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Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
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Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Dormir ou écrire, il faut choisir.

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 Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]

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MessageSujet: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Dim 6 Nov - 11:41

~ Previously : Contes et légendes d'un monde oublié... ~

Mille fois je me suis dit que j'étais ridicule.
Mille fois je me suis sentie immortelle.
Mille fois je me suis jurée que je n'irai pas.
Mille fois je me suis surprise à décompter les minutes qui me séparaient de lui.


h -27 • 8 a.m.
Le petit matin me trouve les yeux grands ouverts.
J'ai pas dormi le bout de nuit qui me restait.
Trop chamboulée par ce qui vient de me tomber dessus.
Les sens en émoi, le cœur douloureux, la tête floue.

Par la fenêtre, je vois le soleil se lever. La lumière du jour m'aide à organiser mes idées et à chasser les rêveries folles qui m'ont tenu compagnie toute la nuit. Plus le temps passait, moins j'arrivais à contrôler mon imagination et moins le spectacle qu'elle m'offrait était destiné aux âmes prudes.

J'ai vécu et re-vécu chaque instant de cette soirée magique. Parfois en me disant que j'avais tout inventé, que j'avais glissé de l'exceptionnel sur du banal à pleurer. D'autres fois, je me maudissais de ne pas être tout simplement rester avec lui, là où j'avais enfin le sentiment d'être à ma place.
Je l'ai quitté il y a seulement quelques heures et il me manque de manière démesurée. Folle. Angoissante.
Je me demande ce que je suis en train de devenir. Et, non, je ne veux pas connaître la réponse à cette question.


Je reste allongée encore un moment, dans la petite chambre de mon enfance. Tant que je reste cloîtrée dans ce bout d'espace rien qu'à moi, je n'ai pas à affronter le monde. Je ne dois m'exposer au regard de personne. Et Ezio Shepherd peut rester juste à moi. Pas un secret honteux à cacher à la face du monde. Tant que je reste cachée dans ma planque, je n'ai ni à mentir, ni à tricher. Je ne fais de mal à personne. Ma soirée n'a rien d'un blasphème, juste un long moment juste pour moi, fait de beauté, de poésie, de cœur qui bat, d'yeux brûlants, de sourires esquissés, de joues rosissantes, de baisers volés et de souffles saccadés.


Mais, bien trop tôt, le quotidien va me rattraper. Bientôt, Justin, comme chaque fois qu'il est loin de moi plus de vingt-quatre heures, va m'appeler. Bientôt, il va falloir que je relègue Ezio Shepherd au rang de souvenir. Je sais bien que je n'ai pas de place pour lui dans ma vie. Alors je retarde au mieux cette amertume qui me noue déjà la gorge. Les entrailles. Et tout ce qu'il y a entre les deux.
J'ai besoin d'une douche, pour m'éclaircir les idées, pour me laver de je-ne-sais quel péché imaginaire. Je ne peux pas envisager d'avoir mon mari au téléphone alors que je suis presque sûre d'avoir encore la saveur d'Ezio Shepherd sur les lèvres.

Glaciale est la douche. Tiède sera l'appel.

Que dit-on à un homme qu'on a rayé de sa vie pour presque toute une soirée ?

Il me raconte son enthousiasme à l'approche de son réveillon. Lui et ses potes ont organisé un GN (Grandeur Nature pour les néophytes – du jeu de rôle pour de vrai) , thématique « Seigneur des Anneaux ». Il a attendu ça des mois : enfiler son costume de guerrier nain et se lancer dans l'aventure.
Moi, je ne reconnais pas ma voix. Elle sonne faux. Hâché. Mais Justin ne se rend compte de rien.
Il me demande ce que je fais ce soir. Je lui rappelle la petite sauterie programmé par mes copines du lycée, Phoebe, May et Leanne. Il ne les a jamais trop aimées, mais je suis contente de les revoir.
Après lui avoir promis de lui envoyer une photo de moi fin prête à réveillonner, je réussis à le renvoyer à ses amis.

Il me faut encore jouer la comédie à mes parents et prétexter des courses de dernière minute pour m'enfuir enfin de la maison et rester seule avec ma tête.

Bien que l'idée me broie la poitrine, je me fais la résolution de ne pas y aller ce soir. Ni demain. Ce n'est pas sage. Il faut que je me raccroche à ma vie. Il paraît que j'ai tellement à perdre.


h - 18 • 5p.m.
J'ai beau y mettre toute la volonté du monde...ma journée a été entrecoupée de réminiscences d'une prévision et d'une violence émotionnelle troublante. J'aimerais dire que je les ai ignorées vaillamment , mais je me suis laissée embarquer avec elle la moitié du temps, les yeux perdus dans le vague. Un sentiment de triomphe dans la poitrine. Très vite rattrapé par une douloureuse boule d'amertume coincée dans la gorge. J'ai oscillé sur mes promesses à moi-même de continuer ma vie comme si de rien n'était et mes plans abracadabrantesques pour m'esquiver, retrouver Ezio Shepherd et voler encore un peu de temps au monde.

Même maintenant, que je mets toute ma concentration à me préparer, un rien me ramène à ma soirée au Lemon Tree. Une odeur. La sensation du tissu de ma robe qui court sur ma peau. Oui, une robe. Je n'en porte pas tant. Mais Phoebe, qui est notre hôte pour le réveillon de la St Sylvestre nous a imposé un dress code. Gare à celle qui arrive mal fagotée et peu fardée.


h - 16 • 7p.m.
En sonnant chez Phoebe, je mets tous mes espoirs dans cette veillée pour me faire oublier. Tout. Et surtout le poids que j'ai sur le cœur depuis que je me suis interdit de remettre les pieds au Lemon Tree. Je suis affreusement consciente de ce sablier imaginaire dont le temps s'écoule inexorablement. Après-demain, il sera parti pour de bon, sans laisser d'adresse. Ou de numéro. Après-demain, je n'aurais plus aucune chance, aucun risque de le revoir. Après-demain, mon mariage ne risquera plus rien. Alors pourquoi j'ai envie de pleurer.

Je souris encore plus grand, parle plus fort, fais de plus grands gestes quand Phoebe me tombe dans les bras. Puis Leanne. Puis May. C'est un peu étrange de se revoir depuis tout ce temps. Le lycée s'est terminé il y a plus de quatre ans et la St Sylvestre est la seule occasion qu'on a de se revoir toutes ensemble.
Alors on se raconte nos vies, nos petites histoires. Et pour la première fois, je me surprends à leur mentir. Parce qu'elles ne comprendraient pas. Parce que comment expliquer Ezio Shepherd en mots ? J'esquive à qui mieux mieux et pose plein de questions. C'est la meilleure technique, elle fonctionne à merveille, comme toujours. Les gens aiment tellement mieux parler d'eux qu'écouter les autres. Sauf mon barde d'hier soir. Lui, il savait écouter. Il savait même entendre le silence.

Je chasse le souvenir d'un geste. Mais soudain, je m'ennuie.
J'essaie pourtant. Je danse. Je souris. Je bois aussi.
Je m'efforce de me raccrocher à notre belle époque. Mais...
Je me rends compte que je n'ai pas grand chose à leur dire.
Peut-être que le temps a trop passé. Peut-être que j'ai changé.
C'est possible de changer en un soir ?

Je prétexte un tour dehors. Et m'enfuis dans la nuit.


h - 12 • 11p.m.
Je ne sais pas combien de temps, j'ai erré.
Sans le vouloir (ou peut-être à trop le vouloir), mes pas m'ont menée droit au Lemon Tree, pourtant de l'autre côté de la ville. J'ai trouvé la porte fermée. Je me suis forcée à nier de toutes mes forces la déception, aux airs de désespoir, qui me tomba dessus. On ne pleure pas pour une porte fermée. On grimace, à la limite.
Alors j'ai grimacé, et je m'en suis allée.

J'ai refait le chemin de la veille, comme un pèlerinage.
Et j'ai continué.
A chaque coin de rue, j'ai cru le reconnaître. Ils n'étaient pourtant pas si nombreux à errer dans les rues de Shoreham. Une fois, j'aurais même juré que c'était lui, au loin, à quelques pas de moi. Je l'ai regardé. Il ne s'est pas retourné. Je me suis dépêchée de me faufiler dans une ruelle, un peu honteuse.

Malgré moi, un peu plus tard, je reviens au Lemon Tree.
Malgré moi, je me retrouve devant cette porte. Qui n'est plus fermée. Que je pousse, le cœur battant.

Quelques notes arrivent jusqu'à mon oreille.

Il est là.

Un violon entre les doigts, dont il tire une petite mélodie envoûtante.
J'ai craint d'avoir tout rêvé, tout inventé. Mais avec les flammes qui dansent et font trembler son ombre sur les murs, avec cette odeur douceâtre qui semble être la signature de l'endroit... j'ai presque le souffle coupé. Je me retrouve, une fois de plus, engloutie par la magie de l'atmosphère. Par l'aura envoûtante d'Ezio Shepherd. J'arrive pas à détacher mes yeux de lui, moi, petite silhouette encadrée dans la porte du Lemon Tree, porte à moitié ouverte qui laisse rentrer le froid de ce dernier jour de décembre.

Et plus je regarde Ezio Shepherd, moins je comprends comment j'ai seulement pu envisager de ne jamais le revoir.
Toutes les émotions d'hier soir me reviennent dessus, comme un raz-de-marée.
J'ai presque de la peine à respirer.

Et... et c'est affreux, mais je me dis que si j'avais rencontré Ezio Shepherd avant que Justin croise ma route... Justin n'aurait pas eu la moindre chance. Il n'aurait même pas réussi à m'arracher l'ombre d'un regard

Je suis figée dans un petit moment hors du temps.
Et dans un mélange d'anticipation et d'appréhension, je retrouve cette sensation d'absolu qui m'avait saisie hier soir, ce sentiment que c'est un de ses instants où tout peut basculer.

Je ne dis rien, je ne bouge pas. Je laisse le destin m'emporter.
Et je regarde Ezio Shepherd.





Dernière édition par Stacy Grant le Dim 6 Nov - 23:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Dim 6 Nov - 14:16

- Tu en veux un autre ?

Il leva un regard interrogateur vers Sarah ,qu'il n'avait pas entendue venir, tout absorbé qu'il était par la contemplation du petit objet qu'il tournait et retournait dans ses mains. Devant son air un peu perdu elle sourit doucement et précisa :

- Un autre café. La nuit a été courte ? Questionna-t-elle en s'asseyant face à lui tout en remplissant sa tasse pour la seconde fois sans attendre de réponse.

« Plutôt longue... »

- Merci.

