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 It’s been a long time

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MessageSujet: It’s been a long time   Mer 16 Nov - 22:00

• It's been a long time •

Mark Resnald & Demelza Worpel
Mai 2016

C’était presque comme flotter sur un nuage étrangement chaud et douillet. Ma vue était trouble, à certains moments même bien plus que d’autres, mes membres étaient engourdis et parfois secoués de spasmes. Je n’avais pas encore la tête qui tournait, peut-être plus tard quand je redescendrais. J’avais tellement chaud, et en même temps j’étais tellement bien. Cette sensation de détente que je m’autorisais à l’abri des regards indiscrets, j’en étais devenue accroc. Lorsque j’étais à Londres dans le labo de mon appartement, je n'avais pas trop de soucis, mais lorsque j’étais sur le campus, c’était un peu plus compliqué. Néanmoins, j’étais les trois quarts du temps sous l’emprise de ce mélange.

Là est l’avantage de s’y connaître en herbes, potions et philtres en tous genres. Je concocte tout ce qui me passe par la tête et je teste moi-même. Je sais bien que servir de cobaye peut s’avérer dangereux mais je ne suis pas idiote, je connais les risques. Et si par malheur mes dosages ne sont pas bons, vous me retrouverez peut-être étendue sur le sol de mon labo, avachie sur mon sofa ou sur mon lit au campus, occupée par mon dernier sommeil. Mais ce funeste jour n’est pas encore arrivé ! Et il me reste bien des choses à vivre et à tester.

Je me redressais doucement, en tous cas cela me parut durer une éternité avant de me retrouver totalement droite sur mon fauteuil. Sur la petite table à côté de moi se trouvait trois fioles, un petit récipient et une aiguille à coudre. Dans la première fiole, une potion de Confusion, dans la deuxième, une potion Goutte du Mort-Vivant et dans la troisième, une potion de Paralysie. C’était mes trois préférées. A partir de là, à moi de voir le mélange que j’allais faire, selon mon humeur. J'avais aussi en stock des potions de Sang-Froid ou autre trucs du genre. Aujourd’hui, j’avais mis une goutte de chaque dans le petit récipient, j’avais ensuite trempé le bout de l’aiguille dedans et je m’étais seulement piqué le doigt avec. Les effets étaient donc bien moindres vous vous en doutez, et parfois j'avais clairement besoin de plus. Mais pour l'instant, cela suffirait.

Finalement, je parvins à me mettre sur mes jambes. Autour de moi, le décor était sombre, principalement vert avec quelques touches de couleurs. J’étais dans mon appartement de Londres, j’avais décidé de rentrer pour le week-end, apparemment, quelqu’un avait besoin de mes services. Peu de personnes savent que je vends des potions illégalement – forcément, sinon je ne serais probablement plus en liberté vu le peu de confiance que j’accorde aux autres. Je me fichais de savoir si mon nom ou mon visage étaient connus, car les personnes que je rencontrais étaient elles aussi dans l’illégalité finalement. Toutefois j’essayais au maximum de me préserver.

Quoiqu’il en soit, j’avais eu vent de plusieurs personnes dans le besoin – ahah j’aime penser qu’on a besoin de moi – et en bonne samaritaine, j’étais venue ici à Londres afin de les rencontrer et de prendre leurs commandes. Je discute rarement via hiboux ou quelques moyens magiques, avec ce qui se trame en ce moment, tout est bien trop surveillé. Je préférais rencontrer mes clients moi-même.

Je m’empressais alors de me préparer, enfiler quelques vêtements qui trainaient là : un pantalon imitation cuir noir, un débardeur tout aussi noir et une veste courte kaki. J’étais presque chic en fait ! Je finis de lacer mes bottines à petits talons, pris mon sac contenant une cape pour plus tard, et descendis les escaliers au pas de course pour rejoindre Camden Street. J’adorais ce quartier. En fait, je pouvais même passer ici vêtue de mes vêtements de sorcière sans qu’on me remarque. Le temps était maussade. Ce serait pire lorsque je serais dans l’Allée des Embrumes.

Une demi-heure plus tard, me voilà enfin assise dans ce bar miteux dont le nom m’échappait encore. C’était quelque chose du genre Canari décapité, un truc glamour. J’étais donc là, dos à la porte d’entrée et face au bar, la cape sombre nouée autour de mon cou et la capuche relevée sur ma tête. Seul le scintillement de mon regard émeraude et le bout de mon nez en sortait. Ces temps-ci, c’était là que je fixais mes rendez-vous. Comme d’habitude, je prenais deux trois verres et je partais.

Le bar était presque vide en ce milieu d’après-midi, alors un sourire s’esquissa sur mes lèvres lorsque j’entendis la sonnette de la vieille porte retentir, et je bus lentement une gorgée de ma boisson, impatiente.

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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Mar 29 Nov - 9:52

La Douleur.

Elle était là. Constante. Brûlante. Imprégnée dans mon corps et dans mon âme. Elle ruisselait par tous les pores de ma peau et dégoulinait de ces stigmates colorées qui faisaient tant partie de moi. Mes orbes dorées fixaient ce plafond que je ne connaissais que trop bien, quand tout allait mal. Cela m'était salutaire, quelquefois.

Ici, me fracasser le crâne contre le mur frais me serait salvateur, mais je ne viendrais pas à cette solution extrême et décidais de m'extirper des draps. Je ne sus comment j'arrivais dans ma salle de bain. Face au miroir, je ne me reconnus que moyennement. Des cernes, un regard doré qui avait perdu de sa superbe. J'étais ma foi, décrépi et dans un sale état.
Je décidais que l'eau fraîche serait le réceptacle de mes douleurs crâniennes et je m'en passais sur le visage. Coupant le robinet, je pris encore le parti de me scruter encore et encore.

Tu fais peine à voir Resnald. Vraiment.

Un mot froissé écrit à la va-vite avait pris place sur ma table de chevet. Il était de la main d'Aloysius mon Médicomage. Ce dernier me certifiait par une courte missive, qu'il s'absentait. Et qu'il ne savait pas me dire jusqu'à quand. C'était à moi de me demmerder et comment dire ? J'étais à mille lieues d'aimer ça. Un autre mot avait été lui aussi, écrit de cette même main pressée, que je fixais de mon regard doré si fatigué.


Mark,
Je suis désolé. Mais je sais que Quelqu'un pourra t'aider.
PS : L'Allée des Embrumes c'est parfait pour ça.
A.S


C'était nébuleux comme à son image. Mais je n'allais pas faire le difficile et tenter de remédier à ce Mal qui me consume de l'intérieur et ce chaque jour d'autant plus. Par moments, ma résolution vacille mais Aloysius y remédie et emploie ses remèdes souvent horribles à avaler mais qui ont le mérite de fonctionner. Alors le Mal s'endort. Un moment. Pour revenir plus vite, plus fort surtout.
Jamais je n'ai eu de crise pareille, sauf une fois à Poudlard College où Aloysius m'a pris sous son aile. Et depuis, il travaille pour moi. Je le remercierais toujours sauf quand il me laisse en plan, comme ici, comme un pauvre con. La douche est sommaire mais elle me fait du bien, elle délasse ma tête et mes muscles meurtris. J'enfile un jean, un pull noir, des converses et mon blouson de cuir. Je ne sais pas où je vais, mais mes pas m'y conduisent.
Je descends quatre à quatre les marches d'escalier, entame un brin de discussion avec la concierge de l'immeuble et sors à l'air libre. Je respire une grande goulée d'air et remonte le col de ma veste sur mon cou, prêt à marcher un long et interminable moment parmi ces rues bondées d'âmes que je ne connaîtrais jamais et que je ne veux surtout pas connaître.

L'Allée des Embrumes.

