Météo du Moment

Nous sommes en juillet 2017. 

L'Écosse organise la première
édition du festival de
Greenock.
De nombreux moldus ont
répondu au rendez-vous.
Ils ignorent que parmi eux,
Et sur l'impulsion d'Adam
Campbell, des sorcières et des
sorciers participent eux aussi
au festival.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Un mouvement de panique a été enregistré sur le chemin de traverse le 24 février 2017.
Venez rejoindre le sujet commun Panique sur le chemin de Traverse!

Pour ramener Shawn Evans sur le forum
Tapez #1
(Si tu pouvais ramener tes fesses maintenant qu'on a tous tapé 1!)

Miss Shepherd,
ce n'est pas beau d'espionner les gens...
Le festival de Greenock
n'attend plus que vous! Il est temps de poster!

Campagne de dons entamée:
#BuyEzioShepherdaMac

Il semblerait que ce soit plus urgent que jamais...

WAKE UP TOUT LE MONDE!

On s'endort! Tous à vos claviers pour éviter le naufrage!

Monsieur Menroth ,
Nous vous avons à l'oeil...

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 Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|

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MessageSujet: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Lun 14 Nov - 22:53

- Elle est fantastique tu verras !! Elle a tout ! Absolument tout !
- Saoirse, c’est bon, je gère.
- Non, non, non, tu gères rien du tout, là. Tu m’as demandé de l’aide oui ou non ?
- Pour tout dire…pas vr….
- Tais-toi, c’est oui.

Regard hyper persuasif à l’appui. Il avait toujours du mal à résister à celui-là. Elle en profita, au passage pour scruter le visage de son frère. Il avait toujours grise mine, mais ça allait clairement mieux. Sauf qu’elle n’allait pas trop lui faire remarquer, histoire qu’il ne lui pousse pas des ailes soudainement, et qu’il lui file à nouveau entre les doigts. Il esquissa un petit sourire signalant qu’il n’était pas dupe, auquel elle répondit d’une légère grimace. Il était là chaque fois qu’il lui tombait un œil alors, interdiction de la priver de s’occuper de lui ces trois pauvres jour-là.

- En plus, regarde, c’est tout comme tu aimes, une jolie entrée moldue, comme tout le monde !

Bon, ok, ça c’était peut-être de trop. Mais elle était tellement ravie d’être là avec lui, d’avoir réussi à le traîner (littéralement) jusque-là. De pouvoir, enfin, lui présenter une petite partie de son monde à elle ! Elle était, de plus, certaine que Brenna lui plairait. Peut-être prendrait-il très légèrement peur au début, le côté tornade rousse pouvait être dévastateur sur les gens comme lui. Mais, au fond, elle lui plairait forcément. Brenna respirait la gentillesse, la bienveillance et la franchise. La côtoyer était un baume au cœur qui enchantait Saoirse à chacune de ses visites à la boutique. Elle savait trouver les mots, toujours et débordait d’une énergie si communicative, qu’elle vous regonflerait une montgolfière en voie de crevaison, rien qu’en la regardant droit dans les yeux. Les deux femmes avaient peu à peu noué des liens plus profonds, en particulier depuis l’histoire avec Meghan. En bonnes conspiratrices, elles avaient, chacune de leur côté, tenté de trouver le moyen d’innocenter leur jeune amie et peu à peu, s’étaient laissé aller à quelques confidences.

Bien... resterait à expliquer à Ezio pourquoi et comment Brenna connaissait une grande partie de sa vie. Pas tout, évidemment. Vu que de son côté, elle en ignorait une immense partie (n’est-ce pas ?), elle n’avait évidemment pas pu tout raconter. Finalement, si on y pensait bien, elle n’avait pas tant de choses à dire sur lui. Elle avait tout de même préservé certaines choses, question de respect. Peut-être qu’en se concentrant très fort, elle réussirait à faire passer le message à Brenna qu’il était nécessaire, voir vital, de rester discrète sur ce sujet ?



Deux jours plus tôt.


Il était tard ce soir-là, lorsqu’elle rentra. Genre le trop tard qui donne mal à la tête et file à l’apéro un goût de vengeance. Accompagnée du bruit de ses bottes sur le parquet du palier, elle avait l’impression de faire autant de bruit qu’un troupeau de sombrals en plein galop. Elle n’aurait pas été surprise de voir quelques portes s’ouvrir sur son passage pour lui intimer  d’être plus discrète. Ce qui, en un sens, lui aurait donné l’impression d’exister un peu. Elle redoubla d’intensité talonnesque. Elle venait de passer la journée à tenter de convaincre son chef qu’il y avait là quelque chose d’important. Ce qu’il prenait pour des rumeurs de bas étages l’intriguait, elle, au plus haut point. De nombreux sorciers se plaignaient de l’attitude étrange de leurs voisins moldus depuis peu. Ces derniers paraissaient plus soupçonneux.

Au lieu de cela, il venait de lui confier un dossier plus lourd qu’elle (pas bien dur, ok) sur un jeune scientifique se lançant à son tour dans les dures lois de la magie temporelle. Il lui faudrait probablement la nuit (et beaucoup d’aide, voir un miracle) pour décrypter ne serait-ce qu’un tiers du quart de la moitié des formules présentes dans le dossier. Chouette soirée en perspective. Joyeux lendemain en ligne de mire. Arrivée devant sa porte, une feuille audacieuse s’échappa de la liasse et la nargua en allant voleter devant la porte de son voisin.

Si elle en avait plusieurs (de voisins), celui-là avait l’incroyable particularité d’être un homme charmant et éloigné des psychopathes auxquels elle avait habituellement à faire. Du moins, pour l’instant. Ces choses-là ayant la faculté de révéler leur nature vraie au moment même où vous baissez votre garde. Ils s’étaient vus plusieurs fois, sur l’escalier de secours qu’ils partageaient, il y a quelques mois de cela en compagnie d’un minuscule hibou, puis pour un café, un autre encore, puis quelques dîners. Néanmoins, à chacun de leurs pseudo rendez-vous, ils avaient été interrompus pour des raisons plus ou moins abracadabrantesques de leur part à tous les deux. Elle en vint même à soupçonner qu’il était ce fameux Clark Kent qui passait au cinéma moldu en ce moment. Elle l’imaginait parfaitement ayant une double vie de bon voisin le jour, et héro la nuit. Elle l’aimait bien. Et il semblait bien l’aimer en retour. Mais rien ne se passait jamais comme prévu et elle avait pris comme résolution de ne plus attendre quoi que ce soit, au niveau sentimental. Allant de déboires en débâcles, elle apprenait peu à peu à vivre seule et s’en sortait de mieux en mieux, redorant sa confiance en elle trop souvent piétinée par la gente masculine.

Elle avisa la feuille taquine, lui offrit un sourire narquois, jeta un œil à la ronde et extirpa sa baguette dans un élan d’audace. Le couloir était sombre, il n’y avait personne. Un petit coup sec et hop, l’affaire fut dans le sac et la feuille dans le dossier.

- Et bien bravo… fit une voix lasse dans son dos.

Elle sursauta, frôla au passage la crise cardiaque et écarquilla les yeux pour distinguer dans la pénombre une paire de grandes jambes assise dans l’escalier qui montait à l’étage supérieur. Elle avait immédiatement reconnu la voix, mais fut soulagée d’apercevoir le visage qui allait avec, lorsqu’il se releva. Elle lâcha le dossier au sol dans un vacarme qui en disait long sur son poids (au dossier) et se jeta dans ses bras avec tant de force qu’elle le sentit vaciller malgré la différence notoire de taille.

- Tu m’as fait peur, idiot.

Nichée, au creux de ses bras, elle crut entendre une porte se refermer doucement sur un nouvel acte manqué.

