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Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Les absents ont toujours tort.
Méfiance, nous sommes d'humeur taquine...

Une animation d'Halloween vous attend...

Venez donc nous présenter vos plus beaux sourires.

Hé, t'as vu ton rang?

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 Proposition

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MessageSujet: Proposition   Ven 4 Nov - 17:51

• Proposition •

Coleen MacLeod & Demelza Worpel
Décembre 2016

La neige craquait sous mes talons alors que j’avançai, le pas rapide, entre deux bâtiments de l’Université Albus Dumbledore. Une imposante écharpe grise couvrait mon cou alors que le reste de mon corps était dissimulé sous un long manteau noir. Seul mes mollets et mes pieds étaient visibles. J’avais décidé de me vêtir de façon plus féminine que d’ordinaire. Il me fallait avoir l’air sérieux si je voulais convaincre celle que j’avais en vue. J’avais donc opté pour la robe et les talons, même si la météo de ce début Décembre n’était pas forcément favorable à ce genre de tenue.

Le visage droit et le pas déterminé, j’arrivais devant le bâtiment et je pus enfin sortir mes mains de mes poches. La température était bien plus clémente ici. Dans le couloir silencieux, seul le bruit de mes pas résonnait. Quelques personnes me jetèrent des regards. Froids ou admiratifs. Mais je les ignorai, comme j’ignorais la plupart des gens dont je me fichais. Si je voulais faire sensation, je devrais d’ailleurs peut-être songer à ‘réchauffer’ un peu mon attitude. D’après mes souvenirs, Miss MacLeod était plus dans cet état d’esprit.

Je m’arrêtai à une intersection. Je lançai un regard au couloir de droite, puis à celui de gauche. Seulement six mois que je n’avais pas mis les pieds ici, et me voilà déjà perdue. Je soupirai doucement, en pleine réflexion. Je repérai enfin la concierge. Il  n’y aurait aucune honte à demander mon chemin. Je me plantai devant elle, un sourire crispé aux lèvres.

- Oui ? Je peux vous aider ?
- Je cherche Miss MacLeod.
- Oh ! L’assistante de l’unité d’enseignement des potions ?
- Précisément.
- Son bureau se trouve dans cette direction. Juste après les serres, sur la droite.

Je lui offris un signe de tête en remerciement avant de prendre le chemin qu’elle m’avait indiqué. Alors comme ça, elle avait même un bureau à elle maintenant ? Depuis quand les assistantes ont leur propre bureau ? Bouse, si ça se trouve elle est bien partit pour devenir professeur, et reçoit déjà une paye intéressante. Comme on dit, qui ne tente rien n’a rien. Sûre de moi, je toquai doucement mais fermement à la porte. Aucune réponse. Je retentai, vainement.

Soudain, un vacarme provenant de l’autre bout du couloir me fit me détourner de la porte. Des élèves sortant de cours. Évidemment. Elle était encore en cours à cette heure-ci. J’espérai qu’elle avait terminé sa journée et qu’elle avait un peu de temps devant elle pour discuter. Je ne bougeai pas de devant son bureau. J’allais attendre qu’elle arrive à mon niveau.

Plusieurs élèves, dont certains avaient mon âge me regardèrent de travers. Je fronçai les sourcils. J’avais l’impression d’avoir pris dix ans dans la tronche quand je voyais tous leurs visages qui me semblaient si enfantins. Pourtant, à un an près, la différence n’était pas flagrante. C’était simplement les évènements survenus dans ma vie ces derniers mois qui m’avaient forcée à mûrir encore plus vite. Il y avait encore six moi de cela, je me considérais encore comme une jeune adulte. Aujourd’hui, j’avais la sensation d’avoir été projetée au rang d’adulte sans avoir eu le temps de comprendre.

Je soupirai en baissant les yeux. J’observai le sol un instant, puis mon regard remonta vers mes pieds, mon ventre, sur lequel je posai doucement une main chaleureuse. Allez, reprend toi, la voilà. Je repérai Coleen sans trop de difficulté.

- Miss MacLeod ? Entamai-je avec un sourire forcé qui se voulait un minimum enjoué. Puis je lui tendis la main droite. Demelza Worpel, une ancienne… camarade.

J’attendis un instant, voir si elle allait me remettre ou non. Puis je décidai d’en venir au fait.

- Serait-il possible de discuter ?

Mes émeraudes vinrent se planter dans ses yeux bleus. Je n’espérai pas faire du forcing en l’intimidant évidemment. De toute façon, elle m’avait toujours semblé immunisée à l’intimidation. C’était le genre de personne avec qui il était en fait même compliqué de se quereller. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir essayé à Poudlard. Mais ce temps était révolu, je souhaitais discuter avec elle, de façon professionnelle.



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MessageSujet: Re: Proposition   Ven 4 Nov - 23:38

La neige recouvrait l’Écosse d’une couche épaisse et duveteuse depuis une semaine déjà, mais aujourd’hui, plus que les jours précédents, le soleil laissait filtrer quelques rayons sur les murs clairs de la salle de potions où Coleen avait retrouvé des étudiants fraîchement sortis de Poudlard. Le froid, rigoureux et magnifique, enveloppait l’immense bâtisse de l’U.A.D, procurant une sensation d’aise extrême à la jeune sorcière qui se baladait entre les chaudrons écumants et profitait de leur chaleur réconfortante.

La rentrée avait été pleine de nouveautés. La sixième, déjà, au sein des murs de cette université, mais elle n’avait pourtant rien eu commun avec les précédentes. Lorsque le professeur qui avait dirigé ses travaux de fin d’études lui avait proposé de prolonger ceux-ci en partageant désormais son temps entre unités d’enseignement et recherches, elle avait longuement hésité, mais avait fini par accepter moyennant une année de répit. Surpris, le vieil homme lui toutefois consenti ce délai dont elle avait profité pour goûter aux joies du voyages. C’est ainsi marquée un enthousiasme nouveau que la jeune femme était revenue dans cet univers si familier qu’elle avait l’impression de n’avoir jamais quitté.

C’est donc tout naturellement qu’en s’était retrouvée dans ce local dans lequel, en ce moment, pas moins d’une douzaine d’étudiants se concentraient sur leurs potions, inquiets à l’idée de n’en point trouver la recette idéale. Travailler en collaboration avec le professeur Timoteo Bartholomew était excitant : il se chargeait de la partie théorique, elle s’occupait quant à elle des exercices de styles, soit des exercices créatifs des LUCIOLES et était libre de proposer ses idées les plus farfelues à l’approbation de son mentor. La plupart du temps, il acquiesçait, l’œil sévère mais vif avec, nichée au creux de sa pupille, une lueur qui reflétait sa vivacité d’esprit et que Coleen interprétait comme de la fierté.

L’heure tournait. Dans quelques minutes, la journée prendrait fin pour les jeunes sorciers qui s’affairaient autour d’elle et la sienne commencerait réellement. Elle était sortie tard la veille et ne s’en remettait que difficilement. Elle était d’ailleurs certaine d’avoir croisé l’un de ses étudiants lors de sa soirée, mais elle ne se souvenait plus lequel. Probablement celui qui l’avait fixée deux heures durant, une mimique amusée collée sur les lèvres, le petit Eward avec ses cheveux de feu et ses lunettes d’écailles un peu trop grandes. Un petit gars sympa et intelligent, quoiqu’un peu trop curieux des affaires qui ne le concernaient pas. Elle n’en n’avait cure : donner cours ne devait en rien signifier ne plus avoir de vie sociale ; et que ses élèves sachent d’elle qu’elle profitait de chaque minute en bonne épicurienne n’était pas une raison suffisante pour se cacher de ses petits écarts. Assumer de s’être levée trop tard que pour fournir à temps le travail qui lui avait été demandé était une autre affaire : elle devrait à nouveau veiller longtemps cette nuit, et elle aspirait déjà au jour suivant qui la délivrerait du rapport qu’elle devait rendre sur ses premières recherches.

Se faufilant entre les bancs, elle observait les liquides fumants dont certains dégageaient des odeurs qui ne présageaient rien de concluant et répondait avec enthousiasme – et souvent avec une pointe d’un humour décalé – aux quelques questions qui lui étaient posées. Enseigner à de jeune adultes lui plaisait plus qu’elle ne l’avait initialement imaginé, bien que maintenir avec eux la distance qui seyait à une relation professeur-élève n’était pas toujours aisé.

Elle s’était enfin décidée à s’assoir quand une sonnerie retentit, marquant la fin des cours et le départ précipités de certains jeunes gens. Une fois que la classe se fut vidée, elle s’enroula dans sa cape pour se protéger des températures basses qui emplissaient les couloirs et, tout en répondant aux interrogations du jeune Oswald qui aimait toujours à la suivre à la fin des cours, elle scella la porte de classe et ses précieux contenus à l’aide d’un sortilège de son cru. Elle ne se fut ensuite pas avancée de deux mètres qu’une jeune femme l’interpela, mais ce n’était pas une étudiante. Comprenant qu’il était désormais de trop, Oswald la salua d’un signe de tête et s’en alla sans même accorder un regard à Demelza Worpel, ancienne Serpentard de son âge et, surtout, ancienne camarade d’études à l’université. Stupéfaite mais non moins satisfaite de la trouver là, Coleen rangea ses grimoires sous son bras gauche et accepta la main qui lui était tendue.

