Météo du Moment

Nous sommes en juillet 2017. 

L'Écosse organise la première
édition du festival de
Greenock.
De nombreux moldus ont
répondu au rendez-vous.
Ils ignorent que parmi eux,
Et sur l'impulsion d'Adam
Campbell, des sorcières et des
sorciers participent eux aussi
au festival.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Un mouvement de panique a été enregistré sur le chemin de traverse le 24 février 2017.
Venez rejoindre le sujet commun Panique sur le chemin de Traverse!

Pour ramener Shawn Evans sur le forum
Tapez #1
(Si tu pouvais ramener tes fesses maintenant qu'on a tous tapé 1!)

Miss Shepherd,
ce n'est pas beau d'espionner les gens...
Le festival de Greenock
n'attend plus que vous! Il est temps de poster!

Campagne de dons entamée:
#BuyEzioShepherdaMac

Il semblerait que ce soit plus urgent que jamais...

WAKE UP TOUT LE MONDE!

On s'endort! Tous à vos claviers pour éviter le naufrage!

Monsieur Menroth ,
Nous vous avons à l'oeil...

Partagez | 
 

 Praesĭdĭum |Kalista|

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 374
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Mer 22 Fév - 14:49

Dès lors que sa main se referma sur la lanière de son sac, le contact familier du tissu usé lui envoya des signaux de soulagement. Il n’aurait jamais imaginé être attaché à du matériel, néanmoins, il dut avouer sur l’instant, que se trouver dépossédé du peu de choses qu’il avait, affaibli et en terrain inconnu, pouvait s’avérer anxiogène. Il remercia Kalista d’un sourire alors que ses mains ouvraient machinalement la fermeture éclair du sac de randonnée.
Non pas qu’il imagine qu’elle ait pu lui voler quoi que soit. Il n’avait rien de valeur, par ailleurs, et avait du mal à envisager sa jeune sauveuse en voleuse. Cela tenait plus du réflexe et du besoin de vérifier exactement ce qui devait être déclaré perdu ou non.

Le sac semblait avoir souffert du transport ou de la recherche de la poudre de Bézoard. Habituellement parfaitement monté de manière à optimiser et rentabiliser l’espace disponible, il était actuellement bouleversé dans ses strates organisées. Si son matériel de camping était toujours accroché dessous et que son duvet avait eu la bonté de rester tassé au fond, le reste de ses vêtements, carnets, papiers moldus et affaires personnelles avaient entamé une valse personnalisée sur le sommet du sac. Un de ses livres semblait avoir pris l’eau et deux de ses blagues à tabac contenant des herbes avaient répandu leur contenu sur le tout. Il constata qu’il manquait quelques petites choses qui avaient dû se renverser, rien de suffisamment important pour en déplorer la perte, si ce n’était l’étoile de bois qui le contrariait fortement.

Une partie de lui se força à ignorer délibérément la perte pour se libérer de l’emprise matérielle des choses. Se refusant à appartenir à ses appartenances, il relégua au second rang, le pincement au cœur provoqué par l’abandon du pendentif.
L’autre partie, avait déjà en tête de retourner la montagne entière pour remettre la main dessus.

- Merci, pour mes affaires. Murmura-t-il gravement. Effectivement, c’était bien le mien. J’imagine qu’il devait y avoir tout un choix de sacs dans le secteur, mais vous avez opté pour le bon. Se risqua-t-il à la taquiner. Bien que je ne transporte rien de précieux, il contient la plupart de mes affaires, j’aurais été bien en peine de poursuivre sans. Ajouta-t-il en souriant.

La jeune femme paraissait avoir constamment besoin de bouger. Elle s’était levée à deux reprises déjà, et se tenait toujours debout après lui avoir tendu son sac. Grande et élancée, elle se déplaçait avec une grâce bondissante et alors que le soleil jouait dans ses cheveux roux, il nimbait son visage de ce halo de feu qui lui conférait une apparence magique. Peut-être sa vue était-elle brouillée par la fièvre, néanmoins il lui semblait que Kalista était enveloppée d’une aura brillante qui dégageait de la chaleur. Il constata en l’observant qu’elle était particulièrement jolie avec sa peau claire, ses yeux en amande et le sourire amical qui étirait ses lèvres. Un peu honteux de la dévisager ainsi, il détourna le regard pudiquement et avisa à nouveau le cours d’eau un peu plus loin. Il était grand temps d’aller se débarrasser du sang séché qui ornait son visage, son corps et ses mains et de jeter un œil à ses blessures. Le choc thermique l’achèverait peut-être, mais s’il ne se mettait pas en mouvement, il avait peur de tomber dans une léthargie dont rien ni personne ne le tirerait avant des jours – et il ne pouvait pas se le permettre. Après tout, l’eau fraîche le soulagerait possiblement de son malaise.

Il replongea dans son sac, en extrayant de ce dernier une petite blague à tabac bleue qu’il tourna et retourna dans ses doigts. Elle était beaucoup moins usée que les autres, puisqu’il l’avait remplacée très récemment, ayant donnée l’ancienne à Alexander le mois précédent pour combattre les douleurs de sa lycanthropie. Celle-ci venait d’Edinburgh et avait, de ce fait, une couleur bien plus vive que les autres qui avait quelques heures de route maintenant, ce qui la rendait reconnaissable au premier coup d’œil. Il la fourra dans la poche de son pantalon qui n’avait pas été déchirée par l’animal et extirpa de son sac, des affaires de rechange.

- Vous voulez bien m’excuser une minute ? Je voudrais me laver. Confessa-t-il en désignant le cours d’eau qui passait plus loin. Et si votre offre de café tient toujours en arrivant, ce sera avec plaisir.

A peine fut-il debout qu’il regretta aussitôt de s’agiter. Sa tête tourna de plus belle et son épaule gauche protesta vivement à l’idée de se remettre en action. Serrant les dents, il se déplia néanmoins, un peu effrayé à l’idée d’être coincé ici dans l’incapacité de bouger. Une profonde inspiration plus tard et il se mettait en marche, laissant la jeune femme à ses occupations, appliqué à ne pas trébucher dans son périple jusqu’à cette rivière – probablement gelée – qui lui paraissait à des miles d’ici, finalement. Après une vingtaine de mètres cependant, il atteignit péniblement les rives de cette dernière et dans un soupir de soulagement, posa ses affaires sur un rocher qui lui servit d’appui le temps de reprendre ses esprits. Luttant contre la douleur qui l’aveuglait il fut pris d’une ultime nausée qui eut raison de l’eau qu’il venait de boire et qu’il régurgita sur les pierres grises, au comble de l’élégance.
Un peu tremblant et désorienté il s’accrocha de plus belle à son rocher et posa son front contre la pierre froide. Peu désireux de renoncer et faire demi-tour désormais, il espérait que la jeune femme n’avait pas assisté à la scène et se garderait de se précipiter à ses côtés. Afin d’éviter qu’elle ne le prenne pour une pauvre créature incapable de tenir sur ses pieds, il se fit à nouveau violence et dans une obstination frisant l’entêtement irrationnel, entama d’ôter ses vêtements en jurant à voix basse puis entra dans l’eau avant d’avoir le temps de réfléchir.

Sans la moindre surprise, cette dernière était glacée et le transit immédiatement de froid. La morsure de l’eau, aussi brusque fut-elle, entraîna immédiatement une anesthésie de son corps meurtri et il put bientôt se plonger entièrement dans la rivière après avoir protester à grands cris contre ses propres idées stupides. Disparaissant intégralement sous l’eau quelques instants, il profita de la sensation de l’eau courante sur sa peau nue avant de réapparaître à la surface.
Il regarda les volutes de sang séché se dissoudre et se répandre autour de lui et après avoir essayé de les retenir dans ses mains, entreprit de se passer de l’eau sur le visage. Il devina sous le contact de ses doigts quelques griffures, égratignures et coupures sans grande importance et fut soulagé de constater que le froid calmait pleinement ses nausées. S’attaquant ensuite à son épaule, il risqua un regard vers les marques laissées par l’animal et grimaça à la vue de la chair meurtrie et écarlate. Kalista avait refermé les blessures d’une main de chef et si ces dernières avaient été dues à une créatures non magique, il n’en aurait probablement gardé que de fines cicatrices. Néanmoins, le passage du poison avait laissé de profondes lésions autour des blessures et la peau avait un aspect noirâtre sous les lignes rouges des scarifications. Il passa avec maintes précautions, un peu d’eau sur ces dernières, retenant un cri de douleur chaque fois que ses doigts effleuraient sa peau et abandonna ensuite son épaule pour nettoyer les plaies de sa jambe, agité de tremblements de froid et de souffrance.
Habitué du grand air et de l'effort physique, il avait développé une musculature qui lui avait permis de pouvoir compter sur son corps en toutes circonstances. Aujourd'hui, néanmoins, il goûtait aux limites de son assurance, malgré tout, ce dernier lui faisait défaut en se dérobant sous lui.

Il avait de l’eau jusqu’à mi-torse et se rapprocha un peu de la rive, envisageant qu’il puisse se sentir vraiment mal et se faire emporter par le courant, le cas échéant. Il ne manquait que la noyade à son actif pour parfaire le séjour, il n’était pas certain de vouloir signer pour ce contrat-là. Offrant son dos et ses épaules courbatus au courant, il resta planté là, plusieurs minutes, profitant de l’anesthésie accordée par le froid et lui épargnant les affres de ses blessures. Son esprit naviguait de la nuit passée à la jeune femme qui l’avait trouvé, et il réalisa une nouvelle fois à quel point il était chanceux qu’elle eût été dans le secteur. Alors qu’elle l’avait bombardé de questions, il constata que, de son côté, il en savait bien peu sur elle et qu’il se devait de remédier à cela.

Quelques instants plus tard, il sortait de l’eau, engourdi, mais se sentant mieux. Après avoir appliqué un cataplasme d’eau et de feuilles contenues dans sa blague à tabac, il passa des vêtements propres – non sans mal – tout en se demandant ce qu’il convenait de faire des anciens. Il les plia rapidement après un haussement d’épaules – réalisant qu’il lui faudrait bannir ce geste-là également pour quelques jours- et se remit en chemin avec précaution vers l’oréade rousse dompteuse de félins.

Lorsqu’il parvint au niveau de son campement, il était éreinté comme s’il avait couru un marathon et déposa ses affaires à côté de son sac avec une brusquerie qu’il attribua à la fatigue.

- On est bien loin des sources du Yellowstone, mais je me sens mieux. Puis se jetant à terre, frissonnant, pour achever de se réchauffer au soleil, il questionna : Je ne vous ai pas demandé ce que vous faisiez dans la vie, hormis voyager en compagnie de Storm et Snow.

HJ: Ta remise en selle me convient parfaitement. Voici la mienne, j'espère que cela ira. Smile


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar






Age du personnage : 18 ans
Messages : 99
Localisation : Londres
Scolarité : Oiseau-Tonnerre à Ilvermorny (2009-2016)
Occupation : Photographe

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Jeu 23 Fév - 14:03


    Par empathie, je pu percevoir le soulagement d’Ezio lorsqu’il se saisit de son sac à dos.
    J’étais contente de le voir ainsi et satisfaite de lui avoir rapporté. Au fond, si je ne l’avais pas récupéré en même temps que lui, je serais probablement retournée faire un tour pour le chercher. Je l’avais vu à côté de lui, il n’y avait personne d’autre, il était évident qu’il s’agissait de son sac.
    Je ne réagis pas verbalement à la taquinerie du Barde, mais me contentai de lui sourire pour lui répondre. Il était vrai que la conclusion n’avait pas été des plus difficiles à faire.

    - Je comprends.

    Pour ma part, je ne transportais jamais grand-chose.
    Et finalement, mes biens les plus précieux étaient mes animaux. Je pourrais laisser mon camion tomber dans un ravin, mes affaires brûler dans un feu de joie, mais je n’aurais pas abandonné mes chats.
    Cela pouvait paraitre stupide mais j’étais peu attachée au matériel contrairement aux êtres vivants. Après tout, tout objet peut se remplacer. Même s’il possède une certaine valeur sentimentale, l’important reste de ne pas l’oublier, et surtout de ne pas oublier la personne à laquelle il nous fait penser.
    Mais remplacer un être vivant, ça, c’est tout bonnement impossible. Comme pour illustrer mes pensées, je vins gratouiller la tête de Snow, toujours en train de somnoler, se confondant presque avec la neige tant son pelage était immaculé.
    Elle ne me jeta pas un regard froid pour l’avoir encore réveillée, mais un regard plutôt aimant. J’eu encore cette impression que nous pouvions communiquer par la pensée.

    Du coin de l’œil, j’observai Ezio qui fouillait son sac.
    J’imaginai aisément qu’il vérifiait la présence de tous ses effets personnels. Il semblait toutefois contrarié. J’aurais peut-être dû jeter un œil dans les environs afin de voir si quelque chose était tombé.
    Je tentai de ne pas culpabiliser trop longtemps. Après tout, je lui avais sauvé la vie, et c’était le plus important pour moi. Et pour lui aussi, j’osai espérer.

    - Pas de soucis, je vais réchauffer le café.

    Accroupie à côté de Snow, je le vis s’éloigner.
    D’ici, nous pouvions entendre le cours d’eau qui passait non loin. Il allait probablement s’y tremper un coup. Cela m’inquiétait toutefois. La température n’était pas au plus haut, et même avec les rayons du soleil qui nous réchauffaient plutôt bien, je n’avais pas envie qu’il nous claque dans une crise d’hypothermie.
    Ce serait tout de même un comble après toute cette histoire. Soucieuse, je l’observai donc marcher difficilement jusqu’à le perdre du regard à cause d’une petite pente.
    J’inspirai et expirai lentement. J’étais tentée d’aller de surveiller, mais il m’avait fait comprendre qu’il ne voulait pas de babysitting pour ce coup-là.
    Et si j’y allais sans son accord, cela faisait-il de moi une voyeuse ?

