiatique qui devait bien être aussi grande que lui. Quelque chose dans sa posture et son maintien retint son attention. Il lui adressa un léger signe de tête sans trop savoir pourquoi. S'il ne sortait pas dans la minute il ne répondait plus de rien. Sa raison semblait au bord du suicide social.

- Vous partez déjà ? Lança une hôtesse visiblement payée à ne rien foutre à essayer de retenir les visiteurs qui tentaient la fuite avant la fin des festivités.


Sans répondre, il défit un bouton de sa chemise pour s'octroyer un peu d'air et marquer la fin officielle des mondanités. S'il n'avait pas déjà perdu sa cravate en cours de route il l'aurait lancée en l 'air.  
Il avait emprunté la première sortie se présentant à lui et fut reconnaissant à sa chance de lui offrir en retour l'abri de fraîcheur que constituait l'aile droite de la cathédrale Saint Giles.
Le pavé résonnait des pas des derniers visiteurs venus assister à l'un des nombreux concerts donné au sein de l'édifice en ces temps de festival. Se mêlant aux spectateurs, Ezio prit place sur un banc de la cathédrale alors que les autres se pressaient vers la sortie en bavardant gaiement. Une cohorte d'hommes et de femmes, à des lieues d'imaginer ce qui se tramait sous leurs pieds, quittaient docilement l'édifice en file indienne, partageant leurs impressions à propos de ce à quoi ils venaient d'assister. Il comprit en écoutant les conversations qu'une organiste venait d'interpréter les Tocatas de Jean Sebastian Bach et se prit à regretter de ne pas être resté du côté moldu d'Edinburgh. Il avait mémorisé les grandes lignes du discours d'Adam Campbell en vu d'en discuter plus tard avec Beltrov mais repoussa à plus tard l'analyse plus fine que cela nécessitait. Sa tête douloureuse était trop pleine de bruits et d'images qui défilaient à toute allure si bien qu'il ferma les yeux un instant pour retrouver la paix.
Il s'en voulait un peu d'avoir une fois encore fui la discussion avec Saoirse. Son insistance pour qu'il soit présent n'avait pas eu raison de son refus, alors qu'un autre avait réussi à l'y entraîner. Ce qui en soit, était difficile à comprendre pour elle, il en était conscient. A présent elle devait lui en vouloir furieusement mais tout au moins espérait-il ne pas lui avoir gâché sa soirée.
La cathédrale était désormais presque vide, seuls quelques badauds admiratifs des nombreuses moulures, décorations et vitraux ornant la cathédrale erraient encore dans la nef, murmurant plus qu'ils ne parlaient, par crainte de troubler la quiétude revenue dans ces lieux.
Les yeux toujours clos, les coudes en appui sur les cuisses, il attendait la tête entre les mains que s'achève les martèlements de tambours qui avaient pris possession de ses pensées. Il en chassa la petite silhouette de Saoirse, repoussant excuses et culpabilité à plus tard. Il écarta également Beltrov, le philtre, le jeune Alexander et tenta d'éconduire prudemment l'ombre du fantôme de Shannon qui depuis le début de la soirée essayait de s'insinuer dans sa tête.

Enfin le calme revint. Ses mains moites finirent par lâcher sa tête et s'essuyèrent sans ménagement sur son pantalon sombre. Il rouvrit les yeux et constata qu'il respirait mieux. Un peu plus loin sur le mur, une plaque de bronze gravée en la mémoire de Stevenson. On pouvait y voir l'écrivain, une plume à la main, en pleine activité créatrice.

- Donnez-moi la vie que j’aime,
Le long de ma route un ruisseau,
Donnez-moi le ciel joyeux et le chemin de traverse.
Dormir sous le buisson, regarder les étoiles,
Tremper son pain dans la rivière –
Telle est la vie qui me convient
Toujours et à jamais.
Que s’abattent les coups qui me sont destinés,
Advienne ce qui devra ;
Mais donnez-moi la face de la terre
Et la route qui m’attend.


Une femme à sa droite tourna la tête à son égrainage de vers et lui offrit un sourire bienveillant. Peut-être connaissait-elle le poème. Elle resta quelques minutes encore devant la plaque, silencieuse et finit elle aussi par quitter les lieux, en murmurant un amicale « bonne soirée » lorsqu'elle passa au niveau d'Ezio. De son banc, il lui rendit un petit signe de tête assorti d'un poli « merci, à vous aussi ».

La cathédrale sombra finalement dans un silence qui fut bientôt bousculé par les jappements d'un petit chien. Le crissement des petites griffes sur le pavé précéda l'arrivée percutante d'un chien format réduit qui se précipita sur lui et se mit à lui bondir autour en glapissant comme un fou.


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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Sam 11 Mar - 23:14

. Saucisse !

Une demi-seconde - pas plus -, j'ai envie de le laisser là et de continuer mon walk of anger en envoyant valser tout et tout le monde. Je suis furax et dans ces moments-là, tout m'insupporte. Mais y a l'image de sa petite frimousse qui se fraye un passage au travers mon halo de mauvaise humeur. Alors, pestant et râlant contre la Terre entière, je me décide à lui courir après. Dans la cathédrale. Saucisse !! Avec quelques jurons bien sentis marmonnés à mi-voix. Je récolte mon quota de murmures réprobateurs – et même de quoi tenir deux ou trois ans sur des réserves -. C'est qu'on ne jure pas dans la maison du Seigneur. Mon éducation religieuse est à refaire et, à ce moment précis, c'est bien la cadet de mes soucis. J'ai pas craché sur le Christ, non plus, faut pas exagérer. Saucisse !!Quelque part, c'est comme si l'ambiance feutrée et paisible du lieu de culte déteignait un peu sur moi. Je suis toujours furieuse et blessée et vindicative, mais mon aura de colère semble se résorber pour se rétracter dans ma poitrine. J'ai le palpitant qui ne sait plus où donner de la tête et j'ai moi-même du mal à faire la part des choses, mais, en même temps, j'ai le sentiment qu'un jour, peut-être, je retrouverai une forme de calme et de sérénité intérieure. Bien que je pense pas qu'on m'ait jamais décrite comme sereine. C'est pas exactement mon objectif dans la vie.

Après un quatrième
Saucisse !!, j'ai l'idée de me taire un peu. Quand j'étais gamine (genre, vers quinze ans), je confondais léthargique et liturgique. J'étais pas loin d'avoir raison. L'ambiance qu'il y a ici noie petit à petit les excès d'émotions. Ou, du moins, les endort. Et, paradoxalement, ça me donne envie de m'y accrocher de plus belle.
Mais je me tais. Assez pour entendre. Et reconnaître les jappements extatiques de Saucisse. Apparemment touché par la grâce du Seigneur. Si mon chien s'est mis en tête de rejoindre les rangs des fidèles, l'itinéraire des promenades va se révéler périlleux.On y pensera plus tard. Pour l'instant, je veux juste récupérer Saucisse et retourner dehors exsuder ma hargne aux quatre coins d'Edimbourg.
Alors que j'aperçois l'arrière-train de Saucisse entre deux bancs, je suis prise d'un pressentiment bizarre qui me fait m'arrêter, tiraillée entre des émotions contraires. Me précipiter en avant. Ou prendre la fuite. Il me semble que j'ai épuisé mon potentiel « décampage » pour la soirée. Et puis, l'envie d'aller de l'avant est plus forte. Deux pas de plus. Et j'ai le palpitant qui s'emballe. Tout ça pour quelques mèches de cheveux. C'est normal de reconnaître quelqu'un rien qu'à ses cheveux ? C'est normal de s'enthousiasmer pour quelques uns des cheveux en question ? Je respire un grand coup. Comme si respirer pouvait calmer quoi que ce soit. J'ai juste l'impression d'être une boule de nerfs émotifs. Un de ces paquets-surprise qui explose à l'ouverture. Sans trop savoir ce qui va sortir en premier. Je respire un petit coup. Ça marche pas mieux. Mais je vais pas rester plantée là ad vitam eternam.
Je m'accorde juste un micro-délai en faisant un détour pour arriver par l'autre côté. Notez que, quand on circule entre les bancs d'une église, il vaudrait mieux ne pas avoir les yeux fixés sur une masse de cheveux, aussi fascinante soit-elle. Je vais probablement récolter quelques bleus mais c'est à peine si je remarque chacun des coups que je m'inflige. Je cogite à toute vitesse, préparant mentalement mon entrée. A chaque nouvelle idée, je m'empresse de la trouver ridicule, pathétique ou désespérément navrante. On devrait pas se prendre la tête pour un simple pote, croisé quelques fois par hasard. Bon, quand l'un de ces hasards fait que le monde explose autour de vous, forcément, ça crée des liens (c'est mon Sauveur). Ça justifie pas qu'il squatte mes pensées assez régulièrement. Ou mes rêves, encore moins occasionnellement. Mais j'imagine que ça ne regarde que moi, non ? Le but, à ce moment, c'est de ravaler tout ça à l'intérieur, tout au fond, et de n'en rien laisser paraître. Une fille normale qui rencontre un type normal, tout à fait par hasard. Et si mon hasard s'appelle Saucisse, qui le saura ? Le pire dans tout ça ? Je m'étonne même pas de trouver Ezio Shepherd, comme ça, au beau milieu du loin de chez moi, dans l'endroit le plus improbable qui soit pour une rencontre. Et j'aime bien.
Alors que la tête chevelue (un peu en vrac, je kiffe) est tournée vers le Saucisse en question, je me glisse discrètement vers son propriétaire. A la tête. Je m'accorde deux petites secondes juste pour profiter qu'il ne m'a pas encore remarquée. L'observer à la dérobée. Sniffer son odeur. Prendre un air neutre et innocent. Pas facile. Avant le léger coup de coude entre deux côtes.