« Demelza, quelle surprise ! »

Le sourire qui illumina le visage de Coleen alors que la belle s’était adressée à elle comme à une inconnue n’était pas feint. Si Demelza et elle n’avaient jamais été amies, elles avaient appris, en foulant ensemble les pierres de la bâtisses neuves, à se respecter à collaborer efficacement, sans histoires, sans embûches. Pour autant, Coleen s’étonnait de la trouver là et s’apprêtait à lui en demander les raisons, mais la demoiselle prit les devants en demandant à s’entretenir avec elle. Déconcertée, Coleen la dévisagea quelques secondes avant d’acquiescer dans un nouveau sourire.

« Bien sûr. On peut aller boire un verre en ville si tu veux. A moins que tu ne préfères que je t’offre un thé ? Nous allons passer dans mon bureau de toute façon, je dois me débarrasser de mes affaires, continua-t-elle dans un seul souffle. Viens, suis-moi, c’est par ici. »

Prenant les devants, Coleen entraîna la sorcière le long de couloirs maculés jusqu’à la pièce qui lui servait de bureau et qui se déverrouilla spontanément au contact de sa main. Elle pénétra ensuite dans celle-ci, un espace peint de blanc aux moulures teintées d’un jaune d’œuf. L’endroit n’était pas démesuré, mais Coleen aimait sa large fenêtre qui donnait sur un patio couvert où poussaient, autour d’une fontaine centrale aujourd’hui glacée, diverses plantes utiles aux potions, trésors seulement accessibles au corps professoral. Gratifiant les murs d’une œillade circulaire, elle invita Demelza à la suivre dans son nouveau recueil et lui proposa de prendre place soit sur le siège qui faisait face à son bureau et sur lequel elle recevait parfois ses étudiants, soit dans le sofa de cuir brun qui faisait face à une bibliothèque où s’entassaient des ouvrages de tailles et d’âges divers et variés. Elle disparut ensuite quelques secondes dans la pièce adjacente dans laquelle elle préparait ses potions avant de revenir sur ses pas et de passer sa tête par l’entrebâillement de la porte.

« Vert ou noir ? » demanda-t-elle simplement à l’ancienne étudiante.

Et devant son air incrédule, elle crut bon d’ajouter :

« Ton thé. »

Quelques instants plus tard, elle revint armée d’une théière rouge vif et de deux tasses assorties qu’elle posa sur son bureau. S’accotant sur l’appui de fenêtre, elle dévisagea Demelza un court moment avant d’aimablement se décider à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis que ses prunelles vertes avaient croisé les siennes.

« Alors, dis-moi, que me vaut le plaisir de ta visite ? »

Ce disant, elle s’accota sur l’appui de fenêtre et l’observa, une expression enjouée rehaussant ses pommettes rougies par les caprices de l’hiver.


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MessageSujet: Re: Proposition   Sam 5 Nov - 17:28


Sa joie de vivre me faisait penser à Ellie. Je n’avais pas souvent eu l’opportunité de discuter avec Coleen, mais la ressemblance était frappante par moment. Je dois avouer que ça, additionné au fait que son élève s’était éclipsé sans même un regard – ou pire, en baissant les yeux, m’avait encore un peu plus refroidie. Par moment, une voix dans ma tête me hurlait de tout arrêter et de partir, ou me demandait simplement « mais qu’est-ce que tu fais là ? » La vie d’adulte n’était pas encore pour moi, je le savais. Mais je n’avais pas le choix. Il me fallait prendre ma vie en main ou me laisser mourir. Et vue la tournure des évènements, j’avais décidé de me battre.

Cela ne m’empêchait pas d’être toujours irritée par certains comportements. Quand cela venait d’Ellie, ça passait. Elle avait véritablement le sourire et la bonne humeur communicatifs. Par contre chez les autres, cela ne passait pas toujours. J’avais ce mur de glace infranchissable dorénavant. Mes mauvaises expériences à Poudlard me l’ont forgé afin de me protéger. Toutefois, mon impassibilité ainsi que ma froideur pouvaient en gêner plus d’un. Parfois, ce n’était pas plus mal. Actuellement, ce n’était pas du tout le résultat espéré. Il me faudrait donc redoubler d’efforts pour ne pas paraitre déplaisante.

Elle avait accepté de me serrer la main, et m’avait reconnue. C’était déjà un bon début. Un poids s’effaça de mes épaules, pour mon plus grand bien. Je perdis quelques kilos en plus lorsqu’elle proposa carrément d’aller boire un verre en ville. Décidément, certains mûrissent plus vite que d’autres, et ça leur va bien. Tout comme je ne faisais plus partie de ces Serpents prêts à tout pour se lancer dans des luttes verbales ou physiques avec les camarades des autres Maisons, Coleen ne faisait pas partie de ces gens qui se souviennent sans pardonner, et qui jugent. Excellent point.

En revanche, contrairement à moi, elle n’était pas avare de discussion. J’eus un sourire en coin alors qu’elle décidait de ce que nous allions faire. Cela m’amusait. Après tout, je la prenais de court. My bad. J’assumais totalement mon débarquement à l’improviste et emboitai le pas à mon ancienne camarade de classe jusque dans son bureau, une pièce épurée mais dans laquelle on se sentait probablement bien. L’étroitesse des lieux ne devait pas tant lui poser de contrariétés, car c’était le chaudron qui l’intéressait. Du moins, je supposais. Je m’arrêtai d’ailleurs un instant afin de regarder les diverses plantes qui se trouvaient autour d’une fontaine. Plutôt charmant à vrai dire.

Après que Coleen m’ait fait signe, je m’installai finalement sur le canapé pour être plus à l’aise alors qu’elle me proposait un thé. C’était certes, une discussion professionnelle, mais avec un petit thé et cette ambiance cosy, j’avais préféré le confort.

- Vert, s’il te plait.

Je lui adressai un sourire vrai et franc ce coup-ci. Durant l’absence de Coleen, afin de préparer le thé je supposai, je me mis légèrement à l’aise en quittant mon foulard. La température ne permettait pas de me soulager de plus de vêtements. Je croisai adroitement les jambes, patiente. Enfin, ma camarade refit surface, une théière et deux tasses en mains. Je me saisis de la mienne, brûlante. Finalement, c’était là une merveilleuse idée.

Oups, j’en oubliais presque la raison de ma visite. Coleen m’avait en effet rappelée à l’ordre. Je ne savais pas encore si elle me sortait cet air enjoué pour ironiser ou si elle était sincère. Je fronçai les sourcils une demi-seconde. Puis décidai d’ignorer ce détail. Prestement, je reposai la tasse et entrelaçai mes doigts posés sur mes genoux, afin de lui donner une réponse à sa question.

- Raison professionnelle.

J’étais décidément avare de mots. A moins que ma timidité maladive ne reprenne surface ? Ah non, ça, JAMAIS. Je bu subtilement une nouvelle gorgée de thé afin de faire naître la curiosité dans son esprit. Je n’étais pas persuadée que cela avait fonctionné mais entrepris de poursuivre.

- Depuis plusieurs années maintenant, je vis de mon commerce de Potions. Ce commerce n'étant pas vraiment légal, j’ai récemment songé à le rendre officiel. Par le biais d’une boutique.

Je fis une nouvelle halte, sans boire cette fois-ci, mais en réfléchissant à ce que je pouvais lui révéler et ce que je me devais de garder pour moi. Pourquoi rendre cette situation légale alors que je m’en sors déjà parfaitement comme cela ? Ma situation n’était pas aisée depuis quelques mois et chacune de mes décisions était essentielle. Je n’avais pas droit à l’erreur.

- Évidemment, cela ne se fait pas tout seul. J’ai effectivement besoin de m’entourer afin de mener ce projet à bien. De m’entourer des meilleurs. Voilà pourquoi je suis là. Parce que tu fais partie des meilleurs – que je connaisse.

Fin du suspens. Je reposai doucement la tasse à moitié vide sur la table. Que dire de plus ? Je n’essayais pas du tout de l’embaucher là maintenant. Je désirais simplement lui faire part de mon projet afin de voir s’il l’intéressait de près ou de loin. J’avais besoin de tout appui possible car j’étais totalement seule. Je ne savais pas encore quel rôle je comptais moi-même jouer dans ce commerce. Manager ? Vendeuse ? Préparatrice ? Herboriste spécialisée ? Directrice totalement absente de la boutique pour s’occuper des finances ? J’avais beau être surdouée en Potions, ce n’en était pas ma passion pour autant. J’avais besoin de savoir qui serait intéressé afin de choisir mon rôle par la suite.

- Tu n’es évidemment pas contrainte d’y penser maintenant. Je vois que tu sembles déjà bien occupée avec ton travail à l’Université, que je ne soupçonnais pas vraiment. Mais dans le futur, cela peut, peut-être, être susceptible de t’intéresser.