C'est comme un appel et une promesse. Je pense que je trouverais ce qu'il me faut parmi tout ces sorciers et leurs business frauduleux. J'ai un déclic parmi les limbes malades de mon esprit, le mot d'Aloysius était une invitation à me rendre dans ce sanctuaire peu scrupuleux. Je souris, conscient, que le Mal disparaîtrait un peu et que mes stigmates colorées se tairaient -elles aussi- quelque peu.
On me hèle, on me propose moultes charlataneries que je refuse d'un regard doré conciliant. Faire le malin dans l'Allée des Embrumes était presque un arrêt de mort sorcier, et personnellement ce n'était pas dans mes prérogatives futures. Je poussais la porte d'un Pub si miteux qu'il m'était difficile d'imaginer du monde à l'intérieur. Une enseigne vermoulue retenue par un clou rouillé et pendouillant dans l'air ambiant, c'était presque un guet-apens.
Mais je pénétrais dans l'enceinte, préférant cet aspect crasseux à un autre et c'était parfait pour mes affaires.

Quelques personnes attablées qui se retournèrent en ma présence. Je me dirigeais vers le bar, où un homme à l’embonpoint conséquent lavait des verres -du moins il essayait-.


- Qu'est-ce que je vous sers ? M'invectiva l'homme avec un rustre accent irlandais.
- Un Whisky Pur-Feu agrémenté d'un peu de gingembre.
- On fait pas de ça ici.
- Sans gingembre alors.
- Winnie ! Un tord-boyaux pour le petit ! Et que ça saute !
- Oui Donnie ! Sortie de je ne sais où, débarquait la serveuse typique de ces bars. Rude mais jolie. Je souris quand elle mit le verre devant mon nez.

Je pus maintenant à loisir observer cette salle crasseuse où j'allais rencontrer ce mystérieux Quelqu'un dont Aloysius m'avait "parlé". J'attendais de voir un vieux sorcier, lui aussi miteux par son accoutrement mais je ne voyais rien de tout cela. Seulement une silhouette encapuchonnée, cliché d'un mystérieux deal. Elle était seule cette silhouette et elle attendait. Quoi ? Je ne savais pas. Mais je décidais d'y aller. Au pire un "client" se présenterait et j'irais voir ailleurs.
Je pris place naturellement en face de cette personne voilée et sirotais le Whisky Pur-Feu qui endormait le Mal. Merde, que c'était bon.


- Bonjour.

Autant commencer par le commencement.
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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Mar 29 Nov - 12:47

J’attendis quelques secondes que cet homme qui venait de passer la porte entre enfin dans mon champ de vision et l’observai du coin de l’œil. J’évitais au maximum de bouger la tête, et je restai concentrée sur mon verre, comme si de rien n’était. Clairement, il n’était pas à l’aise ni dans son élément ici, il y avait de très fortes chances qu’il soit en effet là pour me rencontrer. Parfait ! J’espérais bien que quelqu’un se pointe enfin ici, je m’impatiente tellement vite. Je devinai qu’il était en train de scruter la salle. Toujours à l’ignorer, je bus une autre gorgée de mon breuvage pas si mauvais, puis reposai le verre lentement sur la table en bois, exactement sur le cercle laissé par le liquide sur la table. Un brin maniaque oui.

Ah ! Enfin le voilà qui s’avance et prend place en face de moi. Parfait. Je baissais quelque peu la tête vers la table, qu’il voit mon visage le moins possible. D’ici, il pouvait distinguer mon menton peut-être bien, et mon collier évidemment. Ce collier étrange que je portais tous les jours de ma vie et dans lequel j’avais toujours une réserve de ma mixture au cas où je n’aurais pas les ingrédients pour en fabriquer. Bref, c’était vraiment en cas d’extrême urgence de dépendance finalement ! Une véritable droguée.

Une fois encore j’eus un petit sourire au coin des lèvres et je pouffai doucement en soufflant par le nez. Apparemment, j’étais censée faire tout le travail, deviner ce qu’il voulait, lui fabriquer et lui donner. Ah … Je devrais songer à augmenter mes prix dans ces conditions ! Mais soit, je bu une autre gorgée de ma boisson comme si je n’avais rien entendu, puis après une hésitation, je levai enfin les yeux vers lui pour voir si son problème était si évident que cela.

Mark ? Non pas possible. Je posai mon verre assez fortement sur table avant de baisser de nouveau les yeux. Je n’avais pas pu le voir très distinctement, et peut-être me trompai-je sur l’identité de la personne mais j’étais presque persuadée qu’il s’agissait de lui. Mark Resnald, ancien camarade de Serpentard et ancien… Comment dire cela d’ailleurs ? Ancien rien du tout finalement, il ne s’était jamais rien passé entre nous. A l’époque, il était avec cette garce de Purdey LaRoche-Elda, avec laquelle j’avais dû prendre des cours de Quidditch alors que je savais parfaitement voler, et ce dans le seul espoir de traîner avec elle et donc, avec l'équipe, dont Mark faisait partie.

A y repenser, j’étais franchement ridicule. Le coup de foudre, ça ne m’était encore jamais arrivé, je n’avais que quinze ans à l’époque. Et ça ne m’est d’ailleurs jamais arrivé de nouveau après cela. Pourtant j’ai eu quelques relations depuis, certaines sérieuses et d’autres beaucoup moins. Et j’avais toujours été capable de passer à autre chose, que la rupture soit ma décision ou la sienne. Et pourtant je n’avais jamais été capable d’oublier Mark. Comment passer à autre chose alors qu’il ne s’est rien passé et qu’il n’y a absolument rien à oublier ? Quelle page étais-je censée tourner ?

Mes mains diaphanes étaient posées sur la table, à moitié tremblantes. Je n’avais pas l’air très professionnel. Je me redressais sur ma chaise, cette dernière laissa échapper un craquement inquiétant. Toujours avec la tête à demi baissée, j’entrepris de lui donner un semblant de réponse.

- Il vous faut quoi ? balançai-je d’une voix rauque.

Évidemment, le manque de politesse et de manière était tout à fait volontaire et bien plus accentué que d’ordinaire, je ne voulais pas qu’il me reconnaisse. Mais d’un côté, j’en avais tellement envie. J’étais si curieuse de savoir ce qu’il était devenu, ce qu’il avait fait pendant tout ce temps. Comment était-il possible que nous ne nous soyons plus jamais croisés après Poudlard ? Je me doutais qu’il n’avait pas entrepris d’études supérieures. Tellement de questions se bousculaient dans ma tête !

Je levai encore les yeux, je voulais croiser son regard. Et lorsque je le vis enfin, je me rendis compte qu’il devait être vraiment, vraiment mal. Évidemment, pour venir chercher un remède jusqu’ici, il était à court d’autres idées, mais au-delà de ça, je voyais bien qu’il n’était pas dans son assiette, c’était même terrifiant. Oui, il me ferait presque peur actuellement. Ce n’était pas le Mark séduisant que j’avais croisé tous les jours à Poudlard et qui me faisait tant fondre. Il n’était plus que l’ombre de lui-même et il me tardait de savoir quel mal le rongeait ainsi !

- C’est si grave ?

Sous-entendu ‘pour que tu en viennes à te ramener dans le coin ?’ J’étais presque sûre qu’il m’avait reconnue, et si ce n’était pas le cas, peut-être sentirait-il la différence dans ma voix, le ton employé ainsi que la question tout simplement. L’inquiétude était là et je ne pouvais la cacher plus longtemps. C’était tout juste si mes mains sautèrent sur les siennes pour le réconforter. Mais à la place, je les plaçai de façon à encercler mon verre, mes yeux fixant toujours ceux de cette ombre prénommée Mark.



Dernière édition par Demelza Worpel le Mar 29 Nov - 18:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Mar 29 Nov - 17:48

J'avais toujours mal.

Mais le Mal était moindre, endormi par l'alcool qui se diffusait dans mes veines. Cela me faisait bien, du moins pendant un certain temps. Aloysius était donc parti en me prétextant un contact qu'il me fallait rencontrer dans un bar douteux en début d'après-midi.
Une petite fiole était présente dans ma veste en cuir, dernier rempart à ma souffrance. Il me restait un peu de ces potions curatives, dont seul Aloysius avait le secret. Quelques gouttes qui pouvaient endormir mon mal et me sentir mieux. Mais pour combien de temps ? Cela m'était difficile à concevoir, mais je devais passer aux choses sérieuses.
Je devais agir, sinon j'étais foutu. Je regardais mes gants de cuir noir, forteresse à mes douleurs insidieuses. Je les portais toujours, depuis mon entrée à Poudlard et même peut-être avant encore.

