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Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Les absents ont toujours tort.
Méfiance, nous sommes d'humeur taquine...

Une animation d'Halloween vous attend...

Venez donc nous présenter vos plus beaux sourires.

Hé, t'as vu ton rang?

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 The Other One [Saoirse]

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MessageSujet: The Other One [Saoirse]   Mer 11 Jan - 16:26

Saoirse et Coleen
Flashback samedi 13 octobre 2012




Cette fois, c’en était trop. Il y avait d’abord eu ce long cheveu châtain coincé dans sa veste, et puis cette fragrance florale lovée au creux de sa chemise. S’étaient ensuite accumulées les impossibilités et les rendez-vous annulés ; les longues absences, les messages sans réponse et les mensonges. Le pire avait été les mensonges. Aussi naïve qu’elle puisse parfois être, Coleen n’avait jamais été dupe des tromperie éhontées, répétées, démesurées.

De prime abord, elle n’avait cru ni à son intuition ni aux divers indices, refusant de n’être qu’une pâle copie de tous ces jaloux abusifs dont le caractère excessif fait fuir leurs compagnons. Mais il avait bien fallu se rendre à l’évidence : son beau brun, avec son accent de feu, lui cachait quelque chose. Elle avait toutefois relativisé : peut-être lui préparait-il une surprise ? Deux semaines avaient suffi à faire passer cette idée. Peut-être ses parents étaient-ils gravement malades, mourants même ? Elle biffa mentalement cette option le jour où il lui annonça les rejoindre pour rien de moins qu’un match de quidditch. Mais peut-être était-il lui-même malade ? Il semblait en plutôt bonne santé et ne se plaignait que de menus maux : une coupure avec une feuille, un muscle endoloris après avoir sorti une poubelle, un orteil frustré par une chaussure pas assez souple, une peau incapable de supporter son nouveau pull en laine de mérinos. Rien qui ne vaille de se rendre à Sainte-Mangouste et de préparer son testament, en somme. Convaincue de voir inutilement le mal partout, la jeune sorcière s'était donc persuadée, envers et contre les conseils issus des meilleurs films à l’eau de rose que lui prodiguaient ses compagnes de cours, que son Adonis musclé, le bel Aonghas MacKinnon avec sa chevelure d’ébène aux reflets de feu et ses yeux de braises chaudes, étant simplement un être secret et qu’il fallait le respecter pour ce qu’il était.

Cet après-midi, pourtant, ses pas l’avaient malgré elle menée du côté moldu de Londres où elle avait fait quelques emplettes pour elle-même comme pour ses parents. Elle avait ainsi flâné le long des rues, humant les odeurs de pâtes montées qui s’échappaient ci et là d’échoppes éparses, se délectant de la douceur rougeoyante d’octobre sans autre but que celui d’apaiser son esprit déjà tourmenté par quelques parchemins qu’il lui faudrait rendre dans les jours à venir. Et voilà que, sans comprendre comment, elle se retrouvait assise derrière la vitrine d’un petit café oublié, une tasse de café refroidissant dans une main suspendue dans l’oubli, à observer deux ombres discuter dans la chaleur confortable de l’établissement opposé, riant de quelques histoires qu’eux seuls semblaient trouver amusantes. Elle n’avait pas encore pleuré, mais elle aurait juré, pourtant, les avoir déjà vus furtivement s’embrasser. Stoïque, elle attendait pourtant l’ultime preuve pour oser verser les larmes salées qui menaçaient à tout moment d’encombrer ses joues. Il ne lui fallut pas attendre longtemps, car bientôt, l’imposante silhouette de l’Écossais se pencha sur celle, minuscule, de la jeune femme qui l’accompagnait, pour épouser autrement plus goulument que précédemment ses lèvres des siennes, lui flatter le dos, la gratifier d’un sourire charmeur et s’en aller sans même remarquer qu’il était observé pour ensuite se perdre entre les corps oblongs qui foulaient les pavés scintillants de pluie de la capitale.

Ce ne fut dans un premier temps ni la consternation, ni la colère, ni la tristesse qui envahirent l’esprit de Coleen, mais l’absence. L’absence d’elle-même, de sensations, de réaction. Elle aurait voulu rattraper celui qui, le matin même, l’avait quittée dans un geste similaire pour se rendre elle ne savait où, et finalement atterrir ici. Elle songea un court instant le poursuivre à coups de baguette, l’empoisonner d’une potion de son cru, lui enfoncer une petite cuiller dans l’œil jusqu’à l’extraire de son orbite ou simplement le couvrir, dans les règles de l’art, de coups virulents et de sortilèges plus ou moins offentifs, mais elle n’en fit rien, et resta là, comme innocente, empreinte d’un sentiment nouveau de vacuité.

