Météo du Moment

Nous sommes en mai 2017. 

L'Écosse organise la première
édition du festival de
Greenock.
De nombreux moldus ont
répondu au rendez-vous.
Ils ignorent que parmi eux,
Et sur l'impulsion d'Adam
Campbell, des sorcières et des
sorciers participent eux aussi
au festival.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Un mouvement de panique a été enregistré sur le chemin de traverse le 24 février 2017.
Venez rejoindre le sujet commun Panique sur le chemin de Traverse!

Pour ramener Shawn Evans sur le forum
Tapez #1
(Si tu pouvais ramener tes fesses maintenant qu'on a tous tapé 1!)

Miss Shepherd,
ce n'est pas beau d'espionner les gens...
Le festival de Greenock
n'attend plus que vous! Il est temps de poster!

Campagne de dons entamée:
#BuyEzioShepherdaMac

Il semblerait que ce soit plus urgent que jamais...

WAKE UP TOUT LE MONDE!

On s'endort! Tous à vos claviers pour éviter le naufrage!

Monsieur Menroth ,
Nous vous avons à l'oeil...

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 Praesĭdĭum |Kalista|

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Scottish Muffin

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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Jeu 25 Mai - 22:26

«Nous sommes de la même étoffe que les songes, et notre vie infime est cernée de sommeil.»

Le pan du manteau flottait à la surface. Dans de nombreux rêves, le corps poursuivait inlassablement sa dérive sous les glaces, lentement, avec grâce, rendant le spectacle de la mort sinon tolérable, au moins esthétique. Aucun son, pas un bruit pour venir perturber la lente progression de la petite silhouette immobile.

« Il est un silence où il n'y a jamais eu de bruit. Il est un silence où aucun bruit ne peut être. »*

Dans d’autres, c’était sur ses mains que le plan s’attardait. Elles fouillaient la glace à s’en déchirer la peau. Et sous leurs ongles, le crissement de la surface gelée était insupportable. Il ne prenait fin qu’à l’instant où passait alors le visage de Saoirse - bleui par le froid et la mort - à quelques centimètres à peine, mais sous cette surface, inatteignable. Il se réveillait alors empli d’une terreur qui tétanisait chaque partie de son corps. Le souffle court, il lui semblait avoir manqué d’air aussi longtemps qu’avait duré le rêve.

Etait-ce le bruit de l’eau ? Les grondements réguliers du tonnerre qui se répercutaient dans la caverne et mettaient au diapason les battements de son cœur ?
L’image de l’enfant sous la glace ne s’était pas invité depuis longtemps, pourquoi revenait-elle ainsi aujourd’hui?

Le tonnerre le berçait. Il aimait ça. Les yeux clos, il rassemblait la force nécessaire pour sortir ses affaires et imiter la jeune femme en se glissant dans son duvet.

« Encore un peu de temps… »

Les déchainements de la nature semblaient frapper les cieux et le sol, le bruit rebondissait sur les parois de la caverne et paraissaient se perdre dans les entrailles d’une terre qui tremblait. Le barde soupira. Les orages avaient sur lui un effet envoûtant. En particulier lorsqu’il n’était pas sous une tente. Satisfait de leur abri de pierre, il espérait néanmoins éviter à la malchance que la foudre ne tombe précisément sur leur caverne. La pierre étant conductrice, il adviendrait alors peu de chose d’eux. Mais il aurait fallu pour cela, que les statistiques défient toutes lois du hasard et il s’en remettait pleinement à lui. Mieux valait être ici que sur les flancs du mont, au sommet d’une crête, ou sous une tente.
Kalista quant à elle, ne semblait pas à son aise.

- L’habitude qu’on me prépare des sandwichs. Taquina-t-il pour la détendre un peu en attrapant celui qu’elle avait confectionné avec une expression de crainte et de suspicion théâtralisée.

Qui lui avait préparé le dernier ? Cela datait réellement et méritait qu’on se penche sur la question. Il fronça les sourcils et se perdit un instant dans des réflexions lointaines. Saoirse ? Sa mère ? Shannon ? Avait-il seulement laissé un jour à quelqu’un le soin de lui préparer un sandwich ?

- Je ne relèverai pas le côté « attachant ». Je crois que vous m’avez suffisamment infantilisé pour la journée. Je n’ai pas envie de ressembler à un animal de compagnie. Souffla le barde dans un sourire en direction des chats  

Mordant dans l’objet du délit avec une pointe d’appréhension, il en avala deux bouchées pour ne pas la vexer, mais convint que son estomac n’était toujours pas prêt à faire des concessions. Il déposa à nouveau la préparation de la jeune femme sur son sac et referma ses yeux qui le brûlaient.

- Le plan pour la suite. Voyons… pour tout vous dire, j’ai rarement des « plans ». J’aime aller où le vent me porte. Ou les orages. Convint-il en souriant dans l’obscurité. Cela fait maintenant quelques jours que je suis dans le secteur et j’envisageais jusque-là de pousser l’exploration vers le Canada. Il me semble que je vais devoir revoir mes ambitions à la baisse. Ajouta-t-il en portant une main à son épaule. Je vais essayer de regagner le refuge de Park Butte et voir ce que ça donne ensuite. De là, j’aviserai en fonction de mon état.

Voilà qui sonnait un peu dramatique. Pour prendre le contrepied de telles affirmation il s’arma d’un sourire confiant et paisible.

