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Moment

Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Les absents ont toujours tort.
Méfiance, nous sommes d'humeur taquine...

Une animation d'Halloween vous attend...

Venez donc nous présenter vos plus beaux sourires.

Hé, t'as vu ton rang?

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 Praesĭdĭum |Kalista|

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Scottish Muffin

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MessageSujet: Praesĭdĭum |Kalista|   Jeu 29 Déc - 23:46

« Some say the world will end in fire,
Some say in ice.
From what I’ve tasted of desire
I hold with those who favor fire.
But if it had to perish twice,
I think I know enough of hate
To say that for destruction ice
Is also great
And would suffice . »
*



Mont Baker, Septembre 2016.


Dominé par les vents frais du début de journée, le sommet s’élevait désormais au-dessus des nuages fuyant à vive allure.
Le Mont Baker, dôme massif recouvert de glaciers, était le plus septentrional volcan de la chaîne des cascades et lui avait donné du fil à retordre quant à son ascension. Considéré comme toujours actif, il était étroitement surveillé par les scientifiques de par le danger qu’il représentait à l’égard des populations du comté de Whatcom.

Il naviguait depuis quelques jours déjà dans la réserve naturelle du Mont, enchanté par l’écosystème environnant et ravi de la réglementation qui imposait une limite au nombre de personnes et interdisait l’accès aux véhicules motorisés. Les lois régissant le parc permettaient d’y trouver le calme et la sérénité nécessaire à ce qu’il avait à faire. Depuis qu’il avait entrepris l’ascension du sommet, trois jours plus tôt, il n’avait croisé qu’un seul autre randonneur : un homme qui devait avoir son âge et son goût pour la solitude puisqu’il voyageait également seul. Les deux hommes s’étaient arrêtés tous deux à quelques mètres d’écart un soir pour bivouaquer, avaient échangé quelques mots autour d’un repas de fortune puis, d’un accord tacite, avaient choisi de passer leur soirée chacun de leur côté, non loin, mais dans un silence apaisant et bienvenu.
Depuis lors, Ezio n’avait plus croisé autre âme qui vive si ce n’était des animaux allant du cerf, au faucon pèlerin ainsi qu’un ou deux castors, pour son plus grand ravissement. Les traces d’un ours l’avaient prudemment écarté du chemin initial. Si l’animal le fascinait, il ne se remémorait que trop bien la dernière fois qu’il en avait croisé un et ne tenait plus vraiment à renouveler l’expérience.

Dans la douce lumière des premières lueurs de l’aube, il s’étira, courbatu par les nombreux jours de marche qui s’accumulaient derrière lui et se passa une eau gelée sur le visage qui ne manqua pas de réveiller ses sens. La vue du point culminant, le Grant Peak, sur lequel il se tenait encore la veille, lui procura à nouveau cette sensation d’accomplissement qu’il chérissait au cours de ses pérégrinations montagneuses. Le corps meurtri, les pieds criblés d’ampoules et l’esprit transporté de bonheur, il lui semblait ne pas s’être senti aussi bien depuis des années.
Se posant sur un rocher froid, il extirpa de son sac un petit carnet ainsi qu’un crayon et croqua rapidement la vue qui s’offrait à lui.
Alors que le soleil se découvrait à peine, il ressentit déjà l’agréable sensation de ses rayons sur son dos. La douce chaleur se diffusait presque jusqu’à l’os et achevait de tuer l’engourdissement de la nuit.
Quelques bâillements et un café tiédasse – mais ce sont les meilleurs en montagne - plus avant, il s’activa pour déblayer son menu campement au plus vite. Si le camping était interdit dans les zones protégées, un bivouac de quelques heures était néanmoins toléré, à condition que le randonneur eut fait disparaître toutes traces de sa présence, avant 7h. Il s’exécuta à la hâte et fut bientôt prêt à se remettre en marche. Il se trouvait désormais au pied du glacier Coleman, à contempler la bête qui avait essayé de lui faire la peau au cours des trois derniers jours et visait désormais un détour par le glacier chromatique, avant de pouvoir admirer les nombreuses chutes d’eau qui peuplaient les versants du Mont.

Le soleil avait, depuis, poursuivit sa course folle dans le ciel et répandait déjà des ombres grandissantes sur le relief rocheux que suivait le barde. L’état d’épuisement avait atteint le degré où son esprit divaguait et mélangeait pensées et souvenirs en une sorte de marasme étrange qu’il ne contrôlait plus. Ses jambes avalaient la distance sans obéir le moins du monde aux ordres de son cerveau qui semblait à des lieues du reste de son corps. C’était une sensation qu’il connaissait parfaitement et qui, bien que douloureuse, lui apportait une immense satisfaction.

Il avait pratiquement contourné le Mont Baker lorsqu’il parvint aux Lightning Falls et décida de s’octroyer une légère pause. Il abandonna son sac contre le pan d’un rocher et avança vers l’eau fraîche dans laquelle il plongea les mains avec délice et dans un plaisir non dissimulé. S’il avait appris qu’il était dangereux d’ôter trop vite ses chaussures dans des contrées éloignées de toute civilisation, il ne résista pas à l’envie de les délacer un peu et de s’assoir au bord de l’eau pour finir par s’étendre complètement sur le dos. Réalisant bien vite que s’il ne bougeait pas rapidement, il finirait par s’endormir là et se laisser surprendre par la nuit tombée, il s’accorda quelques minutes encore pour profiter des bruits environnants, qui n’étaient troublés par aucun pas, pas même les siens.
Le bruissement de la cascade jouait une douce mélodie à ses oreilles et dessinait dans son esprit des couleurs chatoyantes auxquelles se mêlait un visage qui lui arracha un sourire. Alors que l’un de ses bras reposait en travers de son visage pour masquer la lumière du soleil à ses yeux fatigués, l’autre, le long de son corps soulevait une main, amusée à parcourir le sol en quête de cailloux dont la texture différait des autres. Ses doigts en dégotèrent un à l’aspect plus lisse que les roches volcaniques qu’on pouvait trouver dans le secteur, s’en emparèrent, jouèrent un instant à le faire rouler, puis le glissèrent dans l’une des nombreuses poches de son pantalon.

Il n’aurait su dire combien de temps s’était écoulé depuis qu’il avait fermé les yeux – une fois de trop – mais lorsqu’il les rouvrit, les rayons du soleil se faisaient plus timides et annonçaient un après-midi plus qu’avancé.

- Merde.

Il se redressa brusquement sur son séant et le vit.

Des yeux brillants, surmontant un museau fin. Babines retroussées en un rictus peu amical, la créature l’observait. Incapable de dire précisément pourquoi, il était néanmoins persuadé qu’elle était là depuis de longues minutes. Il feignit l’immobilité le temps de détailler la bête et d’essayer de l’identifier. Elle ne ressemblait en rien aux espèces qu’il avait croisé depuis lors. Pour tout dire, elle ne ressemblait à rien qu’il ait déjà vu. Les crocs de la créature, dépassant de ses gencives noir de jais, était recourbés et pointues, en disant long sur son régime alimentaire. Un frisson glacé parcourut l’échine de l’homme. La bête n’était pas plus massive qu’un chat sauvage mais dégageait une puissance imposante de par sa musculature. Ses pattes avaient l’apparence de celles d’un félin, bien qu’on y devine à la base, l’emplacement d’une griffe probablement rétractile.

Passées les quelques secondes de stupeur paralysantes, Ezio remit son esprit en marche et chercha parmi ses connaissances de la faune, à retrouver l’identité de la créature qui se tenait face à lui. Cette dernière, presque statuaire, ne manifestait de l’animation qu’à travers le sourd grondement qui montait de sa poitrine, tel un avertissement. Alors que les noms défilaient à vive allure dans son esprit, le jeune barde reprit lentement appui sur ses pieds et mains, partagé entre l’envie de déguerpir et la peur de provoquer l’assaut de la bête en se mouvant trop brusquement.

La confrontation de leurs regards lui parut durer une éternité, et pas l’ombre d’un renseignement ne daignait se pointer pour lui venir en aide. Déjà, il traçait mentalement le trajet qu’il lui fallait effectuer pour atteindre son sac.

Et après ?

Sortir un pauvre canif ?

Il serait incapable de tuer une telle créature.

Les grands yeux en amande continuaient à l’observer comme s’ils cherchaient à communiquer. N’eut été le sombre présage du grondement de la bête, il aurait juré que cette dernière tentait de lui dire quelque chose. La fascination et la peur se mêlaient des deux côtés, yeux dans les yeux, dans un morbide magnétisme les liant l'un à l'autre. L’intelligence de la créature était une évidence. Derrière le regard à la couleur changeante, on décelait une hésitation. Comme si elle n’avait pas encore statué sur le sort de l’humain.

 - Je ne te veux pas de mal. Murmura le barde, tentant de l’amadouer de sa voix grave.

La créature inclina la tête – provoquant un léger sursaut de l’homme – et sembla le considérer sous un jour nouveau, écarquillant un peu plus les yeux.
De par son aspect particulier et la méconnaissance qui s’appliquait à son état, Ezio déduisit rapidement qu’il avait à faire à une créature magique. Il élimina dans les données tous les membres non magiques de la faune locale et poursuivit son lent mouvement visant à se remettre sur ses pieds.

 - Je ne fais que passer, je ne reste pas. Continua-t-il en tendant une main amicale en gage de paix.

Le poil de la bête se hérissa, alors que s’intensifiait le grondement. Le barde ramena rapidement sa main près de lui alors qu’un nouveau frisson le parcourait. Ce faisant, il heurta la poche de son pantalon, où cliquetèrent les quelques galets qu’il avait ramassé plus tôt.

Les oreilles de la créature se dressèrent un court instant avant de s’aplatir de chaque côté de sa tête au moment même où les yeux de l’homme s’agrandissaient de terreur sous le coup de la lumière qui se faisait.

« Un protecteur. »**

En une fraction de seconde, l’animal fut sur lui et le projeta au sol par la puissance de ses deux pattes avant. Alors que la tête du barde heurtait le sol sans douceur, la créature le plaqua au sol et se dressa au-dessus de lui, la gueule béante. Attendant l’assaut fatal des crocs qui ne vint pas, le barde ressenti néanmoins une vive douleur dans l’épaule gauche, alors que fusaient une multitude de petites aiguilles aiguisées comme de minuscules poignards, en provenance de la mâchoire de la bête. Aussitôt, les fourmillements dus au venin des dards lui envahirent et engourdirent l’épaule.

Dans une manœuvre désespérée pour se dégager de l’étreinte de la bête, le barde roula sur le côté et tenta de repousser son assaillant de ses bras et jambes avant que le venin ne le paralyse complètement et ne le laisse à la merci du Paerahn. La créature évita les coups avec une facilité qui aurait tiré quelques larmes de rage au barde s’il avait encore su pleurer. Elle le contempla encore un court instant, semblant toujours hésiter, avant de lever une patte menaçante qu’elle lança contre la cuisse de l’homme, au niveau de la poche latérale de son pantalon. Cette dernière se rompit sous l’attaque des griffes acérées et les trois petits cailloux responsables de tout, regagnèrent le sol dans un tintement lugubre.

« L'autre trait qui le caractérise est sa réaction extrême face aux intrus indélicats de son territoire. […]Les Amérindiens ne l'appelaient pas le ''Protecteur'' sans raison. Une sorte de lien quasi-mystique l'unit à la terre où il a élu résidence pour la saison. »

Saisi de violentes crampes musculaires dans tous le côté gauche, Ezio tentait par tous les moyens de gagner la roche en bord de cascade. S’il parvenait à se glisser dans l’interstice des deux rochers, la créature ne pourrait plus l’atteindre.

«  S'il demeure indifférent à un simple passage, toute atteinte portée à son territoire peut provoquer une violente colère. Une fleur cueillie, un arbre coupé sont autant de piques qui semblent lui être personnellement adressées, comme si la nature entière était une immense poupée vaudou reliée à son organisme… » **

Etendu sur le dos, il sentait peu à peu que ses membres ne répondaient plus, gagnés par la paralysie qu’engendrait le venin de Paerahn . Bientôt viendraient les hallucinations, à moins que la créature ne l’achève avant. Il ne parvenait plus à se souvenir du traitement que réservaient les Paerahn aux intrus qui osaient prélever des parties de leur territoire. Sa main droite, suffisamment éloignée des dards pour pouvoir se mouvoir encore un peu, tâcha d’atteindre la multitude d’aiguilles qui lui parsemaient l’épaule et tenta de les arracher pour en diminuer les effets.
Comme si elle sentait une nouvelle menace dans ce geste, la bête qui jusqu’alors se tenait à une distance observatrice, revint à la charge et élança une patte dominatrice sur l’épaule de l’homme qu’elle plaqua à nouveau au sol. En un semblant de miroir, il décela dans les yeux du Paerahn, la même terreur que ce dernier devait lire dans les siens. Alors que la bête ouvrait la bouche à nouveau, une lame bien plus grosse que celles qui lui piquaient la peau, jaillit de la patte de l’animal et transperça la chair sous sa clavicule. Le barde poussa un hurlement de douleur alors qu’il sentait un poison brûlant se déverser dans la plaie béante que laissait la griffe rétractile de l’animal. Lorsque celui-ci se retira, la vision de l’homme se brouillait déjà et sa gorge serrée de spasmes de douleur cherchait à éjecter un filet de sang qui lui coulait dans la bouche.

« La mort, pour trois cailloux. Quel prix… »



De l’eau sur son visage.

A travers la glace, un désert brûlant et des forêts, des formes mouvantes lui parlaient. La main de Saoirse qui s’abattait sur ses joues, avec violence. Ses mots un peu durs, prisant le « je te l’avais bien dit » alors que sur le loch noir et froid avançait un bateau aux voiles blanches surmontées d’une tête de dragon. Des silhouettes dansaient sous ses yeux et ne semblaient pas le voir, lui, allongé sur le dos, au pied d’un glacier, sous la pluie, en train de mourir.

« Seul et dans un ravin. Jolie prédiction Saoirse. »

Alors qu’il avait semblé si séduisant, à l’époque, de mourir seul avec le ciel pour seul toit, il réalisa que son ciel à lui, était empourpré de nuages et de sang, dépourvu d’étoiles et empli de visions plus terrifiantes les unes que les autres.
Ou donc était la douceur de la mort vantée par tout ceux-là ?
Une douleur lancinante dans son côté gauche lui rappelait le filet de vie qui s’accrochait encore à lui – à moins que ce ne fut le contraire.  Sa vision se brouilla encore une fois et il replongea dans des rêves fiévreux.



Une goutte ruissela le long de sa joue qui lui paraissait en feu. Son corps entier semblait brûler de flammes loties bien à l’intérieur.
Et la mort qui ne venait toujours pas. Peut-être fallait-il la supplier ?

La respiration entrecoupée de spasmes, il rouvrit les yeux sur le ciel d’encre et essaya de trouver la paix, une dernière fois. La perspective de mourir ne l’avait jamais effrayé jusque-là. Il acceptait l’idée de faire partie d’un tout et d’avoir eu pour prêt, une vie, qu’il menait comme il l’entendait. Alors que la pluie se répandait sur son visage, il tourna la tête pour chasser les larmes factices que le ciel faisait pleuvoir sur lui. Le contenu de ce qui restait de sa poche semblait le narguer, à quelques pouces de son visage. Les cailloux qu’il avait ramassés plus tôt et qui avait engendré la fureur du Paerahn, ainsi que le petit pendentif en forme d’étoile.
A leur vision vint l’apaisement attendu. Son corps engourdi ne faisait plus mal, et de douces images avaient remplacé celles plus fiévreuses, qui défilaient quelques heures plus tôt. Il sentait la chaleur des flammes du Lemon Tree sur sa peau. Une voix à son oreille, qui lui souhaitait une bonne année. Le rire de sa sœur 20 ans plus tôt. Le vent d’une soirée au sommet du monde et quelque part, au loin, un violon qui pleurait une mazurka belle à mourir.