Elle lui adressa un nouveau sourire et l'observa sans un mot, attendant probablement qu'il en dise un peu plus.
Depuis le début de la matinée, elle se montrait particulièrement curieuse au sujet de la veille. N'ayant aucune envie d'en parler de son côté, il avait éludé les premières questions, laissé couler les allusions ironiques destinées à lui tirer les vers du nez et s'était retranché derrière un café matinal et un livre, assis à la table qui faisait l'angle et qui lui offrait une vue directe sur la rue. La soirée de la veille lui avait laissé le goût d'un songe qu'il n'avait aucune envie de partager. S'il avait dormi, il aurait pensé avoir rêvé. Mais il était rentré, la tête, les yeux et tout le reste de son être empli d'images et de sensations restées endormies trop longtemps pour être capable de dormir. Il avait tenté de chercher le sommeil, quelques minutes à peine, avant de renoncer et de s'emparer à nouveau de sa plume pour plonger dans une écriture salvatrice et thérapeutique. Dans ses écrits, nulle trace d'une quelconque jeune femme aux allures de fantôme qui vous dérobe un baiser à l'angle d'une ruelle. Étrange âme que l'inspiration qui vous guide parfois à des lieues de ce qui vous a influencé. Ses sujets avaient été paradoxalement bien plus orageux que ne l'était alors son cœur. Au petit matin, lorsque les effluves de café s'étaient faites sentir dans la cage d'escalier, il était épuisé mais satisfait d'avoir réussi à coucher sur papier ces sentiments ombrageux dont il ne s'était jamais senti aussi éloigné.
Il leva à nouveau le regard vers le visage de Sarah et fut étonné de ne parvenir à déchiffrer son expression. Elle continuait à l'observer de cet air un peu étrange et insistant. Il lui offrit un sourire à mi chemin entre une excuse et un mot de réconfort. Il lui semblait que le reste du monde continuait à tourner alors qu'il était encore resté à hier. A ces quatre syllabes, dans cette ruelle, avec son odeur.
Dieu qu'il se déplaçait vite.
Il cherchait encore comment annoncer à Sarah qu'il n'avait pas l'intention d'aborder ce sujet avec elle lorsqu'elle rompit le silence à sa place.

- Je suis trop curieuse c'est ça ?
Il acquiesça d'un léger signe de tête.
-C'est peut-être moi qui suis trop laconique.
Elle soupira et jeta un œil par la fenêtre.
- Ok, j'ai compris, pas de question.
- Merci.

Il envisageait toujours de partir le lendemain, même si une partie de lui avait tenté de le convaincre toute la nuit qu'il n'était pas à un jour près et que Shoreham-by-sea avait encore bien des secrets à lui livrer, et ne voulait pas être brusque avec Sarah qui l'avait si bien accueilli. Il lui sourit à nouveau pour la remercier de sa compréhension, mais déjà, elle poursuivait.
- Mais... c'était bien ?
- Sarah...
- Ok. Mais, tu vas la revoir ?
- On t'a déjà versé une tasse de café dessus ?



L'après-midi avait été ensoleillée pour cette fin décembre. Refusant de passer la journée à attendre ce qui ne viendrait pas, il était sorti. Il avait commencé par soigneusement emballer le petit pendentif étoilé et avait envisagé de le remettre à Sarah, juste au cas où Anastasia passerait pour le récupérer. Puis il s'était ravisé. Si elle venait. Si elle venait. Elle ne viendrait pas. Pourquoi viendrait elle ?
Refusant de se tourmenter davantage à se poser une question qui, quelle que soit la réponse,  n'aboutirait à rien, il avait parcouru les rues de la ville, se laissant guider par ses pas et essayant de détacher son esprit de la petite silhouette brune qui ne cessait de s'inviter dans ses pensées. Il avait tenté de se convaincre que c'était uniquement la magie de l'ambiance feutrée de cette soirée qui les avaient mis dans cette situation et qu'à l'éclairage de cette nouvelle journée ils se trouveraient tous les deux stupides d'avoir agit de la sorte. Il s'était assis sur un banc, sur les quais, et avait passé quelques minutes à observer les pêcheurs, mais son visage s'était invité. Il avait descendu les rues pavées, persuadé que déambuler parmi les ruelles de Shoreham lui permettrait d'arrêter d'idéaliser la soirée d'hier, mais le son de leurs pas lui revenait sans cesse en mémoire alors qu'ils avançaient tout deux en silence. Au bout d'une heure, il avait fini par capituler, s'était assis à la terrasse d'un café et avait fermé les yeux un instant et permis au fantôme d'Anastasia de venir le hanter. Il s'était surpris à aborder un doux sourire alors qu'il se remémorait chaque trait de son visage et avait ressenti la furieuse envie de le dessiner avant qu'il ne lui échappe totalement. Sa poche ne lui offrit qu'un support pour coucher cette envie : le flyer de Sarah qu'il avait ramassé sur un pare-brise la veille au matin. Il haussa les épaule et explora une autre poche pour en sortir un feutre noir. En quelques minutes elle reprit vie devant lui. Des coins de sa bouche soulevés en un sourire tremblant, à l'éclat de ses yeux clairs qu'il avait dessinés un peu farouches. Sa main s'égara ensuite vers un second dessin, tout à côté de l'autre, qui esquissa deux silhouettes enlacées sous un réverbère. L'horloge de la ville sonna 5h.

« Qu'est-ce que tu fous là ? »

Et si elle passait, malgré tout ?
Il songea au rôle qu'il tenait dans cette histoire. Hier soir, il était plus simple de se dire qu'il s'agissait d'un instant volé. Se revoir aujourd'hui serait un acte volontaire qu'il n'était plus certain de vouloir lui laisser assumer.

« Et si elle passe et que tu n'y es pas ? »

Elle s'imaginerait alors qu'il se moquait de cette soirée, que ça n'avait eu aucune importance.

« Et si elle ne passe pas ? »

Était-ce réellement important ?

Il haussa les épaules, plia soigneusement le flyer en quatre et le replongea dans la poche de sa veste. La désagréable impression d'être en train de fuir la situation s'insinua en lui, aussi insidieusement qu'un serpent, et il fut saisi du besoin de rentrer au Lemon Tree pour se prouver le contraire. A moins que ce ne soit pour avoir une dernière chance de la revoir.
L'air se faisait de plus en plus frais alors que la nuit tombait. Le rythme de ses pas semblait se moquer de lui. Tantôt hâtifs, tantôt hésitants. Comment une si petite créature pouvait causer de tels émois ? Ce fut d'une main presque timide qu'il poussa la porte du Lemon Tree dont la pancarte indiquait « fermeture exceptionnelle à 18h ». Lorsqu'il se glissa à l'intérieur, Sarah était sur le point de fermer et un étrange mélange de soulagement et de déception parcourut ses veines.
Pinckney et Moira, tirés à quatre épingles, étaient sagement assis autour d'une table, les yeux fixés sur ce qui semblait être un vieux violon. Ils le regardaient tout deux avec un mélange de crainte et d'admiration ce qui arracha un sourire affectueux au poète. Il traversa rapidement la salle pour les rejoindre.

- Tu as vu ? C'était le violon de Papy Ciàran ! Maman a dit que si tu t'ennuyais avec tes amis, tu voudrais peut-être le réparer ? Ils sont ennuyeux tes amis ?
Un sourire naquit à nouveau au coin de ses lèvres et il secoua la tête en jetant un œil amusé à Sarah qui feignait l'incompréhension.
-Faites-moi voir ça...
Il prit place à côté d'eux, s'emparant avec douceur de l'instrument qu'il inspecta sous toutes les coutures. A en juger par l'épaisseur et la hauteur du pont, qui avait été limé avec soin, il avait entre les mains un typique fiddle irlandais qui paraissait avoir traversé les âges. Ses cordes pendaient allègrement le long du manche mais tout le reste semblait en bon état malgré l'usure du temps.

- Tu es sûr de ne pas vouloir venir, Ezio ?

Sarah était venue les rejoindre et dénouait son tablier pour laisser apercevoir une tenue de soirée qui tranchait avec le style de vêtements qu'elle portait lorsqu'elle travaillait au bar.

- Certain. Répondit le barde. Et puis, j'ai du travail. Annonça-t-il en désignant le fiddle.

Lorsqu'il se retrouva enfin seul, Ezio s'installa à la table qui jouxtait la cheminée et s'attela à la réparation des cordes de l'instrument. Il laissa ses mains jouer sur le bois de la caisse de résonance, appréciant le contact doux de l'épicéa puis portant l'instrument à son visage pour y reconnaître l'odeur de la colophane sous une essence prononcée de poussière.
Il travailla une bonne heure à nettoyer et remettre en état le violon avant de se décider à jeter un œil à la pendule. Sa tâche lui avait occupé les mains et l'esprit, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Il était 21h passées.

Elle ne viendrait plus.

Il se leva, toujours à mi-chemin entre deux émotions, attrapa sa veste à la hâte et sortit faire quelques pas dans la nuit.
Les rues étaient désertes. Derrières certaines portes ou fenêtre on distinguait les bruits étouffés d'une fête qui battait son plein. Des rires, des cris, de l'alcool, de la joie, de façade pour la plupart.

Le Lemon Tree était plongé dans l'obscurité totale lorsqu'il revint de ses déambulations nocturnes. L'air frais et la solitude lui avaient fait du bien. Il avait fini par réussir à se convaincre que c'était mieux ainsi et qu'il valait mieux rester sur la douceur d'une soirée dérobée au cours de la vie, plutôt que de risquer de tout gâcher en cherchant à la revoir. Sa main se referma sur un anneau de bois au fond de sa poche. Il en extirpa le pendentif étoilé, enroulé autour de son doigt. La vision de la main d'Anastasia entravée dans un fin anneau d'argent s'imprima dans son esprit.

« C'est mieux comme ça. »

Il contourna le bar et se servit un verre qu'il posa sur la table à côté du violon. Il s'accroupit un instant devant l'âtre mourant de la cheminée pour tisonner les braises restantes et ajouter une bûche. Après deux gorgées d'un alcool visiblement fort, il se sentait en passe de se réchauffer. Il frotta ses mains devant les flammes renaissantes du foyer et s'empara à nouveau de l'instrument qu'il avait abandonné quelques heures plus tôt. Il en tira quelques mélodies qui lui trottaient dans la tête, toutes plus mélancoliques les unes que les autres.