- Après quelques jours de repos, je pourrai peut-être reprendre mon exploration…

Intérieurement, il savait bien qu’il en serait tout autrement. Il lui faudrait trouver rapidement une solution, pour éviter de laisser le poison envahir tout son corps. Tout en faisant la conversation, son esprit s’armait de calme malgré la fatigue pour tenter d’ébaucher toute sortes d’itinéraires possibles, et mettait bout à bout les idées qui lui permettraient de survivre.

Ses yeux erraient de la jeune femme à l’extérieur, croisant parfois les chats dont les comportements face à l’orage différaient grandement. L’un des deux – Snow ? - roulé en boule sur le duvet de sa maîtresse, paraissait plongé dans un sommeil si profond que l’écroulement de la caverne ne l’en aurait pas perturbé. Le second, en revanche, s’agitait d’un bout à l’autre de la cavité, manifestant la même nervosité que sa maîtresse. Toujours assis à côté de son sac, Ezio n’avait toujours pas trouvé la force d’en extraire son sac de couchage et préféra de loin rester sagement immobile contre la pierre fraîche qui l’empêchait de sombrer dans un sommeil qu’il savait d’ores et déjà peuplé de rêves désagréables.

Dans son désir de répondre à l’attente de la jeune femme qui paraissait en quête de réconfort, il entama quelque légende sur la naissance des orages. Un récit fantasque où se mêlaient diverses créatures imaginaires que son esprit enfiévré transcenda plus que jamais. Les mots franchissaient désormais ses lèvres avec une facilité déconcertantes, si bien qu’il sentit peu à peu son esprit se détacher du fil de ses palabres. Ses pensées erraient parallèlement à ce qu’il racontait, sans que son histoire n’en soit trop troublée. Il l’attribua aux mélanges de plantes qu’il avait ingurgité combiné à la douce chaleur du feu et à sa fatigue. La sensation n’était pas désagréable, bien qu’il eût l’impression d’une perte totale de contrôle. La douleur s’estompait peu à peu, elle aussi, comme s’il avait réussi à séparer les sens de son corps.

Ce ne fut qu’après avoir achevé son récit qu’il lui sembla à nouveau réhabiter son corps. A cet instant, il prit conscience que quelque chose autour avait changé. Ses sens se tournèrent immédiatement vers l’extérieur alors qu’un éclair simultané à un grondement terrifiant lui assurait qu’au dehors, la tempête poursuivait sa rage, sans versatilité. Le temps lui avait appris à faire confiance à ses présentiments, qui s’avéraient sinon toujours, bien souvent justes. Il redressa la tête malgré la fatigue et la lassitude de la journée. Kalista était toujours là, son compagnon à poils également et … où était le second?

Un regard circulaire autour de leur abri lui révéla l’absence de Storm. Aussitôt, ses yeux sombres se posèrent sur l’entré étriquée du boyau qui serpentait au fond de la caverne et qui descendait brutalement vers les caverneuses entrailles de la montagne. Suspicieux, il observa la jeune femme à la dérobée, cette dernière ne paraissait pas avoir noté l’absence du chat, ou du moins, n’en manifestait pas une quelconque inquiétude. Tendant l’oreille pour guetter le moindre son pouvant indiquer la teneur de son présentiment, il perçut – bien évidemment- les grondements et déchirements de la foudre qui s’abattait sur les flancs de leur montagne-abri. En second plan, le roulement du cours d’eau en contrebas qui lui semblait plus intense qu’à son arrivée et pour finir, ce qu’il identifia comme la plainte lointaine d’un animal. Faisant écho à ses doutes, le second chat dressa immédiatement l’oreille et abandonna le refuge douillet de sa maîtresse, piétinant quasiment le barde dans sa précipitation pour se rendre à l’entrée du gouffre du fond de la caverne. Après un dernier soupir, Ezio se leva et lui emboîta le pas, écartant l’animal d’un geste doux mais ferme.

- Pousse-toi, tu risques de tomber aussi.

Non sans lui offrir l’œil courroucé du félin contrarié et désobligeant, ce dernier obtempéra avec empressement. Le ton péremptoire et la voix grave du barde ne laissait pas d’autre choix, pas même au plus têtu des animaux. Il en était certain désormais, le bourdonnement de l’eau était plus intense, dénotant d’un gonflement du fleuve souterrain qui serpentait très probablement sous leurs pieds. Un second miaulement plaintif se fit entendre en contre-bas, effaçant de ce fait les incertitudes restantes. Ezio se tourna alors vers la jeune femme pour lui offrir un visage contrit.

- Kalista, j’ai bien peur que votre chat ne soit coincé un peu plus bas.


*The Piano


HJ: La reprise est délicate, j'espère que ça convient néanmoins.


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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Mer 14 Juin - 19:15


    En fait, c’était moi qui ne voulait plus dormir.
    J’avais utilisé ce prétexte de l’histoire qu’il me raconterait simplement pour ne pas rester seule avec moi-même durant le déluge. J’avais toujours adoré être spectatrice de ce déchainement de la Nature, mais je n’avais auparavant jamais dû le vivre réellement. En étant en plein dedans quoi. C’était bien de la fenêtre de notre appartement à New-York ; c’était bien de la fenêtre de la maison de mes grands-parents ; ce serait probablement bien aussi de la vitre du camion.
    Mais pas comme ça, en plein en dessous, protégé par une caverne. Ou pas, d’ailleurs.
    Donc, dormir sur mes deux oreilles était de moins en moins envisageable.