Et puis elle la vit, celle qui avait pris sa place, sortir du même établissement, blottie dans son écharpe rouge, les cheveux ramenés vers l’arrière et le sourire aux lèvres, les joues encore rosées par les baisers qu’elle venait de recevoir. Elle la vit, comme une petite chose minuscule ouverte au bonheur le plus simple. Saoirse. L’amie de ses dernières années de collège. Celle à laquelle elle avait tant confié alors qu’elles fréquentaient encore toutes deux l’enceinte rassurante de Poudlard la belle, et cela ajouta au sentiment de trahison qui se nicha, telle une boule compacte au fond de sa gorge pour bloquer toute initiative. Se pouvait-il que l’ancienne Gryffondor ait jamais été au courant d’être l’autre, qu’elle blesse consciemment et sciemment l’étudiante qui l’observait en silence ? Bien vite, Coleen balaya cette idée de son esprit. Saoirse était, dans ses souvenirs, une personne rayonnante d’optimisme et à la personnalité si positivement façonnée qu’elle ne pouvait l’imaginer avoir pris part à cette sombre machination. Elle n’était pas l’autre ; elles l’étaient toutes deux. C’était en tout cas là l’explication la plus plausible qui soit.

Incapable de s’accorder avec elle-même sur la conduite à tenir, elle la laissa filer et déambula longtemps encore sans bien savoir où ses pas la menaient, les poings serrés dans ses poches et la mort dans l’âme, en retenant une colère qui finit par couler de ses yeux rougis. Après avoir retourné un tas de feuilles mortes d’un coup de pied acharné, elle prit toutefois la décision qui lui semblait la plus logique : rejoindre la journaliste chez elle et lui faire part de son horrible découverte. Que dirait la belle quand elle trouverait, sur le pas de sa porte, une jeune femme aux paupières bouffies dont elle ne connaissait désormais rien d’autres que quelques souvenirs de fin d’adolescence ? Lui en voudrait-elle ? La menacerait-elle ? Ou bien peut-être la consolerait-elle comme elle l’aurait fait autrefois ?

Elle ferma les yeux et chassa ses pensées vagabondes dans l’air de la nuit désormais tombante et, après quelques achats supplémentaires sur le Chemin de Traverse, transplana jusqu’à la demeure de Saoirse, dont elle connaissait l’adresse par l’intermédiaire des bavardages de la mère de la sorcière, Gabriella, qui l’avait autrefois renseignée à ce sujet. Une fois arrivée sur Neal Street, elle pénétra dans un petit immeuble de brique. Une fois sur le palier de la journaliste, elle hésita toutefois un instant entre deux appartements et tenta finalement sa chance en frappant doucement de son poing une simple porte noire, dont elle espérait qu’elle serait la bonne. Et puis tout ne fut plus qu’attente et silence. Coleen n’était pas certaine de s’être bien souvenue de l’adresse et, si c’était le cas, de trouver Saoirse chez elle à cette heure-ci, mais elle devait au moins essayer. Frottant ses yeux pour se redonner un peu de contenance, elle secoua ses jambes nerveusement, redressa la tête et souffla longuement en espérant ne s’être point trompée et n’avoir pas tort de se présenter à elle avec une information de cet acabit.


Dernière édition par Coleen MacLeod le Mar 21 Mar - 18:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Other One [Saoirse]   Sam 14 Jan - 16:19