    Je vis Storm, toujours aussi curieux, s’élancer pour suivre le Barde. Rassurée, je parvins à me convaincre qu’au moindre souci, il se mettrait à miauler ou viendrait me chercher.
    J’entrepris donc de réchauffer le café à l’aide d’un sortilège. Le récipient entra en lévitation au-dessus du sol alors qu’une petite flamme s’attela à le réchauffer par le dessous.
    Je ne tenais plus, j’avais envie d’aller voir. Il était partit depuis plusieurs minutes maintenant, et Storm aussi.
    Nerveusement, je tapotai mes doigts les uns contre les autres, tout en faisant les cents pas autour de mon café volant.

    J’avais reconnu le regard qu’il m’avait jeté juste avant de partir.
    Jusqu’à maintenant, je n’avais rencontré que des jeunes de mon âge, ou à peine plus vieux qui m'avaient dévisagée ainsi.
    Cela me fit bizarre sur le coup et j’eus encore plus envie d’aller l’observer. Mais c’était pour m’assurer que tout se passait bien pour lui, évidemment !
    Snow émit un miaulement étrange, comme si elle rigolait ou se moquait de moi. Je soupirai avant de me lever pour me diriger vers la pente, le pas feutré.

    Cachée derrière un arbre, je jetai un coup d’œil au cours d’eau mais ne vis rien.
    Oh par Merlin, il s’était noyé ? Pourtant Storm était paisiblement installé sur le rocher juste à côté des affaires d’Ezio.
    Soudain, il sortit de l’eau. Surprise, je me retournai derrière l’arbre pour me plaquer dos contre ce dernier. Je me mis à rire doucement. Quelle gamine je faisais là !
    Très prudemment, je sorti de nouveau un œil puis deux de derrière le tronc.

    Ce qu’il était musclé !
    Mais qu’est-ce que tu fais Kalista ? Je surveille simplement qu’il va bien ! Il semblait d’ailleurs aller mieux et être musclé aussi.
    Ah ! Le voilà sortit de l’eau pour se rhabiller. Doucement, je me cachai de nouveau avant de reprendre la route vers le campement le plus discrètement possible.

    Mais alors qu’Ezio était probablement aussi en route vers le campement, Storm accourra vers moi alors que je n’étais qu’à mi-chemin. Quel idiot !
    Immédiatement, je me mis à courir vers le campement en prenant soin d’éviter les branches d’arbre bien craquantes qui se trouvaient au sol.
    A peine une seconde avant qu’Ezio ne puisse m’apercevoir, je me pris les pieds dans mes affaires, entrainant un joli bruit de casseroles, avant de me vautrer.
    Trop tard pour se relever en panique, j’allais immédiatement me faire cramer. Je me calai alors rapidement sur le côté, comme si je m’étais allongée ainsi de façon tout à fait volontaire. Je n’avais absolument pas l’air confortable mais je tentai d’agir le plus naturellement possible.
    Ce qui était tout bonnement ridicule.

    - Café chaud !

    J’avais lancé cela, un sourire jusqu’aux oreilles, tout en désignant le café qui flottait toujours mais qui vint se poser doucement sur le sol à côté de lui. J’essayais surtout de détourner l’attention de ma personne.
    J’étais probablement rouge de honte là.
    Rapidement, je me redressai pour m’installer en tailleur afin de réponse à la question qui m’avait été posée, tout en lui passant une tasse.

    - Je sors à peine d’Ilvermorny à vrai dire.

    Je me servi moi aussi une tasse de café, même si mes nerfs me criaient de ne surtout pas faire ça. J’en bu une bonne gorgée avant de continuer.

    - En fait, j’aime surtout prendre des photos et j’en vends certaines pour financer mon voyage.

    J’avais à peine commencé mon voyage, que j’étais déjà tombé sur quelqu’un, et sur une histoire pas vraiment banale. Cela me donnait presque envie de tenir un journal pour éviter d’oublier tout cela à l’avenir.
    Ou peut-être un journal d’image ? C’était une bonne idée.
    En plus d’immortaliser mes voyages, je pourrais en faire un livre d’images qui raconteraient mon périple, sans texte, ou avec très peu de texte.
    Je me saisis de mon appareil photo comme pour illustrer mes propos.

    - D’ailleurs, je peux vous prendre en photo ?

    Je marquai une pause.
    Evidemment, il me répondrait qu’il n’était pas au mieux de sa forme, etc. Mais ce n’était pas ça qui m’intéressait. C’était ce qu’il s’était passé. Si j’allais garder des souvenirs de ces lieux via mes images, je n’aurais pas de souvenir de cette rencontre. Bien qu’entre nous, je ne prévois pas spécialement de l’oublier.
    C’était aussi un prétexte pour le prendre en photo. Je prenais rarement les gens en photos, sauf ces personnes qui dégagent quelque chose de spécial, ou celles qui sont simplement belles.
    En fait, j’avais toutes les raisons du monde de vouloir le prendre en photo.

    - Intérêt professionnel bien entendu !

    Entre autres.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t209-kalista-hopkins-o-wild-american-witch http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t192-kalista-diana-vlasova-hopkins
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 374
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Ven 3 Mar - 18:28



Ile de Skye, des années plus tôt...

Le grattement de son fusain sur le papier accompagnait les traits qu’il esquissait avec patience et précision. Ses doigts, noircis d’avoir manipulé l’objet si longtemps, volaient au-dessus du carnet qu’il tenait sur ses genoux embrassant courbes et déliés, remplissant, contourant, esquissant. Quelques marques éparses sur son front témoignaient de sa manie de se passer une main sur le front. De temps à autres il levait les yeux de son dessin pour capturer encore un peu de cet instant et le coucher à jamais sur sa mémoire de papier. Ils étaient là depuis le début de la journée, elle étendue dans l’herbe à lire, et lui, perché sur son rocher, des crayons plein les poches, à immortaliser la vue qu’il avait de Neist point.

La lumière de cette fin de journée d’Aout était si douce et chaude qu’elle octroyait à la scène des allures d’aquarelle qui l’enchantaient. Dans quelques jours il entrerait à l’Ibas et c’est ainsi qu’il voulait graver leurs derniers jours de vacances en commun. Baignés de l’éclat du soleil, enveloppés de la lueur du jour s’achevant au-dessus de la mer.

Dans un sourire il crayonna le dernier trait et contempla son dessin, le cœur gonflé de bien-être.
Troublant la quiétude de l’instant, la voix chantante de Shannon rompit le silence qui avait – fort étonnamment – duré une bonne heure.

- Je peux bouger maintenant ?

Il leva vers elle un regard surpris.

- Bouger ?
- Ben oui. Lui lança-t-elle en refermant sèchement son livre. J’ai pas osé bougé pour que tu puisses me dessiner sans râler.
- Qui te dit que je te dessinais toi ? Lâcha-t-il dans un haussement d’épaules.
Elle fronça ses beaux sourcils dorés et rétorqua avec un brin de prétention.
- Qui d’autre ??

Il leva les yeux au ciel et engloba d’un grand geste, la vaste étendue herbeuse qui les entourait.
- Le paysage, par exemple. James, tu n'es pas au centre du monde.

Se levant d’un bond, la jeune femme traversa les quelques mètres qui les séparaient en quelques enjambés, qui lui laissèrent tout juste le temps de quitter son perchoir pour mettre le carnet à l’abri dans son dos en riant.

- Shepherd, montre-moi ce dessin et je te jure que si c’est pas moi, je te jette de la falaise.
Il sourit en esquivant, avec facilité, les gestes qu’elle faisait pour s’emparer de l’œuvre en question.
- Donne-moi ça ! Je suis sûre que c’est moi !
- Si tu en es si sûre, pourquoi veux-tu vérifier ? Lança-t-il taquin.
- Je sais que c’est moi, idiot !
- Tu en es certaine ?
- Absolument ! Je connais parfaitement ton regard quand tu me dessines Shepherd. Tes yeux ne savent pas mentir.

Délivrant une de ses mains du carnet, il accueillit d’un geste sûr la jeune femme dont les joues colorées laissaient présager un potentiel accès de colère, et l’emprisonna de son bras libre.

- Désolé James, il va falloir me balancer par-dessus bord. Murmura-t-il en lui tendant son croquis.
Ouvrant déjà la bouche de colère, il vit son expression s’adoucir lorsqu’elle posa les yeux sur son propre visage, tout à sa lecture, esquisser avec soin, réalisme, tendresse et passion. Il avait toujours aimé la dessiner.

- Ezio… il est magnifique.



Le café voleta, léger comme une plume, dans une parfaite maîtrise de son parcours qui se déroula sans heurts ni débordements. Une insignifiante crispation de sa mâchoire accueillit la tasse à ses côtés. S’il appréciait le geste, il commençait à avoir son quota de magie pour la journée. Alors qu’il détournait le regard du café frondeur, ses yeux se posèrent sur le visage de sa compagne qui avait abandonné ses teintes d’albâtre pour un ton plus carminé. Une expression de surprise fugace traversa son visage fatigué.

Avait-il manqué quelque chose ?

Il s’empara de la tasse qu’elle lui tendait en percevant nettement une gêne dont il n’espérait pas être la cause. Peut-être avait-il fait quelque chose d’inconvenable ? Ce ne serait pas la première fois qu’on pointerait son incapacité à se plier aux normes et conventions sociales. Habituellement, il s’en fichait royalement. Néanmoins, il devait avouer que mettre mal à l’aise cette toute jeune femme à qui il devait la vie, ne l’accommodait guère. S’excusant d’un sourire pour une chose qu’il ignorait encore avoir faite, il retraça son comportement du matin pour réaliser que la plupart de ses réactions avaient été gouvernées par une humeur maussade – qu’il espérait compréhensible au vu de la situation. Peut-être s’était-elle attendu à des remerciements plus chaleureux ? Il avait pourtant été plus que sincère…  

Mal à l’aise à son tour, il se rassit un peu plus droit et plongea dans son café pour éviter de croiser son regard une nouvelle fois.  
Le froid de l’eau semblait avoir apaisé le feu de la fièvre et bien que toute la partie gauche de son corps demeure engourdie et douloureuse, il se sentait mieux. La tasse de café retenue au creux de ses mains lui prodiguait la chaleur nécessaire à ne pas mourir gelé sur place, et il fallait bien l’avouer, le breuvage était délicieux.

Elle était effectivement très jeune, affirmant sortir tout juste de son école de magie. Il acquiesça d’un hochement de tête à la mention d’Ilvermorny. Il n’avait pas eu l’occasion de visiter l’école de magie mais Beltrov, qui de son côté y était allé de nombreuses fois, lui avait souvent parlé des lieux.

- Isolt et James… Murmura-t-il en s’appliquant à deviner à quelle maison pouvait bien appartenir la jeune femme.

Il passa les noms en revue avant de froncer les sourcils.

- Me … prendre en photo ?

Pris au dépourvu, il leva vers elle un regard surpris et quelque peu désemparé. Voilà une proposition qui lui avait rarement été faite. Tentant de masquer son embarras derrière un sourire amusé, il tenta un va-tout :

- ça se vend bien les photos de bardes ?

Ne sachant trop comment réagir, il détourna le regard pour le poser sur les chats. L’un d’entre eux le fixait de son regard malicieux comme s’il cherchait à lui transmettre un message.

- Je serai ravi d’aider au financement de votre voyage jusqu’à l’écosse mais … Je… honnêtement, je ne vois pas trop. Il haussa les épaules pour achever sa phrase, puis grimaça.

Cela devait faire des années qu’il n’avait pas été pris en photo. La dernière datait probablement de l’obtention du diplôme de Saoirse. Depuis, il en avait pris, vu beaucoup, mais ne figurait sur aucune.

A ses mots, elle perdit le sourire qu’elle abordait jusque-là et baissa la tête, visiblement déçue. N’attendant qu’une ou deux secondes pour la relever aussitôt, parée d’un nouveau sourire.

- Tant pis !


Elle se leva brusquement pour aller prendre l’un de ses félins – Storm – dans ses bras et le serra contre elle, lui jetant de temps à autre une moue particulièrement délicieuse stipulant bien son désaccord quant à sa réponse.

Souriant à sa réaction, il but une autre gorgée de café tout en réfléchissant à ce que pouvait représenter une photo pour elle. En particulier la photo d’un type particulièrement amoché par sa rencontre avec un Paerahn. Puis il repensa à ses dessins. Il gravait en mémoire les instants qui le touchaient, le bousculaient, le dérangeaient parfois aussi. Quelques souvenirs firent irruption dans son esprit, l’entrainant des années plus tôt, des lieues plus loin, dans la capture d’instants qu’il aurait aimé faire durer toujours. La fixant un instant de ses yeux sombres avec une soudaine gravité, il se demanda dans laquelle de ces catégories elle souhaitait placer son souvenir.
Alors qu’elle semblait toujours déçue, il déposa sa tasse sur un rocher et se leva lentement pour contempler ce qui les entourait. Lui qui n’avait jamais porté de montre ne cessait de se demander au cours de cette journée, l’heure qu’il pouvait bien être. C’était une première.

- Je suppose qu’un photographe a rarement des photos de lui. Enonça-t-il gravement. Pourquoi ne pas faire le contraire aujourd’hui ? Si c’était moi qui vous prenais en photo ? Proposa-t-il dans l’espoir de la consoler un peu et de lui faire oublier ses idées de portrait de lui par la même occasion.