    Il pensait réellement que je le prenais pour un animal de compagnie ? Déjà que je ne prenais pas mes chats pour des animaux de compagnie mais plutôt comme des amis, voire même mes enfants –surtout mes enfants- je ne m’imaginais pas infantiliser un homme, plus âgé que moi qui plus est.
    Je m’étais contenté de faire les gros yeux, comme étonnée par cette remarque, mais ne trouvai pas grand-chose à lui répondre. Car il n’avait pas tort sur le fond. Le fait qu’il soit blessé demandait que l’on s’occupe un minimum de lui et à sa place, j’aurais moi-même eu du mal à le supporter. Alors en étant un homme confronté à une gamine, je voyais parfaitement qu’il pouvait se trouver mal à l’aise et gêné par certaines situations.
    Néanmoins, ce n’était pas comme si j’allais conter toute cette histoire sur les toits. J’allais probablement l’écrire dans mon journal, dont l’idée avait d’ailleurs été trouvée grâce à cette mésaventure.
    Mais je n’avais pas pour projet de lui pincer les joues en lui hurlant qu’il est mignon.

    Je me doutais un peu qu’il n’avait pas de plan.
    Du moins, à part son plan de base qui avait probablement été de venir faire une randonnée dans le coin. Je l’imaginais avoir un semblant de chemin en tête, mais pas plus. Cette question avait été posée afin de meubler en premier lieu, mais je me la posai réellement désormais. Et moi, qu’allais-je faire après ? Genre tout de suite après, dans un futur proche ?

    - En effet, un peu tendu pour le Canada. Dès que vous serez remis, j’imagine ?

    Je n’appartenais pas du tout au genre de personnes qui abandonnent les choses qui les ont choquées, effrayées ou traumatisées. Moi quand je tombe de cheval, je remonte immédiatement. Et je ne sais pas pourquoi, j’imagine parfaitement Ezio reprendre son sac de couchage et ses chaussures de randonnée pour repartir à l’assaut de je ne sais quel massif, à peine serait-il capable de tenir debout à peine ses blessures auraient commencé à cicatriser.
    Alors, pourquoi ne pas reprendre son périple pour le Canada, comme il l’avait prévu ? Il me confirma d’ailleurs cette pensée, non sans un petit sourire en coin, car il savait pertinemment qu’il allait avoir du mal à résister et à attendre son rétablissement total.

    - Vous me raconterez, j’espère ?

    Ou comment demander les coordonnées d’un inconnu, de façon discrète et sournoise.
    Eh oui, sinon comment me transmettrait-il son histoire ?
    J’espérai qu’il ne se voyait pas patienter jusqu’à notre prochaine rencontre fortuite pour me conter ses voyages. Si nous devions attendre de se croiser au détour d’un arbre, je serais déçue. Non parce que tout même, il y a un certain nombre d’arbres sur Terre encore, malgré la maltraitance de l’Homme pour sa Mère.
    Cette dernière rappela d’ailleurs son existence en foudroyant un lieu probablement très proche. Je préférai d’ailleurs entendre le grondement du tonnerre que la foudre stridente. Les sons aigus avaient toujours eu pour effet de me briller les tympans, contrairement aux sons graves qui m’apaisaient très vite.
    J’avais toujours adoré m’endormir en écoutant le tonnerre qui s’éloignait.

    Afin de compléter parfaitement la folie de dame Nature, le Barde se lança dans ce qu’il savait faire le mieux : conter des histoires, sur la naissance des orages justement. Et moi, toute emmitouflée dans mon duvet, j’étais toute ouïe, ne laissant dépasser que mon nez et quelques reflets acier de mes prunelles.
    Parfois, je fermais même les yeux, mais les éclairs soudains avaient le don de me les faire rouvrir très vite. Comme s’ils avaient peur que je ne m’endorme alors qu’on était en train de me conter leur histoire. C’en était presque poétique et j’eu un demi sourire à cette pensée.
    Il était tout aussi incroyable de l’écouter que de le regarder. Il avait cette étrange présence alors qu’il contait quelque chose, c’était fou. Ce n’était pas forcément mon délire à la base, de lire et surtout d’écouter des histoires, mais là, j’étais aussi attentive qu’une première de classe.
    Son enseignement à l’IBAS avait dû être sacrément efficace, même si je ne doutais pas d’un talent naturel de conteur chez cet homme.

    A la fin du récit, j’étais comme calmée. Sereine presque. C’était agréable de l’écouter.
    J’étais donc sur le point de me renverser sur le côté pour laisser place à l’imagination de mes rêveries, mais il y eut comme une sorte d’agitation : Ezio qui se lève, Snow qui se précipite en sa direction. Intriguée, je m’étais redressée en position assise et tentai tant bien que mal de voir ce qu’ils voyaient tous les deux. Puis le verdict tomba : Storm s'était probablement promené en dehors des limites et s'était retrouvé coincé après être tombé en contrebas.

    Quoi ? QUOI ? Mon bébé est TOMBÉ ?

    En trois secondes, j’étais déjà sortie du duvet pour me précipiter à la rescousse de Storm, alors que je ne savais pas où il était ni les circonstances de sa chute. Etait-il blessé ? Ou simplement coincé plus bas ? Par Merlin, moi qui semblait calmée comme après avoir fumé quelque chose de suspect qui sent bon, je frôlai désormais la crise de nerfs.
    Et là, je l’entendis miauler. Telle une vieille fille avec ses chats, je m’empressai de lui répondre :

    - Oh mon bébé, tu n’es pas blessé, j’espère ? Maman va venir te chercher !

    Mon regard croisa celui d’Ezio et pendant une seconde, je ressenti une sorte de gêne après les mots qui étaient sortis de ma bouche. En général, on ne parle pas à ses animaux en présence d’autres personnes, et surtout pas en mode maman gâteau.
    Je secouai la tête :  fuck it ! Il fallait sortir mon chat de là !

