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Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Dormir ou écrire, il faut choisir.
Le festival de Greenock
n'attend plus que vous! Il est grand temps de poster!

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 I didn't see that coming

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MessageSujet: I didn't see that coming   Lun 21 Nov - 22:09

• I didn't see that coming •

Sujet libre
Novembre 2016

2:30 pm ~
Comme à mon habitude, je me trouvais dans un pub de l'Allée des Embrumes. J'avais décidé de reprendre ma vie tranquillement après tous les évènements qui étaient survenus récemment. Ces derniers mois n'avaient en effet pas été de tout repos. J'avais tout d'abord retrouvé Mark de façon tout à fait inattendue alors que je marchandais mes Potions. Notre relation, toujours aussi malsaine et étrange qu'auparavant a finalement franchit une certaine ligne ce jour-là. Ce n'était en rien prémédité, je n'avais pas même imaginé le revoir un jour après Poudlard. Mais beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts. J'avais donc finalement accepté de l'accompagner à la soirée de lancement du Philtre B612 contre le Sérum H. Là encore, des évènements hors de contrôle s'était produits, me menant de nouveau dans une situation délicate avec Mark. Je ne savais plus ou j'en étais avec lui. J'étais persuadée au fond qu'il n'essayait pas de me manipuler comme lorsque nous étions adolescents, néanmoins j'étais sur mes gardes.

- Ça me pourrit la vie, vous comprenez ?
- Hmm ?
- Le fait que je doute de tout, tout le temps !
- Ah oui.

Perdue dans mes pensées, j'en avais oublié mon client. Un pauvre monsieur désespéré par son problème de paranoïa. Je soupirai éhontément. Parfois, j'en avais un peu marre d'entendre tous leurs soucis, comme si j'étais une sorte de psy. Après tout, ils étaient simplement censés me dire ce qu'ils voulaient, pas me raconter leurs vies inintéressantes, et en détails qui plus est. J'avais bien une potion ou deux pour le calmer mais ce ne serait toujours qu'illusion, il ne serait pas réellement débarrassé de sa parano. Ce n'était donc qu'occulter le problème, le remettre à plus tard. Et ça, je n'aimais pas trop. En plus, cela me rappelait le problème de Mark que nous avions mis entre parenthèses avec mes potions antidouleur. Néanmoins, s'il omettait de les prendre, les douleurs reviendraient. Ce n'était donc pas suffisant. Je sorti une petite fiole rempli d'un liquide argenté et le posai sur la table entre moi et l'homme.

- Bon écoutez, je peux vous donner ceci en attendant. Quand vous reviendrez, j'aurais quelque chose de mieux.
- Oh ! Merci !

Il s'était littéralement jeté dessus. Au moins, il m'avait remerciée. De plus, je ne lui faisais pas payer tout de suite, alors oui, il pouvait dire merci ! Sans attendre, il en avait déjà avalé une goutte et avait déjà l'air de se sentir mieux. J'aurais mit de la flotte dans la fiole, ce serait peut-être même passé. L'effet placebo marche assez souvent, il faut se l'avouer. Beaucoup de soucis sont psychologiques. Le sien l'est clairement. Toutefois, ce n'était pas un placebo et il devrait en prendre au moins une fois par jour le temps que je trouve une potion qui pourrait le guérir pour de bon. En espérant que cela fut possible car si je n'ai aucun soucis pour régler des problèmes physiques, ce n'est pas la même histoire pour les problèmes psychologiques. Comme je l'ai dit, ce n'est pas dans ma branche.

- De mieux, et de payant.
- Évidemment, je comprends !
- Bien.

Je le regardai déguerpir, moi aussi j'avais envie de sortir d'ici. C'était peut-être l'air ambiant ou l'odeur des lieux mais je ne me sentais pas bien du tout. D'ailleurs, j'avais même la nausée. Je grimaçai sous mon capuchon. Finalement, je décidai d'écourter ma journée de "travail". Je me levai un peu trop rapidement, ma tête s'était mise à violemment tourner. Je pris mon visage dans mes mains fraiches pour tenter de faire redescendre cette soudaine bouffée de chaleur. Je secouai finalement la tête. Il me fallait de l'air !

- Ça va aller ?

J'ignorai le barman et franchi la porte en trombes. Là, je me débarrassai de ma cape que je fourrai dans mon sac, avec mes potions. Enfin, je pu sentir l'air frais fouetter mon visage. J'inspirai et expirai doucement jusqu'à me sentir un petit peu mieux. Il me fallait être en meilleure forme si je voulais transplaner jusqu'à Camden sans danger. Pendant encore quelques secondes, j'envoyai de l'air sur mon visage avec ma main droite, ce qui était plutôt inutile en fin de compte. Allez Demelza, il faut rentrer maintenant !

Je fermai les yeux afin de mieux me concentrer. Je transplanais presque tous les jours et pourtant, cela ne me rassurait toujours pas. Je n'étais plus vraiment habituée à utiliser la magie telle que celle-ci, ou celle produite avec une baguette. J'étais bien plus à l'aise dans mes chaudrons désormais. Néanmoins, parfois, nous n'avons pas trop le choix. Je ne comptais pas rentrer à pieds, et je n'avais pas de Portoloin. De même, je ne comptais pas rester dans le coin. J'avais à faire dans mon labo, pour ce vieux, et surtout pour moi.

En une fraction de seconde, je fus transportée du Chemin de Traverse à Camden, dans le centre de Londres. J'avais seulement mal préparée mon arrivée et atterri directement sur quelqu'un. De tout mon poids, j'étais tombée sur cette personne avant de finalement rouler sur le sol pour me retrouver à plat ventre sur les dalles mouillées. Outch. Atterrissage raté. Déjà que je n'étais pas en grande forme, c'était le comble de la malchance. Manquerait plus que ce soit un Moldu. Ce ne serait pas mon look qui l'intriguerait, vu les énergumènes qu'on trouvait dans ce quartier. Mais d'après ce que je vis en me retournant, il n'y avait pas moyen que j'ai pu arriver par une fenêtre ou un bâtiment. Nous étions dans une petite rue et malheureusement pour cette personne, elle était seule ici et je lui étais tombée dessus.

- Désolée, je ne...

Alors que je m'étais presque relevée, je fus prise d'une violente nausée. J'écarquillai les yeux et me retournai vers le mur, une main plaquée contre celui-ci. Malgré mes spasmes, rien ne sortit. Je devais avoir été intoxiquée par je ne sais quelle plante. Il me fallait retourner dans mon laboratoire au plus vite, mais j'étais trop faible, mes jambes me lâchaient.


Dernière édition par Demelza Worpel le Mar 24 Jan - 18:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Sam 14 Jan - 21:49

J’arrive pas à croire que je suis en train de faire ça…

Après avoir fait deux allers retours sur le trottoir, changé d’avis une bonne quinzaine de fois, inquiété à peu près la moitié des clients d’une librairie qui la voyaient effectuer un va et viens incessant d’un air suspect, elle finit par faire marche arrière une dernière fois (jusqu’à la suivante) et s’engagea dans la ruelle d’un pas décidé.



- Comment ça ??? Maintenant ? Mais tu vas où ?
Le doux sourire. Le désarmant. Celui qui vous fait sentir comme une pauvre abrutie de poser la question à un grand garçon ayant dépassé la trentaine. Avec ce petit air limite condescendant de celui qui sait qu’il a déjà gagné.
- Ezio Shepherd ! Tu peux pas me faire ça !!!! Pas dans cet état !
Bien sûr que si, il pouvait. Et toujours avec ce sourire. Incroyable.
- Bouse, Ezio ce sera ton anniversaire samedi !!!
- Justement, le mien. Avait-il soufflé tout doucement.
Un baiser sur le front, la promesse d’être là d’ici quelques jours et rien de plus. Un courant d’air. L’évaporation une fois encore de tout son être avec dans l’atmosphère, cette fragrance de vent, d’aventure avec une touche d’agrume.  



Elle avait, grand nombre de fois entendu sa grand-mère Scathà (avant qu’elle ne yoyotte sérieusement du chaudron), clamer haut et fort que les enfants étaient franchement ingrats à l’encontre de leurs parents. Les frères aussi. Et pas qu’avec leurs parents.
Avec en persistance rétinienne profonde, l’image de son grand gabarit dans l’encadrement de sa porte, la laissant en plan une fois de plus, elle aurait cependant été prête à se plier en quatre pour lui filer ce coup de main qu’il ne demandait pas. Même pas ça.
Il faisait frais en ce 18 novembre. Selon elle, franchement froid, selon la Magicométéo : seulement frais. Une histoire de température réelle et ressentie. Nuance absolument inutile si vous voulez son avis. Elle n’avait, honnêtement, jamais compris le principe. Comment pouvait-on ressentir autre chose que la température ambiante, franchement ? Equipée de sa panoplie grand froid (une écharpe plus grande qu’elle lorsqu’on la dépliait et douce à avoir envie de dormir avec, gants et bottes) , elle attendit un instant dans la ruelle sombre, observant l’homme adossé au fond, contre une porte cochère. Un grand maigrichon ressemblant à s’y méprendre à un corbeau. Sûrement le nez, ça. Elle prétexta de farfouiller dans sa gibecière pour observer du coin de l’œil, un second homme, blond, franchir fébrilement les quelques pas qui le séparaient du premier, lui adresser quelques mots et repartir au plus vite.
Après un coup d’œil furtif à celui qui était resté, elle emboîta le pas au premier et ils déboulèrent tous deux dans une arrière-cours aux murs entièrement bigarrés par les artistes locaux où s’entassaient des poubelles par dizaines. Camouflée derrière un escalier de secours, elle patienta un instant, le temps de voir le sorcier aux cheveux clairs, engloutir nerveusement le contenu d’une petite fiole avant de tousser avec l’élégance d’un Nifleur enrhumé jusqu’à s’en déclencher des spasmes vomitifs. Il s’agrippa ensuite à la grille d’une porte et inspira goulument de l’air, toujours avec une discrétion à souligner.
Après un instant d’hésitation, le dégoût l’emporta, Saoirse tourna brusquement les talons et repartit dans la direction qui l’avait vue venir, ses cheveux volant autour de son visage fermé, au rythme du claquement de ses bottes. Comme déconnectée de ses faits et gestes, elle s’engouffra dans le premier chemin qui s’ouvrit à elle, une ruelle déserte et s’y arrêta.