. Bonsoir, Ezio Shepherd.
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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Dim 12 Mar - 11:28

Picasso, Andy Warhol, Anton Tchekov, La reine Victoria elle-même... Nombreux étaient ceux qui avaient craqué pour le teckel. Il n'avait aucune idée du pourcentage de Teckels au Royaume-Uni mais il était à peu près certain qu'ils étaient des centaines. Voire des milliers. La probabilité de croiser celui-ci précisément dans une église d'Edinburgh relevait du pied de nez du hasard. Comme si le ciel jouait avec lui, le taquinant, le piquant jusqu'à la blessure mortelle.
S'il n'avait pas reconnu directement le chien qui lui faisait la fête, il ne put masquer son trouble à la voix et la présence qui accompagnaient le coup de coude réceptionné par ses côtes.

Il ne croyait pas aux hasards. Il voyait des signes dans toutes choses, des appels dans les cailloux colorés, des indications dans les branches cassées, des avertissements dans les terres remuées et du destin, à chaque rencontre. Ce dernier venait de propulser la jeune femme aux yeux clairs sur sa route pour la cinquième fois. Se moquant très certainement de lui - d'eux - et veillant à ce que de ces cinq rencontres, elle n'en garde que trois en souvenirs  dans un plan machiavélique. Un stratagème des cieux visant à le tester, sa paranoïa n'en doutait plus.

Relégué au rang de bon pote de par la nature même du geste, il tâcha de masquer au mieux et son trouble et son malaise face à cette entière soirée. Sourire aux lèvres, regard chaleureux il se contenta  d'attraper vivement le bras d'Anastasia de sa main gauche – tout en abandonnant la droite aux cajoleries de « Saucisse » - avant de se pencher vers elle.

- Vous venez d'interrompre ma prière, Anastasia. Lui murmura-t-il sérieusement alors que ses yeux démentaient la solennité de ses propos.

Pourquoi diable insistait-il tellement sur ces quatre syllabes ?

Gardant quelques instant son poignet au creux de sa main, il relâcha bientôt son emprise non sans avoir l'impression de se brûler à sa peau. S'il s'était senti partagé entre bonheur et confusion à chacune de leurs précédentes rencontres, il lui sembla que celle-ci le mettait plus à mal que les autres fois. Jouer une comédie douloureuse les autres fois n'avait pas été chose aisé et il lui était arrivé d'écourter les échanges, écœuré par un nouveau mensonge qu'il avait à proférer et pour lequel il ne pouvait réellement rien faire. Aucune lâcheté de sa part cette fois-ci, seulement le sceau du code du secret qui l'étouffait de tout son poids. Il avait crevé d'envie de lui dire, refusé de rejouer une scène déjà vécue et avait décidé de laisser faire les choses tout en l'évitant au mieux.
Jusqu'à ce soir. Ce soir où il n'avait aucune envie de jouer, aucune envie de faire semblant et encore moins de réfléchir à ce qu'il pouvait dire ou non.
Prêt à se lever pour échanger deux mots et prétexter un empêchement quelconque, il esquissa un mouvement sur son banc et croisa ses yeux.
Dans l'étau serré de l'angoisse qui revenait au pas de course, ce fut cependant la faible lueur qu'il vit. La pâle lumière d'espoir de la voir à nouveau esquisser un délicieux sourire. Et l'envie d'entendre sa voix, malgré tout.  

« Tu es complètement fou. »

Candidat propice à l'autosabordage et roi de l'art de se fourrer dans des situations destinées à le faire souffrir. A croire que cela lui plaisait - à lui ou à son créateur. Il renonça à l'idée de se lever sur le champ et se tourna vers le petit chien, le temps de dissimuler sur son visage l'inquiétude de la croix à porter. Ce dernier semblait fou de joie et le barde ne put s'empêcher de songer que si cet animal pouvait parler, son fardeau serait allégé de bien quelques kilos. Il lui adressa un œil complice avant de poursuivre d'une voix plus assurée déjà.

- Je suppose que vous êtes là pour le festival ?

Coup de pied au destin. Aucune autre raison valable.

- Vous étiez au concert ? Lança-t-il plein d'espoir de faire dériver la conversation vers des sujets qu'il maîtrisait suffisamment pour lui permettre de donner le change sans laisser paraître son marasme du moment.


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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Mer 15 Mar - 22:54

Je peux pas m'empêcher de répondre par un sourire triomphant à son Anastasia. Je kiffe trop sa manière de dire mon prénom. Ça aussi, je devrais m'en inquiéter, je sais. Mais, en quatre syllabes, de sa voix grave, il envoie de drôles de sensations dans mon estomac. Et j'aime ça plus que je ne le devrais.
Je suis à deux doigts de lui demander ce pour quoi il prie. Y a des gens qui s'adressent au Seigneur pour lui faire part de leurs petits vœux égoïstes. Certains ont de grands projets pour le monde. D'autres encore y voient un moyen de faire la paix intérieure et de communier avec un divin qui est plus un guide qu'un type impartial qui ne fait que punir les pêcheurs à grands coups de foudres célestes.  Mais c'est vachement personnel de demander à quelqu'un pour quoi (ou qui) il prie. J'y connais pas grand chose, mais ça me semble presque...intime.

Et pendant ce temps, Saucisse bave allègrement sur la main d'Ezio Shepherd. Rien de très sacré là-dedans. C'est juste fou de voir combien mon chien adore ce type alors qu'il supporte à peine Justin.

Du coup, je sais pas trop quoi répondre à cette question de prière, qu'elle soit sérieuse ou non. De là, il embraye sur tout autre chose et je saute sur l'occasion.


. Non, je viens juste d'arriver. Enfin, ici, pas à Edimbourg. J'ai pris trois jours pour faire un bout du festival. Vous y étiez, vous ? C'était comment ? Ça vous a plu ?

En mode grand blabla. C'est jamais très bon signe quand je me mets à déblatérer à tout va. C'est pas que je suis pas bavarde. Mais là, c'est un flot ininterrompu de grand n'importe quoi. Je suis clairement pas à l'aise et je sais pas trop comment me dépêtrer de tout ça.
C'est pas comme ça qu'on a une conversation normale comme deux gens normaux. Il va finir par me prendre pour une folle et partir en courant. Et j'ai juste pas envie qu'il parte. Mais je devrais peut-être arrêter de vouloir jouer à la fille normale. Je suis pas une grande fan des mouvements de foule ou des petites banalités quotidiennes.


. Je devais aller  regarder Natalia Osipova mais... j'ai plus envie.

Rien à voir avec le fait de me retrouver en tête-à-tête avec Ezio Shepherd. Ou presque.

. Ma soirée était juste pourrie, jusqu'ici.

Est-ce que c'est vraiment une bonne idée  de raconter ça ? Au point où j'en suis. Je hausse vaillamment des épaules en essayant d'oublier les cris de tout à l'heure. J'ai pas envie d'y penser, pas maintenant. Et je me découvre assez forte dans cette forme d'auto-persuasion, surtout quand je réussis à fixer Ezio Shepherd du coin de l'œil, avec l'air de ne pas y toucher. Ce type est une distraction grandeur nature.
Je le regarde, pleine d'espoir d'effacer un peu la pourrititude de la soirée...


. Ça vous dirait pas d'aller faire un tour ? Avec moi, je veux dire ?

Dans ma tête, un bref instant, et allez savoir pourquoi, c'est juste pas possible qu'il ait un autre programme. Ou qu'il n'ait juste pas envie de le faire, ce tour, avec moi. Le cerveau est une créature bizarre.

. Enfin, si vous voulez, hein ?

J'esquisse une tentative de sourire.

. Sauf si vous préférez que je vous laisse à votre, euh... prière.

Pointe d'humour maladroit. J'imagine que je progresse.
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Scottish Muffin

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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Jeu 16 Mar - 11:13

S'il pouvait parler, nul doute que l'animal aurait déjà lâché le morceau. A croire qu'il tentait d’insuffler un peu de souvenir à sa maîtresse par tous les moyens connus. Il ne lui restait plus qu'à lui sauter sur les genoux et le tour serait joué. Pour s'éviter l'embarras de devoir justifier à Anastasia les démonstrations d'affection de plus en plus enjouées du jeune chien, Ezio se leva enfin. Après un dernier regard échangé avec l'animal en question et une petite moue à son attention...