    - Mais comment a-t-il fait ça ? marmonnai-je pour moi-même. Comment peut-on le sortir de là ?

    Puis, sans hésiter et consciente qu’il n’aimerait pas ça, je me saisis de ma baguette d’un jet vif et le regard illuminé, comme si je venais de trouver la solution à la faim dans le monde et à tous les malheurs possibles. Avec la magie, il était certain que nous pourrions faire quelque chose non ? Un  « accio Storm » étant probablement très déconseillé vu l’étroitesse des lieux, et le fait qu’il s’agisse d’un être vivant.

    - Une idée ? tentai-je, même si j’avais souvenir qu’il n’utilisait plus de magie depuis belle lurette.
    Malheureusement, je n’étais pas en état de réfléchir et l’orage vint manifester une fois de plus son mécontentement, accentuant mon stress et mon impossibilité à me clarifier les idées.
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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Ven 23 Juin - 20:04

Se gardant bien de préciser qu’à l’heure actuelle, la seule idée qui lui venait à l’esprit était de déclarer la bête définitivement perdue, il s’arrêta sur le visage dévoré d’angoisse de la jeune femme. Ses yeux éperdus fouillaient la galerie sinueuse et ne la quittaient du regard que pour le sonder, lui, d’un éclat clair et suppliant. Le combat étant perdu d’avance, il se sentit capituler face à la montée d’inquiétude de Kalista, qui entamait son capital empathique.

- Laissez-moi réfléchir… Murmura-t-il en posant une main sur l’épaule de la jeune femme dans le but de l’apaiser un peu.

Réfléchir lui paraissait aujourd’hui une tâche plus ardue que d’ordinaire, tant son esprit lui paraissait embrouillé. Les pensées vaquaient, diffuses et confuses à des occupations qui n’engageaient qu’elles et se détachaient entièrement du reste de son être.
Rassemblant le peu d’entre elles qui daignèrent répondre à l’appel, il fit un rapide état des lieux.
Alors que sa raison lui intimait de ne pas se mêler de cette histoire de chat – car après tout, les félins étaient dotés d’une indépendance certaine et d’un instinct de survie développé qu’il ne pouvait que saluer– il se savait vaciller à la vue des yeux emplis de larmes de la jeune femme. Jeune femme à qui il devait la vie, ce qui était, en comparaison d’un peu d’aide pour son chat, plus que valable.

- J’y vais. Soupira-t-il avec fatalité et un brin de mauvaise humeur qu’il tenta de masquer.

«  De quoi tu te plains ? Quelques heures auparavant tu voulais prouver ta résistance… Il faudrait savoir. Lève-toi et marche. »

Pestant intérieurement contre la terre entière, lui-même, sa faiblesse, les orages, les chats et l’ensemble des félins, il fouilla la poche supérieure de son sac pour en extraire sa lampe frontale qu’il alluma d’une pression du pouce. Ne pouvant dissimuler son petit sourire satisfait en constatant qu’elle était bien plus puissante que la baguette de sa compagne d’infortune, il écarta doucement Kalista du boyau de roche et s’y engouffra prudemment, l’élastique de la lampe enroulé autour du poignet.
A nouveau, il repensa à cet après-midi des années auparavant, ne pouvant passer outre quelques similitudes. Il songea à Lilith et son dragon. Aux blessures de la jeune femme et cette grotte dans laquelle ils s’étaient réfugiés tout deux.
Là aussi il avait exploré le fond d’une cavité, mais à cette époque, il n’avait pas servi d’entrée à un Pareharn et se trouvait en pleine possession de ses moyens et non à moitié estropié et confus.

En se contorsionnant pour progresser dans l’étroit passage, il heurta la paroi de son épaule convalescente.

- Taihg nam gasta ort!* Gronda-t-il, furieux contre lui-même.

Au-dessus de sa tête, la voix de Kalista lui parvint, mais le bourdonnement de douleur à ses oreilles l’empêcha de distinguer clairement les paroles prononcées. Supposant qu’elle s’enquerrait de la raison des jurons, il marmonna une réponse hâtive à une question qu’il n’avait pas même entendue.

- Tout va bien.

Si ça se trouvait, elle demandait l’heure.

Jurant et bougonnant de nouveau, il se glissa au fond du passage, les yeux piquants de larmes de douleur chaque fois qu’une partie de son corps frôlait la paroi, guetté par un rire nerveux qui témoigné de l’état actuel de ses nerfs.
Au fur et à mesure de son avancée, les appels plaintifs du chat se faisaient plus puissants et semblaient plus proches. Ils eurent pour conséquences de rassurer doublement le barde : la bête n’était plus très loin et visiblement pas agonisante.
Après avoir traversé un long et sinueux couloir qui lui demanda de prendre sur lui concernant son aversion des espaces clos, il déboucha dans une petite salle dont les parois étaient luisantes d’humidité. Des concrétions chatoyantes ornaient sol et plafond et si la situation avait été autre, Ezio aurait volontiers passé un peu de temps en son sein pour les dessiner. L’heure n’était cependant ni au fusain ni à l’émerveillement si bien que le barde poursuivit sa pénible avancée et traversa la salle en trébuchant.


- Est-ce que vous le voyez ?


Etrangement, les hurlements de la jeune femme lui parvenaient plus distinctement que lorsqu’il était dans le couloir précédent. Dans un énième soupir, il tâcha de la réconforter.

- Pas encore, mais je pense que je me rapproche… Sa propre voix lui parue atone et fatiguée.

