Météo du
Moment

Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Dormir ou écrire, il faut choisir.
Le festival de Greenock
n'attend plus que vous! Il est grand temps de poster!

Plan canicule sur le forum...

Venez donc brassez un peu d'air avec nous...

Partagez | 
 

 Eachdraidh dragon : Histoire de dragon |Cassie|

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 401
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Eachdraidh dragon : Histoire de dragon |Cassie|   Mer 28 Déc - 15:21

« O for a voice like thunder, and a tongue
To drown the throat of war! - When the senses
Are shaken, and the soul is driven to madness,
Who can stand?
When the souls of the oppressed
Fight in the troubled air that rages, who can stand?
When the whirlwind of fury comes from the
Throne of God, when the frowns of his countenance
Drive the nations together,
who can stand?
When Sin claps his broad wings over the battle,
And sails rejoicing in the flood of Death;
When souls are torn to everlasting fire,
And fiends of Hell rejoice upon the slain,
O who can stand?
O who hath caused this?
O who can answer at the throne of God?
The Kings and Nobles of the Land have done it!
Hear it not, Heaven, thy Ministers have done it! »*


Malgré la préparation consciencieuse de la piste – et les sortilèges qui avaient dû être nécessaires pour la rendre praticable - il sentait ses jambes s'enfoncer jusqu'à mi-cuisses. A travers le tissu de son pantalon pourtant adapté à la neige, il percevait la fraîcheur de la poudre blanche qui recouvrait les paysages environnants. Tous les déplacements étaient ralentis, les bruits étouffés, conférant aux lieux un aspect plus magique encore que ce qu'ils étaient réellement.
Tout à son aise en plein désert blanc, il contemplait les hauts sommets environnants recouverts de leurs manteaux de neige qui plongeaient dans les eaux glacés des fjords des Vesterålen. Le paysage était à couper le souffle et la magie palpable. Le cœur gonflé de bonheur, il se délectait de cette magie là, celle produite par la nature et ses merveilles.
Son soupir exhala une fine vapeur due au froid environnant. Il en observa les volutes qui s'élevèrent devant son visage en souriant pour lui-même. La température – dont il tenait tout particulièrement à ignorer l'exactitude – était plus que vivifiante. Elle piquait les joues, glaçait les mains, vous embrassait le corps et vous prenait à la gorge. Si bien qu'au refuge, on leur avait fortement conseillé de garder une écharpe autour de la bouche pour protéger leurs poumons. Ou de s'offrir le luxe d'un sortilège de protection au froid qu'il avait refusé sous le rire moqueur de Silje. Une écharpe ferait l'affaire.

Il traversa la crête qui le séparait du lieu de rendez-vous en quelques enjambées coûteuses en énergie en raison de la neige et savoura la solitude de l'instant en ces lieux grandioses et majestueux. Sous chacun de ses pas il entendait crisser la neige dans une douce mélodie aux accents sauvages.
Il affectionnait particulièrement de pouvoir embrasser de grands espaces en plein air après l'enfermement subi dans le train qui l'avait mené jusqu'à Abisko en Suède.
17h dans un espace clos et peuplé, à partager un compartiment avec d'autres passagers avaient eu raison de son seuil de tolérance à la compagnie et à l'enfermement. Fort heureusement pour tout un chacun, le voyage avait pris fin avant qu'il ne fissure complètement et que sa morosité ne se propage à la totalité des passagers.
Il avait ensuite passé quelques jours à randonner dans la région d'Abisko Östra, où il avait fait la connaissance du propriétaire d'une auberge de jeunesse proche de la gare. Ce dernier lui avait indiqué d'incroyables itinéraires enneigés vers les portes de la Laponie qu'il s'était empressé de tester, retrouvant ainsi le calme, la solitude et l'apaisement nécessaire à sa survie – et à celle des autres.
Son périple l'avait ensuite mené à basculer vers la Norvège en empruntant un autre train – il était maintenant plus que persuadé qu'il préférait l'avion, bien que plus onéreux – qui l'avait conduit à Narvik, en Norvège.
De fil en aiguille, au gré des opportunités et des rencontres, il s'était frayé un chemin à la mi-janvier vers les ïles Vesterålen où il devait rejoindre Silje.
Ils s'étaient rencontré une quinzaine d'années plus tôt, alors qu'il était encore à l'Ibas. La jeune femme comptait parmi les très rares personnes qui parvenaient à entretenir une relation à long terme avec lui - hormis quelques membres de sa famille. Ils s'écrivaient, de temps en temps, partageaient un attrait commun pour la nature et les créatures magiques. Elle avait renouvelé son invitation un grand nombre de fois. Cette année, il s'était senti prêt à accepter. Non pas qu'il lui déplaise de rendre visite à la jeune femme, d'autant plus qu'elle avait un atout incommensurable : elle faisait partie du cercle très privé des Gardiens de la Réserve Magique et Naturelle de Norvégiens à Crête.
Passionné par ces créatures, il avait eu l'occasion d'en admirer à deux reprises et s'était senti à chaque fois aussi émerveillé qu'un enfant à qui on annonçait que la magie existe. La seule retenue à cette visite avait pourtant été cette dernière : la magie.
Bien que l'élevage de dragons soit interdit par le code sorciers, des Gardiens de réserve étaient postés autour du secteur qui abritait une fantastique colonie pour entretenir les sortilèges repousse-moldus et veiller au bon développement des créatures dont on avaient jadis craint qu'ils s'éteignent. Les soigneurs les plus réputés au monde étaient recrutés pour permettre à l'espèce en voie de disparition de prendre un nouvel essor. Silje en faisait partie.
Mal à l'aise en compagnie sorcière, Ezio avait souvent repoussé ce voyage, sachant l'endroit connu pour être fréquenté uniquement par ses pairs. Néanmoins, poussé par le désir d'admirer à nouveaux ces créatures et encouragé par sa toute nouvelle formation qui l'engageait à repousser ses propres limites, il avait, cette année, accepté de tenter l'expérience pour la plus grande joie de son amie.