Portant un ongle à sa bouche, elle le mordilla soucieusement un court instant avant d’être simultanément choquée par une déflagration au creux de son oreille, ainsi que par un corps s’abattant sur elle avec force. L’idée saugrenue lui monta à la tête, qu’une horde de sombrals venait de la piétiner. Jetée avec une force inouïe sur le dallage détrempé (et d’une propreté douteuse) de la ruelle, elle étouffa un cri de surprise en ayant tout juste le réflexe d’envoyer les mains en avant pour amortir la chute. Souple et déjà bien proche du sol (pour une fois qu’elle pouvait remercier sa petite taille) elle encaissa la chute avec adresse et se redressa rapidement, prête à fustiger, crucifier et avadakedavriser sur place l’auteur de cette attaque sauvage. Alors que son sac (fort heureusement fermé) avait la bonne idée de s’abstenir de vomir son contenu (il aurait pu être embarrassant d’en voir sortir certaines choses) , on ne pouvait pas en dire autant de la responsable du carnage qui menaçait de rendre son déjeuner sur le parvis. On devait être en pleine journée de l’élégance.
Pas franchement ravie par l’entrée en scène de la protagoniste, Saoirse déduisit dans un élan de génie, que celle-ci venait de lui transplaner sur les orteils. Les épaules, pour être plus précise. A moins qu’elle n’ait sauté d’une fenêtre (inexistante à bien y regarder) mais cela n’expliquerait en aucun cas la déflagration et l’accoutrement clairement sorcier de cette dernière. Non, pas de doute à avoir. Cet énergumène venait bien de lui atterrir dessus.

- Non mais ça va pas ?! Vous vous croyez où là ? Et le code du secret ??! Vous voulez pas débarquer à dos de licorne sur Regent’s Park tant qu’à faire ??? Tempêta-t-elle avant de constater que la femme en question était à deux doigts de s’effondrer.

- Voilà autre chose… On n’a pas idée de tranplaner en plein centre de Londres. Les cheminées, vous connaissez ??

Pas étonnant que les moldus commencent à se poser des questions, avec tous ces imprudents !

Elle s’avança pour soutenir la transplaneuse du dimanche avant qu’elle ne regagne le pavé et adoucit un peu le ton.

– Respirez tranquillement. Par le nez. Et soufflez par la bouche.

Puis jetant un œil à la ronde et constant le désert humain, elle dégaina sa baguette et dans un murmure, lança un léger sortilège sur la sorcière.

- Revigor…

En espérant que ça lui permette au moins de tenir sur ses jambes.

- Ça va aller… respirez. Vous allez où comme ça ?
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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Mar 24 Jan - 18:56


Sur le coup, impossible de comprendre ce qu’il m’arrivait. La main gauche toujours plaquée contre le mur de briques, je vins poser mon autre main sur mon estomac, qui ne cessait de se contracter. Comme si quelqu’un était en train de le prendre à pleine main et de le presser de toutes ses forces. Je n’allais pas tenir longtemps comme ça. Si je me mettais à vomir le peu que j’avais mangé ce matin, je ne parviendrais plus à tenir sur mes jambes. A la réflexion, c’était peut-être ce peu que j’avais mangé qui me rendait actuellement malade. Je ne me souvenais même pas de ce que c’était. Ma vue devint trouble un instant et je dû sortir de mes réflexions pour plaquer ma main devant ma bouche, après une énième nausée contenue.

Quelque chose me vrillait les tympans au même moment. Probablement la personne sur qui j’avais atterris qui se plaignait. Je n’étais pas du tout censée Transplaner ici. Mon appartement était un peu plus loin et j’étais au milieu d’une rue Moldue. Minuscule certes, mais il était très imprudent d’agir ainsi, même avec le climat qui régnait ces temps-ci pour réduire les tensions entre Sorciers et Moldus. La rue voisine en revanche, était très peuplée. C’était Camden Road quoi. J’aimais bien ce quartier parce que n’importe qui pouvait se balader en tenue de sorcier sans se faire remarquer. Dans ce coin, je croisais des punks à crêtes, des partisans de Satan, des hippies sortis des années 70… Bref, aucun souci avec mon look dans ce coin. C’était la planque parfaite.

Mais apparemment, la personne que je venais de « rencontrer » n’était pas du tout du même avis. Déjà, c’était une sorcière, ce qui était un bon point. Bien que j’aurais pu faire gober n’importe quelle excuse à un Moldu, ou lui faire subir le sortilège d’Oubliette, je n’en avais présentement pas la force. Mais celle-là ne faisait que hurler. Elle devrait peut-être parler du Code du Secret et de Transplaner encore plus fort, et en plein milieu de Camden Road, ce serait encore plus discret à mon avis. Sans aucun doute, nous allions attirer des curieux.

J’étais sur le point de sortir une réplique cinglante sur les cheminées et le Transplanage, prenant le risque de régurgiter mes entrailles par la même occasion, mais elle sembla se calmer un peu, constant mon état. Ouf. J’allais donc avoir les oreilles qui s’arrêteraient de saigner et la tête qui ferait un peu moins mal. Et je n’aurais pas besoin d’utiliser ma salive de façon agressive. Je la vis se rapprocher de moi, se voulant rassurante, et je me mit à respirer comme elle me le conseillait. Je n’avais plus la force ni même l’envie de l’envoyer balader. Je crois que j’avais vraiment besoin d’aide et c’était déjà un premier pas de l’admettre : je n’allais pas m’en sortir seule pour ce coup.

Je lâchai enfin le mur pour me redresser, tout en respirant le plus doucement possible, les yeux clôt, et les mains collées à mon estomac. Les crispations semblèrent se calmer un peu, j’avais moins mal mais je sentais qu’au moindre mouvement brusque, tout pouvait recommencer. Je n’avais jamais été malade auparavant et je ne comprenais pas comment et à quel moment j’avais pu m’empoisonner de la sorte. Je serrai les dents, cela m’énervait de ne pas comprendre mais je n’avais pas encore toute ma tête pour y réfléchir. J’aurais toutefois voulu déterminer si mon état était critique au point de courir chez moi pour trouver une solution, ou si me laisser reposer dans mon canapé quelques heures était possible.

J’entendis finalement la sorcière inconnue prononcer un sortilège qui eut pour effet de me redonner presque instantanément assez de force pour me redresser totalement, lâcher mon ventre et tourner mon regard vers elle. Je plantai mes yeux dans les siens. Elle me disait quelque chose. Je l’avais peut-être croisée à Poudlard, nous avions probablement le même âge, ou presque. Mais l’important n’était pas aux présentations, il me fallait rentrer chez moi au plus vite pour me préparer quelque chose et prendre une goutte extraite de mon collier en attendant. Je n’allais pas faire cela ici et maintenant que ce sortilège m’avait momentanément remise sur pieds, il fallait en profiter.

- Hmm, ça va…

J’avais grommelé dans ma barbe, encore pas mal barbouillée. Le fait d’avoir parlé me relança une petite crampe d’estomac, mais je tins bon, posant une main sur mon ventre légèrement gonflé. Je pris une inspiration un peu plus profonde avant d’expirer lentement, les yeux fermés. Je les rouvris en même temps que je répondis à sa question.

- J’essaye de rentrer chez moi, trouver ce qui ne va pas… J’habite juste ici…

J’avais montré l’angle de la rue du bout du doigt. Nous étions dans la ruelle voisine à la mienne et nous n’avions même pas dix mètres à parcourir pour atteindre la porte d’entrée. Et c’était bien la première fois qu’une si courte distance me paraissait être assimilée au marathon de New-York. Je fis un pas dans la direction adéquate mais fut prise d’un étrange vertige. Je n’allais définitivement pas y arriver seule et la présence de cette sorcière était plutôt bien tombée. Enfin, c’était plutôt moi qui étais littéralement tombée dessus. Mais bref.

