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Moment

Nous sommes en août 2017.

Au matin du 21.08, Archibald
Strogov, Ministre de la Magie
pour l'Ewiland, est retrouvé
pétrifié dans son bureau.
Les circonstances de sa mort
restent obscures.
(pour + d'info)




 

L'Oracle te voit Invité et tu es en train de rêvasser!!! Prends ta plume et va poster!
( Ou clique au moins sur les top sites!)

Il y a de la nouveauté !
Allez consulter le What's new !!

Une cotisation Ulule a été lancée pour financer les dosettes de café.
Même si les puristes préfèrent les cafetières ancestrales.

Dormir ou écrire, il faut choisir.

Plan canicule sur le forum...

Venez donc brassez un peu d'air avec nous...

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 Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|

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Scottish Muffin

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MessageSujet: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Lun 31 Oct - 15:31

«Je crois en toutes les idées,
jusqu'à ce qu'elles soient réfutées.
Donc je crois aux fées, aux mythes, aux dragons.
Tout existe, même si ce n'est que dans votre esprit.
Qui est en mesure de dire que les rêves et les cauchemars
ne sont pas aussi réels que ici et maintenant ?»

J. Lennon


6 Juillet 2015, Camden Town, Londres

Camden Town était réputé pour être le haut lieu des cultures alternatives. Il avait toujours aimé y flâner pour en prendre plein les yeux et les oreilles. Le poète commençait par longer Regent's canal jusqu'au Grand Union aimant observer les péniches les plus aventureuses franchir les nombreuses écluses des canaux. Puis, il pénétrait avec délice dans le quartier probablement le plus créatif de Londres où se mêlaient  Street-art, culture punk, gothique, marchés, pubs en tout genre, le tout agrémenté d'une énergie qui vous entraînait aux détours de mille saveurs et odeurs plus envoûtantes les unes que les autres. Le paradis pour un adepte de la découverte et du bain de culture. Il se laissait surprendre à chacune de ses promenades dans le quartier par les fresques murales en constante évolution, par les explosions de sons et de musiques qui jaillissaient à chaque coin de rue, si dissemblables et portées pourtant par la même passion qu'elles n'en paraissaient pas dissonantes malgré leurs origines éloignées. Il s'égara de longues minutes dans les marchés où se côtoyaient vieilleries et étranges objets au look futuriste, alla respirer l'odeur des épices au Camden Lock, entama une discussion animée avec de jeunes joueurs de Hang Drum, leva le nez à tout bout de champs pour essayer de distinguer de nouvelles fresques que des artistes audacieux auraient perchées dans des lieux incongrus, prit quelques ruelles tortueuses qui lui permettaient toujours de faire des découvertes inopinées et s'engouffra enfin dans la rue où se trouvait la petite librairie qu'il cherchait.

A chacune de ses visites à Saoirse, il passait à l'Ellipse ; Parce qu'il aimait bien les lieux et que les propriétaires -Caithlyn et Matthew - étaient de bons conseils. La petite librairie regorgeait de trésors et il ressortait bien souvent avec un petit bijou littéraire qui lui était inconnu quelques heures auparavant. Trésor qu'il s'empressait de dévorer sur un banc ou dans un pub dans la demi-journée qui suivait. Ses pérégrinations londoniennes, bien que peu nombreuses, lui apportaient toujours la sérénité qu'il recherchait en venant ici. Il venait à nouveau de passer quelques mois sur la route dans les montagnes françaises, était déjà sur le départ pour l'Asie et avait profité de l'entre deux pour faire une petite escale à Londres au cours de laquelle il avait espéré croiser Saoirse. Mais avant, il avait une autre personne à voir.
Les vacances scolaires avaient bien commencées, à en juger par la multitude d'enfants et d'adolescents qui peuplaient les rues de leurs cris, rires et jeux. Il était donc fort probable que Milo se trouve également à la librairie.
Ezio marqua un temps d'arrêt face à la devanture de la boutique, pesant le pour et le contre de ce qu'il s'apprêtait à faire. Il avait pris des engagements pour cette année qu'il s'efforçait tant bien que mal de respecter, lui qui ne supportait ni la contrainte, ni les obligations qu'elles soient données par le temps ou les gens. Néanmoins, il appréhendait légèrement l'aboutissement des promesses faites sur l'ïle de Soay, quelques mois plus tôt.



