Météo du Moment

Nous sommes en juillet 2017. 

L'Écosse organise la première
édition du festival de
Greenock.
De nombreux moldus ont
répondu au rendez-vous.
Ils ignorent que parmi eux,
Et sur l'impulsion d'Adam
Campbell, des sorcières et des
sorciers participent eux aussi
au festival.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Un mouvement de panique a été enregistré sur le chemin de traverse le 24 février 2017.
Venez rejoindre le sujet commun Panique sur le chemin de Traverse!

Pour ramener Shawn Evans sur le forum
Tapez #1
(Si tu pouvais ramener tes fesses maintenant qu'on a tous tapé 1!)

Miss Shepherd,
ce n'est pas beau d'espionner les gens...
Le festival de Greenock
n'attend plus que vous! Il est temps de poster!

Campagne de dons entamée:
#BuyEzioShepherdaMac

Il semblerait que ce soit plus urgent que jamais...

WAKE UP TOUT LE MONDE!

On s'endort! Tous à vos claviers pour éviter le naufrage!

Monsieur Menroth ,
Nous vous avons à l'oeil...

Partagez | 
 

 Les desseins d'un déluge [Libre]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar






Age du personnage : 32 ans
Messages : 271
Localisation : Entre Ballynahinch et Nottingham
Scolarité : Gryffondor - from 1996 to 2003
Université : formation privée
Occupation : Président-fondateur de Lukos

MessageSujet: Les desseins d'un déluge [Libre]   Ven 11 Nov - 21:02

Les desseins
d'un déluge
Aidan
feat.
?


 

 



 

 

Il pleuvait dru, ce matin-là, sur l'Irlande. A Dublin, la foule se pressait, peu désireuse de s'attarder sous ce ciel d'un gris déprimant. Nombreux étaient ceux qui cherchaient refuge dans un pub, le temps d'avaler un breuvage qui réchauffait de l'intérieur et redonnait un peu de courage pour affronter le temps maussade.


Aidan Morgenstern était de ceux-là. Et, en territoire moldu, il était impossible d'envisager un petit Impervius pour se protéger des caprices météorologiques. L'homme n'était pas pressé. Il avait d'ores et déjà satisfait à ses obligations de la matinée : un rendez-vous avec le chef de clan de l'une des rares "meutes" de loups-garous d'Irlande. Peu de loups-garous acceptaient l'idée de transmettre leur "tare" à leur progéniture, mais quelques familles de lycanthropes s'y risquaient et tentaient d'élever leurs enfants malgré cette malédiction. En général, les jeunes lycanthropes issus de ces clans se montraient moins agressifs que le loup-garou moyen, ce qui n'avait de cesse d'intriguer Aidan. Il voyait là une piste qui pourrait, à moyen terme éclairer le destin de toutes celles et ceux victimes d'une morsure, par une nuit de pleine lune.
L'Irlandais avait ensuite effectué quelques achats au Stephen's Green Shopping Centre, sur l'insistance de Ann, son assistante. Celle-ci l'avait presque supplié de l'accompagner, dans le seul but de visiter quelques unes des échoppes du centre commercial. Mais lui avait besoin d'elle dans leurs bureaux de Nottingham, et s'était donc engagé à courir les boutiques pour y recueillir les emplettes "indispensables" à son bonheur.

Avant de s'en retourner au siège anglais de Lukos, l'homme s'octroyait donc une petite pause bien mérité, en compagnie d'un café bien serré qui achevait de lui remettre les idées en place, et du Guardian qui affichait des nouvelles peu réjouissantes du monde moldu. Contrairement à nombre de sorciers, Aidan Morgenstern ne se sentait pas étranger aux affres de la population non magiques. Et c'était avec une incompréhension manifeste qu'il consultait les résultats de la course à la Maison Blanche. Les Moldus ne laissaient pas de le surprendre. Comment un peuple tout entier pouvait-il élire un homme qui conspuait une majeure partie de son électorat ? Incrédule, il compulsait la revue de presse, constatant qu'il avait encore beaucoup à apprendre de ses concitoyens.
Son café terminé, il lui fallut se résigner à regagner l'extérieur et ses humidités, avec, au ventre, le sentiment bizarre que le monde courrait à sa perte. Une fois de plus, il s'étonnait que les sorciers refusent de s'engager véritablement dans les problématiques politiques de la population moldue. Ou... Peut-être s'en préoccupaient-ils trop ? Ne fallait-il pas voir dans cette élection surprise le jeu de quelques sorciers de l'ombre ayant décidé de jouer aux marionnettistes ? Devait-on s'inquiéter de l'émergence d'un groupuscule extrémiste dans le monde magique américain, déterminé à générer chaos et discorde ?