A travers eux, une paire d’yeux clairs le contemplaient et la vision paraissait si réelle qu’il tendit une main à la rencontre de son visage. Si ses doigts se refermèrent dans le vide, il constata néanmoins que ses membres acceptaient à nouveau de se mouvoir et son esprit de fonctionner, un peu. Les pièces du puzzle, fragiles, essayaient à grand peine de se remettre en place. La créature – où était-elle passée ? – l’attaque, le venin. Il tressaillit. De combien de temps disposait-on avant de succomber aux blessures d’un Paerahn ?
Il avait été prêt à mourir sans regret des années durant. Plus que prêt. Et pourtant, ce soir, il lui semblait qu’il lui restait des milliers de choses à faire.

Il envoya sa main à la rencontre de son épaule et arracha brusquement les épines qui restaient. Ses doigts rencontrèrent alors la plaie laissée par le dard principal et il grimaça au contact de la chair meurtrie et probablement empoisonnée. Du sang chaud continuait à s’écouler de la blessure. Il inspira profondément et se laissa retomber sur le dos, le bras inerte.

« Reste calme. »

A quelques pas seulement, son sac. Dans ce dernier, ses plantes diverses et variées. Un mélange de poudre de gui, de poudre de bézoard et de corne de licorne. Il tourna la tête sur la droite et l’aperçut, contre la roche.
Il se redressa sur un bras, et fut pris de violentes nausées à ce simple mouvement. A ses oreilles tintaient des musiques venues des quatre coins du monde qui l’empêchaient de penser. Ses sens le trahissaient, les uns après les autres. Des pas au loin, des cris, tout prêt. Son coin du monde en solitaire lui parut soudainement bien peuplé et il réalisa que les hallucinations reprenaient de plus belle. Tremblant de tous ses membres, il fit une seconde tentative pour se remettre sur pied et parvint à rouler sur le côté dans la terre humide et la roche.

Il avait toujours ramassé des cailloux.

Et le bruit de la pluie, qui n’avait de cesse de tomber.

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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Ven 30 Déc - 18:06


    « Anyone ever lost in the wild knows that Nature wants you dead. »
    David Mamet


    Je ne savais pas quoi répondre à cette récurrente question que me posaient mes parents depuis une semaine. J’avais la sensation qu’ils ne pouvaient pas comprendre.
    Pourtant, ils avaient toujours été les premiers à me soutenir, même après avoir été mis au courant (une seconde fois après avoir subi le sortilège d’Oubliettes) de ma condition de sorcière.

    Ils étaient plus fiers que jamais.
    Mais ils me connaissaient. Devenir une sorcière, ou du moins réaliser que j’en étais une, n’allait en aucun cas changer chacun des aspects de ma personnalité. Peut-être que cela m’avait redonné confiance en moi. J’avais probablement pris de l’assurance et grandit différemment.
    Mais cela n’avait jamais changé mes convictions ou mes valeurs. Mes passions restaient les mêmes : le voyage et la photographie.
    En y repensant, j’avais beaucoup de passions, et la plupart d’entre-elles étaient d’ordre artistique. J’adorais le dessin, la peinture, la sculpture, et même le tatouage. Ainsi que le cinéma et la musique.
    Ma passion des voyages et de la photographie m’avaient aussi souvent mise en relation avec les animaux, que j’avais appris à adorer eux-aussi. Ils constituaient d’ailleurs mon unique passion non-artistique.

    Je voulais voir le monde entier.
    Les gens du monde entier. Les paysages du monde entier. Les animaux magiques et non-magiques du monde entier. Alors, comment répondre à cette question.

    - Quand reviens-tu ?

    J’avais haussé les épaules encore une fois. Ma mère était sidérée que je ne connaisse pas ma date de retour. Eh bien, cela dépend maman, combien de temps faut-il pour faire le tour de monde à bord d’un petit camion en s’arrêtant assez longtemps dans chaque coin pour en connaitre la faune et la flore ?
    Elle s’énervait à chaque fois. Du moins, intérieurement. Et bien que je sache qu’elle m’avait toujours trouvé trop sauvage, elle soutiendrait chacune de mes décisions concernant ma passion.
    Ce qui tombait bien car j’avais pour le moment besoin de mes parents afin de gérer une partie du côté financier. Pour m’aider à démarrer en sommes.

    - Passes au moins voir tes grands-parents.

    Il était évident que je n’allais pas partir sans dire au revoir. Je ne connaissais peut-être pas ma date de retour, mais je pouvais affirmer que ce n’était pas demain la veille !
    Mes parents me financeraient donc un petit peu au début, mais je savais déjà que mes photos valaient de l’argent. On m’en avait souvent réclamé.
    A la base, je ne comptais d’ailleurs pas les vendre, c’était simplement ma passion. Mais on m’a un jour demandé combien l’un de mes clichés coûtait.
    A l’époque, je n’en savais rien, et je fus très surprise qu’on s’intéresse à ce point à mes photos. Aujourd’hui, je considère cela comme un job. J’ai donc le privilège de ne pas avoir l’impression de travailler.

    Un jour peut-être, ma renommée sera mondiale et je pourrais enfin couler des jours heureux à la campagne… Ou pas.
    Je comptais être sur la route une bonne partie de ma vie. Difficile alors de se construire des attaches, des amis, un domicile fixe, une personne pour partager ma vie.
    La seule solution serait que cette personne soit comme moi, et je ne pense pas en avoir déjà rencontrée. La plupart des gens, bien que souvent très intéressés par ce style de vie, ne sont pas prêts à tout laisser tomber.
    En ce qui me concerne, je compte partir avant de commencer quoi que ce soit.
    Je n’ai donc rien à laisser tomber ou à perdre.

    Bien que la fin de l’été s’annonçait déjà dans les environs de New-York, j’avais ici déjà l’impression d’être au milieu de l’hiver.
    Mes grands-parents paternels vivaient au Canada et plus précisément à Vancouver. J’avais toujours adoré venir leur rendre visite. Les paysages étaient fabuleux. Et il y avait la neige bien entendu. La neige me rendait dingue. Je trouvais cela tellement magnifique.
    Et je la préférais étendue le long des flancs de montagnes ou bien recouvrant de l’herbe, plutôt que glissante sur le sol bétonné de New-York, ou n’importe quelle autre ville.
    On me demande souvent, vu mon caractère et ma vision de la vie, comment j’ai pu tenir si longtemps dans une ville telle que ma ville de naissance. La réponse est simple : je n’ai pas tenu. J’étais en perpétuelle dépression. Ce qui m’a sauvée, c’est Ilvermorny. J’ai pu passer sept années de ma vie en dehors de la ville, logée dans un magnifique édifice à flanc de montagne. Le rêve.
    La preuve étant qu’à peine revenue à New-York après avoir fini mes études, je ne pensais qu’à une seule chose : commencer mon road trip dès que possible pour ne plus avoir à vivre dans cet endroit.

    Je considérais donc ma visite à mes grands-parents comme une sorte de commencement. Il y avait plein de choses à voir là-bas et les environs constitueraient l’introduction à mon long voyage.
    J’avais entreprit de traverser le pays par avion en revanche. Certes, bien plus rapide que le camion, mais beaucoup moins que le transplanage. Ce pays avait beau être le mien, il était immense et peu pouvaient prétendre en avoir fait le tour.
    Et bien que je gardais sa visite totale pour la fin, je n’allais pas me priver d’un énième survol pour en contempler sa beauté dans toute sa largeur.

    - Bon voyage Kalista.

    Ma grand-mère était une femme exceptionnelle et partageait ma passion avec une certaine tristesse. Elle n’a jamais eu l’occasion de voyager comme elle l’aurait souhaité et m’enviait bien entendu.
    Ma force d’esprit, ma vivacité, ma jeunesse, mon temps… Tout ce qui lui manquait désormais.

    Elle me remit l’un de mes chats, avec tant bien que mal. La bête pesait près de dix kilos à ce jour. C’était tout l’intérêt d’avoir pris des Maine Coon. N’est-ce pas Snow ?
    La blanche demoiselle planta ses yeux vairons dans les miens d’un air de dire : alors, on le fait ce road trip ou on reste chez les vieux ?
    J’avais toujours eu la sensation de lire dans leurs esprits. Contrairement à ceux des humains qui m’étaient totalement étrangers. J’avais donc l’impression de les comprendre bien plus que les humains et préférais ainsi m’entourer d’eux.

    Je déposai Snow sur le sol, et elle s’empressa de rejoindre son frère Storm, à l’intérieur du petit camion aménagé. Il me faudrait en racheter un une fois en Europe, ou bien que je me décide à partir en bateau avec celui-ci.
    C’était encore à décider.
    Et nous voilà partis en direction du Sud, retour aux Etats-Unis, afin de visiter un endroit incontournable de la région. Le Mont Baker.
    Près de 4h de route nous séparait, mais pour moi, c’était « la porte à côté » vu la taille du pays.

    J’avais laissé mon véhicule sur le parking d’un hôtel de Glacier, et j’étais partie avec mon sac à dos - ensorcelé pour y mettre plus d'affaires - et mes deux chats. Je souris. Ils étaient aussi gros que des chats sauvages et n’avaient pas peur de grand-chose.
    Certains voyageaient avec leur chien, moi c’était avec mes chats.
    Parfois, je me demandais si cette race de chat n’était pas en fait une race magique. En tous cas, ils étaient magiques et uniques pour moi. Et apparemment, ils adoraient la neige autant que moi. Ils gambadaient comme des chatons. Je sentais qu’ils étaient heureux et je l’étais aussi.

    L’après-midi de ce jour-ci fut constitué presque entièrement de marche. Dès que les premiers rayons de soleil se mirent à faiblir, je m’empressai d’aménager mon petit bivouac. Si seulement j’avais pu garder mon camion.
    Du moins, son côté pratique. Evidemment, j’étais contre le fait que des engins à moteurs circulent dans le coin.
    Je vérifiai mes photos de la journée sur mes appareils et m’endormie pour quelques heures, blottie entre mes deux boules de poils qui me servait à la fois de coussins et de chauffage. D’habitude ils m’aident aussi à trouver le sommeil. Leurs ronronnements sont assez incroyables et très forts. Entre le chat domestique et le félin sauvage.

    Leurs miaulements aussi d’ailleurs.
    Celui de Storm, très rauque, me parvint, malgré le bruit de la pluie. Lorsque j’entrouvris l’œil, je réalisai qu’il faisait nuit noire. Cela m’étonnait que Storm se soit éloigné et m’appelle ainsi.
    Déjà habillée (ou plutôt, non déshabillée), je me levai en vitesse, suivie de près par Snow, en direction des miaulements.

    « Lumos »

    Je trouvai alors mon chat, tout ronronnant, en train de se frotter contre quelque chose. Lorsque Snow s’y dirigea elle-aussi, je réalisai qu’il s’agissait d’un être humain, et très probablement blessé ou même mort.
    Après vérification, il n’était pas mort, mais c’était tout juste. Lors de ses sursauts d’éveil, il semblait surtout délirer.
    Paniquée, je m’empressai tout d’abord de protéger les environs en créant une bulle bouclier autour de nous comme j’avais l’habitude de le faire autour de mes campements.
    S’il avait été blessé par un animal sauvage, c’est que la bête devait encore trainer dans les environs et je ne voulais pas prendre de risques supplémentaires.

    Il me fallait désormais évaluer ses blessures. Au moins deux blessures qui me semblaient graves. Sur l’une d’elle, je repérai une sorte de pique planté. Et même si je n’avais jamais vu cela auparavant, j’avais directement pensé à du poison.
    J’entrepris donc de m’occuper de cette plaie ainsi. Il me fallait un Bézoar. J’en avais un dans mon campement, mais pas sur moi. Merde.
    Je tentai le sortilège Accio malgré la distance. Étonnement, une sorte de poudre atterrit dans le creux de ma main. Poudre de Bézoar. Mais ce n’était pas à moi. Il provenait d’un sac posé un peu plus loin, appartenant probablement à cet homme.

    Je la renversai sur la plaie après avoir retiré le dernier pique avec précaution. Cela devrait le soulager et absorber le poison le temps de trouver un antidote adapté, et me laissait le temps de m’occuper de la seconde plaie qui me semblait grave.
    Empêcher le saignement n’allait pas le soigner pour autant. Je n’étais pas Médicomage ou Médecin, impossible de déterminer si des organes vitaux avaient été touchés. Et refermer la plaie ainsi pouvait aggraver son état si ce n’était pas le cas.
    Mais si je ne faisais rien, il était mort de toute façon.

    Après réflexion, aucun organe ne se trouvait à cet endroit.
    Une fois la plaie refermée, je vérifiai son état et son pouls durant quelques minutes afin d’être certaine de sa stabilité et tentai de lui parler pour le rassurer, même si je n’avais jamais été douée pour trouver les mots avec les gens.
    Evidemment, il ne tiendrait pas un voyage jusqu’à Glacier ou un transplanage. J’allais le déplacer jusqu’à mon bivouac le temps qu’il se réveille et que ses hallucinations cessent enfin.

    Le soleil avait frayé son chemin entre les arbres depuis quelques minutes déjà. Je n’avais plus dormi depuis que j’avais trouvé cet inconnu sur le point de mourir.
    Il avait été parcouru de spasmes au début mais semblait maintenant dormir. Du moins, il en donnait l’impression.
    Mais il respirait, et c’était tout ce qui comptait pour l’instant.
    Storm et Snow étaient blottis contre lui, comme s’ils comprenaient et essayaient eux-aussi d’aider. J’étais d’ailleurs persuadée que leur présence et ronronnements étaient curatifs.

    Emmitouflée dans un grand manteau et une écharpe imposante, j’étais assise en face de lui, mais à l'extérieur de la tente, les genoux remontés sous le menton, et je sirotai un bon café en attendant qu’il daigne ouvrir un œil.
    Ce qui me rassurerait au plus haut point.

    - Comment se sent Sleeping Beauty ?

    J'avais cru percevoir un mouvement et avais donc tenté un contact surmonté une pointe d’humour.
    De l'humour Non-Maj en l'occurrence ! Ça sentait le bide.


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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Sam 31 Déc - 16:49

« …Sans rancune, sous la lune
On applaudit les somnambules
Pas trop fort, juste un réconfort
Pour leurs efforts
Dans la nuit, juste un bruit
Celui de leurs pas sur les toits
Cible, ô sensible, tu t'immobilises
Au bord de l'abîme… » *


Bercée par une chanson qu’il n’avait plus entendue depuis des années, il attendait, toujours allongé contre le froid de la roche. La créature était revenue et se jouait de lui. Il sentait son pelage contre sa joue et l’imaginait déjà penchée sur lui, prête à l’étouffer de ses nombreux tentacules.

- « Tentacules ? »

Il secoua la tête et marmonna quelques propos incompréhensibles, mêlant anglais et gaéliques en tentant de la repousser.
S’enchaînaient de nouveau des images, à vive allure. Il lui semblait que la terre s’ouvrait sous ses pieds pour l’engloutir en son sein. Alors qu’il basculait en avant, quelqu’un le retenait par derrière et le tirait vers la vie, ce qui était somme toute, assez douloureux. Des mains s’agitaient au-dessus de lui, palpèrent son épaule endolorie semblant lui causer mille maux quand il n’aspirait à rien d’autre que sombrer dans un sommeil sans rêves.

- sguiribh… **murmura-t-il faiblement.