- Ne t'inquiète pas d'avancer lentement. C'est l'immobilité qui te tue. Tant que tu avances, tu vis.

Beltrov Austeen était un homme à qui il était difficile de donner un âge. Suffisamment mature pour avoir dépassé la quarantaine d'années, pas assez marqué par le temps pour être qualifié de vieil homme. Ses traits étaient fins et agréables, comme épargnés par la vieillesse, à défaut de l'être par la multitude de tatouages qui embrassaient sa peau.
- Encore faut-il en avoir envie. Maugréa le jeune barde en réponse.
- Je n'aime pas ça, Ezio.
- C'était une phrase en l'air.
- C'est malvenu et ça pourrait te pénaliser. Avait déclaré son mentor d'une voix apaisante .
- Pas d'humour noir, j'ai compris. Avait-il alors acquiescé en souriant.

Beltrov avait souri à son tour et posé une main sur le bras du jeune barde. Il lui avait jeté un regard bleu, perçant et il sembla alors à Ezio que son ami l'avait mis à nu. Il comprenait parfaitement ce que signifiait avancer, mais doutait d'être suffisamment fort pour le faire. Il haussa les épaules et jeta un galet à la mer qui leur faisait face.

- Je dispose de combien de temps ? Questionna Ezio en retrouvant un air plus grave.
- De toute ta vie. Avait répondu l'autre en lui tapant dans le dos.



« Avance. Vis »

Immobile dans la rue, il attirait le regard intrigué de quelques passants qui devaient commencer à se poser des questions sur sa santé mentale. La devanture de la librairie n'offrait pas une lecture suffisante qui puisse justifier que l'on reste planté devant de longues minutes durant.
Il soupira, prit son courage à deux mains et poussa la porte. Une fois à l'intérieur il chercha rapidement des yeux qui se trouvait derrière le comptoir, un peu anxieux. Le jeune garçon était là, plus grand que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, le visage pâle, éclairé par deux yeux d'un bleu hivernal qui contrastait avec le noir qui les entourait. A la fois satisfait et légèrement inquiet par ce qu'il avait à demander, Ezio traversa la boutique en quelques pas, un léger sourire aux lèvres et vint saluer le jeune homme qu'il avait eu l'occasion d'apprendre à connaître au cours de ces dernières années.

A l'époque, Milo ne travaillait pas encore ici, il était un jeune garçon qui traînait parfois, pour ne pas dire souvent, au milieu des livres de ses parents, dévorant histoires et légendes avec un appétit frôlant l'addiction et la compulsion. Ezio avait d'abord été intrigué par l'enfant, puis surpris par sa connaissance et enfin, avait été le confident de révélations pour le moins surprenantes concernant des apparitions au grenier, des disparitions de motifs de papiers peints et des transplanages involontaires. Il avait rapidement déduit que Milo était un sorcier, mais s'était contenté de recueillir précieusement les confessions du jeune garçon de l'air intéressé d'un homme dont le métier est de raconter des histoires. Chemin faisant, Milo avait tu ses aveux étranges, probablement soumis aux secret sorcier depuis qu'il avait intégré Poudlard, quelques années auparavant. Ils avaient continué à se fréquenter, l'un ignorant complètement la situation de l'autre, ce qui convenait tout à fait à Ezio.
Aujourd'hui, il avait deux tâches délicates à accomplir. Faire accepter à Milo sa propre histoire sans que Milo ne le vive comme une trahison et en essayant d'assumer – pour une fois sa condition de sorcier- et lui faire une demande délicate aux relents de douleur.

 - Bonjour Milo.

La dernière fois qu'ils s'étaient parlés devait dater d'une bonne année. Mais contrairement au jeune garçon, lui, n'avait pas beaucoup changé en un an. Il enchaîna de sa voix basse, en souriant doucement:

- A force d'espacer mes visites, je vais finir par avoir du mal à te reconnaître.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Mer 2 Nov - 0:43

