Météo du
Moment

Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Les absents ont toujours tort.
Méfiance, nous sommes d'humeur taquine...

Une animation d'Halloween vous attend...

Venez donc nous présenter vos plus beaux sourires.

Hé, t'as vu ton rang?

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 Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]

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Moldue Mordue

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MessageSujet: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Jeu 22 Déc - 22:55

Déprimée.
C'est le verdict que me colle Justin depuis janvier, sans vraiment y comprendre grand chose.

C'est vrai que j'ai pas un moral d'enfer. Et je suis juste incapable de lui expliquer ce qui va pas chez moi. Notre vie ressemble aux mois d'avant, avec un petit aspect routinier. Mais bon, même la banalité devrait pas suffire à me filer le bourdon.
Mais je dois bien avouer que j'ai plutôt le moral dans les chaussettes, même si je fais tout pour le cacher. Par moments, je me retrouve à fixer le vide, avec une sensation de manque dans la poitrine. Et j'ai beau m'enfiler tout le chocolat du monde, rien n'y fait. Ça peut durer des heures, à me sentir perdue, triste, un peu déconnectée de la réalité.

Je fais tout pour le cacher, certes, mais Justin est plus perspicace qu'avant. Depuis janvier, lui aussi est un peu bizarre. Il y a déjà eu l'affaire des billets où il m'a pondu une crise de jalousie monumentale en pleurnichant que j'allais le quitter, sous prétexte qu'il avait trouvé des preuves. J'ai rien compris à ses preuves et il a fini par laisser tomber les accusations. Mais à partir de ce jour-là, il s'est montré prévenant comme jamais. Comme jamais depuis qu'on est mariés en tout cas. Aux petits soins. Absolument adorable. Un peu étouffant. Je devrais pas dire ça, parce que si je suis là, en pleine gare de King's Cross, avec Saucisse et ma valise, c'est juste grâce à lui. Lui qui m'a encouragée à plaquer la fac une semaine pour aller passer quelques jours à Liverpool, chez une de mes sœurs. Il m'a offert le ticket de train, en me promettant de me rejoindre ce week-end.

Là, je suis en pleine attente de correspondance. Je suis arrivée de Brighton il y a une heure de ça, et je guette mon train pour Liverpool. Je checke mon billet. Départ 11h20. J'ai encore une de mi-heure à tuer. Et même pas le goût de me vautrer au Starbuck, alors que j'adore leur Clover brewed coffee. J'ai juste pas le goût de grand chose, ces derniers temps. J'imagine que ça finira par passer.
Alors, pour tromper l'attente, je zyeute la direction pour Watermark Books. Y a que dans les livres que j'arrive à m'échapper. Mais d'un coup, Saucisse s'emballe (Saucisse, c'est mon petit teckel adoptif. Lui aussi, c'est une nouveauté de janvier. Il me regarde toujours avec ses grands yeux un peu tristes. Je sais que je suis débile, mais parfois, j'ai l'impression qu'il essaye de me dire quelque chose). Je l'ai jamais vu comme ça. Même quand je rentre de ma journée de fac, il est pas aussi fou. Ça me surprend tellement que je lâche sa laisse. Il file à toute pompe en aboyant comme un sauvage ravi. Et moi, je lui cours après comme une idiote.

Quand je le choppe enfin, il est en train de faire la fête à un grand type brun (slurp slurp).
Je marque une pause. Avise le type.
Je le regarde. Il a des yeux magnifiques.
Il me regarde. Vraiment magnifiques. Captivants.
Je fronce les sourcils. Il y a quelque chose qui...

Et le monde explose. Littéralement.
La seule chose que je trouve à penser, c'est Too bad... Ils auraient pu attendre demain.... Depuis les attentats de Paris, je me dis qu'un jour ou l'autre, ça allait tomber sur Londres. Je suis pas vraiment étonnée. Mais j'aurais préféré que ce soit l'autre jour.

Je me sens vaciller.

J'entends plus rien. Je vois plus rien . Je sens encore la chaleur de l'explosion mais j'ai pas vraiment mal. Pas du tout en fait. Je me sens même plutôt bien. Alors je me dis que je suis morte et que je vais enfin savoir ce qu'il y a derrière. Je guette la lumière blanche.

Jusqu'à ce que je percute que j'ai les yeux fermés.
Que je suis contre un autre corps. Chaud. Qui a ses bras refermés autour de moi.
Et que je me sens vraiment bien. Avec le sentiment d'être rentrée chez moi.
Il faudrait que j'ouvre les yeux. Mais j'ai pas envie de retourner à ma réalité. Surtout cette nouvelle réalité-là, pleine de fumée et de cris.


Dernière édition par Stacy Grant le Lun 17 Avr - 22:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Mer 28 Déc - 15:29


Une file d'attente et le brouhaha des conversations. Des exclamations de joie. Son rire aussi. Clair, musical, s'élevant parmi les autres voix. Sa bouche, toujours trop rouge à son goût - bien qu'elle n'ait que rarement tenu compte de son avis lorsqu'il s'agissait d'apparence – lui souriait de cet air amusé qu'elle avait quand elle se moquait gentiment de lui. Et ses yeux...bleus et limpides, dans lesquels il s'était noyé si souvent, volontairement. Puis elle lui échappa, une fois encore. La scène s'enchaîna sous ses yeux et le scénario fut identique à ces centaines d'autres fois. Sa bouche s'ouvrant sur le coup de la surprise. Ses sourcils froncés par la légère piqûre. Son air courroucé par l'impolitesse de l'homme qui l'avait bousculée. Leur insouciance du moment. Alors que celui qu'il était maintenant luttait pour crier, pour qu'ils entendent et comprennent. Il aurait du sentir. Avoir un pressentiment. Comment pouvait-on ignorer vivre l'instant où tout bascule ?



Il se réveilla en nage manquant tomber du canapé de Saoirse dans sa précipitation pour sortir de ce rêve. Il mit quelques minutes à se remémorer où, quand et qui il était. La pénombre de l'appartement n'aidait en rien. Après un court instant de panique, le décor lui apparu comme familier. Appliqué à calmer sa respiration, ainsi que les battements obstinés de son cœur aussi silencieusement que possible, il songea douloureusement qu'il aurait aimé pouvoir se répéter qu'il ne s'agissait que d'un cauchemar. Que c'était fini. Et bien qu'effectivement, il ait pris fin, il ne s'agissait en rien d'un mauvais rêve.
Il se passa les mains sur le visage pour se calmer et chasser l'image de Shanon qu'il n'était pas prêt à affronter cette nuit, puis tendit l'oreille. La respiration lente et régulière de Saoirse l'informa qu'elle dormait toujours malgré son agitation. Il hésita un court instant entre soulagement et déception puis se leva sans bruit, contournant les meubles à tâtons le temps que ses yeux s'habituent à l'obscurité et lui permettent de mieux se diriger. Le studio n'était pas très grand et il gagna rapidement le coin cuisine, où il se servit un verre d'eau fraîche. Le moindre de ses gestes lui paraissait produire un raffut insolent. Néanmoins, Saoirse ne s'éveilla pas. Il distinguait maintenant parfaitement les alentours, aidé qui plus est par la lumière produite par l'éclairage de la rue, filtrant par les rideaux. Accoudé au comptoir de la cuisine, son verre d'eau toujours en main, il chassait les derniers reliefs de son rêve en observant la petite silhouette ensevelie sous une couette beaucoup plus grosse qu'elle.



Il avait parcouru quelques mètres dans la gare lorsque la sensation désagréable de la veille le repris. Le bruit de la foule, les conversations, des exclamations de joie... des rires aussi. Manquant de renverser un homme qui lisait son journal en marchant, il pivota brusquement pour la rattraper, n'apercevant qu'une queue de cheval impeccable qui s'éloignait en bondissant. Alors qu'il s'apprêtait à reprendre son chemin, il changea d'avis une nouvelle fois et s'arrêta pour se retourner à nouveau, percutant cette fois-ci le même homme de plein fouet. Ce dernier, absorbé par sa lecture, s'excusa pour deux. Trop pressé pour démentir, le barde se contenta d'une réponse furtive et s'engagea à la suite de Saoirse, tentant de repérer la queue de cheval parmi la foule. Juste pour l'apercevoir avant qu'elle ne se lance dans sa folle journée. Pourquoi ressentait-il soudainement ce besoin pressant de la prendre une dernière fois dans ses bras ?
Il crut entrevoir la petite silhouette se faufiler parmi une masse de gens, au loin, avant que son attention ne soit attirée par une boule de poils bruyante et affectueuse dont la laisse pendouillait du collier.
Mettant sa sensibilité sur le compte de ce rêve qu'il n'avait plus fait depuis des mois maintenant, il accepta l'idée de laisser Saoirse vaquer à ses occupations et d'en rester sur cet au-revoir dont il n'était pas très fier. Il lui était toujours délicat de partir sans être capable de lui dire quand il reviendrait. A vrai dire, il l'ignorait lui-même. Peut-être n'aurait-il pas du passer après tout.
Les jappements du chien l'arrachèrent à ses interrogations. La petite bête semblait ravie de la rencontre et tentait d'attirer son attention en bondissant autour de lui. Il lui rendit quelques caresses et chercha des yeux son maître, qui ne tarda pas à fendre la foule. N'ayant plus rien à envier à Lamartine sur la suspension du temps, il lui sembla que ces courtes secondes prenaient une éternité.

« Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours [...] »

Elle se tenait face à lui, à quelques pas seulement. Avec cet air farouche et déterminé qui la rendait si particulière, unique. Ils se considérèrent un instant alors que "Saucisse" continuait à cabrioler autour d'eux. Deux mois après, il sentait encore l'atmosphère feutrée de ces quelques instants volés à la vie. A leur vie. Son odeur, sa voix, ses hésitations, son trouble lui revinrent en mémoire. Il s'emplit les yeux de son image et hésita. Elle n'était pas venue. Elle fronça les sourcils alors qu'il lui souriait, incapable de lui en vouloir d'avoir fait son choix. Finalement, il fit un pas vers elle ...
Une fois encore, tout chavira. Sauf qu'il ne pouvait ignorer avoir ressenti quelques signes cette fois-ci.

Le souffle de l'explosion fut d'une violence inouïe. Il agrippa le bras d'Anastasia avant d'être jeté au quatre vents comme s'il s'était agit d'une simple poupée de chiffon. La déflagration fut assourdissante et l'espace d'un instant, il fut incapable de savoir où se trouvait le haut du bas. Ses bras se refermèrent sur elle et il l'entraîna dans sa chute. A moins que ce ne fut le contraire. Une force démesurée s'abattit sur l'ensemble de son corps, le plaquant face contre terre avec une violente sensation d'étouffement. Il sentit quelques objets lui percuter le dos et tâcha tant bien que mal de faire rempart de son corps pour lui éviter d'être touchée. Quelque chose de lourd lui heurta les côtes avec violence, lui coupant brutalement le souffle, alors qu'un panneau publicitaire explosait en débris sur leur côté gauche, projetant des éclats de tous côtés. Il ferma les yeux pour les protéger.

« Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ? »


Lorsqu'il les rouvrit, une voix profonde ampli le hall de la gare, bien plus distincte que le reste des sons qui lui parvenaient si étouffés. Si le sens des paroles lui échappa sur le coup de l'émotion, une partie de son esprit en réalisa la portée et la gravité.

Un silence lugubre s'abattit ensuite, plus violent encore que l'explosion. Assourdi par la proximité de la déflagration, étourdi par la chute, il resta un instant au sol, Anastasia au creux de ses bras avant de pouvoir bouger. Persuadé qu'il se briserait s'il se relevait d'un coup il remua lentement.
Autour d'eux, le choc était palpable. Il captait des sons et paroles étouffées, mais aucune ne s'imprégnait dans son esprit.
Il se redressa sur les coudes, grimaçant sous le crissement des éclats de verre répandus tout autour et fit mentalement l'inventaire des parties de son corps qui bien que douloureuses semblaient fonctionner. Il se releva légèrement pour permettre à Anastasia de respirer et la détailla anxieusement.

- Est-ce que ça va ? Souffla une voix assourdit et inquiète émanant de sa gorge.

Il écarta les mèches de son joli visage - dieu qu'elle était belle - à la recherche d'une quelconque blessure et distingua quelques égratignures. Son inspection eut pour conséquence d'étaler un peu plus de sang sur la figure de la jeune femme, sans qu'il parvienne à distinguer celui qui émanait de ses coupures, de celui provenant des entailles de ses mains à lui. Le visage de la jeune femme, en décalage avec le reste du monde, abordait une expression de bien-être, bien que ses yeux restent clos. Il renouvela sa question, trouvant le son de sa voix encore bien trop étouffé et la redressa un peu, inspectant les parties de son corps qui aurait pu être touchées. Elle paraissait être sonnée mais ne portait pas de trace d'éventuelles blessures graves. Il se retint de caresser davantage sa joue, conscient qu'elle était certainement accompagnée de son mari. Et que c'était ce dernier, qu'elle avait choisi.

- Anastasia ?

Elle hocha doucement la tête, les yeux toujours clos et se lova contre lui d'un air un peu perdu. Il sentit son pouls s'accélérer et tenta de rassembler ses esprits. Son mari devait la chercher, s'inquiéter et s'en vouloir de ne pas avoir été à ses côtés à cet instant-là. Il songea alors avec angoisse à la main qu'il avait lâchée quelques instants plus tôt.

« Saoirse... »

Il tendit le cou et parcourut des yeux les alentours dans l'espoir de la voir fondre sur eux. Des silhouettes se relevaient, malhabiles, alors que d'autres restaient au sol. Mauvais présage. Autour d'eux, des gens s'agitaient, il distingua quelques baguettes, à peine dissimulées et comprit que les barrières du monde venaient de voler en éclat.
Nulle trace de Saoirse.

«Elle va bien. Tu le saurais si elle n'allait pas bien.»

-Saoirse ? Se risqua-t-il tout de même à appeler.

Des voix répondirent en écho. Appelant les leurs, pleurant, lançant des ordres ou y répondant. Aucune réponse à son appel cependant. Il sentit son cœur se serrer. Habituellement, c'était elle qui s'inquiétait pour lui. Aujourd'hui, il avait l'impression d'avoir lâché sa main au moment où elle aurait eu besoin de sa protection. Il tenta de se raisonner. Saoirse était censée être auprès de Campbell, les forces de sécurité devaient avoir fait leur travail. Il ne pouvait rien arriver à Saoirse. Elle était forcément saine et sauve.

«Mais bien trop près...»

Il reporta son attention sur Anastasia pour tenter de vaincre l'étau qui l'enserrait, embrassant son image après l'avoir dessiné des dizaines de fois, se rappelant qu'il l'avait attendue... ici même. Il s'autorisa à passer une main dans ses cheveux ébouriffés, avec une tendresse qu'on pourrait mettre sur le coup de l'émotion.

- Vous avez seulement deux mois de retard... Murmura-t-il en essayant de se détendre un peu.

«Ne panique pas. Une chose après l'autre.»

La panique. Elle ne tarderait pas à suivre et s'ils restaient au sol, ils seraient certainement piétinés. Il se redressa, un peu engourdi, et souleva Anastasia avec précautions la maintenant fermement contre lui. A ses pieds, les débris des touches de piano sur lesquelles il avait joué quelques mois plus tôt dans ce même hall. L'image lui sembla tout aussi choquante que les volutes de fumées et les sanglots émanant de la gare. Un homme se dirigeait vers eux, tenant une baguette le long de son corps, dans le prolongement du bras. Il paraissait l'interroger de ses yeux. Ezio acquiesça brièvement de la tête, sans vraiment savoir à quoi il répondait et se mit en mouvement cherchant toujours anxieusement des yeux la petite silhouette brune de Saoirse.


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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Ven 30 Déc - 23:04

Un autre grand boum. Pile au moment où je suis en train de me convaincre que, solidarité post-traumatique ou pas, il faut vraiment que je reprenne mes distances. Alors, forcément, j'en profite et je reste blottie contre ce preux chevalier sans armure ni destrier. Il m'a peut-être sauvé la vie. Et quitte à crever pour des revendications fanatiques, autant pas mourir solitaire, perdue au milieu d'une foule anonyme. Parce qu'avec cette nouvelle explosion, je suis vraiment sûre que c'en est fini pour moi. Et malgré ma déprime de ces dernières semaines, je me prends à penser à tout ce que j'aurais voulu faire. J'ai plein de projets inachevés, je me (re)découvre des rêves insensés. Des voyages autour du monde, des choses à tester, des endroits à visiter, des gens à rencontrer..

.La Laponie...

Je me rends même pas compte que je parle toute seule.
Je devrais me révolter. Essayer de sauver ma peau. Mais je fais rien que dévider ma bonbonne à fantasmes. Je me découvre une vie un peu étriquée, sans tellement d'aventures, sans grands défis à relever. Je me demande où sont passés mes espoirs de gamine. J'attends ma fin et je suis pleine de regrets. Triste bilan.