Il était maintenant à l’Ibas et Beltrov lui faisait la morale dans une langue qu’il ne reconnut pas. Ce dernier avait l’air bien plus vieux qu’il ne l’était en réalité, à moins que ce ne fut la fatigue. Ses propos alarmants atteignaient directement le cœur du jeune barde, bien qu’il n’en saisisse que peu le sens. La scène changea à nouveau, il était sur Skye et une silhouette sombre marchait devant lui. Bien que son visage fût caché, il savait exactement de qui il s’agissait et savait également qu’il ne voulait pas la voir se retourner. Il frissonna. Un vent froid s’emballait autour de lui quand le haut profil d’un dragon -  encore un ? - décolla à quelques pas de lui. Un Noir des Hébrides. N’en avait-il pas déjà vu un à cet endroit même ? Quelques années plus tôt ?  A travers le kaléidoscope de sensations qui l’envahissaient, il perçut une voix féminine, sans comprendre néanmoins la portée des mots qu’elle proférait.

- Saoirse ?

Il la distinguait très nettement maintenant, pâle, au-dessus de ce rocher noir –  « il n’y avait pas de rocher noir » - maîtrisant la créature d’un coup de baguette appliqué. Avait-elle traversé l’océan pour lui venir en aide ? Comment avait-elle su ? Il essaya de lui dire qu’il était désolé mais les mots ne semblaient pas franchir la barrière de sa gorge endolorie. « Tu délires complètement, elle n’est pas là. » Ses yeux refusaient de faire le point sur l’image qui se déformait peu à peu. Les traits de sa sœur se muèrent pour dessiner un visage inconnu, avant de se transformer à nouveau en une créature que son esprit embrouillé décela, néanmoins, comme fictive. Abandonnant son esprit à la fièvre qui le gagnait, il cessa de résister et se laissa envahir à nouveau par des pensées irraisonnées.

« Tu n’es pas seul… »



Une pâle lumière filtrait à travers un ciel… kaki.

Il entrouvrit un œil qu’il referma aussitôt sous le coup de la douleur. Même respirer était couteux.

« Sleeping Beauty ? »

Une voix fluette et enfantine qu’il lui semblait avoir déjà entendue, émanait d’une personne à quelques pas de lui. Il en déduisit qu’elle s’adressait à lui, mais ne parvenait pas à se réveiller suffisamment pour proférer le moindre son. Conscient d’avoir manqué une partie de la journée – ou plus encore – il s’appliqua à rassembler ses esprits pour se remémorer les derniers événements. Alors qu’à ses côtés, un déplacement furtif eut pour conséquences de lui appliquer une masse poilue sur la joue, il sentit une vague de terreur l’envahir. La créature rôdait toujours alors que les hallucinations lui renvoyaient l’image d’une femme dans l’embrasure d’une tente. Traîtresse ! Dans un sursaut qui lui arracha un cri de douleur, il se redressa brusquement pour constater qu’il n’y avait pas une créature mais deux…

« …chats ? »

Le cœur tambourinant, nauséeux et endolori, il fixait intensément les deux bêtes qui lui tournaient autour – d’un air amical, certes – comme si elles étaient l’incarnation même du mal. Un intense goût de sang dans sa bouche se mêlait à l’odeur d’un café qui filtrait par l’ouverture de la tente. L’un des chats sauta - avec délicatesse, on pouvait lui reconnaître -  sur ses jambes et vint quémander une caresse en ronronnant. Si la taille des deux animaux était spectaculaire, ils n’avaient néanmoins rien en commun avec la créature qui l’avait attaqué plus tôt. Instinctivement, il porta la main à son épaule, et sentit sous ses doigts quelques cicatrices en relief. « On » avait visiblement refermé la blessure. Sous sa main, la peau était brûlante et particulièrement sensible, toujours sous l’effet d’un poison qui devait caracoler dans ses veines, mais il ne restait plus aucune trace des dards du Paerahn. Il laissa retomber sa main sur la tête du plus blanc des deux félins qui paradaient autour de lui et pencha légèrement la tête pour apercevoir la propriétaire de la petite voix.
Emmitouflée dans un manteau marron et parée d’une écharpe sacrément imposante, la jeune femme était assise à l’extérieur, une tasse dans les mains – d’où la provenance de l’odeur – et l’observait prudemment. Il tenta un sourire amical qui se mua en une grimace alors qu’un élancement dans son épaule gauche lui coupa le souffle et lui arracha un juron.

- Galla !***

Un peu honteux des premiers mots adressés à la jeune femme, il lui offrit un regard où se mêlait gêne et gratitude. Comment l’avait-elle tiré de ce mauvais pas ?
Avec précaution et empreint d’une lenteur visant à s’éviter l’embarra de vomir sur les chats ou les affaires de la jeune femme, il se redressa et tenta de s’extirper de la tente après avoir proféré quelques paroles de sa voix grave, à l’égard de ses deux gardiens de la nuit. Ses pas lui semblaient instables et ses membres tremblaient alors qu’il sortait maladroitement de l’abri. Instinctivement, ses yeux firent le tour des lieux et guettèrent un relief familier qui pourrait l’aider à se repérer. Le Mont Baker était toujours là, même si l’angle était légèrement différent. Il posa ensuite ses yeux sombres sur la silhouette qui lui faisait face. Une crinière flamboyante surmontait le visage pâle d’une toute jeune femme. Rehaussé par une multitude de taches de rousseur et une paire d’yeux gris-bleu, ce dernier paraissait amical et inoffensif, si bien que le barde consentit à s’asseoir – bien que se laisser tomber eu été un terme plus approprié -  sur un rocher, face à elle.  

- Sleeping Beauty ? Murmura-t-il avec une pointe d’amusement.

Dans la bouche d’une jeune fille, ces deux mots n’avaient pour autre référence que celle du conte traditionnel. En les prononçant avec son accent écossais, il réalisa que la jeune femme devait être américaine, au vu de la prononciation employée.

- J’ai connu des réveils moins douloureux... Répondit-il avec beaucoup de retard. Mais je pense pouvoir m’estimer heureux de m’être réveillé. Enchaina-t-il. Merci…

Il détailla la jeune fille qui devait faire une cinquantaine de kilos toute mouillée et se demanda comment elle avait pu le traîner jusqu’ici. Immédiatement, il chercha des yeux une seconde personne, mais ils semblaient seuls. Une idée saugrenue lui traversa l’esprit alors que son regard se posait sur les deux chats -Diabhla ! Ils étaient encore plus gros vus de loin – mais il la repoussa aussitôt, la mettant sur le compte d’un reste de fièvre. Avide de connaître les détails qui l’avaient mené jusqu’ici, il se retint de la questionner, ne sachant définir ce à quoi elle avait réellement assisté. Avait-elle vu la bête ? S’était-elle faite attaquer également ? Une fois encore, une image des chats la défendant s’imposa.

« Merde, arrête avec ces chats. Ils sont juste… bien portants. »

Qu’avait-il pu dire pendant son sommeil… Pourvu qu’il n’ait pas déliré sur la créature magique. Il réprima donc son envie d’en savoir plus, attendant patiemment qu’elle entame le récit elle-même.

- Je suis Ezio. Poursuivit-il. Je… Nous sommes là depuis longtemps ? Questionna-t-il soudainement soucieux.

Il jeta un œil à son épaule, les examinant de son œil de barde.  Les cicatrices étaient rouge vif mais nettes, les veines autour, avaient un aspect légèrement noirci. Si les blessures semblaient avoir été nettoyées et refermées proprement, il savait qu’il n’existait pas d’antidote réellement efficace au venin de Paerahn et qu’il lui faudrait improviser avec ce qu’il avait dans …

Son sac ?

Une étincelle d’angoisse le saisit lorsqu’il réalisa que tout ce qu’il possédait était probablement resté près des Lightning Falls. Son regard s’assombrit alors qu’un nouveau vertige l’obligeait à raffermir sa prise sur son rocher. Il se sentait balloté entre la gratitude, la morosité de se sentir mal et incapable de réfléchir sereinement et la vulnérabilité de son état. Une main passée sur son visage trahissait son désarroi alors qu’il tentait de remettre les événements en ordre de bataille. Bientôt les chats sortirent de la tente à leur tour et rejoignirent leur maîtresse en prenant soin de se placer entre l’inconnu et elle.
Les coudes bien calés sur ses cuisses, il se prit la tête dans les mains et penché entre ses genoux, attendit que le malaise se dissipe.


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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Sam 31 Déc - 21:10


    La pluie avait cessé environ une heure après que j’ai ramené l’inconnu jusqu’à mon bivouac. Je l’avais installé dans la tente, qui avait par la suite été prise d’assaut par les chats.
    Ces derniers me faisant bien comprendre qu’il n’y allait pas y avoir assez de place pour quatre. J’aurais pu utiliser un sortilège d’agrandissement, mais à quoi bon. Je savais déjà que je n’arriverais plus à dormir.
    A vrai dire, je n’étais pas totalement rassurée. J’avais trouvé un homme à moitié mort dans un ravin. Que lui était-il arrivé ? Sur le coup, l’adrénaline m’avaient permis de prendre les bonnes décisions sans trop réfléchir.
    Mais là, installée dehors, l’air rafraichissant caressant mon visage, j’avais eu le temps d’y réfléchir, et donc, de flipper.

    S’il avait été attaqué par une bête, elle était certainement encore dans le coin et bien que nous soyons protégés par le sortilège de bouclier, je ne serais plus capable de dormir.
    De plus, j’avais envie de veiller sur lui afin d’être certaine qu’il se réveille. Il ne manquerait plus que je m’endorme à côté d’un macchabé, claqué pendant la nuit alors que j’étais supposée lui sauver la vie.
    Enfin, je n’avais été obligée de rien, mais maintenant que j’avais mis mon nez dans ses affaires, cela me concernait et il était devenu ma responsabilité, en quelques sortes.

    Le pire moment de la nuit arriva enfin. L’aube.
    Autant j’adorais ce moment pour sa beauté, mais je trouvais qu’il s’agissait du moment le plus froid possible. Lorsque cela vous transperce de partout à la limite du supportable.
    Ce qui expliquait que j’étais emmitouflée dans mon énorme veste ainsi que cette imposante écharpe. Au moins, j’allais supporter l’aube sans crever de froid.
    Une fois les premiers rayons du soleil repérés, je m’étais légèrement déplacée afin de me plonger dans l’un d’eux, histoire de me réchauffer un peu plus. C’est à ce moment aussi, que j’avais sorti ma bouteille thermos, afin de me prendre un bon café chaud. J’en laissai suffisamment au cas où mon invité désire en boire un lui-aussi.

    J’avais d’ailleurs perçu du mouvement dans la tente et posé la question sur son état, sans pourtant obtenir de réponse.
    C’était peut-être simplement Storm qui se réveillait. Snow allait encore dormir quelques heures si je ne la réveillais pas moi-même. Je penchai la tête dans la fente qui servait de porte d’entrée. Il était vivant !
    Non, ça je le savais. Mais fait nouveau : il était réveillé ! Et il bougeait. C’était un bon point. Il n’était pas mort, et je ne l’avais pas achevé. C’était la première fois que j’étais mise dans une situation pareille. J’avais déjà secouru des animaux blessés, jamais des humains.
    Il fallait bien que ça m’arrive !

    Je grimaçai en le voyant se tordre ou en l’entendant grogner de douleur.
    Je n’étais pas la meilleure pour prodiguer des soins, mais c’était déjà ça. Mon empathie me fit presque ressentir ce qu’il ressentait et je frissonnai un bon coup avant de détourner les yeux une seconde. Brrrr. Ça devait faire un mal de chien.
    Ah, en effet, cela faisait mal. Je n’avais pas compris ce qu’il avait dit, mais j’imaginai aisément qu’il s’agissait d’un juron. Surtout lorsqu’il me lança cet étrange regard, comme s’il s’excusait. Je lui répondis d’un signe de tête qui pouvait signifier « il n’y a pas de mal ».

    Arg, je le savais, ma blague sur la Belle au Bois Dormant n’était pas passée. C’était probablement un sorcier. Mais je n’allais pas m’avancer et dire une bêtise.
    S’il n’avait pas saisi la référence, peut-être avait-il pensé que je le draguais. Il était incontestablement bel homme, mais ce n’était ni le lieu ni le moment, selon mon avis. Je me contentai donc de hausser les épaules en souriant.

    - Pas de problème !

    J’ai failli ajouter une débilité du genre « ce fut un plaisir ». Ah, oui, ce fut un plaisir de vous trouver par terre gisant dans votre sang, j’ai a-do-ré. Allez, à la prochaine !
    Je terminai mon café d’un trait avant de reposer la tasse sur le sol. Après quoi, je me mis à l’observer à la lumière du jour. Il avait l’air perplexe et plein de questionnements. Comportement normal je présume. Comment devais-je d’ailleurs lui expliquer la façon dont je l’avais déplacé ici sans mentionner la magie ?
    Je m’imaginais déjà balancer à un Non-Maj : « hey, Wingardium Leviosa, tu connais pas ? »

    Ezio. C’était un prénom plutôt joli. Un prénom qui faisait jeune selon mon avis. Presque enfantin en fait. Le prénom que l’on donnerait de nos jours à un nouveau-né. Je lui donnais au moins dix ans de plus que moi.
    Ce qui n’empêchait pas qu’il soit séduisant, bien entendu.

    - Non, pas tant que ça. Quatre heures, tout au plus.

    A vrai dire, il s’était remis plutôt vite, vu les blessures qu’il avait subis. Je ne savais d’ailleurs toujours pas ce qu’il s’était passé. Mais il semblait inquiet vu les regards qu’il jetait aux cicatrices toutes neuves.
    Je réalisai alors que je ne m’étais pas présentée. Je me saisis du thermos et le lui tendis.

    - Café ? Moi c’est Kalista, au fait.

    Il n’avait vraiment pas l’air bien. Peut-être aurait-il dû rester couché ? Il n’allait tout de même pas faire un malaise. Je penchai la tête un peu à droite, à la manière d’un chiot étonné, afin de m’assurer qu’il n’allait pas tomber dans les vapes.
    Ce fut cet instant que choisirent mes deux félins pour nous rejoindre. Storm se mit à tourner autour d’Ezio, frottant parfois sa tête contre lui en ronronnant plutôt fortement. Il repéra quelque chose qui pendait et se mit à jouer avec. Snow vint se placer entre nous deux et se remit en boule presque immédiatement.
    Elle allait probablement finir sa nuit comme cela, la flemmarde.

    Son comportement devenait inquiétant. Encore plus qu'avant, je veux dire.
    Je me levai finalement pour m’approcher de lui. Storm détourna à peine la tête et Snow ne bougea pas une moustache.
    J’avais de l’eau, s’il préférait. Mais s’il n’était pas capable de se déplacer, il allait devoir retourner se reposer encore un peu avant de pouvoir partir d’ici. Comment lui expliquer que j’avais protégé les environs sans risquer de révéler ma nature ?
    Comment lui expliquer quoi que ce soit, à vrai dire.

    - Ça va aller ? La fièvre persiste, apparemment.

    Je venais de poser le dos de mes doigts sur son front sans même lui demander son avis.
    Il fallait qu’il retourne se reposer, autrement, il risquait de ne pas tenir. Storm changea de cible pour tenter d’attraper l’un des filaments de mon écharpe.
    Mine de rien, c’était impressionnant de le voir faire des sauts de cette hauteur. Il paraissait gros mais n’avait aucunement perdu l’agilité caractéristique du félin.

    - J’ai pu vous procurer des premiers soins, mais il vous faudra vous rendre à l’hôpital lorsque vous serez capable de subir le voyage.