« Oui, un signe pour le chien. Et alors ?»

… Il embrassa du regard le plafond de l'église et retint un langoureux soupir qui n'aurait probablement pas été le bienvenu.
Il caressa l'option de lui mentir à propos du concert et de justifier sa présence ici grâce à lui puis y renonça rapidement. Les mensonges n'étaient que des boulets de plus à accrocher à ses chevilles déjà bien empesées. En proie à une nouvelle anxiété qui n'avait plus rien à voir avec son début de soirée, il s’empêtrait déjà dans une réponse qui lui paraissait obscure et confuse lorsqu'elle enchaîna. Il ne put réprimer un sourire au débit qui l'animait soudain. Détournant prudemment le regard, il masqua le léger rictus qui étirait sa bouche et se délecta de sa gêne tout en profitant de la pointe naissante d'un espoir bienvenu au cours de cette soirée.

A l'entendre, elle n'avait pas passé une bonne soirée non plus et il dû se retenir à grand peine de la questionner sur le sujet. Il réalisait à chacune de leur rencontre qu'il n'était pas capable de retenir ce qu'il était censé savoir d'elle ou non. Il ne tenait pas de notes, avait vécu les événements comme on subit un vent, sans prendre garde à ce qui était debout avant et après la tempête. Lorsqu'il avait compris, il avait imaginé que tout reviendrait de toutes façons et réalisé un peu plus tard que rien ne pourrait jamais être comme avant puisque lui-même ne pouvait plus prétendre ne pas la connaître. Qu'il ne pourrait plus être aussi naturel qu'il l'avait été lors de leur première rencontre, puisque la suivante était une redite,mais pour lui seulement.

Il se contenta donc d'hocher poliment la tête, ne pouvant qu'imaginer les causes de sa soirée gâchée.  Elle paraissait troublée et cela lui allait bien. Une fois encore il était pris entre deux feux : se réjouir du dilemme de la jeune femme ou souffrir avec elle.
Le soupir suspendu à ses lèvres depuis de nombreuses minutes finit par être relâché, presque indépendamment de sa volonté. Avant qu'elle ne l'interprète mal, il se retourna vers elle et l'enveloppa d'un regard qui en disait plus qu'il n'aurait voulu et qui administrait le coup de grâce à tous les secrets qui englobaient leur relation. Il parcourut la ligne de sa blouse en coton, s’attarda sur le foulard qui lui nouait les cheveux et se dit qu'elle était encore plus belle avec ses cheveux mi-longs au ondulations bohème. Il se vit, l'espace d'un instant, franchir les deux pas qui les séparaient et glisser sa main le long de l'étoffe bleu-verte pour en dénouer le nœud et profiter une fois encore de la masse de ses cheveux se répandant autour de son visage. Conscient de l'étrangeté que pouvait avoir une telle observation, il laissa glisser ses yeux sur les vitraux autour d'eux et abandonna son sourire pour aborder un air plus sérieux. Saucisse en profita pour japper joyeusement comme s'il approuvait le déroulement de la soirée et entreprit de renifler bruyamment les chaussures du barde comme s'il retraçait le chemin de ces dernières en les examinant de plus prêt.

« Tu serais bien surpris, l'ami. »

- J'espère que vous êtes certaine de votre choix, je ne danse pas aussi bien qu'elle. Plaisanta-t-il.

Un goût d'amertume flottait autour de ces mots. C'était plus une plaisanterie à sa propre attention, une private-joke pour lui-même, légèrement cynique. Des images d'eux dansant près d'un feu lui sautèrent à la gorge, mêlant douceur du moment et nostalgie d'un instant perdu.

Puis plus sérieusement :

- Je serai ravi de faire un tour avec vous.

Deux pas de plus, le chien sur ses talons, il franchit la distance respectable et se trouva alors à quelques centimètre de son oreille lorsqu'il se pencha.

- A vrai dire, vous parlez bien trop fort pour les gens qui prient vraiment. Lui souffla-t-il les yeux rieurs. Assortissant ses propos d'un clin d'oeil amusé, il ajouta Je ne priais pas, je vous rassure.

Pas ici. Pas comme ça. Pas ces dieux.

Après un léger signe de tête en direction de la sortie, il glissa une main décidée dans son dos et appliqua une pression douce mais ferme sur le corps de la jeune femme pour l'inciter à quitter l'édifice.

A l'extérieur, le festival battait son plein. Les rires et conversations fusaient à chaque coin de rue. L'été répandait son odeur doucereuse de pied de nez aux horaires et contraintes. Les fenêtres étaient grandes ouvertes sur la fête, et les enfants toujours dehors malgré l'obscurité du ciel. Les pub et café empiétaient sur les trottoirs, réclamant leur part estivale et déversant par la même occasion un flot de gens à la recherche d'un rafraîchissement, d'une collation ou même d'un peu de compagnie.
Pour avoir survoler le programme des festivités, il savait que dans la plupart des rues de veux centres on pouvait écouter de la musique ou assister à des performances diverses et variées. Aussi se contenta-t-il d'entraîner Anastasia à travers la foule sans autre but précis que celui de croiser une troupe ou un groupe qui leur plairaient. Il avait, dès la sortie de l'église, abandonné le dos de sa compagne tant pour ne pas paraître trop directif que pour éviter à sa main la tentation de remonter le long de son cou pour aller caresser la base de sa nuque, là où de ravissants petits cheveux s'obstinaient à tenir tête aux règles élémentaires de la coiffure féminine.

Il aurait été bien plus simple de renoncer à Anastasia si cette dernière lui avait fait comprendre qu'elle souhaitait en rester là. Où si tout simplement, ils avaient poursuivi leur route chacun de leur côté. Néanmoins, la vie semblait se jouer d'eux et non contente d'avoir ôté une partie de leur histoire à la mémoire d'Anastasia, cette dernière s'amusait à les propulser sur les même lieux de mois en mois.
Il n'attendait rien d'elle mais se surprenait à frissonner à chaque regard appuyé qu'elle lui lançait, comme si elle était en quête d'un souvenir lointain. La possibilité qu'à un moment, une étincelle de souvenir brille dans ses yeux la rendait encore plus obsédante qu'elle ne l'était à la base. Il se promettait à chacune de leur rencontre de ne plus y penser. Y parvenait presque... jusqu'à la rencontre suivante où il se jurait de s’éclipser au plus vite, avant de se faire prendre au piège et d'avoir envie de la voir sourire encore une fois.

Ce soir, à l'équation de ce dilemme se superposait le visage accusateur de Shannon qu'il lui semblait croiser à chaque coin de rue, une moue désapprobatrice à l'égard d'Anastasia. A de nombreuses reprises, il se surprit à scruter le visage de cette dernière, à la recherche d'un trait commun qu'elles auraient pu partager et qui l'aurait attiré, d'une différence notoire, au contraire, qui l'aurait conforté dans son idée d'avancement. Néanmoins, rien dans le visage d'Anastasia ne ressemblait ou ne dénotait suffisamment de celui de Shannon pour qu'une quelconque comparaison puisse avoir lieu. A aucun moment avant ce soir il n'avait pensé à elles deux. Cela le troubla.

Ayant vu Anastasia pour la dernière fois dans un contexte universitaire, il orienta rapidement la conversation sur ses études, évitant les choses trop personnelles qui seraient à nouveau un casse-tête pour lui et réalisa après quelques pas que son humeur vacillait dangereusement. Oscillant entre le plaisir de sa compagnie et le mal-être de jouer celui qui ne se souvenait de rien. Il devinait sous sa blouse le pendentif qu'elle abordait, reconnaissait le parfum qu'elle portait ce soir là et se demanda si elle avait conservé la pierre. Si elle la gardait sur elle.
Il détourna rapidement les yeux d'elle et les posa un peu plus loin, sur un groupe de jeunes gens qui riaient aux éclats. Leurs glapissements communicatifs eurent raison de l'accès de morosité qui tentait de percer l'humeur du jour et il bascula vers la douceur de l'instant.

 « Pauvre girouette. »

Ils les entendit avant de les voir, reconnaissant l'air entrainant d'une Mazruka qu'il affectionnait particulièrement. Un attroupement à l'angle d'une rue, des silhouettes dansantes et quelques musiciens. Il ralentit le pas, attiré par la plainte d'un violon manié avec excellence et s'autorisa finalement à poser une main sur l'épaule de la jeune femme qui l'accompagnait.

– Venez. Lui souffla-t-il.

Se faufilant parmi les danseurs, ils se rapprochèrent des musiciens. Ils étaient cinq et leur plaisir à jouer était à la fois évident et contagieux. Les visages de leurs spectateurs étaient réjouis tandis que la musique se dispensait comme un distributeur de joie.