En cette saison, toute la région était plongée dans une nuit sans fin, interrompue uniquement quelques heures par une vague lueur au loin rappelant aux habitants que le soleil existait toujours, mais ailleurs.
Les ténèbres de l'hiver participaient grandement à la majesté des lieux, attirant aurores boréales et conférant l'étrange sentiment que peut-être, le soleil ne se lèverait plus jamais.

La neige filtrait et étouffait les bruits de la nature, si bien qu'il n'eut pas de mal à savoir qu'il était arrivé. Les chuchotements qui se voulaient pourtant discrets paraissaient être une offense à la nature environnante. De temps à autre, on percevait une voix au-dessus des autres intimant un silence, bien vite rompu par le bruit d'un pas dans la neige, d'un toussotement ou d'un éternuement.
Ezio esquissa un sourire et se dirigea vers le petit groupe. Les recommandations étaient formelles, il était extrêmement dangereux – et donc strictement interdit pour quiconque- de fouler les lieux sans être accompagné des Gardiens ; les Norvégiens à Crêtes comptant parmi les dragons les plus nerveux qu'il soit.
Bien qu'adepte des expéditions solitaires il n'avait osé aller à l'encontre de ces règles et avait décidé de se joindre cette nuit au groupe conduit par son amie. L'observation des dragons était plus que délicate et nécessitait la réunion de plusieurs conditions et paramètres minutieux. Les Norwegian Ridgeback étant très agressifs envers leurs congénères, la période hivernal était l'un des rares moments où les groupes se formaient pour entamer la parade nuptiale qui permettrait aux femelles de pondre et élever leurs dragonneaux avant le prochain hiver. Tout le problème de l'observation de ce phénomène incroyable résidait en l'absence totale de lumière à cette période de l'année, ce qui compliquait légèrement la chose. Néanmoins, les sorciers avaient rapidement réussi à interpréter les signes avant-coureurs des aurores boréales qui en plus d'éclairer la scène, la rendait encore plus surnaturelle.
Cette nuit, les conditions étaient idéales puisque la soirée n'avait cessé de s'illuminer de couleurs, répandant sa magie sur la neige étincelante pour le plus grand plaisir du jeune barde qui se sentait tomber amoureux des lieux.

Il était arrivé la veille, se tenant prudemment à l'écart du groupe qui résidait au refuge depuis plusieurs jours. Il avait identifié des anglais, trois irlandais, quelques français,deux russes parmi les personnes présentes. Au cours de la journée il avait échangé quelques mots tout au plus avec certains d'entre eux, restant sur la réserve mesurée dont il faisait preuve face aux sorciers. Sa matinée avait été consacrée à une randonnée avec Silje qui lui avait fait découvrir les environs avec une joie contagieuse.
Cette dernière, au centre du groupe, lui fit un signe amical lorsqu'il parvint à leur niveau. A la lueur des baguettes des Gardiens, il distingua la cascade de cheveux d'un blond presque blanc qu'elle portait sous son bonnet à pompon. Elle se dirigea vers lui en souriant et glissa un bras sous le sien avant de l'entrainer vers les autres à travers la neige.

- Très heureuse que tu te joignes à nous. Murmura-t-elle.

Avec un sourire timide en guise de réponse, il alla se placer au sommet marqué d'un immense cairn, légèrement à l'écart des autres.