- Je travaille en contact avec des plantes, je me suis peut-être empoisonnée…  

Allez, seulement dix mètres à parcourir et un étage. Ce n’était pas comme si j’étais en état de Transplaner de nouveau ou d’utiliser quelque moyen magique pour enfin rentrer chez moi. Je ne pouvais compter que sur mes pieds, au moment même où ces derniers me laissaient tomber. Je serais peut-être plus bavarde avec l’inconnue une fois posée chez moi, un peu plus revigorée. Pour le moment, chacun de mes mots étaient une porte ouverte aux nausées et ce qui en suit.
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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Mer 8 Fév - 17:35

Après quelques nouvelles tentatives de la sorcière pour lui dégobiller ses derniers repas sur les chaussures, cette dernière finit par retrouver un semblant de contenance. Grand bien lui en prit, Saoirse faisant partie de ces personnes qui ne supportent pas de voir vomir les autres. Elle était tout à fait capable de quitter une pièce en courant si quelqu’un se trouvait malade dedans. Pas chochotte pour deux sous lorsqu’il fallait tripatouiller des trucs dégoûtants ou mettre les mains sur une blessure ouverte, elle ne pouvait vaincre cependant cette horreur pour les régurgitations.

A bien y réfléchir, ce dégoût provenait peut-être de ses jeunes années, lorsque Joachim et elle s’étaient mis en tête de tester différents bonbons d’un magasin qu’elle ne nommerait pas, dont le but ultime était de rendre malade le consommateur (enfin, surtout l’élève) pour lui permettre de s’absenter des cours. Joachim avait tenu à tester les pastilles de gerbe et s’était enfourné un paquet entier, au lieu de l’unique pastille recommandée. Une overdose de bonbons farce-et-attrape pouvant avoir des effets plus que surprenant, Saoirse en gardait un souvenir cuisant et un dégoût absolu pour certaines situations. Elle tient à préciser que ce jour-là, elle ne s’était pas enfuie, même si ce n’était pas l’envie qui lui en manquait.

Aussi, regagna-t-elle, elle-même quelques couleurs lorsqu’elle constata que la sorcière tombée du ciel avait la bienséance de garder pour elle le contenu de son estomac. Il aurait été plus que malvenu de tourner les talons pour prendre ses jambes à son coup si la malheureuse se sentait mal.

Le premier regard échangé avec la jeune femme lui conféra une impression de déjà-vu. Mais trop concentrée à vérifier que les crampes d’estomac n’allaient pas leur coûter trop cher, elle ne prit pas le temps de parcourir les albums de sa mémoire pour mettre un nom sur le visage pâle qui lui faisait face.

Alors qu’elle tentait de faire deux pas dans la direction indiquée, la transplaneuse du dimanche manqua s’effondrer au sol et Saoirse se précipita pour la soutenir.

- Laissez-moi vous aider.

Elle semblait plus que mal en point et tenait à peine sur ses jambes.
Saoirse acquiesça de la tête à la mention des plantes. Ça pouvait tout à fait ressembler à un empoisonnement, effectivement. Auquel cas… que lui faudrait-il faire ? Immédiatement elle l’imagina se tordant de douleur au sol, prise de convulsion, de l’écume aux lèvres. La petite écossaise se tordit le coup dans l’espoir d’apercevoir un miraculeux médicomage hautement qualifié au coin de la rue pour leur venir en aide et du se rendre à l’évidence. Elle allait devoir gérer.

- Vous avez touché une plante ? Ou vous l’avez ingurgitée ?

Oui, ça changeait tout, un empoisonnement par contact laissait un peu de temps, alors que par ingurgitation, ça pouvait être rapide. Plus rapide que prévu. Quoi que… certains contacts étaient également mortels. Voilà qui n’arrangeait pas leurs affaires à toutes deux. A dire vrai, elle ne connaissait pas grand-chose aux plantes mortelles. Ezio lui aurait sûrement su…

Ezio… Un bézoard ! C’était ça qu’il lui fallait. Un bézoard dans le bec et hop c’était réglé.
Décidément, songea-t-elle, c’est la période des empoisonnements. Et visiblement, son karma était de secourir les empoisonnés. Elle ne put empêcher un large sourire de fendre son visage d’une oreille à l’autre et l’escamota rapidement avant que la malheureuse ne s’en aperçoive. Vraiment très malvenu.

Saoirse avait toujours rêvé d’être médicomage et l’arrivée de son frère quelques jours auparavant dans un état pitoyable (oui, pitoyable, monsieur !) , lui avait offert la possibilité de jouer les infirmières, ce qui avait compensé les longues heures d’inquiétudes qu’elle avait eu quant à son état de santé, les heures de veille à son chevet. Et même les ongles rongés !
Et voilà que lui tombait littéralement dessus son second patient ! A croire que le destin essayait de lui faire passer un message ! Lâche ta plume et vêts-toi d’une blouse !

Revenant à son mouton, elle enchaîna rapidement de sa voix un peu cassée, mais avec sang-froid pour éviter de faire paniquer la jeune femme.

- Bon, je vous ramène chez vous ok ? Vous devez sûrement avoir de quoi palier ce genre de mésaventures ? Un bézoard ? Des antidotes ? Quelque chose qui pourrait vous aider à vous sentir mieux ?

Ce disant, elle envoya un coup de baguette en direction de son sac qui reprit sa place autour de son épaule et se mit en tête de soulever la jeune femme autant que sa petite taille le lui permettait. Cette dernière était plus grande et plus lourde qu’elle, ce qui rendait la tâche complexe. Fort heureusement, la jeune malade n’était pas non plus un grand gabarit et la petite écossaise avait de la ressource ainsi qu’une volonté de fer. Elle fit quelques pas en soutenant la demoiselle de son épaule. Lui jetant un nouveau coup d’œil pour s’assurer qu’elle n’allait pas trépasser dans cette ruelle, Saoirse éprouva à nouveau cette sensation de familiarité et fut soudainement frappée par la réalité…

Mais …

- Demelbeurk…za ???? Demelza ?!
Aussi rouge que l’autre était pâle, elle réalisa qu’elle venait d’utiliser le sobriquet claironné dans les salles de la tour Gryffondor plus de dix ans auparavant, lorsqu’ils parlaient de l’adolescente pâle et timide qu’était jadis Demelza Worpel. Sujette à de nombreuses moqueries, les autres ne l’avaient pas loupée lorsqu’à l’époque, elle était devenue l’ombre silencieuse et mal à l’aise d’un autre garçon de la même maison. Depuis, elle l’avait croisée une ou deux fois à l’université, mais pour tout dire, les deux jeunes filles avaient eu si peu de points communs lors de leur scolarité, qu’elles ne s’étaient pas fréquentées davantage. Pour tout dire, elles avaient eu un parcours aux opposés l’un de l’autre. A Poudlard, Saoirse avait toujours été entourée de beaucoup d’amis et au centre de bien des tourments dû à ses idées fantasques et son côté casse-cou. Rivalisant de bêtises avec Joachim, ils avaient tous deux toujours joui d’une certaine popularité (bien qu’à y repenser, il n’y avait pas de quoi en être fiers…) qui avait rendu leur adolescence plus supportable que pour d’autres. Et puis, son aventure avec Shawn Evans, lui avait épargné bien des ennuis de la part de la maison rivale. Comme quoi, il y avait du bon dans ce garçon, en cherchant bien. Le visage pâle et maquillé de Khol de l’adolescente qu’elle était revint en mémoire à Saoirse. Elle ne se rappelait pas avoir trop souvent adressé la parole à cette dernière, mais elle n’était certainement pas de celles qu’elle aurait fréquenté spontanément.
Saoirse se mordit les lèvres de sa bévue et poursuivit rapidement en chassant les souvenirs du collège qui l’assaillaient de toutes parts.

- Demelza Worpel, c’est ça ? Elle connaissait bien le père, travaillant au Ministère comme Oubliator, elle avait eu affaire à lui à quelques reprises lors d’enquêtes… mouvementées. Un homme peu commode. A côté de lui, même son père paraissait drôle. La jeune femme avait vraiment mauvaise mine d’après ce qu’elle pouvait en voir. Traits tirés et visage pâle, des ombres bleues sous les yeux… Peut-être allait-on éviter de retracer l’arbre généalogique de cette dernière.

- Viens, je te… vous… ramène chez voi. Toi. Vous.
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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Jeu 9 Fév - 15:58


J’avais l’impression d’être de plus en plus ballonnée, c’était très désagréable. Et j’avais mal. Pas seulement à l’estomac, qui ne cessait de se contracter afin d’en expulser son contenu, mais TOUT mon ventre, y compris le bas-ventre. Et tout cela me tombait dessus là, sans prévenir, sans raison apparente ni évidente. C’était à n’y rien comprendre. J’en avais conclu à l’empoisonnement parce qu’aucune autre raison possible ne me venait à l’esprit. J’avais peut-être mangé quelque chose de mauvais ? Auquel cas, je devrais probablement me laisser régurgiter afin de me sentir mieux. Mais je sentais que ma sauveteuse n’allait pas du tout apprécier.

