Météo du
Moment

Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Les absents ont toujours tort.
Méfiance, nous sommes d'humeur taquine...

Une animation d'Halloween vous attend...

Venez donc nous présenter vos plus beaux sourires.

Hé, t'as vu ton rang?

Partagez | 
 

 Analepse [Ezio]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar




Dompteur d'écureuils

Age du personnage : 17 ans
Messages : 108
Localisation : Londres
Scolarité : Serpentard - 7ème année
Université : -
Occupation : Lycéen

MessageSujet: Analepse [Ezio]   Mer 14 Déc - 2:57

Façade rouge couronnée d'ardoises grises. Volée de fenêtres planquées derrière une série de colonnes blanches. Et là haut, perchées sur le faîte, quatre cheminées massives, parachèvement de la parfaite symétrie du bâtiment. Milo laissait vagabonder regard et esprit sur l'édifice lui faisant face, s'arrêtant parfois sur un détail architectural qui faisait rebondir ses pensées ailleurs. Bien loin de la Old Police House qu'il contemplait.

Il était assis dans l'herbe depuis un certain temps déjà, le dos contre un arbre. Suffisamment proche de la voie pour être visible, suffisamment loin pour être hors de portée des piétons qui suivaient docilement les allées bitumées.

Le parc n'était pas aussi rempli qu'il aurait pu l'être. Au dessus de Londres, le ciel hésitait continuellement entre grisaille et azur délavé, et dans les rues circulait un air à peine tiède. La saison touristique avait beau battre son plein, le temps n'invitait pas à la (re)découverte de Hyde Park.

L'engourdissement de son immobilité commençait à lui peser sur les pieds. Il décroisa en conséquence les jambes pour les étendre devant lui. Ses doigts se refermèrent sur le coffret qui avait jusqu'alors élu domicile au point d'intersection de ses chevilles, et, le soulevant, il prit un instant pour l'observer.


- Attends, pour qui tu dois aller chercher cette boite déjà ? Et depuis quand tu as des potes qui ont déjà fini leurs études ? J'étais pas au courant...

- Moi non plus. Maintenant si tu pouvais m'aider à trouver cet arbre ce serait génial, qu'on y passe pas des heures...

- Pourquoi, t'as encore prévu d'aller te planquer dans les gradins pendant l'entrainement des poufsouffles après ça ?

Le ton de son compagnon était on ne peut plus équivoque, il savait exactement pourquoi Milo s'était trouvé dans les gradins ce jour-là, malgré sa répugnance pour le quidditch. Il senti ses joues prendre une teinte cramoisie.

- Ferme-la, tu veux ?

Sans plus attendre de réponse, il pressa le pas et dévala les quelques mètres qui les séparaient encore du lac. Sep' pouvait être particulièrement pénible sur ces sujets là, et Milo n'avait aucune envie d'aborder cette conversation avec lui.

Il fut fort heureusement sauvé par l'apparition de l'objet de ses recherches dans son champs de vision. L'arbre était perché à la frontière même où la terre s'immergeait en pente douce vers les profondeurs du lac. Ses racines polies par le ressac serpentaient juste contre la surface, et son tronc courbé permettait à quelques unes de ses branches de tremper le bout de leur feuilles contre l'onde.

Poétique et torturé... L'allégorie était parfaite...

- Ca doit être celui là je pense, y a un genre de marque dans l'écorce.

Il laissa glisser sa baguette hors de sa poche et en pointa l'extrémité vers la base du tronc.

- Excavare.


La silhouette d'Ezio entra dans son champs de vision, le tirant de sa contemplation. Le barde était fidèle à lui même, silhouette haute et élancée, regard sombre et calme.

Calme...

Milo revoyait parfaitement l'expression furieuse du barde lors de leur dernière entrevue. Les muscles de son dos se crispèrent légèrement contre l'écorce derrière lui.

- Bonjour Milo... Merci pour ton message. Je peux m'asseoir?

Il s'assit avant même que l'adolescent n'ai le temps de hocher la tête.

- Comment vas-tu ?

Milo retint à grand peine un ricanement devant la banalité de la question.

A merveille et toi ? La vie de moldu, ça te conviens toujours ?

Il ravala son sarcasme.

- Ca va. J'ai ta boite.

La conversation promettait d'être passionnante...


Spoiler:
 


Dernière édition par Milo Conaghan le Mer 21 Déc - 16:36, édité 1 fois (Raison : Y avait des fautes et répétitions qui me dérangeaient encore.)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t74-milo-e-conaghan
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 469
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Analepse [Ezio]   Mar 27 Déc - 17:39

Étonnant, comme ses petites bêtes étaient douées pour vous retrouver à n’importe quel endroit du globe. Effrayant aussi, de constater à quel point on pouvait être si facile à localiser. Il recevait peu de hiboux. Saoirse essentiellement. Le reste des personnes qu’il fréquentait n’appartenait pas au monde magique ou n’était pas suffisamment proche de lui pour lui écrire. Silje, parfois. Mais elle connaissait son goût pour la solitude et évitait de le contacter pour rien.
Bien que le sachant également, Saoirse, de son côté, ne parvenait pas à se retenir de demander quelques nouvelles de temps à autre. Il essayait, désormais, de prendre le temps de répondre. Au moins au second hibou qui menaçait d’envoyer la moitié des Aurors du pays à sa rescousse s’il ne se manifestait pas. En général, il avait six mois. Ensuite elle s’inquiétait vraiment. Si cela l’agaçait profondément sur le coup, il ne parvenait pas à lui en vouloir, néanmoins. Il existait des privilèges dont elle seule bénéficiait.
Il avait tenu le petit parchemin entre ses doigts alors que le froid gagnait son être. Ses yeux avaient relu les quelques mots par trois fois, essayant de décider sa tête à trancher entre le soulagement et l’angoisse. Résolument incapable de faire le tri entre sentiments et pensées, il avait soigneusement replié le parchemin et l’avait glissé dans sa poche où il l’avait laissé la journée durant. Le ton était donné, quatre mots, suivi d’une date et d’un lieu. Milo lui avait laissé quelques jours, probablement pour lui laisser le temps d’atteindre Londres, mais pas de choix quant au reste. Le texte était sans appel et laissait entrevoir que le jeune homme lui en voulait toujours.
Par la conjoncture de circonstances facilitantes, il ne se trouvait pas loin de la capitale, même s’il n’avait toujours pas daigné y remettre les pieds pour éviter d’y croiser Saoirse. Elle aussi lui en voulait. Voilà qui commençait à allonger sérieusement la liste des personnes qu’il avait froissées.
Il aurait déjà dû être loin depuis des jours, mais pour la première fois depuis bien longtemps, quelque chose semblait le retenir en Ewiland. Il évitait d’y penser mais ne parvenait pas à se résoudre à partir. Ses pas l’avaient ramené quelques fois dans les alentours de Brighton et il en avait profité pour explorer les alentours de Londres. Alentours, plus ou moins élargis, puisqu’il n’avait pas résisté à l’envie de pousser jusqu’à Amesbury et Stonehenge.  Le site, hautement touristique, perdait complètement ses allures mystiques lorsque les visiteurs, leurs appareils photos et leurs sodas s’amassaient autour des pierres alors que leurs propriétaires parlaient – trop – fort. Mais si on revenait à la nuit tombée, illégalement bien sûr, la majesté des lieux reprenait le dessus et l’on pouvait encore sentir les pierres vibrer d’énergies anciennes.