Un des gardiens entama une série de recommandations – en plusieurs langues- pendant que les autres répandaient des sorts de camouflage autour du groupe pour éviter qu'ils ne soient trop visibles et audibles ce qui empêcherait les dragons de venir.
Appuyé contre la pierre gelée du cairn, Ezio envoya machinalement la main dans la poche de son pantalon tout en écoutant les différentes langues chantantes qui égrainaient les instructions. Ses doigts rencontrèrent le petit pendentif étoilé et se refermèrent sur lui avec précautions. Depuis son départ d'Angleterre il avait tenté de ne pas penser à elle, mais telle une obsession, elle s'était invitée dans la plupart de ses gestes. Lorsqu'il avait dessiné, une petite silhouette brune s'était immiscée dans chacun de ses décors et lorsqu'elle en était absente, c'était son visage entier qui naissait sous son crayon. Lorsqu'il fermait les yeux, il revivait les instants hors du temps qu'avait abrité le Lemon tree. Et quand il écrivait, les mots se brouillaient pour esquisser des histoires qui lui échappaient. Malgré ses efforts, une question le hantait : qu'aurait été ce voyage si elle était venue ?
Certes, il n'aurait pas pu y avoir de dragons. Mais il était certain qu'elle aurait aimé le reste. La neige, le grand air. Il imaginait parfaitement son sourire face au spectacle somptueux des aurores boréales. Il voyait d'ici ses yeux briller au-dessus de ses joues roses. S'accordant un faible sourire, il repoussa gentiment le souvenir d'Anastasia. Chaque fois qu'elle s'invitait dans ses pensées, il était pris d'un étrange sentiment qui vacillait entre bonheur et nostalgie. Il ne regrettait rien. Même pas son choix pour un autre. Elle avait été à lui une nuit et chacun avait repris son chemin, sans l'autre. Pourtant il avait attendu. Tuant lui-même son fol espoir avec sarcasme et réalisme. Une femme mariée ne quitte pas sa vie pour un inconnu croisé dans un pub. Malgré tout, depuis cette rencontre déconcertante, il se sentait étrangement bien et calme.
Précieusement, il replaça le porte-bonheur au fond de sa poche et ferma les yeux un instant avant de pouvoir profiter du spectacle.
Nul ne savait combien de temps il faudrait encore attendre. Autour de lui, quelques membres du groupe échangeaient des impressions à voix basses. Bien que se sachant couverts par les sortilèges des Gardiens, ils semblaient ne pas oser s'exprimer à haute voix. Ezio scrutait la nuit de ses yeux sombres, le cœur marquant la cadence de son impatience.

*Lullaby, W Blake.


HJ: J'ai repris le début de notre sujet si cela te convient. La suite sera forcément différente. Smile
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Invité

Invité


MessageSujet: Re: Eachdraidh dragon : Histoire de dragon |Cassie|   Mar 3 Jan - 19:35

Elle ne se lasserait surement jamais d’observer ces lumières. Appuyée contre l’une des fenêtres du refuge, Cassie cherchait des mots pour les décrire. Les aurores boréales. Elles lui firent tour à tour penser à des rideaux soulevés par le vent, à des courants marins ou à un foulard qui se serait envolé. A un moment même elle crut voir les animaux des légendes racontées pendant la journée. L’une d’elles rapportait que les esprits des animaux des montagnes vivaient dans ces lumières. On pourrait les y voir courir, voler ou nager. Et chaque animal choisirait un homme qu’il protègerait, un homme dont il partage les valeurs. Un jour, un chasseur tua un ours pour une mauvaise raison. Les lumières descendirent alors pour le transformer en l’animal, afin qu’il prenne conscience de ses actes. * Ces contes l’avaient passionné. Ils n’avaient pas eu de chance la veille et la météo ne leur avait pas permis d’observer les aurores. Elle n’avait pu qu’imaginer les couleurs, les mouvements. Elle comprenait bien mieux à présent où avaient pu naitre ses légendes, tout ceci était magique. Elle reprit une gorgée de thé et appuya sa tête contre le mur.

On les appela rapidement. Maintenant que les aurores éclairaient la région ils pouvaient se mettre en marche. Elle posa sa tasse et rangea le livre qu’elle tenait avec ses affaires puis s’approcha des gardiens. On leur donna de nouveau une liste de sortilèges utiles, les incitant à se protéger au mieux de l’extérieur. Elle hésita un bref instant mais finit par les appliquer. Elle avait le gout de l’effort et aimait se promener, la jeune femme trouvait cela tellement dommage de se couper des sensations de la montagne. La balade de la veille lui avait servi de leçon. Ils ne pouvaient se déplacer seuls et sans guide, mais un couple âgé d’irlandais avait eu la gentillesse de l’inviter. Elle avait failli dire non, refuser poliment et continuer à lire au coin de la cheminée. Les sorties en groupe n’étaient généralement pas à son gout, elle préférait se balader seule. Ils s’étaient finalement révéler de très agréables compagnons de voyage. Ils parlaient peu et prenaient beaucoup de photos. Ces pauses lui avaient permis de tenir. Elle avait pris la décision de partir sans protection magique et s’était enfoncée jusqu’aux cuisses dans la neige épaisse. Avouer sa défaite et ensorceler ses chaussures n’était une option, elle était donc rentrée exténuée poussée par ses « on est presque arrivés ». Ce n’était pas la meilleure façon de profiter du paysage. Par ailleurs, quoique couverte et en mouvement, elle avait eu froid. Elle préférait être confortablement installée pour observer. Elle jeta donc les sortilèges indiqués.

- Cassie, marche avec moi. Nous n’avons pas encore eu le temps de discuter. Ce cadeau te plait ?

Elle sourit à Amanda et se rapprocha. La femme était très avenante, elle l’avait accueilli à son arrivée par Portoloin et c’était dès lors assurée qu’il ne lui manque rien. Elles s’étaient à peine croisées, le travail de la gardienne l’occupant une grande partie du temps, mais elle lui avait plusieurs fois demandé si tout allait bien et avait laissé différentes surprises au refuge. On lisait aussi dans son regard et ses cheveux courts qu’elle arborait une certaine fougue. Elle semblait bien différente de son père.