Elle avait toujours été le pilier de sa vie. Dans les bons comme les mauvais moments, son esprit la produisait en douce teinte quand elle ne parvenait pas directement à ses oreilles, en arrière plan des actions, lui permettant tantôt de s'échapper, tantôt accompagnant le film des actions qui avaient lieu sous ses yeux. Compagne des bons comme des jours infortunés, elle adoucissait les peines et exhaustait les joies, rendant chaque instant plus intense ou plus supportable au gré des besoins.
Elle était la seule compagnie que tolérait sa solitude profonde.

Alors que s'égrainait les notes sous les doigts des musiciens, il sentait son cœur reprendre vie et son être s'emplir de tout ce qui avait manqué au cours de cette étrange soirée.
Tout absorbé qu'il était par la musique, il mit quelques instants à réaliser que le visage de l'un des violoniste ne lui était pas inconnu. Son visage se fendit d'un immense sourire lorsqu'il le reconnu et c'est instant que choisirent les yeux de l'autre pour se poser sur lui. Ils échangèrent un signe amical de la tête, tout à l'amusement de se croiser dans de telles circonstances.
Cela faisait des mois maintenant. Depuis sa dernière visite à la capitale, où ils avaient partagé un moment musical au coin de la cheminée d'un pub, un après-midi de grisaille.
Le morceau s'acheva à peine qu'ils enchainèrent avec un second pour ne pas freiner l'ardeur des danseurs.

Ezio esquissa un sourire taquin et tendit une main à Anastasia.

– Pour que vous ne regrettiez pas trop Natalia.

Tout en faisant ce geste, il réalisa que quelques part dans la foule, un homme pouvant revendiquer le droit d'appeler Anastasia sa femme les observait peut-être.
Il haussa les épaules et interrogea Anastasia du regard.


La Mazurka:
 


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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Lun 20 Mar - 22:11


Je regarde sa main, et pendant un instant, je me sens sur le point de refuser l'invitation. Parce que j'ai trop envie de dire oui. Allez comprendre...
Mais je suis pas assez forte pour résister à la tentation. Et, dans un flash, je revois notre trajet jusqu'ici. Les mots qu'on échange, insouciants. La fierté que j'ai d'être vue à ses côtés. Cet orgueil bizarre, sorti de je ne sais où. Je suis complètement fêlée. C'est pas Ryan Gosling, non plus ! Bon, en même temps, je raffole pas tellement de Ryan Gosling. Y a un truc qui me plaît pas trop chez ce type... peut-être le fait qu'on en fasse tout un foin, alors que c'est juste, juste un type quoi. Ou son menton. J'aime pas trop son menton. L'insouciance. La fierté. La légèreté aussi. L'impression de ne pas avoir à tenir un rôle en permanence. C'est un peu compliqué à définir parce que je suis pas trop du genre à faire semblant d'être quelqu'un que je suis pas, même en société.. c'est plutôt que là, j'oublie complètement de prendre le recul, de m'observer, d'analyser ma prestation. Je suis juste. Point. Je saurais pas expliquer mieux que ça. Juste être sous un regard qui accepte sans juger. C'est assez rare pour être précieux. Être sans paraître. C'est peut-être ça, la vraie liberté. Oui, avec Ezio Shepherd, je me sens libre. Bizarre comme sensation. Agréable mais bizarre. Déroutant. Enivrant. C'est la première fois que ça me frappe avec autant de force.
Insouciance, fierté, légèreté. Liberté. Et l'oubli. Parce que je me rends compte que ma colère, ma fatigue sont retombés comme un mauvais soufflé. Pas sûre qu'ils aient disparu complètement mais ils sont suffisamment refoulés au loin pour me laisser respirer. Devant cette main tendue, j'ai un instant l'image de celui qui devrait m'inviter à danser ce soir, à faire tout pour alléger mon humeur. Et il ne décroche qu'un peu d'agacement, avant que je l'envoie faire un tour, ailleurs que dans ma tête. On devrait tous avoir le droit à un peu d'oubli.

J'ai failli dire non et, pourtant, ma main est déjà dans la sienne. Grande et chaude. Apaisante. Troublante. N'y pense pas. Je me rappelle plus depuis combien de temps j'ai pas dansé avec un autre homme que mon mari. Je me rappelle même plus la dernière fois que j'ai dansé avec Justin. Je l'éjecte une nouvelle fois de ma tête, avec le sentiment qu'il n'a rien à faire là, en ce moment. Pas envie qu'il me parasite encore plus ma soirée.


. Je ne la regrette pas.

J'aurais mieux fait de me taire. J'ai pas envie qu'il croie que je suis ce genre de fille qui saute sur le premier venu pour ce venger d'une dispute. Parce que je suis pas ce genre de fille. Comment expliquer que j'ai juste envie de profiter d'un bout l'instant qu'on m'offre ?
Sauf que... quand il pose sa main contre mon dos, rien ne va plus. C'est la Bérézina.

'  Wouf ! '
, dit Saucisse, approbateur.

Mon sang s'affole, mes veines pulsent. Il paraît que le rythme cardiaque s'ajuste à la musique qu'on entend. Mon rythme cardiaque n'a rien compris. Lui, il est plutôt batucada que mazurka. La faute à tous ces rêves, que ma mémoire réanime quand Ezio Shepherd me touche. Foutus rêves. Je rougis. Je pâlis. C'est pas possible de sentir le pouls de quelqu'un qui s'emballe, à travers une simple blouse en coton, pas vrai ? Parce que, là, ça craint un max. Comment je lui explique ça, moi ? Je rêve de vous une nuit sur trois, et, pour le coup, machin truc peut aller se rhabiller. ? Clairement pas. Compliqué d'expliquer que mon inconscient est en vrac depuis qu'il a failli se faire exploser les neurones à King's Cross...
Alors, j'ouvre la bouche pour contrebalancer la pagaille le causée par un myocarde trop sensible avec la première bêtise venue...

Mais je croise son regard à ce moment-là et je ravale toutes les bêtises que j'aurais pu déblatérer. Ses yeux sont intenses et j'ai du mal à affronter ce regard-là. Mais je me tais, ferme la bouche et esquisse à la place, un vague sourire tremblant, d'excuse, de je ne sais quoi, qui ne ressemble à rien. Je me tais. J'aurais trop eu l'impression de tout gâcher. Gâcher quoi ? J'en sais rien. Je me contente d'être maladroite et balbutiante, et de faire comme si de rien n'était. Comme si, dans ma poitrine, j'avais pas l'impression d'héberger tous les batteurs d'Écosse.
Et je finis par baisser les yeux. Et par me concentrer.


. Je sais pas trop danser ce genre de trucs.

En vrai, autant j'aime danser. Autant j'aime pas trop avoir des spectateurs. J'y perds tous mes moyens. Pas que je sois pas à l'aise dans mes baskets ou que j'ai peur du ridicule. Le ju-jistu m'a donné une certaine confiance et une bonne dose de maîtrise. Mais justement... en art martial, on maîtrise son corps, celui de l'adversaire parfois, mais toujours, toujours, je suis en train d'agir ou de réagir. Je mène le jeu. La danse... la danse, c'est autre chose. Surtout ce genre de danse. Surtout quand on est une fille. Il faut se laisser guider. Se laisser aller. Et c'est pas ma grande spécialité. Faire confiance et lâcher prise. Devant tout le monde. Je trouve ça très intime. Beaucoup ne me croiraient pas, mais je suis pas une grande exhibitionniste. J'irai même jusqu'à dire que j'ai une certaine pudeur. Émotionnelle plus que physique. Alors danser avec lui, m'abandonner avec lui... devant tous ces gens en plus, c'est un peu aller contre ma nature. Et ça aide pas mon cœur à retrouver son calme.

Avec tout ça, je m'emmêle un peu les pieds. La première fois que je m'embrouille les jambes, je suis gênée. La deuxième fois, je souris vaguement. La troisième fois, quand je me cogne contre lui, je laisse même m'échapper un petit rire joyeux. Je m'emmêle un peu les pieds, et pourtant je m'amuse. J'arrive pas à me souvenir de la dernière fois où je me suis vraiment amusée. Pas dans le sens de rire, mais de passer un bon moment. J'ai envie de rire encore. Et pourtant ma gorge se noue aussi un peu. Ça fait toujours un peu mal de se rendre compte qu'on a oublié ce que c'était que d'être heureuse. Et qu'on va replonger dans la grisaille pas longtemps après la petite parenthèse qu'on s'accorde.