Combien de temps était-il resté là à jouer ? Il n'aurait su le dire. Cette soirée lui semblait longue et douloureuse sans qu'il n'arrive vraiment à s'avouer pourquoi. Il n'était pas attaché aux fêtes de fin d'année et ne se formalisait pas de les passer seul, il s'agissait d'un choix. Pourtant, en ce 31, la mélodie de son violon dans le pub silencieux lui paraissait déplacée. Il songea à Saoirse et ce qu'elle pouvait faire en cette soirée. Probablement avec des amis, à rire à vous donner envie de la suivre même le cœur lourd, comme elle seule savait le faire.
Il sourit tendrement à l'idée d'un réveillon avec elle qui l'aurait probablement achevé. Trop de bruits, trop de cris, trop de rires. Il avait souvent besoin de silence pour s'entendre penser. Sauf peut-être ce soir où ses propres pensées semblaient jouer contre lui. Il entama une nouvelle mélodie pour les aiguiller vers des contrées plus accueillante. Une partie de lui entendit le léger carillon à l'entrée du Lemon Tree, l'autre ne voulut pas y croire. Ce ne fut que lorsqu'il ressentit le courant d'air froid dans son cou qu'il prit réellement conscience de sa présence. Ses doigts achevèrent leur course sur le manche et ses mains s'immobilisèrent, suspendues dans les airs. Il retint son souffle, se demandant si elle serait toujours là lorsqu'il consentirait enfin à se retourner. Il attendit un court instant, le temps d'être certain de pouvoir maîtriser l'expression de son visage. Le temps de savoir... ce qu'il ressentait. Une sorte de confusion générale était le terme le plus approprié. Il ne l'attendait plus, ne l'espérait plus et pourtant elle était là.

« Pourquoi ? »

Toujours dos à elle, il reposa l'instrument sur la table et se rappela la veille avoir ressenti cette même insistance dans le regard posé sur sa nuque. Les yeux fermés, il la devinait. Debout dans l'encadrement de la porte, pas très grande, fragile et droite dans son manteau.

« Elle va s'en aller si tu ne te retournes pas. »

Peut-être attendait-il qu'elle parte après tout. Il lui laissait l'ombre d'une dernière chance de tourner les talons avant qu'il ne soit trop tard. Il attendit un court instant encore et se décida enfin à lui faire face, espérant qu'elle soit partie tout en priant secrètement pour qu'elle soit restée. Elle se tenait effectivement dans l'encadrement de la porte. Une fine robe dépassant de sa veste. Se tenant droite dans ses bottes, fébrile et décidée à la fois. Ses cheveux étaient relevés en un chignon qui laissait échapper une petite mèche que le vent agitait à sa guise, tel un affront. Il avait beau avoir pris ces quelques instants pour se composer un visage neutre, il se sentit vaincu à cet instant précis. Il laissa retomber ses bras le long de son corps et baissa les yeux pour chercher la force de lui dire de s'en aller.
Parce qu'il savait que c'est ce qu'il aurait du faire. Pour elle, comme pour lui.
Il la fixa intensément, incapable de bouger ou dire quoi que ce soit. Il ne pouvait nier avoir imaginer cet instant des dizaines de fois au cours de la journée, il était incapable sur le moment de savoir ce qu'il souhaitait lui dire. Elle esquissa un léger mouvement qui eu l'effet d'une décharge électrique.

-Ne partez pas.

La balance penchait dangereusement, au point de faire voler en éclat le semblant d'équilibre qu'il avait passer la journée à construire.
Il traversa la pièce en quelques enjambées pour s'arrêter à sa hauteur, ne sachant pas ce qu'il avait le droit de dire ou faire. Ce qu'il convenait de faire. Ce qu'il avait envie de faire. L'air s'engouffrait toujours par la porte restée ouverte. Il avait envie de la fermer doucement pour garder cet instant pour eux seuls, mais ne pouvait se résoudre à couper une éventuelle retraire à Anastasia, qui n'avait toujours pas prononcé un mot. Sa main vola un instant en direction de la petite mèche qui tentait toujours de s'échapper du carcan dans lequel on l'avait glissée, avant de se résigner et de regagner lentement sa place, le long de son corps qui lui semblait être aussi glacé que l'air qui venait de l'extérieur.
Peut-être était-elle simplement venue lui demander d'oublier ce qui s'était passé la veille.

-Vous ne devriez peut-être pas rester. Finit-il par soupirer.

« Et toi, parfois, tu devrais peut-être te taire. »

La main audacieuse s'éleva à nouveau pour aller se poser sur la joue de la jeune femme, pendant que ses yeux démentaient ses paroles, la dévorant tour à tour avec intensité et appréhension. Alors que son pouce s'égarait sur la courbure de son visage, le reste de ses doigts résistaient à la tentation de l'attirer à lui.


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MessageSujet: Re: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Dim 6 Nov - 19:27

. Non, je ne devrais pas.

C'est une évidence.
Rien qu'à la douleur qui m'a traversé la poitrine quand il s'est immobilisé... Rien qu'à la façon dont mon cœur s'est emballé quand il s'est retourné... Rien qu'à mon regard qui n'a pas réussi à le lâcher quand il s'est approché... Rien qu'à mon souffle qui s'est arrêté quand il m'a effleuré la joue... c'est une évidence.
Je n'aurais pas dû revenir. Je ne devrais pas rester. Mais j'ai déjà plus la force, ou le courage, d'être loin de lui.
Si ça me fait flipper ? Oui. Évidemment.
Si j'aime ça ? Encore plus.

Avec lui si près de moi, j'ai l'impression que tous mes sens s'affinent alors que ma conscience s'évanouit. Pourtant, j'ai beau essayer de voir, de voir vraiment, d'enregistrer la scène dans ses moindres détails, comme un petit trésor à déballer lors des longues journées d'hiver ou pour pallier à un moment d'ennui... j'ai beau essayer... les détails sont flous, relégués au second plan. J'essaye même de fixer dans ma mémoire chaque trait de son visage. Peine perdue. Je suis aimantée à ses yeux, suspendue à sa voix et, tout autour, le monde entier s'évanouit. C'est comme si une petite bulle s'était formée autour de nous, nous isolant du temps et de l'espace.

Je clos un instant mes paupières, submergée par quelque chose qui me dépasse. Qui m'effraie et qui m'attire irrésistiblement. Je fais tout ce que je peux pour ne pas trembler. Parce qu'on ne tremble pas pour un souffle qui vous frôle ou pour une main qui vous caresse la joue. Il y a une limite au ridicule.

J'étais venue pour... j'étais venue pour... pour me prouver que j'avais rêvé, que j'avais tout imaginé, peut-être. Pour essayer d'être raisonnable et tirer un trait sur cette histoire complètement folle. Fermer la parenthèse et retourner à ma vie. Seulement moi, dès qu'il me touche, j'ai l'impression de m'embraser de l'intérieur.
Pour me rendre la réalité en pleine face, finalement. Je suis définitivement pas prête à le rayer de ma vie.


. Je devrais pas. Mais j'en ai envie.

Ma voix est à peine plus qu'un souffle. Esquinté. Un peu paniqué.
Mais, pour le coup, je le regarde droit dans les yeux. Sans rougir. Le mettant au défi de me contredire.

Comme pour appuyer mon propos, ou peut-être juste parce que j'arrive plus à résister, je pose doucement ma main sur la sienne, entrecroisant mes doigts avec les siens. Et mes yeux se ferment d'eux-mêmes. Parce que c'est agréable. Parce que c'est troublant. Parce que c'est un autre de ces instants que je voudrais figer à tout jamais. Parce que je veux pas qu'il voit à quel point je suis bouleversée par ce simple geste.
Je suis pas une démonstrative et...et je suis gênée par la violence de mes émotions.

Et pourtant, avec sa paume contre ma peau, main contre la sienne, quelque chose en moi se détend. Accepte. Parce que c'est parfois trop difficile de tout contrôler.
Je serre ses doigts entre les miens, parce que j'ai juste trop peur qu'il me lâche. Qu'il se détourne. Et je crois que ça me briserait pour de bon.


. Vous m'avez manqué.

Je chuchote ça comme un secret.
Mes yeux se rouvrent pour s'enligner sur les siens, guettant quelque chose. De ma main, je fais glisser la sienne sur ma joue, sous mon menton, pour tendre mon visage vers lui. Je laisse nos mains me guider jusqu'à lui et mes lèvres attraper sa bouche. Je l'embrasse tout doucement avec le sentiment de rentrer chez moi.
Derrière moi, le vent de décembre me souffle son approbation.
Une seconde, ou une éternité plus tard, je me détache de lui, nous rend un peu d'espace. J'essaye de ne pas me sentir triomphante. Euphorique. Et puis, j'envoie valser les « je ne devrais pas » et les autres conditionnels débiles. Je me sens juste bien. Mieux que bien. Heureuse. À ma place. Et je n'ai vraiment pas l'intention de m'arrêter là.

Ezio Shepherd....
Je ne le connais que depuis 24 h, et je suis déjà prête à foutre en l'air mon mariage et mon existence entière pour un moment avec lui ? La seule chose que je sais, c'est que dès qu'il me regarde, j'oublie et mon mariage et mon existence toute entière. Dès qu'il m'embrasse, il n'y a plus que lui. Et moi. J'ignore si c'est une excuse mais je me sens impuissante face à ça. Et j'ai pas l'impression de faire une erreur. J'ai plus la sensation que la vie s'est foutue de moi, en le gardant loin de moi si longtemps.
Si je dois être damnée et condamnée, autant fait ça bien.