Sur ces pensées peu rassurantes, Aidan Morgenstern sortit du O'Donoghue's Bar, qui avait été son havre pour un petit quart d'heure de chaleur. Sur le trottoir, une silhouette se tenait là, sous la pluie, apparemment hésitante quant à la direction à prendre ? Ou attendait-elle seulement un taxi ? Lui ne put se résigner à la laisser attendre sous une averse qui s'apaisait, mais sans vouloir tout à fait cesser. Dégainant un parapluie au-dessus de l'inconnu(e), il se plaça à ses côtés, ne sachant guère comment inaugurer la conversation.

© Gasmask






Aidan
Morgenstern
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t95-aidan-morgenstern
avatar






Age du personnage : 20 ans
Messages : 32

MessageSujet: Re: Les desseins d'un déluge [Libre]   Sam 19 Nov - 22:48

- Bonjour, monsieur Bergin ?

Devant elle, sur le pas de la porte, se tenait un homme bourru. Il la détailla de la tête au pied d’un air suspect. Mais il dévisageait une jeune fille habillée comme n’importe quel moldu, n’importe quel passant de cette rue de Dublin. Elle était une inconnue certes, mais n’avait rien de menaçant.

- C’est pour quoi ?
- Je… Pourrais-je entrer ?

Il hésita un instant, la moue renfrognée, mais la pluie drue qui tombait derrière elle jouait en sa faveur. Elle se tenait recroquevillée sous le tout petit auvent pour échapper aux gouttes et devait parler fort pour avoir une chance de se faire entendre. Elle devait même faire de la peine, trempée de la tête au pied, ses cheveux plaqués sur le visage. Ses mains tremblaient légèrement, elle n’avait pas la veste adéquate pour ce climat. Le temps était plus froid qu’à Londres. Il céda et lui laissa la place d’entrée. Elle s’arrêta dans le corridor, à côté de la porte donnant sur un charmant salon.

- Qu’est-ce que vous voulez ?
- Je m’appelle Cassie Hampskin, je suis du ministère. Je viens de la part de monsieur O’connor au sujet de papiers que vous deviez nous retourner signés.

Elle conserva l’air d’innocence et de gentillesse qui lui avaient permis d’entrer, mais parla sans hésiter. Elle garda contenance. Elle était ici officiellement, et il devait comprendre que ces papiers devaient revenir signés. La jeune femme cachait de son mieux son malaise. Elle n’aimait pas faire cela, venir en personne insister, l‘embêter. Il n’était sans doute pas méchant. En fait, il avait même l’air gentil, mais il refusait de répondre à leurs courriers depuis 2 mois déjà. Il ne semblait pas décidé à le faire. Que pourrait-elle y faire ? Elle n’avait pas plus d’arguments que son sourire. Elle se contenta de le fixer sans rien dire. Et s’il s’énervait ?

- Je sais, dit-il en soupirant.

Il poussa un soupir et elle lui répondit par un sourire d’excuse. Ian avait raison finalement, cela se passait bien avec elle. Elle n’était pas menaçante. Elle sortit donc le nécessaire de son sac à dos et lui tendit les documents. Heureusement, les parchemins avaient été préservés de la pluie par un sortilège. Il y apposa sa signature, attestant qu’il prenait connaissance du verdict, et elle put s’en aller.

Tout cela avait été bien plus rapide que prévu. Elle se retrouva de nouveau sur le perron, la porte close, prête à retourner sous la pluie battante. Elle remua les orteils dans ses chaussures trempées, ils avaient à peine eu le temps de se réchauffer. Mais elle ne devait pas être la bienvenue, elle repartit. Elle marcha quelques minutes dans la rue d’un pas décidé. Elle se trouvait au bord de la route, prête à traverser, lorsqu’elle s’arrêta. Elle jeta un coup d’œil à sa montre, il était trop tôt. Elle devait retourner derrière la petite église pour récupérer la clé rouillée qui lui servirait de portoloin, mais il lui restait du temps. Elle regarda de l’autre côté de la rue. Il y avait quelques cafés, elle n’était pas très à l’aise à s’assoir seule sans rien faire. Elle n’avait rien pour s’occuper, pas de dossier ou de livre. Pas de musique non plus.