Ensuite... ensuite, et je ne sais vraiment pas comment la transition s'est opérée, je réalise que j'ai arrêté de réfléchir, que je me laisse entraîner par Ezio Shepherd, que mes pieds suivent les siens sans rechigner. On danse. On danse pour de vrai. Et je me dis qu'on doit être beau. Et cette pensée ne me gêne plus. Je l'accepte. Qu'ils regardent, qu'ils regardent donc.
Moi, je les oublie, eux tous, et je me perds dans le moment. Mes yeux enregistrent des détails épars. Ma main qui paraît toute petite dans la sienne. Les centimètres qui nous séparent et qui font que mon nez tombe pile dans son cou. L'odeur que j'y sens et qui me plaît bien. Dans mes rêves, il n'y a presque jamais d'odeur. Et puis, il y a ses yeux, que j'ose enfin dévisager. J'aurais pas dû parce que je m'y noie à moitié. Dans son regard, il y a... il y a...
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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Jeu 23 Mar - 22:42


… Une diable tentative de maîtrise de soi, une fois encore.

Peut-être devrait-il se faire tatouer le mot sur le front histoire d’en caresser l’idée de temps en temps ?

Il aimerait tricher. Tricher avec ses yeux. Faire passer dans un regard tous les moments oubliés. Lui rappeler la chaleur des flammes, ce soir là. Leur premier baiser au coin d’une ruelle, honteusement volé, par lui. Qu’elle se souvienne de leurs discussions, mais de leurs silences aussi. De son corps répondant au sien. De tout et pas seulement de ce qu’on aura bien voulu leur laisser.

De l’amour ? Non... Il était trop tôt. Ou trop tard. Il n’en savait rien et ne voulait pas savoir. Du désir, très certainement, égoïste qui plus est.

Quoi que ce soit, il voudrait juste qu’elle le partage avec lui et qu’il ne soit plus le seul à se remémorer de l’ardeur de leurs étreintes. Qu’elle cesse de le dévisager comme si elle cherchait toujours à le reconnaître. Qu’ils écrivent enfin ce point final qui n’a que trop duré. Parce que si elle continue à le manger des yeux avec ce mélange de confiance et d’abandon, une fois encore, il ne sera plus maître de la situation.

Déjà ses mains ont abandonné les siennes pour s’emparer de sa taille. Il l’attire à lui sans douceur. Avec la brusquerie d’un animal qu’on aurait trop taquiné.  Sa bouche, avide, cherche ses lèvres et les entrouvrent sans délicatesse, tout à l’envie de puiser réconfort dans son souffle. Alors que sa main gauche appuie fermement sur son dos pour la maintenir contre lui, la droite est partie explorer la douceur de sa chevelure brune et prolonge l’ardeur de ce baiser un peu rude. Là, face aux danseurs étonnés, il ferait passer dans cette étreinte toutes les choses qu’il n’a pas pu lui dire, avant de tout lui révéler. Tout.

Sauf qu’il est trop intègre pour tricher à ce point et que jamais sa main n’a abandonné la sienne. Que ce baiser ne vivra jamais que dans son imagination. Et que parfois, même si les coïncidences l’amusent, il souhaiterait qu’elle ne se trouve pas toujours sur son chemin. Extirpé de sa rêverie par un nouveau regard insistant de la jeune femme, il détourna rapidement le regard. Parce que dans ses yeux, il y avait tous les instants passés, le futur qui aurait pu être et surtout, cette inexplicable envie d’elle.
Fort heureusement pour lui, son corps n’avait pas toujours besoin de sa tête pour avancer. Le rythme de la musique semblait suffire à ses jambes pour entrainer Anastasia sur la piste, emprisonnée dans des bras qui, eux aussi, savaient exactement ce qu’ils avaient à faire. Maintenant qu’elle se laissait parfaitement guider, leurs pas étaient en phase, leurs corps, plus qu’un. Ils fendaient la foule des danseurs avec élégance, et pour le rassurer un peu, une évidente maîtrise. Quelques participants s’étaient même écartés pour les admirer et leur laisser l’espace nécessaire.

S’appliquant à regarder par-dessus l’épaule de la jeune femme pour ne plus croiser son regard, il essayait de masquer le nouveau trouble qui s’emparait de lui. Le malaise de la soirée cédait la place à cette furieuse envie de tricher. D’écrire les quelques heures qui manquaient à sa mémoire. Déjà sa bouche s’entrouvrait pour livrer à ses oreilles quelques indices qui lui brûlaient les lèvres. Le pendentif qu’il a gardé, entre autres. Mais bien vite, la maîtrise est là. Jamais quand on l’invite. Jamais où on l’attend.

- Vous vous en sortez très bien.

Peut-être aura-t-elle noté son souffle, plus court qu’à l’habitude. Nul doute qu’elle mettra ça sur le compte de la danse.

Scellant à nouveau ses lèvres d’un secret pesant, il abandonna sa tête à son corps, à l’égrainage des notes qui s’emballaient et s’enflammaient.  Entre ses mains, elle tournoyait, avançait, reculait, s’abandonnait. Au creux de ses doigts, le contact de la paume de sa main lui offrait la douceur de sa peau. Fraîche. Plus fraîche que la sienne, qui lui semblait fiévreuse. Leurs pieds ne s’emmêlaient plus mais se répondaient. Et il l’entraina. Loin. A la naissance des Mazurkas, dans les plaines de Mazovie, alors que le tempo se déclinait en variations de plus en plus rapides annonçant la fin de la danse.
Une fois encore, il ignorait ce qu’il voulait. Que la danse se poursuive éternellement et qu’elle ne soit à personne d’autre qu’à ses bras, pour la fin de la nuit. Ou qu’au contraire, la dernière note se pose et qu’enfin il puisse cesser de lutter et reprendre sa liberté.

Loin de lui demander son avis, de toute façon, les musiciens achevèrent leur jeu dans un tourbillon de notes entrainant rires et déséquilibres de la plupart des danseurs. Leurs deux corps s’immobilisèrent alors, et il ne peut éviter de la regarder, plus longtemps.  Mais s’il pouvait empêcher sa bouche de révéler l’existence d’eux, il ne pouvait en revanche, rien faire pour ses yeux. Tricher ou mentir. L’un comme l’autre ne le séduisait pas.

La musique repartit de plus belle, sur un autre rythme. Sans eux. Planté au milieu de la piste, il laissa glisser la petite main que retentait la sienne depuis trop longtemps. Ses yeux parcoururent l’ensemble de la silhouette qui lui faisait face pour en graver chacun des détails, une dernière fois. Elle était belle. Mais ce n’était pas seulement ça. Il y avait quelque chose dans les yeux d’Anastasia qui le mettait à nu et qu’il ne parvenait pas à pointer. Une expression qui touchait une part trop sensible de lui et qui lui faisait peur. Le choix s’imposa alors. Et finalement, si l’on mettait toutes les pièces bout à bout, il était simple et évident.  Il se surprit à vouloir une autre danse, maintenant qu’il avait pris sa décision. Une pendant laquelle il se contenterait de profiter de la légèreté de sa cavalière, du mouvement et de la beauté de l’instant. Au cours de laquelle, il saurait qu’il était désormais inutile de se tourmenter, parce qu’il ne la reverrait plus. Et que si le destin déposait encore la douce silhouette d’Anastasia Grant sur son chemin, il ne se retournerait plus pour apercevoir, une fois encore, son joli sourire.

« Vous me plaisez et vous êtes mariée. Je vais y aller maintenant. »

Deux petites phrases, sans tricherie et sans mensonges. La possibilité de redresser la situation, puisqu’il semblait devoir en être ainsi.

Son expression un peu douloureuse laissa place à un sourire chaleureux. Alors qu’il s’était légèrement écarté d’elle en la relâchant, il parcouru le chemin inverse pour reprendre sa main avec fermeté, ne lui laissant d’autre choix que de le suivre dans cette dernière danse.

Bien ancrée autour de sa taille, sa seconde main ne tremblait plus et poussait la hanche de la jeune femme pour la faire pivoter. Il lui semblait mieux respirer maintenant. Ce soir, elle retrouverait son mari et ils feraient la paix. L’amour aussi sûrement. Elle garderait en souvenir deux danses avec ce type qu’elle croisait partout. Peut-être même aurait-il été utile à faire tomber sa colère de la soirée et contribué à la réconciliation. Cette fois-ci, il n’évitait plus son regard et s’il y restait de l’intensité, elle devait venir de sa farouche obstination à se tenir à son choix, ne plus être en colère.


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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Jeu 30 Mar - 22:57

Quand il m'attire à nouveau à lui, pour une autre danse... je frémis. Encore. Sang qui pulse, souffle qui palpite.  Peut-être que je m'y habituerai jamais. Même cause, mêmes effets. Sauf que... la sensation est moins agréable. Teintée de malaise. Je me sens gênée, plus encore que troublée. Il me semble qu'en cours de route, on a perdu quelque chose. Je retrouve pas l'osmose presque parfaite que je ressentais tout à l'heure en me laissant entraîner par lui. J'arrive pas à m'abandonner de la même manière, et je comprends pas ce qui a changé.