Bien que ça me tue, je m'écarte de lui.
Juste le temps d'attraper la porte et de la fermer sur nous deux. C'est l'histoire d'une fraction de secondes. Mais c'est déjà trop.
Je suis ultra-consciente de mon sang qui bat mes veines, de mes entrailles qui pulsent et de mes bras qui l'appellent. Je rosis une fois de plus, sans réussir à le quitter des yeux. Je m'adosse à la porte, le temps de retrouver mes esprits, de rattraper mon souffle, de reprendre un semblant d'équilibre. Rien n'y fait.
Il est à une trentaine de centimètres de moi et l'éloignement entre nous me semble infini. J'y tiens plus, je franchis l'espace qui nous sépare. Ses yeux me brûlent toujours. Je l'agrippe comme si on menaçait de me l'enlever et je nous attire contre la porte désormais close. Ma bouche est à deux centimètres de la sienne et malgré le désir que j'ai de lui, je laisse durer le moment. Son souffle chaud ma caresse la joue. Je retrouve son odeur, légère et boisée, qui lui colle si bien à la peau. Je cède et l'embrasse de tout ce que je suis. Je retrouve le goût de lui, et c'est comme une drogue après une journée d'abstinence.
Il n'y a rien de sage dans mon geste, mais peut-être que j'en ai assez d'être sage. Je soupire contre ses lèvres, juste parce que c'est bon d'être contre lui. Ma main sur sa nuque glisse dans ses cheveux et l'attire encore un peu plus près de moi.
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MessageSujet: Re: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Dim 6 Nov - 22:24

Le tintement du carillon fut moins léger cette fois-ci. Plus brutal. Il l'observa fermer la porte, envahi d'un curieux mélange d'angoisse et de désir. Un peu comme si cette - pourtant fine- barrière de bois les empêchait désormais de reculer, pour les condamner à un pécher auquel il aspirait plus que tout. Il se laissa guider jusqu'à sa bouche sans opposer la moindre résistance, retrouvant le contact de ses lèvres avec un soupir. Ses deux mains s'emparèrent du visage d'Anastasia qu'il maintint fermement face à lui alors qu'il se détachait d'elle, brièvement, pour l'interroger du regard, guettant ses intentions derrière les gestes.
Son corps menu était chaud quand le sien lui semblait gelé. Ses mains désertèrent son visage pour aller se plaquer contre cette foutue porte et il se perdit dans son cou, attiré par chaque parcelle de sa peau nue. Il murmura son nom à plusieurs reprises, embrassa sa gorge, respira contre sa joue et ferma les yeux pour céder à la simple envie de s'emplir d'elle.
Sa main gauche alla trouver les épingles qui retenaient la masse soyeuse de ses cheveux prisonnière, et les retira une à une - les laissant tomber au sol, à leurs pieds. Lorsqu'il les libéra, les mèches brunes retombèrent autour de son visage, arrogantes, provocantes après leur sage captivité. Il sourit contre sa peau en sentant leur douce caresse sur son propre visage, puis s'éloigna à nouveau d'elle en la regardant avec une intensité grave.

« Tu es belle. »

Sa bouche restait close néanmoins, incapable de proférer le moindre son. Effrayée peut-être par ce qu'elle serait en mesure de confesser. Le sang pulsait à travers son corps dans un rythme effréné qui contrastait violemment avec ses doux airs de violon. Il lui semblait que son être tout entier la réclamait. Il lui semblait avoir soudainement 15 ans.
Elle lui rendit un regard un peu troublé, esquissa quelques mots qui moururent également dans sa gorge et porta une petite main jusqu'à lui. A son tour, elle effleura sa joue, se mordit les lèvres - lui arrachant un autre soupir à l'occasion – en lui offrant un regard si doux, qu'il fut heurté en plein poitrine.
Son trouble la rendait une fois encore, plus désirable que jamais. Elle semblait à la fois sûre d'elle et  égarée. Il s'empara avec douceur des lèvres qu'elle lui offrait, sentant qu'à chaque instant, son baiser devenait plus fiévreux et lui ôtait toujours un peu plus de maîtrise de lui. Il se sentait pris par un piège délicieux, couronné de grands yeux à la couleur indéfinie. Ses propres yeux se teintèrent d'un accent douloureux alors qu'il cédait à tout autre chose que la raison, abandonnant son corps à ses propres désirs. Son esprit envoya bien quelques signaux d'alerte, de bon sens, aucun ne parvint à toucher son âme, tout à la passion qu'il était d'être à nouveau contre elle.
Ses deux mains papillonnèrent sur sa nuque, glissèrent vers les épaules de sa veste pour rejoindre enfin les boutons qui la fermaient. Il sentit le contact de chacun d'entre eux sur ses doigts alors qu'il les détachait un à un, délivrant ainsi le corps d'Anastasia de sa prison d'hiver. La veste rejoint les épingles au sol alors qu'il dégageait ses épaules nues, arrêtant sa main sur la fine chaîne d'argent qui ornait son cou. Il la suivit jusqu'au fin pendentif qui l'ornait, une pierre de lune. Le souffle court, il laissa une main se perdre autour de sa taille pour l'attirer fermement à lui alors que le reste de son corps la plaquait contre la porte. Sa main s'empara de la sienne et ses doigts se refermèrent autour du petit anneau froid dont le contact lui assena une décharge de raison.

- Attends.Murmura-t-il en s'écartant d'elle avec douleur.

Il s'apprêtait à lui dire qu'elle ne le connaissait pas, mais trouva présomptueux et bien stupide de lui jeter son mariage à la figure quand il l'avait toujours su. De toute évidence, elle le savait aussi et avait choisi d'être là. Il avait toujours prôné l'importance de ne laisser personne faire de choix pour lui quelle qu'en soit la raison – pas même pour le protéger- et revendiquait le droit de faire ses propres erreurs sous l'égide d'une liberté absolue. Il l'enveloppa du regard, tachant de voir la force qui émanait d'elle derrière la fragilité causée par cette étrange soirée. Elle avait probablement pesé le pour et le contre avant de venir ici. Il se doutait qu'elle avait du hésiter, néanmoins, elle était là. Elle avait fait son choix.

La faire douter ne serait qu'émettre une forme de jugement à propos de son engagement. Engagement qu'il était dans l'incapacité de comprendre, et d'autant plus mal placé pour considérer. Il balaya sa remarque et ses doutes d'un revers de main, se refusant à passer le reste de cette soirée à se demander si oui ou non, elle avait bien fait de revenir. Elle avait choisi d'être là.

- Je suis heureux que tu sois venue.

Peut-être sentirait-elle l'ombre du doute s'effacer derrière la pointe d'égoïsme.


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MessageSujet: Re: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Lun 7 Nov - 23:19

Je... prem... nesam... Ezio... ngoi-ngoi...
Et c'est à peu près la seule pensée cohérente que je réussis à formuler.
Un, parce que mes hormones m'ont pas mis à ce point la tête à l'envers depuis mes quinze ans. Deux, parce que je suis vraiment, vraiment pas immunisée contre son regard. Alors quand je résiste à la tentation de lui sauter dessus pour me coller à lui, j'ai juste envie de me perdre dans ses yeux et de tout envoyer valser à part lui. Trois, parce que, quand il me touche, j'arrête de réfléchir. J'oublie même de penser. Et que, quand il s'éloigne, la seule chose qui me traverse l'esprit, c'est que je ferais tout pour être à nouveau prisonnière de ses bras.

Quand il l'a effleurée, moi aussi, j'ai senti mon alliance, soudain glacée, se rappeler à mon bon souvenir. Me rappeler que je suis à un autre. Sauf que j'ai jamais aimé l'idée ''d'être à quelqu'un''. Je suis à moi et rien qu'à moi. Tous les serments et les promesses du monde n'y pourront rien changer. Ma vie m'appartient et chacun des instants qui la composent. Cet instant m'appartient. Et Justin n'a rien à faire entre nous. Pas ce soir, en tout cas. Y a des failles dans mon raisonnement, qu'on pourrait me montrer du doigt tellement elles sont énormes. Mais ça fait pas bouger d'un pouce mon ressenti, mon instinct : s'il y a un intrus dans ma vie, ce n'est certainement pas Ezio Shepherd. Et même si j'ai le raisonnement brouillé, je sais que ce sont pas mes hormones qui parlent. En tout cas, pas seulement.

Je le regarde, parce que, quand il est loin, je ne sais plus rien faire d'autre. Je le regarde et je suis soudain pétrifiée de voir combien il m'est facile d'imaginer ma vie sans Justin. J'ai de la tendresse pour lui, bien sûr, mais je sais maintenant que la tendresse ne me suffit pas. J'ai besoin de plus.

Je le regarde toujours, la tête un peu penchée. Moi aussi, je suis heureuse d'être venue. Je vois maintenant que j'étais pas de taille à lutter contre l'envie, le besoin de le revoir. Ezio Shepherd. Déjà, l’idée de devoir le quitter, demain, tout à l'heure, d'être loin de lui, de le laisser sortir de ma vie... ça me terrifie, plus que je pourrais jamais lui avouer. Je veux pas lui montrer ça, alors je souris tout doucement. Mais je ne dis rien.
Sans un mot, je lui attrape la main et la serre entre les miennes. Il a des mains magnifiques. Du bout d'un doigt, j'effleure les lignes qui la parcourent. Je remonte jusqu'à son poignet, orné d'un tatouage dont le motif m'est inconnu. Je caresse les trois traits qui y sont dessinés. Lentement. Je sais pas où je trouve le calme et la retenue pour faire ça mais rien qu'à le voir tressaillir, je regrette pas de prendre un peu de temps loin de l'embrasement de tout à l'heure. Même si pour ça, je dois me battre contre toutes mes pulsions. Je finis porter sa main à ma joue avant d'en embrasser la paume. Une fois. Deux fois. Trois fois. Autant pour mon self-control. Enfin, je la glisse sur ma taille, de là où elle n'aurait jamais dû partir.
Le regard concentré et intense, je fais le focus sur lui. Les mots sortent avec un calme qui m'étonne moi-même.


. C'est le seul endroit où j'ai envie d'être ce soir.

Le temps semble à nouveau interrompre son cours. Je pourrais me damner pour un seul de ces instants. Mon souffle est suspendu à ses yeux.
L'instant suivant, mon barde me revient enfin. Sa main glissée sur ma nuque. Son visage tellement proche du mien qu'il en devient flou. Mon cœur lui fait la fête, tambourine et s'envole.
De sa voix douce et chaude, il murmure un autre de ses Anastasia, avant de fondre sur ma bouche. Et là, ça m'achève. Depuis le tout début, je suis irrémédiablement foutue. La manière dont il prononce mon prénom me trouble. Ça et le fait qu'il ne cherche jamais à le raccourcir. Il n'y a que pour lui que je suis Anastasia. Pour la plupart des gens, je suis Stacy. Nastia pour mes parents et mes sœurs. « Ma femme » pour Justin (sérieux, c'est comme ça qu'il me présente à ses potes, comme ça qu'il parle toujours de moi), ou Ana, dans l'intimité (il trouve ça très sexy que j'ai le même prénom, et de me donner le même diminutif que l'héroïne de Fifty Shades of Grey. Il l'a lu. Moi pas. Cherchez l'erreur.). Mais surtout, j'ai le sentiment de n'avoir rien besoin de tronquer de moi pour lui plaire. Et je sais que je lui plais. Je le sens. Je le sens de tout mon corps. De tout son corps. De sa bouche affamée à ses mains avides, de son cœur qui tambourine contre ma poitrine et qui affole le mien à son bassin presque soudé à mes hanches. Dès que je me dresse sur la pointe des pieds, on se retrouve si parfaitement ajustés que ça m'éblouit littéralement.