-Tu te vois comment dans 10 ans ?
Typiquement le genre de question qui nécessitait que l’on pose son livre. Il s’exécuta en retenant un soupir qu’elle aurait – à raison – mal pris. Paresseusement allongée dans l’herbe du parc, à ses côtés, elle avait posé sa tête sur lui, étendu ses longs cheveux blonds sur les pages qu’il lisait et s’amusait à le taquiner avec un petit bâton qu’il tentait d’ignorer, en vain. Il referma l’ouvrage en prenant soin de retenir le numéro de la page à laquelle il s’était arrêté et le déposa à ses côtés, glissa une main sous sa tête et contempla les nuages en réfléchissant à sa réponse.
Impatiente, comme à son habitude, Shanon appuya son menton au creux de ses côtes pour le presser.
-Mort dans l’attente d’une réponse à ma question n’est pas une option envisageable. Bougonna-t-elle.
- Je réféchis…
10 ans, c’était long et proche à la fois. Dans 10 ans, ils en auraient 27. Que faisait-on à 27 ans. Dans quelques années il serait barde et parcourrait le monde pour répandre les traditions magiques. C’était la seule chose dont il était certain. Mais il n’était en revanche, pas sûr que la réponse convienne à Shanon.
Elle soupira et rampa jusqu’à coller son visage au sien, battant des cils et lui soufflant dessus.
-Plus vite Mister Shepherd. Je n’aime pas attendre.
Il lui vola un baiser pour gagner du temps et lança sa bombe dans un petit sourire.
- Je serai barde dans 10 ans.
Elle fronça les sourcils.
-Sérieux ? Tu vas vraiment déposer ta candidature pour ce truc ?
- C’est déjà fait.
-Et moi alors ?? Sympa, de m’en avoir parlé !
Boudeuse, elle le repoussa d’une main et s’allongea sur le dos à côté de lui en croisant les bras sur sa poitrine.  Dans un sourire amusé qu’il offrit au ciel, il attendit la suite de l’orage qui ne tarderait à venir.
-De toute façon, c’est hyper sélectif l’IBAS. Même pas sûr qu’ils t’acceptent. Lança-t-elle acerbe.
-  ça aussi c’est déjà fait. Répondit-il nonchalamment.
Un mouvement sur sa gauche lui indiqua qu’elle bougeait à nouveau. Shanon n’avait jamais tenu en place. Redressée sur un coude, elle attrapa brusquement le menton du jeune garçon dans sa main et le força à tourner la tête vers elle.
-A ouais ? Ben je vois pas pourquoi. T’as pourtant rien d’exceptionnel.

Quelques mèches claires et ondulées retombaient sur son front pâle, soulignant le contraste de sa peau diaphane et de ses yeux qui brillaient intensément. Sa bouche, douce et pulpeuse était tordue en une petite moue dédaigneuse et adorable qui lui donna beaucoup de mal pour résister à l’envie de l’embrasser à nouveau. Quelques taches de rousseur s’invitaient sur son nez à l’arrivée des beaux jours. Il connaissait les grains de beauté qui paraient son visage par-cœur pour en avoir parcouru du doigt les courbes et les creux des heures durant. Elle avait toujours été une créature fascinante. Petit, il s’était imaginé qu’elle était descendante d’une magnifique vélane. Désormais, il en était certain. Ses yeux sombres embrassèrent une dernière fois son visage et s’arrêtèrent à nouveau sur son regard bleu et brillant dans lequel il décela l’éclat de fierté que démentait le reste de son expression. Avec douceur, il dégagea son menton de l’emprise de sa main et se redressa à son tour.
- Je sais. Murmura-t-il avec amusement.

Dans 10 ans ? Il s’imaginait bien des choses, mais pas vivre dans un monde où elle n’existait plus.


Adossé à un arbre, le visage fermé et les yeux dans le vague, se tenait Milo. Une fois encore, Ezio fut frappé de constater à quel point les adolescents pouvaient changer en un an. Il suivit le chemin le menant au jeune homme, conscient d’être la cible d’un des regards scrutateurs du sorcier. Entre ses mains, le coffret. Ezio évita soigneusement de poser ses yeux sur lui, se contentant d’observer Milo en retour.
Arrivé à sa portée, il s’assit sans attendre de réponse, sachant pertinemment que la gêne entre eux, allait mettre du temps à se dissiper, si tant est qu’elle le fasse un jour.  Les réponses presque monosyllabiques du jeune homme ne l’encouragèrent pas à poursuivre plus avant une conversation banale et mondaine, aussi bien finit-il par se taire.