Assise en tailleur, les bras écartés en offrande au plafond de son appartement, paupières closes et visage levé, elle était tout à la concentration de réaliser la tâche ingrate et Ô combien difficile pour son cœur en liesse, de répondre à ce tas de lettres multicolores qui s’était accumulé dans la semaine sur son bureau, puis dans son sac et enfin, sur le parquet de son chez-elle.
Habituellement, elle s’arrangeait pour boucler son travail dans le minuscule bureau qu’on lui avait proposé à la Gazette, à savoir une table et une chaise coincées dans un minuscule couloir au milieu des plantes vertes. L’un des employés s’étaient bien risqué à un fameux « une fleur parmi les fleur » et avait écopé d’un sort discret mais efficace de furonculite aigüe qui l’avait dispensé de travailler deux jours durant.  Cette semaine cependant, elle avait pris un peu de retard dans ses diverses occupations de stagiaire et rédactrice des courriers du cœur. N’ayant trouvé personne pour la remplacer lorsqu’il l’avait prise comme stagiaire journaliste, Barnabas Cuffe avait accepté moyennant un salaire légèrement revu à la hausse de la laisser mener les deux missions de front. Accord qu’il lui devenait de plus en plus difficile à honorer alors que le journaliste qui l’avait prise sous son aile lui en demandait toujours plus. Il faut dire que l’homme avait de tels arguments, qu’on ne pouvait rien lui refuser. Lenny Starcey, une petite trentaine, la figure du jeune premier et le corps d’un Apollon. Il passait ses journées à lui faire des avances et avait la bonté de la traîner dans chacun de ses reportages avec une vigueur qui l’aurait faite céder si elle-même ne filait pas actuellement le parfait amour avec Aonghas. La vie était ainsi faite, à vous propulser dans l’espace réduit d’une petite ville deux Adonis pour le prix d’un, quand d’autre fois votre vie sentimentale ressemblait au désert de Gobi.

C’était, entre autres, les raisons pour lesquelles elle se trouvait à occuper son samedi soir à la rédaction des réponses au courriers du cœur du lendemain, sans avoir eu le temps de s’y mettre avant. Alors que tout un chacun est pleinement conscient du potentiel d’un samedi soir quand on a 21 ans. L’épreuve lui paraissait d’autant plus insurmontable que les lettres ne l’inspiraient guère. Tout n’était que souffrance, jalousie et demande de prévision digne d’une voyante qu’elle n’était pas. Entre les « quand rencontrerai-je enfin l’amour ? » Très bonne question, passe donc sur Londres , les « Je crois qu’il me trompe, que faire ? » Le tuer ? et les « Je me sens délaissé par ma femme au profit de son nouveau balai », la toute jeune stagiaire dont le cœur résonnait encore des phrases enamourées de celui qui partageait sa vie, ne trouvait pas le moindre conseil à prodiguer à ces cœurs en peine. L’amour était un don de la vie qu’elle avait envie de chanter aujourd’hui, la jalousie éprouvée pour un balai lui paraissait si étrange et démesurée qu’elle ne savait qu’en faire si ce n’était conseiller à ce pauvre homme d’enfourcher le balai en question et de conduire son épouse dans un pays chaud où ils apprendraient à nouveau à roucouler ensemble. Avec un bon Mojito.

Dans une profonde inspiration, elle appela les idées à venir à elle, et tout en évitant soigneusement d’aviser le tas épars sur les lattes de son parquet, s’empara d’une lettre au hasard d’un geste théâtral et s’engagea à ne la reposer que lorsqu’elle y aurait répondu.

« Cher courrier du cœur, je suis amoureuse en secret du professeur de potions de mon fils et je ne sais comment lui avouer mon attirance [...] H.B » Saoirse leva un sourcil interrogateur à la lecture de la requête et ne put s’empêcher de plaquer les traits de son propre professeur de l’époque sur ceux de l’inconnu. Horrifiée par la vision qui s’en dégagea, elle jeta une œillade tempétueuse à sa plume magique qui s’éleva aussitôt dans les airs et se mit à écrire sur un parchemin dédié à cet effet ce que lui dictait la jeune femme.

« Très chère H.B,
Les sabliers du temps s’égrènent entre nos doigts à la vitesse d’un hippogriffe au galop.
» Oui, la poésie, c’était de famille figurez-vous. « Si cet homme vous plaît il est plus que temps de lui avouer. Le silence dans lequel vous vous murez ne changera en aucun cas la possibilité d’un quelconque avenir entre vous. Il faut vous lancer afin de ne pas passer le reste de votre vie à mirer dans le fond vos chaudron, l’image d’une femme seule qui aurait pu avoir une autre vie. »

Et bien voilà, elle y arrivait après tout !