Vacances. Le mot sonnait à ses oreilles avec une sorte de dissonance où se mêlaient nombre de contradictions. Rentrer chez lui auprès de ses parents était bien entendu une bonne chose, après de longs mois passés le nez plongé dans les manuels scolaires, à couvrir de texte des rouleaux de parchemin au point d'en avoir les doigts noircis d'encre séchée. Mais d'un autre côté, la vie de moldu à laquelle il était contraint l'été lui semblait chaque année plus fausse et dénuée de sens, en comparaison avec le monde qu'il côtoyait tout le restant de l'année. Aussi Milo s'était-il résolument plongé dans les révisions et les devoirs qu'il devrait rendre à la rentrée à peine trois jours après son retour à Londres, désireux d'apporter ne serait-ce qu'un brin de sorcellerie à deux mois de vacances sous le signe de la normalité. Il était donc descendu de l'appartement avec le Livre des enchantements niveau 5, qu'il avait habilement déguisé en ouvrage à l'intérêt douteux à l'aide d'une couverture récupérée sur un tome d'occasion et d'une quantité non négligeable de ruban adhésif, et s'était installé dans la boutique. Vendeur en librairie. Il allait lui falloir travailler ici pendant un long mois, avant que ses parents ne décident comme chaque année qu'ils avaient besoin d'air, et qu'ils ne partent tout trois loin de l'agitation de la capitale.

Pour l'heure, il regardait les passants circuler derrière la vitrine, à travers laquelle filtraient quelques rayons de soleil qui venaient accrocher les grains de poussière dansant lentement dans l'air calme de la boutique. L'atmosphère ainsi créée par la lumière estivale donnait au décor un aspect presque pictural. Et, mêlée à la chaleur qui roulait dans la librairie par la porte grande ouverte, cette ambiance avait le don de saper sa concentration. Son regard ne cessait de passer de la page ouverte devant lui au mouvement de la rue de l'autre côté de la vitre, et il commençait à être persuadé d'avoir lu plus de cinq fois la même ligne de texte, sans que son cerveau ne parvienne à comprendre le sens de la suite de mot sur laquelle il tâchait de se concentrer.
Il referma le manuel d'un coup sec, fixant un instant la couverture rafistolée autour de lui-ci. Il glissa ensuite au bas du haut tabouret qui lui servait de perchoir, et se dirigea vers une pile de livres à trier, estimant qu'il était peut-être judicieux de réduire la taille de celle-ci avant que son équilibre précaire ne soit rompu, et qu'il ne faille ramasser un à un les ouvrages dispersés au sol. Il interrompit néanmoins son action lorsque son regard perçu du mouvement sur sa droite. Il releva la tête pour observer l'homme qui venait de passer la porte, et un sourire presque imperceptible se dessina un instant sur ses lèvres. Le jeune homme croisa les bras en attendant que son vis-à-vis parvienne jusqu'à lui. Il garda un instant le silence alors que l'autre lui adressait la parole, avant d'acquiescer et de lui répondre d'une voix sûrement un peu plus grave que celle dont devait se souvenir Ezio.

-C'est possible que je sois mort de vieillesse à ta prochaine visite, à ce rythme.

Le tutoiement lui était revenu avec une facilité déconcertante. Et si son visage avait conservé une parfaite neutralité en décochant ces mots, dans son regard dansait désormais comme une petite étincelle ironique, teintée d'un soupçon d'amusement.

-Que me vaut l'honneur de votre visite, monsieur Shepherd ?
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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Mer 2 Nov - 0:56

- Je doute d'être encore de ce monde lorsque tu seras vieux, mais je tiens compte de la remarque. Encaissa Ezio avec l'ombre d'un sourire.