Elle avait confirmé ce que j’avais voulu entendre. Elle allait m’aider à regagner mon domicile, et autrement qu’avec la magie, osai-je espérer. J’avais rarement besoin des autres mais plus j’étais en train de me convaincre qu’il s’agissait d’un empoisonnement, plus je devais me rendre à l’évidence que je ne pourrais m’en sortir seule. Si j’avais transplané directement dans mon laboratoire, ça m’aurait probablement bien avancée et évité d’inclure une tierce personne dans cette histoire. Une personne qui, elle non plus, n’avait rien demandé à ce que tout cela lui tombe dessus. Littéralement.

- Merci.

J’avais grommelé ce simple mot qui m’avait tordu la bouche. Comme si je n’avais pas vraiment l’habitude de l’utiliser. Et ce n’était pas faux. Comme je l’ai dit, je n’obtiens pas souvent quoi que ce soit des autres, alors peu d’occasions se présentent dans lesquelles je dois remercier quelqu’un. C’était comme de dire à une personne qu’on l’aime. La première fois, ça a toujours du mal à sortir, du moins quand on le pense sincèrement. Remarque, je n’avais jamais osé le dire sans le penser. Et la seule fois où j’avais osé le dire en le pensant du plus profond de mon être, j’avais cru m’étouffer avec du Jus de Citrouille. L’amour tue. Et le poison aussi. L’amour serait-il du poison ? Je crois que je commence à délirer…

En parlant de poison, je souri étrangement à la question posée par l’inconnue avant de lui répondre d’une voix un peu faiblarde mais amusée. Si cela changeait quoi que ce soit, et bien ça ne changeait rien dans mon cas.

- Les deux.

Eh oui. Je manipulais diverses plantes à longueur de journée, donc évidemment, j’en avais touchées. Et j’avalais ma potion assez régulièrement, et elle était composée à plus de la moitié de plantes, dont une censée tuer et l’autre censée nous plonger dans un profond coma. J’étais pourtant certaine de ne pas m’être trompée dans le mélange. Surtout que je buvais dans le même depuis plusieurs jours. Il serait donc insensé que les symptômes ne se déclenchent que maintenant. Non, j’étais persuadée qu’il s’agissait d’autre chose. Il fallait que je me souvienne tout ce que j’avais touché aujourd’hui. Et en arrivant chez moi, il serait facile de faire une liste, car je n’avais rien rangé.

Un bézoard, bien évidemment. Mon esprit embrumé en aurait presque oublié l’existence de ce caillou miraculeux. J’en avais probablement encore une bonne collection chez moi, étant donné que je ne m’étais jamais empoisonnée, et que j’en utilisais très peu dans des potions. En général, on ne me commandait pas des antidotes, mais directement du poison.

- J’ai tout ce qu’il faut chez moi. S’il s’agit bien d’un empoisonnement.

Nous n’étions toujours pas sûres. Mais c’était fort probable. Le bézoard d’abord, une goutte de ma potion, et je serais probablement assez en forme pour songer à me concocter quelque chose de plus puissant.
A peine avais-je engagé un second pas en direction de mon domicile que ce fut apparemment l’illumination dans l’esprit de la demoiselle. J’avais raison, on se connaissait. Du moins, elle me connaissait. En même temps, la première partie de ma scolarité, j’avais passé mon temps à être la risée des autres élèves, toutes maisons confondues. Et ma seconde partie à être reconnue comme fouteuse de merde, bagarreuse et hostile. Y a pas à dire, l’UAD ça m’avait calmée. J’ai l’impression que cette époque se trouve si loin maintenant. Pourtant cela ne fait que sept ans. Mais ce sont des années durant lesquelles on se forge et on devient enfin soi-même. Des années durant lesquelles on change beaucoup, même d’une année sur l’autre.

- C’est bien ça, confirmai-je, légèrement suspicieuse, ignorant le surnom sortit en premier lieu. Navrée mais je ne vous remets pas. Du moins votre prénom. Mais je me rappelle vous avoir croisée à plusieurs reprises.

J’étais presque certaine qu’elle devait aussi jouir d’une certaine popularité à Poudlard. Autrement, je ne l’aurais même pas remarquée du tout. A moins qu’elle soit célèbre à ce jour ? C’était possible après tout. Néanmoins, nous n’avions pas été proches, c’était une certitude. Je me serais bien amusée à fouiller dans ma mémoire, mais mon temps était peut-être compté actuellement, et j’aurais préféré me rendre chez moi pour réfléchir après.

J’acquiesçai lorsqu’elle m’invita à avancer. Le pas prudent du haut de mes petits talons, je rejoins enfin la porte de l’immeuble, gravit l’escalier tant bien que mal grâce à mon ancienne camarade et finalement, je franchis l’entrée de mon appartement. C’était bien en bordel comme il me semblait. Du moins, côté labo. D’un geste peu assuré, je me débarrassai alors de mes chaussures pour me diriger vers un placard, une main toujours plaquée sur le ventre. Je me saisis alors d’un bézoard, un tout petit, pour le poser sur ma langue.
Après quelques secondes d’attente, je grimaçai en lançant un regard interloqué à l’autre jeune femme. Il me semblait que cet engin n’avait pas le moindre effet. Je haussai les épaules, avant de sortir le caillou de ma bouche, pour le fixer sous toutes les coutures.

- Je ne comprends pas. Je ne me sens vraiment pas… mieux.

Je n’eus même pas le temps de prononcer correctement le dernier mot qu’une nouvelle nausée me monta dans la gorge. Une fois encore, je parvins à retenir l’horreur, attendis quelques secondes, puis vins m’installer sur le canapé, au milieu de la pièce. Je plongeai mon visage dans mes paumes, les coudes posés sur mes genoux. J’étais désemparée, et j’avais mal.
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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Dim 12 Fév - 12:18

Bien trop occupée à aider Demelza à rejoindre son domicile, Saoirse évita soigneusement de dresser son propre curriculum vitae, juste au cas où il leur prenne l’envie à l’une comme à l’autre de replonger dans leurs travers passés. L’heure n’était pas aux guéguerres de collégiennes, elles auraient tous loisirs de se rappeler leurs bons souvenirs plus tard.

Cependant, malgré son silence, elle ne put empêcher quelques images de se former dans son esprit. Elle se revoyait dans son uniforme de Poudlard, en première année, jouant les espions avec Joachim en filant Ezio à travers tout le château. Ils avaient essayé à maintes reprises de pénétrer dans la salle commune de Serdaigle, enfreint le règlement des centaines de fois et écopé de punitions plus éprouvantes les unes que les autres. Elle avait, dès son arrivée été rangée à la protection de Shannon, amie d’enfance (et plus quand affinités) d’Ezio. Cette dernière, avait bien vite pris la petite Saoirse sous son aile, la faisant profiter de l’aura de charisme dont elle bénéficiait et la plaçant au sein d’amitiés d’élèves bien plus âgés qu’elle.
D’un caractère enjoué, bruyant et le cœur sur la main, Saoirse s’était bien vite retrouvé au centre d’un groupe d’amis (dont elle fréquentait encore certains à ce jour alors que d’autres avaient disparus de la circulation) et au cœur d’un nombre incalculable d’embrouilles que son esprit curieux et sa volonté de se mêler de tout attiraient comme des accios.
Têtue, malicieuse, garçon manqué et tête brûlée, elle avait, en quelques années, réussi à se fourrer dans des situations incroyables, s’était fait des amis inconditionnels comme des ennemis redoutables, agacés par ses idées fantasques, son énergie débordante et bien souvent envahissante. Incapable de faire les choses à moitié, c’était tout ou rien et bien souvent trop. Ainsi, quand elle aimait, elle donnait jusqu’à sa baguette et quand elle n’aimait pas, pouvait se montrer d’une froideur comparable aux vents arctiques. Si elle ne cherchait pas forcément de noises à ceux qu’elle ne portait pas dans son coeur, mieux valait éviter de se frotter à sa répartie cinglante et sa non application du règlement quand il s’agissait de riposter aux attaques, fussent-elles verbales ou physiques. Elle avait à l’époque, pris le parti de compenser sa minuscule taille par quelques gestes brusques pour se défendre et avait tendance à dégainer sa baguette bien rapidement pour prouver au monde entier qu’on pouvait être une grande sorcière en mesurant moins d’un mètre vingt.
Elle se souvenait que Demelza avait été sujet de moqueries des années durant, et son comportement étrange avait toujours été à des lieues de la façon dont Saoirse envisageait les choses. Elle et … comment s’appelait les autres déjà ? Il y avait ce fameux garçon, ami de Shawn Evans, dont le nom ne lui revenait pas, ainsi que son horrible petite amie stridente et fortement imbu de sa personne… Purcey ? Purchey ? Un truc du genre. Bref. Toute une clique qu’elle n’appréciait pas particulièrement (et qui le lui rendait probablement bien) et si elle n’avait pas spécialement participé aux persécutions, devait reconnaître que quelques incidents avaient pu avoir lieu… elle les avaient juste relégués au rang de souvenirs d’enfance sans grande importance. Peut-être parce que le rôle qu’elle y avait joué n’était pas très glorieux, ou juste parce qu’à son âge… on s’en fichait royalement de ce genre d’histoires.
Saoirse évoqua encore quelques noms alors qu’elles marchaient, réalisant qu’elle n’avait pas repensé à eux depuis des années…Où pouvaient-être tous ces sorciers ?