« Je ne saurais que vous conseiller de demander à cet homme un rendez-vous dans le but de parler de l’avenir de votre enfant et de lui proposer à cette occasion de vous voir pour d’autres raisons que sa scolarité. Il est évident que l’utilisation d’un philtre quelconque sur sa personne serait une injure à son statut de maître de potions, aussi vous recommanderai-je face à lui la plus grande honnêteté dans votre propos. Il n’est nullement honteux d’avouer ses sentiments à l’homme qu’on aime. »

Elle ne signait jamais les courriers du cœur. Depuis la fin de ses études, elle envisageait d’embrasser la carrière de journaliste et imaginait mal son nom désespérément associé à cette fonction. Non, elle rêvait d’aventures, de pays lointain, d’espionnage, de révélations au monde entier, d’explosions d’informations, de confidence et d’exclusivité. Pas de … problèmes conjugaux pour la plupart insolubles.
Jetant la petite lettre dans les airs, elle observa du coin de l’œil cette dernière voleter jusqu’à la pile « courrier traité » composé actuellement de deux lettres seulement et jeta son dévolu sur une autre, dont le papier était rouge irisé. Voilà qui était original ! Entre ses doigts fins la fine lettre ne lui parue pas plus épaisse qu’une feuille de soie. Pendant qu’elle retournait l’objet entre ses doigts, l’éclat étincelant du bracelet qu’elle portait à son fin poignet lui fit de l’œil. Ses pensées s’engagèrent alors sur les instants magiques de la journée. Aonghas, une fois encore, s’était répandu en cadeaux et déclarations. Il avait émis l’idée d’emménager ensemble, au plus grand ravissement de la petite écossaise qui s’imaginait déjà déménager dans la grande maison qu’il possédait. Elle envisageait de le présenter à sa famille, les choses devenant enfin sérieuses. Certes, c’était un homme très occupé. Représentant écossais aux relations magiques internationales du ministère était une profession vous laissant peu de temps libre. Un grand nombre de leurs soirées tombaient à l’eau alors qu’un de ces fameux dîners s’inscrivaient au dernier moment sur son agenda surchargé. Mais elle ne pouvait lui en tenir rigueur, elle-même bien prise par ses diverses occupations. Son père l’adorerait à coup sûr ! Aonghas dégageait une certaine maturité, il possédait un métier plus qu’honorable (et avait très certainement croisé le juge au ministère !) et savait se montrer charmant ! De plus, il était écossais, voilà qui achèverait de rassembler le cœur patriotique de la famille. Sa mère serait plus qu’enchantée, ne pouvant pas compter sur ses deux phénomènes d’aînés pour perpétuer la lignée.


Les yeux brillants, son papier toujours entre les mains, ce fut d’un pas bondissant qu’elle abandonna le sol de son appart pour se précipiter à la porte qu’on venait de solliciter d’une frappe hésitante. Sautillant entre les diverses lettres, elle gagna cette dernière, sa feuille toujours à la main, la portant presque en bannière, souriante comme une jeune Busée. Elle l’entrebâilla d’un geste souple pour apercevoir le visiteur. S’attendant à trouver Aonghas qui lui aurait fait la surprise de se libérer ce soir (espoir !) ou encore Lenny Starcey et une pile de dossiers pour la soirée, elle esquissa un haussement de sourcil à la vue du visage de Coleen Mac Leod, les yeux rougis et l’air franchement ennuyé de quelqu’un qui porte une mauvaise nouvelle.

Elles se fréquentaient beaucoup à l’époque du collège et s’étaient depuis, perdues de vue. Les yeux comme des huitres et les jambes agitées de tremblements de Coleen suffirent rapidement à enclencher le plan « Saint-SaoirseBernard » de la petite écossaise, qui stipulait que toute créature en danger (qu’il soit physique ou psychologique) dans un périmètre de 2 miles autour d’elle nécessitait son intervention immédiate et salvatrice. Sans le petit tonneau ceci dit.

La porte s’ouvrit donc en grand sur la jeune Coleen et Saoirse se précipita sur le palier pour questionner du regard sa camarade de l’époque, d’un air franchement surpris.
Tous les signaux annonçaient qu’on était en présence d’une situation de crise. L’air vide de cette dernière, ses yeux, son visage pâle et ses lèvres tremblantes : tout annonçait la gravité de la situation. Quelqu’un était mort. Forcément.

– Coleen ? Tu es pâle comme un spectre !

Puis, dans un déferlement habituel d’énergie, elle empoigna sa camarade par le bras et la tira à l’intérieur. Le couloir, peuplé de moldus, n’était pas lieu propice à accueillir les confidences de deux sorcières. Surtout si la mort en question avait été violemment magique.

- Entre. Et… ne fais pas attention… à tout ça. En désignant d’un large geste le flot de papiers posé au sol. Dire qu’elle affectionnait l’ordre par-dessus-tout ! L’accumulation de lettres au sol était sommes toute assez spectaculaire. Heureusement que le reste de l’appartement était méticuleusement en ordre.
En un coup de baguette elle claqua la porte derrière Coleen et se plaça devant elle, la toisant avec sérieux.