Milo avait ce soupçon d'ironie dans le regard qui avait frappé Ezio, auparavant. Le jeune homme était un curieux mélange de réserve et de sarcasme, et malgré son jeune âge, semblait être capable de décrypter et décortiquer bien des aspects de la nature humaine.
Le barde abandonna un court instant ses yeux sombres à l'analyse de ceux de Milo avant de poser son regard sur la pile de livre qui les séparaient.
Être libraire devait présenter les avantages, non négligeables, de pouvoir lire à longueur de journée. L'atmosphère de ces lieux était appréciable de par le calme qui y régnait et l'ambiance feutrée. Les clients, à quelques exceptions près – mais notables-, s'employaient à respecter un consensus social visant à préserver la méditation des autres en évitant d'élever la voix. Si bien que le moindre chuchotement dans ces berceaux de culture prenait des allures de vente à la criée. S'il avait été capable de tenir en place plus de quelques semaines au même endroit, Ezio aurait probablement affectionné tenir une librairie. L'odeur des livres mêlée à la musicalité du bruissement des pages suffisaient à lui procurer une sensation de confort et de bien-être. Il n'était pas rare qu'il pousse la porte d'une librairie ou d'une bibliothèque, pour le simple plaisir d'y dérober une bouffée d'oxygène ou de paix. Certains lieux, aussi exigus soient-ils, ont la rare faculté de ne pas étouffer. Il aimait laisser glisser ses mains parmi les hauts rayonnages, tirant à lui un ouvrage au hasard dont il dévorait des yeux la couverture. Il lui fallait alors lire le tout dernier mot de l'auteur. Une habitude qu'il était incapable de dater ou de comprendre, mais dont il ne parvenait pas à se séparer. Il était fort à parier cependant, que la vie de libraire ne s'arrêtait pas au seul loisir de parcourir l’œuvre géante de sa vie – ou celle des autres . Si l'on mettait de coté les angoisses de ne pas parvenir à rentrer dans ses frais, il était probable que certaines journées soient tout particulièrement difficiles. L'irruption d'un client dans son dos, confirma à Ezio que la politesse était en voie de disparition chez les humains, qu'ils soient sorciers ou moldus. Alors que ce dernier, sans un mot de salutation à l'égard du jeune garçon, s'enquerrait – faisant fi une fois encore de toutes civilités – de la présence du dernier ouvrage d'Alain Supiot, Ezio en profita pour parcourir rapidement les premiers titres de la pile qui occupait Milo, se donnant le temps de préparer sa propre réponse.

Mentir eut été certainement plus urbain ou du moins délicat. Inventer un prétexte de passage et d'envie d'avoir des nouvelles. Ce qui dans le fond, aurait été tout à fait le cas s'il n'y avait eu cette obsession. Ezio regretta un instant de ne pas être passé plus tôt pour avoir le loisir de formuler cette réponse au jeune garçon. Il se serait ensuite inquiété de la santé de Caithlyn et Mathews qu'il commençait à apprécier également, et serait reparti, le cœur léger, un ouvrage de plus en poche – qui atterrirait une fois de plus chez Saoirse, après lecture.
En dépit de son affection pour l'enfant qu'était jadis Milo, Ezio opta pour une franchise un peu plus brutale qu'un enrobage de bonnes manières destinées à déguiser le but réel de sa visite.
Il attendit donc patiemment que l'irrévérencieux client soit éconduit ou satisfait, pour poursuivre.

- Je suis désolé, ce n'est ni un honneur, ni un hasard. Je cherchais à te voir.

Ezio soupira, tant par regrets que pour se donner un peu de courage, et scruta à son tour le visage de l'enfant – qui n'en était définitivement plus un – pour y déceler une quelconque réaction.

Loin d'être de ceux qui donnent des nouvelles régulièrement, il avait du mal à envisager sérieusement qu'on ne puisse retrouver les relations au point où on les avait laissées quelques mois plus tôt. C'était Saoirse, une fois encore qui lui avait ouvert les yeux à ce sujet. La plupart des gens imaginent qu'on ne pense pas à eux si on n'écrit pas. Que l'absence de preuves matérielles implique un défaut d'affection. Il était de ceux qui prétendent le contraire. Il lui arrivait régulièrement de penser à ses connaissances, amis et fréquentations, de leur adresser quelques vœux silencieux, quelques encouragements, d'être parfois au côté de leurs âmes pour quelques épreuves. Même si, par besoin de liberté, impossibilité d'être là ou simplement par pudeur, il n'était pas présent physiquement dans leurs vies.
Selon, lui, les amitiés survivaient au temps, donnant l'illusion que les mois précédents étaient tout simplement hier. Les gens qui le connaissaient bien s'étaient habitués – avec plus ou moins de facilité – à ses allées et venues, à son besoin d'air et de liberté, qui semblaient n'affecter en rien l'affection qu'il leur portait.

En détaillant le visage sérieux de Milo, la vérité lui bondit à la gorge. Une année pour un jeune homme, était un temps remarquablement long. Il n'avait pas changé uniquement sur le plan physique et sa première remarque tendait à prouver que l'année écoulée n'avait pas la même amplitude pour lui que pour Ezio. Ce dernier se sentit légèrement mal à l'aise face à la demande qu'il venait faire et aux explications qui en découleraient.