Je lui adressai un sourire en coin avant d’achever mon thé, dont je reposai délicatement la tasse avant d’appuyer mon dos contre le sofa. Je n’espérai pas qu’elle se jette sur l’opportunité mais tout de même faire tilt dans son esprit.



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MessageSujet: Re: Proposition   Mer 9 Nov - 23:42

Décembre était un mois capricieux. Tantôt enchanteur tantôt vicieux, il immisçait depuis la veille ses tentacules froids jusque dans les locaux les plus isolés. Le bureau de Coleen ne faisait pas exception, et maintenant qu’elle était débarrassée de sa cape comme de ses gants, elle tentait désespérément de réchauffer ses phalanges engourdies en les agglutinant à la tasse vive qui s’y était lovée. Tout en humant sa boisson, elle constata que Demelza n’avait pas quitté sa veste et eut la brillante idée d’allumer un feu au moment où celle-ci lui communiqua la raison de sa visite. Professionnelle, selon ses dires. Intriguée, Coleen haussa un sourcil et, alors que son interlocutrice entamait une explication elle se dirigea vers l’étroite cheminée suspendue forgée dans un chaudron qui trônait dans un coin adjacent à la porte d’entrée. Extrêmement attentive aux propos de Demelza malgré ses apparences distraites, elle s’accroupit et empila quelques bûches dans le foyer avant de les embraser d’un coup de baguette nonchalant.

Le commerce illégal de la sorcière ne lui était pas inconnu, et il était probable qu'il ne l'était pas non plus des autres potionnistes de la région. Le monde des potions était suffisamment restreint que pour que ce genre d’informations se répande aux oreilles de ses partisans en bien moins de temps qu’il n’en faut que pour préparer du polynectar. Qu’elle choisisse d’en discuter ouvertement n’en restait pas moins surprenant. Il est des secrets de polichinelle qu’il reste prudent de taire, au risque de leur accorder de bon gré une consistance accusatrice. Et il semblait par ailleurs à Coleen qu’elle n’était pas l’oreille que devrait privilégier la jeune femme pour de telles confidences. Non pas qu’elle ne soit pas capable de précieusement garder un secret, mais elle n’avait pas souvenir que Demelza et elle fussent jamais amies. Certes, l’université leur avait appris à se porter mutuellement en estime – chose qui n’était par ailleurs pas gagnée lorsqu’elles fréquentaient Poudlard – mais elles ne les avaient pas rapprochées pour autant. C’est pourquoi, lorsque la brunette lui proposa de s’associer à elle, Coleen, qui frottait alors désespérément ses mains jointes au plus près des flammes, ne put retenir une expression surprise qui, par chance, ne put être perçue par la sorcière à laquelle elle n’offrait que la vue de son dos.

Par politesse et par respect, cependant, elle consentit à abandonner son oasis de chaleur et se redressa pour étudier, un demi-sourire stupéfait sur les lèvres, les traits de celle qui venait de lui faire cette proposition si étrange.

« Je dois bien avouer que ta proposition me surprend plus encore que ta visite Demelza. »

Ce disant, l’Écossaise se dirigea vers son bureau et prit appui sur ses mains pour s’y asseoir, faisant ainsi face du mieux qu’elle le pouvait à son ancienne camarade de classe. Tout à sa considération silencieuse, elle lui accorda une mimique aimable et reprit enfin sa réplique là où elle l’avait abandonnée.

« Un projet de boutique de potions, c’est bien cela ? C’est intéressant, et je suis sincèrement flattée que tu aies pensé à moi ».

Flattée, Coleen l’était sans aucun doute. Mais le compliment que venait de lui faire Demelza charriait avec lui un flot d’innombrables questions plus ou moins pragmatiques. D’expérience, elle savait toutefois que pour communiquer efficacement avec l’ancienne Serpentard dont le caractère n’était indubitablement pas aussi fantasque que le sien, il lui fallait sélectionner les moins insolites d’entre elles. C’est pourquoi elle choisit de se concentrer sur l’aspect pratique de la perspective, reniant ainsi l’enfant de douze ans qui, nichée quelque part entre son estomac et ses cordes vocales, ne demandait qu’à s’exprimer.

« Mais plus concrètement, comment envisages-tu cette boutique et ton rôle dans celle-ci ? Et surtout… qu’attendrais-tu de moi ? »

Alors que ses jambes croisées se balançaient mollement dans le vide et que sa bouche s’apprêtait à formuler une nouvelle question sélectionnée au hasard parmi tant d’autres, Coleen décida finalement de garder celle-ci pour plus tard et s’apaisa – exploit dont elle n’était pas peu fière – dans une première gorgée de thé afin de laisser à son invitée tout le loisir de développer son idée.
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MessageSujet: Re: Proposition   Lun 14 Nov - 2:48

Jamais une seule seconde je n’avais lâché ma collègue des yeux. J’étais curieuse de connaître chacune de ses réactions alors que je lui avais énoncé une fraction de mon plan de carrière. Pour le moment, je n’avais pas exposé grand-chose. J’avais notamment flatté son égo, et ce n’était en rien manipulation. Je pensais véritablement ce que j’avais dit. Pour moi, Coleen a toujours fait partie des personnes ingénieuses. Déjà à Poudlard. Pour ma part, je n’étais pas seulement nulle avec les Potions et la Botanique, mais je m’en fichais complètement à l'époque. Finalement, m’être retrouvée confrontée à Coleen en cours m’avait aidée à me mettre dans le bain. Et par la suite, à découvrir mon don, évidemment.

Certes, je connaissais de très bons botanistes. Comme Brenna Quinn avec qui j’avais eu le privilège de travailler durant deux mois. Mois qui furent extrêmement constructifs. Mon savoir en Potions ne peut être amélioré si mon savoir en Botanique ne suit pas le même rythme. Mes échanges avec elle m’ont à la fois permis d’en apprendre plus sur les plantes et ainsi, de concevoir des potions plus fascinantes, mais aussi d’avoir un aperçu du management d’un commerce. Et cela m’avait captivée. Je ne pensais néanmoins pas me lancer dans le business de sitôt, mais je n’avais pas été apte à contrôler les imprévus récents. Je me devais de prendre ma vie en main. Sérieusement.

J’avais aussi entretenu quelques contacts avec Aloycius Sweevil le médicomage qui soignait Mark lorsque j’étais de nouveau tombée sur lui. Et m’occuper de l’ombre de ce pauvre Resnald m’avait finalement contentée. Je ne savais pas si c’était parce que c’était spécialement lui, ou le fait d’aider. Ma boutique aura donc pour but d’aider les autres. Pas uniquement les soigner, les aider tout simplement. Comme je l’ai dit, ce serait un peu comme mon trafic actuel mais légal, avec une jolie vitrine et pourquoi pas une charmante demoiselle au chaudron.

Cela m’étonnait pourtant qu’elle soit si surprise. Après tout, il fallait bien que ses dons soient reconnus à elle aussi, non ? Je ne dis pas que chaque don doit être exploité, mais plutôt utilisé. Je n’étais en rien déterminée à user des miens pour faire le mal, comme on aurait pu le croire. Je ne suis plus une caricature. J’assume pleinement celle que je suis devenue et je me dois de faire preuve de maturité pour m’assurer un avenir, à moi autant qu’à Mark.

- Oui, c’est cela. Une apothicairerie.

Je n’allais pas revenir sur son aptitude. Je la connaissais, elle en était consciente aussi mais faisait sa modeste. C’était tout à son honneur. J’avais toutefois sincèrement la sensation qu’elle gâchait ses compétences en entamant cette suite d’études. Elle n’allait tout de même pas devenir professeur pour de bon ? Je serais tellement frustrée si cela arrivait.

Sa seconde interrogation me foutait un peu au pied du mur. C’était justement la question à laquelle j’espérais répondre en venant ici. Moi, tout ce que je souhaitais, c’était une condition stable pour démarrer ma nouvelle vie avec Mark. J’avais donc fait un résumé de mes compétences : surdouée en Potions, douée en Botanique, très intéressée par Soin aux Créatures Magique, également très intéressée par une situation et l’argent qui va avec mais aussi un peu flemmarde et dénigrant l'autorité. C’était évident, je devais monter ma boite, quel que soit mon rôle dans celui-ci. Dans l’idéal, j’espérais finir avec ma chaine de boutiques et en être simplement la directrice.

- Idéalement, je me vois surtout patronne, je te l’avoue. Je suis douée avec les Potions, surdouée même. Ce n’en est pas pour autant ma passion. J’espère me servir de mes compétences afin de développer un commerce qui me rapporterait afin de subvenir aux besoins de ma famille – légalement de préférence.

Je pris une longue inspiration. Je n’avais pas autant parlé depuis mon arrivée, surtout d’une traite. J’expirai ensuite doucement et longuement avant de décroiser mes jambes. Ne sachant comment entamer la suite, je posai délicatement une main sur mon ventre, comme lors de mon arrivée. J’en avais trop dit et j’imaginai qu’elle avait déjà tout saisi. Elle était futée, je n’étais pas venue pour rien. Je savais que je ne le regretterais pas. Finalement, je me levai pour lui faire face.