Et scrouuuuuuuut. Tant pis.

Elle inspira profondément une grande bouffée de son odeur. Le grand air, le vent et une note d’agrume : Ezio. Une vague intuition lui rappelait qu’elle était supposément (encore) en colère contre lui mais, impossible de remettre le doigt sur les raisons.

- Mais tu es brûlant !

Bouse. Voilà qu’on y était. Elle était sa mère. Enfin, leur mère. Même intonation, légèrement accusatrice (entendre par là « qu’as-tu fait encore pour en arriver là ?? ») et certainement, même ride du lion sur le front. Elle filait donc du mauvais chaudron. De son côté, il soupira bassement, sans se dégager d’elle, une preuve de plus ! Elle se recula, soucieuse et envoya une main à la rencontre de son cou pour confirmer ses dires.

 - Je peux passer la nuit chez toi ?

S’il lui avait annoncé que Noël avait été avancé de deux mois, elle n’aurait pas été moins surprise que face à cette indolence, cette absence de démenti et de commentaires supplémentaires à propos de la magie dans le couloir. Franchement inquiète cette fois-ci, elle hocha la tête et envoya un coup de baguette en direction de la porte qui s’ouvrit dans un cliquetis.

- T’as les clefs non ? Pourquoi t’es pas rentré au lieu de m’attendre dans le couloir? T’es malade ?

Vague haussement d’épaules pour toute réponse, elle n’en attendait pas moins et le regarda ramasser son sempiternel sac pendant qu’elle rangeait (à sa façon) le dossier éparpillé. Frère, feuilles et sac regagnèrent le petit appartement et échouèrent chacun à leur place : canapé, table, sol. A vous de trouver.




- Tu vas voir, elle fait un thé à tomber raide.

Argument imparable non ?
Soudainement, elle fut atrocement curieuse de savoir ce que pourrait bien prédire Brenna dans la tasse de thé d’Ezio. Jusqu’à présent, elle n’avait pas encore accepté de se prêter au jeu de la divination, trop refroidie par les étranges prédictions de leur mère depuis leurs naissances et par les rêves anxiogènes d’Ezio, qui avaient parfois tendance à être trop réels à son goût.

Imaginons qu’elle te prédise que tu vas mourir demain. Tu fais quoi avec ça ?
Elle tapa, soigneusement ses bottes à l’entrée de la boutique, jeta un dernier coup d’œil à son frère pour s’assurer qu’il n’avait pas pris la poudre d’escampette pour suivre un papillon (ou pire, fuir) et poussa enfin la porte de l’herboristerie.


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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Jeu 17 Nov - 23:18

- Voilà qui achève de me convaincre.

Il comprenait parfaitement que le thé puisse être une boisson réconfortante. La chaleur, le goût sucré parfumaient littéralement le corps entier de visions de cheminée et de bien-être. Mais pourquoi donc les gens pensaient-ils pouvoir tout résoudre avec un thé ?

Hésitant fortement entre exaspération et amusement, il finit par esquisser un sourire en coin avant de prendre la suite de Saoirse et de pénétrer dans la fameuse boutique.
Brenna Quinn était un nom qui revenait souvent sur les lèvres de sa sœur et sa mère. Les deux femmes se fournissaient en ingrédients divers chez elle, et sa mère était tout particulièrement enchanté de la qualité de ses accessoires de divination. Le thé, une fois encore, avait la côte.
Et lui qui avait nettement tendance à préférer le café…



Les clefs ? Il avait les clefs ?
Il avait les clefs.
Quelque part.

Il se souvenait vaguement d’un début de conversation qui avait dû être catastrophique au point de la faire renoncer à la poursuivre, c’était pour dire. S’en étaient suivis quelques épisodes de brouillard et probablement la plus longue nuit qu’il ait jamais connue, entrecoupée de rêves plus étranges les uns que les autres. Une main réconfortante et quelques paroles douces, parfois...
S’il était à peu près certains d’avoir beaucoup parlé au cours de la nuit, il n’avait pas grande idée de ce qu’il avait pu raconter, et était reconnaissant – bien qu’un peu surpris – envers Saoirse de ne pas avoir insisté sur quoi que ce soit. Du moins, pour l’instant.
Au second matin, après un infatigable déferlement de questions, il avait capitulé. Autant par fatigue, que pour la remercier.



On ne pouvait nier que la boutique était agréable. Sous une lumière tamisée, l’atmosphère y était volontairement feutrée et dégageait des essences magiques, même côté du côté des non sorciers. Les étagères qui recouvraient les murs étaient, elles-mêmes, garnies d’un nombre incalculable d’ouvrages en tout genre balayant toutes sortes de médecines alternatives et autres activités dont les gens étaient particulièrement friands, même sans être sorciers. Du grand guide des huiles essentielles à la réflexologie, en passant par « L’hypnose ou l’art d’être soi », les thèmes étaient des plus hétéroclites et allaient même jusqu’à proposer aux moldus des ouvrages de magies destinés aux non-sorciers.

Il sourit à l’idée d’une vraie boutique de magie, dissimulée en fausse, vendant de faux ouvrages sur la magie. L’art de la mise en abyme par Brenna Quinn.

A chaque évocation du nom de la propriétaire, il voyait naître l’image qu’il s’était peu à peu façonnée d’elle. Il la savait rousse et dynamique, mais ne pouvait s’empêcher d’imaginer un tempérament plus fort que la bienveillance extrême, prônée par sa sœur. Sans en connaître la raison exacte, il avait l’étrange impression que Brenna Quinn était capable de lire dans autre chose que les tasses de thé et que la femme était loin du stéréotype de la voyante un peu fantasque et protectrice. L’impression s’accentua après ses premiers pas dans la boutique.

Le sol était recouvert de dalles de pierres et il en était encore à les contempler que Saoirse, tel un boulet de canon, avait déjà traversé la pièce pour se diriger vers le comptoir, au fond. La boutique était déserte et silencieuse, ce qui lui convenait parfaitement, lui accordant les minutes nécessaires pour s’imprégner des lieux et se préparer à faire la rencontre de la propriétaire. Contrairement à Saoirse, il prit son temps pour traverser la salle, emplissant ses yeux de chaque détail croisé.
Autour d’eux, des tabourets, guéridons, tables et des accessoires à profusion. Tout, ici, était destiné à dégager une ambiance chaleureuse qui, loin de le réconforter, faisait naître en lui, une petite pointe d’inquiétude sans qu’il parvînt réellement à mettre le doigt sur la raison exacte. Il grimaça lorsqu’une douleur lancinante dans son épaule gauche se rappela à son bon souvenir. Essayant de penser à autre chose, il continua lentement – pouvant nettement deviner les trépignements d’impatience de Saoirse – à explorer visuellement la boutique. Une partie du mur du fond était recouvert de bocaux et plantes en tout genre qui offrirent à son esprit l’occasion de se distraire et se détendre un peu. Il y reconnu de nombreuses plantes venues des quatre coins du monde et en nota mentalement quelques-unes qui lui seraient bien utiles.