- Je suppose que c'est toi qui tiens la boutique ? Tu aurais le temps, après, de faire un tour ou... boire un … café ?

Que buvait-on déjà à cet âge là ?

- Je voudrais te parler de quelque chose. Enchaîna-t-il rapidement. Seulement si tu le souhaites.
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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Mer 2 Nov - 1:21

Milo roula des yeux à la réponse de son ainé.

-J'oublie parfois ton grand âge...

Il soutint un instant le regard qu'Ezio avait posé sur lui, puis se détourna pour se concentrer à nouveau sur la pile de livre dont il tira trois volumes identiques. Il laissa son index courir sur la couverture du premier d'entre-deux, soulignant le nom de Carlos Ruiz Zafon, avant de le retourner et de parcourir rapidement le résumé avec intérêt. Il secoua la tête, comme pour chasser l'envie de lire qui l'avait pris en détaillant le synopsis, et se dirigea vers l'étagère appropriée où il glissa les trois exemplaires côte à côte  dans un espace encore inoccupé.

Il s'apprêtait à reprendre la parole lorsque le bruit de pas pressés franchissant le seuil de la boutique le fit se retourner. Il contourna Ezio, se dirigeant vers le client qui sitôt entré dans la librairie lui avait craché sa question, sans prendre la peine de saluer qui que ce soit ou d'accompagner sa demande d'une quelconque formule de politesse. Milo lui offrit un sourire poli que démentait le regard glacial qu'il lui avait jeté dès qu'il avait ouvert la bouche, et se dirigea vers une minuscule étagère qui aurait pu porter la mention "Sujets Rébarbatifs". Il en tira un livre épais, La gouvernance par les nombres, et invita son client à le suivre jusqu'au comptoir, affichant le même sourire artificiel qu'auparavant. Pressé d'en finir avec l'indésirable, il encaissa rapidement celui-ci, donnant un petit coup sur le coin supérieur droit de la caisse lorsque le tiroir de celle-ci se bloqua à son habitude. Il suivit encore l'individu du regard jusqu'à ce que celui-ci quitte l'Ellipse, puis reporta son attention sur Ezio lorsque celui-ci reprit la parole.

-Moi personnellement ?

L'adolescent haussa un sourcil. Il avait conscience que depuis le nombre d'années qu'Ezio fréquentait la librairie, celui-ci était peu à peu devenu plus un ami qu'un banal client. Mais de là à ce qu'il vienne dans le seul but de lui parler... Il se mit à fixer obstinément son aîné d'un air inquisiteur. Celui-ci venait de réveiller sa curiosité maladive, et qu'il le veuille ou non, il allait la satisfaire.
Ezio avait toujours été un genre d'énigme. Ses connaissances concernant mythes, contes et légendes avait rapidement poussé le gamin qu'il était lors de leur  première rencontre à se rapprocher de lui. Mais l'intérêt de Milo pour le conteur dépassait sa simple soif d'histoires fantastiques. Celui-ci avait un genre d'aura particulière qui l'intriguait, comme une présence magnétique et impétueuse qui tranchait avec son apparence rêveuse et calme. De plus, il avait toujours sût l'écouter lorsqu'il lui racontait ses propres aventures, semblant parfois presque y croire quand bien même elles pouvaient paraître invraisemblables

La personnalité du conteur était un vrai casse-tête, et Milo ne se faisait pas d'illusion. Il avait depuis longtemps compris que l'homme  face à lui n'était pas du genre à s'ouvrir au premier venu. Il savait en conséquence qu'il lui faudrait plus d'une discussion pour découvrir ce qui se cachait derrière la réserve apparente de son aîné. Mais s'il pouvait obtenir les premières clés de compréhension du personnage...
Il retint un sourire satisfait, sortant de ses pensées lorsque la voix d'Ezio parvint à nouveau à ses oreilles.

-Ouais, je suis censé rester là jusque dans... Il jeta un coup d'œil à l'horloge qui surplombait la porte menant à l'arrière-boutique. Une vingtaine de minutes. Pap's prend le relais après, j'ai la moitié de mon après-midi de libre comme ça. Et... Je ne bois pas de café, mais ça ne m'empêche pas de t'accompagner.