Je me secoue mentalement, quand je prends enfin conscience que c'est terminé. Pour de bon. J'espère.
J'ai plus aucun prétexte pour rester coller à ce type. Et je me dis que je suis un peu folle quand je me rends compte que je trouve ça dommage. J'avais un sentiment de familiarité troublant quand j'étais dans ses bras. Et je me sentais, je sais pas... rassurée.
J'imagine que c'est typique des situations comme aujourd'hui. On crée du lien dans le drame. La peur, l'angoisse abolissent les frontières qu'on dresse sans le vouloir entre nous tous. On est plus que des gens, des êtres humains, qui survivent comme ils le peuvent.

Je prends une dernière inspiration (il sent bon) et je soupire en m'écartant.


. Pourquoi « deux mois de retard » ?

Je sais. Je suis irrécupérable.
Je suis au beau milieu d'un attentat, avec des blessés et des cris partout, et la seule chose qui me turlupine, c'est cette phrase qui tourne et retourne dans ma tête... Il y avait quelque chose dans sa voix qui... Je chasse l'idée. Je suis vraiment sous le choc et j'ai les pensées qui déraillent.

Je lève les yeux et je le regarde vraiment.


. Mais... vous êtes blessé !

Y a du sang sur son visage et j'esquisse sans y penser un geste pour.... pour je-ne-sais-pas-trop-quoi. Geste avorté. Froncement de sourcils. Rien ne va plus.
Y a du sang sur son visage et pour la première fois, la réalité de ce que je vis me frappe de plein fouet. On est en plein milieu d'un extrait de guerre moderne. Il y a des vrais gens qui souffrent pour de vrai. C’est plus fort que moi, mon regard s'en va errer du côté du drame humain. Il y a ce petit bout de moi, curieux à la limite du voyeurisme, qui a envie de s'approcher pour voir. Je suis pas secouriste, je pourrais probablement rien faire pour aider, mais j'ai envie de voir de mes yeux le drame humain. Curiosité morbide.
J'ai assez de bon sens pour rester à ma place et m'inquiéter seulement des petites blessures de mon chevalier des temps modernes. Ça me rend toute chose de penser qu'un inconnu s'est jeté entre moi et le danger pour me protéger. J'ai envie de sourire, de pleurer, de remercier et de prier. mais je me dis que je suis plus forte que ça. Alors les mots ne franchissent pas ma bouche et restent juste coincés dans mon regard. Mon regard toujours fixé sur lui. Ça devient gênant. Je me sens presque rosir. Je rougis jamais d'habitude.


. Je... je sais pas comment vous remercier.

Elle est bidon, cette phrase.
Je chercher juste une excuse, je crois. On n'a plus grand chose à se dire. On est supposés se séparer et s'en retourner à nos vies en essayant d'oublier. Mais j'ai pas envie de le quitter. Je sais pas. Y a un truc dans ses yeux qui m'accroche. Me retient.


. En fait, je...

...perds complètement mes mots.
Je dois vraiment être sous le choc, à plus être capable de parler sans bafouiller. A avoir l'impression de partir à la dérive, si je quitte ce type qui est un peu ma bouée de sauvetage dans l'inconnu.


. Vous prendriez un verre ?

Le monde explose, y a du sang partout et des bouts de pavés qui flottent encore dans l'air, et tout ce que je trouve à faire, c'est inviter un type que je ne connais si d’Ève ni d'Adam à boire un verre. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?
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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Mer 4 Jan - 23:42

Lorsqu'enfin elle sembla émerger d'un subconscient particulièrement agité, elle abordait un air perdu, déboussolé et désemparé qui lui arracha un petit sourire au milieu du drame. Il la laissa se dégager de lui et la posa au sol avec douceur, conscient de l'indécence de la garder contre lui plus longtemps que nécessaire. Autour d'eux, tout s'agitait. Il lui sembla reconnaître l'intervention de sorciers du gouvernement. Vêtus de noirs, rapides et se dirigeant vers des objectifs précis à travers la foule. Une partie de lui avait envie d'aider les blessés, les désemparés, tandis que l'autre freinait des deux pieds en lui murmurant qu'il n'avait rien à voir avec ça et qu'il était inutile de se mettre au milieu. Tout semblait déjà parfaitement orchestré. Trop peut-être.
Des lors qu'elle lui répondit, il eu le pressentiment que quelque chose n'allait pas. Il chercha rapidement des yeux un éventuel mari, un indice à travers son regard à elle. En vain.

« Pourquoi deux mois de retard ? »

Pouvait-elle avoir oublié qu'il l'avait attendu ici même un 2 janvier ? Qu'il était monté dans ce train avec l'espoir fou qu'elle y serait dès sa sortie ? Qu'il s'était interdit d'y croire tout en refusant de renoncer ? Qu'il y avait cru jusqu'à l'embarquement ?
Puis il avait compris. Elle avait fait son choix et il s'en était allé.

A moins qu'elle ne tint à lui signifier qu'ils devaient se comporter en parfaits inconnus. Ce qui pouvait impliquer soit que son mari l'accompagnait, soit qu'elle voulait l'éconduire définitivement sans plus d'explications. Il encaissa la question sans y répondre vraiment, baissa les yeux et s'apprêtait à prendre congé lorsqu'elle s'enquit de sa santé. Il lui rendit un regard blessé. A quoi jouait-elle ?

- Ce n'est rien. Maugréa-t-il. Tout juste quelques égratignures.

Pour être honnête, ce qui le gênait le plus était le lent bourdonnement de ses oreilles qui le déséquilibrait. Il observa calmement ses mains, autant pour se donner contenance que pour en examiner les différentes entailles causées par le verre et releva la tête en la fixant droit dans les yeux, décidé à couper court à cette étrange conversation qu'il lui était impossible de suivre.
De son côté, elle l'invita à boire un verre. Il fronça les sourcils, perdu. Peut-être s'était-elle cogné la tête plus violemment qu'il l'avait estimé.

- Est-ce que tout va bien? S'enquit-il anxieusement.

A sa droite, un homme en noir s'empara du bras d'une vieille dame et l'orienta vers la plateforme 2. Il répéta l'opération avec d'autres personnes autour d'eux, en envoyant une dans la direction opposée. Mal à l'aise, Ezio se passa une main rouge sur le visage et tentait de mettre les informations bout à bout, se sentant perdu, à tout niveau.

- Et bien, oui, à peu près. Enfin, à part tout ça quoi... pourquoi ? Lança-t-elle en englobant la scène d'un grand geste.

Ezio secoua la tête et la sonda encore un instant de son regard sombre avant que celui-ci ne soit attiré par un visage un peu plus loin.

- Saoirse !

Il contourna Anastasia en lui frôlant le bras et lui murmura :

– Attendez-moi, voulez-vous ? En lui adressant un regard mi suppliant mi-persuasif.
Il avait besoin de comprendre.

En quelques enjambées il rejoint la petite silhouette qu'il avait aperçue et la tira par le bras pour lui faire exécuter un savant demi-tour. Un peu surprise, son visage marqua un immense soulagement avant qu'elle ne se jette dans ses bras. Il referma les siens autour d'elle.

- Je t'ai cherché partout.
- Je suis là.
- Je t'ai imaginé à moitié mort!!
- Je sais.
- Tu es blessé?
- Non. Décoré tout au plus. Dédramatisa-t-il en lui montrant les plaies de sa joue. Et toi ?Demanda-t-il en scrutant son visage avec inquiétude.

Elle secoua la tête, se blottit contre lui un instant puis leva un visage inquiet. Il effaça toutes traces d'angoisse du sien, se refusant – dans une espèce de fierté mal placée - à lui laisser entendre qu'il s'était également imaginé les pires choses à son sujet. Saoirse était - comme la plupart des personnes se trouvant près de l'explosion – ébouriffée et visiblement choquée mais n'avait jamais paru aussi sûre d'elle qu'à cet instant.

- Ezio, il ne faut pas rester là. Ils contrôlent tout, suspectent tout le monde, et ont déjà leur propre version officielle. Murmura-t-elle. Campbell paraissait furieux derrière son calme apparent. Je crois que ça va chauffer.Ne reste pas là.

- Je n'ai rien à me reprocher, tu sais. Confessa-t-il en tentant un sourire amusé.
- Ezio, ça pue cette histoire. Il y avait beaucoup de monde ici. Je dois me rendre en salle d'attente avec le reste de la presse.
Il leva les yeux au ciel, s'apprétant à rétorquer lorsqu'elle insista.
- Ils contrôlent les baguettes des sorciers.
- Ok. Capitula-t-il.