Une silhouette se profila à ses côtés. Mais plutôt que de la dépasser, elle s’arrêta. Et la pluie fit un son sourd et elle s’arrêta de tomber. Enfin, de lui tomber dessus. L’incrédulité se lut clairement sur son visage alors qu’elle continuait à regarder droit devant elle. D’accord. C’était pour le moins original. Elle n’osait même pas dévisager la personne. Qui, disons-le, empiétait grandement sur son espace vital. Cassie espérait que, si peut-être elle attendait sans rien dire, il partirait. Mais il, à en juger sa taille et sa corpulence, ne bougea pas. C’était à la fois gentil et très étrange. Une espèce de courtoisie d’un autre temps.

- C’est vraiment gentil, mais la pluie ne me dérangeait pas tant que ça vous savez, finit-elle par lâcher.

Sa voix mélangeait de la politesse et du mais-d’où-est-ce-que-vous-sortez. Et ses mains continuaient à trembler.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar






Age du personnage : 32 ans
Messages : 271
Localisation : Entre Ballynahinch et Nottingham
Scolarité : Gryffondor - from 1996 to 2003
Université : formation privée
Occupation : Président-fondateur de Lukos

MessageSujet: Re: Les desseins d'un déluge [Libre]   Dim 1 Jan - 12:21

Dans le silence qui persista quelques temps, il observa d'un air nonchalant les passants affairés qui défilaient devant ses yeux. Aidan Morgenstern n'était pas homme à être rendu mal à l'aise par une absence de parole. Certaines personnes étaient même plus aisées à discerner quand elles s'enfermaient dans le mutisme, qu'il soit rageur, paisible ou curieux.


Le silence laissait le temps et l'espace d'observer, de guetter l'ensemble de ces signes qui passaient inaperçus lorsque l'on s'attachait trop au discours. Or l'Irlandais appréciait tout particulièrement la possibilité de deviner autrui par la simple observation. Les années passant, c'était en quelque sorte devenu une sorte d'activité parallèle, qui était salutaire dans la voie qu'il s'était choisie.
Les êtres, et les lycanthropes en particulier, avaient un langage corporel que démentaient souvent leur propos. Ce langage corporel était pourtant la clef pour les atteindre, pour distinguer leur véritable état d'esprit, leurs peurs et leurs attentes. Le tout était de réussir à capter les signes. Et à les interpréter. Si Aidan s'était fait un expert en décodage lycan, il rencontrait plus de difficultés avec le commun des mortels. Les choses ne s'arrangeaient pas quand les individus étaient de sexe féminin. Il n'en baissait pas les bras pour autant et tentait de guetter un mouvement, un regard qui permettrait d'éclairer le portrait qu'il se faisait des gens. Rendu là, il brodait une vie imaginée, des buts et des regrets, et leur tissait une existence toute entière qui les menait à l'endroit précis de leur rencontre présente. L'homme tombait juste, parfois. S'illusionnait le plus souvent. Mais ça n'était, à ses yeux, que l'occasion de se corriger, de se laisser surprendre et de découvrir d'autres circonvolutions du genre humain.

Quand la jeune femme prit finalement la parole, il en fut un instant déstabilisé. Sa concentration lui avait fait défaut, l'empêchant de saisir les signes annonçant ce moment. En résulta un court silence surpris. Très vite, il se reprit.

« C'est avec plaisir. J'étais un peu en manque de sociabilisation. »

C'était une théorie qu'il appliquait dans ses relations au quotidien. Avant que de prétendre que les autres avaient besoin de lui, il affichait ses propres dépendances aux relations humaines ou un à une quelconque nécessité. Ensuite, seulement, il lui était possible d'avancer qu'autrui aussi pouvait récolter quelque chose du moment qu'ils partageaient. Ainsi, la rencontre résultait d'un échange et non pas d'une relation à sens unique. En posant les armes le premier (aujourd'hui, aborder quelqu'un dans la rue relevait de l'exploit : entre les démarcheurs, les quémandeurs et les harceleurs de rue divers, il était quasiment impossible de lier contact, tant chacun était sur la défensive et n'attendait rien d'autre que des ennuis d'une simple interpellation), il offrait à la situation ses meilleures chances d'évoluer vers un échange amical.

« Vous êtes congelée... Je m'en voudrais de vous laisser prendre froid. »

Elle tremblait sous la pluie. C'était une raison suffisante pour jouer les chevaliers servants.
Ne voulant pas rester sur un constat aussi banal, l'homme enchaîna :

« Qu'est-ce qui vous amène à Dublin ? »

Du point de vue de la banalité, on ne faisait guère mieux, mais la curiosité qui sous-tendait la question était sincère. Aidan Morgenstern n'était pas homme à se perdre en paroles inutiles. L'accent anglais qui perçait le timbre de la jeune femme avait interpellé son oreille.