Entre-temps, Saoirse avait bien évidemment touché à peu près à tout ce qui était à portée de ses petites mains. Aucun écriteau ne semblait néanmoins défendre le geste et il se contenta de hausser les épaules en souriant à la voir « découvrir » une boutique qu’elle connaissait par cœur, il en était certain.
Après quelques exclamations sur l’esthétique de divers petits objets dont il ignorait complètement l’utilité -si tant est qu’il en ait eu une – et un grand nombre de marmonnements signifiant qu’elle avait eu une nouvelle « idée géniale », elle finit par se planter devant lui en le jaugeant du regard, soupçonneuse. Il lui rendit son regard scrutateur, détaillant le petit lutin qui lui faisait face. Il avait de plus en plus de mal à superposer l’image de la petite fille qu’elle était à celle de la jeune femme sûre d’elle qu’elle était devenue. Alors, comme bien souvent, il partait à la recherche des fossettes et du regard mutin dissimulés derrière cette apparence plus mûre. Ses grands yeux s’ouvraient sur un fond d’inquiétude qui semblaient avoir dévoré toute la malice qu’on pouvait y lire habituellement. Il fronça les sourcils et la questionna silencieusement. Elle lui répondit rapidement dans un sourire qui le réchauffa instantanément puis appuya - avec toute la délicatesse qu’on lui connaissait - sur la petite sonnette destinée à prévenir de l’arrivée de clients.


HJ: Je suis parti du principe que Brenna n'était pas dans la partie moldue de sa boutique mais si ça ne te convient pas, je change tout ça, évidemment. Quant à Saoirse, je me suis octroyé la liberté de te faire toucher à tout, je suis à peu près certain que c'est ce qu'elle aurait fait.
Je voulais juste nous faire gagner un peu de temps plutôt que de s'échanger encore 36 MP croisés x3... J'espère que ça ne vous dérangera pas. Mea Culpa.


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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Mar 22 Nov - 21:29

La journée était calme. Automnale, froide et un peu humide, mais calme. Une fois passé la rentrée scolaire, de Poudlard comme des Universités, les clientèle s'étiolait progressivement pour ne plus laisser que les quelques habitués, toujours ponctuels, et de temps en temps des curieux, moldus le plus souvent. On pouvait croire, vu le peu de passage chaque jour, que la boutique ne marchait pas beaucoup. Mais c'était tout le contraire. Oh, bien sûr, Brenna ne gagnait pas une fortune, mais c'était largement suffisant. Bien largement. Bref...

La journée, donc, était calme et la sorcière s'était installée dans son grand fauteuil moelleux au fond du côté sorcier de sa boutique. A son habitude, elle sirotait un thé, épicé, tout en survolant la Gazette du Sorcier, et venait d'engouffrer plusieurs madeleines légèrement citronnées. Au moment où le frère et la sœur entrèrent, de l'autre côté, elle avalait la toute dernière gorgée que contenait sa tasse. Une voix aigrelette et chevrotante se fit entendre depuis la porte près du comptoir :

M'am Quiiiiin ! Clieeeeents ! Deux ! Oh, c'est Miss Shepherd et... ah ba j'sais pas qui c'est l'autre mais c'est un sorcier...

Brenna se leva, tout en maudissant la tête réduite parlante.

Crie pas comme ça tête de pioche, j'suis pas sourde encore. Par Merlin, un jour je vais te remonter au grenier si t'apprends pas à avoir des manières !

La sorcière déposa sa tasse sur un coin du comptoir et s'engouffra dans la réserve, en donnant un coup sur le crâne de la tête d'alarme en passant devant. Après avoir refermé derrière elle, elle se demanda ce que pouvait bien faire Saoirse du côté moldu. Avec un sorcier inconnu... Oh ! Mais bien sûr, ça devait être son barde de frère qui parcourait le monde et faisait le bébé pour se faire soigner dès qu'il avait quelque chose de travers ! Voyons qu'elle se souvienne, n'était-ce pas celui-là qui était réfractaire à la voyance ? Et si elle s'amusait un peu ?

Son sourire malicieux bien accroché à ses lèvres, la tignasse sauvage auréolant sa tête, et des couleurs pleins les vêtements - ce n'était pas peu dire, car sur sa jupe à volants roses, rouges et violets, elle arborait une tunique jaune sous un gilet tricoté de laine safran et fuchsia... un truc à faire vomir Karl Lagerfeld et Anna Wintour... -, elle poussa l'autre porte de la réserve et avant que qui que ce soit n'ait eu le temps de dire "merde la voilà", elle s'exclama de sa voix la plus joviale et amicale :

Bonjour Saoirse ! Je ne t'attendais pas aussi tôt... et surtout pas de ce côté. C'est à cause de lui c'est ça ? conclut-elle en pointant son pouce droit vers celui dont elle lui parlait depuis... oh ba depuis qu'elles se connaissaient. Elle adressa un sourire entendu à son amie et avança de quelques pas derrière le comptoir pour s'approcher du grand inconnu.

Bienvenue Aux Herbes de Brenna, très cher ! L'autre côté de la boutique est beaucoup plus intéressant, vous savez... Ezio.

Petit clin d'oeil, sourire amusé... et voilà, le tour était joué.
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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Sam 26 Nov - 16:30

Tout en délicatesse et en finesse, comme seule Brenna savait le faire sans que qui que soit puisse lui en vouloir.

Voilà qui pouvait secouer des foules.  Avec Ezio, ce serait quitte ou double. Soit il tournerait les talons pour aller bouder dans son coin, soit elle lui ferait le plus grand bien. Loin de s’apitoyer sur votre sort, la dynamique voyante savait toujours trouver les mots aux maux, tout en vous incitant à vous sortir la baguette du fourreau. A de nombreuses reprises Saoirse avait imaginé une femme comme Brenna à la tête du gouvernement. Elle vous aurait remué le monde de la magie en un tour de baguette. Elle faisait partir des idéaux féminins de la petite écossaise. Forte et chaleureuse, bienveillante et lucide. Brenna semblait n’avoir de personne, quand tout le monde pouvait avoir besoin d’elle.
Peut-être que de son côté, elle se sentait trop impliquée pour arriver clairement à secouer Ezio sur certains sujets.

La petite journaliste tenta par tous les moyens de masquer le sourire qui lui barrait les joues, depuis l’entrée en matière de Brenna, afin de ne pas mettre Ezio plus mal à l’aise que ce qu’il était actuellement. Elle avait vu ses yeux sombres s’agrandir légèrement lorsque Brenna avait fondu sur eux, et une bonne connaissance de l’individu, lui permettait d’affirmer qu’il s’agissait d’un peu de peur.

Aujourd’hui, mardi 15 novembre, elle avait vu Ezio Shepherd avoir peur.

De Brenna.

Ne triomphe pas trop. C’est toi qui paiera les chaudrons cassés, ce soir.

Se précipitant à la rescousse de son frère (elle avait beau aimer le voir un peu gêné, il ne fallait tout de même pas pousser Grand-mère Scathà dans les orties), elle se glissa à ses côtés et effleura rapidement sa main se voulant rassurante.  Elle le sentit se raidir un peu alors qu’il fixait Brenna de son drôle de regard, un petit sourire poli aux lèvres. Elle eut alors, une version fugitive du petit garçon timide qu’il avait dû être.
Là, c’était la phase « observation ». Chez Ezio, ça pouvait être long. Surtout s’il n’était pas complètement en confiance. Et Brenna venait d’abattre deux cartes sous son nez, sorcière et voyante, et bien qu’elle l’ait prévenu, elle doutait qu’il soit fort à son aise à l’heure actuelle. Il allait probablement la détailler dans tous les sens, se contentant d’échanges polis jusqu’à ce qu’il se soit enfin fait une idée, lui-même, du personnage.

Espérons que ça ne dure pas trois mi-temps de quidditch, sinon ça va être gênant.