Puis, un peu confus, il ajouta - Bon, je n’ai pas d’appareil et je n’ai pas fait ça souvent non plus, mais si vous consentez à me prêter le vôtre pour l’occasion, je ferai de mon mieux. Et si c’est trop mauvais, je pourrais toujours vous dessiner.

[color=white] « De la main droite ? Quelle idée… »

Il n’était pas photographe et avait rarement eu d’appareils entre les mains. Néanmoins, le peu de fois où il s’était prêté au jeu, il avait apprécié la possibilité de capturer une image comme en pensée et de pouvoir la conserver à jamais. Cela ressemblait à ses dessins, en plus rapide, bien qu’il ne les abandonnerait pour rien d’autre au monde. En amateur d’images et de couleurs, il était déjà certain que l’éclat du soleil matinal dans la chevelure de Kalista serait une pure merveille. Contemplant d’un air rêveur le ciel d’un bleu céruléen, il nota néanmoins la présence peu rassurante – et pas seulement pour les photos – d’une masse bourgeonnante de cumulonimbus.

HJ: Avec la participation de Kalista pour ses attitudes et paroles.


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar






Age du personnage : 18 ans
Messages : 99
Localisation : Londres
Scolarité : Oiseau-Tonnerre à Ilvermorny (2009-2016)
Occupation : Photographe

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Mar 7 Mar - 18:26


    Et bouse.
    Même si j’avais réussi à regagner le campement sans me faire remarquer, quelque chose m’avait apparemment trahie. Ezio semblait lui aussi extrêmement gêné alors que j’avais tenté de changer de sujet le plus rapidement possible.
    Bon d’accord, ce que j’avais fait n’était pas le truc le plus honteux du monde, n’allait pas lui faire changer tout ce qu’il pensait de moi, ni même le blesser intérieurement. Mais ce n’était pas rien non plus. Je ne voulais pas qu’il sache que j’étais venue l’espionner. Ou pas tout de suite du moins.
    Et puis si ça se trouve, il l’avait fait exprès ! Non mais c’est vrai quoi.

    Il s’était mis à fuir mon regard pour contempler le fond de sa tasse de café. Ah, quelle idiote je faisais. Et Storm qui avait failli me faire cramer, c’était sa faute après tout ! Oui, vas-y, accuse donc le chat.
    Ce n’était pas le meilleur moment pour proposer de le prendre en photo. Que ce soit à cause de son « accident » ou bien à cause de cette étrange gêne soudaine entre nous. Enfin, en ce qui me concernait, j’en connaissais la cause, ce qui rendait cela moins étrange. C’était pour lui que ça ne devait pas être agréable.
    Toutefois, ce ne fut pas un refus catégorique. Devant son trait d’humour, je m’empressai de lui répondre.

    - Evidemment ! C’est très même recherché !

    Je le gratifiai d’un sourire malicieux accompagné d’un clin d’œil. Il y avait quelques heures encore, je n’étais même pas au courant de l’existence des Bardes en tant que tel, il était donc évident que je n’avais pas la moindre idée si des photos d’eux se vendraient bien.
    Et puis, la plupart des photos qui je vendais étaient des photos de faune et de flore. Pas vraiment d’êtres humains. Mais cette idée de me créer un petit carnet rempli de photos de mes rencontres me tentait de plus en plus. Ezio pourrait l’inaugurer, sachant qu’il s’agissait de la première personne que je rencontrais depuis mon départ. Et j’avais grand espoir d’en rencontrer beaucoup plus par la suite !
    Malheureusement, il préféra sous-entendre un refus poli. Tant pis !

    Néanmoins, je ne me laissai pas abattre. Je comptais le faire culpabiliser afin d’obtenir mon foutu cliché ! Je le voulais, je l’aurais, non mais !
    Ainsi, alors que je tentai de me réconforter dans les bras de mon félin, qui commençait à bien peser son poids, je le gratifiai de temps en temps d’une moue faussement triste. Il saurait ainsi que ce n’était pas grave en soit, mais que cela me ferait tout de même très plaisir d’avoir une photo de lui.
    Je ne m’étais clairement pas attendue au retournement de situation. Je l’avais observé se lever et écouté me parler de ME prendre en photo. Le tout, avec un regard encore plus surpris que le sien. Bouse de licorne, on ne me l’avait encore jamais faite celle-là ! Tu es doué Ezio, très doué, grrrr !

    - Euh, baaah…Non. Non, en effet, je n’ai pas de photo de moi mais euuuh…

    Ah non, je détestais qu’on me prenne en photo ! J’avais été vaccinée par mon père là encore. J’étais sa petite princesse, sa poupée parfaite, qu’il ne cessait de prendre en photo au détriment de sa femme et de son autre fille, pourtant très similaires à moi physiquement.
    Après tout, je l’avais bien cherché. C’était à mon tour d’être gênée, mais vraiment cette fois. Je pu sentir mon teint rougir de nouveau par-dessus mes tâches de rousseurs. Je savais que j’allais craquer.
    Je reposai le chat au sol, ce dernier s’empressa de rejoindre sa sœur pour se blottir contre elle. Il ne ferait plus de bêtise comme ça. Et il était plus facile pour moi de les surveiller. Je n’aimais pas les attacher avec leurs petits harnais, alors autant qu’ils pioncent.

    - Disons que je n’ai vraiment pas l’habitude…

    Mes doigts de la main droite étaient venus tordre ceux de la main gauche tant je ne savais plus comme réagir. Depuis que j’avais l’âge de penser par moi-même, et que j’étais devenue une accroc à la photographie, je n’avais plus jamais été prise en photo. Sauf pour mon passeport, mais ça ne compte pas vraiment !
    Je me demandai le temps d’un instant s’il ne m’avait pas vue derrière cet arbre. Il considérait peut-être que j’avais violé son intimité et tentait de faire de même. Clairement, j’avais l’impression qu’on se faufilait dans les détails quand on me prenait en photo. Mais c’était peut-être un bon exercice après tout.
    Allez, lance-toi ! Si ça se trouve, ça va te plaire.

    - Bon, d’accord.

    Ecoutant la petite voix de ma raison, je me rendis dans ma petite tente – petite de l’extérieur du moins – et me saisis de mes deux appareils photos, me demandant lequel j’allais lui prêter pour cette séance de torture photographie.
    J’essayai de m’imaginer sur un cliché animé ainsi que sur un cliché fixe, mais dans les deux cas, j’avais l’impression que je n’aimerais pas le résultat. J’étais restée dos à Ezio quelques secondes ainsi sans bouger et incapable de prendre ma décision.
    Je me retournai finalement vers lui, avec les deux appareils, que je lui tendis.

    - Je vous laisse choisir l’appareil. Celui-là est Non-Maj, celui-ci est magique. Il suffit d'appuyer ici. Les deux fonctionnent de la même façon.

    J’observai à mon tour les environs, réfléchissant à un endroit où m’installer. Ou bien, peut-être devrais-je juste me réinstaller par terre sans rien faire de particulier ? Après tout, j’avais eu dans l’idée de le prendre en photo ainsi, tout simplement, installé là en train de boire son café. Rien de bien dingue, simplement pour garder un souvenir et pour inaugurer mon carnet.
    Sans attendre qu’il me dicte un emplacement ou un comportement à avoir, je vins m’installer sur un rocher tout près de nous, les genoux remontés sous mon menton comme à mon habitude. Les rayons du soleil arrivaient en plein sur mon visage, illuminant ma chevelure de feu et me forçant soit à détourner les yeux, soit à les fermer.
    Je lançai d’ailleurs un regard au Barde, qui démontrait à la fois mon empressement et mon inquiétude quant à ce petit photoshoot improvisé. Peut-être que je préférerais qu’il me dessine. Un dessin constituerait un souvenir un peu plus personnel qu’une photo, que n’importe qui aurait pu prendre.
    J’attendis toutefois de voir le rendu de son talent de photographe.


    Spoiler:
     
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t209-kalista-hopkins-o-wild-american-witch http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t192-kalista-diana-vlasova-hopkins
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 374
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Jeu 9 Mar - 20:30

Les deux appareils entre les mains, il hésita un court instant et reposa l’un d’eux avec précautions près des affaires de Kalista. Ses mains tremblaient toujours et il sentait que, bien qu’un peu apaisé par la baignade, l’élancement dans son épaule reprenait peu à peu. La chair brûlait et il lui semblait que la plaie suintait sous le cataplasme de feuille.
La lumière, a contrario, était absolument parfaite. Nimbée d’une auréole flamboyante, la jeune femme trônait sur son rocher, le visage offert au soleil, une expression d’anxiété légère qui donnait à ses sourcils une courbe surlignant avec délicatesse ses grands yeux clairs. La bouche, partagée entre l’envie de sourire qui semblait naturelle chez elle, et une petite moue d’inquiétude, était absolument délicieuse. De temps à autre, elle jetait des regards dans sa direction puis reprenait la pause, les paupières closes sur son regard bleu.
Sentant ses gestes un peu patauds face à la délicatesse de la jeune femme, le barde la contourna pour chercher l’angle qui lui convenait et détourner son esprit des tourments physiques. Lorsqu’il vit derrière elle, la silhouette impériale du pic Sherman se découper dans le ciel bourgeonnant, il sut qu’il avait trouvé ce qu’il cherchait.

Alors qu’un bref sourire étirait ses lèvres, il posa un genou à terre, à quelques pas de Kalista, et visa à travers l’objectif, réalisant par la même occasion que l’appareil était fait pour les droitiers et qu’il était incapable de maintenir son bras gauche en l’air trop longtemps sans que cela soit douloureux. Fronçant les sourcils dans l’espoir de retenir un quelconque marmonnement qui aurait brisé la poésie de l’instant, il se concentra sur la jeune femme et l’image qu’il entendait saisir d’elle. Il y avait tant de contradiction dans ce qu’elle offrait, qu’il détourna finalement le regard du viseur de l’objectif pour la détailler une fois encore de ses propres yeux. Un mélange de jeunesse, d’insouciance et d’assurance, couplé à une étrange dichotomie entre ses manières avenantes et le fait qu’elle soit seule ici. Conscient qu’il pouvait être gênant d’être ainsi dévisagée par un étranger, et parfaitement avisé qu’il ne tiendrait pas bien longtemps dans cette position sans avoir mal, il retourna à son expérience photographique.
Extrêmement sensible, l’appareil réagit à l’instant même où son index effleura le déclencheur. Il prit ainsi plusieurs clichés, se prêtant au jeu, curieux d’appréhender si l’appareil pouvait rendre hommage à ce que voyait ses yeux ; à la pureté de l’air ambiant, au ciel fractionné de ces couleurs qui s’affrontaient pour décider quel serait le temps prochain, à la blancheur du glacier sur laquelle se découpait l’incandescence de Kalista. Il émanait d'elle une étrange sensation d'irréalité au milieu de ce paysage sauvage. Il lui semblait effleurer ce qu'elle dégageait, mais il ne parvenait pas à le toucher du doigt concrètement.

Lorsqu’il eut fini, il considéra quelques secondes l’appareil photographique de cette dernière et s’apprêtait à se relever quand il fut pris d’un étourdissement aussi soudain que violent. Fermant les yeux un court instant, il porta sa main libre à son visage et attendit que cela passe en s’appliquant à respirer calmement. Des images traversaient son esprit à vive allure sans se décider à lui laisser le loisir d’en apprécier pleinement une. Il était souvent question d’une crinière rousse, et de félins, mais rien de bien précis. Lorsqu’il se sentit suffisamment ancré sur la roche du mont Baker, il rouvrit ses yeux sombres et entama de se relever lentement.

« Il va falloir que tu avales quelque chose si tu veux tenir la journée… »

Tout en espérant que son malaise n’avait pas duré suffisamment longtemps pour que la jeune femme s’y attarde, il s’approcha d’elle pour le lui tendre son appareil d’un air un peu gêné. Il était conscient de lui avoir forcé la main, mais avait vu là l’occasion de ne pas être à la place du modèle.
- Vous n’avez pas l’air d’aimer beaucoup ça. Confessa-t-il d’une voix qui lui parut peu assurée. Puis, se ressaisissant complètement, il poursuivit plus gravement.

- Certains prétendent que les indiens s’imaginent qu’on leur vole leur âme en les photographiant. Ce qui est assez inexact et généralise beaucoup à propos de leurs croyances quand on voit le nombre de portraits de grands chefs indiens qui ont été faits. En revanche, certaines religions considèrent que les images constituent des idoles et en bannissent le principe même. Quoi qu’il en soit, le rapport à l’image est toujours délicat, n’est-ce pas ?

Puis à voix basse. -  Je ne sais pas ce que donneront ces photos mais… vous étiez magnifique dans cette lumière.

Il secoua la tête à quelques reprises, de peur qu’elle ne se méprenne sur ses propos. Il les avait prononcés d’un point de vue d’esthète, mais pourrait tout aussi bien passer pour un flatteur pitoyable. Un peu déconcerté par la scène, se sentant à nouveau nauséeux et fiévreux, il abdiqua d’un pauvre sourire en écartant les mains pour stipuler qu’il n’irait pas plus loin dans son embourbement esthétique. Aussi se tut-il et s’autorisa-t-il un soupir de lassitude en sentant son épaule irradier sous le tissu de son T-shirt.
Il envisagea à nouveau la suite de son périple qui s’annonçait, de ce fait, raccourci et plus pénible que prévu. Il lui faudrait repasser par le lieu de l’attaque – il prit alors conscience de la curiosité morbide qui s’emparait de lui lorsqu’il envisageait de croiser les taches sombres de son propre sang – afin de récupérer les quelques affaires qui devaient encore traîner.  Il lui faudrait ensuite trouver un abri pour la nuit et entamer la longue redescente vers la civilisation. Tout ceci avec son sac de plus de quatorze kilos sur une épaule salement amochée, et l’intime intuition que le poison du Paerahn ne se contenterait pas de le rendre un peu fébrile.