© Gasmask





Spoiler:
 



Aidan
Morgenstern


Dernière édition par Aidan Morgenstern le Mer 1 Mar - 19:52, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t95-aidan-morgenstern
avatar






Age du personnage : 20 ans
Messages : 32

MessageSujet: Re: Les desseins d'un déluge [Libre]   Dim 8 Jan - 22:34

"Moi pas du tout" se retint-elle de répondre. Cassie n’était réellement pas le genre de personne à se plaindre du manque de contact humain. Au contraire, elle serait plutôt sujette à des excès de socialisation. Une trop forte de dose venait facilement à bout de sa politesse. Mais assener cela de but en blanc était de la pure méchanceté. D’autant que l’homme était avenant, il essayait de la protéger des intempéries. Un geste gentil. Inutile – elle était déjà trempée jusqu’aux os – mais gentil. Lorsque son preux chevalier lui fit d’ailleurs remarquer qu’elle était congelée, elle croisa inconsciemment les bras sur sa poitrine. Comme si elle niait avoir froid en contrôlant ses tremblements. Et puis, elle n’avait rien à faire. Elle n’était sans doute pas obligée de le faire fuir si rapidement.

- Je fais du secrétariat pour le juge O’connor et nous avions besoin de documents importants.

Elle fouilla dans son sac et en ressorti une carte de visite qu’elle tendit. Au fil du temps, sa petite histoire s’était étoffée. Elle savait quels détails étaient crédibles, avait rajouté des anecdotes pour plus de réalisme. Le secret d’un bon mensonge étant de coller au plus à la réalité, elle avait seulement arrangé les parties qu’elle ne pouvait divulguer. La plupart de ces informations étaient tirées des séries télévisées qu’elle et Annie regardaient lorsqu’elles vivaient ensemble. Cela avait été leur petit secret, bien évidemment. Elle en avait beaucoup appris sur le monde moldu. La carte qu’elle venait de tendre était l’une des pièces phares de son histoire. Elle semblait attester de l’existence du juge. Un sortilège dérivé des repousse-moldu évitait que quiconque pense à vérifier les informations. S’il leur prenait l’envie de contacter le juge, un coup d’œil à la carte et une autre priorité se rappelait à leur bon souvenir. Ainsi ils ne pouvaient pas découvrir que ni l’adresse ni l’adresse ni l’e-mail n’existaient, ou que le numéro de téléphone les renvoyait à un petit magasin d’accessoires de magie de Londres.

Alors que son interlocuteur découvrait le bout de carton, ses yeux étaient toujours tournés vers le trottoir d’en face. Elle ne l’avait pas même regardé jusque-là. Mais quelques secondes lui suffirent et elle lui fit face en poussant discrètement un soupir. C’était stupide. Elle était seule, n’avait rien à faire et devait attendre son portoloin. Bien qu’elle en ait eu très envie, elle n’allait quand même pas tourner les talons pour… ne rien faire. Elle n’était pas asociale non plus. Elle fit de son mieux pour prendre un ton détaché.

- Et vous, qui êtes-vous ? lança-t-elle avec un sourire.

Raté, elle avait l’impression d’être un peu trop sur la défensive. Elle n’était décidément pas douée pour les relations humaines. Aborder un collègue dans un cadre professionnel était plus facile, tout était codifié. Aborder un inconnu pour lui parler de la pluie et du beau temps en revanche…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar






Age du personnage : 32 ans
Messages : 271
Localisation : Entre Ballynahinch et Nottingham
Scolarité : Gryffondor - from 1996 to 2003
Université : formation privée
Occupation : Président-fondateur de Lukos

MessageSujet: Re: Les desseins d'un déluge [Libre]   Mer 1 Mar - 20:20

Aidan regretta une nouvelle fois de se trouver en territoire moldu: un simple sortilège aurait pu réchauffer la jeune femme, quand, à cet instant, la seule option pour la protéger de l'air frais et humide aurait été de lui offrir sa veste. Chose impossible. Oh, il aurait volontiers sacrifier son confort personnel, là n'était pas la question. Mais ils n'en étaient tous deux qu'aux infimes prémices de ce qui pourrait passer pour une relation humaine.