Le parc n’était pas aussi fréquenté qu’il aurait dû l’être en ces beaux jours. Quelques baigneurs audacieux dans la Serpentine lui arrachèrent un sourire alors qu’il extirpait de sa besace, un livre de poche à la couverture écornée. Il le retourna un instant dans ses mains et le tendit à Milo, dans un second effort d’entamer la conversation.
- Tu connais ? Quatuor, de Vikram Seth. C’est ma sœur qui me l’avait conseillé, un de ses livres préféré*. C’est l’histoire d’un violoniste londonien qui a l’impression d’être passé à côté de sa vie…

« Je pense qu’il s’en fout de ton bouquin. »

Saoirse avait insisté des années durant pour qu’il le lise. De la musique, Londres, une écriture poétique, ainsi qu’un mélange de violence et de douceur. Elle était certaine qu’il lui plairait. Avec raison. Il l’avait bien aimé. Par un esprit de contradiction très développé chez lui, il avait juste attendu une dizaine d’année – et une légère cassure entre eux – pour se décider à le lire enfin.
Il abandonna l’ouvrage entre eux deux, dans l’herbe et retint à grand peine un soupir d’embarras. Du coin de l’œil, il distingua le coffret de bois que le temps avait un peu terni, mais qui après tout, semblait avoir plutôt bien vécu les 15 dernières années. Soudain, il ne fut plus certain d’être capable de le toucher. Et si soudain tout revenait ? Les images, les sons, la musique… la douleur ? Et si au contact de ses doigts l’objet déchargeait sur lui le poids de souvenirs qu’il n’était pas à même de porter ?

Avant d’être assailli et phagocyté par ses doutes, il se pencha brusquement au-dessus de Milo et tendit une main vers l’objet.

- Tu permets ? Questionna-t-il doucement.
Une fois encore, il n’attendit pas la réponse du jeune homme. Il n’aurait pas été capable de réitérer le geste une seconde fois.
Sa main se referma sur les fines planches de bois dans un mélange de crainte et de violence, comme s’il avait attaqué l’objet. Il ferma les yeux un bref instant, pour encaisser la violence d’un coup qui ne vint pas. Le souffle et le bras en suspens, le barde desserra la mâchoire et acheva de ramener le coffret à lui tout en rouvrant les yeux. Sa deuxième main vint à la rescousse de la première qui tremblait. La cassette de bois lui semblait plus petite et plus lourde qu’en son souvenir. Les deux paumes de ses mains bien appliquées sur chacun des côtés du coffre, il lui jetait un regard inquiet, dans l’attente que ce dernier lui saute à la gorge. Après quelques secondes de contemplation muette, il offrit à Milo un visage grave et un peu pâle, empreint de gratitude.

- Je ne sais pas comment te remercier…

Ses yeux sombres cherchaient à en dire plus que les mots, alors que les rires d’un groupe de jeunes résonnèrent juste derrière eux. Ezio tressaillit au son de leurs voix, mais ne quitta pas son jeune compagnon des yeux.

- Merci. Souffla-t-il.


*Véridique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Dompteur d'écureuils

Age du personnage : 17 ans
Messages : 108
Localisation : Londres
Scolarité : Serpentard - 7ème année
Université : -
Occupation : Lycéen

MessageSujet: Re: Analepse [Ezio]   Lun 23 Jan - 2:40

Le mot tension n'était pas adapté. Il n'y avait pas de colère, pas de nervosité entre eux. Pas même vraiment de rancune. Juste une sorte de vide qui s'emplissait de silence à mesure que s'écoulait le temps. Et pourtant il ne voyait pas d'autre mot capable de décrire cet instant suspendu. Tension. Comme l'air qui s'alourdit d'une odeur d'ozone avant que l'orage ne crève...

Ses doigts se refermèrent sur l'ouvrage que lui  tendait Ezio. Il laissa son pouce courir sur la tranche du livre, faisant s'entrechoquer les pages dans un froissement de papier, avant de glisser son ongle entre deux d'entre elles. Ouvrir une page aux hasard, lire le premier passage qui lui sautait aux yeux. Une habitude qu'il avait prise au fil du temps. Une phrase prise aléatoirement dans un livre, c'était une tranche du style de l'auteur mordue à l'aveugle, la possibilité de savoir en une fraction de seconde si l'agencement et le choix des mots seraient à son goût.

"Je me tais. Je n'ai jamais osé l'espérer. Je remercie quelque chose, quelque part dans le noir, mais à elle je ne dis rien."

Joli. Mais ici, maintenant, il ne fallait qu'il se taise, lui.

- Ta sœur... Est-ce qu'elle aussi elle est..?

Première étape : briser le silence, sortir de son mutisme.

- J'ai compris que t'avais pas envie d'en parler, et si ça te fais vraiment chier je laisse tomber. Mais tu me dois bien une ou deux réponses, non ? Je veux dire, tu m'annonce comme ça que tu es sorcier, ou que t'en as simplement le sang puisque visiblement t'as fais une croix sur tes pouvoirs. On gueule l'un et l'autre avec allégresse, tu me demande d'aller chercher ta boite, et après on s'adresse plus la parole pendant un an ? Pas que ce soit inhabituel, mais j'ai pas le souvenir qu'on se soit déjà quitté en froid.

Milo prit le temps d'inspirer profondément, gonflant ses poumons le plus qu'il pouvait avant de relâcher l'air dans un soupir. Léger pivotement en direction d'Ezio, décroiser les jambes. S'ouvrir à la discussion.

- Je veux juste une ou deux réponse, histoire de comprendre. Et si ça t'emmerde on en parle plus par la suite.



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t74-milo-e-conaghan
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 469
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Analepse [Ezio]   Mer 22 Fév - 0:33

Lorsqu’enfin Milo saisit l’ouvrage, le barde consentit à quitter son visage des yeux. Confiant au livre le soin transitoire d’apaiser l’embarra dont il ne parvenait à dénouer les liens tendus, il appuya sa tête contre le tronc de l’arbre et observant ses mains un instant, fut soulagé de constater qu’elles ne tremblaient pas, alors qu’il lui semblait que l’intérieur de son être était agité de spasmes anxieux.