Pour sa part, elle répondit à la jovialité de son amie par un sourire ravi et se détacha enfin d’Ezio pour aller poser une main sur le bras de cette dernière.
Elle avait toujours besoin de toucher les gens et les choses, c’était plus fort qu’elle. On en apprend beaucoup au contact (littéral) des gens. La réaction de leur peau sous la vôtre, le petit geste de recul, ou non. La chaleur dégagée par le corps, les vibrations tout ça. Paradoxalement, elle détestait les gens qui entraient dans son espace vital sans y être invité. Faites ce que je dis et pas ce que je fais. Elle n’avait jamais prétendu être une sorcière basique. Pour se justifier, elle avançait qu’elle ne s’avisait à toucher uniquement les gens avec qui elle avait des liens particuliers. Elle ne se serait jamais risquée à être tactile avec un inconnu. Question d’hygiène aussi. Ces fous comme certains sorciers peuvent être sales… bref.
Ces cibles préférées : Ezio, Lùan et Joachim. Si les deux premiers avaient longuement eu le temps de s’y habituer et le vivaient plus ou moins bien, le dernier avait eu quelques déboires avec ses petites amies pour cette même raison. Elle tâchait d’y faire attention, désormais… mais c’était loin d’être une évidence pour elle. Elle retira donc rapidement sa main du bras de Brenna pour ne pas l’incommoder, mais glissa toute son affection dans le regard qu’elle lui confiait.

- Comment vas-tu ? Je n’avais jamais emprunté cette entrée-là. C’est très chouette aussi ! Risqua-t-elle pour combler un peu le manque parolien du côté Shepherd.

Elle glissa un œil insistant à son frère pour l’encourager à dire quelque chose. Pourquoi ce bougre était-il tendu comme une peau de souaffle ?



Il avait divagué une bonne partie de la nuit. Se réveillant tantôt en sursaut, d’autres fois en marmonnant une série de prénoms (dont le sien, Merlin soit loué, elle n’aurait pas à engager de tuer à gages), ânonnant des propos aussi incohérents qu’effrayants et annonçant des événements qui n’avaient pas encore eu lieu. Elle avait essayé à peu près tout ce qu’elle avait sous la main comme potions pour faire tomber la fièvre, mais rien ne semblait y faire. Elle avait fouillé dans le sac d’Ezio (et non, elle n’avait pas fait sa curieuse, juste regardé dans ses herbes de bardes) sauf qu’elle n’avait pas reconnu grand-chose, mais il avait continué dans son agitation. A de nombreuses reprises, elle avait envisagé d’envoyer un hibou à leur mère pour lui demander de venir, mais il ne lui aurait jamais pardonné. Elle pensa alors à s’adresser à la mère de Joachim, qui était guérisseuse, mais à peine eu-t-elle effleuré l’idée qu’elle aperçut la marque par l’encolure de son T-shirt.

- Sang de Merlin ! Qu’est-ce que tu as encore fabriqué ?!!!

Elle tira plus franchement sur le col.



- Brenna, voici effectivement Ezio, mon frère, qui habituellement est loin d’être muet, lança-t-elle insistante (d’ailleurs s’il n’avait pas été blessé elle lui aurait probablement mis un coup de coude dans les côtes), - Ezio, je te présente enfin la fameuse Brenna. Puis saisissant le souaffle au bond, -  on pourrait peut-être passer à côté ?



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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Mer 30 Nov - 22:59

Il pleuvait. Fort. Pas de ces pluies sous lesquelles il aimait rester des heures à en humer le parfum, non. De celles qui ruissellent en trombes comme si on versait des seaux entiers sur le monde. Celles qui s’infiltrent par le nez et la bouche sans vous laisser le luxe de pouvoir respirer. Froides, opaques, trempant l’ensemble de votre être, de la racine des cheveux jusqu’à la moelle des os. Les pluies qui annoncent malheurs, maladies et mort. Même le bruit faisait état de trahison. Dans ces pluies, pas de douceurs sur les toits, rythmant des percussions qui bercent et endorment. Seulement l’impression que ce même toit du monde s’abat sur toute vie encore suffisamment audacieuse pour oser respirer. Pas même l’ombre d’un orage pour accompagner le déluge, juste de l’eau. Trop d’eau à en crever. Partout. Et elle montait, sans cesse, sans répit, sans laisser la moindre chance de trouver un refuge plus haut ou plus sec.

Les cris, aussi. Dans ce silence assourdi par des cascades ruisselantes, on aurait dit que le monde entier s’était brusquement mis à hurler ; à répandre terreur, angoisse et appels au secours.
Puis il vit ses mains, couvertes de sang à n’en plus les reconnaître.

Parmi les cris, les siens ; plus près, mais plus faibles.

Gisant dans une marre d’eau distillée de sang, ses cheveux flottant autour de son beau visage, elle était plus pâle encore que la neige, ses lèvres d’albâtres ne s’entrouvrant que pour laisser exhumer un filet d’air suppliant et luttant pour y faire rentrer celui qui la garderait en vie.

Et devant lui, ses propres mains, pleine de sang.

- Saoirse !!



Ce fut un tourbillon de sons et de couleurs où se mêlaient des jaunes d’or, des rouges et des fuchsias. Des teintes vives et chaudes, assorties au timbre de sa voix. Une voix claire, forte et joviale, colorée et pleine de vie. Brenna Quinn incarnait la vie plus que quiconque. De sa posture toujours en mouvements, à ses cheveux qui semblaient vivre par eux-mêmes, jusqu’à ses yeux pétillants que rien ne semblait pouvoir éteindre, elle était l’essence même d’une force qui coupait le souffle par le trop plein de vie qu’elle dégageait.

Le barde fut frappé à l’instant même où elle entra, par la vision fugace, au sein de son esprit, d’un autre visage. Un homme entre deux âges, la barbe grise, couché sous des gravats. Et ce dernier murmurait un nom, encore et encore. Brenna.

Sa pupille se dilata sous l’effet d’une émotion qui n’était pas la sienne.

Reprenant son souffle aussi rapidement que possible, il greffa immédiatement un sourire poli à ses lèvres, se sentant un peu perdu au milieu de toute cette agitation et ses images venues d’ailleurs. Il prit le temps d’observer plus en détails la femme qui leur faisait face, faisant abstraction des diverses parures colorées qui l’entouraient et des tours joués par son imagination ou autre.
Déjà Saoirse s’était précipitée à ses côtés. Il était évident que ces deux-là devaient s’entendre parfaitement.  Entre les » mon P’tit » de l’une et les yeux brillants d’admiration de l’autre, il crut saisir une profonde amitié qui était plus qu’une simple politesse. Il devina probablement quelques secrets partagés et du respect aussi, beaucoup.

La passion se dégageait de l’une comme de l’autre dans chacune de leur parole et si Brenna semblait avoir des gestes plus posés que Saoirse, nul doute que l’énergie de l’une rivalisait brillamment avec celle de l’autre. Le débit de parole, aussi. La faculté de parler de lui, comme s’il n’était pas vraiment là non plus. Mais était-il là finalement ?

- Habituellement, on me laisse le temps de caser trois mots, mais là, je sens que le challenge va être complexe. Souffla-t-il avec ironie.

Il rendit un sourire désarmé à Brenna, tentant de masquer son embarras du mieux qu’il pouvait.

- Enchanté, Brenna. Poursuivit-il en inclinant légèrement la tête.

Brenna n’était pas femme à ce qu’on lui tende la main pour la serrer. Peut-être écraserait-elle ses doigts sous l’emportement d’un peu trop d’enthousiasme. L’idée l’amusa et il fut tenté de la lui tendre pour vérifier. Pour tout dire, il aurait imaginé quelque chose de plus cérémonieux pour elle. Entre le baisemain et le genou à terre. Bien que le geste eût probablement fait rire Saoirse aux éclats - et Dieu savait à quel point il aimait l’entendre rire – il ne se voyait pas du tout faire ça, non plus.