Il marqua une pause lorsque l'autre repris la parole pour préciser sa demande, fronçant légèrement les sourcils en notant l'air sérieux qu'il employait. Il acquiesça.

Ce type avait le don de soulever une nuée de question qui venaient s'agiter sous sa caboche comme un essaim qui le laissait sans repos. Il tapota un instant son index et son majeur sur la surface du comptoir. Puis il releva la tête, souriant à nouveau.

-En attendant que j'ai fini mon service, si tu as peur de t'ennuyer, tu peux toujours m'aider à ranger tout ça.

Il  désigna la pile de livres, le regard toujours fixé sur Ezio, une étincelle espiègle dansant à nouveau juste derrière sa pupille.
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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Mer 2 Nov - 1:44

Evitant soigneusement le regard inquisiteur de Milo, Ezio fit mine d'être absorbé par la lecture des titres de la pile de livres. Il savait pertinemment que son visage trahissait facilement ses émotions et se sentait réellement embarrassé. A quelques pas de lui, Milo tapotait de ses doigts sur le comptoir, un rythme qu'Ezio tentait de deviner, pour se détendre. Il lui répondit en prenant bien soin de garder les yeux rivés sur les livres, tachant d'aborder un air sérieux et aussi neutre que possible. Déjà, il sentait les picotements familier de la rougeur qui lui montait aux joues.

- Merci. Confia-t-il d'une voix sourde.On peut aussi boire un thé... ou tout autre truc que tu ... bois.Balbutia-t-il en secouant la tête.

« En réalité, c'est un whisky qu'il me faudrait... »

Il attendit quelques instants encore avant de relever le visage, et cru entrapercevoir une lueur d'espièglerie dans le regard de Milo, ce qui acheva de le décontenancer. Il sourit doucement, se moquant de lui-même et de sa confusion puis attrapa le premier ouvrage de la pile : Les Variations Goldberg, de Nancy Huston. Il passa - presque affectueusement - sa main gauche sur la couverture du livre et lui adressa un œil ironique. On lui avait offert pour ses vingt ans. Certaine fois, la vie envoyait des petits signes d'encouragement afin de poursuivre une voie dans laquelle on n'était pas certain de vouloir s'engager. A d'autres moments, elle semblait vous rire au visage, avec l'expression un peu sadique d'une vieille voisine ravie de vous voir glisser sur le verglas.

- Je devrais pouvoir faire ça. répondit-il en se saisissant du deuxième exemplaire du même nom.

Il connaissait bien le classement de la librairie pour y avoir passées de nombreuses heures à en explorer chaque étagère. Le barde chercha donc le rayonnage qui convenait et ne tarda pas à dégoter d'autres romans du même auteur. Les deux exemplaires rejoignirent prestement la place qui leur incombait. Il renouvela l'opération avec cinq autres ouvrages pendant que Milo s'affairait de son côté.Il prit quelques minutes pour rêvasser parmi les livres qui croisaient sa route et appréciait la tranquillité de l'instant. Un jour peut-être, dans cette même librairie, un inconnu pousserait la porte pour demander le dernier Shepherd. Un petit recueil de Tagore entre les mains, il se sondait une fois de plus sur les implications qui pouvaient découler d'une quelconque notoriété dans le domaine de l'écriture. Un de ses recueils avait intéressé une maison d'édition il y a quelques années de cela et avait été publié. Il avait commencé par en être enchanté et les mois passant, avait sentit naître en lui les prémices d'un léger malaise ; la désagréable sensation d'être mis à nu. Il avait, depuis, gardé les suivants pour lui, incapable de savoir ce qu'il souhaitait réellement en faire et se contentant de les égrainer oralement lors de manifestations poétiques . Il était manifestement paralysé par la trace qu'il pourrait laisser en les offrant par écrit.
Tagore rallia ses comparses au rayon « poésie » dans un soupir plus bruyant que prévu. Ezio s'adossa un instant à l'une des bibliothèques de la boutique et – ne portant jamais de montre- jeta un œil à l'horloge. Il restait seulement quelques minutes avant que Matthew ne prenne la relève.