Il acquiesça d’un léger hochement de tête alors que Milo rompait le silence. Des réponses, il lui en devait, très certainement. Ses yeux croisèrent à nouveau le regard du jeune homme, il y lu plus de maturité qu’ils n’auraient dû en contenir. Un léger tic souleva le coin de ses lèvres en un simulacre de sourire. Et comme chaque fois qu’il était ennuyé, il porta une main à son front et en balaya ses yeux, à l’instar d’une envie d’y voir plus clair, peut-être. Sa seconde main dissimula au plus vite le coffret dans l’abri du sac qui l’accompagnait, et avec elle, la brèche potentielle.
Ses derniers échanges avec Milo se matérialisèrent dans son esprit. Il avait essayé de les mettre de côté, soigneusement rangés auprès des derniers mots qu’il avait eu avec Saoirse. Et parce qu’il savait d’expérience – douloureuse - que ressasser le passé n’engendrait rien de bon, et qu’il était loin d’être fier de son comportement à leur égard à tous deux, il s’était interdit d’y repenser trop souvent. Il était temps, néanmoins, d’y faire face et d’en assumer les conséquences, aussi coercitive et pénible soient elles.

- J’abhorre les conflits. Murmura-t-il. Et je n’aime pas m’emporter, non plus. Je m’en excuse.

Le claquement sec de l’ampoule fit écho à leur emportement. Le grésillement sinistre de cette dernière avant de rendre l’âme semblait toujours présente à son oreille alors que se dessinait nettement la mâchoire crispée de Milo lorsqu’il avait appris la vérité. De ses yeux au regard glacial à la jointure blanchie de ses mains, il revivait les instants chaotiques de leur dernière entrevue. Ne pouvant détourner le regard d’un souvenir, il embrassa la scène dans sa globalité et fronça les sourcils dans son obstination à ne pas fuir, cette fois.

- Je te dois effectivement des réponses. En plus d’excuses.

Suite à leur dernière conversation, il devrait lui être, désormais, moins douloureux d’aborder la question avec Milo. Le pansement avait été arraché, d’un coup sec, seule restait la plaie, masquée ou non, elle était belle et bien là. Cela ne changerait en rien son point de vue, n’abimerait en rien ses principes. Il avait juste un petit effort à fournir… qui s’avèrerait être un autre pas en avant. Avancée qu’il avait promise. Tout à sa concentration de se convaincre lui-même, le barde laissait courir les doigts de sa main gauche sur l’intérieur de son autre bras, jouant machinalement un air entêtant, qui loin de l’apaiser, tentait de lui prodiguer quelques encouragements.

- Ce n’est pas vraiment que ça m’emm…nnuie. Je suis juste… très inconfortable avec ça. Mais on peut aborder le sujet, oui. On est en plein dedans, de toute évidence. Sourit-il avec un mélange de tristesse et d’ironie.
Il ne pouvait pas prétendre être étranger à l’engagement de la conversation, l’ayant initiée lui-même en demandant ce service à Milo. Il savait à quoi s’attendre, avait eu le temps de mesurer les risques encourus, il aurait été ridicule de reculer maintenant. Ses doigts cessèrent de remuer alors qu’Ezio inspirait profondément.

Le groupe s’installa un peu plus loin, au pied d’un saule, suffisamment à distance des deux hommes pour ne pas fournir d’excuse au barde quant au contenu des sujets évoqués.
Après un soupir, il se lança.

- Pour répondre à ta première interrogation, oui, ma sœur est une sorcière. Brillante, même.

Il imaginait d’ici les bonds de joie causés par ces quelques mots si elle les avait entendus. Le simple fait qu’il parle d’elle aurait provoqué un ravissement chez Saoirse, en ces termes, qui plus est.

– Elle s’appelle Saoirse. Poursuivit-il en se raccrochant à des choses simples, des gens qu’il aimait. Il était presque aisé dans ce sens, d’avoir cette conversation. Que veux-tu savoir d’autre ? Questionna-t-il gravement.

Machinalement, sa main fouilla l’herbe qui s’étendant autour d’eux, à la recherche d’un élément dont elle aurait pu s’emparer.

- Je sais pas, genre... Si t'es né dans une famille de sorciers ou de moldus, ton ancienne maison, ce genre de trucs...

Hochant la tête, il s'acquitta assez machinalement de sa tâche et répondit rapidement:

- Je viens d’une famille de sorciers. Mon père est juge au Magenmagot, ma mère … voyante, Saoirse est reporter pour la Gazette, mon frère aîné travaille chez Gringott et moi… je suis barde. Là-dessus je ne t’ai pas menti. Profitant du silence de son compagnon, il enchaîna avant que le courage ne lui manque. J’ai fait mes études à Poudlard, tout comme toi, dans la maison Serdaigle, ce qui paraît aujourd’hui d’une évidence extrême… marmonna-t-il en promenant au creux de sa paume un morceau d’écorce de saule. J'étais un étudiant plutôt sélectif dans mes matières, avec des préférences assez marquées. Après mes Aspics je suis entré à l'Ibas pour y suivre une formation de Brehon et depuis je voyage ... ce doit être là l'essentiel de mon CV magique. Puis il se tourna à nouveau vers Milo, ses yeux sombres tout au questionnement que ce dernier aurait pu poursuivre.

HJ: ©Milo Conaghan pour la réplique.

Voilà qui me convient très bien.
J'espère qu'il en sera de même pour toi. Désolé pour le retard.



Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Admin

Messages : 1178
Localisation : Entre deux mondes

MessageSujet: Re: Analepse [Ezio]   Lun 17 Avr - 22:18

Quelques branches plus haut, un écureuil menait sa vie de rongeur arboricole, et gambadait d'un arbre à l'autre, pointant de temps à autre un museau curieux, à l'affût d'une autre de ces bizarreries que ces deux pattes semblaient affectionner. Transportant quelques provisions pour l'hiver, qu'il dissimulerait dans une de ses nombreuses cachettes, l'animal fut un instant déconnecté de sa tâche par des cris qui retentirent plus loin. De surprise, il lâcha une part de son butin. Une noix, entraînée par une gravité impitoyable, dévala les quelques mètres qui la séparait du bas, pour rebondir avec un bruit sourd sur le crâne chevelu de Milo Conaghan.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com
avatar




Dompteur d'écureuils

Age du personnage : 17 ans
Messages : 108
Localisation : Londres
Scolarité : Serpentard - 7ème année
Université : -
Occupation : Lycéen

MessageSujet: Re: Analepse [Ezio]   Mar 25 Juil - 16:45

- Ok...