Le sang battait à ses temps alors qu’une vague de sueur le submergeait. La combinaison de l’effort, la fatigue, la moiteur de l’atmosphère et le confinement augmentait son malaise déjà bien exacerbé par l’empoisonnement. Alors qu’il s’apprêtait à se laisser envahir une fois encore par un accès maussade et taciturne, le chat appela désespérément, comme s’il sentait la présence d’un potentiel sauveur.

« càite bheil e ? »**


Au bout de la minuscule salle, un gouffre. Pas d’autre mot pour ce trou béant et obscur qui descendait à pic dans une autre cavité dont on ne distinguait même pas le fond. Approchant la lampe du bord il constata que la crevasse avait des bords très étroits et s’enfonçait profondément sous terre, dessinant plus bas, un coude vers la gauche. Les parois étaient tout aussi luisantes que le reste de la salle, si bien que le barde supposa que le chat avait glissé et ne pouvait plus remonter. Pourquoi donc ce chat était-il allé se fourrer dans une telle situation ?

- Alors ????


La voix de kalista était anxieuse, après un long soupir entrecoupé de miaulements plus déchirants les uns que les autres, le barde s’assit au bord de l’abîme le temps de réfléchir posément. Parvenant des profondeurs, des gargarismes aqueux éclataient en remous agités tandis que redoublaient les plaintes du chat. Ce dernier devait être en mauvaise posture alors que les eaux montaient sous l’affluence de l’orage.

« Et tout ça, pour trois cailloux… vraiment, abstient toi la prochaine fois. »

Laisser là le chat et raisonner Kalista aurait été la solution la plus sage. Descendre dans le gouffre et remonter la bête en sauveur, la plus chevaleresque. Mais il n’était ni sage ni chevalier et resta un instant assis sur le sol humide à se poser des questions.

- Arrête de miauler, toi. Tu me déconcentres…

Voilà qu’il parlait au chat, lui aussi.

- Ça y est ?? Vous l’avez… ???????


Le visage dans les mains, Ezio prit une profonde inspiration et levant les yeux au ciel, essaya de faire abstraction, du chat, de sa maîtresse et de son corps tout entier qui semblait se consumer sur place.
Le chat était-il dressé ? Il tenta le tout pour le tout.

- Petit, petit… Allez, viens, grimpe…

«Là, tu touches le fond. »

Il jeta à nouveau un œil désespéré vers le trou, conscient qu’aucune autre solution ne s’offrait à lui.

- greas ort… ***


Il n’était pas certain de pouvoir passer dans ce boyau. Et quand bien même il passerait, il n’était pas certain de pouvoir remonter.

« Si tu es monté, tu peux redescendre. » Avait gravement énoncé son frère alors qu’à l’âge de 4 ans, il s’était retrouvé coincé dans un arbre qu’il avait escaladé. Déjà, à l’époque, il avait un certain don pour s’attirer des ennuis.
Le contraire fonctionnait-il ?
Pourrait-il remonter s’il s’engouffrait là-dedans ?

- Tu vas faire une connerie. Et tu le sais.

« Et ce sera la deuxième en deux jours… »

Le visage en sueur, Ezio y passa une main, puis l’autre et se pencha au-dessus de l’abîme.
Renonçant à pénétrer dans ce passage la tête la première, il prit appui sur le bord du gouffre et y passa les jambes. Glissant sur les parois humides, ses pieds ne rencontraient aucune prise qui lui permette de progresser dans le toboggan de pierres.
Incapable de prendre appui sur son bras gauche, il fut obligé de remonter pour éviter la chute. Se hissant tant bien que mal dans la petite salle, il roula à côté du gouffre et attendit qu’un nouvel étourdissement le laisse en paix. Etendu sur le dos, il s’appliqua à respirer calmement pour éviter de s’évanouir.
Il était beau le héros, vidé de toute énergie, l’esprit divagant, à donner de faux espoirs à un chat qui se déchainait en contre-bas tandis que sa maitresse appelait désespérément en haut.

Si seulement le chat avait su grimper à la corde. Il en avait une dans son sac.

Des images étranges de chat alpiniste envahirent son esprit épuisé et il se sentit glisser dans une douce torpeur sous l’effet du poison et de la fatigue.



Le mur était si haut que les sons semblaient venir de très loin. Et pourtant, on entendait les cris des enfants, les ballons qui rebondissaient, les jeux, les rires. Et la cloche. Souvent, il la guettait et se précipitait à travers les ruelles pour parvenir à temps jusqu’au pied du mur pour se délecter des sons et des voix. Il y apprenait des chansons, rêvait de participer aux jeux et s’imaginait franchir la haute grille qui marquait l’entrée de la cour. Lùan s’était bien souvent moqué de son attrait pour l’école du village, affirmant qu’il ne s’agissait que d’une prison pour enfants incapables de faire de la magie. Ezio, de son côté, voyait un monde entier derrière ses murs, monde de jeux et rires, de chansons et secrets qu’il n’avait pas le droit de connaître. Comme tous les interdits, il n’en était que plus attirant.

Habituellement, il attendait derrière le mur que sonne la cloche une nouvelle fois, puis quand la cour se vidait, il s’accrochait à la grille et essayait de deviner les jeux auxquels pouvaient bien s’adonner les enfants moldus entre eux. Au centre, un grand arbre, mais pas de cabane dans les branches. Il aurait aimé faire une cabane dans cet arbre. Au sol, des marelles, avec quelques cailloux abandonnés. S’il avait pu se glisser à travers les barreaux, il aurait aimé en ramasser un. Juste pour voir à quoi ressemblait un caillou de marelle moldue…
Ce jour-là, néanmoins, pris d’une audace particulière, il s’avança vers la grille avant que la cloche ne retentisse pour la seconde fois. Enserrant de sa main le barreau de la grille, il glissa la tête entre deux barres métalliques et observa les enfants jouer.