Que pourrait-il dire à Milo ?
Il frotta ses mains l'une contre l'autre avant de réaliser que tous les discours qu'il avait soigneusement préparés au cours du trajet jusqu'ici lui paraissaient maintenant d'une maladresse incroyable. Haussant les épaules et optant pour l'improvisation, il regagna le devant de la boutique et attendit que Milo soit relayé par son père en observant les objets se trouvant sur le comptoir. Entre pots à crayons et cartes de visites en tout genre, restait un ouvrage à la couverture grossièrement rafistolée au ruban adhésif. Ezio s'en empara, le retourna en tout sens, un peu interloqué par la présence d'un livre aussi peu attrayant dans la boutique. Il s'offrit le luxe de le feuilleter rapidement. Comprenant immédiatement son erreur, il le referma d'un coup sec, jetant un œil inquiet à l'arrière boutique. Il n'était pas prêt à provoquer la discussion, ici et maintenant. Il reposa soigneusement le livre là où il l'avait pris et s'en éloigna de deux pas, avec l'air coupable d'un homme qui a commis un crime.

« Il ne va pas te mordre non plus... »

Esquissant un petit sourire grimaçant, le barde fut tiré de sa culpabilité par l'arrivé du propriétaire de la boutique qui venait relayer son fils. Il salua chaleureusement Ezio après l'avoir reconnu et les deux hommes entamèrent une conversation amicale mêlant littérature, voyages et des nouvelles de Caithlyn. Il fut question du dernier voyage en France d'Ezio, qui lui valait de boiter encore un peu aujourd'hui, mais qui avait été riche en paysages et découvertes ; mais aussi des dernières sorties littéraires conseillées par Matthew - qui jusque-là, avait toujours eu un goût très fiable - et bien entendu, de Milo, qui grandissait trop vite pour ses parents. Tout en bavardant, le jeune barde guettait du coin de l’œil l'avancé du travail de ce dernier.
Il en vint à considérer ses questions sous un autre angle. Comment réagissaient les parents moldus d'enfants sorciers ? Étaient-ils fiers ? Inquiets ? Franchement effrayés ? Qu'en était-il du contraire ? Des parents guettant l'apparition de signes qui ne viendraient jamais ?
Le regard assombri, Ezio réalisa un peu gêné qu'il n'avait pas saisi la dernière question de Matthew.

HJ: J'ai pris quelques libertés concernant l'arrivée du propriétaire. Si quelque chose te dérange ou ne te convient pas, j'éditerais. Smile
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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Mer 2 Nov - 1:56

Une bièraubeurre ou un jus de citrouille. Il en crevait d'envie... Son regard glissa sur le renfoncement dissimulé derrière le comptoir, juste sous la caisse, se faisant presque affectueux lorsqu'il passa sur la forme longiligne de sa baguette qui y était dissimulée.
Poudlard lui manquait, il crevait d'envie d'y retourner quand bien même le premier mois des vacances était à peine entamé. Il peignit mentalement le décor de sa salle commune. La pénombre environnante qui serpentait entre les pieds des meubles, au gré des flammes qui dansaient paresseusement dans la cheminée, les grandes fenêtre qui s'ouvraient sur les eaux troubles du lac, les larges fauteuils de cuir noir...
Un soupir nostalgique lui échappa avant qu'il ne réponde à Ezio.

-Un thé. Parfait. Je rêve d'un thé.

Milo tressailli en entendant le ton presque cynique qu'avait pris sa voix. Il se serait probablement asséné un grand coup de la tranche du livre qu'il tenait dans sa main si le conteur ne lui avait pas fait face. Il détestait que ses émotions échappent à son contrôle, et il n'avait aucune raison valable de passer sa frustration sur son aîné. Il se racla la gorge, gêné, et s'empressa de se saisir d'un certains nombre des ouvrages reposants sur la pile avant de se diriger vers l'autre bout de la boutique, où il pourrait dissimuler le rouge qui était en train de lui monter aux joues.

Il finit par reprendre contenance. Le rangement des livre avançait assez rapidement, l'aide d'Ezio se révélant appréciable. Il lui paru au final ne s'être écoulé qu'une dizaine de minute lorsque son père passa sous le linteau qui menait à l'arrière-boutique ainsi qu'à l'escalier grimpant vers leur appartement. L'homme avait le regard rivé sur une liste de commande, et ses lèvres s'agitaient en silence, égrenant les titres dont le nom était couché sur le papier pour mieux les mémoriser. Il ne releva la tête que lorsqu'il fut arrivé au bas de la page, remontant ses lunettes sur l'arrête de son nez dans un geste machinal. Son attention se porta alors sur l'homme en face de lui, et un sourire chaleureux vint illuminer son visage.