Que dire de plus ? Sa volonté n'était qu'une étroite digue branlante face au flot de curiosité qui menaçait de l'emporter à tout instant. Poser une nouvelle question risquait de rompre ce barrage précaire, auquel cas il se savait capable de poser la question indiscrète qui mettrait le barde mal à l'aise, et il ne voulait pas d'un remake de leur discussion houleuse à l'Enterprise.

Il resta donc figé, sa question au bord des lèvres, cherchant le meilleur moyen de poursuivre. Son regard se porta à nouveau sur la bâtisse qui leur faisait face, sans pour autant vraiment la voir. Ses pensées vagabondaient à nouveau, projetant des images sur les briques alors qu'il tentait seul de trouver la réponse à cette question qui restait encore en suspens...

Le barde sembla prendre conscience de son retour au mutisme et de son regard lointain, et Milo senti rapidement l'attention de son aîné se reporter sur lui. Un léger soupir d'Ezio lui fit à nouveau tourner la tête vers celui-ci, qui sourit légèrement avant d'à nouveau baisser les yeux.

- Vas-y, puisqu'on y est, autant en finir avec les questions.

Il releva une nouvelle fois le regard vers l'adolescent, comme dans l'attente de la nouvelle interrogation de celui-ci.

Milo resterait toujours impressionné par la perspicacité de son vis-à-vis, bien que la récente révélation des origines bardesque de celui-ci tendent à apporter un tant soit peu de compréhension vis à vis de ses capacités d'écoute.

Le jeune homme décolla son dos de l'écorce, pivotant pleinement vers Ezio tout en ramenant ses jambes sous lui pour s'installer en tailleur. Puisqu'on lui offrait l'opportunité, il allait la poser sa question. LA question. Pour quelle raison Ezio avait-il abandonné la magie ? L'idée lui était toujours aussi inconcevable. L'arrivée du monde sorcier dans sa vie avait encore dans sa mémoire l’apanage d'un vrai petit miracle qui avait tout chamboulé. Et l'idée cauchemardesque de pouvoir perdre ses pouvoirs, plantée dans son esprit lorsqu'il avait appris l'existence du Sérum H, l'avait plusieurs fois laissé pantelant, le front collé de sueur au milieu de la nuit.

Il prit une grand inspiration. Quelle que soit la réaction d'Ezio, il était prêt à l'affronter. Et puis après tout celui-ci venait de lui dire qu'il pouvait, alors il n'allait pas tergiverser des heures encore.

- Pourquoi est-ce que tu...

Sa phrase resta en suspens, prématurément avortée par l'atterrissage violent d'un projectile sur le haut de son crâne. La noix rebondit dans un bruit sourd, faisant danser brièvement une poignée d'étoiles devant ses yeux...

- Bordel de...

Il releva brusquement la tête vers les hauteurs de l'arbre qui les surplombait, ayant tout juste le temps d’apercevoir la silhouette du bombardier arboricole avant que celui-ci ne disparaisse de la vue des pauvres cibles terrestres qu'ils étaient Ezio et lui.

Se massant le crâne, il se tourna une énième fois vers l'autre homme et répéta sa question en grognant.

- Pourquoi tu as abandonné ta baguette ?..
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t74-milo-e-conaghan
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 469
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Analepse [Ezio]   Dim 27 Aoû - 15:40

Grimaçant légèrement à la vue de Milo s’engageant dans une position qui supposait une longue et franche conversation, le barde tâcha de ne pas se laisser distraire par l’impudence de l’écureuil assassin. Si son regard coula le long de l’arbre pour tenter d’apercevoir la créature qui paraissait se poser en alliée dans la conversation, il reporta rapidement ses yeux sur Milo. Il eut été déplaisant pour celui-ci, de ne pas avoir l’entière attention du barde. La paix actuelle semblait encore trop fragile pour être bousculée.

Il ne fut pas certain d’entendre la question. Peut-être la devina-t-il. Elle était si prévisible et évidente après tout…



Il ressentit l’accélération jusqu’au creux de ses entrailles. Plaqué contre son siège, le souffle coupé, il ne comprit qu’il avait quitté le sol que lorsque le hublot laissa entrevoir la piste si petite. Ils étaient même passés à travers un nuage.

Alors qu’un immense sourire se dessinait sur son visage, il se tourna vers les autres passagers de l’avion. Certains lisaient, d’autres fermaient les yeux – peut-être un peu pâles -, une femme était cramponnée à ses accoudoirs pendant que son visage exprimait une terreur intense et contagieuse qui suintait dans toute la rangée ; mais la plupart semblaient seulement … habitués. Il leur sourit, à tous. Ceux pour qui voyager ainsi était naturel. Alors que pour lui, l’attrait de la nouveauté et le bonheur des sensations l’emportait sur les complexités d’embarquement et le temps de trajet. Le barde se pencha à nouveau vers le hublot, alors que l’avion se redressait un peu, parvenu à une hauteur de laquelle on ne voyait plus rien d’autre qu’une mer de nuages. Des rêves à perte de vue.

- C’est incroyable …

La sensation était aussi étrange que le transplanage, mais le trajet était plus long et offrait une vue unique. Est-ce que ceux qui maîtrisaient parfaitement le vol en balai montaient aussi haut ? Etait-ce là, la sensation des joueurs de quidditch ?
Les yeux pétillants, le barde détacha enfin l’entrave de sa ceinture et ne perdit rien de son premier voyage sans magie.





Il avait fallu tout réapprendre. Absolument tout : voyager, cuisiner, faire des choses du quotidien si simples qu’on les dit naturelles… Et pour eux, rien n’avait plus été naturel, pas même s’aimer. Il avait dû se procurer pour eux des papiers, s’inscrire sur des registres, se renseigner sur les démarches… Comme si le ministère n’avait pas prévu l’existence de ces sorciers qui n’en étaient plus. Suite aux attentats, ils avaient dû se pencher sur le cas. Créer des passerelles, qui jusqu’à présent, n’avaient été empruntés que par les criminels qu’ils avaient eux-mêmes condamnés à cette non existence. Il leur avait fallu désormais trouver des solutions, pour que ces gens existent vraiment.


- J’ai fait une promesse, il y a des années.

Il inspira profondément.

- A quelqu’un … à qui je tenais… vraiment.