- De toi, j’attendrais évidemment que tu concoctes les Potions avec moi, pour débuter. Par la suite, tu pourrais te retrouver manageuse. Ce n’est que le début, tout est à construire. Si tu m’aides, tu opteras évidemment pour ce que tu préfères. La vente, l’invention, la concoction, l’administration…

Je marquai les points de suspension avec ma main droite tout en faisant les cents pas, signifiant qu’il y avait encore tant d’autres possibilités. Il était évident que les premiers à rejoindre mon projet auraient des privilèges, que ce soit en termes de salaire, ou de travail.

Je me postai finalement non loin d’elle, bien solide sur mes jambes et croisai les bras, un sourcil inquisiteur levé au ciel.

- Qu’en penses-tu ?

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MessageSujet: Re: Proposition   Mer 30 Nov - 21:57

Les jambes de Coleen ballotaient encore doucement dans le vide, marquant une cadence indolente et molle, quand Demelza confirma son souhait d’ouvrir une boutique. D’emblée, la jeune néaomage voulut l’assaillir de nouvelles questions, mais elle eut la sagesse de les retenir, perchées à la commissure de ses lèvres. L’ancienne Serpentard avait un caractère bien différent du sien : quand elle palabrait beaucoup pour ne rien dire, laissant aux auditeurs la tâche ardue d’extraire la substantifique, mais non moins précieuse, moelle de ses propos, Demelza avait pris pour habitude de parler peu mais de parler bien. Aussi l’Ecossaise savait-elle qu’en sa compagnie, communiquer efficacement signifiait prendre le temps pour, paradoxalement, en gagner.

Sans montrer le moindre signe d’impatience, la brunette dégusta une nouvelle gorgée de thé chaud – une merveille à base de riz grillé ramenée du Japon, dans laquelle flottaient, similaires à de minuscules pop-corn égarés, quelques grains de maïs soufflés, et s’attarda sur les traits de son interlocutrice qui semblait chercher ses mots. Bien qu’elle avait gagné en assurance, Demelza n’en restait pas moins une personne introvertie, comme le traduisait sa gestuelle calme, sa respiration lente et le temps qu’elle mettait à choisir les termes qu’elle employait. A moins que cela ne souligne le caractère encore non abouti de son projet, ce que confirma bientôt la suite de son discours : la surdouée, puisqu’elle employait elle-même ce vocable pour se désigner, n’avait en vérité fait qu’esquisser les prémisses de son idée. Tout était encore à construire, et elle cherchait, en venant ici,  à affiner celle-ci tout autant qu’à trouver le soutien nécessaire qui lui permette de la préciser et de la mettre en marche. L’ébauche était encore incertaine, mais elle avait toutefois le mérite d’être ambitieuse.

Comme pour mettre un point d’orgue à ce constat, son instigatrice, qui cherchait probablement à se donner davantage de contenance, se leva et termina son discours en lui annonçant ne pas avoir prédéfini de rôle pour elle – ce qui, en regard du fait qu’elle n’avait pas encore accepté, semblait  être l’option la plus sage. Et lorsqu’enfin elle eut fini de lui expliquer les plans encore vague de son avenir, Coleen posa sa tasse à ses côtés et la dévisagea avant de lui sourire. Bien qu’encore surprise par la proposition de son ancienne camarade de cours, elle se demandait de quelle façon l’aider dans toute cette entreprise. L’idée n’était pas inintéressante, mais la sorcière n’avait commencé son cursus HIBOU que depuis peu de temps, et celui-ci était exigeant. Il ne s’agissait pas tant du nombre d’heures consacrées aux exercices de style des LUCIOLES, car celui-ci n’était pas particulièrement conséquent : de six à huit, selon les semaines. Mais ses recherches étaient longues et astreignantes. Elles requéraient en effet d’elle qu’elle passe non seulement d’innombrables heures devant ses chaudrons, mais également à écrire d’interminables rapports ou à se documenter. En outre, il lui arrivait encore ponctuellement d’orienter les touristes à Raasay, plus particulièrement quand ceux-ci portaient un intérêt particulier à la faune, la flore ou la géologie de l’île. Le reste du temps, il lui fallait songer à se sociabiliser et à dormir, ce qui, en plus d’être essentiel, était hautement chronophage. Considérant cela, elle se demandait bien quand elle trouverait le temps de se consacrer à la gestion d’une boutique.

« Comme je te le disais, je suis flattée que tu aies pensé à moi pour ton projet. Je dois toutefois avouer que je me demande bien comment je trouverais le temps de m’impliquer dans celui-ci. C’est qu’entre le cours, les recherches et Raasay, je n’ai pas beaucoup de temps pour moi. Et je me suis engagée pour un long moment. Enfin long, c’est relatif. C’est vrai, après tout, qu’est-ce que deux ans dans une vie ? Pas grand-chose. Mais beaucoup, quand on a besoin d’argent, je le conçois. Ca pourrait être plus, ceci dit. Deux ou cinq, selon l’état d’avancement de mon travail. Mais ça... »

Constatant qu’elle s’étalait pour ne rien dire elle laissa sa phrase en suspens et sourit aimablement à la jeune femme.

« Désolée… Je… Je pensais tout haut. »

Et cela ne la dérangeait pas. Car en plus d’être de trouver cela extraordinairement utile – exprimer oralement le contenu de ses divagations l’aidait à organiser ses pensées et à se délester des détails superflus – Coleen trouvait cela incroyablement divertissant. Mais elle savait devoir apprendre à abréger lorsqu’elle était en compagnie de certaines personnes, et d’autant plus si celles-ci la consultaient pour des raisons professionnelles.

« Ce que je veux dire, c’est que je pourrais être intéressée par ta proposition, mais que je n’ai aucune idée de la façon dont cela pourrait être possible. »

Après tout, son activité ne lui permettait pas un train de vie démesuré, et elle avait prévu de passer sa vie à concocter des potions. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle avait poursuivi ses études : enseigner était plaisant, mais ce qu’elle voulait surtout, c’était être reconnue comme chercheuse et avoir la possibilité d’inventer, de créer selon ses envies, mêmes les plus folles – surtout les plus folles, d’ailleurs, à bien y réfléchir. Accompagner Demelza dans son entreprise, si elle aboutissait, le lui permettrait également. Mais il n’était pour autant pas envisageable de mettre un terme ni même un frein à ses propres activités.

« De façon ponctuelle, peut-être ? »

Une fois par semaine, ou selon les besoins. Certains potions nécessitaient un soin particulier, ce qui impliquait un investissement des plus laborieux, et il n’était parfois pas trop d’être deux pour pour les confectionner. Elle pourrait ainsi envisager d’aider Demelza à la préparation des plus longues ou des plus compliquées. Ou peut-être lui proposer de l’épauler une fois par semaine, ou selon ses besoins. Tout était possible, après tout, mais Coleen n’était vraiment pas certaine que la sorcière se contenterait de cela.


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MessageSujet: Re: Proposition   Mar 6 Déc - 20:31

J’avais l’impression d’avoir mis un tel bazar dans sa tête. Ce n’était pourtant pas si compliqué. Du moins, il me semblait. Je ne sais pas si c’est simplement moi qui aie eu la chance d’avoir des facilités dans la vie, qu’elles soient financières ou même liées à ce don inattendu dans les Potions, mais le fonctionnement d’une boutique n’était probablement pas très compliqué. Je savais que je ne pouvais cependant pas me lancer là-dedans toute seule. Evidemment, j’aurais préféré. Déléguer, ce n’est pas dans mes habitudes, car j’ai beaucoup de mal à faire confiance. Surtout lorsqu’il s’agit de faire quelque chose pour moi. Pourtant, je sentais que je pourrais faire confiance à Coleen à ce sujet. Elle était professionnelle, cela se ressentait directement. Et elle était aussi curieuse, ce qui était positif de mon point de vue. Et elle était douée dans son domaine, évidemment.

Je voyais bien qu’elle ne tenait plus en place. Même si elle tentait tant bien que mal. Cela contrastait totalement avec mon attitude, droite et stoïque.  Je n’arrivais pas à savoir si elle était excitée par la proposition et le fait que j’ai pensé à elle, ou si elle mourrait d’envie de me poser bien plus de questions que cela. Ce qui était normal au fond. On n’accepte pas ce genre d’offre comme cela, à la légère. Si elle avait des questions, elle ne devait pas hésiter. Par contre, je déteste et j’ai toujours détesté me répéter. Et j’avais un peu l’impression de tourner en rond actuellement. J’avais précisé dès le début que ma demande n’était pas urgente, surtout vu qu’elle travaillait déjà à l’UAD. Je voulais simplement l’informer de mon intention, pour voir si elle était intéressée.

- Comme je te l’ai dit d’emblée, tu n’es pas contrainte de répondre maintenant. Je commence à peine mon repérage et il est évident que l’ouverture de la boutique n’est pas imminente.