Alors qu’elles pénétraient toutes deux dans l’appartement de Demelza, la petite écossaise se retint de faire un quelconque commentaire sur l’aspect peu rangé de ce dernier. Elle qui aimait que chaque chose soit à sa place était servie, et ne pouvait une fois encore, que constater les différences qui les séparaient toujours à ce jour. Un laboratoire trônait dans l’appartement (la demoiselle n’avait-elle pas annoncé qu’elle travaillait avec des plantes ?) et n’était pas mieux dégagé que le reste. Ecarquillant les yeux, le petite journaliste résistait aux fourmillements de sa baguette, la suppliant presque de faire le ménage.

Restée à l’entrée, elle laissa son ancienne camarade ôter ses chaussures et traverser la pièce pour s’emparer d’un bézoard. Un peu mal à l’aise et se dandinant d’un pied sur l’autre, elle commençait à se dire que sa mission de Saint Bernard étant achevée, elle pourrait reprendre le cours de sa journée et laisser-là Demelza se remettre de sa mésaventure, seule. Elle se voyait mal partager un thé avec cette dernière pour se raconter leurs souvenirs d’école (tu te souviens le jour où on t’avait collé les cheveux avec la mixture échappée du chaudron de Joachim ? ) et n’imaginait pas non plus faire comme si elles s’étaient toujours appréciées. De plus, l’autre ne la remettait pas, inutile d’aller tisonner d’anciennes braises.

Alors qu’elle s’apprêtait à prendre poliment congé, la jeune femme la regarda d’un air étonné et extirpa le petit caillou de sa bouche comme s’il était inefficace.
A peine eut-elle le temps de confirmer cette théorie, qu’elle regagna le canapé de la pièce et s’y prostra, le visage enfoui dans les mains, semblant endurer mille maux.
Tordant un peu le nez de désarroi, Saoirse se débarrassa de son sac qu’elle posa dans un coin et se rapprocha de la jeune femme, posant audacieusement sa main sur le front de cette dernière. Frais, pourtant.

- Bon, visiblement, on peut écarter la théorie de l’empoisonnement, sinon le bézoard aurait fait effet, annonça-t-elle, vous ne semblez pas avoir de fièvre, donc on peut aussi écarter l’hypothèse de la piqûre ou morsure de créature… Peut-être quelque chose que vous auriez mangé ? Un truc avarié ? questionna-t-elle.Auquel cas, une infusion de camomille peut aider à se débarrasser de ce qui pose problème…

Ce faisant, elle parcouru la pièce des yeux, à la recherche de quelques plantes dont elle aurait pu faire une décoction ou quoi que ce soit qui eût pu soulager la jeune femme aux yeux verts. S’éloignant quelque peu de la malade qui ne bougeait pas, elle s’avança vers le laboratoire qui recelait de nombreuses plantes qui lui étaient inconnues. Ezio aurait adoré l’endroit et probablement nommé toutes les espèces présentes, ce qui était loin d’être son cas. Refreinant son besoin habituel de poser ses mains sur tout, elle se contenta de laisser glisser son regard sur tout ce qui traînait et finit par entrevoir, côté cuisine, un petit bouquet d’aromates que sa mère utilisait souvent sur leur oncle Emereid, lorsqu’il s’était trop empiffré pendant les fêtes. Ce qui arrivait, toutes les années, soit dit en passant.

- Sinon, claironna-t-elle de sa voix un peu éraillée le thym est assez radical pour les indigestions ! Vous n’êtes pas enceinte ? Se renseigna-t-elle alors qu’elle se dirigeait vers le petit bouquet. La plante, bien qu’efficace pour protéger l’estomac des contrariétés et infections digestives, était fortement déconseillé en cas de grossesses. Elle préférait demander.
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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Ven 24 Fév - 1:24


Prostrée sur mon canapé, je lançai un regard à mon ancienne camarade d'école sans pour autant relever la tête, calée contre mes paumes. J’avais en effet commencé à essayer de me rappeler de l’identité cette jeune femme afin de me changer les idées sur ce qui m’arrivait. Je n’avais pratiquement jamais été malade de ma vie, et me retrouver dans cette situation était un supplice. Surtout quand il fallait admettre avoir besoin d’une aide extérieure, et encore plus, lorsque cette aide constitue une personne que je ne connais pas, ou dont je ne me souviens plus. Ce qui était pire, en fin de compte.

Car en ce qui la concernait, elle se souvenait apparemment très bien de moi, au point de se rappeler d’un des sobriquets qu’on m’avait donné dans mes premières années à Poudlard. Ce n’était pas le plus récent ni le plus connu. J’imaginai donc qu’elle était probablement un peu plus âgée que moi. Mais peut-être pas tant que ça. En l’observant du coin de l’œil, je trouvai tout de même qu’elle me disait quelque chose. Il me semblait l’avoir aperçue il y avait de cela quelques mois, lors de la soirée de lancement du Philtre. N’était-ce pas cette demoiselle dont j’avais trouvé la tenue écarlate ridiculement trop voyante ? Possiblement ! Quand je voyais son visage, je pensais aussi à ce garçon roux, un McEwan. Elle était probablement de cette bande. Une bande de Gryffondor. C’était bien ma veine.

Je relevai finalement les yeux vers le bazar peu arrangé que constituait mon laboratoire à l’heure actuelle. Autant l’appartement semblait à peu près en ordre, autant le laboratoire semblait avoir été cambriolé une heure auparavant. J’avais en effet terminé de concocter une potion, rapide mais avec beaucoup d’ingrédients, juste avant de partir en trombes afin de la refourguer dans l’Allée des Embrumes. Je n’avais rien rangé sur le coup et j’avoue ne pas vraiment avoir prévu de recevoir de la visite. Mise à part celle de Mark peut-être, mais il était habitué à mon bazar et ce n’était pas l’état de mon appartement qui l’intéressait, cela va de soi.

Mon ancienne camarade dont je ne remettais toujours pas le nom, consciente que la théorie de l’empoisonnement s’était avérée improbable, tenta d’en tirer d’autres conclusions. En ce qui me concernait, je voulais juste ne plus y penser et que tout s’arrête. Sauf que si tu ne fais pas fonctionner tes méninges, tu ne trouveras jamais de solutions et ça ne s’arrêtera probablement pas tout seul ! La théorie de la nourriture avariée venait d’être posée sur le tapis. Impossible, je n’avais rien avalé depuis ce matin, mis à part ma potion personnelle, et si cela datait d’hier, j’aurais probablement eu des symptômes plus tôt. Et surtout, je n’aurais pas été capable de retenir mes nausées. Mais dans ce cas-là, la meilleure des solutions serait peut-être finalement de me laisser régurgiter afin de voir si je me sens mieux après coup.

- Je ne pense pas, mais je ne vois rien d’autre pour l’instant.

Une infusion de camomille n’était pas une mauvaise idée. En temps normal, cela m’aurait extrêmement gênée de voir quelqu’un s’introduire ainsi chez moi et de fouiller dans mes plantes et mon laboratoire. Mais voir que je n’étais pas la seule à gérer ce genre de chose avait finalement quelque chose d’assez rassurant. Et ce fut donc avec un certain soulagement que je laissai la jeune femme chercher les ingrédients nécessaire à l’infusion qu’elle proposait pour soigner mon mal inconnu. Elle finit d’ailleurs par changer d’avis en proposant du thym. Et elle faisait preuve d’une prudence plutôt remarquable en me demandant si j’étais enceinte. Quelle question ! Bien sûr que non.

- Non !

J’avais lancé cette réponse comme si j’avais été vexée d’entendre la question. Mais, quelle question aussi ! Je n’avais pas prévu d’être enceinte avant de… A vrai dire, je n’avais pas prévu d’être enceinte du tout. Je venais à peine de recommencer une histoire avec Mark, mais ce n’était pas stable au point d’envisager ce genre d’évènement. Néanmoins, chaque fois que nous nous étions vus, cela n’avait pas été pour jouer aux échecs. Une vague de doute m’envahie, mais ne voulant pas passer pour une fille volage et irresponsable, je pris la décision de confirmer ma réponse.

- Non, non…  En tous cas, merci de m’aider. Saoirse, c’est ça ?

Son prénom venait de me revenir en pleine face pour une raison inconnue. C’était un prénom pour le moins original, cela m’étonnait de l’avoir oublié mais d’avoir gardé en tête celui de McEwan. En plus d’avoir enfin raccroché un nom à ce visage, je pouvais désormais conclure que j’avais déjà entendu et lu ce prénom à de nombreuses reprises. Saoirse Shepherd, rédactrice à la gazette. Bien que je ne la lise pas régulièrement, je me souvenais maintenant.

- Le thym devrait se trouver à droite, sur l’étagère.