- Salut. Chantonna la plus douce voix du monde, juste à côté de lui.

Sursautant, Ezio se tourna vers la petite voix. Une paire de grands yeux bleus l’observait, couronnée d’une masse blonde de cheveux qu’on avait tenté de discipliner avec deux nattes. Des mèches s’en échappaient malgré tout et flottait autour d’un visage délicieux. La petite fille lui souriait avec malice et enroula sa main autour de celle qu’il avait posée sur la grille. Fasciné, Ezio regardait ces doigts posés sur les siens avec un mélange de crainte et d’émerveillement. Elle avait la peau claire et douce et possédait le plus joli sourire qu’on lui ait jamais offert. Pour être honnête, elle était aussi la plus jolie créature qu’il ait jamais croisée.



- Comment va mon bébé ?????


Le souffle court, Ezio émergea douloureusement de sa torpeur. Il aurait aimé rester encore un peu avec la petite fille. Garder sa main au creux de la sienne et rêver à un monde dans lequel elle vivait encore.

Mais le chat se manifesta derechef.

La vision fugace du visage de la petite fille blonde s’imposa à lui. Elle avait les yeux suppliants et tenait un chat dans les bras, enfouissant son visage dans les poils angoras de celui-ci.

- Ça va ! J’arrive ! Maugréa-t-il. Kalista ! Il y a une corde dans mon sac… apportez-là, je vais probablement rester coincé. Lança-t-il avec humeur et pessimisme.


Attendant la confirmation que son message avait été reçu, il adressa une prière muette à quelques dieux – peu importait lesquels - et passa ses jambes dans le trou pour la seconde fois. Sachant que le coude qu’il avait observé ralentirait sa chute, il se laissa glisser en maintenant fermement son épaule douloureuse. La paroi était étroite et serrée autour de son corps. Déjà, il se demandait ce qui le poussait à s’engouffrer toujours plus loin dans des situations perdues d’avance.

« Il n'y a si long chemin qui n'ait son terme. » Disait un proverbe écossais.


Contrairement à ce qu’il pensait, le coude marquait quasiment la fin de l’étroite galerie et une vague d’air frais parvenait d’un peu plus bas, indiquant qu’il débouchait sur quelque chose de plus vaste. Braquant sa lampe vers le bas, il vit le sol juste au-dessous de ses pieds et se laissa glisser jusqu’à lui, soulagé. Ses jambes heurtèrent le sol dans un chuintement affreux qui incombait à la pauvre bête dont il venait d’écraser la queue en tombant.

- Désolé…

Récoltant un coup de dents au mollet, Ezio constata que le chat était réfugié sur les quelques centimètres carrés du sol qui n’étaient pas inondés. Il avait le poil hérissé et les oreilles aplaties. Très mauvais signe, même pour un néophyte en matière de chats. La caverne dans laquelle ils se trouvaient tous deux étaient immense, sombre et très fraîche, ce qui redonna un peu d’énergie au barde. Le sol était envahi d’une eau qui s’écoulait avec hâte vers le fond de la salle voûtée. En orientant le faisceau lumineux dans cette direction, Ezio distingua la raison du grondement entendu plus haut. L’eau dévalait dans un autre gouffre à la surface duquel se formait un tourbillon peu rassurant. Quelque chose d’humide lui frôla le mollet. Peu désireux de rencontrer une nouvelle fois les dents du fauve, Ezio recula d’un pas et sentit son talon s’enfoncer dans l’eau, là où il n’y avait rien que la roche l’instant d’avant. Elle montait à grande vitesse.

- Kalista ? Appela-t-il non sans une pointe d’angoisse.

Avec le vacarme que faisait l’eau, il n’était pas certain qu’elle entende. A moins que sa réponse à elle, ne puisse lui parvenir à cause du tumulte ambiant.
Observant l’animal terrorisé à ses pieds, Ezio s’adressa à lui, le plus sérieusement du monde cette fois-ci.

- On sait tous les deux que si on traîne trop ça va mal finir, d’accord. Alors, sois gentil, laisse-toi faire et ne me mord plus.

Sentant qu’attendre l’approbation du chat était au-dessus de ses forces et son entendement, il s’emparra de l’animal avec maintes précautions et le glissa sous son bras droit avant de réaliser qu’il n’avait, de ce fait, plus de bras valide pour remonter. Levant les yeux au ciel pour la cinquantième fois de la journée, il glissa alors le chat sous son pull en lui intimant de ranger dents, griffes et mauvaises idées, puis se hissa péniblement dans le boyau étranglé. Ses mains tremblaient et glissaient sur la paroi, l’obligeant à forcer sur les bras pour progresser vers le haut. Au creux de son pull, le chat docile, ne bougeait pas d’un poil comme s’il avait compris la gravité de la situation. Hâté par l’éventuelle montée des eaux, Ezio mit la douleur de côté et passa la vitesse supérieure.

Après de longues minutes à peiner pour remonter, à se contorsionner en évitant d’écraser le chat ou de succomber à la tentation de se laisser mourir dans la galerie, ils parvinrent à s’en extraire. Le chat en profita pour se glisser hors du pull – sans trop de ménagement pour son hôte- et Ezio se laissa tomber sur le sol frais de la première salle, pâle et nauséeux. La joue écrasée sur la roche humide, il resta ainsi un instant, un curieux bourdonnement dans les oreilles, le corps agité de tremblements, aux prises avec une furieuse envie de fermer les yeux et de ne plus bouger.