Elle s’était excusée d’être un moulin à parole. Pourtant ce n’était pas le cas. Je trouvais qu’elle parlait très correctement. C’était moi qui avais un problème avec ça. C’était étonnant à quel point j’arrivais à faire culpabiliser les autres de mon propre problème de communication. J’aimais faire des phrases courtes et concises, surtout lorsque l’on est dans le domaine professionnel. Et pourtant, à chaque fois, mon interlocuteur a la sensation de trop parler. Alors qu’en réalité, c’est sûrement moi qui parle bien trop peu, et qui pense trop.

- Je ne savais pas tout de ta situation actuelle mais je réalise qu’elle te prend beaucoup de ton temps. Ma proposition est à la fois pour maintenant, mais surtout pour plus tard. Tu n’auras probablement pas fini ton cursus à l’ouverture certes, mais je ne t’imaginais de toute façon pas me rejoindre avant la fin de tes études.

Après tout, j’étais venue simplement pour discuter de mon projet et voir si elle était potentiellement intéressée. L’ouverture prendra du temps. Voilà pourquoi je me lance si vite dans cette entreprise. J’aimerais que cela soit réglé d’ici un an, et tout prend tellement de temps… Quand j’ai compris que Coleen était encore deux ans en études, je n’ai jamais songé à lui forcer la main. Il est évident qu’elle pourrait toujours me rejoindre après, si elle cherche un job. Pourtant, sa proposition était elle-aussi très intéressante. Venir m’aider de façon ponctuelle ? Pourquoi pas, après tout.

- Toute aide est bonne à prendre à l’ouverture d’un business, même d’une aide ponctuelle, donc c’est une bonne idée. Tu verras alors si par la suite tu serais intéressée par un peu plus que cela.

Comment pourrait-elle m’aider ponctuellement ? Avec la concoction directe de Potions compliquées j’imagine. Si je n’ai pas assez d’employés, je vais devoir revêtir la plupart des rôles, ce qui rendra mes journées infernales. Avoir de l’aide une à deux fois par semaine ne serait pas de refus. A voir maintenant si je ne trouve pas quelqu’un d’autre pour le job, quelqu’un de disponible à plein temps. Je me dirigeai alors vers mon sac posé sur le sofa pour en tirer une plume et un parchemin, sur lequel je me mis à écrire tout en parlant.

- Quelles seraient donc tes disponibilités selon ton emploi du temps actuel ? Et pour les deux années à venir ? Quel est ton projet professionnel après ce cursus ?

J’avais l’impression de procéder à un interrogatoire, ce qui me mettait un peu mal à l'aise, mais je notais simplement le maximum d’informations sur elle et son cursus afin d’établir ses disponibilités et de voir si nous pouvons arriver à un accord. Que ce soit pour l’ouverture, ou après. J’imagine que si je trouve plusieurs autres candidats, je n’aurais plus que l’embarra du choix. Mais pour l’instant, c’était elle qui m’intéressait.

- Je te tiendrais évidemment au courant de l’avancée du projet.

J’avais terminé ma phrase sur un sourire sincère. J’espérai qu’elle soit de la partie, tôt ou tard. L’imaginer professeur de Potions me semblait une telle perte de talent. Certes, il en faut, afin de perpétuer notre savoir. Mais quand on atteint un certain degré de connaissances et de savoir pratique, on peut aider en écrivant des bouquins, ou en exerçant directement. Pas en enseignant. J’espérai ne pas me tromper sur ses compétences et son intelligence. J’étais presque certaine de son talent et que je ne serais pas déçue de sa décision.

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MessageSujet: Re: Proposition   Lun 9 Jan - 12:32

Il y avait, dans les traits de Demelza, quelque chose de dur et de confiant à la fois. Coleen, pourtant, savait que la confiance n’était, en dépit des apparences, pas un trait de la personnalité de la jeune femme. Mais elle avait toujours transporté avec elle ce petit air supérieur qui donnait parfois l’impression qu’elle ne portait à autrui qu’une très faible estime. La néomage ne se sentait toutefois pas dépréciée par son ancienne compagne de cours. Elle savait en effet Demelza bien trop méticuleuse et perfectionniste que pour s’encombrer de gens dont elle ne faisait pas grand cas. Sa position ascétique et impassible en aurait bien entendu mis plus d’un mal à l’aise mais, par chance pour l’ancienne Seprentard, Coleen n’était pas facilement impressionnable, ou en tous cas pas dans ces circonstances. Aussi, lorsque la brunette reprit la parole pour, selon ses propres dires, se répéter, l’Ecossaise se contenta de sourire aimablement. La sorcière n’avait, au fond, pas beaucoup changé, mais avait, sans grande surprise considérant le poids de quelques années supplémentaires, gagné en flegme et maturité.

Tandis que cette dernière s’exprimait et lui expliquait qu’elle pouvait attendre qu’elle finisse ses études, la néomage s’empara à nouveau de sa tasse de thé et en savoura une longue gorgée avant de pencher la tête sur le côté pour mieux observer son interlocutrice. Il était stupéfiant de constater qu’en réalité, bien peu de gens savaient ce que faisaient les néomages qui, sans être officiellement des professionnels, n’étaient plus non plus tout à fait des étudiants. Ils n’allaient plus en cours mais en donnaient ; ils ne rendaient plus de serviles travaux destinés à forger leurs esprits, ils menaient un véritable projet de recherche ; un projet diplômant à l’issue duquel ils étaient reconnus comme mages. C’était, en vérité, bien davantage un apprentissage qu’un véritable cursus ; un apprentissage en compagnie des maîtres-mages à l’issue duquel ils seraient reconnus par ces derniers et seraient libres de choisir leur voie, qu’il s’agisse d’enseignement, de recherche ou de tout autre vocation. Mais parmi ces vocations, Coleen n’avait jamais envisagé de travailler dans une boutique. La recherche, c’était ce qu’elle savait faire et, dès lors qu’on lui avait proposé de prolonger son temps à l’U.A.D, elle ne s’était pas interrogée sur un autre avenir. Mais si, après tout, travailler en compagnie de son ancienne camarade de classe pouvait assurer que ses excentricités du petit chaudron soient sources de revenus, la proposition était à considérer.

Comme pour répondre à cette réflexion qui venait de traverser l’esprit de Coleen, Demelza sortit plume et parchemin de son sac et la questionna tel un patron lors d’un entretien d’embauche, ce qui amusa Coleen qui ne put retenir un petit rire amène.

« Je vois que tu as fini ton thé. Permets-moi de t’en resservir un peu. A moins que tu ne préfères autre chose ? »

Sans réfléchir au contenu de sa propre phrase, Coleen leva sa baguette et resservit Demelza en boisson japonaise avant de la détailler silencieusement, les yeux plissés par une curiosité enfantine.

« Mon projet professionnel après l’université, hein ? Je ne sais pas. Peut-être définitivement intégrer l’université en tant que mage, si celle-ci veut bien de moi. Je ne sais pas si je donnerais cours ou non. Je préférerais me consacrer entièrement à mes recherches, mais cela dépendrait aussi des nécessités, des miennes comme celles de l’U.A.D. Si pas, je pourrais aussi travailler en tant que chercheuse pour une entreprise privée. On a toujours besoin de potionnistes pour se renouveler en potions, n’est-ce pas ? »

Un nouveau sourire et Coleen se leva pour observer le patio où s’entassaient doucement de faibles flocons. Ainsi posée face à l’épaisse vitre, elle balaya d’un regard bienveillant les prétentieuses fleurs d’hivers qui parfumaient les lieux d’effluves capiteux, tantôt discrets, tantôt prononcés, et plus ou moins agréables selon leurs humeurs.

« Je ne m’imagine pas faire autre chose que créer des potions, en tous cas. Pas pour l’instant. C’est extrêmement stimulant et il y a encore tant de choses à découvrir…» 

Elle se retourna enfin, appuya ses deux mains sur le rebord de la fenêtre et dévisagea sa visiteuse.

« Alors mon emploi du temps actuel ? Je ne saurais te dire. Le monde de la recherche est en mouvement perpétuel, et mes horaires se modèlent au rythme de l’U.A.D. Ce n’est pas fixe, mais ce n’est pas non plus contraignant : je ne donne que peu d’exercices de style – six à huit heures, selon les semaines. Le reste du temps, je suis libre d’organiser mes horaires comme je le sens, pour autant que mes rapports sur l’avancée de mes travaux soient rendus dans les délais impartis. Ça n’en reste pas moins très exigeant, et j’y passe beaucoup de temps. C’est pourquoi je te parlais d’une aide ponctuelle, pour les potions les plus délicates, par exemple, ou celles particulièrement longues à préparer. Je ne pourrais pas te garantir une présence accrue pour l’instant, mais je ne suis a priori pas non plus contre le fait de t’épauler et de prendre part à ton projet. Dans un premier temps, on pourrait par exemple envisager que je participe à celui-ci, y compris à sa mise en place, quelques heures fixes par semaine ou que je t’aide davantage en fonction de tes besoins. Plus, cela me semble difficilement envisageable dans l’immédiat, mais qui sait ce que nous réservera demain ? »

L’idée de Demelza n’était dans tous les cas visiblement pas encore aboutie et d’ici à ce qu’elle le soit, Coleen aurait peut-être fini son cursus ou serait en passe de le finir. Peut-être également ses recherches auraient-elles suffisamment avancé que pour lui octroyer davantage de temps libre, ou bien serait-ce le contraire. Dans ces conditions, il ne lui était pas aisé d’entrevoir la suite de l’aventure.