Mon état semblait se stabiliser, mais dans le doute, je préférai prendre quelque chose. Alors que mon ancienne camarade avaient le dos tourné vers mon laboratoire, je dévissai rapidement mais habilement le pendentif de mon collier pour en avaler une goutte, qui eut l’effet de me détendre instantanément. L’anxiété disparue, j’allais enfin pouvoir me consacrer à l’étude de mon propre cas, aidée par Saoirse, qui était des plus aimables.
A bien y réfléchir, les personnes dont je m’étais éloignée le plus après Poudlard sont tous d’anciens Serpentard. Et ceux dont je me suis le plus rapprochée et avec qui je me suis le mieux entendu sont plutôt des Pouffsouffle. Comme quoi, ce système avait bien trop tendance à nous séparer en nous catégorisant, et je suis bien contente d’avoir évoluée ainsi grâce à l’UAD et mes nombreuses rencontres.
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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Mer 1 Mar - 15:14

- C’est ça. Confirma-t-elle dans un hochement de tête.

Ne voulant pas affoler la jeune femme, elle ne fit aucun commentaire, mais ne cessait de lui jeter des petits regards alors qu’elle s’activait à préparer une infusion de thym. Cette dernière était vraiment pâle, au point que Saoirse se demanda s’il n’était pas temps de contacter un médicomage.

Demelza ayant nié tous les points que la petite écossaise avait énoncés comme potentiellement problématiques, Saoirse donna sa langue au chat sur les raisons de ce malaise, au grand désespoir de sa curiosité innée. Cherchant des yeux un petit chaudron, ou tout autre récipient pouvant contenir l’eau bouillante et l’infusion en cours de préparation, elle posa ses yeux sur l’immense attirail répandu dans le laboratoire.

- Quand vous m’avez dit travailler dans les plantes, j’imaginais plus un truc genre fleuriste.

A voir ce qui se trouvait sous ses yeux, Demelza ne faisait pas pousser d’innoncentes fleurs. Bien qu’elle n’y connaisse pas grand-chose en potions, elle put aisément repérer quelques ingrédients dont la manipulation était réservée aux connaisseurs. Se pouvait-il qu’il existe des poisons qu’un bézoard ne puisse guérir ? Un pincement au cœur lui rappela comment cette semaine avait débuté et dans quel état son frère avait débarqué chez elle. De toutes évidences, Ezio était la preuve vivante qu’un bézoard ne résout pas tout. Il lui avait certes, sauvé la vie, mais les séquelles restaient importantes.

Où diable es-tu encore allé te fourrer ?

Peut-être Demelza s’était-elle empoisonnée plus qu’elle ne le pensait ?
Nouveau regard suspicieux à l’égard de cette dernière qui pourtant semblait reprendre un semblant de contenance.

Les poisons l’avaient toujours fascinée. Depuis toute petite, elle était persuadée qu’ils étaient le meilleur moyen d’éliminer une personne. Discrets, inodores, incolores, anonymes. Trois gouttes dans un verre et hop ! Le tour était joué. Aventureuse malgré ses idées de complots général, elle avait souvent imaginé avec Joachim que dans certaines fêtes, un accident puisse survenir. Que le poison se trompe de victime. Un verre échangé, égaré, ça pouvait vite arriver ! Tenez, pas plus tard qu’à la soirée du mois d’Août. Si quelqu’un avait voulu se débarrasser de Campbell, il lui aurait suffi d’un peu de poison distillé dans l’une des nombreuses fontaines à champagne du ministère. Les célébrités portaient-elles toujours des détecteurs de poisons ? Testaient-ils toujours leurs mets d’un sortilège de détection ?

Tu vas la faire flipper à force de la mater comme ça.

Petit haussement d’épaules typiquement écossais et Saoirse repéra ce qu’il lui fallait. Un mini chaudron vide et visiblement propre. Par mesure de précautions, elle lui jeta un sortilège de récurvite aseptisant (manquerait plus que ce soit elle qui l’empoisonne !) et s’empara du récipient qu’elle remplit d’eau d’un autre mouvement de baguette et mit à bouillir. Particulièrement douée en sortilèges informulés, elle prépara ce qu’il lui fallait en faisant léviter les divers ustensiles et ingrédients dans un silence qui devenait pesant. Lorsque les branches de thym traversèrent la pièce en laissant derrière eux une délicieuse odeur, pour rejoindre le récipient qu’elle couvrit immédiatement, elle jugea bon de le rompre.

- 5 minutes d’infusion et c’est réglé ! Annonça-t-elle comme si s’était comparable à la venue du Père Noël.
Saoirse profita de ses cinq minutes pour ranger ce qu’elle avait déplacer en agitant sa baguette ça et là. Où que ses yeux se posent partie laboratoire, ils glissaient sur des plantes, graines, fioles, ustensiles dont elle ignorait l’existence et la fonction… On aurait dit l’antre d’un alchimiste version savant fou. Bon, elle exagérait peut-être un peu.
Lorsqu'elle eut finit, le breuvage était prêt et elle fit léviter une petite tasse qu'elle avait pris soin de filtrer vers Demelza avant de la rejoindre, sans trop savoir quoi faire de sa personne.

- Tu prépares quoi ici, si c’est pas indiscret ?

Naviguant du « tu » au « vous » sans trop savoir comment se positionner, Saoirse leva un œil interrogateur vers la jeune femme, intérieurement persuadée qu’elle venait de mettre les pieds dans un laboratoire clandestin de fabrication de poisons.
Non, parce qu’honnêtement, y avait de quoi sucre la vie à la moitié des habitants de la région, là.
Ok, là encore, elle exagérait légèrement.
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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Ven 3 Mar - 0:32


C’était bien elle, Saoirse Shepherd, que j’avais connue à Poudlard. C’était vraiment étrange de repenser à Poudlard, qui avait abrité nombre d’étudiants et engendré nombre de relations, qu’elles soient amicales, amoureuses ou carrément haineuses. En ce qui me concernait, j’avais fait un peu l’expérience des trois. J’avais trouvé une amie fidèle et attachante à Poudlard, Ellie, qui était avec moi chez Serpentard et qui avait le même âge. J’avais eu ma phase in love de Mark, qui avait d’ailleurs été ma pire période à l’école. C’est d’ailleurs après cet évènement que j’étais passée de la Demelza dont on se moque, à la Demelza dont on se méfie. Et c’est donc aussi à cette période que j’avais été capable de me faire une bonne petite liste d’ennemis. De Jezabel Jackersson à Purdey LaRoche Elda, en passant par Victoria Swan ou Allanah Raines. Ah, c’était le bon temps tout de même.

En revanche, même si j’avais croisé Saoirse, je ne me souviens pas lui avoir adressé la parole. Pourtant, il était fort probable que nous ayons été réunies par la plupart de nos cours communs. Je me souvenais qu’elle avait été répartie à Gryffondor et nous avions très souvent cours avec eux. Néanmoins, elle n’avait pas fait partie des  trois catégories de rencontres que j’avais faites en ces murs. Elle n’avait été ni une amie, ni une ennemie, ni autre chose. Finalement parfois, ce n’est pas plus mal et cela permet de développer quelque chose « après Poudlard ». Comme je l’avais fait avec Coleen par exemple, ou même Mark, si on y repense. Et peut-être bien avec Saoirse du coup.

- Ah, pas vraiment non.

Je ne pus empêcher une sorte de rire lorsqu’elle mentionna mon boulot. Moi, travailler comme fleuriste ? Ah ! Génial ! J’avais une sorte de crampe désormais au niveau du bas ventre, il m’était donc difficile de rire réellement. Mais non, j’étais bien loin d’être fleuriste. En fait, cela ne faisait que quelques mois que j’en savais un peu plus sur les plantes. Avant de travailler avec Brenna, mon niveau n’était pas au top en botanique. Enfin, il ne l’était pas assez à mon gout. Avant, je me contentais de prendre une fiole sur laquelle était inscrit le nom de la plante dont j’avais besoin. Maintenant, j’étais capable de reconnaitre cette plante directement dans son état naturel et d’aller la cueillir. Cela m’était donc utile au quotidien dans mon job.

Cinq minutes d’attente. C’était en effet ce que je devais endurer avant d’enfin pouvoir ingurgiter cette mixture qui allait me requinquer. En attendant, l’effet de ma potion personnelle fonctionnait comme je l’espérai. Elle se contentait d’anesthésier un peu tout ça, sans pour autant me soigner. Néanmoins, j’étais de plus en plus lucide et maître de mes mouvements. Je pus apercevoir Saoirse en train de ranger ce qu’elle avait utilisé dans mon labo, mais je la voyais aussi observer un peu tout ce qui s’y trouvait. Je ne fus donc pas réellement surprise d’entendre sa question concernant mon activité ici. Devais-je lui dire ? Ce n’était pas bien raisonnable. Mais je n’étais pas une menteuse et je n’avais pas honte de mon activité. J’allais simplement broder un peu et omettre deux ou trois détails.

- Je prépare des potions de toutes sortes. Je me suis découvert une sorte de don vers la fin de mes études à Poudlard et depuis, c’est un domaine que je maitrise plutôt bien.

Broder en déviant légèrement afin de n’avoir rien à préciser plus en profondeur. De plus, cela aurait été ridicule d’être une sorte de revendeuse de potions, le tout en n’étant même pas capable de comprendre quelle mixture préparer pour me soigner. Quoi que, si j’avais eu un médicomage pour m’indiquer de quoi je souffrais, j’aurais très certainement été capable de concocter la potion qui m’aurait soignée. Le problème était donc là : on ne savait toujours pas de quoi il s’agissait.