Détournant les yeux pour les porter à nouveau vers les nuages qui s’étendaient de plus en plus au nord, il se perdit un instant dans des pensées lointaines, le regard dans le vague et le front soucieux. L’habitude d’évoluer en pleine nature avait développé sa faculté à percevoir les variations de temps – et d’humeur – et cet amas-là, l’inquiétait particulièrement. Considérant qu’ils avaient pour abris, la tente de Kalista et la sienne – dont il vérifia la présence au bas de son sac d’un coup d’œil rapide – et qu’ils se trouvaient dans une zone plutôt minérale à flan de crête, il serait préférable de ne pas essuyer un orage.
La redescente se complexifiait de minute en minute.
Sans un mot de plus, il se dirigea vers son sac et entreprit d’en fouiller la poche principale à la recherche d’une de ses fameuses blagues à tabac qui contenait quelques herbes et graines. Il en sélectionna quelques-unes.

HJ: J'ai fait de mon mieux avec le peu de cerveau qui me reste.
J'espère que ça te conviendra pour la suite.


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar






Age du personnage : 18 ans
Messages : 99
Localisation : Londres
Scolarité : Oiseau-Tonnerre à Ilvermorny (2009-2016)
Occupation : Photographe

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Mer 15 Mar - 22:46


    Perchée sur mon rocher, je n’avais probablement pas du tout l’air d’être à l’aise.
    Et ce n’était pas faux. Je ne m’étais pas retrouvée dans cette position depuis bien longtemps et j’avais d’ailleurs été plutôt contente que cela ne se reproduise pas. Mon père avait toujours adoré me prendre en photo, si bien qu’il y en avait partout dans notre appartement de New-York. Désormais, comme je l’avais spécifié à Ezio, je n’avais plus de photo de moi. Je m’étais peut-être un peu trop vue.
    Certes, j’avais grandi et évolué, mais je n’étais pas plus intéressée que cela par mon image. A vrai dire, je n’en avais pas grand-chose à faire de ce qu’on pensait de moi lorsque l’on me croisait dans la rue, ou bien qu’on me détaillait de la tête aux pieds. Bien que la plupart du temps, cela avait l’air de plaire plutôt qu’autre chose.

    Tout en fermant les yeux, éblouie par le soleil, je pu sentir ce dernier me réchauffer de part en part et c’était plutôt agréable. J’avais beau raffoler des lieux enneigés, j’avais toujours eu du mal avec le froid. Pourtant, cela ne m’empêcherait nullement de parcourir le monde, et je ne comptais pas passer à côté de l’Islande, de la Norvège ou autre pays nordiques.
    Les paysages enneigés faisaient partie de mes préférés. Ensuite, c’était la mer et l’océan que je préférais. En gros, les étendues d’eau. Il faudrait que je pense à me balader sur les plages de France ou d’Espagne lorsque je serais en Europe. En évitant d’oublier la crème solaire afin d’éviter de cramer. Bronzer ne m’arrive jamais et ne m’arrivera pas. J’ai la peau bien trop sensible. D’ailleurs, nous étions encore en Septembre et bien qu’il fasse assez froid sur les hauteurs du Mont Baker, c’était encore officiellement l’été. Je n’allais donc pas m’attarder en plein rayons solaires sans me badigeonner de crème.

    Je profitai encore quelques instants de cette chaleur, ne réalisant presque pas qu’Ezio était en train de me prendre en photo. Je commençai enfin à me détendre, si bien que j’en avais oublié ce que je faisais là, durant quelques secondes. C’était assez plaisant finalement.
    Mais cela commençait à chauffer et je rouvris les yeux avant de détourner la tête pour cacher les rayons de mes longs cheveux flamboyants. Je posai mes yeux acier sur le Barde, qui tenait toujours mon appareil dans les mains, mais qui ne semblait pas se sentir très bien. Inquiète, je descendis rapidement du rocher afin de lui demander ce qui n’allait pas. Mais il me devança.
    Je me contentai de lui sourire lors de sa première remarque. Non, je n’aimais pas cela à la base, du moins, j’avais fait une overdose de photo en tant que modèle. Mais finalement, ça n’avait pas été si terrible. Ezio avait été discret, pas comme moi lorsque je prends des photos d’autres personnes. Déjà, je n’aime pas spécialement faire des shooting avec des gens, mais j’aime que tout soit parfait. Mes directives sont peut-être un peu trop tyranniques parfois.

    Je n’eus jamais réellement le temps de répondre à son monologue, pourtant extrêmement intéressant. Il avait ajouté que j’étais magnifique dans cette lumière.
    Autant j’avais l’habitude d’être observée, par envie, jalousie, ou autre. Mais je devais avouer que je ne recevais pas beaucoup de compliments en dehors de ceux de mon père. Cela faisait toujours plaisir bien évidemment. Surtout venant d’un homme que je trouvais particulièrement attirant lui-même. C’était terriblement satisfaisant. Je repensai un instant à la vision que j’avais eu de son dos particulièrement musclé avant de presque me faire révéler par Storm – où était-il d’ailleurs ? Ah oui, en train de faire la sieste.
    Je secouai vivement la tête pour en revenir au sujet actuel. J’étais écarlate. Je le sentais très bien. Et ce n’était pas seulement dû à mon exposition de soixante secondes au soleil. Gênée, je replaçai une très longue mèche de cheveux ondulés derrière mon oreille. Je ne savais pas quoi dire. D’une petite voix, je tentai toutefois d’articuler quelque chose.

    - Ah ? Merci… Je ne savais pas trop quoi faire à vrai dire.

    Je préférai me stopper ici, le reste de mes paroles n’auraient probablement pas le moindre sens, pas la peine de passer pour une adolescente cinglée non plus ! Ou pire, une jeune vierge effarouchée, qui ne tient plus en place au moindre compliment.
    Mais il semblait quelque peu gêné lui aussi. J’étais presque certaine qu’il ne se sentait pas aussi bien qu’il essayait de le faire paraitre. Je n’avais même pas eu le temps de lui demander si la baignade l’avait requinqué, tellement j’avais été concentrée à trouver des diversions pour camoufler mon malaise après ce moment de voyeurisme qui ne me ressemblait pas du tout.
    J’étais pratiquement certaine que oui, il était ressortit de l’eau en meilleur état qu’avant. J’en avais eu pour preuve la façon dont il se déplaçait, se mouvait, etc, tout ce qu’il n’avait pas pu faire précédemment. Il était peut-être enfin prêt à redescendre ?
    Malheureusement, il me semblait que la journée était assez avancée. A moins de transplaner jusqu’à mon véhicule pour ensuite se rendre là où il le souhaite, il nous faudrait probablement nous déplacer de nuit – très peu conseillé – ou bien repasser la nuit ici avant de descendre demain matin. Ce qui me semblait être le meilleur choix.
    Surtout que j’avais vu cette sorte d’allergie à la magie qu’il m’avait montrée à la vision de ma baguette braquée sur lui. J’imaginais qu’il ne transplanait pas, ou pas souvent, et moi je n’étais pas assez expérimentée.

    Le temps de réfléchir à tout cela, j’avais oublié de récupérer mes appareils photos, et n’avais pas remarqué que le Barde semblait lui aussi se perdre dans le vague, les yeux rivés vers le ciel. Curieuse, je me mis à l’imiter. Là encore une attitude enfantine car je ne savais même pas ce qu’il fallait regarder.
    Lorsqu’il se dirigea vers son sac, je n’eus plus rien à essayer d’observer. Si bien que je m’emparai de l’appareil photo, curieuse de voir les clichés qu'il avait pris. Mais j’hésitai. Allais-je apprécier de me revoir en photo, des années après ? Je jetai un coup d’œil à Ezio, qui semblait occupé à chercher quelque chose dans son sac. C’était l’occasion. Allez, te défile pas, regarde ces photos ! Sinon, je pourrais toujours les regarder plus tard ? Pour éviter de le remettre mal à l’aise lui-aussi ? T’as fini de te chercher des excuses, oui ?

    J’inspirai profondément avant de poser mon regard sur l’écran. J’écarquillai les yeux. C’était donc à ça que je ressemblais ? J’étais terriblement surprise. Mais dans le bon sens. A moins qu’Ezio ne soit extrêmement doué en photographie, lui qui semblait si tremblant avec un appareil photo dans les mains.
    Je ne savais plus quoi en penser. C’était comme s’il avait su faire ressortir tout ce qu’il y avait de joli chez moi, et de camoufler ce qui ne l’était pas, ou moins. En fait, j’aimais beaucoup les photos que je voyais. J’avais toujours cette petite gêne quand je pensais « ah mais c’est moi » mais j’appréciai tout de même.

    - Eh bah ! Vous êtes doué !

    Avec du recul, je me dis que j’aurais peut-être dû sourire sur ces photos.
    Ah mais c’est que tu y prends déjà gout ! Peut-être vas-tu enfin repasser de l’autre côté de l’objectif ! Ou peut-être pas. C’était une expérience intéressante, mais je ne lâcherais pas le morceau. J’aimerais beaucoup une photo d’Ezio ainsi que de toutes mes prochaines rencontres marquantes. Peut-être devrais-je me mettre à l’écriture ? Narrer le récit de mes voyages, à la manière de Into The Wild. Le tout illustré par mes nombreuses photos.
    Pourquoi pas, après tout.

    - Vous cherchez quoi ? Au fait, si vous voulez repasser sur le lieu de l’attaque, on ne devrait peut-être pas trop tarder.

    L’après-midi était probablement bien avancé maintenant.
    Le temps de retourner sur les lieux, de chercher ses affaires et de revenir, il serait temps de dresser un campement et non pas de repartir gambader dans la montagne ou la forêt. Je n’avais pas l’heure mais j’étais persuadée que nous n’avions pas d’autre choix que de repasser la nuit ici. Il avait probablement son matériel, s’il ne voulait pas dormir dans ma tente. Cette dernière était enchantée pour être un peu plus spacieuse, je pouvais toujours l’enchanter de nouveau pour la rendre encore plus grande et faire assez de place pour ses affaires. Mais je doutais qu’il accepte, vu son allergie à la magie.

    - On pourra revenir manger un bout et passer la nuit ici si vous voulez.

    En effet, il fallait peut-être penser à manger quelque chose.
    Je n’étais pas habituée à manger beaucoup mais je n’avais pas dormi de la nuit, ce qui me donnait l’impression d’avoir « vécu » plus d’heures et donc, de m’apporter cette sensation de faim que je n’avais normalement pas en milieu d’après-midi.
    Sur ce, je me dirigeai d’ailleurs vers mes félins afin de leur ouvrir une boite de leur pâtée préférées. Snow se réveilla avant même d’entendre le bruit d’ouverture, elle avait reconnu le bruit des boites lorsque je les avais saisies. Elle et Storm se frottèrent contre mes jambes en miaulant de leurs voix rauques jusqu’à ce que je les serve tous les deux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t209-kalista-hopkins-o-wild-american-witch http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t192-kalista-diana-vlasova-hopkins
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 374
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Jeu 23 Mar - 18:01

Sous sa langue, les quelques herbes se dissolvaient peu à peu. Leur goût – futilement épicé – se répandait dans sa bouche, alors que son esprit guettait déjà les effets antalgiques qu’elles procureraient. Certaines étaient particulièrement fortes, il en avait pleinement conscience, mais ne pouvait néanmoins se résoudre à être complètement affaibli par une quelconque douleur. Pas ici et pas maintenant.

Esquissant un sourire lorsqu’elle mentionna le potentiel des photos qu’il avait prises, il ne releva pas et resta muet mais fut ravi qu’elles lui plaisent. Tout en replaçant les blagues à tabac dans la poche de son sac, il lui jetait de petits coups d’œil amusés. Kalista paraissait gênée et rougissante, ce qui ne manquait pas de dénoter sur sa peau laiteuse. Il lui avait semblé constater du coin de l’œil, alors qu’il était affairé, que la jeune femme avait manipulé l’appareil photo avec beaucoup d’intérêt. Peut-être n’avait-elle pas l’habitude de se voir en photo. Il pouvait aisément comprendre qu’on soit mal à l’aise avec son image ou son reflet. Lui-même n’ayant jamais réellement porté attention à la sienne, se sentait parfois curieusement étranger à celle que lui renvoyait les miroirs croisés.

- Des plantes. Lui répondit-il en souriant doucement. La plupart ont des vertus plus puissantes qu’on le croit. Ajouta-t-il en se remémorant le nombre de fois où elles lui avaient sauvé la vie. Au sens figuré, comme au sens propre.  A contrario, certaines l’avait parfois mis en danger.

La plupart était à manipuler avec précaution et à utiliser avec parcimonie. Une période de sa vie avait été consacrée à se défaire d’une addiction particulière à certaines d’entre elles. Il en gardait quelques souvenirs…  Et pas vraiment des bons. Cela correspondait à une époque, pas si lointaine, où la conception qu’il avait de la vie était un peu différente de celle d’aujourd’hui. Amoindrie ou exhaussée, peu importait, mais différente. Plus dangereuse. Haussant les épaules à nouveau, il se persuada qu’une unique fois ne pouvait pas mettre en péril un renoncement à de vieux démons. Il reporta alors son attention sur les cieux, toujours inquiet et plein de questions.

Au loin, les nuages poursuivaient leur bourgeonnement discret. Ezio leur jeta un dernier coup d’œil et acheva de refermer son sac. Il fourra l’un des étuis de cuir dans la poche de son pantalon et se releva vivement. Trop vivement.