Un euphémisme qui lui tira un sourire désolé. Le barde ferma les yeux un court instant, le temps d’un regard sur cette journée, où les yeux clairs de Shanon avaient encore versé tant de larmes que les siens le brûlaient de les avoir séchées. Il sentait encore l’impuissance et l’angoisse qui étreignait sa gorge quand elle semblait s’éteindre peu à peu. Elle qui avait toujours été si brillante et éclatante, se laissait sombrer dans les bas-fonds d’un silence terne.
Sentant que ses explications étaient aussi peu concluantes que confuses, il prit son courage à bras le corps pour poursuivre.

- C’était il y a 9 ans. Elle a été contaminée par le sérum H lors des attentats d’avril. Je suppose que malgré ton jeune âge, tu as entendu parler de tout ça…

Le cinémagik, la bousculade. Pourquoi certains souvenirs demeurent si clairs quand d’autres s’estompent avec le temps ?

- Pour certaines personnes, la perte des pouvoirs magiques est une perte totale d’identité…

La même litanie des années plus tard. Qu’est-ce qui définit réellement ce que l’on est ?
Sa vision personnelle de la magie était qu’elle résidait dans chaque petite et infime chose de la vie. Les moldus possédaient une forme de magie. La particularité des sorciers consistait à être capable d’utiliser une baguette pour la canaliser. Mais était-ce réellement là l’essence de la magie ? Il y avait de la magie dans la nature, les animaux, les situations et les hommes. Un secret inexploité qui résistait aux sérums et aux philtres… Ce philtre arrivé si tardivement.
Il avait cru que mettre sa baguette de côté le rendrait comme elle. Il avait eu tort. La magie en lui trouvait d’autres moyens de s’exprimer. Propulsait sur son chemin plus de créatures magiques qu’il n’aurait pu rencontrer s’il les avait cherchées. Se manifestait aux moments les plus inopportuns. Le rendait plus résistant, différent.
Qu’en aurait-il été si elle avait attendu ? Si la magie est nature, ne reprend-t-elle pas aussi ses droits envers et contre tout ?
Autant de questions qui lui torturaient l’esprit depuis des années et auxquelles il n’aurait probablement jamais les réponses.





Dans la pénombre de la pièce, ils étaient étendus en travers d’un lit. Lui, contemplait les ombres dansantes du plafond, tandis qu’il sentait qu’elle le regardait avec insistance.
Fais-le…
- Non.
Ezio, si tu m’aimes, fais-le.
- Arrête ça… c’est du chantage.
- Oubliette moi !
- … Pas question.
Une énième dispute au cours de laquelle elle offrait un visage détruit de douleur, quand le sien ne reflétait que le désespoir de ne savoir comment l’aider.
- Tu ne comprends pas ? Je ne peux pas vivre comme ça ! Mets-toi une minute à ma place ! Une seule minute ! Tu pourrais toi ? Vivre en étant incapable de faire ce que tu as toujours fait ?
Il secoua la tête alors qu’elle pleurait de plus belle et lui déchirait le cœur avec les ongles.
- Au nom de l’amour que tu prétends avoir pour moi, fais-le. Je ne veux pas vivre avec ça ! Sinon c'est un autre qui le fera!

Il se redressa brusquement.

- Donc tu préfères vivre sans rien ? Sans jamais te rappeler ce que tu as vécu avant ? Tout ce que tu as fait et a été ?
« Et tout ce qu’on a été…» ajouta-t-il mentalement.
- On ne pleure pas ce qu’on n’a pas connu… Laissa-t-elle tombée, résignée.
- … Je suis certain qu’il y a d’autres solutions.
- Fais-le, souffla-t-elle.

Elle lui jetait ce regard perçant et déterminé. A travers des yeux gonflés et rougis d’avoir tant pleuré, il décelait l’air obstiné qu’elle prenait quand il savait qu’il n’avait aucune chance de l’emporter.

« Les batailles ne se gagnent jamais. On ne les livre même pas. Le champ de bataille ne fait que révéler à l'homme sa folie et son désespoir, et la victoire n'est jamais que l'illusion des philosophes et des sots. »

- C’est vraiment ce que tu veux ?  Questionna-t-il doucement tout en sachant pertinemment qu’il ne pourrait lui donner ce qu’elle demandait. Oublier ... c’est renier qui tu es vraiment… ce n’est même pas recommencer… tout juste survivre.

Un sanglot lancinant éclata dans la chambre, alors qu’elle enfouissait sa tête dans l’oreiller.

- Je veux juste que ça s’arrête. Je veux arrêter de me réveiller chaque matin en me demandant pourquoi je souffre à ce point avant que la vérité ne me saute au visage dans la seconde qui suit ! Je veux arrêter de croire que ce n’est qu’un cauchemar et qu’on sera de nouveau heureux ! Je veux que ça s’arrête !  Hurla-t-elle.

Alors qu’elle menaçait de sombrer une fois encore dans une crise de nerfs destructrice, il l’attrapa et la maintint fermement contre lui.

- Shanon…
- Je ne veux pas … être seulement la moitié de moi…
- … Laisse-moi être l’autre moitié alors… Murmura-t-il. Laisse-moi juste encore un peu de temps pour trouver… et fais-moi confiance.

Comment avait-il pu un instant s’imaginer que l’un et l’autre s’accommoderaient d’une moitié seulement. Pauvre fou.






- Je lui ai promis de l’accompagner et de vivre comme elle. D’avancer sans baguettes et sans magie…

Il avait alors tenté de réinventer pour elle une vie où elle pourrait être heureuse, sans magie, sans que la mention même de ce qu’ils avaient été ne vienne troubler sa guérison.

S’il avait découvert quelques joies dans son nouveau mode de vie, les premiers essais n’en avaient pas moins été compliqués. Shanon était si déprimée que la moindre complication la terrorisait et la paralysait. Il avait alors pris les devants, testant tout ce qui était possible, improvisant tout en ayant l’air de maîtriser et sachant qu’il n’avait pas droit à l’erreur.
Certaines situations avaient ensuite semblé n’être qu’un jeu. Les expéditions qu’il lui organisait, dans quelques capitales lointaines, où s’orienter ressemblait à un jeu de piste et débarquer dans le bon hôtel au bon moment relevait du miracle, avaient parfois eu le mérite de leur incomber de beaux moments. Quelques mois durant, il crut deviner un vrai sourire sur ses lèvres. Son rire avait paru retrouver ses excès et elle avait semblé se prendre au jeu.