Ils sont toujours là. Ils avaient toujours été là.

Mon "contact" avait l'air aussi causant que moi. Nous nous ressemblions. Cela me paraissait étrange, mais tout ce que je devais avoir, c'était un remède et rien de plus. Pas de pitié, pas d'apitoiement, c'était un deal, un marché tout ce qu'il y avait de plus honorable. On me passe le remède, je paye en conséquence. C'était tout.
Mais quelque chose m'intrigue et m'interpelle. Un visage familier. Une connaissance. Ou c'était seulement mon imagination galopante qui régnait en cruelle maîtresse dans mon esprit affaibli par la Douleur. Je captais un regard. Couleur d'émeraude. Mes orbes dorées brillèrent légèrement quand je remarquais ces yeux si captivants.
Je les connaissais. C'était certain. Une autre gorgée de mon breuvage qui me fit rassembler mes idées éparses.

Je la connaissais.

C'était un fantôme du Passé. Un soupir d'antan qui me fit briller le regard. Mes orbes dorées s'illuminèrent quand je sus mettre un prénom sur ce visage oblitéré par un linceul noirâtre. Demelza Worpel. Au début, je ne sus que faire, alors je sirotais mon verre, laissant un silence oppressant entre nous deux. Elle était là, pour moi. Elle était ce contact qu'Aloysius avait et qu'il lui était difficile de m'en parler.

Pour une fois dans ma vie, je ne sus que faire. Je la regardais, détaillant encore et encore cette entité qui était là, bien réelle sous mon regard doré qui avait repris un peu de sa couleur étrange. D'aussi loin que je m'en souvienne, ce regard avait toujours été là. Tantôt magnétique, tantôt perturbant. Pour certains et certaines, il symbolisait l'Effroi. Mais pour moi, c'était sa particularité que j'aimais. Mais j'aurais aimé ne pas avoir ces tatouages -si particuliers-, qui me consument chaque jour de plus en plus.
Je m'étais bien rendu, une seule fois, chez un tatoueur sorcier mais ce dernier n'avait su que faire devant de tels stigmates. Il était resté bouché bée devant de telles aberrations, que d'ailleurs personne n'avait vraiment vues. Sauf lui. Mais le sort Oubliettes avait été salvateur.

Il ne se souviendrait pas de moi. Et je l'oublierais au fond de mon esprit.

Mon regard revint vers la salle puis se reposa sur Demelza. Où était-elle allée ? Qu'avait-elle fait après Poudlard College ? Qu'était-elle devenue ? Sa question à mon encontre fut une sentence. Si cela était grave ? Peut-être, Aloysius n'avait jamais été trop loquace à ce sujet préférant les potions curatives aux diagnostics formels.


- Je n'ai pas la grande forme. Comme tu peux le voir. Aloysius m'a parlé d'un contact mais je ne savais pas que c'était toi et personnellement je ne m'en serais nullement douté.

Saurait-elle faire quelque pour moi ? Allait-elle soigner le Mal qui me ronge ? Ou me faire payer mon insouciance à son encontre lorsque nous étions plus jeunes ? Je restais méfiant, conscient que je m'étais amusé à blesser cette jolie adolescente si peu sûre d'elle. Ici, elle avait l'avantage bien qu'elle aussi n'était pas au mieux de sa forme.

- Demelza. Comment vas-tu ? Sous-entendre autre chose. Le Passé.

- Sauras-tu m'aider ?

C'était ma plus grande crainte. Mais mon plus bel espoir.

- Soigne-moi. S'il te plait.

Une supplication. Une demande. Et autant dire que j'aimais moyennement ça de supplier les Autres.
Mais je n'avais pas le choix.
Vraiment pas.
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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Mar 29 Nov - 18:32

Perturbant.

Oui, c’était réellement perturbant de le revoir après toutes ces années. Combien d’ailleurs ? Pas moins de cinq années ! Et le pauvre Mark n’était plus que l’ombre de lui-même, il avait perdu beaucoup de sa superbe. Peut-être avait-il un jugement similaire pour moi. Après tout, j’étais tout emmitouflée dans cette cape qui clairement, me mettait nullement en valeur, j’avais abusé de mon mélange – je devrais songer à lui donner un nom tout de même – juste avant de me rendre ici. Cela se ressentait tout particulièrement à travers nos yeux, nous qui avons des regards plutôt exceptionnels. Le mien émeraude, le sien doré comme je n’en avais jamais vu auparavant. Ces deux étranges lueurs semblaient bien fades à l’heure actuelle.

Il me semblait si mal en point, que je me demande depuis combien de temps était-il dans cet état. Depuis que je le connaissais ? Faisait-il une rechute de quoi que ce soit ? Je ne l’avais jamais vu dans le coin, alors quoi qu’il me veuille, il devait forcément l’obtenir d’une autre personne avant aujourd’hui. Soit car il n’avait pas vécu ici depuis longtemps, soit, son dealer était malade ou mort, soit son souci venait seulement de faire son apparition. Mais je doutais sérieusement de cette dernière option. Bien qu’il semble se faire du mouron, je présentais bien plus de signes d’inquiétude avec mon comportement. Non, ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait dans cet état et j’étais terriblement curieuse de comprendre ce qui le rongeait ainsi.

Mes mains tremblotantes étaient toujours à leur place autour du verre, mais je ne buvais plus du tout depuis quelques secondes, trop concentrée sur sa réaction et sa réponse. Comme je le pensais, il ne m’avait pas reconnue au début, mais mon inquiétude m’avait trahie, sans parler de mon regard plongé dans le sien. Impossible qu’il ne se souvienne pas de la pauvre petite Demelza qui lui courait après à Poudlard et à laquelle il avait adoré donner de l’espoir. Mais j’étais passée bien au-dessus de tout cela. J’avais évoluée, bien heureusement. Certes, le fait de retomber sur lui me rendait toujours frêle, et je détestais cette sensation qui ne m’avait jamais manqué.

Qui était cet Aloysius au juste ? Apparemment cet homme me connaissait, mais moi je ne le connaissais pas. Finalement, ça ne m’étonnait pas tant que cela. J’aurais presque souris, savoir qu’on me connaissait, cela me faisait plaisir ! Mais la situation n’était vraiment pas aux réjouissances !

J’avais vraiment envie de l’aider. Pourtant, ce n’est pas exactement dans ma nature d’aider les gens. Je le fais simplement pour l’argent, du moins au début lorsque j’en avais terriblement besoin. Mais c’était devenu une sorte de passion et aujourd’hui, mes poches sont plutôt bien remplies, je peux me faire plaisir. Non aujourd’hui, si je continue mon petit marché noir, c’est surtout car j’aime sentir que l’on a besoin de moi, et que j’ai le pouvoir d’aider, ou non, selon mes envies. Et surtout, j’aimais le fait d’inspirer un peu de respect, à défaut d’inspirer de la crainte pour le moment.

Le fait qu’il prononce mon prénom me sortit instantanément de mes pensées. Je savais qu’il m’avait reconnue mais le fait de l’entendre le dire, c’était tout autre chose. Je crispai encore mes mains autour de mon verre et cette fois en bu une gorgée plutôt grosse qui me fit presque tousser. Il voulait savoir comment j’allais, et bien, j’allais plutôt bien en fin de compte. Seulement je n’avais pas spécialement envie de m’étaler sur ma vie alors qu’il avait l’air d’être sur la fin de la sienne.

- Bien ! fut le seul mot qui sortit de ma bouche pour répondre à sa première question. Si je saurais l’aider ? Il n’y a pas grand-chose que je ne sache faire.  

Oui cela sonnait un peu prétentieux en effet mais je me doutais qu’on restait dans le domaine des potions et cures, et en effet, il n’y avait pas grand-chose que je ne sache faire. De plus, je voulais le rassurer, quoi qu’il semblait calme avant de se mettre à me supplier. Là, mes yeux s’écarquillèrent. Mark Resnald était réellement en train de me supplier de le soigner ? Son problème devait être bien plus grave que je l’avais imaginé !