Tout est parfait pourtant.
Les musiciens et leurs airs entraînants. Cette danse où chaque mouvement est fluide, assumé. Les regards qui se posent sur nous, envieux peut-être, admiratifs sûrement. Même le temps semble s'être arrêté pour nous regarder.
Tout est parfait. La musique. Ezio Shepherd. Sa main sur ma taille. La danse. Cette deuxième danse. Où tous les s'enchaînent sans le moindre heurt. Tout est fluide. Tout flotte. Tout coule de source. Je coule. Je me noie un peu plus.

Tout est trop parfait. Maîtrisé. Presque chorégraphié. Mais c'est trop. Ou pas assez. Il y a quelque chose de faux. Je n'ai jamais aimé la perfection. On cherche toujours à l'atteindre, mais quand on la touche du doigt, on se rend compte qu'elle est dépourvue d'humanité. Froide. Et, au plus profond de moi, je sens que quelque chose cloche. J'arrive pas à mettre le doigt dessus, mais c'est assez fort pour m'alarmer. Je suis plus dans le moment. Je me retrouve spectatrice d'un bout de ma vie qui m'échappe. J'essaie de me forcer à y revenir, mais rien n'y fait. Tout ça à cause d'un espèce de pressentiment bizarre.
Dans le petit temps entre les deux danses, ce petit temps qui a abrité son drôle de regard, il s'est passé quelque chose. Et on a laissé un petit bout de nous derrière. De la fragilité. De la fébrilité. Soudain, au milieu de deux notes, je percute. Je touche du doigt ce qui me gêne, ce qui m'oppresse presque. Et j'arrive plus à faire décramponner cette idée de ma tête, cette idée qu'il est en train de me faire ses adieux. Sa concentration, une sorte de nostalgie d'un moment pas encore vécu mais déjà perdu... C'est débile, parce qu'on peut pas mettre ce genre de message dans une danse. Mais son regard est trop attentif, trop... il y a eu comme une fêlure, à un moment. quelque chose qui aurait pu être et qui n'a pas été. J'aurais pourtant juré un instant, un  instant seulement, que son cœur avait battu aussi vite que le mien.
Je sens son regard souvent posé sur moi, mais je me résous pas à lever les yeux. Je peux pas. Je peux pas. Peut-être qu'après tout, je me plante complètement. J'ai l'imagination fertile et... et on me dit souvent que je n'ai pas beaucoup d'empathie. Alors comment j'aurais pu sentir un truc pareil ? Oui, je me plante sûrement. Parce que je doute. Parce que tout ça me fait un peu peur. Parce qu'être avec lui ressemble à une grande plongée dans l'inconnu. Et sans filet. Que je me sentais presque prête à faire, les yeux fermés. Peut-être que c'est mon stress qui remonte. Ou ma conscience qui se manifeste. Peut-être que si je me demandais, tout redeviendrait beau, et simple, et frémissant, et troublant, et génialement agréable. J'essaye. Je jure que j'essaye. Mais, malgré tout, je peux juste pas le regarder en face. Je me sens pas prête à voir mon instinct trouver confirmation.
Et puis, si je me plante, pourquoi est-ce que ma gorge se serre et que j'ai soudain l'impression que ce moment ne m'appartient plus vraiment ? Pourquoi j'ai le sentiment qu'il prend ses distances et s'éloigne, alors que je sens sa peau sous mes doigts, son souffle sur ma joue, son corps qui entraîne le mien, avec son plein consentement ?

Je déraille.

La musique s'arrête. Brusquement. J'ai été incapable de profiter du moment. Incapable de faire un geste.

Il se détache doucement de moi, me rend un peu d'espace. Je le sens qui m'échappe et je peux rien y faire. Je devine qu'il attend que je lève les yeux vers lui. Paralysée, impuissante, je me fais obéissante. Je le regarde. Avec un sourire. Comme si de rien était. Je fais vachement bien illusion. Il me dit quelques mots que je n'entends pas. Des années de civilisation propulsent des réponses hors de ma bouche. Il semble les accepter, et pourtant, au fond de ses yeux, je jurerai qu'il attend autre chose de moi. Un mot. Un encouragement. Un sourire ou un geste. Qui ne vient pas.
Et à peine plus tard, je me retrouve comme une imbécile à regarder son dos qui s'éloigne. Sans avoir fait le moindre de geste pour le retenir. De quel droit, de toute façon ?
Un homme s'approche de moi, m'embarque dans une nouvelle danse, comme si j'étais en libre-service. La moi des temps normaux l'enverrait royalement bouler. Mais je me laisse juste faire, indifférente. Hébétée. Mécanique, je suis la musique. A contre-temps. J'y arrive pas. Je bredouille. Je m'excuse. Et je le plante là, au début du morceau, au milieu d'une foule d'inconnus.

Je m'éloigne des danseurs, sans trop savoir ce que je fais. Où je vais. Je marche juste parce qu'il m'est insupportable de rester immobile. De ne rien faire. Je serais plus lucide, je me serais rendue compte tout de suite que je suivais la direction où je l'avais vu disparaître. Ezio Shepherd. Lapsus gestuel. Ou juste l'instinct qui prend le pas sur la réflexion. Qui nous guide quand on a le cerveau au point mort.
Je le devine, à quelques pas devant moi. Proche et inaccessible à la fois. Qu'est-ce que tu fais exactement, Stacy Grant? Je suis à deux doigts de faire demi-tour.  Sauf qu'il se retourne, pile à ce moment-là. Je doute qu'il me voie, au travers de la foule, festive et fiévreuse.
Et ça me submerge de je-ne-sais-où. Une seule vérité plantée dans la poitrine : je suis pas prête à laisser Ezio Shepherd sortir de ma vie. Ce serait sage. Raisonnable. Mais je peux pas. Je peux juste pas. Je serais pas foutue d'expliquer le pourquoi du comment. Je suis incapable de mettre des mots sur cette certitude. A part que de le voir s'éloigner de moi comme ça, ça m'a terrassée de l'intérieur. Je l'ai laissé m'abandonner sans même essayer de l'en empêcher. Avec ce constat, je me sens minuscule. Minuscule et vulnérable. Fragile, fébrile, dépendante. Tous ces épithètes qui me vont tellement mal. Qui me font tellement mal. Avec ce constat, il y a aussi autre chose qui monte en moi. Un curieux mélange indéfinissable de déconvenue et d'irritation. Je sais pas si je n'ai pas plus de colère contre moi que contre lui.
Je presse le pas sans m'en rendre compte. Et quand je suis à deux mètres de lui, ça sort tout seul:


. C'est tout !??

Il semble tressaillir et pendant un instant affreux, j'ai presque la certitude qu'il va juste continuer sa route comme si de rien n'était. Mais il se tourne vers moi. Et je suis juste incapable de lire l'expression de son visage. Le voir, là, comme ça, ça m'achève. Et je contrôle plus rien.

. Vous me sauvez d'un attentat. Vous m'embrassez comme un fou au beau milieu de Londres, vous me parlez de mes grains de beauté et de mes cicatrices, vous me suivez jusqu'à mon Université – c'est quoi votre délire ? Soit vous êtes un putain de stalker, soit ...-

Je sens bien que je suis injuste. Que mon raisonnement ne tient pas.
Mais j'arrive pas à arrêter les mots qui sortent de ma bouche, comme animé d'une vie propre.


. Et je... je... Vous m'invitez à danser et... Vraiment ? Vous me plantez là, comme ça, et C'EST TOUT !!???

Je suis presque sûre que je tremble.

. Mais...

Je suis presque sûre que j'ai l'air pitoyable. Pathétique. L'œil frissonnant et la voix hâchée. Qui devient un murmure.

. Mais, je, je me suis attachée à vous, moi...

Dans un flash, je comprends que peut-être, peut-être que finalement, il n'est pas juste un pote avec qui j'aime bien discuter autour d'un café. Peut-être que si je n'ai jamais vraiment pu me résoudre à parler de ma rencontre avec Ezio Shepherd à Justin, il y a une vraie raison. Et pas juste le besoin qu'on a tous d'avoir un petit bout de jardin secret rien qu'à soi.
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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Dim 9 Avr - 18:12

Les premiers pas furent les plus faciles. Tout au soulagement d’avoir pris sa décision, il fendit la foule d’une démarche assurée et presque légère. Il s’interdit néanmoins de se retourner pour essayer de voir une dernière fois son visage. Afin de ne pas y lire une quelconque expression qui, si elle ne venait pas, l’anéantirait encore plus que d’en être témoin.

Il suivit le mouvement de la foule qui s’engouffrait dans une ruelle où un groupe battait la cadence à un rythme effréné. La musique, pour la première fois de sa vie, lui parut étrangère et presque dérangeante. Il lui semblait être resté au tempo de la précédente.
Accélérant un peu le pas, il avança, à contre-courant cette fois-ci, laissant derrière lui, une partie du soulagement qu’il avait ressenti quelques minutes plus tôt en prenant sa décision.  