- Je peux y retourner seul, vous savez ? Je ne veux pas vous ennuyer davantage. Vous en avez beaucoup fait. Assura-t-il.

Il était un peu honteux qu’elle se sente obligée de l’accompagner. Ne souhaitant pas la déranger de plus belle en l’obligeant à retourner, une fois encore, sur les lieux, et voulant encore moins qu’elle puisse imaginer qu’il était trop faible pour y aller seul. Fierté mal placée. En cherchant bien, il devait également s’avouer qu’il craignait qu’elle ne trouve les motifs de son retour sur place bien trop futiles pour de tels efforts. Ce qui restait à ramasser pouvait paraître sans valeur aux yeux de tout un chacun. Quelques instruments de musique de son cru, des flûtes taillées dans des roseaux ou bambous, des provisions, quelques esquisses de ces derniers jours et toujours le pendentif d’Anastasia qu’il ne pouvait se résoudre à abandonner là, alors qu’il s’était promis de lui rendre, un jour. Sans nul doute, Kalista trouverait les efforts disproportionnés pour si peu. De son côté, s’il souhaitait remettre la main sur ses affaires, il tenait également à retourner sur les lieux. Sans réussir à réellement mettre le doigt sur la plaie.

L’odeur du pâté qu’elle avait servi à ses chats lui monta brusquement aux narines et lui arracha un haut le cœur. Prétextant une brusque envie de mettre ses paroles à exécution, il prit quelques repères aux alentours et fit mine de quitter le campement aussi soudainement qu’on ouvre les yeux le matin.

- Je serai de retour d’ici peu, si vous acceptez toujours ma compagnie pour un repas.

N’eut-il pas le temps de finir sa phrase qu’elle était debout à son tour et lui emboîtait le pas d’un air franchement résolu.  

- Non mais ça va pas ! Je viens !


Surpris par autant de résolution chez une si jeune femme, il convînt de bon cœur qu’il était vain de vouloir avoir le dernier mot. Capitulant donc, il lui accorda un petit signe de tête signifiant qu’il acceptait sa compagnie. Elle se dirigea alors d’un pas rapide vers ses deux félins qui achevaient leur dîner et les convia tous deux à entrer sous la tente qu’elle referma prestement. Le jeune barde patientait tranquillement sur le bord du sentier, l’observant ensuite protéger son campement à l’aide d’un Protego Totalum qu’elle exécuta parfaitement, avec la maîtrise de ceux qui l’utilisaient régulièrement. Convenant qu’il était effectivement plus prudent de mettre leurs affaires à l’abri, il fit quelques pas en sens inverse et s’empara à son tour de son sac de randonnée qu’il hissa sur l’épaule qui n’était pas blessée. Regardant rapidement autour de lui, il avisa un grand rocher plat et s’en approchant, fourra son sac dessous en s’assurant qu’en cas de pluie, ses affaires ne seraient pas trempées. A chacun sa protection. Il se retourna ensuite vers la jeune femme en lui accordant un petit sourire taquin, conscient que leurs visions de la protection différaient quelque peu.

Alors qu’un nouveau mal de tête s’insinuait sournoisement sous son crâne, il fit contre mauvaise fortune bon cœur et continua d’afficher un petit sourire à l’égard de Kalista. C’était après tout, fort aimable de sa part de tenir à l’accompagner. Même si sa fierté était un peu atteinte. Il avait l’habitude de se débrouiller seul et revendiquait une forte indépendance. Ceci dit, cette forte indépendance n’avait été d’aucun secours la nuit précédente, aussi se radoucit-il en se moquant de lui-même et fit signe à la jeune femme de passer devant. Elle avait parcouru le chemin seule à l’aller et, bien qu’il ait un excellent sens de l’orientation, si compagnie elle devait lui tenir, autant profiter de ses qualités d’éclaireuse pour le guider vers le lieu de l’attaque. Il lui emboîta le pas d’une démarche peut-être un peu moins assurée qu’habituellement. D’ordinaire, il marchait seul et silencieux. Chantonnant tout au plus pour lui-même. Mais la présence d’une tierce personne n’était pas sans lui rappeler que ses longs silences, et son côté taciturne étaient bien souvent dérangeants pour ceux qui l’accompagnaient. Aussi, fit-il un effort et entama de sa voix grave et agréable, la narration d’une légende locale à propos du pic Sherman. Après tout, il lui avait promis tantôt.


HJ: Avec la participation de Kalista pour ses faits et gestes. Encore.
J'espère que ça t'ira. Smile


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar






Age du personnage : 18 ans
Messages : 99
Localisation : Londres
Scolarité : Oiseau-Tonnerre à Ilvermorny (2009-2016)
Occupation : Photographe

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Lun 3 Avr - 13:17


    Une fois les deux morfales servis, je me saisis d’un sac à dos dans lequel j’avais mis tout ce dont j’aurais besoin au cas où notre trajet se passe mal. Parce qu’il était hors de question que je le laisse y aller seul.
    Bon d’accord, c’était un peu une attitude de mère poule, ou fille collante, mais je n’allais pas le laisser vagabonder ainsi dans un si mauvais état, en prenant le risque que le félin lui retombe dessus pour terminer ce qu’il avait commencé. D’ailleurs, si ce dernier était partit, c’était probablement parce qu’il avait cru tuer son adversaire, or ce n’était pas le cas. Il ne m’avait pas attaquée parce que je n’avais rien fait de mal mais s’il sentait qu’Ezio était toujours vivant, il allait peut-être revenir.
    J’imaginai aisément qu’il possédait un odorat qui le rendrait capable d’une telle prouesse.

    J’avais cru à une blague quand il avait parlé d’y aller sans moi mais j’avais bien fini par comprendre qu’il pensait réellement ses bêtises en m’affirmant qu’il serait de retour sous peu. Oui, ou pas du tout, bouffé par un chat sauvage magique et sanguinaire ! Ah, les hommes, toujours à penser qu’ils n’ont pas besoin de nous, les femmes, alors qu’ils savent pertinemment qu’on a toujours raison et qu’ils ne seraient rien sans nous.
    Bon, j’imagine que l’inverse est aussi valable, nous avons peut-être aussi besoin d’eux parfois, quoi que la magie ne remplace pas trop mal la force d’un homme par exemple.
    Quoi qu’il en soit, j’estimais n’avoir besoin de personne et il en était probablement de même pour Ezio, sinon que faisions nous ici par nous-même à la base ?

    J’étais donc bien déterminée à l’accompagner. Il ne pourrait pas me faire changer d’avis.
    Une fois mes affaires et chats mit rapidement en sûreté, j’emboitai le pas au Barde qui avait déjà commencé sa route sans moi après avoir rangé ses affaires sous un rocher. Pourquoi ne pas les avoir mis en sécurité dans ma tente protégée par un sortilège ?
    Le pas rapide, je vins me mettre à sa hauteur pour lui lancer un regard faussement noir –on voyait probablement mon air amusé derrière cette mascarade- qui signifiait « fais gaffe, je t’ai à l’œil ! ».
    Pour la crédibilité, on repassera.
    Contrairement à Ezio qui devait toujours avoir du mal à se déplacer avec ses blessures, bien qu’elles soient bien pansées, je gambadai gaiement dans la neige, heureuse pour un rien. Je sentais d’ailleurs cette masse blanche craquer sous mes chaussures de randonnée. J’avais toujours adoré cette sensation qui laissait supposer à une matière dure et cassable alors que la neige n’était rien d’autre qu’un aimât de flocons tout doux.

    Je ne perdis cependant pas le chemin, dont j’avais pris quelques repaires lors de mon premier passage. J’avais un peu de mal parfois, n’ayant un souvenir que de nuit, mais j’allais m’en sortir, je le savais. J’avais toujours eu un bon sens de l’orientation et je comptais bien m’en servir pour m’éviter bien des situations embarrassantes.
    J’avais presque envie de me mettre à siffloter. J’avais toujours adoré la musique mais j’évitais d’en écouter dans ces instants, trop absorbée par les bruits et sons de la forêt, et aussi par soucis de respect pour les animaux vivants ici.
    Au même instant, j’entendis la voix d’Ezio quelques mètres derrière moi –j’allais le perdre à force !- et ne compris pas tout de suite s’il me parlait ou non. Il était en fait en train de conter l’histoire du pic Sherman. Intéressée, je ralenti soudainement mes pas pour ne pas louper une miette de cette histoire. Il n’y avait pas à dire, il savait de quoi il parlait, et il savait raconter les choses.
    J’imaginais même qu’une personne peu intéressée par le sujet finirait par l’écouter tant il parlait avec assurance et connaissance. Et sa voix avec quelque chose de spécial, d’hypnotisant parfois. Je l’écoutais donc avec plaisir, le distançant parfois encore de quelques mètres, sans oublier de jeter des regards dans les environs pour ne pas louper un virage.

    Puis je repérai un rocher. Le fameux rocher non loin duquel j’avais trouvé Ezio et qui, en pleine lumière, faisait peur à voir tant il était barbouillé de sang maintenant noirâtre.
    Je me doutais que cela lui ferait tout drôle de voir ça et qu’il se sentirait probablement très chanceux d’être encore en vie après une épreuve pareille. Bien que cette pensée avait probablement traversé son esprit de nombreuses fois depuis qu’il s’était réveillé dans ma tente.

    - C’est ici.

    J’avais lancé cela d’une voix assez sobre tant l’information était plus qu’évidente. Les traces de sang et de combat ne laissaient aucune chance au doute.
    Prudente, je voulu faire un petit tour afin de m’assurer qu’aucune bête étrange ne rôdait encore dans les parages alors que je laissai Ezio s’occuper de récupérer les affaires qu’il souhaitait. Et je voulais lui laisser un peu d’intimité aussi, contrairement à tout à l’heure, même s’il ne s’en était pas rendu compte. Je culpabilisais encore un petit peu.
    Je m’éloignai donc de quelques mètres pour faire une ronde, baguette à la main, juste au cas où. Après quelques minutes sans voir le moindre être vivant, je revins doucement vers Ezio et pris soin de cacher ma baguette avant qu’il ne la voit. Je le savais peu à l’aise avec ces bouts de bois.

    - Vous avez retrouvé quelque chose ?

    Pour ma part, le seul problème que j'avais trouvé se situait toujours dans le ciel et ses nuages plus qu'insistants. A la fin de ma question, je reçu d'ailleurs une goutte d'eau sur le nez, ce qui me poussa à lever les yeux.
    Je ne savais pas ce qui se préparait, mais j'avais hâte de retourner au campement. Je sentais que nous allions passer une nuit agitée. Dans le sens où ce serait la tempête météorologique, bien entendu ! J'espérai d'ailleurs qu'Ezio parvienne à trouver le sommeil avec ses blessures partiellement soignées. Si du poison se trouvait encore dans son corps, il risquait d'être fiévreux ou de faire des rêves peu agréables. Je ne savais pas si je serais capable de le veiller une nuit de plus, je commençais à ressentir la fatigue assez intensément, si bien que je m'installai sur un autre rocher non loin de lui.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t209-kalista-hopkins-o-wild-american-witch http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t192-kalista-diana-vlasova-hopkins
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 374
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Mar 11 Avr - 16:11

Son guide avait tout du chamois. De la silhouette longiligne à l’agilité sur les rochers. Elle avait beau prétendre le tenir à l’œil, il avait craint à de nombreuses reprises qu’elle ne le distance sans s’en rendre compte. Son avancée lui était rendu pénible par la blessure de sa jambe dont il n’avait que peu fait cas en comparaison de son épaule et la faiblesse qu’il ressentait à cause du poison. Parfois ses jambes se dérobaient sous lui, ou sa vision se brouillait un court instant, l’obligeant à ralentir une allure déjà peu vive à la base. Intérieurement, il souriait, ayant l’impression de payer pour toutes celles et ceux qu’il avait traîné à pas vifs dans les montagnes, sans avoir conscience de la souffrance qu’on pouvait éprouver à marcher sans être au mieux de sa forme. Le chaud et le froid battaient sa peau à tour de rôle, tandis que sa tête se refusait à fonctionner sereinement.

Il poursuivit néanmoins son histoire, faisant quelques pauses pour reprendre ses esprits, mais conscient que tant qu’il parlait, Kalista restait inconsciemment à portée de sa voix. N’osant lui demander de ralentir l’allure, de l’attendre ou encore de faire une pause, il suivait en serrant les dents, priant pour ne pas s’effondrer en brisant les barrières du peu de prestance qu’il lui restait après cette nuit cauchemardesque.

La vision du rocher maculé d’un sang noirâtre rendit les choses bien plus réelles encore que ses blessures. Passé le premier choc de constater qu’il avait dû laisser sur place une bonne quantité de sang, il réalisa qu’il devait s’avérer chanceux sur trois points. Le fait que la bête ne l’ait pas achevé, le fait que Kalista l’ait trouvé… et, il fallait l’avouer, le fait d’être sorcier. Jamais un moldu – dont la consistance est plus que fragile – n’aurait survécu à de telles blessures. Il laissa ses yeux parcourir la surface de la pierre qui l’avait accueilli cette nuit, esquissa les contours de son corps gisant au sol et fut rapidement pris à nouveau de nausées.