Elle se dégagea de son étreinte, l'observa un instant silencieusement avant d'ouvrir la bouche. Il ne lui laissa pas le temps de parler.

- Je te retrouve ce soir. Chez toi.

Visiblement soulagée, elle lui sourit avant de tourner les talons.
La foule continuait à s'agiter, aiguillée en tous sens vers des ombres silencieuses et impétueuses. Il la suivit encore un moment des yeux, avec toujours ce même sentiment que quelque chose basculait au creux de l'estomac, puis se retourna à son tour. Alors qu'il s'attendait à ce qu'Anastasia ait disparue, elle se tenait toujours là, debout, seule au milieu de décombres et d'un monde qui commençait à lui donner le tournis. Il avala la distance qui les séparait et attrapa sa main, sans attendre d'assentiment de sa part.

- Venez. Ordonna-t-il. Va pour un verre. Mais pas ici.

Il l'entraîna à travers la foule, prenant soin d'éviter les sorciers de la Brigade Magique et se demandant comment quitter la gare sans se faire remarquer.

« Mais qu'est-ce que tu es en train de faire ? Tu mélanges tout... Elle est moldue...»

S'éloignant de la zone la plus touchée, il remontait la foule qui était dirigée vers les premières plate-formes de la gare et longeait les rails d'un quai maintenant désert en se dirigeant vers l'une des sorties de la gare.
Bien évidemment, cette dernière était fermée par un cordon de policiers britanniques et d'hommes vêtus de noir qui semblaient coopérer pour vérifier les identités de toutes les personnes qui tentaient de sortir. La foule se massait devant les autorités, se faisant plus pressante et plus bruyante. Ezio pressa la main d'Anastasia un peu plus fort et s'orientait dans la file en cherchant un moyen d'obtenir l'autorisation de quitter les lieux. Il n'avait pas de baguette à présenter et avait trouvé judicieux de se cramponner à une jeune femme moldue témoin de la scène. Les chances étaient minces. A quelques pas d'eux, un jeune homme – la vingtaine tout au plus – vêtu de noir également suait à grosses gouttes. Il vérifiait l'identité d'un homme vêtu d'un pardessus gris et semblait hésiter sur la conduite à tenir. A plusieurs reprises, il se retourna vers un autre homme qui paraissait trop occupé pour se soucier de lui. L'homme au pardessus commença à râler qu'on le retardait. Un autre derrière s'impatientait également, menaçant de porter plainte. Une femme vêtu d'une longue robe violette et dans un style très particulier tripotait nerveusement quelque chose au fond de son sac en chuchotant. Soudainement quelqu'un cria :

- Cet homme est armé !!!

Certains se retournèrent, beaucoup se mirent à crier et la foule entama un mouvement de panique qui eut pour conséquence de presser tous les individus contre le cordons humains des policiers qui ne purent résister longtemps à la masse. Ezio agripa Anastasia par un bras et l'attira contre lui résistant au déplacements désordonnés qui s'engageaient autour d'eux. Des gens tombaient, les policiers tentaient de garder le contrôle mais bientôt, la foule eut raison d'eux et un flot de personne se déversa en criant sur le parvis de la gare.
Saisissant l'occasion, le barde entraîna la jeune femme à la suite de la foule et franchi le cordon des forces de sécurité en se démenant pour éviter d'être piétiné. Il marcha à vive allure pour gagner au plus vite une ruelle, au coin de laquelle il tourna, pendant que devant la gare, les forces de l'ordre aidées par des renforts vêtus de noir reprenaient le contrôle de la situation.
Il s'arrêta un peu plus loin, n'ayant prononcé aucun mot jusque là et dévisagea Anastasia en abordant de son côté, un air grave sur son visage un peu pâle. Il venait d'enfreindre la loi. A deux reprises.

« Qu'est-ce qui t'a pris ?? Tu l'as soustraite aux Oubliators ...»


Il ouvrit la bouche, la referma, fit quelques pas face à elle, se passa une main sur le front puis ferma les yeux.

« Calme-toi. Elle n'a peut-être rien vu. »

Stoppant soudainement son manège il fut frappé de plein fouet par la réalité et par son égoïsme.

« Tu l'as faite sortir, uniquement par peur qu'ils ne t’effacent de sa mémoire... »


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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Mar 10 Jan - 20:40

J'arrive pas à lâcher sa main et honnêtement, je me fais peur.

. On va pas pouvoir continuer comme ça...

Il me regarde. Je le regarde. J'ai chaud. Je frissonne.
J'avise son visage barbouillé de sang et je saisis l'occasion. L'occasion de quoi ? Je ne sais pas... J'ai l'impression de ne plus savoir grand chose. Comme si mes certitudes avaient explosé en même temps que la gare de King's Cross.
J'ai toujours ma main dans la sienne et plutôt que de la lâcher, j'en profite encore un peu. Je l'entraîne quelques mètres plus loin où je le force à moitié à s'adosser à un muret. Parce que j'ai plus vraiment d'excuse, je finis par le lâcher pour aller farfouiller dans mon sac. J'ai toujours trois-cent-cinquante-mille trucs dans mon sac. Du sécateur que j'ai oublié de rendre au père de Justin à toute une flopée de tickets de caisse de chez Tesco. À mon kit de survie. J'extirpe deux trois kleenex.


. Bougez pas.

A gestes précautionneux, j'ôte de son visage ses coulures de guerre.
Mes mains ont une douceur que je ne comprends pas et que je n'arrive pas à éradiquer.
Je serais honnête avec moi-même, je m'avouerais que j'aurais saisi n'importe quel prétexte pour initier le contact physique. Mais je préfère me voiler la face et me convaincre, effectivement, qu'à courir les rues de Londres tout ensanglantés, on risque un tout petit peu d'attirer l'attention. C'est ce que je lui prétexte à mi-voix. A mi-voix parce que j'ai la voix qui déraille si j'essaie de parler plus fort.
Alors je finis par  énoncer une banalité pour chasser le trouble de l'instant :


.Je m'appelle Sta...stasia... Anastasia.

Je sais pas. C'est sorti tout seul. D'habitude, je dégaine du Stacy à tout va et là, ça a juste pas voulu sortir. C'est peut-être aussi ça, l'état de choc.
J'ai ma main toujours posée sur sa joue. Tout. Va. Bien. Je déraille complètement.
Ma main qu'il enlève, sans brusquerie mais sans douceur, me ramène direct. La douleur habite son regard et je me sens perdue. Coupable. Et je comprends toujours rien.
Qu'est-ce que j'en ai à faire, de l'avis d'un inconnu ? Même s'il m'a sauvé ? Même s'il a des yeux à tomber par terre ? C'est pas mon genre de me soucier de ce que  peuvent penser les autres... alors pourquoi un simple froncement de sourcils m'atteint à ce point ?


- Je suis au courant, merci..., marmonna-t-il.
Ton un peu froid, à mi-chemin entre le râlage et le je-sais-pas-trop-quoi.

Et prend ça dans ta face, Grant !

Bug soudain du cerveau.
Hein ?.


. Hein ?

Des fois, j'ai vraiment l'impression de me faire écho.

. Comment ça, « vous savez » ? Vous en avez rien à faire, c'est ça ?

Et pour le coup, c'est moi qui me referme comme une huître, bras croisés, regard blessé. Je capte plus rien. Et ça m'atteint plus que ça ne devrait.
Je suis fatiguée de n'y plus rien comprendre et d'avoir cette impression tenace de nager en eaux obscures. Je pourrais juste partir. Je devrais juste partir. Mais j'y arrive pas.

Et ma fatigue semble refléter la sienne, parce que c'est d'un ton las, un peu blasé, voire déboussolé qu'il me répond :

- …
Anastasia...


Un soupir qui pourrait presque être le mien.

- À quoi tu joues ?

A quoi je joue ?
Le tutoiement me hérisse pas le poil alors que d'habitude, je déteste ça. Peut-être parce que la situation a l'air de le perturber. Peut-être parce que je sais pas trop où j'en suis moi-même. Complètement perdue serait plus juste. J'ai l'impression d'avoir la tête qui tourne un peu et je fronce les sourcils. Y a un truc qui file pas droit et j'arrive pas à mettre le doigt dessus...


. A quoi je...? Mais je...que... Quoi ?!