« Mais tout cela semble être encore flou pour toi également. Puisque tu dis n’être qu’en ‘repérage’, je suppose que tu dois encore préciser ton projet et trouver un local, je me trompe ? »

Tout était possible, après tout : se spécialiser dans les potions curatives, d’agréments, dangereuses, la métamorphose ; créer des potions à la demande ou bien avoir posséder un stock disponible en tout temps. Il fallait également choisir le lieu qui soit le plus adapté à l’esprit du projet et à son public cible afin d’assurer des ventes maximales, tout en s’assurant que le local choisi permette de créer un espace de vente, de création et d’entreposage. Il fallait également penser une publicité, trouver les bons partenaires et les intermédiaires adéquats… Le travail à faire restait immense. L’entrevoir était un bon début, mais d’ici à ce qu’il aboutisse, la vie de Coleen aurait probablement beaucoup changé et elle était bien en peine de se projeter dans ce que l’avenir lui réservait. Alors aider Demelza ? Peut-être. L’accompagner dans la définition de son idée pourrait également être intéressant. Mais il lui faudrait accepter qu’elle ne puisse pas toujours être disponible à la demande, et Coleen ne savait pas si la potionniste, autrement plus organisée et réfléchie qu’elle ne l’était, pourrait ou non s’accorder d’une jeune femme plus créative que structurée. Mais bien avant de se poser cette question, il lui fallait mieux cerner le projet de Demelza pour imaginer plus concrètement l’aide qu’elle pourrait éventuellement lui fournir. Certes, celle-ci avait le sentiment de se répéter, mais Coleen était une adepte du détail Demelza ne lui avait donné, en définitive, que très peu d’éléments qui lui permettent d’objectivement visualiser la façon dont elle comptait avancer dans la mise en place de son apothicairerie. Elle ne se priva donc pas pour lui poser la question, au risque de venir à bout de la patience de son interlocutrice :

« Alors, concrètement comment envisages-tu les choses ? Tu as déjà des esquisses plus concrètes ? Un planning peut-être, un plan d’action ou des objectifs plus spécifiques ? »

La néomage avait toujours eu des plannings, mais elle n’avait jamais – vraiment jamais – réussi à les tenir. Il lui semblait toutefois que Demelza était davantage structurée qu’elle ne l’était, raison pour laquelle cette question lui semblait d’autant moins dénuée de sens qu’elle allait prendrait un risque financier en se lançant dans une telle entreprise.

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MessageSujet: Re: Proposition   Mar 10 Jan - 14:05

J’avais voulu accélérer le mouvement des choses en commençant mon semblant d’interrogatoire, qui me mettait d’ailleurs mal à l’aise. Coleen me connaissait. Du moins m’avait connue et  avait pu constater l’évolution entre la Demelza de Pouldard, et celle de l’UAD. Mais celle que j’étais aujourd’hui était encore bien différente de cela. J’avais, malgré moi, dû murir plus rapidement. Je me suis toujours considérée comme encore une gamine au fond. Avoir 24 ans ne m’avait jamais donné l’impression d’être une adulte, bien que je vive seule et avec mes propres moyens depuis mes 18 ans. A l’intérieur, je ne me sentais pas encore assez mature, même si j’essayais d’en donner cette impression à l’extérieur. Si on me posait la question, j’aurais répondu qu’encore aujourd’hui, je me sens comme une gamine propulsée dans la vie d’adulte. Du moins, une demoiselle en fin d’adolescence, mais loin d’être encore une adulte. Pourtant, j’allais devoir le devenir, je n’avais pas le choix.

Et ma première décision fut de me prendre en main, évidemment. Avoir ce commerce illégal de Potions me convenait parfaitement. J’avais un super appartement, que je ne payais pas si cher que cela lorsqu’on compare les loyers Moldus de Londres. Je me faisais assez d’argent pour acheter tout ce que je voulais et même économiser un peu. Mais j’avais été consciente depuis le début que cela ne pourrait pas durer éternellement et que viendrait le jour où je devrais prendre la décision d’arrêter pour m’atteler à quelque chose de plus adulte. Du moins, de plus légal, afin de me fondre dans la masse. Et ce jour était arrivé il y avait de cela trois semaines. Je savais qu’ouvrir une Apothicairerie me plairait, mais je n’avais pas imaginé être poussée au pied du mur aussi tôt. J’étais stressée à l’idée que tout ce projet se mette en place. Et bien que, contrairement aux apparences, la plupart des détails étaient déjà réglés ou en phase de l’être, je donnais apparemment une image de fille totalement perdue dans ses idées. C’est pourquoi j’avais reprit la conversation en main. Pour donner les détails que Coleen souhaitait connaitre – sur le travail que je lui proposais – j’avais besoin de connaitre ses horaires et disponibilités.

Je la savais curieuse, du moins autant que moi. Et je savais la frustration qu’elle devait ressentir à ne pas en savoir plus sur mon projet. Du moins, sur son avancée. Car même si j’avais été claire sur ce que je voulais faire, le chemin était flou. Où en étais-je dans la réalisation concrète de ce projet ? Avais-je fais mes recherches, lancé des travaux, fais des listes de je ne sais quoi ? J’avais un certain nombre de connaissances capables de m’aider, et surtout, capables de faire avancer ce projet plus vite que prévu. Lorsque j’avais eu cette idée, je m’étais vue le concrétiser dans une dizaine d’années. Là, je n‘avais pas le choix et m’étais donc donné une année complète. C’était très peu finalement, même si l’attente semblait longue et l’ouverture bien lointaine. Mark serait d’une aide précieuse, ainsi que plusieurs autres de mes contacts et des connaissances que j’avais pu rencontrer dans mes études. Dont j’aurais voulu que Coleen fasse partie. Mais elle semblait trop sur la défensive désormais et j’avais peur de perdre patience.

J’avais toujours ma plume entre les doigts, à quelques millimètres du parchemin et prête à noter tout ce que me dirait ma collègue afin de la cerner. J’avais commencé à me pincer les lèvres sans m’en rendre compte. Le début de l’impatience, peut-être ? Pourquoi me parlait-elle de thé maintenant ? Calme toi, elle a dû remarquer ton empressement et souhaite te détendre. Aucune provocation. Je soupirai largement en étirant mes lèvres pour former un sourire étrange, avant de la remercier d’un signe de tête. J’avais la sensation d’avoir été coupée dans mon élan. Une fois ma tasse de nouveau pleine, je pu commencer à prendre mes notes selon les dires de Coleen. Je ne voulais rien oublier afin de lui donner le maximum de détails possible. Si bien que j’avais fini par lâcher la plume pour la laisser écrire toute seule, au rythme des paroles de l’ancienne Pouffsouffle.

- Hm, d’accord. Tu ne te vois pas tellement quitter les lieux !

Ce n’était pas un reproche, mais une constatation. Comme précisé précédemment, je ne savais rien de son parcours ou de ses projets, et voilà pourquoi j’étais venue ! Pour en savoir plus et en conclure si notre partenariat allait être possible ou non. Visiblement, c’était tendu si elle ne souhaitait pas quitter l’enseignement. Mais c’était tout à son honneur, évidemment.  Elle ne se voyait pas faire autre chose que créer des Potions, selon ses propres dires. Eh bien, là encore, bravo mademoiselle. C’est une excellente réponse. Même si cette dernière part dans mon sens, la précédente s’enfuit à l’opposé. Mais c’était une joie de voir mon ancienne camarade devenue ambitieuse, du moins, être sûre de ses projets.

Je me décidai finalement à me rasseoir et me saisir de ma tasse de thé nouvellement remplie, alors que ma plume continuait de noter tout ce que Coleen disait. Ce n’était pas une plume à papote, je détestais ces horreurs. J’avais besoin d’informations précises. Non, elle agissait plutôt comme un enregistreur, mais à l’écrit. Quand elle en vint à me parler de son emploi du temps, je compris l’ampleur du problème. En effet, la vie de chercheur n’est pas réellement rythmée par des horaires. Ce qui pose problème dans ce cas de figure, car j’avais besoin d’heures fixes pour savoir quand je pourrais emprunter le savoir de ma collègue. Elle avait beaucoup de temps libre apparemment, mais je l’imaginais mal ne pas mettre ces heures à profit. C’était encore une impasse.  Son idée d’aide ponctuelle – qui ne m’était pas venue à l’esprit à la base – me plaisait de plus en plus.

- Tu as raison. L’aide ponctuelle est le mieux que l’on puisse espérer pour le moment. Et je serais évidemment ravie que tu participes à mon projet, même une heure ou deux par semaine.