- Oui merci, c’est un cadeau vraiment fantastique. La région est magnifique, les histoires d’hier, les aurores !

Son voyage avait été pour le moins inattendu. Ian l’avait appelée dans son bureau et elle était arrivée, dossier sous le bras, prête pour l’une de leurs réunions. Mais une enveloppe griffonnée de son nom l’attendait. A l’intérieur, la photo d’un paysage enneigé sur lequel se détachait une ombre. Celle d’un dragon. Au dos de celle-ci on pouvait lire « Réserve Magique et Naturelle de Norvégiens à Crêtes, Iles Vesterålen » ainsi que la date et le lieu de son départ. Ce n’était ni son anniversaire, ni une occasion. Ian partait juste en déplacements et avait décidé qu’elle méritait des vacances. Il avait tout arrangé. Ce n’était rien disait-il, sa fille y travaillait et serait heureuse de l’accueillir. Ce n’était rien, mais il s’agissait du plus beau cadeau qu’on lui ait fait en plusieurs années. Sa grand-mère lui offrait les babioles qu’elle pouvait se permettre, des objets adorables et pleins de bonne intention, ses parents lui offraient de jolies choses dénuées de sens. Elle resta interdite un moment à hocher la tête avant de pouvoir articuler un merci.

Elles discutèrent à voix basse jusqu’à atteindre un immense cairn. Le groupe se compléta et on leur donna quelques recommandations. La plupart n’étaient que du bon sens, mais il y avait sans doute quelques idiots pour s’éloigner à la recherche de sensations fortes. Amanda partit remplir son rôle et la jeune anglaise se retrouva seule. Elle croisa les bras, se retourna vers le paysage et remonta son écharpe par réflexe, le seul indice de la température étant la vapeur formée par sa respiration. La neige aussi. Les aurores s’y reflétaient si bien. Leurs couleurs ondulaient, révélant le terrain inégal et caressant les arbres. Et dire que d’un instant à l’autre pouvait surgir une immense créature… Elle scruta ces forêts justement, à la recherche du moindre mouvement. Mais elle n’y vit rien d’autre que des jeux d’ombres.

- Tout ceci est vraiment magnifique.

Elle n’avait pas vraiment pour habitude de parler seule. L’impatience peut-être. Elle réalisa que les conversations autour d’elle s’étaient aussi amplifiées. Ils semblaient avoir moins peur de troubler le silence maintenant qu’il fallait attendre. D’un coup d’œil par-dessus son épaule elle regarda le groupe. C’est un se tournant de nouveau qu’elle aperçut l’homme non loin d’elle. Il était silencieux. Elle mit un moment à réaliser qu’il n’était pas difforme. La jeune fille se mit à sourire toute seule. Il était seulement enfoncé jusqu’aux genoux dans la neige, perdant de la taille, et s’était emmitoufler dans d’épais vêtements pour se préserver du froid. Cela lui donnait l’air tout boudiné et court sur pattes.

- Vous êtes courageux de n’avoir utilisé aucun sortilège.

Une exclamation dans son dos lui fi faire volteface. Que devait-elle voir ?



* Frère des Ours, dessin animé passionnant
Revenir en haut Aller en bas
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 401
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Eachdraidh dragon : Histoire de dragon |Cassie|   Ven 6 Jan - 22:32


Sans l’épaisseur de son écharpe, elle aurait pu deviner le sourire en coin qu’il esquissa en réponse à son affirmation. C’était là une forme de courage… toute particulière. Jeter des sorts lui était bien étranger depuis des années maintenant. Il ne l’avait pas envisagé une seule seconde et se délectait bien trop de la fraicheur de la neige sur ses jambes pour en refuser la sensation.

- Courage ou bêtise, je vous dirais ça dans quelques heures. Lança-t-il, amusé à travers la laine de son écharpe.

S’il restait immobile trop longtemps, il finirait probablement congelé. Bien qu’ayant enfilé à peu près tous les pulls qu’il avait au fond de son sac en couches de protection, il ne pouvait nier que pour une fois, il avait froid. Vraiment froid. Lui qui passait ses hivers en pull léger, ressentait jusqu’à l’os la morsure de l’atmosphère gelée des Vesterålen.

Les couleurs qui déchiraient le ciel se réverbéraient sur la neige et offraient à la soirée une ambiance plus magique encore, si cela était possible. Des étoiles plein les yeux, Ezio observait toujours les volutes de fumée, témoins de sa respiration, qui s'élevaient au-dessus de sa tête vers la luminescence des aurore boréales enchanteresses. Mentalement, il dessinait les contours de la silhouette de la première bête qui ne tarderait plus à se montrer, du moins l’espérait-il.

Lorsqu’une exclamation perça le silence à quelques pas d’eux, il scruta – comme tous les autres – le ciel, de ses yeux sombres. Les sens en alerte et le souffle coupé, il l’entendit avant de le voir.
Le battement d’ailes si caractéristique. Ce mélange de frottements sourds et profonds ne pouvant émaner que d’une bête particulièrement puissante et agile. Immédiatement, le son invoqua le dernier souvenir de sa rencontre avec un dragon. Particulièrement sensible aux environnements sonores, le barde y associa les images du noir des Hébrides croisé bien des années plus tôt. La silhouette grande et maigre de Mélusine, face à lui, jambes écartées. Il avait dans l’un de ses carnets, esquissé la scène pour la conserver à jamais, si des fois quelque chose ou quelqu’un parvenait à l’arracher à ses souvenirs. Ce qui lui semblait impossible tant ces créatures étaient fascinantes.
Son cœur se gonfla d’une magie qui n’avait rien à voir avec celle des sorciers. Car c'était ça la vraie magie. La nature dans toute sa force.