Vous savez, ce sentiment qu'il manque juste un truc pour que tout se mette en place ? J'en suis juste là. Je percute pas, c'est comme si j'étais juste à deux doigts de quelque chose de vraiment important. Pas envie de laisser tomber. Ce serait tellement plus facile. Mais j'arrive pas non plus à oublier qu'après deux mois de déprime totale, il est celui qui m'a donné, trente secondes chrono, le sentiment d'exister.

J'ai son sang sur les mains, son image dans la rétine, le besoin de dire quelque chose à fleur de peau...et le cerveau complètement vide. Lobotomisée.
J'ai la gorge nouée et je comprends pas pourquoi, soudain, tout ça est aussi important. Alors c'est la seule chose que je trouve à dire...


. Je...je comprends pas.

Sourcils froncés, neurones en vadrouille.

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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Mar 31 Jan - 21:18

Il avait laissé ses mains parcourir son visage avec douceur sans ciller. Se contentant de se laisser porter par l'instant, une fois encore, tout en essayant de repousser les vagues de culpabilité qui l'assaillaient à grand renfort d'égoïsme pour l'avoir faite sortir de la gare. Réprimant parfois un frisson au contact de ses doigts, ravalant ses soupirs et son envie de l'attirer à lui, il avait attendu patiemment, acculé au mur de cette rue où quelques témoins sur les trottoirs voisins devaient se poser bien des questions. Quelques regards s'égarèrent sur eux pour bien vite détourner la tête dans un élan de pudeur bienvenue.
Peu à peu, l'hébétude avait fait place à un sentiment d'agacement qui se faisait de plus en plus profond. Qu'elle l'ait fait passer pour un inconnu à la gare -tout aussi blessant que ce soit- pouvait être compréhensible si elle n'était pas seule. Mais en l'occurrence, au croisement de ces deux rues, soumis au seul regard de quelques badauds qui n'avaient que faire de leurs histoires, le jeu n'avait plus lieu d'être. Il repoussa sa main avec une douceur ferme qu'il s'imposait. Parce qu'il n'avait plus envie de se mettre lui-même dans des situations susceptibles d'être douloureuses.

Abandonnant son contrefort de pierre il s'approcha d'elle, se forçant à la regarder droit dans les yeux. Autant pour la convaincre que se persuader lui-même.

- Je comprends que vous l'ayez choisi.Vraiment. Assura-t-il sincèrement.[cornflowerblue] Mais je ne comprends pas pourquoi vous insistez pour un verre. Encore. [/color] Ajouta-t-il doucement en lui lançant un regard plus éperdu qu'il ne l'aurait souhaité.

Elle parut troublée un instant, ce qui accentua son propre malaise. Pourquoi s'entêtait-elle à nier ce qui s'était passé alors qu'ils n'étaient que tous les deux.

- Je... comment ça, encore ?

Il ferma les yeux, tentant de confiner l'agacement profond qui menaçait d'exploser en surface.

- On se connaît ? Murmura-t-elle en penchant la tête sur le côté comme si elle cherchait à percer en lui un quelconque mystère.

Son cœur manqua un battement alors que quelque chose se rompait en lui. Le fil de sa patience à bien y réfléchir. La justesse de sa comédie plus que ses paroles appuya sans ménagement sur un point sensible de son âme blessée.

- Est-ce qu'on se... Non voyons ! Explosa-t-il. A vrai dire je n'ai pas la moindre idée de qui vous êtes ! Assena-t-il à voix basse en martelant chaque syllabe qu'il prononçait. Je ne sais rien de votre vie, à peine votre nom, j'ai tout juste une idée de votre âge ! A mesure qu'il débitait des mots, sa voix se faisait plus forte, plus grave. Se connaître ? Qu'est-ce que vous entendez par se connaître ? Je n'ai pas la moindre information concernant la vie que vous menez. Vos passions, vos occupations, votre animal de compagnie ! Le nom de votre mari, de votre frère ou des amants que vous croisez dans les bars ! Tempêta-t-il en regrettant aussitôt ses mots, bien qu'incapable de les retenir. D'où vous venez, ce que vous faîtes, où vous vous rendez, si vous allez venir ! Tout cela, je l'ignore !

L'accumulation des émotions de la journée semblait agir comme une soupape qui – visiblement- était sur le point de laisser échapper toute la pression. Il se prit le visage dans les mains dans un dernier effort pour se contenir et finit par se défouler en décrochant un puissant coup de pied à une poubelle à quelques pas de lui. Un homme passa rapidement la tête par une fenêtre et s'apprêtait à riposter lorsqu'il croisa le regard furieux du barde.

- Vous avez parfaitement raison, poursuivit-il sans se soucier plus avant de l'homme ni réussir à retenir le flot de parole qui continuait à se frayer un chemin à travers sa gorge sèche. Je ne vous connais absolument pas Anastasia. Puisque se connaître va bien au-delà des grains de beauté que vous pouvez avoir dans le dos, d'une cicatrice de varicelle sous le sein ou des confidences que l'on se fait un soir de nouvel an. Si se connaître c'est avoir eu entre les mains votre état civil et posséder votre numéro de téléphone, alors Non ! Effectivement, on ne se connaît pas.

A travers ses poings serrés, il sentait la pression de ses propres doigts sur la paume de ses mains. Le sangs battait à ses tempes comme si elles allaient exploser et toute maîtrise de lui était à présent bien loin. Il respira profondément, serra la mâchoire et lui octroya un dernier regard impétueux. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas contenu une telle colère et se sentait au bord d'une fureur dont elle n'était pas l'unique responsable. Il tourna les talons et fit quelques pas vifs avant qu'elle ne le rappelle.

- Attendez...

Il s'arrêta, sans se retourner, maudissant déjà son manque de volonté à quitter une scène qu'il venait de saccager. Se mordant la lèvre, il attendit une suite. Il y avait toujours une suite .

Ne partez pas...

Il ferma les yeux, vaincu une fois encore par les intonations de sa voix et le souvenir de cette phrase qu'il avait lui-même prononcée dans ce pub, ce soir-là. Il se retourna rapidement, traversa les mètres qui les séparaient en quelques pas et se planta face à elle en lui attrapant les deux mains. Son regard s'était fait plus doux, même si on pouvait encore y déceler des traces de fureur.

- Je ne sais pas ce que vous attendez de moi. Ni même ce que je veux. Et je crois que vous ne savez pas non plus. Sa voix n'était qu'un souffle, un filet en comparaison de l'orage précédent.

Il abandonna l'une de ses main pour la glisser derrière la tête de la jeune femme et l'attira à ses lèvres pour l'embrasser avec une exaltation qui mêlait tous les contrastes de ses propres émotions, qu'elles soient colère, passion ou ardeur.

If I could tell you:
 
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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Mar 21 Fév - 0:18

Si je voudrais être crédible, je devrais être pétrifiée par son geste. Au moins quelques secondes. Au moins un instant. Surtout que j'ai encore dans les oreilles tout un tas d'accusations qui sonnent bizarrement. Je suis frustrée, je suis perdue, je suis outrée. Je comprend rien et j'aime certainement pas qu'on me crie dessus. Assez de raisons d'avoir un peu de répondant. Verbal ou physique. Une pique ou une gifle. Une rebuffade quelconque.

Au lieu de ça, mes hormones réagissent comme si, depuis le début, elles n'avaient attendu que ce moment précis. Trahie par mon corps qui capitule d'emblée sans même chercher à se rebeller, je me retrouve à embrasser cet inconnu en plein milieu de Londres. Et à adorer ça. Instinctivement, je me colle à lui (il embrasse super bien, ce type, en plus !) et là, pouf, mon esprit se détache, mes pensées arrêtent de tourner. Et j'expérimente la dichotomie absolue du corps et de la conscience. Le temps suspend son vol, les sons tout autour s'estompent. Je profite juste de ses mains chaudes contre ma peau et de sa bouche qui pourrait gagner quelques médailles olympiques de gymnastique sensuelle.
Peut-être que ça m'arrange d'avoir les neurones au point mort. En tout cas, j'ai aucune envie de retourner à la réalité triste et bancale de ma vie. Dans ses bras et contre ses lèvres, je retrouve ce sentiment de familiarité, troublant et pourtant, étrangement agréable.
Tout s'efface, tout disparaît. Mari et explosion, visages ensanglantés et passants curieux, cicatrice secrète et grains de beauté. Juste l'instant et l'envie d'en profiter.