    Je n’avais pas précisé hôpital Non-Maj ou Sorcier.
    En vérité, je n’avais pas l’habitude de tomber sur des gens ainsi sans savoir s’ils étaient comme moi ou non. Je préférai donc considérer tout le monde comme des Non-Maj de base, afin d’éviter toute gaffe.
    Alors que je repris place non loin de Snow après avoir déposé une bouteille d’eau et une sorte de plaid en laine près de mon blessé, la curiosité m’envahit et je me décidai à poser des questions à mon tour.

    - Vous vous souvenez de ce qu’il s’est passé ?

    Je n’avais jamais vu de telles blessures. Cela pouvait autant provenir d’une sorte de plante carnivore ou magique que d’un animal.
    Si ça se trouve, cet homme avait été attaqué par une créature magique dont j’ignorais l’existence et lui aussi s’il s’avérait qu’il était un Non-Maj. Mais les deux blessures les plus importantes qu’il avait subi étaient très différentes l’une de l’autre.
    Peut-être s’agissait-il de deux créatures dans ce cas.


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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Dim 1 Jan - 14:46

« Quatre heures ? »

Il redressa la tête pour observer le soleil, la baissa bien rapidement tant le paysage autour de lui s’était mis à tourner et effectua un calcul approximatif. Il avait été attaqué en fin d’après-midi. La jeune femme l’avait visiblement découvert dans le milieu de la nuit… Il avait donc passé la soirée entière et le début de nuit à se vider de son sang et à laisser le poison parcourir ses veines. Réflexion faite, il ne se sentait pas si mal pour ce qu’il avait enduré. La jeune femme devait avoir des prédispositions aux soins. S’il reniait la plupart du temps sa condition, il devait bien avouer qu’aujourd’hui, c’était sa constitution de sorcier qui lui valait la vie. Un moldu n’aurait pas survécu. Les sorciers étaient connus pour être plus robustes – tout particulièrement face aux attaques de créatures magiques. Il était, de plus, physiquement en forme et assez résistant. N’était-ce le poison qui devait poursuivre les dégâts au sein de son corps, il avait de bonnes chances de s’en tirer. Grâce à une jeune femme qui ne devait pas même avoir l’âge de Saoirse.

Ses tempes paraissaient prises dans un étau et une nouvelle fois, il se demanda s’il n’allait pas être malade. Les chats se mouvant autour de lui, lui donnaient le tournis, si bien qu’il ferma les yeux.
Comment une si frêle jeune femme avait pu le transporter jusque-ici ?

Alors qu’il s’appliquait à respirer profondément et calmement pour dissiper la vague de malaise, il assembla les morceaux du puzzle, un à un. S’il n’était pas mort, c’est qu’elle avait utilisé un antidote. Les blessures étaient refermées et pas de la façon dont le faisaient les moldus. Il le savait fort bien, pour avoir sous les côtes, une fine cicatrice blanche qu’il devait à un chirurgien moldu du bout du monde. Elle l’avait très certainement transporté à l’aide d’un sort. Et puis il y avait les chats. Et cette sorte d’aura autour de leur camp. Un charme protecteur ?

Son intuition lui avait bien souvent servi de guide. Mais après une nuit à avoir imaginé rencontrer une majorité de gens laissés sur un autre continent, et vu en songes de nombreuses créatures issues du Folklore écossais – voir pur produit de son imagination pour certaines – il pouvait douter de la clarté de son esprit et de la véracité de ses intuitions. Il évita donc de se lancer à corps perdu dans un questionnement qui les plongeraient tous deux dans une situation délicate.
Il songea alors qu’il devrait exister un code établi entre sorciers pour se révéler les uns aux autres. Un mot de passe, un geste. Une action commune visant à dévoiler sa nature à l’autre sans risquer de se faire démasquer en cas d’erreur. Il tâcherait d’y songer.

« Non mais tu t’entends ? »

Il secoua la tête en soupirant. Ce n’était plus son monde. Qu’ils aillent au diable et se débrouillent entre eux ! Qu’elle le prenne pour un moldu lui convenait parfaitement et lui éviterait bien des tracas.
Néanmoins, cela ne satisferait nullement sa curiosité.
S’était-elle débarrassé de la bête ? Il en venait presque à le redouter. Les Protecteurs se faisaient rares. Et bien que ce dernier ait manqué le tuer, il avait du mal à envisager être responsable de la mort de la créature.

« Tu ne disais pas ça sur le coup. »


Les mains toujours autour de sa tête, il percevait son pouls, bien plus rapide et irrégulier qu’à l’ordinaire. Il allait peut-être crever en différé, finalement. Des images de son assaillant lui revinrent en mémoire. On ne pouvait nier que le Paerahn était superbe. Avec ses yeux brillants et son corps lustré, son museau pointu et ses pattes agiles, il faisait partie des créatures magiques fascinantes. Il ignorait que les Protecteurs puissent se trouver à si haute altitude. Habituellement, on les croisait – et ce, très rarement – dans les plaines ou la moyenne montagne. Celui-ci devait être un solitaire à tendance rebelle… Il serait peut-être bon de le signaler aux autorités magiques. S’il avait détecté sa présence plus tôt, il aurait fait preuve de beaucoup plus de prudence. Il ne fallait pas s’essayer à cueillir la moindre fleur sur le territoire d’un tel animal. Sa fureur avait dû être provoqué par la vision des cailloux ramassés. Voilà pourquoi il n’avait pas attaqué avant.

La voix de la jeune femme le tira de ses élucubrations. Son infirmière avait un joli nom. Probablement aux origines mythologiques. Il songea en la regardant rapidement qu’elle le portait bien. Dans la lumière de l’aube, son joli visage pâle nimbé de feu avait des allures de nymphes. Il refusa le café aussi poliment qu’un léger signe de tête pouvait l’être. Bien qu’amateur et fortement tenté par l’odeur – comment arrivait-elle à avoir cet arôme en montagne, quand il devait se contenter de sachets en poudre ? – il se doutait que son estomac n’était pas encore prêt à ingurgiter quoi que ce soit, si ce n’était un peu d’eau. Peut-être un peu plus tard, quand le monde cesserait de tourner sur lui-même à cette vitesse folle. Il replongea la tête entre ses jambes et constata que sa cuisse portait également la trace des griffes de la bête. Quatre encoches bien distinctes avaient déchiré une partie de son pantalon au niveau du genou droit. Là où se trouvait feu sa poche et son contenu. Il grimaça à la pensée du petit pendentif et se ressaisit rapidement. Pas de possessions, pas d’attaches, pas d’entraves. Un pincement au cœur subsista néanmoins derrière le raisonnement.

Le contact d’une main fraîche sur son front lui brûla la peau. Il leva à nouveau un œil vers la jeune femme. Le son de sa voix lui parvenait tantôt trop fort et d’autres fois, bien éloigné. Il plissa les yeux pour se concentrer et se sentit vaciller une nouvelle fois. L’un des chats bondissait autour d’elle, tentant de s’emparer d’un fil de son écharpe et le son qu’il faisait en retombant lui paraissait plus puissant que les battements de son cœur. Bien que sa raison lui signale qu’un chat, ne faisait aucun bruit en retombant.

Il bredouilla un vague acquiescement à sa première question. Ne sachant pas même pourquoi il répondait, puisqu’il devait offrir l’image d’un type pour qui ça n’allait vraiment pas. Habituellement aimable, il lui semblait que le moindre sourire qu’il tenterait d’ébaucher serait douloureux et que la moindre parole lui ferait cracher sang et poison. Saisissant le mot hôpital, il s’amusa de la réaction des médecins qui le verraient débarquer. Il songea alors à la façon dont il rentrerait. S’il débarquait dans cet état à l’aéroport, les autorités sanitaires lui refuseraient le départ. Il envisagea de prévenir quelqu’un et se ravisa aussitôt. Il lui faudrait juste remettre la main sur ses affaires.

Kalista avait déposé une bouteille à ses pieds, ce dont il la remercia silencieusement. Ainsi qu’une couverture qui lui semblait bien trop loin pour s’en saisir. Une petite gorgée d’eau fraîche soulagea le feu de sa gorge, mais il ne s’aventura pas à plus et garda la bouteille au creux de sa main.
Lorsqu’elle lui posa sa dernière question, il lui décocha un regard insistant, tentant de percer ce qu’elle pouvait savoir. Ses yeux sombres fouillèrent un instant le gris acier de son regard et confirmèrent une fois encore sa première impression. La jeune américaine n’était pas moldue.

- Je suppose que j’ai mis l’épaule sur un rouet. Plaisanta-t-il alors que sa voix lui parut rauque et vacillante. Ces quelques paroles lui irritèrent la gorge et il réprima une quinte de toux qui n’aurait rien arrangé.

Son bras gauche était à la fois engourdi et hypersensible, la peau lui brûlant. Il ouvrit et referma les doigts au creux de sa paume à deux reprises, constatant qu’il tremblait et finit par se laisser glisser le long de son promontoire pour s’en faire un dossier. Au moins, il ne tomberait pas plus bas. Il étendit ses jambes devant lui et serra les mâchoires avant d’enchaîner.

- Je suis tombé sur un étrange félin…

« Qui m’a à moitié empalé, constellé de dards empoisonnés et tout ça pour trois cailloux. Ça vous parle ? »

- Et le reste est un peu confus, je dois avouer. Bredouilla-t-il.

Toujours déchiré entre la curiosité et son sempiternel besoin de paix, il convint finalement qu’il était important qu’il sache ce qu’elle avait effectué comme premiers soins pour achever de se tirer d’affaire. Si tant est qu’il en soit capable, le venin de Paerahn étant particulièrement puissant et mal connu.

Le ciel au-dessus d’eux était moucheté des quelques nuages restants après la pluie, bien que la couleur dominante soit un bleu clair et lumineux. A faire pâlir un impressionniste, il était éclairé par les premières lueurs de la journée et semblait offrir un océan de possibilités. Le barde leva un regard empreint de lassitude vers la jeune femme et se jeta à l’eau.

- Vous les avez refermées comment, les blessures ? Elles étaient profondes…et les premiers soins … en quoi consistaient-ils ? Alors que ses paroles restaient aussi neutres que possible, il tâcha de mettre dans son regard appuyé, une invitation à lui en dire le plus possible, ainsi qu’une immense gratitude, quoi qu’elle ait fait.
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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Mar 3 Jan - 13:52


    Il m’avait parlé en gaélique non ?
    Cela me revint à l’esprit lors d’un blanc plutôt pesant. Je semblais parfaitement détendue, installée là dans l’herbe, à siroter mon petit café. Alors que paradoxalement, on aurait dit qu’Ezio était aux portes de la mort. Et que je m’en fichais totalement.
    En réalité, je ne pouvais pas faire plus pour le moment. Et lui, il ne semblait pas vouloir se reposer afin de reprendre des forces. D’ailleurs, j’allais probablement devoir lui donner quelque chose à manger. J’avais certes, ramassé le sac dans lequel j’avais trouvé la poudre de Bézoar, mais je n’avais pas trouvé grand-chose dedans. Je n’avais pas tellement fouillé non plus, mais j’imaginais qu’il avait perdu quelques affaires.

    Oh, par Merlin. La poudre de Bézoar ! Quelle idiote.
    Il y avait peu de chance qu’il ne s’agisse pas de son sac à dos. Et rares sont les Non-Maj qui se baladent avec ce genre de choses sur eux. Non, ils préfèrent plutôt les médocs, les bandages et les trucs du genre.
    C’était donc un sorcier. Et tout comme moi, j’imaginais qu’il se posait mile questions afin de deviner ma propre condition. En plus de se poser des questions sur son attaque et son espérance de vie, bien entendu.
    J’avais failli recracher mon café pour l’occasion, et me levai pour donner illusion que c’était ce que j’avais en tête et ce pourquoi j’avais eu ce soubresaut.

    Il avait mis l’épaule sur un quoi ? Un rouet ?
    Son accent était étrange. Je me suis d’ailleurs égarée dans ma réflexion sur le pays de provenance de ses précédents jurons. C’était donc un britannique. Et du nord apparemment. Quoi qu’il en soit, j’aimais bien. J’avais toujours apprécié les accents étrangers, et même de mon propre pays. Vu la taille, on en voit assez régulièrement. Dans une même ville, on trouve plusieurs accents différents.
    Penser à cela me rappela mon road trip à venir. J’avais tellement hâte de me lancer à l’aventure pour de vrai, dans un endroit que je ne connais pas.
    Quoi que, ma rencontre avec Ezio me rappelle que sur mon propre territoire se promènent apparemment des animaux dont j’ignore jusqu’à même l’existence.

    - Un félin…

    Un étrange félin.
    Je fronçai les sourcils comme si j’y réfléchissais vraiment. J’étais terriblement curieuse d’en savoir plus. Comment dire, j’adore les félins. A la seconde où j’eus cette pensée, Snow s’étira de tout son long avant de venir coller sa tête contre mes mollets en ronronnant tel un petit moteur.
    Quand je vous dis qu’on communique par la pensée, ce n’est pas une blague en fait ! Je m’accroupi quelques secondes afin de caresser son pelage immaculé et extrêmement doux. Elle vint mettre sa tête dans la paume de ma main plusieurs fois avant de se remettre en boule.
    Storm, de son côté, était partit gambader non loin de nous et semblait particulièrement intéressé par un petit oiseau chantant posté sur sa branche d’arbre.

    Pour en revenir à ce félin.
    Je n’avais jamais entendu parler de créatures catégorisées en tant que félins et qui étaient à la fois capable de découper un morceau de peau façon scalpel tout en possédant des dards géants imprégnés de poison potentiellement mortel, du moins paralysant.
    J’avais du mal à imaginer la bête, mais ça devait être quelque chose ! A côté, Storm et Snow pouvaient aller se cacher dans la tente et se rouler en boule l’un contre l‘autre. Ils ne feraient pas le poids, même en faisant plus du double de la taille d’un chat domestique basique.

    Etant donné que je me doutais maintenant qu’il s’agissait d’une créature magique, je me demandais comment m’annoncer en tant que sorcière au courant qu’elle conversait avec un autre sorcier.
    Ce n’était pas simple. Dans ce pays, les règles sont très strictes, plus strictes que partout ailleurs d’après ce que j’en savais. Je ne voulais pas m’attirer des ennuis, déjà que je maintenais mes parents dans la confidence.
    Mais j’étais certaine de moi sur ce coup-là, non ? Une petite voix me chuchota que s’il s’agissait d’un Non-Maj, en plus de ne pas trimballer un Bézoar, il serait probablement mort bien avant que je ne le trouve.

    Il fallait se lancer. Ce qu’il fit avant moi, me prenant de court.
    Je me figeai, toujours debout, alors qu’il venait de se vautrer au sol. Il ne tomberait pas plus bas et il éviterait ainsi de fatiguer ses jambes, dont l’une avait d’ailleurs été touchée elle-aussi. J’avoue ne pas m’être particulièrement occupée de cette blessure vu l’urgence des deux autres, et elle n’était pas si sale que cela.
    Il souhaitait savoir comment je les avais refermées ? N’importe qui aurait simplement dit « merci » et n’aurait pas cherché à comprendre.
    J’étais de plus en plus certaine de moi en affirmant que le monsieur était un sorcier. Etranger, qui plus est. Cette escapade devenait de plus en plus intéressante ! En plus de devenir dangereuse. Car je le rappelle, je n’ai pas vu de signe de quelque créature, elle devait donc encore rôder dans le coin.
    A moins qu’elle soit partie très loin. Ce que j’espérais.

    En quoi consistaient les premiers soins. Je ne pus empêcher un rire nerveux.
    Je devais passer pour une attardée, mais je ne savais pas comment lui répondre. Il voulait le détail, et ce n’était pas pour rien. Il pourrait juger de ma condition simplement avec ma réponse ou ma réticence à répondre.
    J’allais faire un « pile ou face » dans ma tête afin de décider quelle version lui sortir. Pile, la version Non-Maj. Face, la version sorcière.