- Je voulais… lui prouver qu’on pouvait être heureux, malgré tout. Et qu’elle serait toujours bien elle, malgré ce qu’elle pensait. Que ce qui définit une personne n’est pas sa faculté ou non de brandir une baguette magique.

 Le barde marqua une pause, semblant chercher les mots qui pourtant se bousculaient dans son esprit. Il était aussi difficile d’admettre ses erreurs que de ne pas s’accorder tous les torts. Il avait longtemps vécu sous le poids d’une culpabilité qui n’était pas sienne uniquement. Si longtemps, qu’il lui était désormais difficile de trouver l’entre deux.


- Je n’ai pas réussi. Sa voix vacilla sur les derniers mots et son regard se fit plus dur alors qu’il cherchait la force de simplement rester assis là. Il n’avait jamais autant compris le pouvoir libérateur des larmes que depuis qu’il était incapable d’en verser. Je n’ai su ni l’accompagner, ni vivre comme elle. Mais j’ai promis néanmoins.


Il se força alors à regarder Milo. Parce que détourner la tête l’aurait perdu dans des pensées qui aurait à nouveau exhumé son visage, à elle. Alors, il se concentra sur les traits de l’adolescent qui lui faisait face. En détailla les contours, les yeux cerclés de sombre, les feux qui l’animaient et tenta d’y soulever quelques secrets en retour.

- Je déteste l’idée qu’une chose ait tant d’influence sur la Vie. Murmura-t-il.


HJ: Je me permets de préciser qu'on est dimanche. Juste comme ça, au passage.


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Dompteur d'écureuils

Age du personnage : 17 ans
Messages : 108
Localisation : Londres
Scolarité : Serpentard - 7ème année
Université : -
Occupation : Lycéen

MessageSujet: Re: Analepse [Ezio]   Mer 13 Sep - 3:18

On y était. Il avait la vérité en face. Une vérité dont il avait su esquisser les contours, à force de réfléchir à leur précédente conversation, d’en décortiquer méticuleusement le contenu. Autopsie d’une Engueulade au Fond d’un Pub, ou le Mystère E. Shepherd, par Milo Conaghan. Ce pourrait être l’un des chapitres de son autobiographie, pour peu qu’il en écrive une un jour…

Son regard dériva, sur un point flou quelque part à côté de l’épaule gauche d’Ezio. Il lui restait un point à dénouer. Il avait désormais en main la majorité des réponses qu’il avait cherchées, celles qui lui permettaient non seulement de comprendre, mais aussi de rassasier une certaine curiosité personnelle. Restaient celles qu’il n’avait pas posées. Celles qui au fond avaient une importance bien plus personnelle. Et il n’arrivait pas vraiment à trouver de moyen de les amener sur le tapis.

- Ok. Je crois que je comprends vaguement, dans l’idée. Il marqua une courte pause. Je ne suis pas sûr de suivre ton raisonnement à cent pourcent mais j’ai l’idée générale et…

Et quoi ? Impossible de savoir lui-même où il voulait vraiment en venir. Quelque chose qui le dérangeait dans la manière de penser d’Ezio. La question n’était pas tant que la magie ait une influence quelconque sur la vie. Pour lui il s’agissait simplement considérer celle-ci comme un prolongement du corps, un membre intangible certes, mais bien présent. En cas d’ablation, de retrait de tout pouvoir, certains sorciers apprenaient à vivre sans, à faire autrement, avec toujours cette douleur fantôme qui continuerait sans doute de les hanter. D’autres n’arrivaient simplement pas à s’adapter.

Il garda cette pensée pour lui, pas vraiment sûr de savoir la formuler avec suffisamment de tact pour ne pas créer encore plus de malaise entre eux.

- Dis-moi, est-ce que du coup… C’est un problème pour toi que je sois sorcier ?

Ses yeux abandonnèrent le point invisible derrière Ezio pour venir le regarder à nouveau en face. Il contracta la mâchoire, tâchant tant bien que mal de garder un visage neutre, de faire de cette question une affaire anodine.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t74-milo-e-conaghan
avatar




Scottish Muffin

Age du personnage : 32 ans (encore)
Messages : 469
Localisation : Aucune idée
Scolarité : Promotion 1996-2003 Serdaigle
Université : IBAS
Occupation : Barde et poète

MessageSujet: Re: Analepse [Ezio]   Dim 8 Oct - 15:20

«I was born to love no one
No one to love me
Only the wind in the long green grass
The frost in a broken tree.

I was made to love magic
All its wonder to know
But you all lost that magic
Many many years ago.

I was born to use my eyes
Dream with the sun and the skies
To float away in a lifelong song
In the mist where melody flies.

I was made to love magic...

I was born to sail away
Into a land of forever
Not to be tied to an old stone grave
In your land of never.

I was made to love magic... »*



 A force de se concentrer, il parvint à prendre le dessus sur l’émotion qui lui étreignait la gorge. Avec sa question, Milo recentrait le débat sur d’autres points qu’il était plus facile de considérer, pour le barde.

Le visage d’Ezio se détendit sous l’effet d’un sourire franc – probablement plus touché par la question qu’il ne l’aurait cru.

- Ce n’est absolument pas un problème.

Le jeune homme avait laissé éclater son interrogation avec une nonchalance qui ne trompa guère le barde. Les lèvres pincées de Milo et cette application soudaine à le regarder venait bien trop faire écho à sa propre concentration pour qu’il n’en devine pas la stratégie.
Il estompa rapidement son sourire, pour permettre à son compagnon de poursuivre sur le même ton, sans déranger la pudeur qu’il s’appliquait à remettre en eau. Après les éclats de leur précédente rencontre, quelques voiles sur leurs états d’âmes ne pouvaient faire de mal.
Aussi, le barde poursuivit en observant tantôt ses mains qui jouait avec le morceau d’écorce, tantôt le jeune homme qui lui faisait face, dans un ballet de regards destiné à laisser suffisamment d’air à chacun pour reprendre son souffle.