« Tu as fait ce que tu devais faire. »


Acquiesçant de la tête pour lui-même, il se conforta dans l’idée d’avoir pris la bonne décision et poursuivit sa route d’un pas décidé. La fête persistait de rues en places, de musiques en représentations diverses, devant lesquelles il passait sans s’arrêter, mu par un besoin impétueux d’avancer. Bientôt, le soulagement des premiers pas s’estompa, pour laisser place à une étrange sensation de vide et d’hébétude.
Alors qu’il passait la plupart de ses hivers en bras de chemise sans jamais ressentir la moindre gêne face aux températures basses, il réalisa qu’il frissonnait en plein mois d’aout, gagné peu à peu par une sorte d’atonie.
Il errait, hagard, parmi une foule étrangère, accompagné d’une musique qui ce soir, ne l’atteignait pas. Ou plus.
Il s’arrêta brusquement. Conscient du besoin qu’il avait de se répéter, à nouveau, qu’il avait fait le bon choix, en la laissant là.

« C’était la seule chose à faire. »

Nulle trace cependant, de ce putain de soulagement qui n’avait fait qu’une apparition fugace et s’échappait déjà.
Alors qu’il levait les yeux en quête d’un détail, quelqu’un ou quelque chose qui aurait pu le distraire et ramener ses pensées vers d’autres choses que des regrets éventuels, il accrocha du regard une silhouette qui se dirigeait vers lui d’un pas saccadé. Il tressaillit lorsqu’elle éleva la voix et dû se concentrer pour calmer les sourds martèlement de son cœur.  

Elle franchit l’espace qui les séparait pendant qu’il n’avait même plus à lutter pour conserver une expression hébétée. Entre anesthésie et volonté, c’était une telle anarchie qu’il était lui-même incapable de savoir à quoi s’en tenir.
Et puis sa voix trembla. Elle semblait avoir, de son côté, emmagasiné les émotions qu’il avait laissées là-bas. Elle les lui recracha au visage, non sans amertume et rancœur. Il les prit de plein fouet et tressaillit. Réveil brutal. Sa volonté se brisa sous le coup de ses émotions à elle, alors qu’elle saccageait la décision à laquelle il devait se tenir. Elle avait les yeux humides et il lui semblait ne retenir que ce détail de toute leur histoire.

- Anastasia, ne me fais pas ça… demanda-t-il dans un regard où se mêlaient des sentiments plus contradictoires les uns que les autres.

Alors qu’il s’approchait d’elle – pourquoi Diable s’approchait-il ? – elle bafouilla, ses grands yeux pleins de larmes dont l’une roula sur sa joue.

- Je … je …

Elle semblait hésiter entre s’avancer et partir en courant. Il aurait été bien plus simple qu’elle parte, finalement. Il aurait passé le reste de la soirée à se vautrer dans la culpabilité en ruminant de sombres pensées. Voilà qui aurait parachevée cette journée entière.
Elle resta cependant.

Une petite larme dévalait la peau claire de sa joue. Avant qu’elle n’atteigne la commissure de ses lèvres, il l’avait déjà séchée trois fois de ses yeux. Planté au milieu d’une petite place où le monde riait, il ne captait plus qu’un bourdonnement de fond. Des conversations sans queue ni tête, semblables à ce que l’on entend sous l’eau. Même les danseurs semblaient avoir ralenti leur course. Une fois encore à ses côtés, le temps s’arrêtait. Si bien qu’il n’aurait pas été surpris qu’elle porte un retourneur autour du cou. Debout, les bras le long du corps, il se sentait figé à la croisée de chemins. Perdu ou perdant.

Lorsque la seconde larme emprunta le chemin de la première, sa volonté fut mise à mort. Déjà ses pas le portaient vers elle, une main tendue, pour éviter la chute de cette perle de douleur. Anastasia intercepta sa main en plein vol et la serra dans la sienne. Aussi muette qu’intense. Son cœur se serra. A nouveau sa peau entra en contact avec l’anneau qu’elle portait au doigt. Il observa un instant son garde-fou. S’il voulait être honnête, il n’en avait rien à faire qu’elle soit mariée. Et s’il fuyait, ce n’était certainement pas pour protéger son honneur, à elle. S’il était vraiment franc, il verrait aussi que ce n’était pas cette histoire d’amnésie. S’il était lucide, il avouerait avoir senti le cœur de la jeune femme s’emballer dans la danse.
S’il fuyait, ce n’était pas pour elle.

- S’il vous plaît… ne pleurez pas...

Une once de courage aurait été bienvenue. Un tant soit peu de volonté. Tourner les talons une fois encore et s’y tenir. Parce qu’il savait qu’elle ne le suivrait pas une deuxième fois. S’il partait maintenant, ce serait vraiment fini.
Si l’on pouvait estimer que quelque chose avait commencé.

« Bouge. »

Sa main était toujours prisonnière de celle d’Anastasia. Son pouce en caressait les doigts – le traître – alors qu’il aurait dû s’en libérer. Alors qu’il était persuadé, les minutes d’avant, d’avoir fait le bon choix, ces larmes venaient mettre un grand coup de pied dans sa décision. Il ferma les yeux et soupira, avant de l’attirer contre lui comme on console une petite fille. Elle se laissa faire, telle une poupée de chiffon, toujours sans parler.

Et s’il avait pris le problème à l’envers ? Si le plus important dans tout ça, en dépit de son amnésie et son mariage était précisément le fait qu’ils se trouvaient toujours aux mêmes moments dans les mêmes lieux ? Et si ce qu’il voyait comme un pied de nez du destin était, finalement, les signes qu’il passait son temps à guetter ? A lui en crever les yeux.
Incapable de savoir si sa volonté s’amoindrissait tout simplement ou si son inconscient essayait de lui dire quelque chose, il s’arrêta. Parfois, il fallait juste prendre le temps d’écouter et d’attendre. Attendre que cela passe.

Et si ça ne passait pas ?

- Non ce n’est pas tout…

Le nez dans ses cheveux, il inspira son odeur et appliqua l’inspiration lente et profonde de ses poumons sur la respiration saccadée de la jeune femme, attendant de savoir quel rythme emporterait l’autre.

« … Et si je vous disais que je vous avais déjà tenue dans mes bras avant King’s Cross ? Vous me croiriez ? …
Pauvre fou… »


- Et si je vous disais que moi aussi, je tiens à vous… Mais que si je reste, je vais avoir envie de vous embrasser. De vous demander de monter, de passer la nuit avec moi…

« Et j’ai peur que vous acceptiez. »

HJ: Avec la participation d'Anastasia.


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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Ven 21 Avr - 1:45

Si la peur de le perdre m'opresse, ce que je me laisse ressentir pour lui m'étouffe.. Maintenant que j'ai accepté qu'il était plus qu'un simple pote, tout menace de me déborder. Comme un secret trop longtemps enfermé qui explose à la figure quand on le déterre. Au lieu de me calmer, son ''ce n'est pas tout'' me malmène. Quelques petits mots qui, hors de leur contexte n'ont aucun sens, mais qui me terrassent d'un coup. Le soulagement bien sûr, l'excitation de l'anticipation, sûrement mais aussi une pointe de panique parce que soudain tout me dépasse.
Il y a même pas une heure de ça, j'étais tranquillement en train de me prendre la tête avec mon mari et voilà que je me retrouve dans les bras d'un autre homme qui est à même, d'un simple regard ou de quelques mots, de me secouer de l'intérieur comme Justin n'en a jamais été capable.
Je n'arrive pas à ravaler mes larmes. Mes émotions m'étranglent. J'ai du mal à respirer. Ma gorge se noue, hésite. Retenir mon souffle. Soupirer de soulagement. Mes yeux débordent. En silence. Et sa chemise éponge mes excès lacrymaux. Des fois, c'est juste tr difficile de tout garder à l'intérieur, les peines, les rêves et les espoirs, pour ne choquer personne.
Ça ne dure pas longtemps. À peine quelques secondes. Je ne suis pas une grande démonstrative. Je n'aime pas afficher mes faiblesses au grand jour. Je suis plutôt du genre à les barricader bien serrées tout à l'intérieur. Étrangement, je n'arrive pas à redouter qu'il puisse percevoir ma détresse. Quand on cumule le tout, ça fait à peine quelques heures que je le connais et pourtant, je me sens déjà mieux 'autorisée'  à être moi-même qu'avec des gend que je côtoie depuis des années. Il va falloir que j'arrête de décompter nos paradoxes...

J'essaye de respirer plus doucement. Je retrouve la voie du calme en me fixant sur son rythle cardiaque.