    Face.

    Je frissonnai. Bon, très bien.
    Je me mis à faire les cent pas, tout en fixant mes pieds et l’herbe pleine de rosée gelée que je foulais. J’avais envie de tenter quelque chose qu’il pourrait prendre pour de l’humour.
    Merde à la fin, je n’avais jamais imaginé être dans une situation pareille. Comment est-il possible de ne pas reconnaître un sorcier au premier coup d’œil ? Etait-il normal de se prendre ainsi la tête et les neurones ?
    Je me lançai donc.

    - Magie !

    Je marquai une pause après ce simple mot afin de voir sa réaction, puis pris la décision de continuer sur ma lancée.
    Après tout, on n’avait pas inventé le sortilège d’Oubliette pour rien.

    - J’ai piqué votre poudre de Bézoar pour m’occuper du poison provenant des piquants. Ma logique avait semblé m’indiquer que c’était empoisonné. J’ai refermé les plaies avec le sortilège Episkey. Et je vous ai déplacé ici avec le sortilège de Lévitation pour que vous vous reposiez.

    Je vis d’ailleurs qu’il semblait encore terriblement gêné par l’effet paralysant du poison, pourtant bien drainé par la poudre de Bézoar.
    Je n’étais pas Médicomage, mais je connaissais un sortilège qui pouvait fonctionner, du moins pour calmer cet effet indésirable. J’avais préféré attendre d’être certaine qu’il survivrait après quelques heures de repos, et la douleur des plaies refroidies était parfaite comme réveil matin.
    Enfin, parfaitement efficace, je veux dire.

    D’un geste vif, je me saisis de ma baguette dans mon manteau.
    J’avais agis sans prévenir, alors pour ne pas l’apeurer, je levai ma main libre dans sa direction, pour lui montrer que je ne lui voulais pas de mal. Et pas utiliser le sortilège d’Oubliette non plus, ah !
    Mais j’avais envie de tester mon sortilège. Je m’accroupi lentement à côté de lui avant de diriger ma baguette vers son bras endolori.

    « Reparifors »

    Je répétai le mot plusieurs fois à voix faible en déplaçant ma baguette tout le long de la blessure et de son bras, exécutant ainsi plusieurs allers-retours.
    Aucun effet visuel ne se produit, ce qui était plutôt normal, étant donné que l’effet était surtout la disparition d’une gêne semblable à la paralysie et du reste de la douleur apportée par le poison.
    Je plantai mon regard dans le sien en baissant ma baguette, espérant que cela ait fait effet. Je haussai les épaules à la manière d’une enfant, peu sûre de connaître la réponse à l’avance, mais curieuse de la découvrir tout de même.



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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Jeu 5 Jan - 23:21

Bien que ses doutes se soient confirmés depuis quelques minutes déjà, les mots de la jeune femme lui firent l’effet d’un coup porté en plein visage. Interrompant le ballet chorégraphié de caresses et regards qu’avait commencé à mener la jeune femme et son chat, le récit qu’elle entama le glaça sur place. Tout s’enchaînait trop vite et il ne se sentait pas prêt à l’entendre. Encore moins à l’accepter.
… Magie et poudre de bézoard.
L’exposé qu’elle fit de cette nuit dernière envoya à son esprit tout un tas d’images dont il ne parvenait pas à cerner la provenance. Etait-ce une fois encore son imagination qui s’emballait ? Ou voyait-il réellement ce qui s’était déroulé ?

Il distinguait clairement la jeune femme penchée au-dessus d’un corps – le sien, sans aucun doute – sous une pluie battante. La roche était luisante d’eau et de sang, le ciel sombre et cauchemardesque. Etrange vision que celle de son propre corps gisant inanimé au sol, dans une mare de liquide sombre. Il suivit avec une précision terrifiante, tous les gestes de la jeune femme. Chaque mouvement de sa baguette, de l’arrivée de la poudre de Bézoard au creux de sa main, jusqu’à la fermeture des blessures. Il n’entendait pas d’autres sons que celui de la pluie ruisselante et de la cascade qui grondait, comme si l’on s’était focalisé uniquement sur l’eau en filmant la scène qui se déroulait. Cependant, il voyait précisément tous les détails de ce qui s’était passé. Il observa les gestes sûrs et le sang-froid de Kalista, son visage grave alors qu’elle prenait son pouls, et fut frappé par la vision de son propre visage. De ses lèvres blêmes, ses traits tirés et sa pâleur mortelle. Lorsqu’elle fit léviter son corps au-dessus de la roche, il repoussa les images de toutes ses forces, se refusant à aller plus loin.



- Et si tu te casse une jambe en haute montagne ?

Le jeu préféré de Saoirse. Et si.

- Et bien quoi ?
- Tu accepterais ?
- Mais … tu veux bien me lâcher avec ça ?
- Ok, ok… Mais si c’était moi ?
- Si c’était toi quoi ?
- Qui allais mourir et que tu sois obligé d’utiliser la magie. Tu le ferais ?
- … Non, je te laisserai mourir, bien sûr. Ça m’éviterait de devoir répondre à tes questions bizarres.
- Sérieux ???!!
- (soupir) Tu es désespérante, tu sais ?


Rouvrant les yeux, il eut à nouveau une pensée pour elle, assortie d’une vision fugace de son visage mutin. Aujourd’hui il avait la réponse à l’un de ses « Et si ». Accordait-il si peu de prix à ses principes qu’il ait à y renoncer si égoïstement ?
Il secoua la tête, entendant presque la voix de Beltrov alors que le raisonnement s’imposait dans un autre sens. Accordait-il plus de prix à sa vie maintenant qu’il l’avait reprise en main ? Il soupira bruyamment et grimaça à nouveau.

Sa tête encore douloureuse ne semblait pas capable de réfléchir, alors qu’il la secouait en signe de refus, sans trop savoir ce à quoi il s’opposait vraiment. Lorsqu’il prit conscience que Kalista s’approchait de lui baguette en main, il comprit que son corps réagissait à cette vision, sans lui laisser le choix d’y penser. Un mouvement de recul acheva de l’acculer contre le rocher qui lui servait de dossier et il essaya d’articuler un refus qu’elle tente quoi que ce soit, en vain. Un violent élancement de son épaule meurtrie entérina le débat, faisant mourir toutes paroles avant le franchissement de ses lèvres. Il capitula.

Observateur passif de la scène, il suivit des yeux le mouvement descendant puis ascendant de la baguette le long de son épaule, puis de son bras et enfin sur son avant-bras, passant au-dessus du nœud sans fin que lui avait gravé sur la peau, quelques années plus tôt, son mentor à l’Ibas. Pris de tremblements qu’il associa à un mélange de peur et de répulsion, il tâcha de se concentrer sur le symbole tatoué – qui n’avait jamais paru plus approprié qu’à cet instant – et engagea une forte lutte mentale pour résister à l’envie de soustraire son bras à la jeune femme. Alors que la baguette se promenait sur sa peau, il sentait l’engourdissement s’atténuer et la douleur se faire plus sourde. Avec, revenait la raison et sa capacité à réfléchir avec un peu plus de lucidité. Il la laissa poursuivre, conscient que sans elle, il serait déjà mort et que son sort – qu’il ignorait, néanmoins -  avait pour effet de dégorger le poison resté dans le bras.

Quelques souvenirs tentèrent de se frayer un chemin dans son esprit. Un autre bras, plus fin, plus clair, entre ses mains à lui. Et sa baguette qui en parcourait le poignet pour en réduire les blessures – d’un autre genre. Une voix angoissée – la sienne - dans une vague tentative de la rassurer. Et ce sang, sur sa peau diaphane, sur ses mains à lui. Des yeux mi-clos et cette expression qui le hantait encore aujourd’hui et semblait dire « laisse-moi mourir ».

Il se redressa brusquement, chassant avec violence des souvenirs qu’il avait déjà trop ressassés et se leva avec tout autant de délicatesse. Sa tête tournait moins et il lui semblait capable, désormais, de tenir debout. Il attendit quelques secondes, le temps de retrouver un semblant de calme alors que son esprit ne cessait de s’agiter et constata que sa main gauche répondait plus volontiers aux appels de sa tête. La douleur, bien que toujours cuisante du milieu de son dos jusqu’au bout des doigts, était désormais supportable. Il avait toujours envie de vomir, mais ne savait pas s’il fallait attribuer cet état au poison, aux images dans sa tête ou à sa faiblesse face à une baguette. Il inspira profondément à plusieurs reprises et observa l’un des chats qui, passionné par un oiseau non loin, était une vision apaisante parmi tout ce tumulte. Pourvu, néanmoins, qu’il ne lui vienne pas à l’esprit de bouffer le volatile, son estomac n’y résisterait pas.

Lorsqu’il fut à peu près certain de maîtriser sa voix, il se tourna vers la jeune femme, abordant un air un peu confus. La pauvre ne devait rien y comprendre et pouvait l’imaginer bien ingrat pour un homme dont elle venait de sauver la vie.

« Si tu continues ton cirque, elle va penser que tu es moldu et tu risques d’être surpris… »

Il tenta un sourire d’excuse, qui empreint de la lassitude qui l’envahissait devait sembler bien peu, en récompense aux actes qu’elle avait accomplis. Après un soupir et une main passée sur son front – Diablha, il faudrait qu’il apprenne à utiliser la droite pendant quelques temps -  il se lança enfin.

- Je suis désolé. Je dois vous sembler bien mal élevé…

Il marqua une légère pose et fit quelques pas mal assurés en sa direction. Bien que se sentant mieux, il éviterait peut-être de parcourir les glaciers aujourd’hui…

- Je vous suis infiniment reconnaissant… mais… je…je ne suis pas à l’aise avec tout ça.   Annonça-t-il en désignant la baguette qu’elle tenait toujours à la main. Pardonnez-moi Kalista. Je m’appelle Ezio, je suis barde et … désolé. Sourit-il en tentant de s’excuser à nouveau.

Après un nouveau soupir, il avisa un autre rocher, entre l’immense chat et sa propriétaire et s’y adossa, en quête d’un appui supplémentaire. Son regard se posa sur ses mains, encore écorchées de ses déboires de la nuit et les laissant bien vite retomber le long de son corps, il offrit son visage aux rayons matinal du soleil.

- C’était un Paerhan. Lui confia-t-il, estimant qu’après tout ce qu’elle venait de faire, il pouvait bien la mettre dans la confidence. J’ignorais qu’ils pouvaient s’établir si haut, sinon je ne me serait pas risquer à ramasser … quoi que ce soit. Ajouta-t-il, en ayant une nouvelle pensée pour son sac. Il lui faudrait retourner le chercher. Mais plus tard, quand il se sentirait moins sous l’emprise de la fièvre. Je suppose qu'il est toujours dans le secteur... Je ne sais pas si vous êtes là pour ramasser des herbes, mais je vous le déconseille vivement… Murmura-t-il de sa voix basse dans une vague tentative d’humour post mortem.



HJ: Avec l'accord de Saoirse, pour hanter une nouvelle fois mes pensées. Wink


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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Ven 6 Jan - 18:10


    Je n’avais jamais eu besoin de soigner quelqu’un. Que ce soit par magie, ou par médecine Non-Maj. Je ne me sentais pas très à l’aise malgré mon apparent sang-froid.
    Lorsque j’avais trouvé Ezio inanimé au milieu de la nuit et mutilé au point de croire qu’il avait trépassé, j’avais surtout paniqué. A l’intérieur, mes idées pour l’aider avaient fusées dans tous les sens et par miracle, j’avais réussi à trouver un semblant d’ordre dans ce désordre.
    Je m’étais principalement occupée de ses plaies les plus apparentes. Comme celle à l’épaule, empoisonnée. Et l’immense entaille sous sa clavicule.
    Je ne pouvais, en revanche, rien faire pour la douleur psychologique qu’il semblait éprouver.

    Je m’étais sentie totalement démunie alors qu’il avait déliré.
    Je m’étais forcée à croire que c’était un contrecoup au poison mais même après plusieurs heures, il semblait toujours aussi troublé. Pourtant, l’effet empoisonnant avait été drainé par la poudre de Bézoar, du moins en grande partie.
    J’avais espéré l’apaiser d’avantage en utilisant ce vieux sortilège de soin censé délivrer de tout effet paralysant ou empoisonnant. C’était une pierre deux coups dans cette situation.
    Pourtant, j’avais eu le sentiment d’aggraver son cas.

    Son mouvement de recul, ses tressaillements, ses yeux perdus dans le vide.
    J’étais déconcertée. Que pouvais-je faire de plus ? Je ne pouvais pas le laisser rentrer chez lui ainsi. Il ne tiendrait pas un Transplanage et le voyage jusqu’à la ville la plus proche ou à mon véhicule, n’en parlons même pas.
    Mais il était ma responsabilité maintenant. Dans quoi m’étais-je encore fourrée ? m’avait murmuré ma petite voix intérieure. Dans le sauvetage d’une âme mutilée, et pas simplement physiquement, d’après ce que je pouvais en déduire.
    Ce dont il lui fallait maintenant, c’était du répit. Et ce n’était pas les quatre heures qu’il avait passé assoupi dans ma tente qui allait le revigorer. Mais il ne tenait curieusement plus en place.

    Alors qu’il s’était subitement levé, j’eu moi-même un mouvement de recul mêlé à la surprise et vint heurter le sol de mon petit derrière. Outch.
    Je grimaçai. Que lui prenait-il encore ? Si je m’étais redressée ainsi, même sans poison dans le sang, j’aurais probablement été victime d’un sacré étourdissement. Mais il semblait aller mieux, corporellement. Pour le reste, il semblait égaré et tout aussi désorienté que moi. Ce qui n’allait pas pour me réconforter.
    Heureusement pour nous deux, j’étais exceptionnellement patiente. J’aurais définitivement pu faire une bonne infirmière. Beaucoup auraient passé leur chemin en croyant son cas désespéré. D’autres n’auraient tout simplement pas supporté la vue du sang et des blessures. Et une autre partie auraient été incapable de savoir comment l’aider.
    J’étais plutôt fière de moi, et convaincue que le Karma me le rendrait.

    Il s’excusa alors que je me relevai en touchant mon popotin endolori. Pas très charmant, mais au point où nous en étions…

    - Il n’y a pas de mal.

    J’avais lancé cela en rechignant, la main toujours plaquée à ma fesse droite. Pour la crédibilité, on repassera !
    Il n’y avait pas de mal quant à son attitude. C’était évidemment sous-entendu. Il ne me semblait pas mal élevé, simplement paumé. Mais vraiment très paumé. En fait, il était probablement en état de choc. Je savais cela possible même si je n’avais jamais eu quiconque en face de moi dans cet état, et son comportement ressemblait fortement à l’idée que je m’en faisais. Ce qui ne m’aidait toujours pas à réagir en conséquence.

    Il avait pointé ma baguette du doigt. Il n’était pas à l’aise avec quoi donc ? La magie ?
    Confuse, je marmonnai un « oups » avant de ranger mon bout de bois dans ma veste. Je n’allais pas m’attarder à lui poser la question, autant cacher cet objet avant qu’il ne me fasse un nouveau malaise.