Il se contenta donc – dans un excès de banalité- de désigner la boutique d’un geste de la main et d’employer son énergie à se détendre un peu. L’entrain de Brenna lui plaisait, et si les yeux derrière les lunettes semblaient déjà en savoir long à son sujet – le devait-elle à ses talents de voyance ou à la loquacité de Saoirse, il l’ignorait – il y décela aussi une infinie bonté qui le rassurait, sous un brin de taquineries, dont il ne pouvait pas en dire autant.

- Ce côté-ci est déjà magnifique. Vous avez là une boutique chaleureuse et bien approvisionnée. Il pensait notamment aux plantes. Il aurait bien loisir de lui demander, plus tard, qui la fournissait.

L’impatience de Saoirse était palpable au point qu’il eut l’impression que si elle avait eu la force de le traîner par l’oreille de l’autre côté de la boutique, elle l’aurait fait. Il fut tenté de la mettre à l’épreuve mais jugea le moment inopportun pour la taquiner. Il se détendit un peu et accorda aux deux femmes un sourire un peu plus franc.

- Et bien mesdames, je vous suis. Lança-t-il en attrapant Saoirse par les épaules pour qu’elle passe devant lui.

Après l’avoir observé d’un air malicieux derrière ses lunettes, Brenna les invita tous deux à passer de l’autre côté du comptoir pour changer de boutique.

- Si ton frère n’est pas trop frileux, je vous propose le passage réservé à la famille. Mais si tu as peur qu’il nous fasse une syncope on peut toujours passer devant la reine. S’amusa-t-elle.

Taquine donc.

« La reine ? »

- Je suis certain que vous aurez des plantes à me proposer, si je m’évanouis. Rétorqua-t-il.

Saoirse, de son côté, n’avait fait ni une ni deux et si elle avait pu sauter par-dessus le comptoir, il ne doutait pas qu’elle l’aurait fait. Il était trop haut, néanmoins.

Il leur emboîta le pas, alors que les deux femmes échangeaient une autre plaisanterie qu’il n’avait pas écouté et passa de l’autre côté, où Brenna s’affairait déjà à faire bouillir de l’eau dans une superbe théière en fonte.

« Le fameux thé, donc. »


HJ: Avec l'accord de mes partenaires pour usurper leurs faits et gestes l'espace d'un instant et si jamais l'une d'elles proteste, je jure solennellement que je ne ferai pas la gueule plus de deux jours modifierai tout ça.
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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Ven 16 Déc - 21:00

Le voilà donc, le fameux barde qui avait la bougeotte... Brenna ne put s'empêcher de sourire tandis qu'elle préparait, sur un vieux plateau rectangulaire en bois de pin des Landes françaises, trois soucoupes en faïence émaillée, sur lesquelles elle disposa les trois tasses assorties, dont une ébréchée qu'elle se réserva, et trois petites cuillères en argent ciselé d'entrelacs floraux. Elle plaça à côté un sucrier rondelet bien pourvu en divers cubes de sucre : blanc, brun, roux...

En attendant que la bouilloire se mette à siffler, la sorcière attrapa fermement chaque poignée du plateau et l'apporta jusqu'à la grande table ronde au fond de la boutique, tandis que le frère découvrait la deuxième partie de l'antre de Brenna. Dans un cliquetis maîtrisé, le plateau fut posé au centre de la table, puis la quarantenaire ramena un siège rembourré près du fauteuil tournant le dos à la pièce. Après quoi elle lâcha un "hum" contrarié, et la voilà qui retourna à grandes enjambées et force froufroutage de ses jupe et jupon vers le comptoir. Là, l'espace de quelques secondes, elle disparu, s'étant baissée pour fouiller dans un placard. Après quelques étranges bruits de boîtes qu'on ouvre et qu'on ferme avec vitesse, et un petit juron qu'elle aurait espéré moins audible et qui en substance accusait l'elfe de maison d'avoir encore cédé à sa gourmandise notoire, la tête rousse revint dans le champ de vision des deux visiteurs, accompagné du reste de la sorcière.

Ravie de sa trouvaille, Brenna revint vers la table pour y poser une petite assiette pleine d'une montagne de petites madeleines de diverses couleurs. A vu de nez, si on se fiait à leur apparence, il devait y en avoir des classiques légèrement citronnées, des chocolatées, des fruitées, probablement à la fraise ou à la framboise, ou tout autre fruit rouge, et, enfin, des madeleines à la pistache ou au thé matcha... probablement des deux sortes, en réalité. Du moins, si on se fiait aux goûts
habituels de ces gâteaux version moldue...

Satisfaite, enfin, elle stoppa ses mouvements vifs, se tourna vers ses invités, leur adressa un sourire des plus jovials, et, désignant la table, les invita à s'asseoir. Elle-même poserait sa personne sur le bon vieux gros fauteuil qui trônait dans le coin, faisant ainsi face à toute la boutique - ce qui était bien pratique lorsque des clients entraient quand elle était attablée.

C'est à ce moment-là que la bouilloire fit entendre sa présence par un sifflement aiguë de plus en plus fort. Mais la sorcière ne lui laissa pas le temps de vriller les tympans du trio et mit l'ustensile au silence par un sort de sourdine exécuté avec finesse. Sans attendre, elle revint derrière le comptoir pour remplir d'eau bouillante la théière au ventre gonflé dans lequel elle avait laissé tomber une dose suffisante de thé vert à la pomme et à la cannelle, prémices de la période hivernale à venir, et de circonstance avec le froid automnal qui s'était déjà bien installé.

Armée de sa théière à présent bien remplie et fumante, elle marcha d'un pas sûr, mais moins rapide que précédemment, vers Saoirse et Ezio, leur demandant tout simplement, le sourire toujours aux lèvres :

Une petite tasse pour vous réchauffer ?




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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Mer 4 Jan - 15:02

Regarder Brenna faire du thé était comme se replonger dans de vieux et délicieux souvenirs durant lesquels Grand-mère Scatha s’agitait autour d’une bouilloire. Les gestes de son amie était aussi précis et ritualisés que ceux de sa grand-mère dans ses souvenirs.
L’observer et suivre ses mains qui voletait autour du thé était aussi apaisant qu’une séance de Yogagie. (Le nouveau sport sorcier à la mode, visant à produire des volutes magiques avec sa baguette pour entrer en état de méditation magique. Elle avait testé ça avec Béatrice, une collègue de bureau et avait pour ainsi dire, plutôt apprécié la chose. D’autant plus que le professeur était bel homme. Fin de la parenthèse sportive.)
Alors qu’elle se rapprochait de la table ronde et qu’Ezio continuait à observer les lieux comme s’ils allaient se refermer sur lui, Brenna de son côté, semblait bien partie pour démonter son placard. Grand bien lui en pris, la trouvaille qu’elle y fit arracha à Saoirse un regard gourmand. Les petites madeleines, aussi nombreuses que colorées étaient les bienvenues pour qui avait sauté le petit déjeuner.

Obéissant promptement à Brenna (cette dernière, n’étant pas femme à provoquer une vague de désobéissance) Saoirse pris place autour de la table désignée, après avoir pris soin d’ôter son manteau. Ce dernier regagna le dossier de sa chaise, bien plié, comme lui avait appris sa mère. A en croire le délicieux fumet qui émanait de la théière, le breuvage était à la pomme, épicé à souhait d’un trait de cannelle. Saoirse ferma les yeux de plaisir. L’hiver lui paraissait toujours rude. Menue et peu épaisse, elle avait constamment froid malgré la douceur des derniers hivers. Les feux de cheminées et les thés étaient les meilleurs atouts de cette saison dont elle ne raffolait pas vraiment. Bon, certes, il y avait Noël et la neige qui pesait lourd dans la balance. Mais au vu du dernier Noël passé en famille, elle ne pouvait s’empêcher d’être refroidie par la perspective de celui-ci. Et la neige qui se refusait à tomber en quantité suffisamment épaisse pour aller déloger Joachim de ses salamandres et lui proposé une de leur fameuse bataille de boules magiques…

Elle sursauta, sortie de sa rêverie par la question de Brenna.