Kalista ayant eu la délicatesse de s’éloigner un peu, il put laisser libre court à sa faiblesse en s’appuyant contre un autre rocher. Inspirant et expirant calmement, il s’efforçait tant bien que mal de faire cesser les sueurs qui ruisselaient dans son cou et de ralentir le manège qu’avait entrepris sa tête qui tournait sans répit.
Après un instant de calme, il se plongea à nouveau dans le combat nocturne pour tenter de retracer ses mouvements et mettre la main sur ce qu’il cherchait. Sursautant au moindre bruit, il ne pouvait s’empêcher d’imaginer la bête revenir sur ses pas pour achever ce qui devait être. Aussi surprenant que cela soit, la présence de Kalista le rassurait. Il supposait sans hésitations qu’en plus de sa délicatesse, elle faisait preuve d’une prudence extrême qui l’avait poussée à entamer une ronde autour des lieux. Il reprit donc ses investigations de manière méthodique et mit rapidement la main sur les premiers objets. L’une des flûtes était brisée en deux endroits. Il l’examina tranquillement avant de la déposer en trois parties sur un rocher plat, en offrande à la montagne. Un papier kraft détrempé qui avait abrité sa réserve de mangue séchée - lubies du moment - était éventré sur le sol. Il le ramassa, conscient que son contenu était désormais inexploitable, mais ne pouvant se résoudre à laisser de telles choses dans une nature aussi pure. Le premier carnet sur lequel il tomba était barbouillé d’un sang rouge vif qui couvrait croquis et écritures. Sentant une vague de découragement s’ajouter aux différents degrés de douleur, il le fourra néanmoins dans sa poche. Quelques autres objets vinrent rejoindre l'abri de ses poches en plus ou moins bon état. Un livre de poche, quelques provisions non gâtées par la pluie.
Enfin prêt à se rapprocher de ce damné rocher, il fit quelques pas dans la direction de la pierre sur laquelle l’avait trouvé Kalista. Alors qu’il passait une main sur la surface râpeuse, il constata que le sang était encore poisseux et laissait des marques sur la pulpe de ses doigts. Fasciné par cette confrontation indirecte avec sa propre mort, il resta une minute complète à observer ses empreintes digitales sous la coloration carmin. Puis il les vit. Traçant presque un chemin ou une direction. Comme soigneusement étalés, rieurs et artistiques, à une distance presque équivalente les uns des autres.
Les trois cailloux.
Leurs surfaces polies, leurs couleurs particulières et leurs formes singulières l’attirèrent une fois encore. Si bien qu’il du résister pour ne pas tendre la main et s’en saisir à nouveau. Il avait cependant retenu la leçon et les laisserait là, en offrande également à une créature qui avait failli poser le point final à ses aventures avant de le propulser dans la plus grande qui soit dans la vie d’un homme.
A leur côté, il distingua sous une couche de gravillons et de sang, le cordon du pendentif d’Anastasia. Il s’accroupit avec précaution et envoya une main peu assurée le récupérer. Le bois de l’étoile semblait avoir moyennement apprécié et la douche et le sang. Assombri et taché, il était néanmoins intact, si bien qu’Ezio le plaça avec le carnet, dans la poche latérale de son pantalon.
Après un dernier regard aux trois petites pierres, il se redressa dans un étourdissement et regretta d’être parti sans eau.
S’il savait pouvoir en trouver ici – la cascade faisant partie des souvenirs les plus prégnants – il constata néanmoins qu’il lui faudrait fournir un nouvel effort physique pour atteindre l’eau de cette dernière et se sentait à bout de forces. Il s’y traina cependant, dans un accès d’obstination à aller contre ses faiblesses et gagna rapidement la roche au-dessus de laquelle il se pencha pour s’abreuver.

« Si tu pouvais éviter de tomber dedans… »

Alors qu’il en profitait pour nettoyer ses doigts et se passer de l’eau sur la nuque, il avisa un renfoncement de la roche derrière la cascade qui laissait présager une grotte.

Essoufflé comme s’il avait gravi l’Everest, il regagna finalement le secteur maudit pour achever de chercher ce qui manquait encore.

Kalista revint à ce moment, l’air si soucieux qu’il crut un instant qu’elle était tombée sur la créature. La voyant froncer le nez aux premières gouttes venues des cieux, il réalisa qu’elle s’en faisait pour la météo. Pour sa part, il s’était résigné à subir les assauts d’un bel orage depuis quelques longues minutes déjà. La forme des nuages et la vitesse à laquelle ils s’étaient élevé puis étendus laissait peu de place à l’improvisation.
D’expérience, il savait que la nuit serait délicate. Bien que protégés de la pluie par un probable sortilège de la jeune sorcière, il était peu présumable qu’elle maîtrise suffisamment de sorts météorologiques capables de les mettre à l’abri d’un véritable orage de montagne. Les impacts de foudre pouvaient être dramatiques pour des campeurs, le vent, un ennemi redoutable, mais ce qu’il craignait le plus était le ruissellement. Au vu du placement du camp de Kalista, des glaciers et ravinements environnants, il ne serait pas improbable que la moitié de la montagne leur déboule dessus. Avec un soupçon de dramatisation, certes.
Déjà, d’autres gouttes venaient s’adjoindre aux premières téméraires alors que le vent se levait.

- Oui, en quelques sortes... Peu de chose à sauver, cependant. Répondit-il avec une pointe de mélancolie peut-être malvenue au vu du prix qu’il aurait pu payer. Se rattrapant dans un faible sourire, il ajouta : Peu importe. L’issue aurait pu être bien plus tragique.

Alors qu’elle s’installait sur un rocher, il prit une autre minute pour parcourir à nouveau le secteur des yeux. Un second carnet était échoué aux pieds de la jeune femme. Le récupérant d’un geste qu’il aurait dû prévoir moins brusque, il constata avec liesse que ce dernier n’était pas constellé de son sang. Bien que détrempé – mais il pourrait toujours sécher – il contenait quelques travaux qui lui tenaient à cœur et pour lesquels il y avait eu presque urgence vitale à les écrire. Ils faisaient partie de ces idées qui l’empoisonnaient de l’intérieur s’il ne parvenait à les coucher sur papier. Quelques écrits sombres, exutoires d’une époque pas si révolue que ça.
Dans un profond soupir, il remit l’objet avec ses camarades, accordant un regard d’excuse à Kalista qui signifiait qu’il était conscient de la futilité qui pouvait transparaître dans ses actes. Il s’agissait néanmoins de quelque chose de plus profond, qui le maintenait en vie depuis si longtemps maintenant qu’il ne pouvait se résoudre à prendre le risque de ne pas essayer de les sauver.

Le premier coup de tonnerre gronda au loin. En montagne, ils ont la particularité de sembler venir des entrailles de la terre. Il leva rapidement ses yeux sombres vers un ciel qui semblait vouloir rivaliser de noirceurs avec eux et plissa le front.

- Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais, ce qui se prépare risque d’être pire que la nuit précédente. Il détourna un regard un peu gêné, une fossette soulignant un sourire en coin qui n’avait pas grand-chose de l’amusement. D’un point de vue météorologique, bien entendu. Crut-il bon de préciser avant de la regarder à nouveau dans les yeux.

Son regard naviguait maintenant de la grotte aux cieux et se posèrent enfin sur le chemin de la redescente. S’il avait avisé cet abri la nuit précédente, il aurait apporté ses affaires pour y passer l’orage sans trop de dégâts.
Se tournant à nouveau vers la jeune femme, il nota qu’elle semblait également épuisée. Et réalisa que la faute lui incombait. Culpabilisant, il l’observa, attendri par le contraste curieux de sa détermination à l’accompagner malgré fatigue et jeunesse.
Son esprit toujours embrouillé tentait désespérément de faire la part des choses. S’il avait été seul, il aurait aisément choisi. Sauf qu’il ne s’agissait pas seulement de lui aujourd’hui et qu’il ignorait qu’elles pouvaient être les compétences – et limites – de la jeune femme. Habitué à décider en fonction de sa seule vision des choses, il était dérouté par le fait de devoir penser à la sécurité d’un autre être, ce qui le conforta dans sa vision solitaire de la vie. Les choses étaient décidément plus simples quand on n’avait à régir qu’une seule voix.

D’autre part, il mettait en balance que son état ne lui permettrait pas d’être d’une compagnie agréable et efficace, il était prêt à mettre sa main au feu que sitôt installé, après la retombée de l’adrénaline, il ne serait plus bon qu’à délirer sous l’emprise de la fièvre.
Il s’approcha de la jeune femme et s’autorisa à poser une main sur son épaule.

- Kalista ? Je ne suis pas certain que nos tentes résisteront à la nuit. Il la contempla gravement, tâchant de lui faire confiance qu’il ne mettait pas en doute ses compétences de survie, mais que l’épisode orageux qui allait suivre serait d’une intensité particulièrement redoutable. Il y a un renfoncement derrière la cascade , indiqua-t-il en la désignant Suffisamment spacieux pour y passer la nuit. Lâcha-t-il en se demandant soudainement si la jeune fille avait seulement envisagé qu’ils passent la nuit côte à côte. Etant donné le placement du camp, il serait peut-être préférable de tenter le coup en rapportant nos affaires. Qu’en dites-vous ?

Ce disant, il prit conscience de la nouvelle marche qui l'attendait.


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar






Age du personnage : 18 ans
Messages : 99
Localisation : Londres
Scolarité : Oiseau-Tonnerre à Ilvermorny (2009-2016)
Occupation : Photographe

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Mar 11 Avr - 21:35


    J’avais toujours détesté le combo pluie ET vent.
    J’étais déjà très peu à l’aise avec l’humidité. Transpirer en hiver était une torture pour moi. Mais lorsque le vent vient s’immiscer en plus de l’eau, cela frôle la limite du supportable. Et je sentais que c’était ce qui allait se produire ce soir. Déjà, les rayons du soleil commençaient à faire leurs timides derrière les arbres, contrairement aux nuages de plus en plus foncés qui cachaient eux-aussi une partie de la lumière. Nous allions avoir l’impression qu’il fait nuit bien avant l’heure !
    Et ce vent qui s’infiltrait déjà sous ma veste me faisait frissonner sans que je ne puisse me contrôler. Il fallait que je m’active prochainement sous peine de congeler sur place.

    Installée sur mon petit rocher, je détournai mon regard du ciel malveillant pour observer Ezio qui semblait avoir retrouvé pas mal de choses finalement, même s’il m’avait assuré du contraire.
    Le plus important était en effet d’avoir survécu à cette attaque qui, en général, s’avère mortelle, j’ose imaginer. Il avait eu de la chance et je n’avais pas confiance en ce félin magique. Si bien que même si ma baguette était rangée en dehors de son champ de vision, j’étais toutefois sur mes gardes. Est-ce qu’ils dévoraient aussi les « complices » même si ces derniers n’ont rien ramassé ? Je frissonnai de nouveau.

    - Beaucoup plus tragique en effet. Comme quoi parfois, c’est mieux de ne pas se retrouver seul !

    J’étais la première étonnée de ma propre réplique.
    J’avais décidé dès le début que mon voyage se ferait seule. Déjà, parce que personne n’était assez dingue pour m’accompagner et surtout pour s’acclimater à mon mode de vie. Et ensuite, parce que je préfère ne pas avoir de compte à rendre, ou quelqu’un à surveiller.
    Bon, dans l’idée, j’étais en ce moment même en train de « surveiller » Ezio, mais c’était temporaire et je le savais. Je lui rendais simplement service et j’évitai qu’il se fasse mettre hors d’état de nuire une bonne fois pour toutes.
    Je m’étais toujours dit qu’un jour, je rencontrerais peut-être cette personne, celle qui serait aussi sauvage que moi. Celle avec qui j’aurais un lien spécial qui ne me donnerait pas l’impression de devoir m’occuper d’une personne de plus que moi. Quelqu’un qui saurait se débrouiller et qui aurait la même vision de la vie que moi. Une personne qui comprendrait mon besoin de liberté.
    Je ne pense pas être le genre de fille qu’on apprivoise. Et je ne pense pas devenir le genre de femme qu’on puisse enfermer, mais plutôt celle qu’on aimerait laisser libre afin de la suivre dans ses aventures. La route serait sûrement encore longue avant de trouver un être avec qui je serais capable de partager ma vie.
    Pour le moment, Storm et Snow me convenaient parfaitement !

    Perdue dans mes pensées, j’entendis tout juste Ezio me parler de la météo.
    J’imaginais aisément qu’il avait pensé à la même chose que moi : cette nuit ne serait pas des plus calmes et il faudrait nous préparer à accueillir une tempête puisque nous ne pouvions pas quitter les lieux sans risquer de le blesser encore plus.
    Si seulement j’avais été plus entraînée en Transplanage, j’aurais pu utiliser cette technique. Mais je venais seulement d’avoir mon permis et la désartibulation arrive même aux meilleurs. Ce n’était clairement pas le moment de subir une telle chose. J’avais oublié l’idée assez vite et proposé au Barde de retourner manger et dormir à mon campement.
    Mais cette tempête venait compliquer les choses, comme si elles n’étaient pas déjà assez compliquées à la base. On peut dire qu’on cumule !

    Le regard perdu dans les nuages qui laissaient échapper un bon nombre de leurs gouttelettes désormais, je dû retenir un léger sursaut lorsque Ezio vint poser sa main sur mon épaule. Il avait été tellement introverti jusqu’ici, je ne l’imaginais pas m’approcher ainsi, même pour une raison aussi futile.
    Avais-je divagué si longtemps qu’il avait dû venir jusqu’à moi tant je n’entendais pas ses paroles ?
    Je secouai légèrement la tête, reprenant conscience de ce qui m’attendait et qui m’épuisait déjà d’avance. Sachant que j’étais déjà bien fatiguée. Mais, j’avais la jeunesse, non ? Ces quelques minutes de pauses allaient me remettre sur pieds, j’en étais certaine !

    - Oui ! Vous avez raison !