    Un barde ? Je réfléchi une seconde tout en le fixant de mon air dubitatif.
    A vrai dire, je ne savais pas ce que j’étais censée interpréter. Il m’avait regardée d’un air de dire « je suis barde, donc vous voyez ce que cela signifie… » et bien à vrai dire, non, pas du tout.
    Pour moi, les bardes étaient simplement des poètes, d’un ancien temps qui plus est. Je n’avais jamais entendu parler de sorciers bardes de quelque sorte.
    Honteuse de ne posséder le savoir nécessaire pour comprendre son sous-entendu, je me pinçai légèrement les lèvres en acquiesçant légèrement. Quelle idiote je faisais.
    Comme quoi, j’avais besoin de voyager ! Et plus que dans mon propre pays. Ezio n’était visiblement pas d’ici et j’avais la sensation que nous étions extrêmement différents, même si nous étions vraisemblablement animés par une même passion par la Nature, aussi mortelle soit-elle.

    Un Paerhan. Voilà autre chose !
    Quand je vous dis que j’ai besoin de voyager ! Il y a beaucoup trop de choses que je méconnaisse. Et je ne parle pas de tout ce qui peut se savoir, mais simplement de mon domaine d’intérêt. Soit, la Nature. La faune et la flore.
    Donc cette créature était magique. Cela ne faisait pas l’ombre d’un doute. Et elle semblait protéger ce territoire des intrus tels que nous. Du moins, des intrus voleurs, si ma conclusion était correcte d’après ce que m’avais dit Ezio.
    Il s’était risqué à ramasser quelque chose, ce qui aurait apparemment énervé l’animal.

    J’avais souri à sa remarque sur les herbes.
    Il faisait bien de me prévenir. Mais en général, je préfère prendre des photos et laisser à la Nature ce qui lui appartient. J’espérai bien que ce Paerhan me laisserait au moins cela. Ramener des clichés de sa contrée, sans en emporter de souvenir matériel.

    - S’il est dans le coin, je n’ai rien vu. Storm et Snow non plus.

    J’avais hésité une seconde à poursuivre, le temps de regarder ce que faisaient justement mes deux félins. Snow nous regardait naturellement, toujours couchée près de mes affaires. Tandis que Storm avait fini par abandonner l’idée de dévorer le piaf, après nombre d’essais d’escalade de l’arbre.
    D’un claquement de langue, j’avais appelé ce dernier afin qu’il revienne près de nous. Je n’étais déjà pas tranquille à la base, mais savoir qu’un félin encore plus gros vagabondait dans le coin dans le but de défendre ce territoire n’allait pas pour me rassurer d’avantage.
    Et je préférai éviter que mes bébés se fassent lacérer pour avoir osé manger un bout d’herbe, ou un petit oiseau.

    - Vous savez d’autres choses sur cette créature ?

    Histoire de savoir s’il fallait plutôt dégager maintenant, ou améliorer mon sortilège de bouclier.
    Le soleil était assez haut désormais et chauffait vraiment l’atmosphère. C’était toujours agréable, bien qu’il fasse très froid à une hauteur pareille.
    J’avais commencé à réunir mes affaires, peu réconfortée par la situation, avant d’être en position de pouvoir décider convenablement quelle était la meilleure chose à faire. Personnellement, j'étais simplement venue prendre quelques photos, et je devais avouer que j’avais déjà bien bombardé le coin.
    J’aurais voulu m’approcher un peu plus du mont Baker, mais si ma vie en dépendait, je préférai évidemment libérer le plancher. J’avais beaucoup d’autres endroits à explorer, ce n‘était que le début de mon long périple.
    Je me posai enfin, dos contre un arbre.

    - Je commence à peine mon voyage, mais voilà que j’ai déjà des choses à raconter ! Et vous, vous êtes venu jusqu’ici pour quelle raison ?

    Mon indiscrétion avait repris le dessus.
    Et il n’était plus question de la créature mais de lui. Je n’avais jamais croisé personne dans ce genre d’endroit et j’étais curieuse de savoir ce qui l’avait attiré aussi loin de chez lui. Et surtout, je voulais lui changer les idées.
    Physiquement, je savais qu’il irait de mieux en mieux au point où nous pourrions rejoindre l’hôpital pour sorciers. Mais psychiquement, je ne le sentais toujours pas stable et j’avais cette crainte qu’il me fasse une crise de je ne sais quoi. Paranoïa, hallucinations…

    Je ne serais pas apte à gérer ce genre de chose aussi bien qu’une blessure corporelle. D’ailleurs, personne n’est assez apte à guérir les chocs psychologiques. Voilà pourquoi ils sont bien pires à endurer que les blessures physiques…


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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Ven 13 Jan - 20:20

- Vous vous êtes fait mal ? Questionna-t-il en la voyant se masser… le bas du dos.

Dans un manège incessant et lumineux auréolé d’éclats roux, il lui semblait que cette femme était constamment en mouvements. A moins que l’empoisonnement n’ait rendu son esprit trop apathique pour pouvoir suivre du regard les actions qui se déroulaient devant lui. Plissant les yeux pour essayer de suivre son manège, il l’observa rappeler ses tigres à elle – Le mot « chats » ne convenant pas vraiment à leur taille -  ranger prestement sa baguette, s’agiter autour de ses affaires, le regarder sous toutes les coutures avec un air inquisiteur – avait-il mauvaise mine à ce point ? - et enfin le bombarder de questions. Peut-être exagérait-il légèrement. Deux questions, tout au plus, posé avec une délicieuse curiosité qui étira ses lèvres en un doux sourire. A peine avait-il eu le temps d’entrouvrir la bouche pour répondre à la première qu’elle avait encore changé de position et enchaîné avec une seconde.
Malgré la chaleur du soleil montant, il frissonna et ferma les yeux, un court instant pour s’efforcer de stabiliser l’image de la dresseuse de fauves à la crinière de feu. Toujours appuyé contre son rocher, il s’étira avec d’infinies précautions pour apprécier, une fois encore, les effets substantiels du sortilège de sa compagne. Son corps entier lui paraissait désormais aussi froid que les glaciers les entourant, alors qu’un instant auparavant, il brûlait de l’intérieur. Des courbatures gagnaient chacun de ses muscles et son épaule lui donnait la désagréable sensation d’avoir été empalée comme du gibier.

« C’est un peu le cas, en y réfléchissant bien. »

Notant que la jeune femme semblait soucieuse, il lui offrit en retour un sourire un peu las, qui se voulait rassurant. Avait-elle encore peur pour lui ? Ou peur de lui ?
Dans l’optique de stimuler davantage son esprit, il se frotta le visage des mains et pu déceler quelques griffures sur sa tempe et son menton. L’image qu’il devait renvoyer, ainsi couvert de sang coagulé et un air anxieux greffé au visage, était bien éloigné de la vision habituelle qu’il dégageait, calme et maître de la situation. Avisant un petit cours d’eau qui serpentait non loin, il se promit d’aller y plonger son corps dès que le courage aurait pris le dessus sur sa sensation d’inconfort. Cela lui ferait du bien et lui permettrai d’examiner ses blessures après les avoir nettoyées. Il lui faudrait ensuite récupérer ses affaires et se trouver un coin pour bivouaquer et reprendre des forces avant d’entamer la redescente. A l’idée du chemin qu’il lui restait à parcourir dans l’état où il se trouvait, il laissa échapper un soupir de lassitude mêlée de découragement. Il lui était arrivé à plusieurs reprises de se trouver en mauvaise posture assez loin de toute civilisation. La nuit où il avait trouvé Alexander avait, notamment, été éprouvante. Il s’en souvenait avec une extrême précision malgré les années qui passaient.
Réprimant un nouveau frisson qui lui traversait le dos à grand renfort de douleur, il bascula la tête en arrière et offrit son visage au soleil tout en se raccrochant à des images apaisantes qui l’aideraient dans sa quête de paix intérieur.
Des vagues aux reflets mordorés, baignant les remparts qui bordaient les hauts bâtiments répondirent à ce besoin de quiétude en répandant dans son esprit les douces effluves d’un parfum de refuge. L’Ibas était peut-être ce qui se rapprochait le plus d’un foyer pour lui. Bien qu’il revendique aisément – et non sans une certaine fierté – le fait de ne pas avoir de chez lui. Aujourd’hui, cependant, les flammes des foyers des hautes tours emplies de livres, le bruissement des vagues léchant les pièces les plus profondes et le résonnement des pas sur les pavés ayant vus passer des siècles lui apporta la distraction et le réconfort nécessaire à dompter les signaux de douleurs qui lui renvoyait chaque partie de son corps. Avec une infinie tendresse, il songea aux chambres austères qui l’accueillaient lors de ses visites, aux salles barrées de grandes tablées où se retrouvaient les voyageurs pour partager leurs aventures et émerveillements respectifs sous l’oreille avide et curieuses des jeunes bardes en formation qui n’attendait que le jour où ils prendraient leur propre envol vers ses contrées lointaines.

- C’est mon métier de voyager. En plus d’être une passion. Sourit-il. Il y a tant de lieux à explorer, de coutumes à apprendre… poursuivit-il, les yeux dans le vague, l’esprit toujours égaré dans les longs couloirs de l’Ibas, à se remémorer comment lui-même, tout jeune alors, avec été ensorcelé d’admiration face à celui qui deviendrait alors son mentor.
…  de gens à rencontrer…

Et de bestioles à croiser…

- Je crois bien que je n’aurais pas assez d’une vie. S’amusa-t-il, un brin ironique en songeant que celle-ci avait failli s’écourter la nuit précédente. J’ai une affection toute particulière pour la montagne. C’est un milieu fascinant, poétique et dangereux à la fois. Toutes les sensations y sont exacerbées. Et puis… j’aime voir les choses d’en haut. Confessa-t-il de sa voix grave qui reprenait peu à peu de l’assurance alors qu’il faisait ce pourquoi il était fait, raconter. J’étais de passage dans la région et je n’ai pas pu résister à l’appel du Mont Baker et ses glaciers. La vue est superbe et les glaciers chromatiques un enchantement ! Vous avez un pays extraordinaire ! Enchaîna-t-il intensément en ne doutant pas un instant qu’avec un tel accent, elle put être autre qu’américaine.

Alors qu’il parlait, ses yeux s’animèrent d’une étincelle de passion. L’effet curatif était immense. Une sensation réconfortante l’envahi alors que revenait en mémoire les paysages parcourus ces derniers jours. Parler de ce qu’il avait vu lui faisait du bien, aidant à se focaliser sur autre chose que ses blessures et cette sensation de faiblesse.

- J’aime la solitude de la marche et la sensation de dépassement atteinte lorsqu’on gravit les sommets. Laisser vagabonder son esprit lorsqu’on a la faune environnante pour seule compagnie est toujours très enrichissant.

Il revenait de la plupart de sa marche avec de nouveaux projets. La grande majorité de ses nouvelles idées naissaient réellement dans ces moments-là. Si la mise en forme de ces dernières était bien souvent douloureuse et couplée d’une – légère - tendance à la névrose, il devait avouer que le processus de créativité démarrait réellement lorsqu’il marchait. Comme s’il était plus aisé d’atteindre le fil d’une pensée sans se concentrer dessus. Les sensations et les idées venaient à lui, dans un ordre plus ou moins disparate, essayaient de s’emboîter, étaient griffonnées dans ses carnets ou tout support qu’il trouvait alors. Enfin, lorsqu’il revenait, il était fin prêt à écrire. S’en suivait alors cette période maladive où il ne pouvait vivre sans avoir couché sur papier ce qui lui occupait l’esprit. Et lorsque la tâche s’achevait, il se trouvait à nouveau vidé de toute énergie et se sentait poussé à repartir parcourir le monde pour s’en emplir à nouveau. Le cycle se poursuivait indéfiniment, depuis sa naissance et ce – il en était persuadé- jusqu’à sa mort.

- Savez-vous qu’on dit que les cascades de glace qui bordent le glacier de Roosevelt sont en fait des tombeaux de fées ? De nombreuses légendes hantent de tels lieux. Et si la plupart, évidemment, ne sont que des légendes, on en comprend aisément les fondements en en foulant les sites. Les glaciers chromatiques s’éclairent à l’aube de lumières chatoyantes comme l’éclat de l’aube qui irisent la glace au point qu’on a réellement envie de croire que de petits êtres magiques sont prisonniers sous nos pieds.

« Tu t’emballes. »

Chassez le naturel, il revient au galop. Il se sentait à nouveau animé de cette flamme qui le prenait lorsque les sujets abordés le passionnaient. Il savait alors captiver son auditoire et pouvait parler jusqu’à en oublier tout le reste. Saoirse prétendait même, qu’un jour il oublierait de respirer. Il haussa les épaules et poussa un grognement douloureux à ce geste. Tachant de masquer sa réaction derrière un mouvement, il entreprit de se mettre debout, prétextant le froid.  Le Paerahn lui avait laissé là de quoi penser à lui quelques mois durant. Ce qui le ramena inexorablement à la première question de sa compagne d’infortune.

- Quant aux créatures que l’on peut rencontrer… elles sont… fascinantes. Habituellement, je ne m’aventure pas seul dans les contrées où sont répertoriés les plus dangereuses.

« Si on met à part le loup-garou d’Albanie… »

Sa haute silhouette se déplia totalement pendant que de ses yeux, il parcourait le relief environnant. Déjà, son esprit traçait mentalement la direction à prendre pour retrouver ses affaires. A quelques centaines de mètres, la silhouette minérale puis plus haut, blanchi du bas d’un glacier, alors que la végétation ne prenait vie qu’à quelques pas de là où ils se trouvaient. Des arbustes et petits arbres résistants, courbés par les neiges qui n’avait de cesse que d’essayer de ployer leur tronc pour les briser. Si la nature pouvait faire preuve d’un incommensurable tolérance en exploitant les exemples les plus inattendus de symbiose, elle savait également se montrer impitoyable à l’égard de ses créatures. Ces dernières, incroyablement résistantes, prouvaient leur faculté d’adaptation à chaque instant, comme ce plan de luetkea, dont l’envie de vivre le laissait s’épanouir au sein d’un sol rocher dont les ressources n’étaient pas apparentes.  Le jeune barde passa machinalement trois doigts sur les traits de l’awen qui lui ornait le poignet et se tourna à nouveau vers la jeune femme.

- Les Paerahn, ne sont pas des créatures agressives, à la base. La plupart d’entre eux se contentent d’observer les voyageurs de loin et les fuient. Néanmoins, les Amérindiens les ont surnommés les Protecteurs, car ces créatures ont la réputation d’être directement reliées au territoire qui les abrite. Il suffit que vous cueilliez une fleur, une herbe pour vous en attirer leurs foudres.

Marquant une légère pause, il fit quelques pas autour de son rocher, pour constater que la marche ne lui réussissait pas. Il tenta de calmer une bouffée anxiogène qui tentait une insinuation sournoise dans son esprit. Comment Diable allait-il repartir d’ici ? Désireux de ne pas se laisser envahir par l’angoisse il rappela à lui les pensées capable de le calmer au plus vite. Il connaissait l’importance de rester maître de la situation face aux situations de crise et, habituellement, excellait dans l’art de se couper du monde si ce dernier était agressif. Alors qu’il s’employait à calmer les battements de son cœur et repousser ses craintes, il se rendait à l’évidence que même la marche jusqu’à son sac allait être pénible.

- En ce qui me concerne … c’était trois cailloux. Continua-t-il néanmoins, tout en s’appliquant à montrer le plus grand calme apparent.

Il y avait maintenant plus de quelques minutes que l’un des deux chats l’observait d’un air suspicieux. A moins qu’il n’ait depuis sa fâcheuse aventure, développer lui-même une certaine défiance à l’égard de tout félins. Storm – à moins qu’il ne s’agisse de Snow ? – inclinait depuis un certain moment la tête sur la gauche, en suivant chacun des mouvements de l’homme, un air un peu sauvage greffé au museau. Les pensées de certains animaux restaient malheureusement impénétrables et Ezio aurait donné quelques cailloux précieux pour en connaître les tenants et aboutissants. Que pouvait-il se tramer dans l’esprit de la bête ? S’attendait-il à ce que l’homme puisse être une menace pour sa maîtresse ? Où si l’on en jugeait réellement à son air quelque peu satisfait, se contentait-il de l’observer comme on darde une pauvre fourmi dont on ne sait encore si son sort incombera à la pitié ou la cruauté ? Ezio lui accorda un regard mi interrogateur, mi amusé, auquel le chat répondit en détournant la tête avec une certaine majesté dans l’ignorance du sujet.