- Je vais t’aider.  

D’un coup, je n’avais plus la moindre envie d’être ici, je ne me sentais pas du tout à l’aise. Je finis mon verre d’une traite puis le reposais lourdement sur le cercle. Nous n’avions probablement pas le temps de discuter comme de bons vieux camarades, je devais savoir quel était son problème, TOUT savoir.

- Raconte-moi ce qui se passe.

J’avais baissé d’un ton et c’était plus un ordre qu’une question. Et bien que je sois frêle à l’intérieur, j’avais appris à me maitriser depuis toutes ces années et à renvoyer l’image de moi que j’avais choisie. Là en l’occurrence, celle de la femme pleine de confiance en elle, qui sait ce qu’elle fait et qui parvient à garder son calme dans les moments les plus compliqués tel que celui-ci. Je me doutais qu’il serait difficile pour lui de me parler de ses soucis, surtout à moi. A moins que cela l’aide au contraire ?

- J’ai besoin du maximum d’informations possible.

En espérant toutefois que ce ne soit rien d’insurmontable pour moi. Ce serait bien une première. J’étais toute ouïe, penchée vers lui et bien concentrée sur notre petite conversation. Il restait peu de clients mais je ne préférais pas qu’ils entendent quoi que ce soit.

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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Mer 30 Nov - 8:21

Demelza.

Le Passé personnifié, en face de moi. Le Destin pouvait être si cruel parfois. Je m'étais joué d'elle, le fera-t-elle envers moi à son tour ? M'aidera-t-elle ? Ou serais-je condamné à attendre les bons soins d'Aloysius, comme cet éternel contrat tacite que nous avions passé tout les deux.
Il est frère de Selene, une ancienne collègue et pour moi, il est le seul sauveur de ma maléfique condition. Mais pas aujourd'hui. Pas aujourd'hui. Elle était là. Elle. Et allait m'aider, car elle n'avait pas vraiment le choix et de toute façon, je n'avais personne à qui me référer à part ce "contact" qu'Aloysius connaissait.

Merde. Qu'elle le fasse.

Je crois bien que moi, Mark Resnald, j'allais lui être redevable pour le restant de mon existence, qui je l'espère sera encore longue. Je n'ai jamais su d'où venait ce Mal qui par moments, me rongeait de l'intérieur. Me brûlait même. A Poudlard College, j'ai souffert et je souffre encore. Mais jamais la Douleur n'a atteint un seuil aussi important. Mon regard doré si brillant, s'est retrouvé fané et mes stigmates colorées brillent par cette couleur mordorée qui me brûle tant.

J'occulte ce que les autres ne doivent pas voir par des gants de cuir noir mais j'ai envie de les retirer tant j'ai l'impression que mes tatouages veulent se confondre avec cette matière si réelle. Je n'ai limite plus envie de boire, j'ai envie que cela s'arrête. Le breuvage tempère les douleurs mais ne les guérit pas. Il n'y a bien que la potion dégueulasse d'Aloysius qui fait office de remède et il ne m'a jamais dit ce qu'il utilisait. Jamais. Peut-être a-t-il peur que je le remplace ? Je crois que jamais personne n'égalera la maîtrise d'Aloysius en ce qui concernait les potions curatives. Sauf peut-être, Elle.
Elle venait de me certifier qu'il n'y avait pas grand chose qu'elle ne sache pas faire ...

Parfait.

Je crois que pour une fois dans ma vie, je vais mettre mon égo -surdimensionné- de côté et lui faire confiance. Ai-je le choix ? Je ne crois plus à ce stage. Mes orbes dorées s'attardent sur cette apparition éphémère de notre Passé commun. Elle m'avait manqué. Du moins je m'en rendais compte, moi qui avais troqué mes artefacts sorciers pour travailler côté moldu. Je souris faiblement, soulagé que ma supplication a été entendue.


- Merci.

Je n'avais plus envie d'être ici, j'étouffais. C'était sûrement dû à cette fièvre qui ne se tarissait que quand elle était soignée. Ma douleur était fluctuante, telle un Serpent qui m'avait accueilli durant sept années en son sein. J'inspirais et expirais, conscient que mon état s'aggravait au fur et à mesure que les minutes s'égrainent. Demelza voulait tout savoir, mais pas ici. Je devais rester prudent, bien que mon état étrange commençait à être suspect chez certains clients. Les uns commençaient à me regarder à la dérobée et les autres chuchotaient sur notre étrange manège. On devait sortir, c'était inéluctable.

Lentement je me levais tout en fixant Demelza, de ce regard de défi qui faisait toujours parti de mon être et qui se distillait dans tout mon être tel un poison ardent. J'étais plus qu'affaibli mais je restais Mark Resnald, l'emmerdeur de service avec un sale caractère.
Je retirais mes gants, entrave manifeste et les mettais dans la poche de mon blouson de cuir. Sans me départir de mon calme, je pris Demelza par la main tout en lui chuchotant à l'oreille, pour que elle seule m'entende.


- Je préfère partir. Les gens sont curieux ici.

Je payais nos consommations au comptoir et nous sortîmes. Dehors, je pouvais enfin respirer. Mais je relâchais rapidement la main de Demelza conscient que mon Mal la toucherait peut-être. Elle était brûlante, tout comme moi. Et ma main avait laissé une marque dans la sienne ...
Une légère brûlure qui s'estomperait avec le temps mais qui était là.
Qui ne serait pas toujours là.
Je grimaçais et me pris la tête entre les mains, conscient que j'étais perdu, face à ce Mal inconnu qui dormait parfois mais qui ne s'éteindrait pas. Sauf quand je serais mort.


- Je ne sais pas ce que j'ai. Honnêtement. C'est peut-être présent depuis des années ... J'ai mal, ça me brûle. Rien ne me soulage à part les décoctions ragoutantes d'Aloysius. Sauras-tu réellement m'aider ?

Je ne mettais pas en doute ses compétences, nullement.

- Dem', fais quelque chose.
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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Mer 30 Nov - 20:49


Clairement, je n’étais pas rassurée. Vraiment pas rassurée du tout. Mais il ne fallait pas que Mark s’en rende compte. Je lui avais affirmé qu’il n’y avait que peu de choses que je ne savais pas faire, et au fond, c’était surtout pour me convaincre moi que pour le convaincre lui. Après tout, lui n’avait pas vraiment le choix, il devait me faire confiance s’il voulait s’en sortir. Et moi, je devais faire marcher ma tête et bien que cela se soit assez mal passé entre nous, je ne voulais pas le laisser tomber là maintenant. Nous serions encore à Poudlard, je me serais probablement fait une joie de l’envoyer chier, de le toiser en train de me supplier, un sourire narquois posé sur mes lèvres. Puis j’aurais tourné les talons. Je l’aurais mal vécu, car en ce temps-là, je tenais beaucoup à lui. Mais ma fierté de Serpentard m’aurait poussée à ce genre de comportement. Je ne suis plus la même aujourd’hui. Heureusement.

Toutefois, j’avais besoin du maximum d’informations afin de pouvoir l’aider. Je ne savais absolument rien du mal qui le rongeait, ni même des traitements qu’il avait pu subir avant de venir me voir. Ce n’était pas vraiment le moment de faire n’importe quoi et même si j’allais passer pour une espionne ou  je ne sais quelle curieuse, c’était pour la bonne cause. Plus j’en savais, plus Mark avait de chance de s’en sortir. Qu’il se sente redevable ou non, ce n’était pas dans mes priorités. J’avais dépassé tout cela depuis longtemps et je ne lui demandais absolument rien en retour. Les potions étaient devenues ma spécialité, j’en profitais afin de me faire de l’argent sur le dos des autres mais je n’avais pas encore eu l’occasion d’aider une personne importante pour moi. C’était le moment de briller.