D’un geste assez incertain, je vins me saisir de la mixture. Durant un instant, j’en fixai le fond, observant les vaguelettes qui se propageaient dues à mes petits tremblements. Mes nausées étaient apparemment passées. Mais je ne me considérai pas soignée pour autant. Sans ma mixture, j’aurais probablement toujours mal au ventre, il me fallait donc avaler cette nouvelle concoction. Je m’occuperais de faire des recherches plus poussées par la suite, quand ça irait réellement mieux.

- Ce n’est pas passionnant, mais ça paye bien.

Autant se servir de ses dons non ? Pourquoi irais-je m’embêter à lancer un élevage d’hippogriffes si je ne suis même pas capable d’apprendre à m’en occuper, ou bien que je le fais mal, ou bien que ça ne paye rien du tout et que je finisse par crever de faim ? Non, j’avais trouvé le plan parfait. J’avais mon petit appartement, mon laboratoire, mes clients réguliers ainsi que mes clients ponctuels ; tous payaient très bien, et je menais la belle vie. Je venais de terminer mes études, de retrouver Mark et je n’avais plus qu’à trouver quoi faire de tout cet argent ! Peut-être allais-je bientôt déménager, tiens !

- Et bosser à la Gazette ? C’est intéressant ?

Je lui avais posé la question comme si il s’agissait de ma vieille pote de lycée que je n’avais pas revue depuis six mois. Mais bon, c’était presque là que nous en étions, après tout. Prendre des nouvelles de l’autre, savoir un peu ce qu’elle est devenue après Poudlard. Au détail près que nous n’étions pas amies à la base, certes.

Après un petit sourire, je baissai de nouveau la tête vers la tasse, avant de l’approcher lentement de mes lèvres. Lorsque ces dernières entrèrent en contact avec la porcelaine, la phrase précédemment prononcée par Saoirse vient me résonner dans la tête. « Vous n’êtes pas enceinte ? ». J’avais réagi comme une indignée après avoir entendu cette question. Mais j’avais immédiatement pensé qu’avec Mark, nous n’avions pas joué aux jeux de société récemment. Prise d’un doute affreux, je baissai soudainement la tasse pour la reposer sur mes genoux, avant de lancer un regard grave à la jeune femme.

- Mais c’est ça…

Je posai la tasse sur la table basse avant de me lever, peu stable sur mes deux jambes. J’avais l’air frêle mais je tenais toutefois. Je baissai les yeux vers mon ventre. J’avais pris du poids récemment, non ? Pas grand-chose mais je m’étais fait cette remarque en début d’après-midi. Je m’étais sentie assez ballonnée. Et quelques minutes plus tard, me voilà en train de me retenir de vomir et d’avoir ces maux dans le bas ventre. Je n’avais pas mal à l’estomac, c’était clair. Elle ne m’avait pas demandé si j’étais enceinte en rapport à mes symptômes, mais en rapport aux éventuels effets secondaires qui auraient pu survenir si j’avais consommé cette potion en étant enceinte. En fait, elle avait directement mis le doigt dessus sans faire exprès.

Affolée, je vins me placer en face de mon grand miroir à pied. Après une légère hésitation, je me mis de profil et je soulevai légèrement mon haut, terrifiée à l’idée de voir ce petit ventre rebondi. Par Merlin, le voilà. Malédiction !
Les yeux écarquillés d’horreur, je me retournai alors vers Saoirse, les deux mains plaquées contre mon ventre. Voilà pourquoi je ne pouvais plus le rentrer depuis quelques jours ! Il y a un foutu fœtus dedans ! Les larmes aux yeux, je me laissai tomber sur un petit pouf non loin du miroir avant de prendre mon visage dans mes mains. Elle devait penser que je pleurais de joie ou quelque chose du genre. A moins qu’elle ait tout à fait saisi cette horreur dans mes pupilles et qu’elle comprenne à quel point j’étais désemparée. Il s’agissait forcément de Mark, il n’y avait pas de doute là-dessus. Mais on ne l’avait fait que deux fois récemment. Et maintenant que j’y pensais, deux fois TOUT COURT. La dernière fois ayant eu lieu en…

- Je suis enceinte ! De trois mois !

Me revint en tête le jour, l’heure et l’endroit exact où j’avais conçu cette… chose. Le calcul avait été assez rapide : cette histoire datait de la soirée de lancement du Philtre B612.
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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Dim 26 Mar - 12:25

Le don des potions. Le don de voyance. Le don de divination. Le don d’écrire des poèmes à vous faire chialer un boursouflet. Le don de cultiver les citrouilles, de voler sur un balai comme si on était né avec.
Bouse tout le monde avait-il pioché un don au berceau ? Quelqu’un avait dû oublier d’envoyer le faire part de sa naissance aux marraines les bonnes fées.
Elle laissa traîner son regard un peu plus longtemps sur les paillasses destinées à la concoction de ces potions divines en se demandant si à chaque mal existait sa potion. Peut-être Demelza pourrait-elle quelque chose pour Ezio ?

Souriant amèrement à la remarque de Demelza sur le salaire, elle réalisa qu’elle ne pourrait jamais avoir un job alimentaire. Si elle n’aimait pas, elle ne faisait pas. Son travail de reporter l’avait toujours passionnée. Bien que la passion en question se soit un peu émoussée ces derniers temps, mais la faute n’incombait pas au métier en lui-même, mais plutôt à la façon dont ses patrons envisageaient ce job. Elle avait voulu embrasser le journalisme pour crier la vérité à la face du monde. Pas pour la masquer derrière des faux semblants enrobés d’alarmisme. S’apprêtant à enchaîner à propos de son propre travail, en omettant clairement l’omerta qui régnait actuellement sur la Gazette, elle referma bien vite la bouche face à l’exclamation de Demelza.

C’est ça quoi ?

Observant d’un œil légèrement effrayé la jeune femme se regarder le nombril, Saoirse pris conscience qu’elle se trouvait là au cœur d’un event psychologique pré partum qui visiblement, n’était pas prévu. Effondrement sur un petit pouf un peu plus loin, les yeux encore humides de l’émotion qui incombait à cette découverte. Et son esprit à elle qui pensait au thym de la tisane.

Heureusement qu’elle ne l’a pas bu tout compte fait.

Jugeant qu’il serait déplacé de s’emparer (même très discrètement) de la tasse pour la balancer dans un évier, Saoirse se contenta de regarder par la fenêtre le temps que Demelza bascule d’un côté ou de l’autre des réactions dans ce type de situation. Euphorie débordante ou drame psychologique total.

Trois mois sans s’en apercevoir ? Voilà qui était surprenant. Il existait pourtant des signes non ? Des alertes ? Des symptômes ? Une intuition ? Balayant d’un revers de mains les réflexions douteuses qui pourraient la faire glisser vers quelques souvenirs douloureux elle se rapprocha de la jeune femme qui lui jetait un œil complètement désemparé. Probablement pas ou plus de père. On n’était donc pas dans l’euphorie général et la préparation d’une baby shower mais plutôt dans le constat dramatique du « bouse c’est trop tard qu’est-ce que je vais devenir ».

- Ecoute, je sais pas quelle est ta situation. Visiblement … c’est une surprise. Mais tu sais, c’est pas forcément un drame. Tu vas être maman. C’est la plus belle chose qui puisse arriver dans une vie si tu veux mon avis. Consola-t-elle de sa voix un peu éraillée.

On lui parlerait des couches, des petites nuits, du fait qu’elle n’irait plus jamais aux toilettes seule et que sa vie serait rythmée d’un fond sonore de « maaaaaaaaaaamaaaaaaaaaaan » plus tard. C’était clairement pas le moment.

-Tu heuu… le prends pas mal, ok. ? Mais tu sais qui est le père ?

Saoirse jeta un œil à l’infusion de thym et secoua la tête pour revenir à la réalité.

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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Sam 8 Avr - 0:04


Nous avions fui la soirée de lancement du Philtre à cause de la pagaille qui commençait à régner dans ces lieux. J’étais totalement ailleurs à cause du sortilège de Sang-Froid que j’avais probablement reçu de la part d’un des Auror pour tenter de calmer la foule. Mais cela n’avait pas eu l’effet escompté et plutôt que de prendre la chose calmement et avec réflexion, je l’avais tout simplement ignorée comme si de rien n’était, ce qui avait totalement fait flipper Mark. Ce dernier avait finalement décidé de nous ramener au Manoir BloodDust en Ecosse afin de nous mettre en sûreté. Une fois le sortilège totalement estompé, j’avais réalisé à quel point nous étions passés proches de la catastrophe. Rassurés, nous nous sommes rapprochés et nous n’avons pas spécialement fait attention. La suite des évènements, vous la devinez probablement.