- Je suis extrêmement respectueux de la faune et la flore, mais j’ai la fâcheuse habitude de ramasser des cailloux. Le Paerahn devait m’observer depuis quelques heures ou jours sans me juger menaçant, jusqu’à ce qu’il me considère comme un intrus… Ce sont des bêtes fascinantes, vous savez ? De la taille d’un lynx. Elles possèdent des mâchoires puissantes aux gencives noires. A l’intérieur de ces gencives se trouvent une multitude de petits dards qu’ils peuvent projeter à plus de dix mètres. Ces derniers sont remplis de poison paralysant, d’où la couleur des gencives. Ce sont les petites épines que vous avez dû ôter de mon épaule.

Poursuivit le barde en reportant son attention sur la maîtresse du fauve.

- Quant à l’autre « arme » de la créature, il s’agit de ses griffes. Quatre au bout des doigts et une dernière rétractile, elle aussi gonflé d’un poison. Mortel. C’est… ce qui a causé la plus grosse blessure et qui m’aurait probablement tué si vous n’aviez pas été là. Soupira-t-il.


Le poison de cette griffe était connu pour être dévastateur. Sans intervention rapide, la mort survenait dans les heures qui suivaient la contamination. Il imprégnait les tissus à une vitesse fulgurante et avait la particularité de se loger dans le corps pour y rester envers et contre tous les antipoison connus à ce jour.
Le barde fronça les sourcils à cette évocation.
Une fois contaminé, le sujet manifestait chroniquement les symptômes d’un choc toxique. Personne n’avait encore réussi à trouver l’antipoison définitif. Il repoussa les conséquences directes de sa rencontre avec la créature à plus tard et poursuivit son exposé, trop heureux de se montrer sous un autre jour qu’une pauvre masse sanguinolente et délirante.

- Je vous dois donc la vie. Murmura-t-il dans un sourire un peu gêné. Et je ne sais pas comment vous remercier.   Ajouta-t-il dans un souffle.

 « Ce que j’ignore en revanche, c’est si la créature va continuer à me considérer comme un intrus. M’ayant laissé pour mort… j’imagine qu’elle a repris son chemin. » Se prit-il à espérer.

Il n’avait jamais entendu parler de Paerahn ayant pris en chasse un humain pour achever sa tâche. A dire vrai, il avait entendu peu de récit de gens ayant survécu à une telle attaque. Le nombre très restreint de sorciers qui avait échappé à la créature avait été obligé de la tuer pour survivre… Les griffes et dards de Paerahn était tout particulièrement prisées dans l’élaboration de potions aux effets dangereux.

- Evitez donc de ramassez quoi que ce soit dans le secteur. Conclue-t-il en réalisant qu’il parlait depuis trop longtemps et que sa gorge en devenait douloureuse.

- Désolé. Une fois lancé sur les créatures ou les voyages, je ne sais plus m’arrêter. Annonça-t-il dans un sourire.

Si certains sujets le rendaient intarissable, il se savait a contrario bien peu éloquent sur d’autres, plus personnel. Aussi, embraya-t-il rapidement en interrogeant à son tour la jeune femme, pour éviter qu’elle ne s’aventure sur un terrain qui le renverrait dans ses réserves.

Storm et Snow, c’est ça ? Questionna-t-il en désignant les deux chats qui s’employaient tantôt à l’ignorer, tantôt à le défier du regard. Et vous ? Vous êtes d’ici ? Vous avez dit que vous entamiez votre voyage. Quelle est votre prochaine destination ? Je … je suis désolé, il faut que je me rassoie. Balbutia-t-il enfin en se posant là où il était.

« Et si tu cessais de t’agiter ? »
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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Sam 14 Jan - 22:59


    Si je me suis fait mal ?
    Oh, si peu. Je n’avais pas le postérieur particulièrement imposant ou musclé alors forcément, quand je tombe dessus, ça ne fait pas du bien. Donc oui, je me suis fait mal, mais en présence d’un homme tâché de sang, aux meurtrissures multiples et mortelles, j’apprends à vite dédramatiser. Donc au final, ça allait plutôt convenablement.
    Je secouai donc vigoureusement la tête en guise de réponse, alors que je me relevai.

    Son état semblait s’améliorer durant quelques minutes puis s’aggraver d’un seul coup.
    Je me sentais complètement démunie et égarée quant à la marche à suivre désormais. Il était clair qu’il ne comptait pas se reposer. Du moins, pas raisonnablement. Il ne cessait de se trémousser et de grimacer car ses gigotements le faisaient souffrir. Mais il finissait toujours par récidiver.
    A côté de lui, je donnais probablement l’impression d’être montée sur batterie full charged et de ne plus tenir en place. Mais moi, je n’étais pas aux portes de la Mort !

    Je ne savais pas quel âge il pouvait avoir. Il me semblait jeune, sans trop l’être.
    J’imaginais la trentaine, ou peut-être moins. Bref, au moins une dizaine d’années de plus que moi. Ce qui rendait mon éventuelle autorité totalement improbable. En gros, je n’avais pas mon mot à dire, et je le savais. Il pourrait écouter mes conseils, mais en savait possiblement bien plus que moi sur n’importe quel sujet.
    Du coup, il pourrait choisir de suivre mes conseils, ou de ne rien en faire, selon son bon vouloir. Du coup, je préférai ne plus rien dire à ce sujet pour le moment et de simplement l’écouter.

    Voire même, d’apprendre de lui.
    Il avait attesté que voyager était son métier. Eh bien, j’espérai qu’un jour, je puisse moi aussi répondre à cette question lorsque l’on me demandera d’expliquer ce que je fais dans la vie. Moi ? Je voyage et je prends des photos, c’est tout.
    Bon d’accord, c’était plus ou moins ce que j’étais déjà en train de faire. Mais ce n’était qu’un début. Peut-être qu’un jour je trouverais un lieu méritant que je l’appelle « foyer », mais ce n’était pas le cas à ce jour. Je cherche encore.

    « De gens à rencontrer… »
    Je plissai les yeux. Disait-il ça pour moi ? Je n’osai pas lui demander mais je m’interrogeai toutefois sur le pourquoi de cet ajout relativement appuyé.
    J’avais souri, assez sinistrement à vrai dire, lorsqu’il avait parlé de ne pas avoir assez de toute une vie. C’était assez navrant en fin de compte. Je me savais moi-même dans cette situation, mais j’étais jeune et j’espérai en voir et en apprendre un maximum en un minimum de temps.

    - Ah, extraordinaire hein ?

    La pelouse est toujours plus verte chez le voisin, comme on dit.
    Mais j’étais néanmoins assez d’accord avec lui. Le pays était surtout immense, il fallait donc du temps pour en faire le tour. Mais en ce qui me concernait, je gardais cela pour la fin. Juste au cas où j’aurais le mal des autres pays, je pourrais rentrer sur ma terre natale pour en voir tout ce qu’il me reste à en découvrir.
    En revanche, il y avait bien un pays que je rêvais de visiter.

    - C’est l’Ecosse que j’aimerais voir.

    Je lui adressai un petit sourire en coin, comme pour dire « oui, je sais que tu viens de ce coin-là, confirme-moi que je fais le bon choix en favorisant ce pays comme destination première et dis-moi que je ne vais pas le regretter. »
    Mais je n’ajoutai rien de plus sur le sujet pour le moment. En fait, je crois que j’aimais bien l’entendre parler. Il avait un timbre de voix plutôt plaisant et me semblait particulièrement éloquent. Quelque chose me disait que cela avait un rapport avec cette histoire de Bardes. Il fallait que je m’informe à ce sujet sans tarder.
    Et donc, il était agréable de l’écouter, d’apprendre d’une personne qui semblait aussi passionnée que moi, mais avec l’expérience en plus.
    Et cela me rassurait qu’il puisse tenir des discours ainsi. Cela nous changeait les idées, mais me rappelait tout de même qu’il se remettait doucement de son assaut de cette nuit.

    Telle une enfant captivée par son conteur, je me recroquevillais, la tête inclinée et posée sur mes genoux et les talons collés contre mes cuisses. Je caressai Storm, couchée tout près de moi, en écoutant Ezio monologuer.
    J’avais extrêmement envie de participer à la conversation, mais je ne voulais pas le couper. Et puis, je n’aurais probablement rien de plus captivant à raconter. Je me contentai donc de sourire parfois, de hocher la tête ou d’esquisser une petite moue.
    Comme pour cette histoire de solitude. Cela me collait aux basques moi aussi. J’appréciai autant que cela me pesait quelquefois. J’étais venue ici dans l’espoir d’être seule, vraisemblablement comme lui, et finalement, je ne regrette pas du tout d’avoir croisé le chemin d’un autre être humain, et sorcier et barde enthousiaste qui plus est.

    - Waow, je dois définitivement voir ces cascades de mes propres yeux.

    Vue de loin, la scène ressemblait presque à un cours en classe. Mais avec une seule élève. Ou trois peut-être. Vu que Storm était lui aussi venu se pelotonner contre moi pour écouter le barde conter ses histoires.
    Il avait là, une classe d’élèves particulièrement passionnés par le sujet du cours. Si j’avais pu, j’aurais même pris des notes, mais bien qu’il s’exprimait distinctement, il parlait vite et d’une traite. D’ailleurs, je me demandai une seconde s’il récitait quelque poème sur ces fameuses cascades, ou si tout sortait de façon improvisée.
    Quoi qu’il en soit, c’était beau. Et ça donnait envie d’en savoir plus.

    - Trois cailloux ? Pour quoi faire ? Si ce n’est pas indiscret bien-sûr.

    Il avait risqué sa vie pour trois cailloux.
    J’espérai que sa raison en valait la peine ! Mais quelque chose me disait qu’à l’avenir, il éviterait de ramasser quoi que ce soit. Et il en était de même pour moi. La bonne élève que j’étais avec retenu la leçon sans besoin de réviser.
    Ah, j’avais terriblement envie de voir un Paerahn maintenant ! Si je ne touchais pas à son territoire, il n’allait pas m’attaquer ? Je me demandais à quelle distance et à quel point il était possible d’approcher cet animal qui me semblait fascinant.
    D’ailleurs, lorsqu’il en fit le portrait, Storm et Snow semblèrent un peu moins charmés que moi. Ils n’avaient pas l’habitude de croiser des félins plus gros qu’eux. En même temps, quand on ne rencontre que des félins urbains…
    Et les atouts que possédait cette créature en termes d’attaque, ce n’était pas rien non plus.

    - J’imagine que ce n’est pas terminé. Vous devrez vous faire soigner mieux que ça au plus tôt !

    S’il ne sait plus s’arrêter lorsqu’il monologue, ça m’arrange finalement. Surtout sur deux sujets qui me passionnent et aussi parce que j’adore écouter et apprendre.
    Et je sais que j’en ai encore beaucoup à découvrir. Ce n’est que le début de mon périple et j’avais déjà l’impression d’être tombée sur une perle rare.

    - C’est bien ça. Snow, c’est la blanche, dont la passion est la sieste. Storm, le gris, toujours en quête d’une bêtise à faire.

    Sur ces mots, je vins choper leurs têtes au creux de mes coudes pour un câlin collectif. Têtes qui faisaient presque la même taille que la mienne !
    Storm se dégagea aussi sec pour retourner rôder non loin de nous. Storm se laissa faire, elle adorait les câlins, lorsqu’elle ne dormait pas. J’espérai qu’elle tienne le rythme de mes voyages, parce que cela ne risquait pas d’aller en se calmant.

    - Je suis de l’autre bout du pays, de New-York. Vous imaginez bien que je n’avais qu’une hâte, c’était de quitter officiellement cette ville après ma scolarité à Ilvermorny. Dans l’idée, j’ai prévu de me rendre en Ecosse, dans un premier temps puis d’entamer un road trip au Royaume-Uni et en Europe début 2017.

    Pour la suite, je n’en savais pas plus pour le moment.
    Je déciderais probablement cela au fur et à mesure de mes rencontres et autres aventures. Et aussi, selon mes moyens.

    - Arrêtez un peu de remuer. Et buvez.

    Je lui montrai la bouteille du doigt, celle que je lui avais passée auparavant et qui gisait toujours sur le sol non loin de lui. Il l’avait à peine touchée.

    Comment me remercier ? Je n’y avais même pas pensé à vrai dire.
    Cela me paraissait « normal » après tout. Mais après quelques secondes de réflexion intensive (j’avais surement froncé les sourcils de façon exagérée), je trouvai quelque chose à lui réclamer.

    - Peut-être que vous pourriez m’en dire plus sur les Bardes, ça m’intéresse. Je suis presque certaine que l’idée que je m’en fais est inexacte.

    J’avais toujours un peu honte de ne pas en savoir plus, mais quelque chose me disait qu’il se ferait une joie de prôner sa condition. Il allait peut-être me convertir, qui sait ?

    - Et si vous vous sentez de me narrer d’autres légendes le temps de vous remettre un minimum sur pieds, je suis toute ouïe.

    Comme pour illustrer mes dires, je pris un second plaid pour m’enrouler dedans avant de me caler dans l’herbe fraiche contre un arbre, non loin d’Ezio, qui avait toute mon attention.



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Dernière édition par Kalista Hopkins le Mer 15 Fév - 17:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Sam 4 Fév - 14:05

Des cailloux… Pour quoi faire…

Le barde haussa les épaules, incrédule. Quand bien même il aurait fallu trouver une utilité à ce geste, il n’en avait aucune à fournir. Depuis tout temps et tout âge, il ramassait des cailloux. Ceux dont les couleurs, formes ou textures semblaient l’appeler. D’autres enrichissaient sa collection parce qu’ils avaient des propriétés particulières, protectrices ou magiques. Certaines pierres étaient utilisées pour des rituels – ceux notamment qu’il mettait en place autour de ses campements - quand d’autres n’avaient pour vocation que de rejoindre ses poches le temps d’une marche et d’être déposées en offrandes un peu plus loin, après avoir roulé de longues minutes entre ses mains.

Fallait-il une utilité à chaque chose ? Combien d’êtres humains par eux-mêmes n’avaient pas d’utilité ?  

- Et bien… heu… parce que … j’aime bien les cailloux… Balbutia-t-il un peu pris au dépourvu. J’ai toujours aimé avoir une ou deux pierres au fond des poches. Leur contact me plaît et je m’amuse à leur attribuer des spécificités. Confessa-t-il en souriant.

Lorsqu’elle mentionna des soins supplémentaires, il acquiesça sinistrement de la tête. Il en était pleinement conscient, même s’il ne doutait plus de l’issue finale. La question était de savoir vers qui se tourner, ses compétences à lui ne pouvant que soulager la douleur dans une moindre mesure. S’il devait faire confiance à quelqu’un pour cela, il n’envisageait que deux choix. Le premier résidait en la personne de Beltrov, son mentor et ami, le second s’imposait malgré lui. Saoirse. Passée la crise qu’elle ferait en apprenant l’histoire, il savait pouvoir compter sur son dévouement, ses compétences et son sang-froid. Bien qu’il ne soit psychologiquement pas prêt à lui imposer ça. Beltrov donc.