Ses baisers se font fiévreux et moi, j'ai vraiment plus envie d'être sage. Je le laisse m'entraîner, m'emporter, sans le moindre regard en arrière. Je l'attire tout contre moi – si la porte n'avait pas été là, j'aurais probablement fini par terre . Mes mains vagabondent, errent, s'élancent à l'aventure. Je résiste plus à la tentation de le toucher partout où je peux. Mes mains tremblent un peu, mes mains glissent, se faufilent sous son t-shirt, caressent sa peau. Chaude. Ferme. Douce. Je pourrais m'y éterniser des heures. Mais le fameux t-shirt se fait soudain affront au désir que j'ai de lui, à l'urgence qui pulse dans mes veines. Je me sens hésitante et entreprenante, rougissante et audacieuse. Il attise toutes mes contradictions. Il réveille en moi un mélange étrange de sauvagerie et de tendresse. Son vêtement est une insulte à mon épiderme, qui ne réclame que sa peau. Je rompt notre baiser le temps de l'en débarrasser... et ... et putain qu'il est beau !!! Juste beau à mon goût à moi. Mes yeux en brûlent, mes mains s'y perdent. Effleurent sa peau presque religieusement. Parce que c'est presque trop beau pour être vrai, trop beau qu'il soit pour moi, même juste pour un soir.
D'un doigt je caresse la cicatrice sur son torse, véritable sacrilège cutané. Comme si je pouvais l'apaiser d'un seul geste.

Presque par hasard, je croise son regard. Ardent. J'y entrevois quelques ténèbres et dans un flash, je comprends que c'est ce qui m'a attirée, dès hier soir, dans la ruelle. Quelque chose en moi reconnait quelque chose en lui. Et derrière sa douceur, sa poésie, je devine un homme moins civilisé. Exalté. Indomptable. Au magnétisme sauvage. Au charisme sensuel. Et cet Ezio-là me plaît encore plus. C'est celui que je veux. De tout ce qu'il est et de tout ce que je suis.

Enfin, je m'autorise à relâcher la maîtrise que j'ai de moi. Enfin, avec lui, je me sens libre de me débarrasser de tout ce qui me bride. Enfin, j'accepte d'être de ces passionnés, prêts à brûler, à se consumer, pour une heure d'éternité.

Alors que mes mains partent à la conquête de sa peau, j'avise ce petit creux, à la base de son cou. J'y dépose un baiser. M'y attarde un instant. Je me shoote à son odeur. Il sent terriblement bon.
Je ne me suis jamais sentie aussi peu pudique.

Je le ramène à moi, à me perdre contre lui.
Je sens la chaleur de sa peau à travers le fin tissu de ma robe. La sensation m'envoûte. Porte le coup de grâce au peu de self-control qui me restait encore. Je m'embrase à son contact. un gémissement m'échappe et j'oublie de le rattraper.
Je remonte de son cou jusqu'à la ligne de sa mâchoire, où j'égraine de nouveaux baisers. Je glisse à son oreille, où je souffle quelques mots, d'une voix éraillée, troublée, que je ne reconnais pas.


. I feel like I belong here. Now. With you.

Et parce que j'ai trop peur d'entendre ce qu'il pourrait avoir à répondre à ça,  je l'embrasse de plus belle.
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MessageSujet: Re: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Sam 12 Nov - 15:53

« Se connaître est bien, se maîtriser est mieux.
C'est par l'exercice que tu acquerras la puissance de la volonté, par l'exercice que tu la garderas.
Ne laisse pas la crainte ni le doute te paralyser, ils limitent et détruisent tout.
Ce qu'il convient de faire, décide-le; ce que tu as décidé entreprends-le; ce que tu as entrepris, achève-le.
Si rude et si obscure que soit la tache quotidienne, accomplis-la dans la joie.
Ne ralentis pas ton ascension par un lest inutile, composé d'orgueil et de suffisance.
Sache vaincre toute fatigue de ton corps, tout faux pas de ton esprit, toute défaillance de ton âme.
Si tu ne peux modifier les hommes et les événements à l'image de tes désirs, que du moins ce ne soit pas eux qui te modifient.
Mets ton point d'honneur à n'avoir de serviteur que toi-même.
N'érige pas autrui en juge de tes actions.
En quelque circonstance que tu te retrouves, demeure comme une île au milieu des vagues, comme une montagne au milieu des nuages.
Garde ton sang-froid dans tout danger.
Ne te force jamais: prend patience, garde la joie et le sourire, vise à l'harmonie.
Apprends de l'étranger ce qui peut t'être utile, mais ne cherche pas à l'imiter.
Utilise analogies et symboles, ils te permettront de penser et de comprendre là où finit la raison, où il te manque les mots pour exprimer ta pensée. »

Principes druidiques.



Chaque parcelle de sa peau frémissait au contact de ses mains. Il sentit son être tressaillir lorsqu'elle glissa sur les trois rayons de son poignet symbolisant l'inspiration, dont elle semblait s'emparer. Il la laissait faire, le souffle court, lorsqu'elle le débarrassa du coton de son T-shirt qui tomba au sol, avec les épingles. Elle promenait ses mains sur sa peau et il lui semblait alors découvrir son propre corps. Conscient de chacun des mouvements qu'elle exécutait, de sa respiration, devinant les battements de son cœur en sa poitrine il ne parvenait pas plus à détacher son regard d'elle, qu'à prononcer un mot. Lorsqu'elle parcourut du doigt ses cicatrices, il réalisa qu'il n'était même plus capable de s'en remémorer les causes et que peu lui importait. Leurs yeux se consumèrent un instant et il comprit qu'ils venaient de franchir le point de non retour.

Sa lutte était vaine, il abdiquait, succombait aux délices d'un combat qu'il n'avait jamais eu l'intention de mener. Il s'abandonna pleinement à ses caresses en l'embrassant du regard et de chaque parcelle de son être.

Le mélange du timbre rauque de sa voix, des paroles qu'elle lui susurra et du contact de leurs deux corps sans aucune barrière d'étoffes l'entraînait doucement vers une abîme sans fond.
Il se sentit perdre pied sans aucune envie de regagner le rivage.
Ses mains s'appliquèrent, à leur tour, à entourer la finesse de sa taille, découvrirent le galbe de ses hanches, explorèrent le creux de son dos et - non sans une audace qui lui arracha un sourire- se glissèrent sous le fin tissu de sa robe qu'il remonta sur ses cuisses. Elle était douce dans toutes les courbes de son corps qu'il dévoilait de ses mains. De tout son poids, il l'appuya contre la porte et clouait son bassin par la pression de ses hanches. Il s'arrêta un instant sur la peau satinée de son ventre, sentant sa respiration s'accélérer encore et continua à la délivrer de sa tenue de fête. La douce étouffe regagna le sol, sans un bruit, semblant flotter un instant dans les airs avant de recouvrir le T-shirt blanc et la fournée d'épingles d'un voile de pudeur.

- Tu es belle.

Cette fois-ci, les mots daignèrent se frayer un chemin à travers sa gorge, éclatant dans l'air d'une voix rocailleuse.

« Se connaître est bien, se maîtriser est mieux. »

Leurs peaux, libres de toute entrave désormais, se découvraient avec passion. La pâleur de l'une contrastant avec l'autre, plus sombre. Il se perdit en caresses, soupirant à chaque baiser que l'un ou l'autre s'accordaient, n'épargnant ni son visage, ni son corps, répondant à chacun de ses mouvements avec toujours plus de fièvre et peut-être un peu moins de douceur.
Il enfouit son visage dans ses cheveux, alors qu'il lui semblait que sa propre peau s'embrasait sous le contact de ses lèvres. Il frissonna et lui rendit l'intensité d'un long regard, achevant de la délivrer de ses vêtements, conscient que ses gestes se faisaient plus ardents. Il la souleva dans ses bras alors qu'elle s'accrochait à ses hanches et l'embrassa à y perdre la raison, ne voulant rien d'autre qu'elle, maintenant.

Pour l'une des premières fois de sa vie, aucun mot ne vint au secours de ses actes. Ce soir il n'observait pas. Il ne restait pas telle une île au milieu des vagues, mais comme un navire en pleine tempête. Il n'était pas la montagne au milieu des nuages, mais l'orage lui même.

Intensément cramponné à elle, en quête de ses mains, sa bouche, sa peau, il lui semblait que s'ils se séparaient, mort s'en suivrait. Il s'enivrait d'elle, de son odeur, son contact, ses lèvres, ses soupirs alors que les hanches de la jeune femme venaient à la rencontre de ses coups de reins.

« Diabhla la maîtrise. »

Quatre syllabes, quelques baisers et l'envie d'elle.



Vous échapperiez donc, ô rêveurs téméraires
Seuls au Pouvoir fatal qui détruit en créant ?
Quittez un tel espoir ; tous les limons sont frères
En face du néant.
Vous dites à la Nuit qui passe dans ses voiles :
« J’aime, et j’espère voir expirer tes flambeaux. »
La Nuit ne répond rien, mais demain ses étoiles
Luiront sur vos tombeaux.

Ackerman.



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MessageSujet: Re: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Lun 14 Nov - 21:03

Quatre syllabes, quelques baisers et le besoin de lui. Franc. Impudique. Irrésistible.
Je devrais garder les paupières baissées, alors que nos frontières s'abolissent mutuellement. Ne serait-ce que par pudeur. Mais c’est plus fort que moi. Je le regarde. Et il me regarde.


. Ezio...

Et l'espace d'un court instant, j'ai l'impression que quelque chose se dissout entre nous. Que nos corps ne sont pas les seuls à fusionner. L'impression s'enfuit avant que j'ai le temps de m'en saisir. Déjà, elle s'enfonce dans l'oubli. Mes neurones s'évanouissent et je ne suis plus que sensations. Ma peau qui ne demande qu'à être envahie, ses mains qui ne demandent qu'à la satisfaire, nos souffles qui ne demandent qu'à se mêler. Tout moi et tout lui dans un corps-à-corps éperdu.
Comme je le savais déjà, maintenant que je l'ai laissé s'évader, je n'ai que son prénom aux lèvres. Que je décline dans tous les souffles et les affolements.

Les mots me désertent. Il n'en existe aucun d'assez subtil, d'assez puissant, d'assez doux, d'assez sensuel... et d'assez éblouissant pour décrire Ezio Shepherd et moi.  Pas plus qu'ils ne peuvent traduire la violence et la complexité de mes émotions quand il tremble dans mes bras, quand je tremble dans les siens. Black-out intellectuel total. Je suis plus que du sang qui pulse, une respiration perdue, un bouleversement sentimental. Ses bras restent verrouillés autour de moi et je crois que sans eux, je m'effondrerai. Mes mains ne peuvent pas se résoudre à quitter sa peau, ma tête repose sur son épaule. L'odeur de nous que je respire contre lui m’enivre et m'apaise à la fois. J'ai le sentiment de flotter dans un entre-deux mondes où l'espace et le temps n'existent plus. Il n'y a plus que lui et moi. Rien que lui et moi.