Et c’était vrai. C’était déjà bien, car j’aurais besoin d’aide si je me retrouvais seule à la confection des Potions. Comme elle l’avait bien souligné, certaines d’en elles pouvaient prendre plusieurs jours à créer et je ne pouvais clairement pas me le permettre. De plus, elle ne serait même pas forcée de venir sur place pour concocter une Potion longue. Elle pourrait par exemple rester à l’UAD et vaquer et ses autres occupations pendant les périodes où la potion a simplement besoin de reposer. J’avais posé un indexe sur ma lèvre inférieure, signe de réflexion. J’étais de plus en plus emballée par son idée. Comme quoi, mieux vaut deux cerveaux pour trouver une solution adaptée.

Mais voilà qu’elle se mit enfin à me demander des détails plus précis. Pouvais-je simplement lui répondre ? Elle n’était clairement pas dans l’idée de me piquer mes projets et pour une raison que je ne pouvais expliquer, je lui faisais confiance. Professionnellement parlant, du moins. Je lui lançai une sorte de sourire en coin avant de prendre la parole, enfin de nouveau détendue.

- Ce n’est pas aussi flou que ça en a l’air. Mon repérage concerne principalement mes futurs employés et associés touchant directement aux Potions.

Pour le reste, pas mal de choses avaient déjà été réglées. Je ne savais pas jusqu’où je pouvais aller dans mes précisions mais j’étais tellement fière de mon projet que j’avais envie de le crier sur les toits. Les potions en elles-mêmes constituaient peut-être un immense travail, mais l’ouverture d’une boutique, encore bien plus. Il y avait tellement de choses à régler avant même penser à ses futurs employés. C’était donc chose faite. Je n’allais pas prendre la peine de venir ici pour procéder à un pré-entretien si je n’avais absolument rien de prévu. Cela ne faisait pas grand sens. Je ne voulais pas perdre mon temps ni faire perdre leur temps à mes collègues.

- Le local, je l’ai. Mais il n’est pas parfait. Des travaux devraient commencer sous peu. J’ai le plan de la boutique que je souhaite, la plupart de mes fournisseurs, des associés financiers, quelques conseillers en commerce, une liste de ce que je compte vendre en plus des Potions. A ce jour, il me manque du matériel, des employés en tous genres, et surtout quelqu’un pour m’aider à la concoction des potions en elle-même, ainsi que me conseiller sur le sujet si besoin. Le but étant qu’un jour je puisse me dédier entièrement à la gestion de la boutique.

D’une traite, je terminai mon thé. Bonne conclusion après la tirade que je venais de balancer. Ce n’était pas mon genre de parler autant mais si je voulais qu’elle cesse de croire que mon idée était basée sur un coup de tête et absolument pas organisée, je n’avais pas le choix que d’en dire un peu plus. Et je n’avais pas encore tout dit. Je n’allais pas balancer que je la voyais bien Maitre des Potions professionnelle et en charge des concoctions de la boutique. Je savais que cela pouvait lui plaire mais qu’il lui manquerait quelque chose. Ce petit quelque chose qu’elle possède ici, à l’Université : le moyen de faire passer son savoir aux suivants.

En grande ambitieuse, j’espérai même ouvrir une chaine de boutique. Mais pour cela, j’allais devoir être très patiente et m’entourer des bonnes personnes, dont j’étais persuadée que Coleen faisait partie. J’imaginais qu’elle voudrait me poser plus de questions sur la façon dont je finançais tout ce projet. Et pourtant la réponse était des plus simples : j’avais pu économiser pas mal de mon précédent « métier », j’étais une fille de riche à la base et j’avais récemment reprit contact avec mon père afin qu’il m’aide, et j’avais Mark, bien entendu, lui aussi fils de riche. L’argent ne serait pas un problème dans ce projet. Sa gestion, en revanche, oui. Voilà pourquoi je m’étais entourée d’un conseiller financier. Nous verrons bien où cela nous mènerait.

- Dans les mois à venir, j’espère donc trouver le reste de mes fournisseurs, finir les travaux, placer correctement l’argent mit en jeu, aménager la boutique selon des conseils avisés, faire une liste plus précise de ce que je veux vendre – et PEUX vendre surtout, et recruter bien entendu.

J’étais consciente que c’était le parcours du combattant, et que je n’en étais qu’à l’introduction pour le moment. Mais j’avais besoin que ce projet soit concrétisé d’ici un an. Il avait donc fallu que je prenne les devants et que j’anticipe un maximum. Il est vrai que de recruter ses employés avant même l’ouverture de la boutique constitue une sacrée prise de risque et d’avance. Mais je n’avais pas le choix et ne pouvais me risquer d’approcher de la date d’ouverture tout en étant en galère de personnel. Et puis, il s’agissait pour le moment de repérage. Pour les entretiens d’embauche, nous verrons cela en temps voulu.

- Pour en revenir à ta proposition d'aide ponctuelle, j'imagine que si tu es toujours d'accord, nous pourrions tenter de voir ce que ça donne d'ici quelques mois.

J'avais récupéré ma plume et mon parchemin et les avais replacé dans mon petit sac, tout en restant confortablement installée dans le sofa. La neige continuait de tomber à l'extérieur et paradoxalement, je ressentais la chaleur de la pièce et un certain soulagement.
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MessageSujet: Re: Proposition   Jeu 23 Fév - 22:26

Elle prenait des notes. Consciencieuses, minutieuses, attentives. Rien ne lui échappait, ou du moins n’échappait à sa plume, et cela faisait sourire Coleen que cette attitude ne surprenait pas. Le contraire l’aurait en réalité surprise, déçue même peut-être. Demelza ne laissait jamais rien au hasard, et la démarche qu’elle effectuait en ce moment-même en était la parfaite preuve. Elle assurait ses arrières, ses avants, ses côtés, tout, sans exception aucune, et c’est pourquoi elle était là ; tendue par moments, mais toujours résolument attentive.

L’ancienne Serpentard s’imaginait que l’ancienne Poufsouffle ne pensait pas quitter l’université. Ce n’était pas tout à fait vrai. C’était une possibilité, parmi d’autres, mais elle avait envie, pour les années à venir, de s’investir dans la recherche. Et de créer ; de créer beaucoup ; et plus encore en des temps cléments. Et des potions, de préférence, même si pas seulement. Et cela, l’université le lui offrirait. Mais d’autres lieux pourraient éventuellement le lui fournir. Demelza, quant à elle, ne lui proposait que la confection. Mais cela lui ne lui déplaisait pas non plus, et ce d’autant plus que prendre part à un projet naissant avait également un côté stimulant. Mais le temps. Le temps était une donnée importante, et elle en manquait. Cruellement.

Par chance, son idée séduisait la jeune entrepreneuse qui, bien qu’elle ne s’y était pas attendue, pensait finalement pouvoir également y trouver son compte. L’avantage d’une telle formule était double : d’une part, elle était assez floue pour qu’aucune d’elles ne se sente confinée dans certaines obligations ; d’autre part elle laissait la porte ouverte à d’innombrables possibilités, et ce même si Demelza lui expliquait présentement avoir un projet plus défini que ce que Coleen ne l’avait a priori supposé : elle disposait d’un local, avait pensé des plans et semblait avoir planifié des travaux. Et alors que l’Ecossaise se serait probablement lancée dans l’inconnu sans prendre d’autres avis que ceux de ses proches, Demelza se disait entourée de conseillers, si non potionnistes, tout au moins suffisamment proches de leurs gallions que pour se donner la noble tâche de gérer ceux d’autrui. Et des gallions, bien que cette considération ne la concernait pas et ne soulevait pas démesurément son intérêt, elle ne doutait pas que Demelza en disposait en bonne quantité. Le reste ne semblait dès lors plus que broutilles superflues. Elle avait réfléchi, était prête et en paraissait particulièrement fière, ce que tendait à prouver son monologue, bien plus fourni que ceux qu’elle avait l’habitude de tenir autrefois – tout du moins dans les souvenirs nébuleux de Coleen. A l’heure actuelle, elle exposait donc le reste de son programme, certes conséquent, mais a priori en bonne voie d’exécution. Et dans celui-ci, la proposition de Coleen semblait, finalement, trouver une place toute choisie. C’est ainsi qu’alors qu’elle repliait plume et parchemin, la jeune néomage reprit enfin la parole, tout sourire.

« Nous partons sur une aide ponctuelle alors, très bien ! »

Un instant pourtant, elle sembla réfléchir, ce que confirma bien vite le geste qui amena son index sur ses lèvres. Ne participer que partiellement au projet de Demelza lui convenait, mais une part d’elle-même se sentait frustrée – comme strictement à chaque fois qu’elle se lançait dans une nouvelle entreprise sans pouvoir y participer pleinement – de ne pouvoir lui offrir davantage. Elle aimait s’investir, vivre intensément, participer jusqu’à n’en plus pouvoir. Mais cela, c’était à l’université qu’elle le devait, et non pas aux licornes, aux hyppogriffes, aux associations estudiantines ou au projet de Demelza, quand bien même elle le trouvait passionnant et quand bien même elle portait beaucoup de respect à l’initiative de la jeune femme.