- Tu sais, j’ai commencé par fuir les sorciers... Les éviter. Me détourner de leur chemin en les croisant. Et puis j’ai vite réalisé que je ne pouvais pas. La vie semble me propulser sur les sentiers magiques dans les coins les plus perdus du monde… à moins qu’on attire ses semblables… Je l’ignore. Piqua le barde en songeant aux rencontres de ces dernières années.
A l’ironie du fait que même lorsqu’il rencontrait une personne dépourvue de pouvoirs, la magie s’invitait à nouveau pour tout bouleverser. Peut-être en était-il lui-même la cause ou l’instigateur, après tout…



- Un jour, ça te manquera. Et tu me laisseras. Lança-t-elle amèrement.
- Je ne te laisserai pas.

Peut-être aurait-il dû dire que ça ne lui manquerait pas. Souvent, avec Shannon, il ignorait la bonne réponse. Parfois, il n’y en avait pas.

Elle plissa le nez et replongea dans des pensées moroses qu’il s’efforça de dissiper.

Intérieurement, il s’interrogeait. Il n’était pas repassé à l’Ibas depuis des mois. Et si parfois, la nuit, il cherchait sa baguette lorsqu’il s’éveillait en sursaut, il commencer à être capable de se débrouiller sans. Il s’agissait simplement, d’une autre aventure. Différente.




- Je n’ai aucun problème avec le fait que les autres pratiquent de la magie. C’est juste que de mon côté… j’en suis incapable. Du moins, je ne pratique plus cette forme-là.

Etait-ce ce qui avait gêné Shannon ? Qu’il soit incapable de rompre le lien qui l’unissait à la magie malgré l’abandon de sa baguette ?
Il n’avait pu stopper les rêves, les intuitions. La sensibilité aux choses magiques qui les entouraient. Son intérêt pour les légendes, l’Histoire, les créatures. S’il n’avait plus pratiqué de sortilèges depuis lors, il devait avouer que son esprit avait poursuivi ses rêves. Mais pouvait-on sincèrement reprocher à quiconque de renoncer à ça ?

Délaissant là ses réflexions et les repoussant à plus tard, il jeta l’écorce à quelques pas d’eux et passa une main sur son front.
Sans retenue, cette fois, pour le soulèvement du coin de ses lèvres, il se risqua à formuler doucement ce qui pouvait déchirer le voile comme enterrer la baguette de guerre.

- Est-ce que c’est un problème pour toi que je n’en sois plus vraiment un ?

Relevant la tête pour croiser à nouveau le regard brûlant de Milo, il expliqua.

- Je ne savais pas que tu étais sorcier quand nous nous sommes rencontrés. Avec le recul, je pense que j’aurai dû m’en douter. Je savais que tu étais spécial. J’aurai dû comprendre… Mais ce n’est pas ce qui m’a attiré dans ta personnalité. Avec ou sans magie, tu es une personne que j’apprécie. Et je suis navré de t’avoir imposé une telle situation. Je n’imaginais pas, à l’époque, avoir à me justifier un jour sur quelque chose que tu étais censé ignorer. Ensuite, il a été trop tard. Ça n’excuse pas tout, je sais.


Ezio détourna à nouveau la tête pour suivre des yeux un promeneur et son chien. Ce dernier n’avait de cesse de jeter un œil à sa montre comme s’il attendait quelqu’un. Lorsqu’il se détachait de son poignet, c’était pour mieux scruter les alentours, ce qui confirma les soupçons du barde.
Lâchant des yeux sa nouvelle distraction, il les reposa sur Milo dans un regard plein de questions qui restèrent informulées mais qu’il laissait soin à l’adolescent de deviner.


*N. Drake. Magic


HJ: Un dimanche, comme convenu.


Ceci est un message subliminal...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Dompteur d'écureuils

Age du personnage : 17 ans
Messages : 108
Localisation : Londres
Scolarité : Serpentard - 7ème année
Université : -
Occupation : Lycéen

MessageSujet: Re: Analepse [Ezio]   Sam 14 Oct - 1:41

« Friends, such as we desire, are dreams and fables. » -Ralph W. Emerson

Are they ?



La réponse du barde lui tira un soupir bref qu’il n’avait pas pleinement conscience d’avoir retenu. Et le reste de pression qui chargeait encore ses veines s’évanouit avec celui-ci, se délitant au contact de l’air.
Leur environnement lui paraissait soudainement plus clair, comme si un filtre qui lui obstruait la vue avait enfin été levé, son champ de vision retrouvant sa plénitude après de longues minutes passées à se focaliser sur un point trop précis. Ils étaient là, assis dans l’étendue de Hyde Park, au pied d’un hêtre, et ils parlaient sans animosité.

Retour à la norme
Au calme
Tranquille
Respirer.

- Est-ce que c’est un problème pour toi que je n’en sois plus vraiment un ?

Reprendre les mots, encore.
Rebâtir les fondations ébranlées
Sous un jeu de regard
Habile
Complexe
Rythmé.

- Non. Une pause. Je crois que ce serait presque plus bizarre si tu avais encore…

Il agita un index comme on aurait agité une baguette.

- Tu vois ?.. Donc non, ça ne me dérange pas.

Il se laissa aller à pivoter à nouveau, à abandonner le front qu’il présentait au barde pour revenir s’appuyer contre l’écorce de l’arbre.

- Au final tu redeviens la même personne. Avec un bonus Code du Secret magique en prime…

Un léger sourire vint animer son visage, alors que son regard se perdait dans les branches au-dessus d’eux.

- Sauf si tu préfères qu'on s'en tienne à des discutions littéraires une fois tous les trois ans bien sûr...

Et puis, son esprit divaguant revint sur ce qu’avait dit Ezio, et ses lèvres s’étirèrent encore davantage, donnant un pli narquois à l’angle de ses yeux alors qu’il baissait à nouveau le visage vers le barde.

- Tu savais que j’étais spécial ? Spécial comment ?


* Ralph W. Emerson

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t74-milo-e-conaghan
 
Analepse [Ezio]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Ezio Freza {fin}
» Impromptu, si on peut dire. [Dudu/Eva/Ezio]
» Ezio Bonvisi, le surveillant qui se prend un plaisir de te faire chier.
» Ezio Auditore Da Firenze
» Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chemins de Traverse :: Ewiland :: Angleterre :: Londres-