La première pensée cohérente qui me vient est que...
Il est fait pour moi.
Je sais pas quoi faire de ça alors je repousse la pensée au loin. Je suis pas prête à affronter ce que ça peut bien impliquer. Pour moi. Pour mon mariage. Pour ma vie toute entière.

Au loin, à quelques mètres de nous, la vieille horloge du pub sonne les douze coups. Tout contre son cou, je me sens osciller entre une petite pluie lacrymale et un grand sourire niais. Je le serre juste encore un peu plus contre moi, comme si je pouvais rattraper ce moment où nous n'étions plus qu'un. A son oreille, et ça devient une véritable manie, je souffle un :


. Bonne année, Ezio Shepherd.

Et si ma voix est toute brouillée, trop émue, c'est juste que je peux plus prétendre que mon corps, mon cœur ou mon âme lui sont encore hermétiques.

Et puis la réalité me rattrape. Mes pieds retouchent terre. Je me pique un orteil à l'une des épingles. Je frissonne dans la tiédeur de la pièce.
Je ne sais pas où il trouve encore la force de le faire, mais il me soulève à nouveau dans ses bras pour m'emporter près de la cheminée. Il nous échoue sur un tapis bienvenu. Les flammes me distillent un peu de chaleur et dansent sur sa peau. A la lueur du feu, il est juste magnifique. Peut-être un peu aussi parce que pour ce soir, il est à moi. Ou je suis à lui.
Je me calfeutre contre lui parce que ça m'est juste insupportable de ne pas le toucher. Une de mes mains s'égare paresseusement sur lui. Mes lèvres cueillent les siennes pour un court baiser plein de douceur.
Il y a tellement de choses que j'ai envie de lui dire. Je ne réussis pas à troubler l'instant. Mais mes yeux parlent pour moi et j'arrive même pas à m’inquiéter de ce qu'ils pourraient lui dévoiler.
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MessageSujet: Re: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Lun 14 Nov - 23:47

La lumière dansante du feu dessinait des ombres sur le corps d'Anastasia. Il suivit un instant les volutes de l'une d'elle au creux de son épaule en la parcourant du bout des doigts. Un simple effleurement, bien loin de leur précédente étreinte passionnée mais qui le fit néanmoins frissonner avec tout autant d'émotion. Il retira sa main après avoir longuement observé la jeune femme d'un air grave.
A l'heure actuelle, il aurait donné cher pour se trouver dans sa tête. Bien qu'à la réflexion, il eut été préférable qu'il se cantonne à être lui-même dans la sienne, ce qui lui aurait évité d'agir sans vraiment réfléchir.
Il se contenta d'hausser les épaules et de l'attirer un peu plus fort contre lui.

L'un comme l'autre, ils avaient probablement perdu pieds. Il s'était engagé à toujours se maîtriser quand elle avait juré d'aimer le même homme jusqu'à la fin de sa vie. Tous deux avaient trahi leurs promesses.
Alors pourquoi se sentait-il aussi bien et aussi libre après ce reniement ?
Il se perdit un instant dans l'odeur de ses cheveux et plongea une fois encore dans son cou pour y apposer sa bouche. Si elle ne devait être à lui qu'une nuit entre deux années, il entendait bien s'enivrer d'elle encore un peu.
A chaque battement de cœur, il s'attendait à être saisi de l'ombre d'un remord, d'une quelconque angoisse, de la peur d'assumer, mais rien ne venait. Il se sentait parfaitement bien. En paix, comme il n'avait pas été depuis bien longtemps.
Se dégageant enfin de la peau d'Anastasia, il attrapa le menton de la jeune femme au creux de sa main, avec douceur, et plongea ses yeux dans les siens pour y déceler son état d'esprit. Elle aussi semblait sereine. Il lui sourit tendrement avant de la libérer pour reprendre la contemplation du feu, la jeune femme toujours au creux de son épaule.

Les flammes dansaient de plus en plus timidement sur le tapis de braises rougissantes, alors qu'à l'extérieur les fêtes battaient leurs pleins. Quelques retardataires s'essayaient au métier d'artificiers, en pâle imitation du feu qui avait été tiré pour les douze coups de minuit. Il avait toujours aimé les observer de loin, appréciant l'ingéniosité des moldus pour produire de tels mariages de couleurs sans l'aide d'une baguette. Plus jeune, le bruit l'intimidait, si bien qu'il avait pris l'habitude d'observer les festivités de plus loin ou de plus haut. Habitude qui lui était restée. Une de plus.
Il jeta un œil rapide à Anastasia, se demandant ce qu'elle faisait habituellement pour les fêtes. Ce qu'elle avait laissé pour venir là. A en juger par la tenue qu'elle portait, elle ne les passait pas seule.
Pris d'une soudaine hésitation, il retint les mots désireux de s'échapper de ses lèvres. Un flot ardent d'interrogations et de questions dont il ignorait l'origine, mais qu'il se refusait à voir troubler la magie du moment. Il savait pertinemment que poser des questions équivaudrait à ramener la réalité à eux et avec elle, les conséquences de leurs actes. Il s'y refusait pour le moment, n'ayant aucune envie de s'embarrasser d'un pseudo-jeu dans lequel ils se morfondraient tous deux sur ce qu'ils avaient fait. Il repoussa donc le retour à la réalité qui les rattraperait bien trop tôt, de toutes façons, en souhaitant ardemment qu'elle fasse de même. Il arriverait certainement un instant où elle regretterait d'être venue ce soir. Un moment où elle aurait du mal à faire face au reste de sa vie à cause de cet égarement d'un soir. Alors que lui... referait exactement la même chose s'il devait revivre ces instants. Toujours pas l'esquisse d'un regret.

Il se leva brusquement, enfila son pantalon et se dirigea vers le feu qu'il entreprit de tisonner avec vigueur, sans pouvoir pour autant se départir d'un léger sourire qui s'était invité sur ses lèvres. Par un étrange mélange de pudeur et de peur de briser cet instant magique il n'osait toujours pas prononcer le moindre mot.
Après avoir ravivé les flammes de l'âtre, il se rassit aux côtés de la jeune femme, prenant soin d'être suffisamment près d'elle pour que leurs peaux se touchent.

Quelque chose dans la poche arrière de son pantalon, lui arracha un froncement de sourcil. Il y plongea sa main et sentit le contact du pendentif de la jeune femme qu'il avait glissé là, plus tôt dans la journée. L'espace d'un court instant, il fut taraudé par l'envie de conserver le bijou puis se résigna à le restituer à sa propriétaire. Il tendit la main devant elle, paume ouverte.

- Vous avez oublié ceci, hier. Souffla-t-il à voix basse.

La jeune femme inclina la tête et observa le pendentif avec un drôle de petit air qui fit sourire Ezio puis elle referma lentement les doigt du poète sur la petite chose pour qu'elle reste au creux de sa main.

- Gardez-le. Intima-t-elle.

Il obtempéra après avoir acquiescé de la tête et observa le cercle étoilé quelques secondes durant.

-Qu'est-ce qu'il représente ? Questionna-t-il, intéressé.
- C'est un porte-bonheur... répondit-elle évasive.

Il insista :
-Il a une histoire? Ils en ont tous.

Elle lui sourit malicieusement et se lança enfin :

- A 15 ans, je voulais devenir ébéniste. Surtout parce que le type qui animait le stage était beau à tomber. Confessa-t-elle. Je l'ai réalisé à ce moment. Le pendentif. Précisa-t-elle.Je me disait que s'il me félicitait, je l'inviterais à boire un verre. Il l'a fait.

Ezio s'autorisa un sourire amusé avant de baisser la tête en imaginant une Anastasia de quinze ans, l'air têtu et déterminé en train de travailler le bois. Les yeux rivés sur un professeur qui avait, pour l'occasion, revêtu les traits de son professeur à lui, Beltrov.

- Depuis je le porte souvent en me motivant avec des « et si … je ferai ça. ». Poursuivit-elle alors que l'image se dissipait. Et il m'a toujours porté chance. Je le portai le jour de mon permis, le jour de mes examens et... je l'avais hier aussi. Ajouta-t-elle avec un petit air provocateur.

Il détourna rapidement les yeux avant de lancer innocemment :

-Vous n'en avez pas besoin ce matin ? Pour la … nouvelle année ?

Elle lui offrit un immense sourire frondeur avant de répondre :
- Non. Mon année commence très bien. Merci.

Il évita soigneusement de la regarder, détaillant par la même occasion tout ce qu'il n'avait pas encore pu contempler concernant le plafond. Au creux de sa main, le pendentif semblait lui murmurer « et si... ? ». Il referma ses doigts autour avant de questionner à nouveau la jeune femme à voix basse en lui offrant un regard insistant.

-Vous croyez vraiment aux porte-bonheur ?

Elle esquissa un geste pour le toucher, lui, et répondit d'un ton grave.

- Oui, je crois que oui. En le regardant droit dans les yeux.

Cette fois-ci, il soutint son regard et lui adressa un petit sourire en coin. Il acquiesça en silence avant de glisser le pendentif dans la poche latérale de son pantalon, de laquelle il ressortit un petit objet arrondi et noir irisé.

-Vous ne pouvez décemment pas rester sans porte-bonheur. Affirma-t-il d'un air grave en lui glissant l'objet dans la main. Il referma ses doigts à elle autour de la pierre polie en s'attardant légèrement pour les garder contre sa peau. C'est une obsidienne arc-en-ciel. Précisa-t-il. Une pierre de protection.

Il retira enfin sa main et lui adressa un léger sourire avant de poursuivre avec un brin d'ironie.

-Je n'avais pas pour ambition de devenir sculpteur mais je suis...littéralement tombé dessus en Éthiopie il y a quelques années. Elle ne m'a pas quitté jusque-là.


"Bliadhna Mhath Ùr Anastasia..."


HJ: Avec la participation de la concernée.
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MessageSujet: Re: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Dim 27 Nov - 22:04

Presque timidement, j'entrouvre les doigts.  Délicatement. Comme si j'avais attrapé un rayon de soleil que j'aurais eu peur de laisser échapper. La pierre est sombre. La lueur du feu légère. Je capte quand même une multitude de couleurs.

. Elle est magnifique..., je bredouille.
Plus encore que la beauté de la pierre, c'est la beauté du geste qui me touche. J'ai l'impression que mon cœur comprime tout l'air de ma poitrine. J'ai presque du mal à respirer. Pour un caillou. Et un regard de trop.
Afin de chasser l'intensité de tout ça, je me rabats sur un peu de légèreté. La plaisanterie au bord des lèvres, je lance :


. Vous aussi, vous y tenez beaucoup ?