    Sur ces mots, je me levai d’un coup, légèrement brusque, mais avec motivation.
    Je n’imaginais pas une seule seconde Ezio m’accompagner pour aller rechercher nos affaires. Il n’allait pas tenir l’aller-retour, c’était donc hors de question qu’il vienne avec moi. Sans rien dire de plus, je me retournai vers mon sac à dos que j’avais déposé près du rocher afin de le remettre sur mon dos.
    Je me dirigeai ensuite d’un pas décidé vers ledit renfoncement derrière la cascade afin de voir à quoi elle ressemblait et si nous aurions la place de tenir à quatre là-dedans. Eh oui, n’oublions pas les félins.
    J’observai quelques instants l’intérieur de la caverne, peu convaincue par l’espace qu’elle offrait mais en revanche, persuadée qu’elle serait parfaite pour passer une nuit au sec et protégés du vent, qui en temps normal aurait arraché nos tentes du sol. Nous aurions pu tricher avec un peu de magie mais un souci nous serait forcément arrivé au bout d’un moment : se cacher dans les arbres pour prévenir le vent mais risquer un coup de foudre, se mettre sur une plaine pour éviter la foudre et risquer de voir les tentes s’envoler d’un coup de vent…
    Cette caverne était le compromis parfait.

    - Parfait, je vais chercher nos affaires.

    J’avais parlé d’un ton déterminé et sans possibilité d’argumenter car je pris directement la direction de mon campement, laissant Ezio, probablement étonné et planté sur place. Après quelques mètres seulement, je me retournai pour lui adresser un sourire amusé avant de lui tirer la langue d’un air de dire « T’façon, tu ne me rattraperas pas ! » Je n’allais pas lui laisser l’occasion de se blesser une fois de plus. Et j’imaginai comment auraient pu se dérouler les choses si de base, je l’avais laissé venir récupérer ses affaires sans moi. Il aurait dû revenir à mon campement pour me prévenir de la présence de la grotte avant d’y retourner. Il se serait ainsi coltiné le voyage trois fois de suite.
    Il était fou s’il pensait que j’allais le laisser faire.

    - Vous en faites pas hein, j’utiliserais la magie, évidemment ! Je me dépêche !

    Sur ce, je me retournai pour de bon avant d’accélérer le pas, pressée de rejoindre mes bébés et mes affaires. Et surtout, pressée d’enfin me retrouver à l’abri pour pouvoir dormir. J’osai espérer que le Barde ne ferait pas la bêtise de trop se promener vu son état et qu’il allait surtout rejoindre la caverne et s’installer comme il le pouvait en attendant mon retour. Je lui avais laissé ma bouteille d’eau au préalable et de quoi grignoter. Ce n’était pas grand-chose mais j’avais pris cela pour anticiper un éventuel problème.

    Mon allure était toujours rapide alors que j’étais à mi-chemin.
    Je pu sentir mes muscles qui commençaient à irradier mais je ne pensais qu’à une seule chose : me reposer, ENFIN. Je ferais probablement une courte pause à mon campement avant de repartir aussi vite que j’étais venue. Je procédai à quelques ralentissements durant la seconde moitié du chemin, afin de reprendre mon souffle et de laisser reposer un peu mes jambes.
    Enfin, je vis ma tente au loin et fut prise d’une irrésistible envie de me mettre à courir, pour finalement me laisser tomber de tout mon poids entre les deux chats, sur mon duvet et mes coussins entassées.

    - Ah, je suis morte !

    Immédiatement, les deux félins tout d’abord surpris, vinrent frotter leurs têtes contre la mienne, enfouie dans les coussins. Je respirai fort et pu constater que je sentais mon cœur battre au point que j’avais l’impression qu’il pourrait traverser ma poitrine.
    Heureusement, ce ne fut pas le cas et lorsque je repris mon souffle et que mon rythme cardiaque revint à la normale, je consenti à me remettre debout pour tout ranger. Tout d’abord à la main puis, trop inquiète à l’idée de laisser Ezio tout seul – désolée pour son ego ! – j’accélérai le mouvement grâce à la magie. De loin, on pouvait m’apercevoir en train de m’agiter dans tous les sens, entourée d’objets volants qui se rangeaient tous seuls à leur place, le tout sous les regards inquisiteurs des deux Maine Coon.

    S’ils pouvaient m’aider, ça irait bien plus vite !
    J’eu à peine cette pensée que je vis Storm s’éloigner d’un coup. Etant occupée dans le pliage de tente, je le hélai en lui demandant où il allait. Ce qui était totalement idiot, mais j’étais ainsi. Je laissai finalement tomber la tente pour voir ce qu’il faisait. La tête sous un rocher, il tentait d’extraire le sac que le Barde avait précédemment caché ici pour le protéger.
    Je me baissai afin de prendre mon chat dans les bras et de lui déposer un léger bisou sur le nez. N’aimant pas ça, il tenta de se dégager, ne comprenant pas pourquoi il avait l’impression d’être puni pour avoir bien agit.
    Je n’avais certes, pas oublié le sac d’Ezio, mais cela me fit sourire que mon chat soit si intelligent. J’eu un doute toutefois : cette race de chat était-elle magique en fin de compte ? J’en avais l’impression. A moins que MES chats soient capables de lire dans MES pensées, ce qui au fond, était plutôt cool aussi.

    Quelques minutes passèrent avant que j’entame le chemin du retour, sous une pluie clairement plus affirmée désormais. Détestant l’eau, Storm et Snow se précipitèrent sous les affaires en lévitation afin de se protéger. Il me faisait confiance pour ne pas lâcher ma concentration, autrement ils pourraient finir en jus de citrouille sous le poids de nos affaires.
    Le vent allant dans mon sens, je ne fus pas ralentie par ce dernier, mais la pluie m’embêtait réellement. Vu le froid, je pu apercevoir qu’elle était cristallisée par endroits mais globalement, c’était une pluie des plus ordinaires, annonçant un orage des plus coriaces.
    Je pressai le pas, levant ma baguette allumée par le sortilège Lumos afin de vaincre l’obscurité naissante et accentuée par les arbres et les nuages. D’ici, je pouvais déjà voir le lieu de l’attaque, c’était la dernière ligne droite.

    Le tonnerre grondait toujours au loin, menaçant de lâcher sa colère sur nous d’une minute à l’autre.
    J’arrivai finalement à l’entrée de la caverne. Les deux félins s’y engouffrèrent directement pour se caler dans un coin. Quant à moi, j’usai une dernière fois de ma baguette afin d’y faire entrer nos affaires pour les déposer dans un autre coin, avant de moi-même entrer.
    Je me laissai tomber sur mon sac, et exténuée, je laissai échapper un soupir de soulagement avant de m’allonger totalement sur mes affaires toujours empaquetée ensemble. J’aurais été capable de m’endormir.
    Je lançai un regard amusé à Ezio.

    - J’espère que vous avez été sage en mon absence !

    Je me laissai à rire un peu avant de reprendre la motivation pour déballer un peu mes affaires et surtout, pour me saisir de mon duvet et de la nourriture.
    Je me saisis de ma baguette afin de prononcer un sortilège de protection au cas où la bête féroce voudrait revenir. Je me mis ensuite directement dans le duvet en ayant pris soin de me débarrasser de mes chaussures et me réinstallai confortablement. Après quoi, je me lançai dans la préparation de deux sandwichs avec des crudités gardées au frais.

    - Un sandwich végétarien, ça vous irait ?

    Dans le mien, j’ajoutai au pain déjà tartiné de cream cheese : de la salade, des rondelles de tomates, des morceaux d’avocat et des tranches d’emmental. J’avais trop faim.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t209-kalista-hopkins-o-wild-american-witch http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t192-kalista-diana-vlasova-hopkins
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 374
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Mar 25 Avr - 23:24

« Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul. »


Le sandwich végétarien fut contemplé d’un œil sauvage et méfiant. Il incarnait le coup de grâce qu’elle venait de lui asséner et s’inscrivait  - de son point de vue - dans un processus d’infantilisation qui contribuait largement à son humeur, qu’il avait depuis quelques minutes, fort maussade. Non pas qu’il ait quelque chose contre les sandwiches, ou le fait de ne pas manger de viande - la question de régime alimentaire ne se posait pas. Mais se voir traiter comme un enfant à qui l’on demande sagement d’attendre sans faire de bêtises, pour ensuite se voir offrir un casse-croûte, ne lui convenait pas du tout.

Aussi, par esprit de contradiction mêlé à un accès de taciturnité, refusa-t-il le sandwich d’un mouvement de tête. La jeune femme insista en achevant patiemment son œuvre et le lui fourrant de force dans les mains, assorti d’un « bon appétit » fusant. Après avoir brièvement levé les yeux au ciel, il posa discrètement la chose sur son sac et laissa ses yeux vagabonder sur les parois rocheuses et sombres.

Il l’avait regardée repartir, impuissant à réagir immédiatement pour lui emboîter le pas et avait eu tout le temps de regretter cette faiblesse en ruminant des pensées aussi sombres que le sang maculant la roche des alentours. Il avait bien essayé de descendre à son tour pour l’intercepter en chemin et lui faire comprendre qu’il n’était pas de ceux qui attendent sagement à la maison que les autres reviennent, cependant, sa tête se mit à tourner si vivement qu’il acheva sa course à quatre pattes sur la roche pointue, menaçant une nouvelle fois de rendre le déjeuner qu’il n’avait pas avalé. Renonçant alors à risquer de s’effondrer en chemin pour une question d’égo mal placé, il s’assit sur son obstination et se laissa gagner par la morosité en contemplant l’immensité sauvage qui s’étendait face à lui.

Après quelques minutes à ruminer, et sentant les effluves du malaise passer, il se remit sur pied et entreprit de se rendre utile en explorant la caverne qui les abriterait pour la nuit.

Elle n’était pas très large et, de ce qu’il en avait vu, n’abritait pas d’occupant. Un court instant, il s’était pris à ricaner tout seul, imaginant le Paerahn logeant ici, bien tapi dans l’obscurité. Il n’en était rien, fort heureusement. La voute était suffisamment haute pour qu’il s’y tienne debout et le sol semblait, peu ou prou, sec. La cascade qui couvrait l’entrée offrait un rempart à la faune qui s’aventurerait dans le secteur et les dissimulerait aux yeux et flairs des éventuels prédateurs. Dans le fond, un passage très étroit paraissait s’enfoncer en un boyau plus étriqué encore qui plongeait dans les entrailles de la montagne et dont il ne voyait pas le fond. N’ayant pas sa lampe de poche et n’étant pas certain de pouvoir se contorsionner suffisamment pour y passer les épaules, il évita de s’y engager imprudemment et se contenta de tendre une oreille attentive à un éventuel mouvement en contre-bas. Il n’entendit que la cascade et, potentiellement, un cours d’eau souterrain qui semblait gronder loin sous ses pieds. Explorant le sol de la caverne, il ne nota pas de traces particulières qui auraient pu laisser supposer la présence d’un être vivant plus bas. Se promettant d’explorer plus amplement les lieux lorsque Kalista reviendrait, il retourna à l’extérieur pour la guetter alors que les éléments entreprenaient de se déchainer.

Que faisait-elle ?

Il envisagea un instant qu’elle ait pu avoir un problème ; Faire une mauvaise rencontre, avoir du mal à porter les sacs. Puis se rappela qu’elle était sorcière. Le poids de sa charge ne devait donc pas être un obstacle si elle maîtrisait les sorts élémentaires - et son épaule était témoin que c’était le cas. Il songea ensuite aux prédateurs en lice et espéra qu’elle saurait se défendre le cas échéant. A nouveau, il tendit l’oreille et tenta d’apercevoir sur les pentes du mont, une petite silhouette couronnée de feu.
Alors que les minutes passaient, son inquiétude grandissait et, de façon inversement proportionnelle, sa mauvaise humeur s’atténuait laissant place à la culpabilité de l’avoir laissé y aller seule.
Il engagea quelques nouveaux pas pour aller à sa rencontre mais son corps protesta par des vertiges plus forts encore qui l’obligèrent à s’appuyer à la roche pour recouvrer une vue troublée. Pris d’un rire nerveux qu’il attribua autant à la fièvre qu’à sa position de proie « offerte aux caprices de la montagne », il laissa les goutes glacées que vomissait le ciel lui baigner le visage, pour essayer de retrouver un esprit plus clair. Encore quelques pas prudents et il l’aperçue enfin. Profitant un cours instant du spectacle offert par une petite sorcière rousse précédée de deux chats et d’une cohorte d’affaires en lévitation sous un ciel tourmenté, il détailla la scène pour la graver, elle aussi, dans sa mémoire. La lumière étrange de l’orage en préparation conférait à l’image une nette découpe de couleurs. La silhouette vive de Kalista tranchait avec le sol minéral et blanchi et alors qu’un éclair déchirait le ciel, il dessina l’ombre très nette du cortège qui montait vers lui. Désireux d’éviter une conversation où son entêtement à la suivre vainement serait mis à mal, il regagna discrètement l’intérieur de la caverne.

Prostré, dos à la paroi de pierre, à côté du sac que Kalista avait bien voulu lui amener, il jouait du bout du pied à envoyer promener quelques poussières tout en laissant vagabonder son esprit fatigué. Son corps semi-engourdi par une nuit harassante suivie d’une journée à peine plus reposante lui paraissait si lourd qu’il n’avait plus la force de se lever pour aller bouder plus loin. A plusieurs reprises il avait senti le regard de la jeune femme sur lui, mais n’avait pas prononcé plus de deux mots depuis son retour. Il avait poliment maîtrisé sa morosité pour la remercier lorsqu’elle était reparue – ne relevant pas sa requête de sagesse en son absence - , puis s’était enfermé dans un silence distant, causé à la fois par cet écueil à sa fierté et son mal être physique. Trop d’émotions contradictoires, probablement. La peur pour commencer, l’orgueil bafoué d’avoir été trouvé dans une telle situation, ensuite la culpabilité de l’avoir laissée repartir seule, pour se voir traiter comme un enfant pour finir. Il savait sa réaction stupide, mais n’avait pas suffisamment de forces pour la contrôler davantage. Il se sentait las et fatigué. Il renversa la tête en arrière et ferma les yeux un moment pour faire taire la sourde douleur dans son crâne.