Et puis enfin, il le vit. Immense. Se découpant nettement dans les couleurs chatoyantes de l’aurore boréale, la silhouette massive du Norvégien à crête. Il distingua les longues plaques noires de jais qui lui parcouraient l’échine, aussi brillantes et polies que robustes, sa crête si caractéristique et son immense gueule béante, qui ravit le publique en déchainant sur eux un rugissement qui fit trembler le sol sous leurs pieds.

Le groupe entier semblait suspendu au vol de la créature, et contrairement à elle, était désormais mutique pour l’ensemble et paraissait avoir oublié de respirer. Lorsque le dragon disparut derrière un sommet, la foule, d’une seule voix, élança un soupir de déception qui fut immédiatement écourté par l’arrivée des autres.

Trois, peut-être quatre - il avait du mal à les compter tant ils se mouvaient et s’entremêlaient – autres silhouettes firent leur apparition et entamèrent un ballet aérien à faire pâlir Serge de Diaghilev.
Flanquées d’ailes immenses d’une envergure inimaginable, les dragons semblaient déchirer le ciel, se répondant de leurs corps et leurs cris. Parmi les Gardiens, la tension était plus que palpable. Si le groupe était enchanté par la vision de la danse des dragons, ces derniers, quant à eux, responsables de la sécurité de tous, s’étaient répartis autour des spectateurs et brandissaient leurs baguettes au-dessus de leur tête. Celles-ci dégageaient une lumière très légère et bleuté qu’Ezio identifia comme un sortilège de protection au feu. Il devait avouer que, pour une fois, il était enchanté d’être sous protection magique.

Le souffle coupé, le barde observait la scène, fasciné, gravant en mémoire les mouvements et les sons qui l'entouraient, conscient de vivre, une fois encore, une scène exceptionnelle d’une beauté époustouflante. Un mouvement sur sa gauche attira son œil.

Silje avait détaché son regard des dragons et lui souriait en abordant ce petit air signifiant probablement « alors, je t'avais pas dit que ça valait le coup ? » Il lui sourit comme un gamin un matin de Noël et hocha la tête avant de reprendre sa contemplation là où il l'avait laissée.

Oui cela valait le coup. Cela valait toutes les heures de train dans des wagons surchargés. Des nuits d'insomnie et cette sensation de malaise qui le saisissait chaque fois qu'il se trouvait au milieu de sorciers qui ne manquaient de le questionner sur son mode de vie. Cela valait des heures d'attente, le froid et l'immobilité.

Les silhouettes poursuivirent leur ballet un peu plus loin et furent englouties par les reliefs avoisinants. Si l’image était moins spectaculaire, l’environnement sonore n’en restait pas moins exceptionnel. Les rugissements continuaient à résonner et se répercuter sur la neige, à l’infini.
Le groupe reprit sa respiration, dans l’attente d’un nouveau rapprochement du spectacle.
Ezio en profita pour détacher ses yeux du ciel, s’extraire du trou de neige dans lequel il s’enfonçait peu à peu et porta son attention sur la jeune femme qui lui avait adressé la parole quelques minutes plus tôt. Tirant quelque peu sur l'étoffe qui enserrait son cou et ses oreilles, il se dégagea légèrement la bouche avant de la questionner.

- Vous en aviez déjà vu ? Demanda-t-il, soudainement bien curieux.

La fascination exercée par les dragons empêchait quiconque de savoir s'il s'agissait d'une première fois ou non. Il était persuadé qu'à son centième dragon, il serait toujours aussi émerveillé.

Au-dessus de leur tête, le ciel se calmait. Dans un silence qui retombait, semblant précéder l'éclat d'un orchestre, les ténèbres se refermaient sur les couleurs des aurores boréales dansantes. Le froid lui parut redoubler d'ardeur, à moins que son esprit n'ait été trop concentré sur le reste pour s'en préoccuper avant. Il remua les jambes à plusieurs reprises et enfouit à nouveau ses mains dans les poches pour leur éviter de geler sur place. La morsure de l'air lui piquait les joues et les yeux, douloureuse et cynique. Sans nul doute le prix à payer pour la place de spectacle. A travers les mailles des épaisseurs de pull qu'il avait enfilées, il sentait la piqûre du froid sur ses poumons. Peut-être que le prix serait plus élevé que prévu.

- Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau. Poursuivit-il en faisant quelques pas, en vue de se réchauffer, vers elle.
A son accent, il l’avait identifiée comme anglaise et en se rapprochant, distingua des yeux clairs illuminant un visage encadré de cheveux châtains. Il se rappela l’avoir croisée plus tôt dans la journée, une jeune femme assez grande, mince avec un air un peu farouche.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Invité

Invité


MessageSujet: Re: Eachdraidh dragon : Histoire de dragon |Cassie|   Sam 14 Jan - 23:09

Ce fut un bruit d’abord. Un bruit sourd, des frottements, des masses d’air qui se mouvaient. Il devait battre des ailes. Mais dans la nuit elle ne voyait rien. Elle se souvenait d’un film petite, d’image dans leurs bouquins, elle imaginait la créature dressée sur ses pattes arrières les ailant battant l’air. Mais elle imaginait sans voir. Pourtant elle scrutait chaque recoin. Quelqu’un avait vu quelque chose. Son cœur battait la chamade au rythme de son impatience. Puis elle vit enfin la silhouette, après trois secondes qui paraissaient des heures. Le mouvement accrocha son regard, elle repéra la forme des ailes qui se mouvaient. Elle respirait un peu plus fort, l’excitation montait comme une ivresse latente. Et la créature grossissait rapidement, elle se rapprochait du groupe. Il passa si près ! Elle pouvait sentir le vent produit par son passage. Et la gueule béante il poussa un rugissement puissant qui étala un énorme sourire sur le visage de la sorcière.

Il disparut et la laissa presque haletante. Elle fouilla de nouveau le noir, avide de nouvelles visions. Comme une drogue dont on a besoin, elle attendait fébrilement le dragon suivant. Elle aurait voulu leur hurler se sortir de leurs cachettes, leur hurler de venir. Elle se retint tout juste. Elle avait envie de crier, de piétiner comme une gamine de 5 ans devant un tour de magie. A la place, Cassie ferma les yeux. Elle pouvait s’imaginer sur son dos. Elle se tenait à la base de son coup, le vent secouait ses cheveux et fouettait son visage. Alors qu’il rugissait, elle brandissait son épée prête à se jeter dans les combats. Elle n’avait jamais rien vu d’aussi magique ! Toutes les histoires qu’elle avait lues, et celles de dragons comptaient parmi ses préférées, prenaient vie devant ses yeux. Elle n’avait pas réalisé que voir ces créatures compterait autant pour elle.

Elle rouvrit très rapidement les yeux et chercha de nouveau. De nouveaux dragons surgirent. Quatre dirait-elle. Ils ne firent pas que traverser le paysage, au contraire, ils restèrent au-dessus de leur tête. Il se pourchassèrent, l’un après l’autre, comme s’ils dansaient, s’entrechoquaient parfois. Ils s’entremêlaient. Elle ne savait lire leur rugissement et leur comportement et aurait été incapable de dire s’ils jouaient où se battaient. C’était magnifique.

Une lueur bleue au-dessus d’eux la perturba. Elle se retourna vers les gardiens qui avaient sortis leur baguette et leur lança un regard irrité. Elle aurait voulu leur dire d’arrêter ces sortilèges qui les coupaient des dragons, de virer ça et les laisser les observer tranquillement. Mais ils ne faisaient que les protéger après tout. Elle retourna à sa contemplation. L’excitation se muait lentement en adoration. Son cœur battait moins vite, elle respirait plus profondément mais serait totalement incapable de quitter le spectacle des yeux. Elle aimerait rester ici toute la vie. Ou avoir quelque chose pour s’en souvenir en détail. Elle aurait dû filmer avec son téléphone. Comme ça, elle aurait pu se repasser les images le soir, avant de s’échapper dans un univers imaginé pour s’endormir. Mais on ne l’aurait sans doute pas laissé faire. Et elle aurait dû trouver pour l’accrocher, hors de question de regarder cela à travers un écran seulement.

Le groupe qu’ils formaient s’éloigna peu à peu jusqu’à disparaitre derrière un relief. Elle fixa ce point quelques secondes, peut-être pourrait-elle encore les apercevoir un peu. Mais ils semblaient bel et bien partis et elle reprit pied dans la réalité. Le vent lui frappait le visage, sans parvenir à la refroidir grâce aux sortilèges protecteurs. Elle arrangea seulement ses cheveux, coincés sous écharpe et manteau jusqu’à ce que les bourrasques ne parviennent à les déloger. Les voir batifoler devant son champ de vision n’était pas agréable. Elle inspira profondément, s’enfouit le menton dans son écharpe et plongea les mains dans ses poches. Elle avait l’impression de se réveiller d’un rêve, hagarde et troublée de se découvrir dans le monde réel. La fatigue d’une longue journée commençait à se faire sentir.

Si elle avait déjà vu des dragons ? Un sourire espiègle se dessina sur ses lèvres. Oh, avait-il vraiment besoin de poser la question ? N’était-ce pas assez évident ? Ses yeux pétillaient encore, son regard ne cessait de scruter les alentours. Ne voyait-on pas qu’elle était aussi excitée qu’une enfant de cinq ans ? Mais en guise de réponse, elle ne put que nier de la tête. Sans détacher les yeux des montagnes enneigées. Il se mit à remuer, agiter les membres et se rapprocha d’elle. Il semblerait qu’elle doive faire la conversation. Elle lui sourit puis ne put s’empêcher de jeter un œil à la plaine enneigée.