- Avec plaisir, merci.

Entre temps, son frère avait, lui aussi, pris place à ses côtés et ôté également une couche vestimentaire, à savoir : un pull. Et même pas un gros en laine. Contrairement à elle, il avait toujours chaud et passait son temps à ouvrir toutes les fenêtres de son appart (à elle), sous prétexte d’étouffer. Les visites d’Ezio lui valait toujours un bon rhume. Mais elle prenait le lot et acceptait d’en payer le prix.

- Depuis le temps que je te parle de mon frère, je suis contente que vous vous rencontriez enfin. Brenna va peut-être pouvoir prédire quand tu passeras me revoir, Ezio. Enchaîna-t-elle taquine.

Puis pour démentir l’attaque de ses propos, elle glissa une main sous la table pour attraper celle de son frère et la serrer brièvement. Elle en plaisantait, mais s’y était faite.

- Il est spécialiste pour me planter quand on a rendez-vous et pour débarquer quand on ne l'y attend pas du tout.

Un baromètre à Ezio... ce serait cool d'avoir ça.

Elle sourit à l'idée de Brenna, plongée dans les feuilles de thé de son frère, en train de dresser le futur planning de toutes ses visites de l'année.
Malheureusement (ou heureusement, elle n'arrivait pas à se décider) la voyance ne fonctionnait pas ainsi. Comment fonctionnait-elle à bien y réfléchir? Quel don étrange que la voyance!

Si leur mère avait eu quelques prévisions impressionnantes (et souvent à caractère catastrophiques... bon sang ne pouvait-on pas prévoir autre chose que les accidents??) au milieu de tout un tas d’autres plus fantasques, elle se souvenait clairement qu’Ezio, de son côté, avait fait, plus jeune, des cauchemars plutôt étranges. Comme lorsqu’oncle Fergus était mort (quand je vous dis que c'est souvent négatif!) dans la nuit et qu’Ezio leur avait annoncé au petit matin.
En faisait-il encore ? Ils n’en parlaient plus depuis bien longtemps.

Elle se rappelait également l’inquiétude de Brenna le soir de la présentation du Philtre. Elle avait senti qu’il se tramait quelque chose… Elle se demanda alors s’il arrivait aux voyants de prévoir des choses à propos d’eux même. Et s’il leur arrivait de pouvoir agir et contrecarrer les plans initialement prévus.

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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Jeu 5 Jan - 21:50

Parfois, Saoirse se montrait plus secrète que lui. Souvent même. Elle masquait derrière son entrain et sa vivacité, les peines les plus profondes. Dans des situations ou d’aucuns se seraient effondrés de tristesse, elle prenait les problèmes à bras le corps et vous relevait une foule. Alors que paradoxalement, si un chat perdait trois poils sous son nez, il était bon d’avoir un parapluie pour survivre à la crise lacrymale. C’était un petit bout de femme surprenant et plus complexe qu’elle ne voulait laisser paraître.

D’autres fois – comme celle-ci- , il lui semblait lire sur le visage de sa sœur comme dans un livre ouvert. Dans cette boutique, à cet instant précis, il aurait pu parcourir le fil de sa pensée, sans s’égarer d’un pouce du chemin qu’elle empruntait. Alors qu’elle suivait des yeux tous faits et gestes de Brenna, il put lire l’admiration qu’elle vouait à cette femme. Il devina que la préparation du thé la fascinait et entrevit même les après-midis de leur enfance, ou traînant en cuisine avec leur grand-mère, elle collait son nez à la vieille théière en fonte pour en humer l’arôme. A l’époque, elle devait se hisser sur la pointe des pieds pour que ses yeux atteignent le bord de la table… Cela remontait à quelques années. Il masqua son sourire et la laissa tout à la contemplation de ce rituel réconfortant. Le barde en profita pour observer plus attentivement la patronne, sans qu’elle ne s’en aperçoive… trop. La femme l’intriguait. Des mouvements vifs et peut-être un poil autoritaires, couronnés d’une bienveillance certaine. Brenna Quinn, à n’en pas douter, était un sacré personnage. Taillée pour être l’héroïne d’un roman peut-être. Il essaya de deviner la femme qu’elle était quelques années plus tôt.

Bien que de petite taille, elle devait être imposante de par sa présence. La chevelure de feu n’y était pas pour rien, sans parler de son regard pétillant et de ses goûts vestimentaires dont la discrétion était discutable. C’était une belle femme dont on devinait aisément le succès qu’elle avait dû avoir, jeune fille. Le barde l’imagina courtisée de toutes parts, éconduisant les malheureux d’un geste vif et leur proposant une tasse de thé pour les réconforter.

Il engloba les deux femmes d’un regard amusé avant de noter que, finalement, elles se ressemblaient. Passionnées à n’en pas douter. Protectrices, sans hésitations. L’une comme l’autre abordaient ce sempiternel sourire à l’égard des autres. S’il pratiquait suffisamment la sensibilité de Saoirse pour reconnaître le tremblement de ce sourire lorsqu’elle était peinée, il imagina que Brenna devait également avoir une grande part de sensibilité. Il n’y avait qu’à noter la façon dont elle qualifiait Saoirse de « mon petit ». Y avait-il une faille dans la carapace haute en couleur de cette femme ?

Sur son gilet aux couleurs indéfinissables – même pour le poète qu’il était – elle arborait une broche en argent. Posée directement sur le cœur. Une chouette en plein vol, qu’il devina revêtant une importance émotionnelle, de par la patine qui la caractérisait. Elle semblait avoir un certain âge ou avoir été manipulée un grand nombre de fois. De plus, sa position était plus qu’éloquente. Conscient que son regard observateur pouvait être gênant, il se détacha enfin de la personne même de Brenna et se mit à son tour à suivre ses gestes. Ses yeux sombres s’arrêtèrent sur les mains de Brenna qui revenait chargée de petits gâteaux multicolores dont la venue arracha un regard gourmand à Saoirse. Ezio, quant à lui, était plus intrigué par les mains en question, que le contenu de l’assiette. Sur le dos de la gauche, Brenna portait une petite cicatrice ronde qui mit immédiatement son imagination en marche.

A quoi était-elle due ?

Il leva à nouveau ses yeux sombres vers elle, plein de questions et s’autorisa un petit sourire à son encontre, comme pour s’excuser de cet instant d’observation. Il avait besoin de voir et ressentir les choses et les gens avant toute autre chose. Et Brenna soulevait en lui une multitude de questionnements.

Peu à peu, son sentiment d’inconfort disparaissait. Les manières franches et sans détour de Brenna, loin de le mettre mal à l’aise, le rassuraient. Pas de faux-semblants, juste une connexion directe entre ses pensées et ses lèvres. Il l’imaginait mal prendre des gants avec les gens ou tourner autour du pot.

Saoirse venait d’ôter son manteau, il en fit de même avec son pull. A voir les couches de vêtements que portait Brenna, il ajouta un nouveau point commun à sa liste : frileuse ? A moins que ce ne soit un trait typiquement féminin. Il mourrait toujours de chaud dans leurs appartements. La boutique était chaleureuse à tout point de vue, il chercha rapidement des yeux une fenêtre et finit par s’asseoir à son tour, en bras de chemise.

Tout à sa rêverie, il ne saisit que la fin des paroles de Saoirse, mais la réception de sa petite main fraîche au creux de la sienne, lui indiqua qu’elle l’avait certainement taquiné. Il répondit d’une pression à son excuse et leva les yeux au ciel à la suite de son discours.