La seule chose que je sais, avec certitude, c'est que je suis bien, tout contre lui. Et que ce n'est pas tout.
Que non seulement ce n'est pas tout, mais qu'il m'offre bien plus.
Est-ce que ce serait mal, de dire oui ? D'agir sur un coup de tête, sur un coup de cœur ? C'est ce que dit la loi. C'est ce que pensent les gens.  Et ce n'est ni un coup de tête, ni un simple coup de cœur. Comment peuvent-ils comprendre, eux tous, qu'en un rien de temps, il m'est devenu indispensable ? Je ne le comprends pas moi-même...
Mais au fond, qu'est-ce que j'en ai à secouer que l'univers désapprouve ? C'est pas comme si j'avais appelé à un referendum géant pour consulter leur opinion... j'ai envie que, pour une fois, ma vie m'appartienne un peu. Juste à moi.

Alors, vas-y, dis quelque chose, avant de te resigner, de trouver une excuse pour faire chemin arrière, de te désister, parce que ça va trop vite, parce que ça te dépasse, parce que tu flippes, parce que t'as tellement envie de dire oui que ça t'enivre presque littéralement. Tu as le sentiment de perdre un peu la tête, de perdre le contrôle encore plus et que ne rien contrôler t'a toujours effrayée.
Dis quelque chose avant de te convaincre que tu n'as pas le droit, que tu ne le mérites pas. Que ce pas de côté sur ton chemin tout tracé ne t'est pas autorisé. Que c'est trop dangereux ou juste pas pour toi. Avant que la pensée des yeux de chien battu, debordant d'affection, de Justin te fasse culpabiliser.

Ça n'a pris qu'un instant. La bataille dans ma tête a avorté avant même d'avoir commencé. Il y a des combats, comme ça, qui sont perdus d'avance. Tout contre.lui, j'ai un petit sourire venu de je ne sais où. Triomphant. Timide. Survolté. Tremblant. Et, oui, apparemment, c'est possible d'être tout ça en même temps.


. Alors restez.

Sauf que je suis pas foutue de me décoller de lui quand je dis ça. Pas foutue de le regarder. Pourtant, je veux voir son visage à ce moment précis. je veux qu'il voit le mien. Que je suis sincère jusqu'à mon plus petit chromosome.
Alors je me fais violence. Parce que c'est trop important. Je m'arrache à son entreinte. Juste un tout petit peu. Le geste est doux mais le sentiment est violent.


. Restez avec moi.
Ne m'abandonnez pas...
Tout ce que je voudrais pouvoir lui avouer reste coincé dans ma gorge. Alors, j'essaye de mettre dans mes yeux tout ce que je ne peux pas lui dire. Accrochée à son regard, le temps s'arrête.
Une ultime larme dégringole sur ma joue. C'est la dernière de la soirée, promis.
Finalement, je suis pas si douée que ça pour gérer mes émotions. Je suis un véritable désordre sentimental.

Sa main s'envole vers ma joue, comme tout à l'heure. Sauf que cette fois, je ne l'arrête pas. Son pouce essuie ma larme et le geste est si doux que mon cœur se serre encore un peu. Et puis, j'en ai marre de tout contrôler (comme si je contrôlais encore quoi que ce soit...) alors je laisse ma main aller s'égarer sur sa nuque à lui. Sa peau est douce, chaude et ce simple petit geste est juste super agréable. Mes doigts s'y attardent, profitent du moment. Mes yeux ne quittent pas les siens.
Là, normalement, c'est le moment où je mets sur la pointe des pieds et je l'embrasse. Parce que j'en ai envie, moi aussi. Peut-être même de la suite de son programme, même si je suis pas encore prête à l'avouer. Je fixe ses lèvres, sa paume caresse ma joue...


. Attendez...

Je nous interromps avant même de comprendre pourquoi. Et je suis la première à avoir envie de me filer des baffes.
Mais mon cerveau finit par se connecter à mes yeux et toute ma concentration se reporte sur autre chose qu'Ezio Shepherd et sa bouche fascinante.


. Attendez, je répète.

Ma main gauche quitte son cou pour rejoindre la deuxième qui a atterri d'elle-même sur son bras gauche. Ensemble, elles repoussent encore un peu plus la manche retroussée de sa chemise. Là, sur sa peau, en quelques traits, est esquissé un nœud sans fin qui ne m'est pzs.inconnu. Je secoue la tête , incrédule. Ne peux m'empêcher de partir en quête de son autre bras, fébrile. Il est là. Sur son poignet. Le même petit symbole que je...


. Comme dans mon rêve..., je murmure tout doucement, comme à moi-même.
Mon rêve. Au singulier. Il a beau squatter mes nuits plusieurs fois par semaine, il y a un rêve qui revient toujours, inlassablement. Avec des petites variantes. Tronqué parfois. Mais Ezio Shepherd y a toujours ses deux tatouages inscrits sur les bras.
Tétanisée, je suis incapable de détacher mon regard de ces trois petits traits qui ponctuent sa peau. Les redessine de l'index, comme pour m'assurer qu'ils sont bien réels.
Comment...?
Je m'arrache à ma contemplation. C'est plus fort que moi, j'ai besoin de comprendre. Je lève les yeux vers lui, troublée. Un peu perdue.


. Est-ce que... est-ce que vous en avez un autre ? De tatouage ? Dans le dos ? Un... un oiseau...
Un aigle ?

Sourcils froncés. Je me désespère moi-même.
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MessageSujet: Re: Que la lumière soit [Ezio]   Mer 26 Avr - 21:42

Semblable à ses étranges rêves qui lui offraient des réveils douloureux où il ne savait plus bien où il se trouvait, le contact des doigts d’Anastasia inonda sa tête de visions d’eux. Mais pas ici et pas maintenant.

« Elle parcourt sa peau de ses doigts, de ce même geste esquissé quelques secondes plus tôt. Seulement trois traits et un tressaillement de tout son être.  Ils sont au Lemon Tree, bien des mois plus tôt. »

La puissance de l’image lui fit fermer les yeux. Incapable de savoir s’il s’agissait d’un souvenir, s’il venait de voir à travers ses yeux, si une fois encore, ce n’était la faute qu’à une trop grande imagination, il hésita.

Lorsqu’elle leva à nouveau les yeux vers les siens, il réprima l’envie de la serrer de plus belle contre lui pour sentir la chaleur émanant de son corps et resté soudé à sa respiration. Il lut le doute dans ses yeux, vit les questions, effleura les souvenirs et laissa naître une petite flamme d’espoir au creux de sa poitrine. Avec un souffle d’envie et de démesure il était à même de la nourrir pour la voir devenir plus tempétueuse. Certaines choses semblent plus profondément inscrites dans la mémoire que si elles avaient été gravées sur la pierre.

Empli d’une émotion nouvelle frôlant l’euphorie et le triomphe, il hésita un instant sur la conduite à tenir.

« an iolair … *»


Eclairé d’un sourire qui lui paraissait émaner d’un autre âge, il lui fit face un court instant sans pouvoir répondre, de peur d’en dire trop, ou pas assez. S’il avait pu concentrer ses souvenirs dans un regard et les lui insuffler ce soir, ses yeux en seraient probablement ressortis aveugles. Les secondes s’égrainaient au rythme d’un tambour qui résonnait un peu plus loin et qui faisait pâle figure, en comparaison du martellement dans sa poitrine. Il caressa des yeux le visage de son ascenseur émotionnel en chair et en os, en embrassa chaque détail du regard, avant de céder à l’envie qui le taraudait depuis qu’elle lui avait demandé de rester.

Il dégagea brusquement ses bras de la prison formée par les doigts de la jeune femme et appliqua ses mains de chaque côté de sa tête, avant de fondre sur elle. C’était la seconde fois qu’il l’embrassait sans y être invité et, à nouveau, il réalisa qu’il était à deux doigts de perdre le contrôle. D’une intensité farouche aux accents désespérés, il força le barrage de ses lèvres pour retrouver le goût brûlant de sa langue. Il écourta sauvagement le baiser, avant que toute maîtrise ne fléchisse complètement - une fois encore - et appuya son front contre celui de la jeune femme. Sa bouche se refusant désormais à tout autre acte qu’un sourire, il laissa ce dernier filtrer à travers le flot de paroles qui traversait son esprit, désormais.

- Est-ce que j’ai vraiment besoin de vous répondre ?

Il ferma les yeux quelques seconde et se laissa emplir de l’instant présent, les mains dans les cheveux d’Anastasia, son front collé au sien.

« Elle se souvient. »


Lorsqu’il rouvrit les yeux, ils étaient aussi sombres que l’ébène, aussi ardents qu’emplis de questions. Il les retint, tout à l’hésitation de franchir un nouveau pas dans le revirement d’émotions qui semblait être la thématique de la journée.

Elle lui avait demandé de rester.

Une fois encore.

Est-ce qu’on pouvait forcer quelqu’un a emprunter une voie qui ne lui convenait pas ? Ou est-ce que les choix conduisaient invariablement les gens à prendre une route qui leur était destinée ?

- C’est bien un aigle.

A peine un souffle, mais il était conscient de la puissance des mots et de leur implication. Et cette fois-ci, pour rien au monde, il n’aurait voulu être dans l’esprit de la jeune femme.



* Un aigle


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