Mais je sens bien que mon regard ne suit pas. Mes yeux sont graves. La réponse ne sera pas si anodine. Mon ton est léger mais je me sens presque me crisper.
Un instant suspendu, et je demande doucement, d'une voix percée d'espoir :


. ...et vous reviendrez la chercher ?

Une seconde, rien ne me semble plus important que cette réponse.
Je suis complètement folle.
Lui se détourne en souriant, avant de répondre, avec un calme que je n'ai plus :

‹‹ J'y tiens beaucoup. Vous serez où demain ? ››

Demain...
À quoi est-ce que je joue ?
Pas le temps - pas l'envie - de répondre à cette question.
S'il reviendrait la chercher ?
Il se penche vers moi et glisse suavement : ... jusqu'au bout du monde.

Cette réponse... Ce regard...
Et ma certitude que je l'attendrai, même au bout du monde.
Je souris, je rougis et j'ai envie d'y croire. Je me trouble.

Je tourne la pierre entre mes doigts, l'apprivoise, la fait mienne.

Jusqu'au bout du monde. Chiche.
Je flirte avec l'idée mais si je sais que c'est impossible. Mais pour une nuit, cette nuit, j'ai envie d'un peu d'espoir, d'un peu de rêve. D'être naïve, d'être crédule. Demain viendra bien assez tôt.

Demain.

La réalité me frappe en pleine face. Je vacille mentalement. J'avais réussi à oublier que tout ceci n'était qu'une parenthèse, je m'étais prise à croire qu'il pouvait - qu'il devait - y avoir plus. Je ferme brièvement les yeux. La douleur en est presque physique. Mon sourire s'évanouit un bref instant mais je le force à remonter sur mon visage. Il n'est pas à 100% sincère mais c'est ce que je peux faire de mieux. Et puis, je lève les yeux sur lui et je sens mon expression s'adoucir. Se troubler un peu. C'est l'effet qu'Ezio Shepherd a sur moi. Je sais pas quoi lui répondre, il me semble que j'ai perdu la moitié de mes neurones rien qu'à le regarder.


. Merci.

Je dépose un baiser sur sa joue. Ça me prend tout ce que j'ai de contrôle pour ne pas dériver jusqu'à sa bouche. Alors, forcément, il me reste plus rien pour m'empêcher de glisser une main sur sa nuque en une courte caresse. J'arrive juste pas à ne pas le toucher.

Je me lève, la petite obsidienne arc-en-ciel au creux de ma main.
En marchant, je cogite sévère. Je veux plus qu'une demi-heure fiévreuse contre la porte d'un bar de Shoreham. Je sais que j'ai pas le droit de demander beaucoup plus. Je pourrais pas être comme Shirley, une de mes potes de fac, qui sort avec deux mecs à la fois et qui s'en vante à tout va. Non, je pourrais pas vivre ma vie avec Justin et grappiller quelques heures de-ci de-là avec un amant, fut-il Ezio Shepherd. Je saurais pas tricher comme ça, tout le temps, à chaque heure de ma vie.
Alors..
Si je m'offre une soirée, une nuit, avec lui...
En réponse à cette pensée, quelque chose en moi se crispe, se froisse, se révulse. Quelque chose en moi se noue. Je m'interdit de penser à ça, à ce temps qui file trop vite, à demain qui viendra trop tôt, je repousse la panique au lointain. Repousse encore plus loin la peur qui me saisit les tripes quand je constate tout ça, que même une nuit entière ne sera jamais assez et que, pourtant, rien ne m'autorise à espérer plus.
Quelques pas plus tard, je glisse la petite pierre dans mon sac, bien au chaud dans la petite poche secrète qu'on trouve dans tous les sacs de fille, cette petite poche secrète où je conserve tout ce qui me tient vraiment à cœur.
Et je continue d'être agitée par ma tempête intérieure.
Si je m'offre une nuit complète avec lui, je veux y vivre le maximum de choses. Glisser une vie toute entière dans une seule petite soirée. De là où je suis, je le regarde. Encore. A m'en brûler les yeux. A graver son image dans ma mémoire. Je devrais être prudente. Je pourrais définitivement tomber amoureuse d'un homme comme lui. D'ailleurs, je...

N'y pense pas, n'y pense pas. Et ne dis pas n'importe quoi.

Une soirée... on ne risque rien avec une soirée.
Ou deux. C'est déjà la deuxième...

J'avise le tas de nos vêtements épars. Je souris. Et j'attrape son t-shirt. Que j'enfile. Je dois ressembler à rien mais j'adore la sensation. Son vêtement à lui sur ma peau à moi. Il y reste un peu de son odeur. Ça se fait pas de sniffer un t-shirt à plein nez, hein ?
Je dois ressembler à rien, certes, mais je me sens super sexy.
Alors que je reviens vers lui, je le quitte pas des yeux. J'ai envie, j'ai besoin qu'il soit envouté par moi comme je suis envoutée par lui. C'est pas sage. C'est pas bien. Surtout si chaque minute qui passe nous rapproche d'un adieu définitif. Ne pas penser à ça. Juste lui. Juste moi. Pour une soirée à vivre dans l'instant. Pour des instants à chérir à jamais.


. Ezio ? Vous...vous me chanteriez quelque chose ?

J'essaye de pas trop accentuer le ''me'' mais je crève d'envie qu'il chante quelque chose rien que pour moi. Même si c'est l'alphabet.
Là, il a juste un petit sourire amusé qui, paradoxalement, me fait fondre. Je vais devenir liquide, à force. A ramasser à la petite cuillère, probablement.

« Avec plaisir. »

Il me regarde, encore, l'air un peu songeur, comme s'il cherchait le titre qui pourrait convenir. Ses yeux s'éclairent et il reprend cet air très sérieux qu'il avait hier soir, pendant la soirée contes et légendes. Et il commence à chanter, son regard posé sur ses mains qui entourent ses genoux.

Je m'assois à ses côtés, avec un air de gamine énamourée mais j'arrive pas à masquer le plaisir que j'ai à l'entendre chanter pour moi. Sa voix est grave, chaude. Magnifique. À se damner. Seules les oreilles devraient en profiter, mais j'ai l'impression que c'est tout mon corps que son timbre caresse. Enveloppée dans une bulle musicale. J'ai du mal à réaliser le moment. J'arrive pas à croire que ça m'arrive à moi. Et je me demande ce que j'ai bien pu faire de beau pour mériter un homme pareil dans ma vie. Dans ma nuit.
C'est normal que la voix d'un gars, à elle toute seule, vous donne des idées ? Je veux dire le genre d'idées censurées pour les moins de dix-huit ans. J'ai envie de le toucher (et de faire un peu plus que seulement le toucher). Mais, même si je passerai bien mon temps soudée à sa peau, j'ai aussi envie de vivre plein d'autres choses avec lui. Je me souviens de ma promesse de caser toute une vie en quelques heures.
Je me lève sans le quitter des yeux. J'ajuste son t-shirt sur mes hanches (ça me fait presque une robe, tellement il est grand et tellement que moi, non) comme si c'était ma tenue de soirée. Et je lui tins une main. Invitation à me rejoindre. Il chante toujours quand il se lève et quelque chose en moi est ravi qu'il ait saisi le message. Je glisse une de ses mains sur ma taille, pose une des miennes sur son bassin. Il en reste deux, une chacun, dont les doigts s'aggripent un peu maladroitement. Et l'esquisse un pas. Il me suit. Il m'entraîne. On virevolte doucement au seul son de sa voix. Je sais pas trop ce qu'on danse mais on le danse bien. La distance respectable que j'avais glissé entre nous, au début, à disparu, pour me coller contre lui. Je suis pas foutue de résister à son attraction et, honnêtement ? Je m'en fous. Le moindre de ses mots résonnent à mon oreille jusque dans ma poitrine. Je l'accompagne tout doucement en fredonnant ces paroles que je ne connais pas. La langue est magnifique.Et putain que je suis bien.
Je devine que la chanson s'achève. J'espère, je prie de toute mes forces pour qu'une deuxième suive. S'il ne le fait pas, je le ferais. Je n'ai pas une voix magnifique mais je chante juste.

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MessageSujet: Re: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Mar 6 Déc - 22:21

Les quelques secondes de silence après les chansons sont ses préférés. C’est un moment suspendu entre deux univers, où les esprits naviguent entre la rive des rêves et celles de la réalité. Il aimait à voir les regards perdus dans les images nées de ses vers, surprendre les premiers mouvements d’un retour à la vie, et être le premier témoin des réactions non soumises aux normes du contrôle. Une bouche entrouverte, quelques battements de cils rapprochés, une larme au coin d’un œil, parfois, un soupir échappé ou des murmures venus de plus loin. Et de ces silences naissait une émotion nouvelle et différente pour tout un chacun. Il s’en nourrissait alors et poursuivait, ou non.

Les yeux qu’elle levait vers lui, à cet instant précis, étaient emplis de bien des émotions. Elle semblait heureuse et insouciante, enchantée et fébrile. Désireuse peut-être. Si les premières qui lui vinrent à l’esprit lui arrachèrent un sourire amusé, quelque chose dans la façon dont elle le regardait le troubla, pourtant. Il scruta de son regard sombre le ciel clair de ses yeux, à la recherche d’une confirmation qui l’effrayait un peu. Aussi insistants l’un que l’autre ils se dévisagèrent ainsi quelques secondes, avant qu’elle ne frissonne et se dresse sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Il se laissa faire sans protester et fut vite emporté par les élans de ce baiser.

Elle était si désirable, même dans ces vêtements trop grands, qu’il ne se sentait pas prêt à penser à autre chose que le contact de sa peau. Profitant de ce que ses mains soient nouées autour de son cou pour l’embrasser, il glissa les siennes sous le T-shirt bien trop grand et dessina de ses paumes les contours de son corps.

L’esprit des hommes, trop souvent, s’égare au contact d’une peau douce.

- Anstasia, je ne sais pas ce que vous me faites… Murmura-t-il contre sa joue.

« Mais j’aime ça…»

Était-ce une question … de sentiments ? De défiance ? D’attirance ? De désir ? Pouvait-on piétiner son mariage pour ce même désir ? Autant de questions qu’il repoussa sans ménagement, un peu effrayé par ce qu’il pourrait y apprendre… ou qu’il devinait déjà. A l’évidence, il n’y avait pas que du désir. Pas que.