Préférant ne pas relever les insinuations – qui bien que véridiques, étaient peu fair-play – et refusa poliment la tasse de thé proposée, non sans une légère appréhension. Après toute cette préparation, il s’en voulait un peu de ne pas y goûter. Il était plus café que thé et ne doutait pas un instant que, même à deux, ces dames feraient un sort au contenu de la théière.

L’odeur néanmoins, lui plaisait beaucoup. Un mélange fruité et épicé qui lui évoquait, sans qu’il réalise vraiment pour quelles raisons, un pub de Suède où les gens lisaient en terrasse malgré le froid, une couverture sur les jambes, avare du moindre rayon de soleil.

Conscient de son impair social et pas encore entièrement assuré que la réaction de Brenna ne serait pas impulsive au point de lui coller tout de même une tasse de thé fumante entre les mains - ou pire encore- , il embraya rapidement sur un autre sujet.

- Saoirse m’a dit que vous étiez irlandaise… Vous venez de quel coin ? Vous êtes installée en Angleterre depuis longtemps ?
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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Ven 13 Jan - 15:09

Brenna commença donc à servir ses convives, en commençant par Saoirse - les dames d'abord, toujours - et la gratifia d'un sourire appuyé lourd de sens lorsque celle-ci évoqua leurs conversation Ezio-centrées et le fait que cela faisait un moment que la sorcière se demandait si elle verrait le phénomène un jour.

Deux Shepherd sur trois. La sorcière amusée par cette pensée cocha mentalement cela dans ses notes mentales.

Après avoir rempli dans les règles de l'art la tasse désormais fumante de son invitée, elle s'approcha du frère pour se faire éconduire. Evidemment, Brenna ne put contenir un "hum" tout aussi lourd de sens que ses sourires, et haussa les sourcils. L'image de l'amateur de café se dessina dans sa tête au moment où le jeune homme l'interrogeait sur ses racines géographiques.

Avant de répondre, la rondelette voyante s'enquit de remplir sa propre tasse de thé - pas plus haut que le bord - puis posa la théière sur le plateau. Ayant repéré plus tôt le regard gourmand de Saoirse, elle attrapa ensuite l'assiette pleine de douceurs et la posa entre les deux membres de la fratrie Shepherd, non sans jeter à l'intéressée un regard narquois signifiant grosso-modo "partage avec ton frère, c'est pas juste pour toi, je t'ai vu venir"...

Tout en faisant cela, elle prit le temps de répondre à son invité curieux - ou à son curieux invité, ça marche aussi.

Je suis née à Donegal, dans le comté du même nom. C'est dans la province d'Ulster, tout au Nord. On était pour ainsi dire cernés par l'Irlande du Nord. On avait la mer et les montagnes, bien plus agréable que Londres évidemment. Beaucoup moins de gens et de bruit. Avec deux milles habitants, et pas tous dans le bourg, c'était facile. Nous on vivait à l'écart, dans une grande maison à moitié creusée à même la montagne. En fait, c'est la maison des parents de ma mère, ils y vivent toujours...

Moment de nostalgie, vision fugace du passé, quand elle était encore petite, grand sourire sur le visage.

Mais maman voulait sa propre maison, et elle ne voulait plus vivre à la campagne. Elle a eu un travail à Sainte-Mangouste, alors on est venu ici. En 1981, en Avril. A Cuffley, c'est là qu'on est allé. Maintenant ce sont des moldus qui y habitent, finalement ma mère a eu envie de revivre à la campagne. La retraite ça fait changer d'avis qu'elle a dit. Haha. Papa aurait voulu rentrer en Irlande, mais à part Lolly on est tous en Angleterre alors...

Elle allait s'asseoir mais se stoppa nette. Elle stoppa tout, même de parler. Pendant deux bonne secondes en fait... Avant de pousser un "oh" exclamatif et de se redresser d'un coup.

Quelle sotte, murmura-t-elle.

Ezio, du café peut être ? J'en ai peu, mais du très bon. Après tout, ce n'est pas parce que certains préfèrent cela au thé qu'ils doivent boire quelque chose de mauvais...

Baguette dégainée, elle était déjà prête à lancer la fabrication du breuvage depuis la table avant même qu'Ezio n'ait eu le temps de réfléchir à ce qu'il venait de se passer - après tout, il fallait déjà ingurgiter le bavardage de la sorcière.



@L'Oracle:
 
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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Ven 20 Jan - 18:22

La pièce principale de son studio était assombrie par les volets qu’elle avait tirés. Le soleil essayait bien d’en percer les vieilles lattes, mais ces dernières étaient plus coriaces encore et barraient l’entrée de lumière en dispensant une pénombre reposante. Elle avait envoyé un hibou des plus direct à son travail, mettant court à toutes protestations possibles de la part de son boss.



Je dois m’absenter trois jours pour raisons familiales.

Considérons qu’ils sont retirés des 27 jours de congés restants

que je n’ai pas pris depuis le début de l’année.
Saoirse










Ni formule de politesse, ni demande d’autorisation. Une amie lui avait enseigné un jour « plus tu te confonds en excuses et plus on te refuse les choses. » Alors, dans un élan d’audace, elle avait posé son absence comme un fait accompli. Après des années d’une conscience professionnelle, irréprochable, une présence H24 et acceptant tout ce qu’on lui demandait, Barnabas pouvait, au moins, lui accorder ces trois jours précieux où son frère avait (enfin ! Merlin soit voué au culte !) besoin d’elle.
Elle glissa une main sur le front d’Ezio qui avait fini par arrêté de se prendre pour un radiateur incandescent après ces heures de fièvre qui refusait de le lâcher. Elle avait essayé bien des choses et était même prête à aller taper dans l’armoire à soin moldu du voisin. Chaque fois qu’il était malade (le voisin), il ne jurait que par de la Spirine. Ça avait l’air limite magique la Spirine… Constatant néanmoins qu’il était profondément endormi (Ezio, pas le voisin) et que cela semblait aller mieux, elle choisit de le laisser se reposer avant de le gaver à nouveau de tout un tas de potions.
Il avait l’air si jeune quand il dormait. Les yeux clos, il était ainsi départi du regard farouche et écorché qu’il jetait au visage du monde. Malgré sa fièvre, il avait l’air en paix, plus qu’elle ne l’avait vu ces dix dernières années. Elle effleura la joue de son frère avec tendresse, fasciné par cet air vulnérable qu’il ne lui avait jamais offert jusque-là, et se sentit soudainement bien plus forte et indépendante qu’elle ne l’avait jamais été.



C’était tout lui ça. Paf. Deux questions, un air innocent et on lui sortait les brevets de tous les chaudrons de la maison !
En quelques minutes, elle en avait appris plus sur les origines de Brenna qu’en toutes ces années à se fréquenter. Elle réalisa que si elle connaissait plutôt bien la Brenna actuelle, elle ignorait en effet tout de son passé et son enfance. Elle aurait bien aimé voir des photos de Brenna enfant…Elle avait toujours émis une certaine réserve à questionner Brenna sur son passé, consciente que la perte de son mari pouvait être douloureuse à évoquer. Et comme cette dernière n’était pas du genre à s’épancher en jérémiades, elles n’avaient presque jamais abordé le sujet.

Et voilà que se pointait son barde de frère qui ne la connaissait ni d’Harry ni d’Hermione et qui en deux coups de remue-potion réussissait à lui faire tracer un historique de son enfance.

C’est qu’il serait bien utile en interview ce bougre.