Il paraît qu'à frôler la mort, on ressent le besoin de réaffirmer qu'on est en vie. J'ai lu ça quelque part. Eros, Thanatos et tout le bastringue. J'y ai jamais vraiment cru. Et pourtant... Pourtant ça faisait longtemps que je m'étais pas senti aussi vivante.
A un moment, je le sens sur le point de dire quelque chose mais je le laisse pas faire et je l'embrasse de plus belle. Je suis fatiguée de penser, de prévoir, de maîtriser. J'aime ses bras qui me serrent et sa bouche qui danse avec la mienne. Pour une fois, je veux pas réfléchir aux implications, juste envie de me laisser vivre. J'ai failli crever au nom de je-ne-sais-pas-trop-quoi alors j'ai bien le droit de craquer un peu.
Attirance irrationnelle, besoin de prouver au monde qu'on peut pas se passer de moi si facilement... est-ce qu'il est vraiment besoin d'une raison ? Pourquoi il faudrait toujours une raison à tout ? Je me sens bien (mieux que bien) là où je suis, à ce que je fais... pourquoi la vie ne pourrait pas se résumer à ça ? Être et faire ce qui nous fait du bien, là où on a pas l'impression de déparer, mais au contraire d'être à sa place ? Peut-être que ça pourrait ne pas être plus compliqué que ça. Quand bien même je me surprend de réagir sans pudeur ou sans timidité aucune.

Je pourrais rester des heures comme ça, collée contre lui. Mais évidemment, y a toujours un truc pour se taper l'incrust...
Vous connaissez Proust et sa madeleine ? Je suis sur le point d'expérimenter... Alors que.notre baiser prend un tour passionné (j'aurais pas cru ça possible, et pendant deux secondes, je jurerai avoir vu des étoiles), je sens qu'il y a un truc qui me titille les limites de la conscience. Juste comme quand un souvenir vient flirter au devant des pensées. Crtains ont un truc sur le bout de la langue, moi, j'ai un souvenir sur le bout de la mémoire. Je le guette, curieuse, attendant de le voir se dessiner. Mais rien ne vient. J'essaye de mettre l'impression de côté pour continuer de profiter de mon moment de folie. Mais l'impression persiste, me colle au cerveau. Elle reste à l'arrière-plan, discrète mais j'arrive pas à m'en débarrasser. C'est pas que ce soit désagréable, au contraire. Il y a comme un arrière-goût de bonheur et j'arrive pas à retrouver quand j'ai pu me sentir comme ça... Plus j'essaie de l'attraper, plus le souvenir m'échappe, me glisse entre les doigts. Moi, têtue, je m'obstine. Je me décroche un peu plus de la réalité mais rien ne vient, hormis une petite boule d'anxiété qui me noue la gorge. Au début, je pense que c'est la contrariété. J'ai l'habitude d'avoir ce que je veux... Et je me sens frustrée de ne pas avoir d'emblée la clef de ce souvenir-là. Je voudrais le retrouver, l'archiver pour pouvoir passer à autre chose. Oh, je pourrais laisser tomber, convaincre mon orgueil d'y revenir plus tard, et de me concentrer plutôt sur sa main à lui, posée contre mes reins, qui m'attire encore un peu plus contre lui. Je pourrais mais j'y arrive pas. Il y a un sentiment d'urgence dans mon entêtement. J'ai pas juste envie de comprendre. J'en ai besoin.
Alors, pour réveiller ma mémoire, je m'essaye à des alternatives, des nuances. Je suis pas débile. Je sais bien que ce sont pas les rues de Londres qui me font cet effet-là. C'est depuis que j'ai croisé la route de mon inconnu qu'il y a quelque chose de..bizarre, d'étrange. Pas au sens désagréable. Au contraire. Mais y a definitivement quelque chose chez lui qui...et à chaque fois qu'on se touche, c'est pire. Mieux. Je sais plus. Alors j'expérimente. J'essaye la douceur, des baisers plus tendres. Puis, plus passionné, histoire de forcer ma mémoire. Et je guette le moindre signe. Je m'en rends pas compte tout de suite, mais la boule dans ma gorge se ramifie. S'étend en un malaise, pernicieux, qui vient me troubler les entrailles. Mais je persiste. Je m'entête. Je peix pas m'arrêter alors que je me sens si près du but. J'ai presque l'impression de percevoir une odeur, une lueur.

Je suis definitivement plus à cette étreinte. Je me sens vaciller, le cœur au bord des lèvres. Je me détache de lui sans même m'en rendre compte pour m'affaler à moitié contre le mur. Je me retiens d'un bras tandis que le monde vacille autour de moi. La nausée ne me lâche pas et j'ai les yeux qui brûlent presque sous le mal de crane phénoménal qui me tambourine le cerveau. J'essaie de me calmer comme je peux. Inspiration. Expiration. Envie de vomir. Envie de crier. envie de pleurer. Je sais pas comment je finis par réussir à rouvrir les yeux, à relever la tête, à le regarder. Mais j'ai trop besoin de réponses.


. Mais vous êtes qui, à la fin ??!
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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Mer 22 Fév - 20:39

Penché au-dessus d'elle et de son malaise apparent, le couperet s'abattit sur lui – venant de haut – et avec une puissance qui manqua de le jeter au sol.
Il recula de quelques pas comme s'il s'était brûlé à elle et lui offrit un visage sur lequel seule la fierté put effacer rapidement la douleur puissante et fugace qui s'y peignit furtivement. La surprise, l'incompréhension lui succédèrent et enfin l'horreur.

De nombreuses hypothèses tissèrent leurs liens à travers son esprit en une fraction de seconde. Il embrassa la possibilité d'une sœur jumelle avant de l'écarter - pour le prénom - , puis il caressa la simple et évidente possibilité qu'elle l'ait oublié. En deux mois ? Son corps se rappelait. Volonté de le blesser, jeu, surveillance, folie de sa part, traumatisme, amnésie ? Il envisagea tout en la fixant d'un regard terrifié alors que son corps se refusait à esquisser ne serait-ce qu'un frémissement. Quelque chose en lui sonnait comme un avertissement. Le signal qu'un problème était survenu, que quelque chose ne tournait pas rond.
Puis ce fut comme une évidence qui le frappa de plein fouet. L'écho des costumes sombres aperçus plus tôt dans la matinée. Leurs baguettes promptes à effacer, tricher, réécrire, dévaster une vie. Ses yeux se fermèrent sous l'impact et sa bouche se tordit légèrement sous le coup douloureux qu'il tentait d'encaisser. Il porta sa main gauche à ses yeux alors que la droite se cramponnait à son bras et prit une grande inspiration pour tenter de retrouver un calme décidément bien difficile à toucher en ce jour.

- Je ne sais pas ce que je dois faire... Se murmura-t-il. Vous me rendez fou Anastasia.

Incapable de savoir ce qu'il lui incombait de faire, il se contenta de s'asseoir là où il était, sur le socle en béton d'un réverbère, à ses pieds et se prit la tête dans les mains.

De nombreuses années à l'Ibas était consacrées à l'apprentissage d'une concentration absolue dans des conditions plus ou moins difficiles. Néanmoins, aucunes de celles qu'il avait expérimenté jusque là ne lui semblait plus difficile que celle d'aujourd'hui. Il ne parvenait pas à rassembler suffisamment ses esprits pour réfléchir. Ses émotions le submergeaient, l'avalaient et le réduisaient à l'état d'un être à peine conscient, tout juste esclave de son ressenti.
Dans son champ de vision Anastasia effectua quelques pas vers lui, se figea, croisa les bras et semblait plus perdue que jamais. Il leva un bras pour l'arrêter. Pour qu'elle ne bouge plus, ne parle plus et cesse de le regarder ainsi, ses beaux yeux assombris par l'angoisse et un froncement de sourcils douloureux.

- Laissez-moi... un instant. J'ai besoin d'un instant.

Juste un instant.

Les bruits de la rue s'estompaient peu à peu. Il se concentra sur les battements de son cœur, comme il l'avait appris, tâchant d'ignorer la raison pour laquelle ils étaient si rapides et irréguliers. Le calme s'insinua lentement en lui alors que sa respiration se faisait plus profonde. Il n'y avait plus de jeune femme sur le trottoir, plus d'explosion au sein de la gare, plus rien, à part les battements de son cœur.

«On a touché à sa mémoire. Pourquoi ? »

Il se remémora rapidement leurs échanges, s'assurant qu'à aucun moment il n'avait compromis la jeune femme en lui révélant un secret qui aurait pu lui valoir l'intervention d'oubliators. Il se rappela la sensation fugitive d'avoir été suivi cette nuit là, mais la mit de côté.

«Soit.
Et que fait-on maintenant ?
Je n'en sais rien.
Qu'est-ce que tu veux ?
…»


La fragile concentration qu'il avait établie se rompit lorsqu'il leva les yeux vers son visage.

«Elle.»