« In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed. »


Alors que défilait les mots, il s’évertuait à visualiser les images de sa marche avant que tout ne dérape. Des hauts sommets enneigés, aux glaciers colorés. Les cascades d’eau gelée se jetant dans des cours d’eau qui traversaient des vals mousseux et blanchis de rosée. Le bien être qui l’avait saisi autant que cette fatigue qu’il appréciait : celle ressentie après de longues journées de marche où l’épuisement est tel qu’il ne laisse place qu’aux ressentis basiques et anesthésie tout ce qui est superflu à la vie.

L’état d’ataraxie dans lequel on apprenait certains bardes à se plonger pour « supporter et s’abstenir » lui parut, une fois encore, bien loin de sa portée, il avait toujours trop ressenti les choses pour y faire complètement abstraction. Le détachement était néanmoins, nettement plus atteignable pour une douleur physique qu’émotionnelle, il avait – malheureusement – eut l’occasion de tester. Aussi se concentra-t-il de nouveau pour essayer de chasser la mélancolie qui faisait barrage à sa méditation.

« Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.»


Ne se rappelant que trop bien de chacune des circonstances dans laquelle il avait récité ce poème, il sentit son cœur se serrer. Réservé aux grandes douleurs, il avait servi quelques années auparavant à lui empêcher de perdre la tête à la mort de Shannon. Litanie répétée en boucle au sein des sous-sols de l’Ibas, du fond des nuits sans sommeil, ou au sommet des montagnes qui l’avaient ensuite accueilli, il lui semblait presque que son esprit parvenait à le réciter sans que ses pensées ne soient réellement fixées dessus.
Il vouait à ce poème une admiration sans borne et lui accordait volontiers un pouvoir salvateur et guérisseur de blessures morales. S’il avait pu ces années-là, lui faire accepter – bien qu’il n’atténue pas – une douleur aussi vive que cette perte, il était axiomatique qu’il ferait tout aussi bien effet pour un mal physique de cet acabit.

«It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll … »


Ayant fait, jusque-là, abstraction de Kalista, il finit par rouvrir les yeux après s’être suffisamment apaisé. Son ressentiment à l’idée d’avoir été mis à l’écart s’étouffait peu à peu, pour laisser place uniquement à une moue légèrement boudeuse diluée d’un sentiment curieux à l’égard de cette toute jeune femme qui avait su respecter son silence. S’il était capable de faire preuve de tempérance dans bien des domaines, il lui fallait maintenant vaincre ce sentiment de susceptibilité qui l’envahissait dès qu’on essayait de le materner. Saoirse en faisait souvent les frais et il n’était pas rare qu’il fasse exactement le contraire de ce qu’on lui demandait par pur besoin de signaler qu’il n’avait besoin de personne.  Il baissa les yeux sur ses mains qui encerclaient ses genoux et cherchant une position plus confortable, étendit ses jambes devant lui.

Un petit « Arrêt de bouder ! » Résonna à ses oreilles d’un ton taquin, alors que Kalista s’était réfugiée dans son sac de couchage. Il lui jeta un regard las pour commencer, puis s’autorisa un léger sourire à la vue de ce petit brin de femme perdue au milieu d’une caverne, emmitouflée dans un duvet et de grandes écharpes.
Il finit par retenir un sourire plus grand qui n’aurait pas été bien crédible avec l’humeur de toutes dernières minutes, puis se leva avec précautions.

-  Vous me donnez froid, comme ça. Mumura-t-il en s’approchant du petit foyer qu’il avait élevé à l’entrée de la caverne pendant son absence.  

Il s’accroupit, lui tournant le dos, et après quelques manipulations, des gestes assurés et deux trois mots de sa voix basse, révéla la naissance d’un petit feu qui brillait très légèrement mais diffusait une douce chaleur. Evitant soigneusement de regarder à nouveau la jeune femme, il retraversa la caverne et se laissa à nouveau tomber contre la roche.
De toutes les magies naturelles qu’il avait explorées, il en était une qui était sa spécialité depuis sa formation à l’IBas. L’obtention d’un feu pouvait être rendue aisée avec une pratique maîtrisée de magie blanche, quelques gestes druidiques et formules précis. La caverne baignait maintenant d’une douce lueur dont le rayonnement leur éviterait de geler sur place.

-  Je suis désolé. Enonça-t-il doucement.

Encore…

- Je n’ai pas l’habitude... Sa phrase s’acheva dans un haussement d’épaule suivi d’un regard direct.

Dehors, l’orage redoubla de violence si bien qu’une lumière bien plus crue pénétra par l’entrée de leur abri alors que le sol tremblait sous la violence de l’impact.

« I am the master of my fate :
I am the captain of my soul. » *




* Invictus, W. E. Henley


Avec l'accord et la participation de K. Hopkins.


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar






Age du personnage : 18 ans
Messages : 99
Localisation : Londres
Scolarité : Oiseau-Tonnerre à Ilvermorny (2009-2016)
Occupation : Photographe

MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Jeu 4 Mai - 15:07


    Bon d'accord, l’enchaînement de mes actions avait pour but de le toucher dans son égo, mais c'était totalement voulu et pas de façon méchante, simplement pour rire un peu de lui. Cela aurait probablement été pire si j'avais eu ce comportement naturellement, sans même remarquer que cela pouvait le blesser dans son statut d'homme capable de se débrouiller seul. D'homme plus âgé aussi et probablement beaucoup plus mâture et expérimenté, quel que soit le sujet.
    Voilà pourquoi cette situation avait quelque chose de comique et que je ne manquais pas une occasion d'en rajouter une couche pour me moquer de l'infirmité provisoire du Barde. Mais ce n'était pas méchant au fond, j'espérai qu'il s'en rendrait compte et qu'il cesserait enfin de faire cette moue !
    Quoi qu'il en soit, plus il ferait la tête, et plus j'en rajouterais. Jusqu'à ce qu'il lâche un sourire, même tordu.

    Il n’avait pas prononcé le moindre mot depuis mon retour, alors j’imaginai sans soucis qu’il faisait vraiment beaucoup la tête. J’avais lancé mon arme fatale en lui proposant mon sandwich, déjà pas très nourrissant, et en plus je lui avais confectionné moi-même. Il avait toutes les raisons de le prendre mal, et ça me faisait toujours autant rire.
    Je m’imaginais déjà le recroiser au détour d’une colline un jour où il serait au meilleur de sa forme et qu’il me ferait payer sans hésiter ce comportement provocateur. En m’abandonnant dans un coin de forêt ou en me semant lors de l’escalade d’un précipice, quelque chose comme ça. Mais je savais qu’il ne m’en voudrait pas plus que cela, ça ne semblait pas du tout être son genre.
    Du moins, je l’espérais !

    Je l’observai du coin de l’œil alors que je dévorais mon sandwich. Il n’avait pas daigné toucher au sien, encore un coup de son égo ça ! Mais je ne dis rien sur le coup, me contentant de lui jeter quelques regards en coin.
    Par moment, il semblait extrêmement pensif. Cela était probablement normal pour un poète de se retrouver perdu dans ses pensées parfois, bien que les songes qui semblaient lui traverser l’esprit n'avaient pas l'air d'être de tout repos et donnaient même l’impression de le blesser parfois.
    Pour éviter de me faire prendre à l’espionner une fois encore, je lui avais demandé – ou plutôt ordonné – d’arrêter de bouder, mais cela n’avait pas eu l’effet escompté. Du moins, pas immédiatement. Puis ENFIN, je pu voir un sourire se dessiner sur ses lèvres. Ouf !

    Rassurée, je m’étais réinstallée plus confortablement dans mon sac de couchage et je commençai à bien me réchauffer. De plus, la chaleur du feu qu’Ezio avait fait en mon absence se faisait pas mal ressentir elle-aussi, bien que le foyer se trouve évidemment à l’extérieur de la caverne.
    La tempête faisait d’ailleurs rage dehors et si je n’avais pas été aussi fatiguée, je me serais posé la question de comment j’allais finir par m’endormir avec un vacarme pareil. Bon certes, c’était un tout autre boucan que les bruits de voiture et de klaxons en plein centre de New-York. C’était un boucan agréable qu’offrait dame Nature. Mais c’en restait un boucan tout de même.
    Quoi qu’il en fût, j’étais beaucoup trop fatiguée pour avoir du mal à m’endormir. Pour une première escapade, c’était une escapade ! Et je ne risquais pas de l’oublier, bien que je n’aie aucune photo du cher Barde, qui avait refusé que je capture son image. Je pourrais toujours essayer de le dessiner ou de prendre une photo d’autre chose qui me le rappelle.
    Je n’imaginais pas qu’il soit possible qu’on se recroise. Du moins, pas par hasard. Le monde est petit certes, mais peut-être pas à ce point.

    Il me sortit d’ailleurs de mes rêveries en parlant du froid et du feu. Cela me fit sourire de voir que nous avions pensé à la même chose presque au même moment.

    - En fait, dans le sac de couchage, il fait sacrément chaud.

    Peut-être pas aussi chaud que de mettre ses paumes au-dessus des braises, mais très chaud tout de même. Et cela me convenait parfaitement pour le moment. D’ailleurs, je me demandais pourquoi Ezio ne faisait pas de même. Il avait bien emmené de quoi dormir, non ?
    En plus de cela, il devait être deux fois plus fatigué que moi. Outre la fatigue basique du randonneur, il avait du poison dans les veines qui n’avait pas encore été éliminé et qui devait le fatiguer grandement. Sans parler de sa perte de sang ou du peu de sommeil qu’il avait eut la nuit dernière.
    De plus, nous n’avions rien d’autre à faire. L’extérieur était impraticable et les arbres proches menaçaient d’attirer la foudre. Clairement, l’heure était à la sieste là.

    - L’habitude de ? Vous êtes super bizarre vous savez. J’imagine que ça vous rend attachant.

    J’espérai ne pas atteindre son égo une fois encore, parce que pour le coup, ce n’était vraiment pas le but. Terminant la dernière bouchée de mon sandwich, je désignai le sien, toujours posé et intact.

    - Je sais que vous auriez sûrement préféré un steak, mais c’est mieux que rien du tout, non ? En plus, l’avocat c’est super bon. Goûtez au moins !

    Il n’allait tout de même pas faire son compliqué !
    Certes, la viande, rouge probablement, lui aurait redonné des forces, mais je n’avais que rarement de la viande sur moi et je n’avais pas chassé récemment. J’avais toujours été une sorte de végétarienne un peu étrange.
    Je me souviens d’un épisode de ma vie où ma mère avait cuisiné une blanquette de veau. Innocente, j’avais demandé de quel animal il s’agissait et mon copain d’école qui se trouvait à table avec nous avait répondu : « C’est le bébé de la vache. On a l’a pris à sa mère et on l’a tué. »
    Autant vous dire que je n’ai pas terminé mon assiette et que je n’ai jamais remangé de veau depuis. J’ai par la suite éradiqué les viandes une par une de mes plats. A ce jour, la seule viande que je m’autorise à manger est le poisson. Et à l’avenir, j’imagine que je m’y remettrais avec la chasse.
    Globalement, ce n’est pas le fait de tuer un animal pour le manger qui me pose problème, car c’est dans l’ordre des choses finalement. On ne peut nier qu’il existe une chaine alimentaire. Ce sont les conditions d’élevage intensif ne me plaisent pas. Et je dois avouer avoir un faible pour les animaux tout de même. Coup d’œil à mes boules de poils paisiblement endormies malgré le vacarme.

    Un éclair vint d’ailleurs illuminer la caverne.
    Je sursautai sur le coup, imaginant la foudre frapper à quelques mètres de la grotte et tressailli. J’avais toujours adoré regarder les orages et les tempêtes par la fenêtre mais je devais avouer que ce n’était pas du tout le même spectacle lorsque nous étions directement confrontés à la chose.
    Cela n’en restait pas moins impressionnant. Même beaucoup plus à vrai dire. Après cette pensée, je vins me blottir encore plus au fond dans mon sac de couchage, laissant seulement les yeux et un bout du nez dépasser, ma tête se trouvant recouverte par ma capuche.

    - J’adore l’orage mais là, je ne suis pas super rassurée !

    Ma voix avait été partiellement étouffée par le sac alors que les vibrations du tonnerre qui suivaient les éclats lumineux étaient extrêmement rapprochées. Autant dire que le ciel nous tombait directement sur la tête.

    - Si vous ne voulez pas dormir, racontez-moi quelque chose. Comme par exemple… C’est quoi votre plan pour la suite ?

    J’avais eu envie de rajouter un petit « si on arrive à survivre » mais je n’étais pas certaine que la blague passe cette fois-ci.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t209-kalista-hopkins-o-wild-american-witch http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t192-kalista-diana-vlasova-hopkins
 
Praesĭdĭum |Kalista|
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» [refuge de Kalista] Paris s' endort, je n' ai pas sommeil...[privé ! ]
» je peux pas plaire a tout le monde, mais quand je vois a qui je ne plaid pas, ça ne me dérange pas ! - KALISTA

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chemins de Traverse :: Zone de Jeu :: Afrique, Amériques & Asie-