- Moi non plus, murmura-t-elle. Puis elle reprit, plus fort.  A vrai dire j’ai très peu voyagée, ou ait tenté de voir des choses… Elle leva les mains, à moitié désignant le paysage à moitié tentant de trouver ses mots. Aussi… Elle replaça une mèche derrière son oreille et inspira plus profondément. Spectaculaires. Elle lui sourit de nouveau, presque gênée. Elle continua d’une voix plus ferme pour reprendre contenance. Et vous, premiers dragons ?

Son regard faisait l’aller-retour entre son interlocuteur et la nature environnante. Elle ne voulait surtout rien manquer. Les autres membres du groupe se remirent aussi à parler. Enfin, ils semblaient essayer de chuchoter mais tous étaient tellement excités par ce qu’ils venaient de voir, ils étaient incapables d’échanger leurs sensations calmement.

- Je m’appelle Cassie au fait. Enchantée.

Elle lui tendit la main. Et elle prit enfin quelques secondes pour le détailler. Elle ne pensait pas avoir encore discuté avec lui, auquel cas elle aurait l’air bien maline à se représenter. Mais elle n’avait pas discuté avec grand monde. Le nain des montagnes dégagée de la neige qui avait essayé de l’engloutir semblait en fait grand et mince, c’est ce qu’on devinait sur ses traits de visages. Ses yeux sombres pétillaient. C’était sans doute le cas de tout le monde ici. A moins que les gardiens s’accoutument du spectacle ? Est-ce qu’il était seulement possible de ne plus s’émerveiller devant des dragons ?

Alors qu’elle continuait à regarder, Cassie aperçut une lueur. Ce fut bref, un éclat de lumière, rouge, comme un éclair. Fugace mais bien réel. La lueur fut accompagnée d’un long hurlement, auquel elle crut qu’un deuxième se mêlait. Ses yeux s’agrandirent un peu plus. Ils avaient craché du feu. Ils avaient craché du feu, elle en était certaine. Des murmures se répandirent, elle aussi jeta un regard à l’homme et montra l’endroit du doigt. Elle ne dit rien, mais on pouvait presque la voir trépigner d’impatience. Les gardiens semblèrent s’agiter aussi. Ils pensaient sans doute comme elle, qu’à tout moment les dragons pouvaient se rapprocher.
Revenir en haut Aller en bas
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 401
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Eachdraidh dragon : Histoire de dragon |Cassie|   Mer 8 Fév - 14:09

- Ce seront toujours mes premiers, je crois. Murmura-t-il. Même au centième.

S’emparant de la main tendue, il la serra franchement, mais sans s’attarder afin de retrouver au plus vite la chaleur réconfortante de sa poche. La jeune femme alternait entre espièglerie et sourire timide avec un air si gêné qu’il s’en voulut presque aussitôt d’avoir troublé sa quiétude de ses questions. Plongeant les yeux vers la plaine blanche qui leur faisait face, il lui laissa un court instant pour reprendre contenance, alors qu’elle replaçait méticuleusement une mèche de cheveux derrière son oreille. Il se sentait observé et en eut la confirmation lorsque retournant à nouveau vers elle, il croisa son regard.

- Enchanté Cassie, je suis….

Ecourtant les présentations, l’éclair rouge détourna leur attention à tous deux. Suivant de ses yeux sombres le doigt tendu de Cassie, Ezio scruta à son tour l’horizon, en quête de l’apothéose du spectacle. Si seulement, ils pouvaient cracher du feu… Il aurait donné n’importe quoi pour voir naître le brasier de la gueule béante des créatures.

A ses côtés, l’impatience de la jeune femme était plus que palpable. Le barde sourit à nouveau en la devinant trépigner d’envie de les voir apparaître. Elle dégageait un mélange de réserve et d’intensité qui la rendait difficile à cerner. Il était bien en peine de deviner si elle souhaitait poursuivre plus avant la conversation ou s’il l’importunait. Ce qui le déstabilisait légèrement, et l’amusait quelque peu, également. Du coin de l’œil, il observait ses manières tantôt enfantines, tantôt assombrie par une ombre fugace sur son visage, qu’il ne parvenait à identifier. L’obscurité environnante n’aidant pas, il renonça à son passe-temps favori, essayer de deviner la vie des gens à travers leurs gestes.
Cassie était probablement un diminutif. De Cassidy ? Cassandra ? Cassiopée ?

Depuis l’éclair rougeoyant, plus rien. Pas un bruit, si ce n’était le sifflement du vent se faufilant entre les arbres et les sorciers mutiques, balayant la neige avec nonchalance, dans l’attente de la suite.
Et puis ce fut un déferlement conjoint de sons et de lumières. Sans ordre ni positions précises – il semblait à Ezio que tout était simultané – à moins que l’enchaînement parfait ne permette à l’œil et l’oreille humaine de saisir pleinement et avec toutes les nuances requises, la partition du morceau.
Alors que s’abattait sur eux un vent plus violent encore que les tempêtes se déchainant sur le plus inhospitalier des océans, un rugissement terrible gronda à la fois au-dessus de leur tête et fit à nouveau trembler la terre, donnant l’impression que leurs jambes allaient se dérober sous eux. Solide et immense comme l’eut été le plus effroyable démon qui eut jamais existé, le dragon avait surgit de nulle part -il lui semblait, bien que cela paraisse fou, qu’il était monté du sol lui-même -  et avait fondu sur eux avec grâce et majesté, les dominant de toute sa hauteur et les défiant de toute son impétuosité. A l’instant même où ils le virent et l’entendirent, déferla sur eux des flammes d’une couleur indéfinissable dont chacun pu ressentir aussitôt la chaleur étouffante malgré les barrières de protection.