Il secoua la tête et se releva lentement, engourdi et courbatu. La ruelle dans un élan de provocation avait repris vie, allant jusqu'à les ignorer. Les gens passaient, bavardaient, à peine leur jetaient-ils un regard en circulant. Londres et l'anonymat. Il posa ses deux mains sur la tête tout en levant le visage au ciel dans une prière muette pour savoir ce qu'il lui fallait faire et se décida enfin à la regarder à nouveau.

- Je suis... Ezio. Murmura-t-il en renonçant soudain à ce qu'il allait dire.

- Excusez-moi. Je crois que toute cette « histoire » nous a … choqués tous les deux et...

« Tu es en train de lui mentir ??»

- Je...

« Je ne peux pas.»

- Est-ce que vous voulez toujours de ce verre ? Lui demanda-t-il doucement tout en réalisant qu'il ne devait pas avoir grand chose au fond de ses poches.


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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Mar 28 Fév - 17:05

. Je...euh...

J'arrive toujours pas à déterminer si je vais lui dégobiller sous le nez ou pas. Je préférerais pas mais mon estomac n'est pas de cet avis. Et allez raisonner un estomac.
Je lui accorde son instant avec plaisir. J'ai besoin de deux minutes pour faire le point aussi. Et puis, je sais pas quoi faire, quoi dire, en réponse à ce que j'ai lu dans ses yeux, quand nos regards se sont croisés brièvement. Peut-être que le mal de crâne, la nausée et toutes ces joyeusetés sont les bienvenus finalement, pour m'empêcher de penser. Tu inspires et tu expires. On va s'arrêter à des choses aussi simples et oublier tout le reste.

Le malaise reflue et c'est un tel soulagement que j'archive au loin le passé récent. Les questions sans réponse, les étonnements, les envolées hormonales. J'y penserai quand je serais seule. Je...


. Bonjour Ezio.

Ça serait mieux si je souriais pas comme une cruche. La nervosité a cet effet-là sur moi, des fois.
Je pourrais lui dire que c'est beau comme prénom, ou lui demander d'où ça sort.

Un bruit perce le silence (relatif, le silence, je suis pas sûre que Londres connaisse ce mot). Non, pas un bruit. Une multitude. Successive et étrangement familière. Ça s'envole en trémolos à n'en plus finir. Il me faut bien deux secondes pour percuter que c'est mon blackberry qui se manifeste, en une flopée de messages qui arrivent les uns derrière les autres. Comme si le réseau était de retour après une panne de deux jours.

Je voudrais être assez forte pour ignorer les appels du pied que me fait ce bout de technologie. Mais il y a une sorte de dictature dans le pouvoir que ces téléphones ont sur nous. Et puis, j'imagine que, comme tous ceux de ma génération, je suis juste devenue accro sans m'en rendre compte.

Je glisse un petit
désolée, tout en fouillant frénétiquement mes poches pour le trouver, lui, mon précieeeeeeux. L'écran, quand je le déverrouille, m'annonce que j'ai jamais eu autant d'amis... sauf que ce sont tous les mêmes. Quinze message et une douzaine d'appels en absence de Justin, à peu près autant de mes parents, trois d'Olga, six de Maria et quelques uns de Tatiana. Je prends soudain conscience que sur toutes les radios et toutes les télés, on ne doit parler que de King's Cross et que le réseau téléphonique doit être noyé d'inquiétude. Je sais pas comment répondre à tout ça, ni dans quel ordre. Justin, en petit mari parfait, me fait grâce du choix : son nom s'affiche sur mon écran. Je décroche et manque de me noyer sous son flot de paroles. Au début, je trouve ça mignon. Et puis, rapidement, ça m'agace. Et pas juste parce que je sens presque les yeux de cet Ezio sur moi.

. Puisque je te dis que ça va !!!

Je me sens sur les nerfs. Si je ne fais pas gaffe, ça va vite partir en sucette. Je préférerais autant qu'il y ait pas de témoin. Surtout, pas de témoins avec des grands yeux noirs pleins de mystères.

. Évidemment que je suis bizarre, y a une gare qui vient de m'exploser à la figure...

Crétin, je me retiens d'ajouter. Faut pas me chercher. Et puis, c'était ça où une avalanche verbale qui allait encore plus me foutre dans la merde. Je vous laisse imaginer : Écoute mon loulou, y a un type qui vient de m'embrasser comme un dingue et je suis pas sûre que tu m'aies jamais embrassée comme ça. Comment ça se fait, que tu m'aies jamais embrassée comme ça, hein ? Autant vous dire que c'était plus juste un petit dérapage, c'etait un grand départ pour la sucette royale !
Elle est pas si pire, ma dernière sortie, finalement.
Malgré, Justin s'éternise encore un peu. J'ai failli lui raccrocher au nez trois fois. Je finis par lui arracher la promesse qu'il va faire le tour de la famille et des amis pour prêcher la bonne parole : Stacy Grant est en vie !! Hallelujah, bordel !! Mon excuse : réseau erratique et batterie en berne.
Menteuse...

Une fois que j'ai raccroché, je mets le'ngin en silencieux. Je respire deux grands coups et j'ose enfin l'affronter du regard. Je bredouille un vague
désolée mais c'est..., ne réussis pas à dire de mots de plus et finis par hausser les épaules.

. Oui, je le veux. Enfin, je le veux toujours.
Vous aussi ?

Je réussis à sourire doucement, même si ça cadre pas du tout avec le reste de la scène. Au temps pour la crédibilité. Je suis parfois un peu schizo, mais j'assume.

. Mais ça vous dirait pas...autre chose ? J'ai envie d'un truc un ciel ouvert.

Mon ju-jitsu peut rien contre la folie des hommes et je me sens soudain vulnérable. Même si j'ai la certitude complètement loufoque que cet Ezio se jetterait une nouvelle fois entre moi et cette fameuse folie. N'importe quoi.


. Genre, on se prend un Starbucks et on va se poser dans un parc ?

Je commence à marcher, direction je-ne-sais-où. C'est ce qu'il y a de cool avec les Starbucks : même dans un coin inconnu, on en trouve à tous les deux pâtés de maison . Et puis, j'adore leurs cinnamon rolls.


Dernière édition par Stacy Grant le Lun 17 Avr - 23:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Ven 3 Mar - 23:00

Dès lors qu’elle avait décroché son téléphone, son esprit s’était évadé, bien malgré lui. La conversation se déroula sans lui, et à deux reprises, il dû s’empêcher d’en profiter pour tourner les talons et fuir. Loin.

D’étranges images, qu’il n’avait pas invitées dans son esprit, se mêlaient et rendaient ses pensées plus confuses encore. Le film se déroulait de façon erratique et saccadée, sautant d’une image à l’autre sans aucun lien. La gare. Saoirse. Anastasia. L’explosion. Saoirse. Anastasia, au sol dans une ruelle. Des baguettes. Des lueurs. Des cris. Eux deux, là, maintenant, dans cette rue. Il ferma les yeux pour s’accrocher au fil de ses pensées, en vain. Elles lui échappaient et n’en faisaient qu’à leur tête, à l’en rendre fou.

Il avait probablement raté le début de la conversation, qu’elle avait repris avec lui, et constata qu’elle n’était plus pendue à son téléphone et lui souriait doucement. A quel chapitre était donc passé le livre pour qu’elle lui sourit maintenant ? Il capta quelques mots, que son cerveau sélectionna au hasard. Parmi eux « ciel ouvert » et « parc ». Il acquiesça d’un mouvement de tête silencieux, peu conscient de ce à quoi il venait de dire oui et lui emboîta le pas, tout à son embarras. D’accord pour de l’air. Plus rien de fermé pour aujourd’hui.

Que pouvait-il bien lui dire ?

Qu’ils ne se connaissaient pas ? Jouer le jeu d’une première rencontre alors qu’il venait de lui sauter dessus en pleine explosion d’une gare ?

La gare… Il entrevit les mouvements qui s’y poursuivaient. Le ballet des Aurors affairés à régler l’incident. La silhouette de Saoirse, en quête de renseignement parvint jusqu’à lui. Y avait-il eu des blessés ? Et ces pauvres gens qui n’avaient que faire des différences entres sorciers, que leur dirait-on ? Combien de fois avait-on trafiqué le cerveau de ces braves gens au nom d’un secret qui commençait à coûter bien cher ?

« Bien sûr qu’on se connait. Qui je suis ? Un type qui a couché avec vous – à trois reprises – entre cette année et la précédente. » Charmante entrée en matière. Beaucoup de classe, à peine choquant. Mais purement véridique en comparaison de la première hypothèse.