Tout comme moi, Mark semblait ne plus pouvoir supporter l’ambiance malsaine de ce pub perdu au milieu de l’Allée des Embrumes. Alors que j’étais prête à l’écouter avec toute l’attention possible, je le vis se lever, sans pour autant me quitter du regard. Je restai absorbée par ses prunelles dorées, qui m’avaient toujours fascinée depuis que je le connaissais, depuis mes quinze ans. Cela faisait presque dix ans, le temps passait à une vitesse incroyable et pourtant, jamais je n’avais oublié ce regard. Il me sortit de ma rêverie en m’annonçant qu’il préférait sortir. Soit, je préférai aussi.

- Allons-y !

Je lui emboitai le pas lorsqu’il allait régler nos consommations. Il me tenait la main, c’était extrêmement frustrant pour moi. Étonnante frustration d’ailleurs. Je pense qu’auparavant nous ne nous étions jamais pris la main ainsi. D’ailleurs, je me demande même si j’avais déjà vu les mains de Mark en dehors de ses gants de cuir. C’était un peu comme sa marque de fabrique – après l’envoutante couleur de ses iris – alors qu’il les enlève et me prenne la main me fit me sentir toute bizarre. Je fus tout d’abord prise d’un étrange frisson puis réalisai que sa main était réellement bouillante. Je ne la lâchai cependant pas, et attendis qu’il me libère de lui-même une fois à l’extérieur du bar.

Ses explications quant à son problème étaient vraiment trop vagues pour qu’une idée me vienne. Il était pourtant suivi par quelqu’un non ? N’y avait-il donc aucun diagnostic ? Je ne pouvais pas réfléchir avec si peu d’éléments. Il posa de nouveau la question, si je serais capable de l’aider. Je ne répondis pas. Je pris mon visage dans mes mains quelques secondes avant de regarder le sol, comme si j’espérai qu’une illumination fasse irruption. Ce fut Mark qui me sortit de ma trance en me suppliant de faire quelque chose. Sans plus d’informations, je ne pouvais littéralement RIEN faire. Mais je ne voulais pas le paniquer. Je lui pris le bras fermement.

- Viens, on va chez moi.

Là-bas, dans mon appartement, j’avais tout mon matériel et mes herbes. Rester ici ne mènerait à rien du tout. Même si je trouvais une idée, j’aurais besoin de rentrer afin de concocter ma potion. Et je voulais que Mark puisse se poser et se sentir à l’aise. Chez moi était vraiment le meilleur endroit où aller actuellement. Le pas vif, je l’emmenais donc jusqu’à Camden, montai rapidement les quelques marches jusqu’à la porte de mon appartement et y entrai en trombes, balançant mon sac et ma cape dans un coin pour me diriger vers mes bouquins.

- Pose-toi par-là.

Je lui montrai le canapé du doigt. Un genre de vieux canapé mais tellement confortable. Il fallait qu’il se mette à l’aise le temps que je fasse le point sur la situation. Rapidement, je retrouvai une recette, assez simple à préparer. Par de brefs coups d’œil dans mon labo, je vis que j’avais tout ce qu’il me fallait et me lançai donc dans la préparation après avoir rapidement attaché mes cheveux. Durant toute la préparation, je grommelai de façon presque incompréhensible les instructions notées sur le livre.  Il ne me fallut pas plus de dix minutes pour cette potion.

Je revins rapidement vers Mark. J’étais limite essoufflée comme si j’avais monté dix étages en courant. Mon visage était brillant, collant et j’avais des mèches de cheveux qui allaient dans tous les sens. Je n’étais vraiment pas au top de mon sex-appeal là maintenant. Mais je n’en avais que faire. Je lui tendis la potion, qui était dans un tout petit verre, comme un shooter. D’ailleurs, il fallait le boire de la même manière. Car c’était vraiment dégueulasse.

- Cul-sec. C’est pour la fièvre, et apaiser la douleur de façon générale. J’aurais besoin de plus de détails pour te soigner. Si une telle chose est possible…

Je baissai la tête. Était-ce seulement possible de le « soigner » ? J’avais l’impression qu’il cherchait surtout un moyen de supporter son mal, d’allonger sa vie, et non pas de se soigner. Il savait peut-être que c’était impossible. Je posai un livre à côté de lui, contenant un bon nombre de maladies et leurs traitements. Je doutai qu’il trouve la sienne mais s’il ne voulait pas m’expliquer, il devait chercher par lui-même. Je me contenterais de faire l’infirmière.

- Si tu veux que je t’aide, tu dois m’aider toi aussi.

Allez Mark, tu veux vivre ou non ? Je me remis au-dessus de mon chaudron avec une louche afin de remplir plusieurs autres petits verres de ma mixture. Je lui en donnerais un par heure le temps de trouver ce qui l’apaisera pour de bon.
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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Jeu 1 Déc - 10:55

Demelza.

Il est certain que j'aurais préféré la revoir en d'autres circonstances. Pas une de celles où je frôle la Mort. Je l'avais déjà frôlée quelque fois mais sournoise, elle m'avait rendu à la Vie.
Alors j'étais certain d'une chose, ce n'était pas pour tout de suite. Comme à chaque fois, Aloysius abrégeait mes souffrances en m'octroyant quelques unes de ses décoctions purement dégueulasses. Pour cela, il avait la palme mais elles étaient efficaces.
Dégueulasses mais efficaces. Et je lui tirais toujours mon chapeau, les goûts étaient quelquefois différents mais c'était toujours affreux.

Je ne savais pas ce qu'il mettait dedans. Bien qu'une fois je m'étais permis de le demander, mais  c'était secret défense. Il était resté taciturne sur la provenance de ses ingrédients et m'avait donc servi un de ses cocktails affreux. Je n'avais pas réitéré ma question, sous peine de me faire fustiger verbalement.
Somme toute, je n'étais pas au courant de ce qui parcourait mon corps meurtri quand je me mettais à boire, mais cela avait le mérite de me soigner.

Je n'étais plus regardant.

Demelza m'entraînait à sa suite, chez elle. En d'autres circonstances, je me serais senti malaisé de me rendre chez mon ex-camarade de Serpentard, mais faire le timoré ne me mènera à rien. Je l'avais suppliée pour qu'elle m'aide et elle allait le faire. Je n'allais pas partir maintenant.
Je pris place sur un canapé meurtri par les âges mais étrangement confortable. Puis elle se mit à l’œuvre, savante dans son domaine. Je ne parlais pas, trop absorbé par le spectacle qu'elle pouvait m'offrir. Ma fièvre était toujours présente, mais me concentrer sur Demelza m'était salvateur. Elle avait attaché sa longue chevelure en une queue de cheval, bien plus pratique pour se mettre à concocter des potions.

Je ne me rappelais pas que durant notre scolarité commune, elle brillait par une prédisposition pour les potions. Ou alors, j'étais bien trop obnubilé par ma relation avec Purdey qui éclipsait presque tout. Mon ancienne copine rouquine était presque jalouse de toutes les filles sur lesquelles j'osais poser mon regard doré. Ou l'inverse.

Demelza en faisait partie.

Surpris et tiré de mes pensées par mon hôtesse, je vis un petit verre arriver devant mon regard doré qui ne me disait rien qui vaille. Et vu le regard de Demelza, je n'allais pas faire ma princesse face à ce truc épais et marron.
Berk. L'odeur n'avait d'égale que cet aspect kaki proprement horrible. Et je devais prendre ce breuvage cul-sec, il était certain que je n'allais pas me mettre à déguster une chose pareille.

Je me mis en tête de le boire. Cul-sec.

Elle battait Aloysius. C'était affreux, j'eus même un haut-le-cœur quand je reposais le petit verre sur le sol. Mais là aussi, ça avait l'audace de marcher rapidement. Ma fièvre semblait redescendre rapidement et ma douleur constante s'amoindrir. Et je vis le pire, elle comptait me donner plein de petits verres de son truc horrible toutes les heures que je passerais avec elle.

Merde. Mais j'allais mieux.


- C'était dégueu ! Berk. Mais ça va mieux.