Occupant ses mains à piocher une madeleine (couleur bleuté !) dans l’assiette disposée entre son frère et elle, elle gratifia Ezio d’un regard de défi. S’il touchait à une pâtisserie, elle voulait bien être changée en Nifleur. S’il y avait bien une chose (ou mille d’ailleurs…) qu’ils ne partageaient pas, c’était la gourmandise. Quoi qu’il fût bien capable d’en manger par provocation envers elle…

Alors que Brenna s’apprêtait à dégainer l’arme absolu pour Ezio (caféinomane , entre autres addictions… ) Saoirse, curieuse et piquée au vif, reposa sa madeleine pour jeter un œil amusé à Brenna.

- Je me demande comment tu étais petite…

Probablement tout en tâches de rousseurs et jupons de couleur. Elle piocha au hasard quelques souvenirs de sa propre enfance et réalisa à quel point on oubliait vite le principal au profit de détails. Elle se remémorait des passages, des émotions, des événements, des détails, mais pas vraiment ce qu’elle pensait de la vie à cette époque. Son premier souvenir important datait de ses cinq ans. Avant, quelques impressions, rien de plus. Mais ce jour, cet hiver, elle s’en souvenait avec ce flou caractéristique qu’ont les souvenirs enjolivés par la mémoire. Elle avait failli se noyer, piégée sous la glace et n’en retenait que son horreur du froid, de l’eau et une dette infinie envers celui qui se tenait sur sa droite. Instinctivement, elle porta son regard sur lui, sur ses yeux sombres encore cernés par la fièvre, les marques sur la peau qu’elle devinait sous sa chemise et pria le ciel qu’on ne lui enlève jamais.
C’est d’une voix légèrement tremblante qu’elle enchaîna :

- C’est toi l’aînée c’est ça ?

Pour sûr, elle avait dû dès son plus jeune âge, développer ce trait de caractère visant à vouloir prendre soin des autres.

Elle aurait aussi dû être l’aînée. Y avait eu fausse donne.
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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Jeu 2 Fév - 13:07

Comment j'étais ? Ha !

Oui, il y avait de quoi rire. C'est qu'elle était loin d'être de tout repos, ses parents et sa fratrie le confirmeraient de bonne grâce. Mais elle n'avait pas manqué de donner autant d'amour aux autres qu'elle en recevait d'eux. Une famille des plus unies, c'était indéniable. Même dispersés en Grande Bretagne et même dans le reste de l'Europe, aucun ne manquait une réunion de famille. Surtout quand c'était au tour de Brenna de recevoir : la reine du "savoir recevoir" et de la cuisine, c'était bien elle !

Grand sourire aux lèvres, la sorcière se remémora de bons souvenirs d'enfance.

La réponse dépendra de qui aura eu la question... selon le chat de mes parents, je devais être une horrible petite fille j'imagine... En fait... je crois que Serena me ressemble beaucoup sur ce point.

La sorcière se releva. Elle avait oublié les petites serviettes qu'elle mettait toujours quand elle servait des gourmandise. Pendant qu'elle se lança donc à nouveau vers le comptoir, elle répondit à l'autre question.

Et oui, je suis l'aînée. On est six. Et Seamus est le petit dernier.

Finissant sa phrase, et avant d'ouvrir un autre placard, elle darda son regard vert sur Ezio, lui faisant comprendre que c'était le moment ou jamais de quémander du café.



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MessageSujet: Re: Specialis Revelio |PV Brenna & Ezio|   Mar 7 Fév - 22:50

- Du café, avec plaisir. Acquiesça-t-il  dans un sourire alors que le regard appuyé de Brenna en disait bien long.

Alors que les deux femmes échangeaient sur l’enfance de Brenna , il avait prudemment repoussé l’assiette de friandises du côté de Saoirse, qui ne manquerait pas d’en manger suffisamment pour donner à leur hôtesse l’impression qu’une cohorte de clients s’était servis. Ignorant, non sans sourire intérieurement, le petit regard provoquant que lui avait offert sa sœur, il reporta toute son attention sur Brenna qui semblait se perdre dans des souvenirs lointains. L’image d’un chat aussi roux que la propriétaire de la boutique se matérialisa immédiatement dans son esprit. Sans trop savoir pourquoi, il se retourna, s’attendant presque à le voir surgir d’une étagère en poussant des miaulements plaintifs.

Farfouillant toujours dans les nombreux placards qui ornaient les murs autour du comptoir, Brenna en avait extirpé des serviettes qu’Ezio contempla un court instant, prenant garde d’éviter soigneusement le regard de Saoirse pour éviter de replonger dans de vieux débats.

 « Tout le secret du bonheur du Contemplateur est dans son refus de considérer comme un mal l'envahissement de sa personnalité par les choses. »

Brusquement, alors que Brenna lançait la préparation dudit café, il abandonna le confort de son fauteuil et traversa la salle en quelques enjambées pour la rejoindre. Il pouvait presque voir le visage de Saoirse dans son dos, lui lançant un regard courroucé et tentant de lui insuffler les bonnes manières par télépathie. Il était probablement de mise chez ces dames que l’on reste sagement assis à l’heure du thé en attendant de se faire servir.
Néanmoins, il buvait du café. Ce qui l’excluait aussitôt du cercle des buveurs de thé indolents. Avec tout le respect qu’il devait aux buveuses.
Abandonnant les normes sociales auxquelles il refusait de se contraindre, il passa derrière le comptoir où se trouvait déjà Brenna et sa flamboyante chevelure et lui adressa un sourire d’excuse avant de désigner l’appareil qui s’engageait à fournir ce « très bon café ».

- Allez vous asseoir, je vous rejoindrai avec le café quand il sera prêt. Mumura-t-il à voix mi-basse.

Ce faisant, il tendit la main, machinalement, pour la débarrasser de ce qu’elle portait, à savoir les serviettes. Effleurant de ses doigts le dos de la main gauche de Brenna, il reçut aussitôt une décharge de chaleur qui irradia jusque dans son épaule déjà endolorie.

« Une gamine rousse qui ne devait pas avoir plus de 6 ans était penchée dans les hautes herbes d’un jardin et taquinait une petite créature repoussante. Le rire cristallin de l’enfant résonnait comme dans un rêve, alors que le vent s’engouffrait sous une multitude de jupons plus colorés les uns que les autres. De sa tignasse rousse et bouclée pendait un ruban assorti à l’une des couches vestimentaires qu’elle portait. Lorsqu’elle riait, l’enfant rejetait la masse bouclée en arrière et offrait sa gorge au ciel, pétillante de bonheur et d’espièglerie. L’image changea jusqu’à métamorphoser le rire en cri de douleur alors qu’une des créatures exaspérées se servait d’un cigare comme projectile envers la fillette. Ce dernier atteint l’enfant à la main, y laissant une marque rouge et ronde à l’endroit où la chair avait été brûlée par l’incandescence de l’objet. D’immenses larmes roulaient le long des joues de la fillette dont les yeux vert forêt lui mangeaient le visage. »

L’étrange sensation se répandit dans son bras et son cou, en réveillant la sensation désagréable dans son épaule. Lorsque l’enfant s’effaça ce fut le visage de Brenna qu’il distingua à travers ses yeux sombres plissés d’incrédulité. La questionnant un court instant du regard, il se rendit à l’évidence, cette dernière n’avait pas bougé et n’était en rien responsable de la brusquerie de la vision. Réalisant alors qu’il s’était accroché au comptoir, il le lâcha promptement et tâcha d’effacer l’air contrarié qu’il exprimait.

Il ouvrit la bouche une première fois, prêt à la questionner sur cette cicatrice, puis se ravisa et la referma aussitôt, feignant de s’intéresser à la préparation du café.

HJ: Encore désolé, Mesdames, pour le délai et l'essai, peu concluant, de réponse.
Je ferai mieux la prochaine fois.


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