Instinctivement, tous se baissèrent. Certains poussèrent des cris, aussi happés et noyés dans le grondement de la créature, alors que d’autres, tétanisés, ouvraient sur la scène une bouche immense et muette de terreur.

De son côté, le barde avait comme tous les autres, trouvé refuge vers le sol et s’était accroupi brusquement dans la neige dans un vague réflexe de survie - parasité par la fascination qu’exerçait la créature sur lui – entraînant dans son geste, Cassie, dont il avait saisi le bras pour la forcer à se baisser à son tour. Sans grande conviction peut-être, du fait de l’émerveillement qu’il avait eu à voir jaillir les flammes.

Réflexe somme toute stupide, à bien y réfléchir, puisque le dôme magique au-dessus de leur tête jouait parfaitement son rôle et parait à merveilles l’attaque des flammes. Sa surface mordorée brillait encore du contact avec ces dernières et si elle laissait filtrer un peu de chaleur, avait sans difficulté protégé l’ensemble de la troupe qui se remettait peu à peu de sa frayeur.
Les yeux rivés sur elle, dans une fascination morbide, le jeune barde attendait que les battements de son cœur cessent de résonner dans chaque partie de son corps. Il ne savait s’ils étaient dus à la peur ou l’excitation mais il ne pouvait nier qu’ils le rendaient plus vivant que jamais.

Ils avaient espéré du feu…

- Merde alors… Fut la seule et unique poésie venant à sa rescousse.

Humble chuchotement dans la pénombre, dont il loua la présence pour avoir masqué le rouge montant à ses joues pour ce juron.

Alors que la créature décrivait des cercles au-dessus d’eux en poussant des cris rauques, les gardiens, inquiets, renforçaient la prise sur leur baguette. Ezio, à contre-courant, desserra la sienne du manteau de la jeune femme et lui adressa un regard rapide d’excuse en se redressant de toute sa hauteur.  Il reporta son attention sur les cieux, observant avec intensité la course étrange de la créature au-dessus de leurs têtes. Il affectionnait tout particulièrement ce mélange de terreur et d’émerveillement qui le prenait aux tripes. Avec l’âge, il réalisait que les sensations fortes lui plaisaient de plus en plus. Que la prise de risques – si elle avait jadis été inconsciente au point d’être parfois stupide, voire suicidaire dans sa vie – faisait pleinement partie de son existence et venait grossir les rangs de la sensation de dépassement qu’il recherchait souvent.

De l’autre côté de la barrière magique, le dragon poursuivait sa route, recrachant à nouveau des flammes autour de lui, balayant le sol d’un mouvement saccadé de la tête, comme s’il cherchait à se débarrasser des gêneurs. L’espace d’un instant, Ezio se demanda s’ils assistaient là toujours à une spectaculaire parade nuptiale ou si la créature les avait repérés malgré les sortilèges de dissimulation chargés de masquer le groupe. Il ne pouvait s’empêcher de penser que le dragon avait tenté de les intimider en répandant ainsi la démonstration de sa force sur les petits humains qu’ils étaient.

- C’est absolument fascinant… Murmura-t-il encore. Est-ce que vous pensez…

Un nouveau rugissement assourdissant étouffa ses derniers mots, alors que jaillissaient un second dragon derrière le groupe d’observateurs. A très basse altitude, il répandit à son tour la chaleur de son brasier en battant des ailes de manière saccadée pour effectuer un vol stationnaire au-dessus des sorciers. Convaincu qu’il ne s’agissait plus là d’une coïncidence, le barde sortit les mains de ses poches et parcourut des yeux à plusieurs reprises, le trajet qui séparait un dragon de l’autre.

HJ: Toutes mes excuses pour l'attente... sincèrement.


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Admin

Messages : 1094
Localisation : Entre deux mondes

MessageSujet: Re: Eachdraidh dragon : Histoire de dragon |Cassie|   Lun 17 Avr - 22:17

Le dragon, toujours en vol stationnaire au-dessus du groupe des sorciers, chargea de plus belle alors que chacun pouvait ressentir malgré les boucliers, la dangereuse chaleur du brasier qu’il expiait de sa gorge béante. Un cri résonna parmi les visiteurs et certains commencèrent à s’agiter en dépit des recommandations faites par les gardiens. Certains menaçaient ainsi de quitter inconsciemment le cercle protecteur délimité par les baguettes des experts.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com
 
Eachdraidh dragon : Histoire de dragon |Cassie|
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» DRAGON vs GGHH
» Sauvée! (PV: Chant du Dragon)
» Player Finds Spooky Secret Message In Dragon Age Inquisition / Kotaku
» Qui combat le dragon, devient dragon lui-même! [avec Jia Li]
» Ninjutsu : Mokuton, art du bois

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chemins de Traverse :: Reste du monde :: Europe & Amérique-