– Tu vas bien ? … enfin, de toute évidence non mais…

Un doute affreux s’empara d’elle. Pourquoi Coleen venait-elle la voir, elle ? Il était forcément arrivé quelque chose à l’une de leur connaissance commune pour les rassembler ainsi après toute ces années. Les familles se connaissaient depuis des lustres, mais s’il était arrivé quelque chose à sa famille, on n’aurait pas envoyé Coleen pour lui annoncer. A moins que toute sa famille n’ait été décimée dans un horrible incendie, mais peu probable. Ou alors, il s’agissait de sa famille à elle. Auquel cas, la sorcière devait sûrement avoir des amis plus proches pour l’épauler, qu’une ancienne amitié de Poudlard. Un camarade de classe alors. Elle fit mentalement le tour des gens qu’elles connaissaient toutes deux. Le visage de jeunes gens qu’elles fréquentaient alors défila sous ses yeux et elle dû étouffer l’envie de balancer un fulgurant « Qui est mort ??? » défiant toutes les lois de l’hospitalité.

- Du thé ?
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MessageSujet: Re: The Other One [Saoirse]   Dim 26 Mar - 23:18


  
Il ne fallut pas longtemps pour que la porte noire ne s’ouvre sur Saoirse Shepherd et son inébranlable entrain. Fidèle à elle-même, elle était telle que Coleen l’avait aperçue quelques heures plus tôt en compagnie de l’homme qui s’ébattait gaiement, il fallait se rendre à l’évidence, dans leurs deux couches respectives : énergique et vive malgré la compréhensible surprise liée à la visite impromptue de son ancienne camarade. Les pupilles en point d’interrogation, elle rejoignit celle-ci sur le palier, n’osant visiblement pas encore l’assaillir des interrogations qui démangeaient son petit être. C’est ainsi qu’après avoir jeté un regard circulaire dans le couloir vide et après avoir délicatement souligné la teinte subtilement translucide de l’épiderme de sa visiteuse, elle l’entraîna sans plus de cérémonie à l’intérieur de l’appartement londonien dans lequel s’amoncelaient des tonnes de papiers aux teintes et veloutés variés.
 
Une respiration fastidieuse plus tard, elle lui posa enfin la question fatidique, témoin blafard d’une inquiétude palpable, et la gorge de Coleen se noua, comme incapable de produire le moindre son, luttant pour retenir un sanglot qui lui aurait donné bien piètre allure, si tant était que ce ne fut pas déjà le cas. S’improviser héraut de leurs malheurs dans son état actuel n’était manifestement pas digne figurer dans le Livre Guinness des records catégorie « initiatives du siècle », mais il était désormais trop tard pour se débiner. Inspirant profondément, elle puisa donc au fond d’elle-même un brin de courage débonnaire et consentit enfin à ouvrir la bouche : « Pardonne-moi, c’est impoli, on ne s’est pas vues depuis des lustres, j’aurais dû prévenir mais… ».
 
Mais je tente souvent de mettre mes lubies les plus stupides à l’épreuve de la réalité. Juste comme ça, pour voir….
 
Non. Elle devait se reprendre. Elle savait ce qu’elle avait à faire. Elle l’avait su au moment-même où elle avait machinalement gobé – littéralement gobé, sans mastication aucune, dans le but plausible mais inconscient de tenter de s’étouffer – un muffin chocolat-framboise, errant telle une âme en peine le long de la Tamise. Mais penser était plus aisé que dire et, a fortiori, que faire, car énoncer la situation lui donnerait une consistance et la rendrait tangible et impossible à ignorer. Tant qu’elle était tue, là, nichée entre son larynx et son estomac, elle pouvait tout aussi bien ne pas exister, ou si peu tant que la sorcière la tairait. Elle pourrait alors s’excuser auprès de celle qu’elle venait de déranger sans son accord, lui expliquer que c’était une erreur, qu’elle ne savait pas qu’elle habitait là et qu’elle était venue rendre visite au voisin – il s’appellerait Roger, pour les besoins de l’histoire – et qu’elle ne comprenait pas par quel miracle incongru c’était elle qui lui avait ouvert la porte. Elle pourrait encore affirmer, tout en sachant que cela ne serait pas crédible, n’être arrivée là que par un fabuleux hasard, s’excuser et partir ; ne pas la faire souffrir et tenter d’oublier pour ne pas souffrir elle-même. Mais ça aurait été mentir, et elle n’avait pas l’âme de vivre dans le mensonge. Elle ne le voulait pas et savait d’autant plus quelle était désormais sa mission céleste que les yeux préoccupés de la jeune femme qui la dévisageaient ne lui laissaient de réelle alternative. Elle l’avait bien connue autrefois et, pour avoir passé de nombreuses heures en sa compagnie, elle imaginait facilement les pensées qui lui traversaient présentement l’esprit, toutes peuplées de visions immanquablement dramatiques. Car quel autre type d’événement aurait pu amener chez elle une ancienne amie depuis si longtemps perdue de vue ? Saoïrse avaitl’imagination débordante, et il était du devoir de Coleen de l’apaiser – pour mieux l’abattre ensuite ne put-elle s’empêcher d’amèrement compléter mentalement.
 