« Sois sage, Ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que les mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci, va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;
Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul trainant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche. »****


-Je m’appelle Shannon, et toi ?

Avec accord de Kalista pour son insistance et son inquiétude.

* F*** off!
** Où es-tu, toi?
*** Bouge-toi ...
**** C. Baudelaire.


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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Lun 26 Juin - 1:53


    Vous vous imaginez si c’était vous ?
    Genre vous faites une balade avec vos gosses et l’un d’entre eux tombent dans un ravin. Vous négociez deux minutes avec votre mari et ce dernier vous répond finalement : « Nan bah tu sais quoi, on en refera un autre, ok ? » Comment ça, cela vous parait improbable ? J’avais pourtant eu l’impression de lire ces pensées dans les pupilles du barde. Bon d’accord, ce n’était ni mon mec ni le propriétaire des félins, mais tout de même !
    Il était hors de question de le laisser ainsi, mourir de faim –ou plutôt noyé vu les circonstances– et de reprendre la route comme si de rien n’était.

    Contre toute attente, il m’affirma avec une pointe de fatalisme, qu’il allait descendre chercher mon bébé.
    Sur le coup, un sourire étira mes lèvres jusqu’à mes oreilles et je me retins de me jeter à son cou après avoir demandé si c’était bien vrai. Il pensait probablement me devoir quelque chose après ce qu’il s’était passé et m’être redevable devait lui peser. Et devait surtout peser sur son ego d’homme fort et viril qui n’a pas besoin d’une demoiselle encore loin de sa majorité pour lui sauver la vie.
    Mais bon, bref. L’important était de sortir mon chat de ce pétrin dans lequel il était tombé. Littéralement.

    Alors que je l’observai se faufiler entre les étroites parois, je ne pus m’empêcher de me ronger un ongle par anxiété.
    Je l’entendis parler, ou plutôt pester mais je n’entendis pas clairement ce qu’il avait dit. Ou du moins, je ne compris pas. En revanche, cela me fit légèrement sursauter. J’étais à fleur de peau. Trop inquiète, je ne résistai pas à lui demander de répéter. Il m’affirma simplement que tout allait bien. Bien.
    Aïe ! Voilà que mon doigt se mit à saigner. Il fallait que j’arrête de me ronger les ongles avant d’attaquer directement dans la peau vu le peu qu’il n’allait pas tarder à rester de cuticule.
    Je secouai ma main dans le vide, les yeux toujours rivés au fond de la caverne alors que je ne pouvais rien y distinguer.

    Le pauvre Barde, en plus d’être blessé et de se faufiler dans des boyaux probablement toujours plus étroits –les endroits favoris de Storm- je ne cessai de lui hurler dessus pour lui demander de ses nouvelles, ou s’il voyait le félin.
    Je sentais bien que je l’embêtais mais c’était vraiment plus fort que moi ! Sa voix fatiguée, ou peut-être plutôt lasse, me parvenait de moins en moins perceptiblement, tandis que les miaulements de Storm se faisaient de plus en plus aigus. Il appelait clairement à l’aide.
    J’allais de nouveau attaquer mes ongles lorsque Snow vint se frotter contre mes jambes. Terrifiée, je la repoussai tout d’abord afin de l’éloigner du bord, avant de finalement la prendre dans mes bras, plus pour me rassurer qu’autre chose.
    Comme si elle m’avait comprise, elle se mit alors à ronronner, me berçant de ses basses fréquences réconfortantes et décontractantes.

    Ezio eut alors un instant de répit.
    De courte durée.

    De nouveau, je lui avais hurlé de me donner des nouvelles mais bien que sa voix me parvenait, je ne comprenais pas ce qu’il disait. J’étais au bord de la crise de nerfs, si bien que Snow augmenta le volume de son ronronnement.
    Malheureusement, un grondement du tonnerre me fit sursauter, ainsi que la demoiselle qui se jeta hors de mes bras pour se précipiter sur mon duvet. Je savais qu’elle n’avait pas peur de l’orage, mais mon stress devait être un peu trop pour elle, et elle avait abandonné.
    Je m’arrachai encore un ongle, puis pestai.

    Je ne tenais plus debout.
    Terrifiée car je n’avais plus de nouvelles malgré mes hurlements, je me laissai tomber contre la paroi glacée de la grotte, la tête dans les mains, le front posé sur les genoux. Après tous les efforts que j’avais fait pour sauver cet inconnu, je l’avais réellement laissé courir vers la mort ? Bon, la vie de mon chat était en jeu, certes. Mais tout de même.
    Je relevai la tête une seconde, observant la situation dans laquelle je m’étais fourrée en me mêlant d’autre chose que mes affaires. Snow m’adressa un regard en coin, avant de se mettre en boule. Eh bien comme ça, on était deux dans cette position.
    Je reposai mon front contre mes genoux et j’eus l’impression d’attendre des heures avant de tenter de nouveau à prendre des nouvelles du Barde.

    Il me répondit.
    Une corde ? Je lançai un « Ok ! » qu’il n’entendit peut-être pas tant ma voix était brisée par l’inquiétude.
    Paniquée, je me levai d’un coup, peu stable sur mes jambes et me mit à la recherche dudit sac, que je trouvais en quelques secondes. Haletante et la corde dans les mains, je me redirigeai vers l’abysse, les mains tremblantes.
    J’étais censée faire quoi au juste ? Simplement lui passer ou l’aider à remonter ? Mes pensées étaient bien trop brouillées par l’anxiété pour être claires et nettes. Il n’y avait plus que mon instinct, et ce dernier me disait de descendre, trouver un endroit où accrocher solidement cette corde et la balancer à Ezio, qui devait se trouver encore plus en contrebas, avec Storm.
    Ecoutons donc cet instinct.