Il était clair que je n'étais pas assez en forme pour courir un marathon sorcier ou voler sur un balai. D'ailleurs je n'avais plus volé sur un balai depuis Poudlard College. Mais je m'en foutais. Demelza me dit que je devais l'aider et lui dire ce qui me rongeait. Le problème était que je n'en avais aucune idée, si tant est que je devinais que mes stigmates colorées étaient la cause première de ma Douleur.
Je fixais Demelza de mon regard doré, tout en scrutant son énorme grimoire d'où pleuvait diverses annotations.


- Je vais essayer. Mais à part ... mes tatouages présents sur mon corps qui s'irradient quand vient la douleur, je ne vois que ça. Je suis allé voir un tatoueur sorcier pour qu'il me les enlève, mais il n'a pas voulu. Conscient que c'était un trop gros challenge.

Et c'était vrai. Après mon passage éclair dans son salon, le tatoueur avait fermé ses portes et plié bagages. Il n'était pas revenu et avait mis en vente son office.

- Aloysius me soulage par des breuvages comme les tiens. Mais je ne sais pas si ce que j'ai est guérissable.

Je suis Maudit.
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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Jeu 1 Déc - 16:56

Je l’avais observé en train de boire cette affreuse potion. Et comme prévu, je pu voir son visage se déformer d’une grimace horrible, résultat logique quant au gout infecte de cette potion. J’en prenais moi-même quand ma tête me faisait mal. C’était réellement la pire douleur que je pouvais avoir. J’évitais en temps normal de me gaver de potions, sachant que je me drogue déjà avec un de mes mélanges… Mais les maux de têtes étaient tellement insupportables que j’étais dans l’obligation d’ingérer ces choses. Avec l’habitude, ce n’est pas que je ne sentais plus le gout mais, je l’avalais tellement rapidement que je le sentais tout juste et contrairement à Mark, je n’avais plus ces nausées immédiatement après.

J’avais entendu parler d’un produit similaire que les Moldus avaient mis en place. Peut-être que Mark en avait déjà vu mais pour moi, il s’agissait d’un mythe, d’une légende incroyable.  On m’a dit que les Moldus possédaient des genres de laboratoires, presque comme le mien mais peut-être un peu plus propres et mieux rangés, et qu’ils fabriquaient eux-aussi des remèdes à leurs maux. Si je me souviens bien, on pourrait considérer ce que je venais de faire boire à Mark comme quelque chose nommé ‘Paracétamol’. Mais évidemment, ma mixture agissait bien plus rapidement. Il s’agissait de magie tout de même. On nous appelait les sans-baguette, pas sans-magie.

Et l’effet recherché était là : il allait mieux ! Ouf, j’étais rassurée alors que pourtant, j’étais certaine d’avoir préparé la potion comme il le fallait. Aucune raison d’être surprise. Douterais-je de mon talent ? Seulement aujourd’hui, alors que la vie d’une personne importante était en jeu. Je n’avais pas l’habitude de travailler sous une telle pression et j’espérai ne pas foirer par la suite.

- Parfait. Si tu veux éviter que cela devienne une boisson régulière, tu vas devoir être précis dans ton explication.

Je savais qu’il avait du mal à me raconter ce qui lui arrivait et c’était normal, après tout, j’aurais très bien pu l’empoisonner pour me venger de tout ce qu’il s’était passé entre nous. Mais je n’avais plus quinze ans voyons ! J’espérai que le gout infecte de ma mixture le motive vraiment à cracher tout ce qu’il savait sur ce qui le rongeait, ainsi, je trouverais rapidement une solution et nous serions quittes. Enfin non, il n’avait rien fait pour moi. Mais bref, là n’était pas la question !

Un tatoueur sorcier, des tatouages qui irradient ? Waow, je n’avais jamais entendu parler de ça. J’ignorais encore tant de choses, c’était presque navrant. Tout d’abord j’écarquillai les yeux en écoutant ce qu’il me racontait, puis je me repris. Il fallait avoir l’air d’une connaisseuse pour qu’il me prenne au sérieux. Même s’il n’a d’autre choix que je me faire confiance. Et donc, qu’avait-il concrètement ? Ses tatouages se mettaient-ils à le brûler ? Quelque chose du genre ? Ma potion allait clairement soulager ce genre de douleur qui se transformerait peu à peu en picotement à peine gênant. Mais à terme, il nous fallait quelque chose de plus radical, ou du moins, beaucoup plus long. Surtout que le corps s’habitue bien trop vite à cette potion, et à force, elle n’aurait plus assez d’effet.

Il ne sait pas non plus si c’est guérissable. A vrai dire, je m’en doutais. Sinon il ne serait pas là, ça me semblait assez évident ! A moins que les ingrédients soient bien trop compliqués à réunir pour concocter la potion qui le soignerait totalement. En résumé : il avait donc des tatouages magiques qui se mettaient à irradier sur son corps et le faisait souffrir le martyr. Pour la douleur, nous avions déjà gagné un peu de temps. Mais au fait, où étaient ces fameux tatouages ? Je n’osai pas lui demander.

- On trouvera quelque chose.

J’avais parlé avec conviction. J’aurais pu faire actrice finalement. Il y avait probablement plus de chance de me faire bouffer par une de mes plantes que de trouver quelque chose à faire au sujet de Mark. Mais bon, l’espoir fait vivre, comme disent les Moldus.

J’étais revenue à ses côtés, je ne savais pas si ma présence l’aidait mais moi je préférai être contre lui à cet instant. Du moins en face, car j’avais pris un de mes tabourets pour m’installer pile devant lui, nos jambes entremêlées. Soudainement, je lui pris la main. Je voulais simplement vérifier que la température avait baissée. Oui, j’aurais pu poser ma paume contre son front, mais ses mains m’avaient semblé tellement brûlantes tout à l’heure. C’est là que je vis le tatouage sur son poignet. Il n’avait pas l’air d’irradier ou quoi, il avait juste l’air d’un… tatouage très normal. Je remerciai intérieurement l’administration de Poudlard de s’être trompée dans mes papiers pour me mettre en classe de Potion avancée. J’avais dix-sept ans à ce moment-là et enfin, j’avais trouvé ma vocation qui me permettrait de sauver Mark.

- Pourquoi as-tu fait ces tatouages au juste ? Ils ont réellement quelque chose de magique ? C’est peut-être leur pouvoir que tu ne supportes pas…

De toute façon, comme il l’avait précisé, le tatoueur avait refusé de les lui enlever. Pourquoi donc ? C’était étrange tout de même. Je me demandai donc s’il en avait d’autres, afin d’évaluer la grandeur de son Mal. Mais j’étais déjà persuadée que c’était le cas. Il ne serait pas dans cet état pour des douleurs aux poignets bien évidemment. J’imaginai donc qu’il en avait probablement sur tout le corps. Seigneur... Quelle idée.

- Tu en as d’autres ?

Question rhétorique qui voulait plutôt sous-entendre ‘fais voir les autres’.

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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Mer 7 Déc - 10:31

Mes tatouages.

D'aussi loin que je puisse m'en souvenir, ils avaient toujours été là. Toujours là. Ou du moins, lors de mon entrée à Poudlard College, le jour de ma onzième année. J'étais resté intrigué face à ces stigmates colorées qui avaient pris place sur mon corps d'adolescent.
Mes tatouages étaient au nombre de trois, singulières cicatrices colorées qui m'irradiaient tant leur Douleur était forte. Je n'ai jamais compris comment de telles choses pouvaient faire aussi mal. C'était beau à regarder, surtout quand je n'avais pas l'impression que l'encre voulait entrer dans ma peau mate. C'était une sensation étrange, comme si mes trois stigmates colorés faisaient front commun pour tenter de me posséder et de ne me réduire qu'à un seul réceptacle de leur étrange Magie.
C'était peut-être de la Magie qui coulait entre mes veines en ce moment précis, Magie que je ne pouvais contrôler et qui se déchaînait comme telle.

La Douleur. La Souffrance. La Fièvre.


L'Orobouros. Le Caducée. Le Loup hurlant à la Lune rousse.