Et voilà où j’en étais trois mois plus tard. Enceinte. C’était totalement inattendu et j’imaginai qu’il était trop tard pour espérer faire quelque chose. Les Moldus ont toujours été nuls dans ce domaine, mais nous sommes des Sorciers, il y a bien quelque chose que nous pouvons faire pour arrêter le processus, non ? J’étais désemparée et affolée. Avoir pu conclure de la date et la personne m’avait toutefois un peu rassurée. Calmée, du moins. Mais j’étais toujours perdue, ne sachant ni comment réagir maintenant, ni comment réagir plus tard, dans le futur. Parce qu’en effet, ce dernier me semblait bien perturbé  et n’allait probablement pas se passer comme je l’avais imaginé. Et en plus, j’étais en présence d’une ancienne camarade de Poudlard qui avait passé la moitié de sa scolarité à se moquer de moi. C’est la pire journée de ma vie.

J’eus cette dernière pensée à l’instant même où Saoirse mentionna le fait qu’être mère était la meilleure chose qui pouvait arriver dans une vie. Sans pouvoir m’en empêcher, j’avais laissé échapper une sorte de rire particulièrement ironique. La meilleure chose ? Je n’avais même jamais envisagé d’avoir un enfant, surtout pas aussi jeune et encore moins avec un homme que je fréquente depuis seulement quelques mois – même si je le connaissais depuis plus d’une dizaine d’années. Et même si comme le croyait Saoirse cela s’avérait peut-être être la meilleure chose qui arrive dans une vie, ce n’est en tout cas pas DU TOUT le bon moment pour arriver. J’imagine qu’il faut un minimum de timing à ce sujet, sinon ce plus grand bonheur de la vie se transforme en catastrophe pure et totale.

J’avais relevé les yeux vers la jeune femme qui, contrairement à ce que j’aurais pu penser, ne semblait pas être en train de me juger. Elle avait même l’air d’être compatissante, ce qui me rassurait un peu. Si j’avais appris la nouvelle seule, j’aurais probablement détruit l’appartement avant d’appeler Mark, de lui en foutre une et de me mettre à pleurer. Là, j’allais devoir me retenir de tout saccager afin d’éviter de passer pour la dernière des folles et la présence neutre de Saoirse parvenait à me calmer. Ce qui en soit, était plutôt positif, même si je n’étais pas du tout d’accord avec sa vision des choses. Prends le, le gosse, si tu le veux. Ah, arrêtes, calme toi…

Lorsqu’elle avait posé la question sur le père, mes lèvres s’étirèrent légèrement en une sorte de mi-sourire mi-grimace. Il y avait peu de chance pour qu’elle connaisse un éventuel amant que j’aurais pu avoir, alors cela m’étonnait un peu qu’elle pose la question. Or, coïncidence plus qu’énervante, elle connaissait probablement Mark Resnald. Je ne pouvais donc pas lui répondre qu’elle n’avait probablement jamais entendu parler de lui, même si j’étais terriblement tentée de le faire avant d’avoir discuté avec le principal concerné de notre futur commun –ou pas.

- Mark Resnald, soufflai-je finalement, résignée.

Je l’imaginai déjà se mettre à pouffer en se souvenant de lui, ou même du couple qu’il formait avec Purdey. Si ça se trouvait, elle ne savait même pas qu’ils n’étaient plus ensemble ou s’attendrait à mieux de sa part. Ou serait impressionnée que la petite Demelza avait finalement réussi à choper celui après lequel elle avait couru pendant plusieurs années à Poudlard. Cette situation devenait de plus de en plus humiliante et je ne savais plus comment réagir.
Partagée en énervement et tristesse, je me levai brusquement pour me saisir de la tasse que je vidai d’un geste brusque dans l’évier, et ponctuai mon geste d’un audible « Pfffff… » avant de revenir m’asseoir dans le sofa, comme si j’avais oublié qu’il y avait quelqu’un chez moi. Puis soudain, je repris la parole.

- Merci au fait, commençai-je d’une voix que l’on sentait peu habituée à formuler des remerciements. De m’avoir aidée à revenir jusqu’ici, même si j’aurais préféré m’être empoisonnée…

Et au passage, si tu as des conseils sur les gosses, je suis plus que preneuse !
Que faire maintenant ? Prévenir Mark ? Décider d’abord de ce que je veux faire de cette chose ? Non, c’était probablement plus correct d’en discuter avec lui d’abord.

- J’imagine que je vais devoir en parler avec lui… Je laissai ma phrase en suspens, le regard dans le vide. Si tu veux boire un café, un thé, sers-toi. Mais je ne voudrais pas te retenir plus longtemps si tu as des impératifs…

J’aurais vraisemblablement besoin de sa présence encore quelques instants. Je savais qu’on ne connaissait pas plus que cela, mais cela restait toutefois apaisant à sa manière, surtout qu'elle était la seule au courant. Et je ne me sentais pas prête à affronter Mark ou un quelconque autre regard pour le moment.
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MessageSujet: Re: I didn't see that coming   Mer 19 Avr - 22:37

Mark Resnald ?

Le nom de Resnald lui était familier. L’un des sbires d’Evans à Poudlard. De la fameuse bande de Serpentard inséparables qui semblait avoir formulé le serment inviolable qui les vouait à se suivre partout en toutes occasions. A l’époque, elle se demandait même s’ils n’allaient pas pisser tous ensemble. Elle ne se souvenait pas vraiment du visage de Resnald mais se rappelait clairement qu’à l’époque Greengoth Demelbeurk les suivait comme leur ombre. Tout s’expliquait désormais. Le serment inviolable n’était pas défait. Peut-être était-elle sous son emprise ? Ce qui aurait porter un éclairage sur le fait qu’elle soit visiblement catastrophée à l’annonce de cette grossesse. Son esprit de Saint Bernard en mal de victime à sauver échafauda alors tout un plan selon lequel cette pauvre Demelza était sous l’emprise de cette bande de gars peu fréquentables (et elle en savait quelque chose pour avoir fréquenté Evans un certain nombre de très longs jours). Son imagination, bride au vent, poussa même le vice jusqu’à imaginer qu’il la forçait là, à concocter des potions pour leur petits commerces illégaux.

Arrête ma pauvre, tu délires complètement.

Oui, parce qu’à bien y regarder, Demelza n’avait pas l’air d’une captive et encore moins l’air d’une fille qui se laisse dicter sa conduite. Elle venait de vider brusquement la tasse d’infusion au thym dans l’évier. Voilà qui était une bonne chose.

C’est peut-être même elle qui porte la culotte…

Sentant qu’il était grand temps de dire quelque chose, la petite écossaise s’avança vers sa camarade, la bouche en cœur, n’ayant pas tout saisi des dernières paroles proférées par celle-ci. Elle était alors bien trop occupée à délirer sur une ex bande de serpentards qui, si ça se trouvait, occupait désormais des postes bien respectables dans des agences diverses. Oui, on pouvait toujours rêver.
Il y avait bien eu une vague de remerciements, une histoire de café, de mise au point avec le futur père et de choses à faire, mais elle n’était pas certaine de pouvoir tout remettre en ordre.

- C’est cool d’avoir gardé des contacts avec des amis d’enfance.

Elle se serait parfois filé des baffes.
Des contacts, dans ce cas précis, était un euphémisme de plutôt mauvais goût.

- Désolée, c’est pas ce que je voulais dire… Enfin, si, mais pas comme ça.

Tu t’enfonces complètement. Ferme-là.

Elle ferma la bouche le temps de remettre ses idées en ordres et de les empêcher de franchir ses lèvres avant de passer par la case cerveau. Entre temps, ce dernier naviguait en eaux troubles, sur lesquelles se dessinaient nettement la silhouette de Joachim.
De ses amis de Poudlard, hormis quelques contacts, il était le seul avec lequel elle soit encore intimement lié. Peut-être pas au point où en était Demelza et ce Resnald… mais leur relation n’avait eu de cesse d’évoluer vers une proximité qui la faisait considéré Joachim comme une partie d’elle-même à qui elle pouvait tout dire et avec qui, on pouvait être naturelle sans penser à un éventuel jugement. Elle pouvait l’accueillir en pleine nuit en pyjama rose en pilou sans ressentir la moindre gêne à lui proposer de finir la discussion sous sa couette en tout bien tout honneur. Apparemment, les discussions de cet autre couple revêtaient un costume bien plus glamour.
Et puis l’éclair de génie. La victoire de sa mémoire visuelle.

- Ah ! Mais oui ! C’était ton cavalier en Août. Au cours de cette fameuse soirée… Vous êtes restés proches toutes ses années ? C‘est incroyable !

Puis observant la jeune femme sur son sofa, les traits tirés de fatigue et d’angoisse, elle réalisa qu’elle était probablement de trop dans cette pièce.

- Excuse-moi pour les questions. Déformation professionnelle… Je vais te laisser. Je suppose que tu as besoin de calme pour... réfléchir à tout ça !

Tout en bredouillant une série d’excuses pour avoir déjà trop traînée, elle s’empara de son sac laissé dans un coin et se dirigea vers la porte.

« même si j’aurais préféré m’être empoisonnée… »

Les mots de la jeune femme lui sautèrent au visage au moment même où elle posait sa main sur la poignée. Et si elle faisait une bêtise ? Elle était impliquée maintenant. Et de ce fait, un peu responsable de Demelza.
Saoirse se retourna pour constater la mine défaite et le regard dans le vide de la jeune femme. Aussi, opta-t-elle pour une question des plus directe.

- Tu … veux que je reste un peu ? Ou tu préfères être seule ?
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