    Mais avant, il fallait sécuriser cet endroit afin que Snow ne soit pas tentée de me suivre. Je me saisis de nouveau de ma baguette, que j’avais probablement rangée sans même m’en rendre compte, pour la diriger vers la minette immaculée, faisant apparaître des liens qui vinrent s’accrocher à son collier pour fixer le tout au mur le plus proche, lui laissant un bon mètre cinquante de marge. De toute façon, elle pionçait paisiblement maintenant.
    Mais cela me motivait à ne pas me laisser mourir en bas, car je devrais remonter pour la délivrer.

    Absolument pas rassurée, je descendis doucement –glissai plutôt- pour rejoindre une sorte de salle. Finalement, elle n’était pas si basse et nous pourrions aisément remonter plus tard.
    En revanche, le truc dans lequel Ezio s’était enfoncé, ce n’était plus le même délire.
    Cela faisait plutôt penser à une sorte de toboggan fermé très étroitement, dont il est évidemment très difficile de remonter comme ça, surtout avec un bras en compote de citrouille, et un chat de treize kilos dans l’autre. Sans bras quoi.

    J’accrochai fermement la corde à une sorte de pic dessiné dans la roche mais, très peu confiante, je consolidai le tout par magie : impossible que ça lâche. Je m'apprêtai ensuite à lâcher la corde sans même l’annoncer à Ezio mais avant d'avoir terminé mon geste, Strom apparut pour me sauter dessus.
    Ce fut l’instant de la libération.
    Je pensais apercevoir Ezio en premier mais ce fut le félin. Ce dernier, à peine avait-il compris qu’il pouvait de nouveau se débrouiller sans aide qu’il s’était dégagé de l’emprise du Barde. Mais il ne s’attarda pas et se faufila sur la roche pour rejoindre sa sœur.
    De rien, petit con.

    Me précipitant pour aider Ezio, je ne pus retenir son poids et me contentai de l’accompagner jusqu’au sol. Il se laissa réellement tomber, visage contre la roche.
    Un bruit d’eau me parvint. J’en conclu que le raz-de-marée était proche et qu’il fallait rejoindre la première caverne dans laquelle nous avions nos affaires et qui était quelques mètres plus en hauteur que cet endroit. Mais j’imaginais que nous allions peut-être la fuir lui aussi ?
    Paniquée, je lui tapotai sur le visage pour tenter de le faire réagir.

    - Eh oh ! Ça va aller ? Ezio ?
    Manquerait plus qu’il me claque entre les doigts après toutes ces péripéties.
    - Décidément, vous et les félins, c’est une grande histoire d’amour. soufflai-je, m’installant près de lui. Je ne sais pas si on va pouvoir tarder ici trop longtemps... D’ailleurs, quelle heure était-il au juste ? Mis à part l’heure de dormir, bien sûr…

    Mais Ezio était incapable de bouger, je le savais. Je lui en avais bien trop demandé.
    Prenant mon courage à deux mains –ma baguette quoi- j’utilisai un sortilège que je maîtrisai fort bien ces derniers jours : le sort de Protection. Si l’eau montait, serait-elle retenue comme si nous étions dans une bulle ?
    Rapidement, j'entrepris de remonter dans la première salle afin de récupérer une partie de nos affaires ainsi que de débarrasser Snow du sortilège d’entrave –qu’elle n’avait même pas notifié. Je lançai un nouveau sortilège de protection autour de la grotte tout entière.
    Après être redescendue, je déposai le duvet du Barde près de lui et installai le mien juste à ses côtés. J'étais exténuée. Désormais, notre refuge avait donc deux étages comprenant un salon, et une chambre.
    Sacrée journée.

    - Merci d’avoir sauvé mon bébé. Pour ponctuer ma phrase, je lui déposai un rapide et chaste baiser sur la joue, avant de continuer, un peu trop joviale. Pour la peine, demain j’irais vous chasser un truc à manger ! Bon en vrai, j’espérai qu’il ne prendrait pas ces termes au sérieux car je les regretterais probablement dès mon réveil.

    Reprenant déjà mon sérieux, j’observai rapidement son épaule, dont il avait passablement détérioré l’état en se frottant sans doute à la roche. Doucement, je marmonnai de nouveau mes formules magiques visant à contenir le poison du Paerhan ainsi qu’à cicatriser les plaies.
    Même avec de la magie, je pouvais le dire sans hésiter : il en garderait de sacrées traces. Il ne risquait pas d’oublier sa virée au Mont Baker et s’il risquait d’oublier mon prénom, il se souviendrait de Storm.
    Pour l’heure, j’étais désemparée devant son état, blême et absent.

    -  Vous devriez vraiment dormir. Ezio ? Vous m’entendez au moins ? Allongez vous correctement.

    Je grimaçai légèrement en tenant de l'aider à se positionner dans son duvet. Il faisait un peu peur à voir et moi, je culpabilisais totalement, tandis que Storm dormait probablement déjà sur ses deux oreilles. L’orage ne le terrifiait plus du tout après ce qu’il avait vécu en bas. Un orage qui semblait d’ailleurs s’éloigner.
    Après la pluie, le beau temps, hein ?
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