Impossible.

Il envisagea une nouvelle fois de lui fausser compagnie. De tourner rapidement à l’angle d’une rue et de se fondre dans la foule londonienne. Au rythme auquel elle avalait la distance, elle mettrait bien quelques mètres à réaliser qu’il ne suivait plus. Et ensuite ? Faire face à sa lâcheté, une fois encore.
Les pensées se bousculaient et se heurtaient à la paroi de son crâne avec sadisme. Il les repoussait de tout son être, laissant à son corps le choix de ses mouvements qui pour l’instant, calquaient ceux de la jeune femme. Un pas derrière elle, alors qu’il hésitait toujours, ses jambes suivaient le chemin qu’elle semblait tracer dans la rue.

Enfin, elle s’arrêta. Il ne le réalisa que lorsque son corps la percuta. Dans son déplacement tenant plus du réflexe, rien n’y personne ne l’avait averti de l’arrêt en prévision. Alors qu’il la bousculait sans ménagement, il la retint de son bras gauche pour lui éviter la chute. Il ne la garda contre lui que le temps nécessaire à la remettre sur pieds. Parce qu’il ne supportait pas le contact de leur corps s’il était le seul à s’en souvenir.
Maugréant quelques excuses qui aurait décernées à la jeune femme le titre d’excellente lectrice labiale si elle parvenait à en déchiffrer l’inintelligibilité, il détourna le regard en quête du parc promis.
Au lieu de l’espace vert salvateur, la rue n’avait à offrir que la devanture d’un de ces cafés prisés au logo vert et blanc. Il fronça les sourcils et l’interrogea du regard.

- C’est quoi ça ?

Anticipant immédiatement la réponse qu’appelait une telle question, il enchaîna :

- Vous … voulez un café c’est ça ? Un café c’est bien. Ajouta-t-il, confus en glissant ses mains au fond ses poches, où elles ne pourraient rien atteindre.

Le geste lui arracha une grimace lorsque les paumes de ses mains, entamées par les éclats de verre, rencontrèrent le tissu de son pantalon. Il se rappela alors la triste image qu’ils offraient tous deux et jetant un œil dans la vitrine de l’établissement, y croisa son reflet au regard maussade. L’image que renvoyait la vitre était celle d’un homme au visage assombri, une belle éraflure parcourant sa joue gauche, un bleu en naissance au-dessus de celle-ci et la lèvre ouverte.  Sa chemise recelait quelques traces de sang – le sien ou autre d’ailleurs – que le mouchoir d’Anastasia n’avait pu effacer, un tableau charmant, en somme. Il soupira à nouveau bruyamment avec une lassitude qui allait nécessiter un certain nombre de cafés pour être étouffée.


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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Lun 17 Avr - 22:19

- Vous entrez ?, lança une voix un peu sèche derrière eux, alors qu’ils étaient toujours face à la porte du Stabucks.
Les bousculant presque, une femme entre deux âge se faufila entre eux, le visage et les lèvres plus fermés que les portes de la gare, désormais. On pouvait presque entendre son esprit protester contre la jeunesse indolente qui n’assumait jamais ses choix. En passant, elle les dévisagea avec courroux avant que son visage ne prenne une expression horrifiée.

- Saint Mère ! Que vous est-il donc arrivé mon pauvre garçon ???? Est-ce que tout va bien ???
Disant cela, la femme s'empara de la chemise du "pauvre garçon" en question et se mit à le secouer comme un prunier.
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MessageSujet: Re: Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]   Mar 18 Avr - 0:38

La vue du Starbucks me ramène un semblant de sourire et m'aide à reprendre pied dans la réalité. Mon cerveau qui, jusque-là, bataillait pour trouver un sens à tout ça, s'apaise soudain. Une petite touche de normalité dans cette journée folle est salutaire.
Ma remontée est coupée dans son élan par un soupir d'une profondeur abyssale.


. Euh, hum... Ezio ? Ça va aller ?

Je percute seulement que ce début de journée a dû être éprouvant pour lui aussi. Sa matinée n'est pas tellement meilleure que la mienne.
Et apparemment, je suis pas la seule à m'en soucier, parce qu'une bonne femme sortie de nulle part semble s'être mis en tête de jouer les St Bernard. La version 2017 du St Bernard, tout en séisme et tremblement. Allez savoir pourquoi, je supporte pas son intervention. Puisque ça m'a tout l'air d'être la Journée Internationale des Émotions Exacerbées, je vois pas pourquoi je devrais m'en arrêter là, et je me sens furieuse, d'un coup d'un seul, juste parce qu'une femme s'est emparée d'Ezio et semble en avoir fait sa B.A. quotidienne. Fureur à laquelle s'empresse de faire écho Saucisse (que j'ai lamentablement rayé de mes récentes considérations et qui arrive tout frétillant et haletant) qui grogne du mieux qu'il le peut, à l'encontre de l'intruse. Il prend soigneusement ses positions, se glissant entre eux et faisant un rempart de son maigre corps. De toute évidence, il envisage sérieusement de croquer un mollet ou deux pour le petit déjeuner. Son adoration pour cet homme, son empressement à le défendre, me glisse soudain un doute dans la tête. Et si il était le précédent maître de Saucisse ? Ça n'expliquerait pas tout, mais commencerait un peu à éclairer toutes ces bizarreries...
De son côté, Ezio qui, lui, prend les choses plus calmement, s'empare doucement mais fermement des mains de Ste Bernadette et les retire de sa chemise.

- Moi, ça va, merci... Mais vous, vous devriez songer à prendre une verveine.

La femme paraît sceptique. Je devrais pas vraiment lui en vouloir. Vue sa tête à lui, je me ferais du souci aussi, si je le voyais sortir de nulle part. Un autre truc qui sort de nulle part, c'est l'élan de possessivité que je ressens soudain. Et je n'aime pas ça du tout. Je lutte. En vain.


. Stacy Grant, je suis en école d'infirmière. Je pense que ça va le faire. Je peux gérer, merci, bonne journée.

Ouais, je maîtrise carrément les formules de politesse dénuées de toute amabilité. Mais c'est ça où un petit coup de kinju-tsu qu'elle aurait pas compris ce qui lui arrive. Et la fin de ma chance de boire un verre avec Ezio-le-sauveur-de-ces-dames.
J'ose pas l'empoigner à mon tour par la manche pour l'entraîner à l'intérieur, mais c'est tout juste. Alors que Ste Bernadette tourne les talons, oubliant café et verveine, Saucisse fait de nouveau la fête à Ezio, lui sautillant tout autour en jappant joyeusement. Même moi j'ai pas le droit à de telles démonstrations d'affection, quand je rentre le soir. Une pointe de jalousie vient compléter ma panoplie émotionnelle du jour. Je pars en vrille totale. Pendant un instant, je m'insupporte.


. Je reviens, je lance, en poussant la porte du Starbucks.

Besoin irrépressible de me soustraire à son regard, comme si ça pouvait calmer mon bordel intérieur. Ça ou deux litres et demi de café. Au choix. La file est courte, et je m'attire pourtant moi aussi quelques regards inquisiteurs. Y en a pas un pour venir s'enquérir de ma santé. Mon regard peu amène doit les figer sur place. Je suis jamais vraiment passée pour une petite fille fragile, alors que je suis pourtant pas un gros gabarit. Mais j'imagine qu'au-delà de la simple silhouette, y a un truc qui se dégage de chacun, et mon aura de kinju-tsu doit en rebuter plus d'un. C'est pas le genre de trucs qu'on peut déceler dans un miroir. Pas comme si je passais des heures à m'admirer dans la glace. Perte de temps.
Mon cerveau s'absente un moment dans des limbes inconnues, mais mon pilotage automatique doit pas être si pourri, parce que, bientôt, je me retrouve dehors, avec deux cafés en main (les serveurs sont toujours pas plus doués avec leur feutre noir, puisque nos deux boissons sont estampillées « Hannastajia » et « Enzo », mais à part ça, tout va bien). Mécaniquement, j'en tends un à Ezio :


. Je vous ai pris un Espresso Origine. J'espère que ça vous va.

J'arrive même plus à le regarder en face. C'est la grande foire du n'importe quoi. Sans plus réfléchir, je divise mon cinnamon roll en deux, dont je tends la plus petite moitié à Saucisse, qui, d'un coup, s'intéresse de nouveau à sa petite maîtresse. Je crois qu'il aime encore plus les cinnamon rolls que moi...

Spoiler:
 
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Et le ciel s'est embrasé... [Ezio]
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