L'Orobouros était présent sous mon poignet gauche, le Caducée sous mon poignet droit et le Loup hurlant à la Lune rousse, symbole de ma Dynastie BloodDust décadente était présent dans tout mon dos. C'était donc aussi pour cela, que le spécialiste tatoueur chez qui j'avais voulu trouver refuge avait vite déchanté. Supprimer des pièces pareilles présentes sur n'importe quel corps, qu'il soit Sorcier ou encore Moldu était atroce. Et il n'avait pas voulu essayer. De peur de me faire mal.
Mais il ne savait nullement l'échelle de Douleur que représentait ces tatouages. Ils étaient si ancrés en ma personne, qu'ils faisaient parti de moi. Littéralement. Et qu'il m'était impossible de me soigner. Ou peut-être existait-il une solution radicale ? Mais je n'avais peut-être pas envie de saisir cette option.

Elle était là.

Elle m'avait fourni ce qui calmait un tant soit peu ce qui me consumait. Elle avait réussi. Étrangement, la voir si proche de moi me dérangeait. Surtout quand elle se mit en tête de prendre mes mains dans les siennes. Elles étaient douces et fraîches, comme les miennes. Mon regard doré restait planté dans les orbes couleur si particulières de Demelza. Je n'avais jamais remarqué ces pigments émeraudes présents dans ses iris. A cet instant, elle était si proche de moi que mon palpitant s'emballait. Or, je me reprenais conscient que ce n'était pas le moment de défaillir. Je devais être soigné et faire le joli cœur envers mon ancienne camarade, n'était pas approprié dans cette situation.
Mais elle avait changé. Elle était devenue une femme sûre d'elle et de ses capacités. Elle rayonnait, mais comment pouvais-je savoir qu'elle ne voudrait pas m'empoisonner surtout avec ce que je lui avais fait subir durant tant d'années ?

Il m'était difficile d'entreprendre la voie de la rédemption, mais il était peut-être temps que je le fasse. Être moins con.


- Désolé.

Ce simple mot lâché du bord de mes lèvres mates n'était pas une réponse à tout. Au contraire. Mais il était un commencement. J'avais envie de la faire taire en l'embrassant sauvagement comme j'aurais du le faire, il y a de cela quelques années. Car ce n'était pas Purdey qui m’intéressait ...

- Je ne les ai pas voulus. Je ne les ai pas choisis. Ils sont là depuis ma onzième année, il me semble. C'est un peu nébuleux. A Poudlard College, j'ai appris à vivre avec mais maintenant ...

C'était vrai. J'avais eu la désagréable impression qu'ils étaient endormis et irréalistes. Mais maintenant, ils s'étaient réveillés. Et me le faisait payer.

- J'en ai un autre.

Elle avait vu ceux de mes poignets, il lui restait à voir ma Honte. Ma peau marquée à l'encre par cette Dynastie décadente dont je reste encore l'Héritier. Sans un mot, je me mis à retirer mon haut. Lentement.
Je pouvais maintenant lui offrir la vision de mon corps musculeux mais meurtri dont le dos était à jamais gâché par cette énorme chose qui qualifiait mon appartenance à l'une des familles de Sorciers les plus influentes de Grande-Bretagne.
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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Mer 7 Déc - 15:02

J’observai ses tatouages un peu plus en détails. Ils étaient plutôt beaux, mais je ne comprenais toujours pas pourquoi il les avait et surtout, ce qu’ils signifiaient pour lui. Ces dessins avaient-ils chacun une symbolique liée à un pouvoir bien spécifique ? Clairement, ils étaient magiques, mais à quoi servaient-ils ? Je me posais beaucoup de questions et la ride du lion présente sur mon front trahissait cet intense questionnement qui se passait à l’intérieur de ma petite tête. Mais j’étais curieuse et je l’avais toujours été, c’était une caractéristique qui ne m’avait jamais quittée. Je ne saurais dire s’il s’agissait d’un défaut ou d’une qualité mais les faits étaient là : j’étais bien curieuse. Je supposais que cela m’avait été particulièrement utile dans ma scolarité, autrement je ne serais pas en mesure d’aider Mark actuellement.

Lorsque j’entendis ce dernier s’excuser, je ne compris pas immédiatement. De quoi parlait-il ? Il n’avait rien fait de mal à ce que je sache, si ? Cela n’allait pas aider ma ride qui allait vraiment finir par creuser des canyons sur mon petit front diaphane. J’eus un instant de réflexion – encore. Peut-être qu’il souhaitait s’excuser sur ce qu’il s’était passé entre nous à Poudlard ? Je pensais qu’il était passé au-dessus de tout ça, après tout, même moi j’étais passée à autre chose. Ce n’est pas le genre de chose qui pouvait nous freiner de nos jours. Nous étions jeunes et cons, voilà tout. Nous ne savions rien de la vie, maintenant nous en savons un peu plus tous les deux. Nous avons fait un petit bout de chemin chacun de notre côté et le destin nous réunis aujourd’hui pour que je lui sauve la vie. Tout se passe probablement dans l’ordre des choses.

Mais clairement, même si je n’avais pas besoin de ses excuses, je les appréciai. Au moins il reconnaissait ses torts, chose que moi-même j’avais toujours eu beaucoup de mal à faire. Et d’ailleurs, même si j’avais probablement une part de responsabilité quelque part dans cette histoire, je serais toujours la dernière à m’excuser – à moins que je préfère carrément ne pas m’excuser du tout. Oui, je préférais cela. Je n’étais pas certaine à cent pour cent que c’était bien à tout cela qu’il faisait référence. Mais je me lui répondis tout de même pour ne pas qu’il regrette d’avoir prononcé ce si simple mot mais si compliqué à sortir quand on le pense réellement.

- Nous étions des gosses...

Oui, le fait que nous étions encore des enfants à ce moment-là excusait tout de même pas mal de choses, mais pas tout, certes. Néanmoins, c’était chose passée et il n’y avait aucune raison de revenir dessus, surtout maintenant. Nous avions tous les deux survécu et aujourd’hui j’avais une vie presque stable qui me convenait parfaitement. Ce n’était pas comme s’il m’avait gâché la vie non plus. Et je supposai qu’il en était de même pour lui. Mis à part son problème de tatouage, il n’avait pas l’air mal en point, mal habillé ni quelque chose du genre. Il devait probablement réussir sa vie lui aussi, plus ou moins, j’en étais persuadée.

Mais pour en revenir aux tatouages justement. Il m’affirmait ne pas les avoir voulus. C’était improbable. Comment quelqu’un pouvait-il nous forcer à faire un tatouage ? Cela n’avait aucun sens. Il me parlait de sa première année à Poudlard et de ses dessins encrés comme s’ils étaient apparus soudainement. Était-ce seulement possible ? Avec la magie, je me dis bien que peu de choses sont impossibles mais là, tout de même, ce serait étonnant. Et ses parents, ils n’avaient rien dit de toute cette histoire ? A vrai dire, je ne savais pas grand-chose – voire rien du tout – sur la famille de Mark, ni même lesquels de ses membres étaient vivants.

Il en avait un autre. Un seul ? S’il faisait la même taille que ces deux-là, leur douleur devait vraiment dépasser mon entendement s’il ne parvenait pas à tenir vue les petites surfaces. Je me demandais bien où se trouvait se dernier dessin. Je n’avais pas imaginé une seule seconde voir Mark Resnald en train de se mettre à poil juste devant moi. J’étais pétrifiée sur place alors qu’il enlevait doucement son haut. Il fallait se contenir. Oh mon dieu, il était si beau et moi, quel spectacle étais-je en train de lui offrir ? Celui d’une pauvre fille mal fringuée, de la sueur plein le front et des cheveux en bataille. J’eus un peu honte de moi sur le coup, mais me repris assez vite, là n’était pas la question ! C’était le tatouage la question.