« Mais tu sais, si tu as besoin d’aide pour autre chose que la confection des potions en elles-mêmes, je devrais pouvoir me libérer également. Je ne suis probablement pas la personne la plus avisée, mais je ne pense pas être de mauvais conseil en la matière. »

Un nouveau sourire étira les lèvres de la sorcière alors qu’elle contredisait tout haut et avec une vitalité déterminée le confort de ses propres pensées et s’imaginait partager ses suggestions, forcément expertes, sur tout et probablement sur rien.

« … ou en tout cas je l’espère », ajouta-t-elle au souvenir d’un essai qui avait capillairement mal tourné et lui avait valu un détour urgent chez le coiffeur. Je pourrais t’aider à penser certains détails de ton programme ou de ta boutique également, si en ressens l’envie ou le besoin. Enfin, tu as l’air d’avoir déjà des plans très précis, mais participer à la création de nouveaux espaces ne me déplairait, bien au contraire.  »

Doucement, elle tourna les yeux vers la neige qui tombait indolemment sur les vaniteuses fleurs hivernales et elle se sentit soudainement apaisée par leur contraste avec le tumulte paisible qui l’agitait. Tout autant que les flocons qui s’affaissaient dans une douceur lente, elles avaient le temps d’envisager la suite avec sérénité.

« Enfin… tu sais où me trouver, je crois. Ta vie est en train de changer, mais moi, je ne bouge pas, et j’aime me lancer dans de nouvelles entreprises »

C’était, somme toute, une conclusion digne de son entrain : nullement signe de fin, elle annonçait, au contraire, des développements prometteurs et, qui sait, peut-être même plus enrichissants encore qu’elle ne se l’imaginait présentement.


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MessageSujet: Re: Proposition   Ven 24 Fév - 0:40

J’avais été idiote de considérer Coleen simplement pour la confection des Potions. Qu’il s’agisse de Potions très connues, classiques, faciles à réaliser, complexes au contraire, ou bien de mon invention. De son côté, étant donné qu’elle comptait se donner corps et âme à la recherche, ou du moins pour un temps, cela signifiait bien que la création pouvait l’intéresser au moins autant que moi.
Je n’étais absolument pas contre l’idée de lui laisser le champ libre afin d’inventer ses propres potions si elle décidait finalement de venir travailler avec moi un peu plus longtemps, à mi-temps ou même moins, mais de façon plus régulière. En revanche, la boutique serait toujours à mon nom et je ne souhaitais pas qu’apparaissent des tensions à ce niveau-là. Si certaines potions étaient de son invention, il faudrait le préciser. A moins qu’elle ne devienne ma collaboratrice officielle.

Tellement d’idées me venaient en tête au fil de cette discussion que même si je finissais par repartir bredouille, je ne regretterais pas une seconde d’avoir passé ces quelques minutes en compagnie de mon ancienne camarade d’école. Tout cela avait été très instructif et j’en repartirais forcément avec un enseignement à la clé. En général, je n’aimais pas perdre de temps, et j’avais commencé à apprendre à voir le bon côté des choses. Si bien que je préfère considérer que j’obtiens un enseignement et non un échec.

L’annonce de toutes les formalités déjà entreprises et l’avancée de mon projet eut son petit effet sur ma collègue. Je n’avais pas chômé ces derniers temps. Mais le projet était actuellement en stand-by. Le plus gros de la théorie avait été fait. Il me restait tout le reste désormais. Le local devait être amélioré et je n’avais personne pour me conseiller à ce sujet. J’avais créé moi-même un plan de ce que je me faisais d’une boutique de potions idéale, mais ce n’était peut-être pas le plus optimisé. Les seuls conseillés qui m’entouraient étaient principalement des conseillers financiers. Je leur faisais confiance pour gérer mon argent, mais pas pour gérer ma boutique. Pour cela, j’avais besoin de gens comme Coleen, ou même comme Brenna, qui m’avait d’ailleurs refilé pas mal de tuyaux de fournisseurs.

- Super ! On fait comme ça alors.

J’étais réellement enthousiaste à l’idée de faire participer une personne travaillant réellement dans ce milieu. Tout ce qui touchait à la finance ou aux travaux m’horripilait au plus haut point. Coleen venait de confirmer sa présence ponctuelle pour m’aider, probablement à l’ouverture de la boutique afin de la lancer correctement. Ce n’était pas à temps plein mais c’était déjà une très bonne chose, une très bonne nouvelle pour mon projet. Je ne pus cacher un sourire sincère, et ne parvins pas à m’en défaire avant plusieurs minutes de discussion. Surtout que, semblant de plus en plus emballée par mon projet, Coleen semblait soit culpabiliser de ne pouvoir m’aider que si peu, ou semblait simplement vouloir participer encore plus. Cette idée de boutique l’intéressait donc vraiment, ce qui était plutôt gratifiant.

- Bien sûr, je n’ai personne dans le domaine pour me conseiller directement. Et j’aurais bien besoin d’aide pour optimiser le plan de la boutique si ça te dit.

Il est clair et net qu’à deux cerveaux, on avance beaucoup plus rapidement qu’avec un seul ! Les idées fusent en général, et venant de deux personnes telles que nous, cela risququait d’aller très vite. J’imaginais déjà Mark totalement débordé par les évènements, nous laisser en plan pour aller faire un tour. Il souhaitait déjà participer financièrement et je ne le remercierais jamais assez. S’il ne s’y connaissait pas plus que cela en management, en gestion ou en Potions, ce n’était pas un problème en soi. Il m’aidait déjà beaucoup au quotidien. Et il parvenait à supporter mes humeurs changeantes de ces derniers temps.

- En effet, je saurais où te trouver ! Et voilà pour que tu saches où ME trouver.

Rapidement, je griffonnai l’adresse du local au Chemin de Traverse sur un bout de parchemin avant de lui tendre. C’était apparemment une ancienne animalerie. L’endroit était donc assez spacieux afin de pouvoir construire un laboratoire digne de ce nom ainsi qu’une partie boutique assez imposante avec un large choix de potions. Nous avions même un sous sol qui devait précédemment servir à entreposer de la nourriture pour les animaux. J’imaginais déjà une sorte d’arrière-boutique pour les clients un peu glauques désireux de se procurer mes anciennes potions peu recommandables, voire même carrément illégales. Décidément, c’était à croire que je n’étais pas capable de travailler en toute légalité !

- Si tu changes d’avis, ou que tu as quelques heures de temps libre, n’hésite pas à passer afin de te rendre compte de l’avancée des travaux.

J’espérai probablement de façon très utopique, ouvrir la boutique avant le mois de Mai, durant lequel j’allais apparemment devenir une autre personne. Une personne que je n’avais jamais spécialement voulu devenir, et que je n’avais ainsi jamais prévu de devenir. Coleen avait tellement raison. Ma vie était en train de changer. De beaucoup changer. Instinctivement et sans m’en rendre compte, je vins une fois de plus poser une main sur ce ventre, dans lequel un petit être – ressemblant surtout à un têtard – était en train de grandir. Je repensai avec nostalgie ma découverte de cet évènement qui avait failli tourner au drame. Pour le têtard du moins.

Reprenant mes esprits après cet instant à errer dans mes pensées, je tournai mon regard vers Coleen qui semblait ailleurs elle-aussi, scrutant l’extérieur, certes des plus jolis. Les pavés de l’Université étaient couverts d’une neige immaculée dans laquelle des traces de pas s’étaient dessinés au fur et à mesure de la journée. Regarder les flocons tomber avait quelque chose d’apaisant et d’extraordinaire. Même si je n’avais jamais été une grande fan du froid glacial qu’un tel spectacle impliquait.

- En tous cas, j’ai déjà hâte de recevoir de tes nouvelles !

J’imaginai qu’il était l’heure de la laisser vaquer à ses occupations. Je venais en effet de lui voler quelques dizaines de minutes et maintenant qu’elle avait entendu mon projet et ma proposition, elle avait toutes les cartes en main pour la suite des évènements. Le choix était à elle.
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MessageSujet: Re: Proposition   Lun 17 Avr - 22:16

Il s'était fait discret au cours des dernières semaines, au point même que les élèves en première année à l'Université tendaient à penser qu'il ne s'agissait que d'une invention de leurs aînés pour les taquiner.
Cette semaine de décembre marqua pourtant le grand retour de Slurp, l'esprit frappeur attitré de l'Université Albus Dumbledore. Un peu plus tôt dans la journée, il avait causé un certain raffut en organisant un concert de chaudrons explosifs dans la salle dédiée à l'étude des poisons des Ophiuchus. Il avait par la suite entrepris de faire léviter les armures qui décoraient l'entrée de l'université. Et ne voyait pas pourquoi s'arrêter en si bon chemin. Les deux jeunes femmes, en plein conciliabule, présentaient une cible idéale. Si MacLeod, de part sa nationalité écossaise, s'attirait les bonnes grâces de Slurp, il n'en allait pas de même pour son interlocutrice. Qui se retrouva bientôt avec un seau sur la tête, que Slurp n'avait pas daigné vider avant d'en parer la chevelure de Worpel.
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