L'homme avait parfaitement conscience de certaines normes sociales : proposer sa redingote à une étrangère ne pourrait que l'effaroucher. Certitude acquise par l'expérience. Dans ses jeunes années, il avait tenté l'aventure, tout en galanterie et en prévenance. Deux fois. Croup échaudé ne craignait pas l'eau froide. Il avait reçu comme seuls remerciements, des insanités dans le premier cas, une gifle cuisante dans le second. Et une solide conviction de ne plus réitérer l'expérience.

Aussi se tut-il et accepta-t-il gracieusement la carte de visite qu'il lui tendait. S'il ignorait totalement qui diable pouvait bien être le juge O'Connor, il connaissait suffisamment le monde moldu pour savoir qu'un contact dans le monde judiciaire pouvait être aussi utile que posséder des accointances au sein du Magenmagot. On ne savait jamais dans quel pétrin l'on pouvait se retrouver fourré. A l'insu de son plein gré, bien entendu.

Dans l'intervalle de ses pensées, la jeune femme sembla retrouver un peu d'aménité. Phénomène réflexe ou aptitude bien ancrée dans sa chair, Aidan Morgenstern lui retourna son sourire. C'était en quelque sorte sa marque de fabrique. Celle qui clamait « je suis inoffensif » et qui avait conduit bien des lycans à lui accorder leur confiance. A juste titre. Le sourire se révélait juste un raccourci à des palabres et des argumentations interminables. Dans la société actuelle, le sourire était une espèce en voie d'extinction. Trop souvent utilisé à des fins commerciales ou crapuleuses, nombreux étaient ses concitoyens à avoir oublié la vraie valeur (et la chaleur simple d'un sourire).

L'homme ne prit pas ombrage de l'attitude de son vis-à-vis. Ce fut même à peine s'il nota quoi que ce soit. Ravi d'être embarqué dans une conversation qui avait le double avantage de faire passer le temps et d'asseoir ce fameux contact du milieu judiciaire, Aidan ne s'accorda qu'une demi-seconde de réflexion. Habitué à côtoyer les moldus dans toute leur diversité, et toute leur complexité, il avait, lui aussi (bien qu'il ignorât la réciprocité de la situation), parfaitement rôdé son petit discours. A servir aux parents angoissés, avant de leur expliquer l'amplitude de la situation lycanthropique de leurs enfants. Ou aux voisins à la curiosité avides.

« Aidan Morgenstern. Je dirige une association qui vient en aide aux plus démunis. »

La beauté du prétexte résidait dans sa proximité à la vérité.
Et si certains souhaitaient s'enquérir de plus de détails, il improvisait ensuite avec des éléments qui mettraient le moins possible son interlocuteur mal à l'aise. Certains moldus, comme leurs confrères sorciers, étaient incommodés avec l'idée des troubles mentaux, pour ne citer qu'eux. Il aiguillait la conversation sur des thématiques moins périlleuses : il se targuait tour-à-tour d'être spécialiste en langue de signes (il en avait les bases) ou expert en psychologie adolescente. La question des réfugiés, elle aussi, était parfois un sujet sensible, à éviter avec certains individus à l'esprit étroit.

« Je venais rendre visite à un confrère pour discuter de quelques réformes gouvernementales et de leur application. Peut-être connaissez-vous Ewan Abercrombie, si vous êtes du coin ? »

Le nom, jeté au hasard, avait peu de chance de résonner. Il y avait toujours, néanmoins, une chance pour que son interlocuteur prétende le connaître. Il ne lui restait plus qu'à broder.

« Et vous êtes ? »

Sourire, toujours. De ce sourire désarmant et sincère.

© Gasmask






Aidan
Morgenstern
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com/t95-aidan-morgenstern
avatar




Admin

Messages : 1017
Localisation : Entre deux mondes

MessageSujet: Re: Les desseins d'un déluge [Libre]   Lun 17 Avr - 22:21

Alors que la pluie redoublait d’intensité, le vent, ne voulant être en reste, balaya la ruelle d’un souffle glacé et puissant. Retroussant jupes et pardessus, il emporta au loin une poubelle, un chapeau ridicule par un tel temps et même ridicule tout court, ainsi que deux ou trois parapluies, dont celui de M. Morgenstern.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cheminsdetraverse.forumactif.com
 
Les desseins d'un déluge [Libre]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Obama en chute libre ...
» Un sous-vêtement dans l'arbre [Libre]
» JEAN JUSTE LIBRE HEUREUX ! JACQUES ROCHE EST MORT POU JE'L !
» Pas sur la neige...[Libre]
» ♦ Juste une envie d'oublier ... [ Libre ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chemins de Traverse :: Zone de Jeu :: Ewiland :: Irlande-