Je vins m’installer sur le canapé juste à ses côtés alors qu’il se tournait pour me montrer son dos. J’en restai bouche bée. Le tatouage recouvrait toute la surface ! Il était juste immense ! Je compris tout de suite mieux pourquoi personne n’avait accepté de le lui retirer. Cela devait prendre une éternité et surtout, faire souffrir le martyr. Peut-être pas autant qu’il souffrait actuellement, ça je n’en savais rien. Je m’approchai un peu plus de lui avant d’observer ce tatouage un peu plus en détail. Tout comme les deux autres, il paraissait tout à fait normal. Je supposai que cela changerait dans quelques minutes lorsqu’il lui faudrait de nouveau ingurgiter ma potion. J’avais bien envie de voir ça afin de l’étudier mais pas envie de le voir souffrir. Nous verrons bien comment cela se déroulera.

- Waow. Il est… magnifique…

Je ne pus m’empêcher de dire cela à mi-voix alors que mes mains glacées s’approchaient de sa peau. J’avais terriblement envie de le toucher mais aussi de toucher ce tatouage. Ça n’avait même plus aucun intérêt médical, je le trouvais vraiment beau et on aime toucher ce que l’on trouve beau. Pour le coup, c’était du deux en un ! Le beau Mark, et le beau tatouage. J’avais peur que cela lui fasse mal. Toutefois, le bout de mes doigts entrèrent finalement en contact avec la peau encore chaude du brun. Ils glissèrent doucement des côtes jusqu’aux hanches avant de remonter la colonne jusqu’au milieu du dos. C’était vraiment un travail incroyable. J’étais de plus en plus curieuse quant à son origine.

- Tu sais ce que symbolise ce loup ?

Il ne savait peut-être pas sa provenance, mais il connaissait peut-être sa signification ? Je l’espérai et j’aurais bien été motivée pour enquêter à ce sujet par la suite. On ne savait pas qui lui avait fait cela, mais cette personne n’avait apparemment pas l’air de lui souhaiter du bien. Il fallait trouver qui lui avait infligé ça si on voulait avoir une chance de l’en débarrasser. Je ne voyais aucune autre solution – durable tout de moins. Lui inventer une potion pour baisser la douleur à court ou long terme ne règlerait jamais le problème de fond.

Alors que mes mains parcouraient son dos, j’eus la terrible envie de me rapprocher encore de lui mais n’osai pas. Nous ne sommes plus des enfants, pensai-je. Cela n’aurait donc rien d’aussi innocent qu’à l’époque si nous venions à nous rapprocher plus que cela. Mais c'était tellement tentant.

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Le Paria

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MessageSujet: Re: It’s been a long time   Mer 7 Déc - 17:38

Face à Elle, j'étais à nu.

Littéralement. Outrageusement. J'avais donc retiré le dernier rempart de tissu qui dévoilait ce que j'abhorrais. Elle était la seule en qui j'avais confiance et à qui je les montrais. Depuis ma onzième année, Ils sont là. Insidieux, troublants et douloureux.
Si douloureux que parfois il m'était impossible d'y penser autrement. Elle voyait de l'Art, j'y voyais de la Souffrance. Purdey ne les avais jamais vus, je m'étais fait un malin et doucereux plaisir à les lui occulter. Elle ne connaissait que mes gants de cuir noir et je ne m'étais jamais dévêtu devant elle. Du moins, pas en pleine lumière.
Je m'étais excusé face à Elle, face à cette Demelza d'antan que j'avais torturé. Comme un con, je m'étais réduit à la faire souffrir, conscient qu'elle m'appréciait bien plus qu'elle ne l'aurait voulu. Que je l'aurais voulu.

Nous étions des gosses ...

C'était vrai. Jamais elle ne sut comment était ma famille. D'ailleurs je n'étais pas certain qu'elle sache mon ascendance et ce qui en résultait. J'étais l'Héritier BloodDust, d'une branche primaire et d'une famille qui l'était tout autant. Ma famille ne brillait pas par ses actes héroïques, elle ne connaissait que la traitrise et la sordide manipulation. Et savait éliminer des éléments gênants, quand il le fallait.
Après ma dernière année à Poudlard College, j'étais parti. Mon diplôme en poche et quelques Gallions en moins, j'avais eu pour projet de voir ce que le monde pouvait m'offrir. Et j'avais failli y rester. La Dynastie BloodDust, étant moyennement convaincue de mon départ précipité. Elle avait tout fait pour tenter de m'évincer de la surface de la Terre par des moyens qu'il m'était difficile de repenser. Mais par une pirouette ingénieuse, j'avais réussi à m'extirper de leurs filets.
Mais ce qu'ils avaient fait sur mon corps, est et serait toujours là. Il n'y avait aucun moyen de faire disparaître ces artefacts. J'avais bien essayé mais rien n'avait fonctionné. Je devais vivre avec ce qui me rebutait.

Demelza avait fait des prodiges, je n'avais plus mal. Du moins, jusqu'à ce que cela revienne. Mais je devais la remercier pour cela, j'étais tranquille même si cela s'avèrerait de courte durée. Puis vint le moment, où elle se mit en tête d'étudier mon tatouage dorsal sans mot dire. J'expirais lentement, tandis que ses doigts courraient sur ma peau mate. Elle était douce dans ses gestes mais c'était un vrai supplice. Jamais Purdey ne me fit un tel effet. Je fermais mes orbes dorées profitant de chaque instant qu'elle pouvait m'offrir. Car il n'y avait bien qu'elle qui avait pu les toucher, mes Hontes colorées.
Je savais ce que symbolisait ce Loup hurlant à la Lune rousse.
Il montrait mon appartenance et ma marque au fer rouge face à cette Dynastie décadente.
Je le haïssais.


- Le Loup est le blason de ma Dynastie, dont je suis le dernier représentant. L'Héritier. Mes deux parents sont morts dans d'étranges circonstances et je n'ai jamais pu en savoir plus. Mais je sais que c'est cette Dynastie décadente qui les a tués. Je le sais.

Il m'était vraiment difficile d'oser dire tout ceci, alors que finalement elle m'était inconnue. Mais je savais une chose, Demelza faisait naître en ma personne une fièvre brûlante que je me devais d'éteindre. Pour notre bien à tout les deux. J'avais été un idiot pendant de longues années pour l'avoir fait espérer à mon encontre et je me retrouvais là, à la supplier car je n'étais pas foutu de savoir où se trouvait mon Médicomage attitré. Pour la première fois de ma vie, j'étais mal à l'aise.
Mon regard doré accrocha celui de Demelza lorsque je me retournais face à elle. Elle était belle, magnifique même. D'une radieuse beauté qu'il m'était difficile de qualifier. Elle était sauvage et j'avais une envie furieuse de plaquer mes lèvres sur les siennes.

Mais je ne dois pas. Pour notre bien à tout les deux.

Oh et puis merde ! Je n'avais jamais écouté ce qui avait été ma Conscience durant toutes ces années, ce n'est pas aujourd'hui que ça allait commencer. Lentement, je dégageais une mèche de la chevelure sombre de Demelza qui occultait son doux visage, et je la regardais. Longuement. J'agissais toujours sur une impulsion, un mauvais coup de tête. Souvent cela s'avérait probant, d'autres fois beaucoup moins.
Mais la revoir ainsi, faisait naître d'étranges sentiments qu'il m'était difficile de contrôler.
Et je compris une chose, ce n'était pas Purdey avec qui j'aurais du être.
Ce n'était pas elle qui me convenait.
Ce n'était pas Purdey.

J'approchais doucement mes lèvres de la bouche pulpeuse et vermeille de mon ancienne camarade Serpentard pour un chaste baiser. Chaste baiser qui se mua en un beaucoup plus avide, plus torride. Démontrant à lui seul quelque chose qu'il m'était difficile d'avouer.
Elle m'avait manquée. Elle avait une place dans mon cœur qu'il m'était délicat d'admettre.
Ce baiser, j'y mis fin, conscient qu'il était déplacé. Que j'avais été encore con de lui faire espérer.


- Hm.

Je n'avais jamais été très loquace en ce qui concernait les échanges amoureux et je ne crois pas que c'était encore prêt de changer. Mais elle me plaisait. Vraiment.

- Désolé. Herm, je m'excuse vraiment beaucoup aujourd'hui.

Humour de merde et vanne pourrie.
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