Et lui de se convaincre que pour sa part, il ne s’agissait que d’attirance. Il avait fait abstraction de tout sentiments amoureux depuis des années. Du moins, comme on l’entend communément, à l’encontre d’une seule personne. Il préférait s’imaginer amoureux de la vie en général. De la beauté des choses, des gens, de la musique et de la poésie. Amoureux de la nature, des sensations, des rêves et des livres. Mais pas d’une seule personne. Pas au point de mettre des chaînes à son cœur et le réduire à néant d’un simple regard. Pas de dépendance, impliquait selon lui, la distillation d’un sentiment aussi fort que l’amour, en plusieurs lieux, personnes ou rêves. Et non pas dans une seule paire d’yeux, aussi beaux soient-ils.

Sentant de l’égarement dans ses gestes fiévreux, il quémanda son approbation d’un regard brûlant, avant de poursuivre l’exploration de son corps. Il se détacha alors d’elle à regret et, la maintenant à une distance respectable du bout de ses bras, lui offrit le pauvre sourire d’un homme vaincu par la douceur d’une femme.

- Il vous va mieux qu’à moi… plaisanta-t-il en désignant l’étoffe qu’elle portait. Vous permettez ? Questionna-t-il en la faisant pivoter devant lui.

A nouveau, il glissa ses mains sous le tissu léger, mais cette fois-ci, le fit passer par-dessus la tête de la jeune femme, découvrant ainsi, son dos, ses épaules… et le reste. Il l’attira, une fois encore, contre lui et l’enveloppa de ses bras, embrassant son cou et ses épaules. Il lui semblait que son cœur battait dans son ventre, à l’endroit même où s’appuyait le dos d’Anastasia contre lui. De quelques doigts, il écarta les mèches brunes qui se glissaient sur sa nuque pour y déposer un baiser brûlant.

Il prit son temps pour la redécouvrir, de ses yeux et de ses mains. Elle était encore plus belle ainsi dans la lumière des flammes, décoiffée, son maquillage répandu sous ses yeux, avec pour seule parure un petit collier en pierre de lune polie. Sa peau d’albâtre paraissait encore plus claire contre la sienne. Elle lui apparut soudain si jeune et vulnérable qu’il resserra l’emprise de ses bras autour d’elle et enfouit son visage dans le creux de son cou en murmurant un flot de secrets en gaélique, qu’elle ne pouvait comprendre. Ses mains – loin de s’égarer comme on se plaît à l’écrire – accueillirent la douceur de ses courbes nues, remontèrent jusqu’à sa gorge et appliquèrent une légère pression sur sa joue pour qu’elle tourne le visage vers lui. Il plongea à nouveau sur ses lèvres et les emprisonna des siennes. Il voulait plus que quelques minutes fiévreuses contre une porte. Il voulait plus. Maintenant.



Un coup d’œil rapide par la fenêtre le rassura. Il faisait encore nuit noire. Il avait craint d’avoir somnolé - ou tout autre état de semi-conscience – trop longtemps. Si Franck et Sarah rentraient plus tôt que prévu, ils auraient très probablement trouvé incommodant – voire franchement déplacé- de découvrir un homme et une femme nus sur le sofa de leur pub, endormis dans un plaid. L’horloge marquait plus de 2h. Il se passa une main sur le visage, maîtrisant ses mouvements pour ne pas réveiller Anastasia, et se massa rapidement les tempes. La fatigue des dernières nuits le rattrapait, alors que celle-ci ne s’annonçait pas plus longue et reposante que les précédentes. Quoi qu’un peu plus agréable. Son bras droit était légèrement engourdi par le poids de la jeune femme qui reposait dessus, mais il ne put se résoudre à le retirer.

Certaines douleurs sont là pour vous rappeler que vous êtes vivant.

Il reposa sa tête contre l’accoudoir du sofa et referma les yeux, à l’écoute des crépitements du feu et de la respiration de la jeune femme.


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MessageSujet: Re: Pour quatre syllabes et deux baisers [Ezio]   Sam 25 Fév - 19:13

Est-ce que je suis la seule à penser, à réussir à me persuader, qu'en gardant les yeux fermés, on peut arrêter la course du temps ? Que si je me fais aveugle au monde qui m'entoure, l'univers, beau joueur, m'oubliera lui aussi un peu. Les secondes arrêteraient de défiler et demain, tout à l'heure, n'arriveraient jamais. Je sais bien que c'est notre éphémérité qui rend la vie plus belle et accorde toute sa valeur au plus infime instant. Et pourtant... qu'est-ce que je ne donnerai pas certains jours pour l'éternité d'une heure.
Paupières closes, je réussis à croire que je peux rester là indéfiniment, collée à Ezio Shepherd, à écouter les battements de son cœur contre mon oreille.

A mi-voix, et je vais prétendre que je suis encore dans un état semi-comateux extatique, parce qu'en tant normal, je ne m'autoriserai jamais une telle sortie :


. Je n'ai pas envie que vous me laissiez repartir...

Les yeux toujours fermés, c'est comme si la réalité ne pouvait pas m'atteindre. Comme si je naviguai dans un rêve sans conséquence. Mais je ne rêve pas, et avec une petite crispation de l'intérieur, je me trouve à regretter de n'avoir rien à faire, rien à prétexter, dans le silence qui suit ma sortie.
J'ai presque envie de ravaler mes mots. Mais dans la vraie vie, c'est juste pas possible. Et puis, je me souviens. Une vie en une soirée. Une vie en une soirée. C'est mon leit-motiv. Ça ne laisse pas de place aux doutes et aux questions. Et ça ne sert à rien de se laisser ronger par les « et si » et les « j'aurais dû ». Qu'est-ce que j'ai à perdre ?

Dans mon flou, sa voix me parvient. Douce et grave.

Pour tout vous dire, je vais aussi devoir partir. Mais si vous voulez, j'ai une place dans mes bagages.

Sur le moment, je souris. J'ai eu la vision toute bête de moi recroquevillée au fond de sa valise, passant la douane incognito.


. Pourquoi pas ?

Et puis, je souris plus du tout. Je me prends à espérer que c'est une vraie proposition. Parce qu'effectivement, j'ai vraiment pas envie, moi, de le laisser repartir dans un avenir qui ne croiserait plus jamais ma route. Autant pour mon credo « juste une nuit ». J'aurais dû deviner le risque, sentir venir la chute. Une soirée, quelques heures seulement, ont pulvérisé mes résolutions. J'ai eu la naïveté de croire, peut-être, que céder à cette pulsion permettrait de m'en délivrer. Ou bien ma naïveté a été de me convaincre qu'il ne s'agissait que d'une pulsion. D'une attirance passagère. Mais je suis assez forte pour résister à ce genre de folie. A priori. Alors, peut-être, encore, ma bêtise a été de penser qu'un moment passé avec lui réussirait à me débarrasser de la drôle de fascination qu'il exerce sur moi. Au final, tout ce que j'ai réussi à faire, c'est à me laisser troubler, à le laisser m'atteindre. Je sais pas si j'ai pouvoir reprendre mes cliques, mes claques, sortir, lui tourner le dos et rejoindre le cours de ma vie. Pas sans un pincement au cœur aux allures névralgiques. Un poids dans la poitrine et un nœud dans la gorge.
Je peux pas, je veux pas me satisfaire de si peu.
Je peux pas, je ne veux pas accepter l'idée que ce soit juste un plan d'un soir.
Je peux pas, je ne veux pas reprendre ma vie comme si de rien n'était. Je ne peux pas.
Il faudra bien que j'y retourne, mais, ce soir, l'idée me plombe royalement le moral, alors que, pour quelques heures, j'ai eu la sensation de m'envoler.

Un peu de temps supplémentaire, ce serait toujours ça. Reculer pour mieux sauter.

J'essaye de pas laisser trop d'espoir filtrer dans ma voix.


. Pour de vrai ?
Ça dépend... vous êtes frileuse ?

Il y a un fond d'amusement dans son ton.

. Pas plus que ça.
Eh bien, plaquez tout et venez en Norvège avec moi !

...
La Norvège. Un bout du monde où personne ne me connaîtrait. Où je pourrais être avec lui, juste moi et que...
A rêver trop fort...


. Et si je vous prenais au mot ?

Il y a un train pour Londres à 8h10, demain.

Et je souris encore moins. Parce que l'espace d'un instant, je me vois vraiment, sac au dos, à la gare de Shoreham, prête à m'embarquer pour l'inconnu. Avec lui.
Et si je flippe autant, soudain, c'est que je n'arrive pas à me convaincre que c'est une mauvaise idée, ne serait-ce que d'y penser. C'est une mauvaise idée, pas vrai ? Mais je suis pas foutue de trouver un seul putain d'argument pour réfuter mon envie de sauter dans ce train. Et de filer au loin. Avec lui.

Ses quelques mots n'appellent pas vraiment de réponse directe. Et j'arrive pas à savoir si il est sérieux dans sa proposition. Alors je me tais. Et j'essaye d'enfermer cette petite bulle de folie dans ma poitrine, quitte à ce qu'elle m'étouffe. Je peux pas me permettre d'espérer quoi que ce soit. Pas si je veux rester debout et reprendre ma vie là où je l'ai laissée.
Aussi, je ne dis rien. Me contente de me calfeutrer un peu mieux contre lui. Mes doigts dérivent nonchalamment sur sa peau, pendant que mon esprit s'égare au pays imaginaire, cet endroit magique où jamais et impossible ont été rayés du vocabulaire. Je me laisse à penser que tout est possible. Que je pourrais tout claquer, tout envoyer valser, parce qu'au final, on ne devrait jamais rien devoir à personne. Parce qu'à quoi sert de vivre, si c'est pour exister sans folie ? "Ci-git Anastasia Grant. Elle vécut." Point. Qu'est-ce que ce serait ce genre d'épitaphe ? Le pays imaginaire est un pays dangereux. Je m'y arrache bien malgré moi. Tout comme je m'arrache à Ezio Shepherd. Un peu violemment, c'est probable. On peut crever de se bercer de trop d'illusions.

J'ouvre la bouche. La referme deux fois de suite. Par peur de ce qui risque d'en sortir. C'est parfois trop facile de dire "oui". Et trop dur de se prendre le retour de bâton en pleine face. Où je vois une proposition, il n'y avait peut-être que de l'information. Ça me ressemble pas de douter, comme ça; De m'interroger sur les sens cachés, les volontés, les...


. Londres. Huit heures dix.

C'est sensé sonner comme un fait. Ça sonne comme une promesse.
Pour éviter d'y penser, je gravite sur sa peau, jusqu'à glisser une main sur son épaule et mon visage dans son cou. J'en reviens à mon idée première : peut-être que si le monde nous oubliera si je cesse de bouger. Et puis, je kiffe son odeur. Et la sensation de sa peau contre la mienne.
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