Alors que les présentations félines lui accordaient une pause dans ses récits, il nota mentalement les caractéristiques des deux chats ainsi que leurs activités favorites respectives. Son interlocutrice l’intriguait. Passionnée par ses deux compagnons - à en juger par les cajoleries dont elle les gâtait - elle semblait toute jeune et intéressée par ses bavardages d’écossais. Il releva d’un sourire l’allusion à son pays natal – quoi de plus reconnaissable qu’un accent écossais - et se retint à grand peine d’en faire un descriptif digne des plus grands guides touristiques. Il se savait peu partial quant au sujet, bien que chacun s’accorde à dire qu’il s’agissait là d’un des pays les plus enchanteurs qui soit. La variété de paysages qu’on y trouvait, l’urbanité élégante d’Edimbourg, les brumes d’Inverness, l’héritage Celte, les lieux chargés d’énergie, la magie, les lochs, l’odeur de la bruyère, lui tirèrent une intense nostalgie qu’il n’avait jamais ressentie jusque-là. Dans un soupir du plus profond de son être, il réalisa qu’il était peut-être plus attaché à son pays qu’il ne voulait l’admettre. Quelque part pourtant, il le savait déjà. Ayant pour rituel, avant ses voyages, d’aller gonfler son cœur et ses yeux des embruns de Skye, même s’il n’y passait qu’une fois dans l’année, l’acte en lui-même revêtait une importance qu’il tâchait de se dissimuler, en vain. Souriant doucement à l’évocation des rivages embrumés, il se promit d’indiquer à Kalista les lieux incontournables qu’elle ne trouverait dans aucun guide. Les trésors cachés entre deux lochs, les grottes abandonnées, les plages désertes aux tourbillons chantants, les pierres dressées non répertoriées, les petits villages figés dans le temps, quelques pubs où il faisait bon s’arrêter au coin du feu, et bien d’autres encore, chers à son cœur.
Interrompu dans ses errances méditatives par l’injonction de la jeune femme, il leva un œil étonné et abdiqua. S’emparant de la bouteille d’eau qu’elle désignait, il en avala quelques nouvelles gorgées. Au début, le passage de l’eau irrita sa gorge contractée mais peu à peu, il dû se rendre à l’évidence, la fraîcheur du liquide lui faisait du bien. Se promettant d’essayer d’arrêter de s’agiter, il se rassit plus confortablement et apposa la bouteille sur son front enfiévré. Le contact froid le soulagea tant et si bien qu’il poursuivit sa cure d’eau en la plaquant ensuite sur sa nuque, non sans un frisson. Espérant que la fraîcheur dissiperait la nausée qui allait et venait, il resta un instant sans bouger, la tête baissée, les paupières closes.

 « Et si tu tentais une intraveineuse de poudres de bézoard et de gui ? Quelqu’un a déjà essayé ça ? »

Des paroles indistinctes l’effleurèrent sans vraiment l’atteindre.

Peut-être s’était-il légèrement assoupi, à moins que son battement de cils n’ait duré que quelques secondes, il n’en savait rien. Néanmoins, lorsqu’il releva à nouveau la tête, la bouteille avait glissé de sa main et la jeune femme se tenait toujours face à lui, désormais enroulée dans une couverture. Il réalisa bien vite qu’une crampe lui enserrait le bras gauche mais se retint de bouger pour éviter, non seulement, d’occasionner plus de douleur encore, mais aussi de se faire invectiver pour avoir désobéi aux conseils médicaux prodigués par la jeune femme.

Il lui semblait qu’avant d’être happé par cette sensation d’endormissement, Kalista avait posé une ou deux questions.

« Les bardes.»

Sursautant comme si on l’avait tiré d’un sommeil profond, il se redressa un peu et ramena ses jambes à lui. Avec lenteur, comme on observe un paysage que l’on s’apprête à croquer, il dévisagea une nouvelle fois son interlocutrice, se demandant quelle idée elle pouvait se faire des bardes, justement. Il aurait été curieux – et probablement amusé - d’entendre sa vision de la chose, mais gagné par la lassitude, il n’eut ni la force ni le courage de poser la question et la remit à plus tard.

- Et bien, les bardes sont, à l’origine, des hommes de lettres, les conteurs et musiciens de ce monde, narrant l’Histoire, les légendes et les traditions. Dans certaines civilisations, on les associe aux druides et aux poètes. De nos jours, les bardes font partie de l’ordre qui vise à perpétuer l’histoire du monde magique depuis la nuit des temps ainsi que les légendes propres à nos peuples. Nous suivons tous une formation particulière dans une académie internationale et il existe de ce fait, plusieurs sortes de bardes avec différentes spécialités. Certains choisissent une formation courte et prennent plaisir à conter les légendes, poésies et chants de notre histoire sans autres buts. D’autres se spécialisent davantage en optant pour l’une des trois branches. Beaucoup d’entre nous deviennent alors des Derwydd, spécialisés dans le soin par les plantes et collaborent étroitement avec les guérisseurs et les médicomages en apportant une approche … un peu différente. D’autres encore – les Gwyddons - se lancent dans l’étude des différentes coutumes et traditions des localités du monde et sont prisés par les sorciers des différentes ambassades pour en être les conseillers lors de leurs déplacements. Et enfin… quelques-uns se spécialisent dans la connaissance des lois anciennes et de l’éthique de la magie. Ce sont les Brehons. Les gouvernements magiques font souvent appel à eux pour trancher en matière d’éthique ce qui relève de la magie acceptable ou noire. Laissa-t-il tomber alors que sa voix n’était désormais pas plus qu’un filet sourd.

Son premier jour à l’Ibas avait été grandement marqué par l’impact du bâtiment en lui-même. Si à l’âge de onze ans il était – comme tous les petits sorciers – tombé amoureux de la silhouette majestueuse de Poudlard, son arrivée à l’académie lui procura une fascination plus intense encore. Après avoir attesté de tant de magie en ce monde, le bâtiment avait encore su le surprendre. Si en elle-même, la bâtisse se montrait plus humble en démonstration magique apparente – pas d’escaliers pivotants ou de fantômes sillonnant les couloirs - elle était baignée d’une lumière et chargée d’une énergie qu’il était impossible d’ignorer. Tout y était si calme. Les pièces aux formes étranges étaient emplies de livres qu’il n’avait jamais lus, les hautes fenêtres offraient des panoramas dont la contemplation pouvait durer des jours entiers. Parmi les salles mystérieuses, en était une qui l’avait alors envoûté. Le mur de Pensines.  Des souvenirs et pensées des quatre coins du monde, offerts à ceux qui en ressentaient le besoin et qui se sentaient capable d’aller braver la possibilité de vivre la souffrance d’un autre. Quelque fois, il avait osé en parcourir les pierres de ses doigts, captant ça et là quelques émotions dont certaines le bouleversaient encore à ce jour.  

- Tout ça est très… résumé, vous me pardonnerez…

Dans la chaleur du soleil montant, il frissonna à nouveau et imagina ses veines parcourues d’un liquide noir et gelé, lui glaçant organes et artères tour à tour pour le transformer peu à peu en statut de glace.

Soupirant à ses propres idées, il leva les yeux au ciel et tenta de se persuader que les rayons du soleil l’atteignaient bien et se chargeraient bien vite de le réchauffer. Elle avait demandé des légendes. Sa mémoire en effleura des dizaines sans parvenir à se fixer sur une en particulier. C’était ce qui arrivait lorsqu’il ne parvenait pas à trouver la plus adaptée à la situation. Une sur l’écosse aurait été la bienvenue… il porta son choix sur l’une d’elle, avant de réaliser qu’il n’aurait probablement pas la force d’aller jusqu’au bout sans la bâcler. D’un sourire empreint d’excuses, il se tourna alors vers Kalista.

- Si vous voulez bien m’accorder encore quelques minutes de paresse, je vous conterez l’Ecosse entière si cela vous plaît. Soupira-t-il en fermant à nouveau les yeux pour les rouvrir aussitôt.

- Est-ce que vous savez si nous sommes loin de là où vous m’avez trouvé ? Il faudra que… je récupère mes affaires.

Bien que peu matérialiste, il se trouvait dans son sac – au-delà du pratique dont il aurait besoin pour repartir – quelques petites choses auxquelles il tenait beaucoup. Son dernier carnet dans lequel il avait mis des mois à coucher ses derniers écrits et… la petite étoile de bois.


HJ: Désolé pour le délai. J'espère que ça t'ira.
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MessageSujet: Re: Praesĭdĭum |Kalista|   Dim 5 Fév - 16:20


    Je l’observai alors qu’il avait l’air gêné par ma question.
    Si la réponse était si embêtante, il n’était pas forcé d’y répondre. Moi-même je rapportais toujours un souvenir de mes voyages, par le biais de mes photos, parce que je préférais ne jamais toucher à rien. Mais s’il aimait ramener des cailloux, c’était en fait une idée plutôt intéressante.
    Du moins, si on met de côté le passage avec le Paerahn, évidemment.
    Je lui rendis donc son sourire sans émettre le moindre jugement.

    Mes instants de réflexions sur le « comment me remercier » l’avaient apparemment bien endormi. J’espérai surtout qu’il ne retombe pas dans une sorte de coma. Mais je préférai conclure qu’il était simplement très fatigué par la situation.
    Et moi, je m’amusais à faire le moulin à paroles et à questions. Je devais le fatiguer encore plus.
    D’un coup, je culpabilisai un peu d’avoir posé une question qui réclamait une réponse un tant soit peu développée. J’espérai même une demi-seconde qu’il n’avait pas entendu que j’avais parlé. Il semblait ailleurs et s’il était sur le point de passer de l’autre côté, je me sentirais assez fautive, je dois bien l’avouer.

    Mais comme je l’imaginais, il était simplement en train de somnoler et j’eu l’impression de le tirer de ce sommeil dans un sursaut désagréable.
    Je grimaçai légèrement avant qu’il ne se mette à me dévisager. Je ne savais toujours pas s’il avait compris ma requête ou si le simple fait d’avoir parlé l’avait « réveillé » et qu’il n’osait pas me dire qu’il ne m’avait même pas écoutée.
    Passèrent quelques secondes avant qu’il n’entame un nouveau récit. Il avait donc bien entendu.
    Attentive, je posai mon menton sur mes genoux et entourai mes jambes de mes bras, le plaid recouvrant toujours mes épaules. Snow vient se coller contre moi et semblait elle-aussi passionnée par les dires du Barde.

    Dans l’idée que je m’en faisais, je n’étais pas tombée si loin. Du moins, d’après le début de ses explications. Des poètes, des conteurs de légendes. J’imaginai des musiciens mêmes. Des artistes en sommes.
    Je me mis à me demander pourquoi ne pas m’y être intéressée plus tôt. Des femmes étaient-elles bardes ? Parce que cet enseignement m’intéressait. Moi qui ne m’étais jamais intéressée aux études supérieures et qui étais presque persuadée de ne jamais vouloir en faire. De simplement continuer mes voyages, et vivre de mes photographies.

    Je soufflai parfois des « cool » ou quelques « ah oui ? » prouvant mon intérêt sur le sujet. L’histoire des trois branches d’études m’étaient totalement inconnues. Et me semblaient d’autant plus intéressantes.
    J’avais souri lorsqu’était venu le passage où il m’expliqua ce qu’était les Derwydd. Spécialisés dans le soin ? Cela m’aurait bien été utile cette nuit apparemment !
    Et il y avait donc une filière comme celle-ci à l’Université d’Ecosse ? Il me semblait pourtant avoir déjà tout regardé avant de prendre la décision de ne finalement pas aller étudier cette année. Si j’étais tombée sur quelque chose du genre, j’aurais évidemment été intéressée.
    Même si mon projet de road trip aurait toujours été placé en priorité.

    Il semblait exténué de m’avoir expliqué tout cela, et encore une fois, je me mis à culpabiliser un peu. Il était de plus, loin de se douter que sa présentation des Bardes, loin de me rassasier, me donnait envie d’en savoir encore plus.
    Mais je n’osai trop rien dire pour le moment. Je me doutais qu’il s’agissait là d’un résumé, comme il le précisa tout de suite après, et rien que ça semblait l’avoir énormément fatigué.

    - Oh non, pas de problème ! C’est vraiment très intéressant en tous cas !

    Je m’étais empressée de le rassurer.
    J’allais devoir attendre un peu pour mes légendes probablement portant sur l’Ecosse, ce pays que je rêvais de visiter et dont Ezio provenait sans le moindre doute.
    Ce n’était pas grave, j’avais tout mon temps. Je grimaçai intérieurement en me disant que ce n’était peut-être pas le cas de tout le monde ici.
    L’histoire de l’Ecosse entière ? Eh bien, il avait la motivation ! Ecouter cette histoire ne me couterait rien mais j’imaginais qu’il avait déjà dû la raconter souvent. Mais si je comprends bien, c’est un peu son « métier » en fin de compte.
    Quelle occupation géniale en tous cas !

    - Bien sûr ! Désolée de vous assaillir de questions.

    J’en profitai pour me lever en laissant le plaid sur place, pour vérifier que Storm n’était pas partit trop loin. Je me demandais toujours comment cela allait se passer pour mes deux félins. Evidemment, je voulais les emmener avec moi, et ils prouvaient aujourd’hui que cela ne leur déplaisait pas le moins du monde.
    Mais discuter de cet énorme félin protecteur, et autres trucs dangereux, je n’étais plus très certaine de moi. Storm était un casse coup, et Snow adorait dormir. Voyager avec eux ne serait pas de tout repos, je le sentais. Mais je n’aurais pas l’impression d’être seule.
    Leur présence était parfaite parce que j’avais toujours eu du mal avec les gens, et je n’appréciai pourtant pas spécialement la solitude.
    La présence animale était exactement ce qu’il me fallait, à moyen terme du moins. Parce que j’adore aussi ce genre de rencontre à l’improviste qui m’apporte plus de connaissances que je n’en aurais eues en me promenant seule ou bien en lisant.
    A long terme, je préférerai évidemment trouver un camarade de route pour m’accompagner. Mais, bien que ce style de vie attire beaucoup de gens, peu osent sauter le pas. Non-Maj ou bien sorciers.
    Il est difficile d’abandonner sa petite vie confortable pour une vie pleine d’aventures mais je suis persuadée que cela vaut le coup, et même au-delà de ça, que cela fini par devenir vital et qu’on se résigne à finalement vivre sur Terre, et non dans une ville bien précise.
    Il me semblait bien que ma vie de nomade débutante était partie pour durer.

    En revenant m’asseoir, j’entrepris de répondre à la question du Barde.

    - En fait, j’ai ramené un sac déjà.

    Je lui indiquai le sac que j’avais déposé près de lui alors qu’il était encore dans la tente.

    - Il contenait la poudre de Bézoard et j’en ai conclu qu’il était à vous. J’avoue que je n’ai pas vu s’il y avait autre chose sur place.

    J’avais peut-être été un peu idiote de ne pas essayer de voir s’il avait plus d’effets personnels mais s’il était comme moi, il ne devait pas avoir grand-chose sur lui.
    Je ne savais pas si le sac était à lui, mais c’était une conclusion logique que j’avais fait sur l’instant. Et ma priorité avait avant tout été de le soigner et de le ramener dans un endroit un peu plus caché du reste.

    - Mais ce n’est pas si loin. On peut toujours aller y faire un tour maintenant qu’il fait jour.

    Il n’avait pas l’air en état de marcher mais soit, nous pouvions retourner dans le coin. D’un geste rapide, je vins me saisir du sac laissé dans la tente pour lui tendre. La poudre de Bézoard étant venue à moi après l’utilisation du sortilège Accio, je n’avais pas eu l’occasion de fouiller dedans et l’avais donc rapporté tel quel.
    Peut-être manquait-il quelque chose ?

    Spoiler:
     


Dernière édition par Kalista Hopkins le Jeu 23 Fév - 1:11, édité 1 fois
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