« Rassure-toi. Personne n’est décédé…  »
 
L’idée lui avait forcément traversé l’esprit, comme elle aurait traversé celui de Coleen en de pareilles circonstances. Mais dès lors qu’elle était rassurée à ce sujet, il fallait l’informer de la raison de cette incursion improvisée en sa demeure : « Mais je… je ne viens pas avec de bonnes nouvelles  », continua-t-elle d’une voix ténue.
 
Non, vraiment ? Tant d’éloquence et de vivacité d’esprit de sa propre part la laissèrent pantoise et elle poussa un nouveau soupir en espérant y trouver la force d’en dire plus. En dire plus pour s’auto-incriminer, avouer être bien malgré elle coupable d’avoir partagé un homme avec une ancienne amie. Ce pensant avec écœurement, son regard accrocha une photo posée non loin d’elles. On y voyait deux personnages, l’un très roux et l’autre minuscule, s’adonner à un bonheur factice, et elle versa bien malgré elle cette larme qu’elle retenait depuis que l’ancienne Gryffondor l’avait trouvée sur le pas de sa porte, larme qu’elle essuya spontanément du revers de de sa main gauche, aggravant la rougeur de sa peau. Sans en demander l’autorisation à la propriétaire des lieux qui faisait preuve d’un self-control des plus remarquables en lui proposant alors gracieusement une tasse de thé, elle avança de quelques pas, la dépassa et s’empara tremblante de l’objet qu’elle approcha de son visage bouffi par un incontrôlable flux d’émotions contradictoires. Et tandis que cette réplique miniature de l’homme de sa vie glissait sous sa pupille pour voler un baiser à la représentation de Saoïrse, il lui sembla que le temps, cruel, s’étira à l’infini pour la perdre dans une contemplation dont elle ne voulait pas. Cette image ne pouvait être réelle, mais elle était si perceptible qu’elle lui donnait pourtant envie de rendre son muffin. Un telle attitude ne serait pourtant pas une façon courtoise de rendre visite à une ancienne amie, c’est pourquoi elle prit sur elle-même et consentit enfin à se retourner pour lui faire face en désignant le magnifique Écossais – Merlin qu’il était beau ! – d’un index accusateur : « Je suis désolée…  »
 
Inspire Coleen. Tu peux le faire. Tu en es capable. Dis-le.
 
« Mais Aonghas te… te trompe…  ».
 
Et il me trompe par la même occasion, il est fort
 
C’était abrupt et minable de lui annoncer cela de la sorte, car Coleen était intiment convaincue que Saoïrse n’était pas plus au courant de la supercherie qu’elle ne l’était elle-même la veille, et elle avait frissonné comme une gamine incapable de se contrôler en s’attelant à cette pénible tâche. Une véritable femme forte, telle qu’elle voulait se persuader qu’elle était, n’aurait éprouvé aucune difficulté à énoncer la vérité d’une seule traite, sans lamentablement en omettre la part la plus importante. Mais la seule idée d’ajouter qu’elle était celle qui partageait la vie de celui qui partageait la vie de celle qui avait partagé ses dernières années de collège – que c’était compliqué ! – lui valut une nouvelle nausée qu’elle retint dans un petit hoquet étouffé. Elle ne savait, en ce moment, ce qui, de la tristesse ou du dégoût, dominait, mais ce qui était certain, c’est que maintenant que la procédure des révélations indiscrètes avait été entamée, il était dorénavant trop tard pour faire marche arrière.
 
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