-Ah, un revenant ! C'est un plaisir de te voir ici Ezio.

Le ton était légèrement moqueur, mais surtout amical, et il était évident que l'amabilité de Matthew envers le jeune homme n'était pas feinte, et dépassait la simple politesse destinée à convaincre un client de repartir avec un de leurs articles. Le libraire s'était au fil du temps prit d'une véritable sympathie pour le jeune homme et sa passion pour la littérature sous toutes ses forme. Et le voir dans sa boutique, aussi rare et ponctuel que soit cet événement, avait toujours pour effet de le mettre d'excellente humeur.

Milo jeta un coup d'œil aux deux hommes qui discutaient au centre de la pièce. Il plaça le dernier des recueils de poésie qu'il était en train de ranger entre deux autres exemplaires, puis se dirigea vers le comptoir. Il profita de l'inattention d'Ezio, qui entamait le récit de son dernier voyage en France, pour se saisir discrètement de son livre de cours rafistolé et de sa baguette avant de disparaitre à l'arrière boutique. Il grimpa les marches de l'escalier deux à deux et poussa la porte de l'appartement, traversant le salon d'un pas rapide pour accéder à sa chambre. Il esquiva habilement un t-shirt et un jean qui trainaient sur le sol de celle-ci et parvint jusqu'à son bureau dont il ouvrit un tiroir où il déposa livre et baguette avant de le refermer. La carte de transport posée en équilibre sur un coin du meuble rejoignit la poche de son pantalon et il fit demi tour, parcourant le chemin en sens inverse. Il dévala l'escalier et pénétra à nouveau dans la boutique, avant même que son père n'ai eu le temps de remarquer sa disparition.

Matthew était en train de fixer son interlocuteur, en attente d'une réponse, et le coin gauche de ses lèvres fini par s'étirer, légèrement moqueur, lorsqu'il compris que le conteur ne l'écoutait plus. Il réitéra sa question, loin de se formaliser de la brève inattention de son vis à vis.

-Je te demandais si tu avais lu l'Usage du monde. C'est ton histoire de voyage qui m'y a fait penser.

Le libraire pivota vers le rayon consacré à la littérature française et en tira un ouvrage au format de poche et dont l'épaisseur devait avoisiner les trois-cent pages. Il le tendit à Ezio.

-Si ce n'est pas le cas, je t'invite à le faire. Toi qui es un vadrouillophile, ça devrait te plaire.

Un nouveau sourire chaleureux et le propriétaire de la boutique se tourna vers Milo, dont il venait soudain de remarquer la présence dans son dos. Celui-ci profita de l'instant d'attention dont il bénéficiait pour poser sa question.

-C'est possible que j'aille faire un tour avec Ezio ?

Le paternel prit un instant pour considérer la demande de son fils.

-Tu as fini tout ce que tu avais à faire ?

-Ouaip.

-Même le déballage des cartons de livraison d'hier ?

La question tira une grimace à Milo.

-Sauf le déballage des cartons de livraison d'hier...

Matthew fixa un instant l'adolescent d'un œil faussement sévère avant de lui coller une petite tape à l'arrière du crâne avec un air amusé.

-Aller, file, je m'en charge.

Puis il se tourna à nouveau vers Ezio, retrouvant son exrpession avenante.

-Je suis heureux que tu ai pris le temps de passer par ici. Embarque le livre, cadeau de la maison. On a qu'à dire que c'est la récompense de notre programme de fidélité.

Le libraire marqua un instant de pause, se penchant derrière le comptoir pour replacer quelques feuilles de papier qui menaçaient de tomber au sol.

-La prochaine fois, n'hésite pas à venir hors des heures d'ouverture, qu'on ai le temps d'un peu mieux discuter.

Une cliente choisi cet instant précis pour passer le seuil de la boutique.

-Aller, je vous laisse tranquilles. Au plaisir de te revoir Ezio.

Puis il se tourna vers la jeune femme qui venait d'entrer, écoutant avec attention la demande de celle-ci pour mieux l'aiguiller.

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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Mer 2 Nov - 15:15

C'est avec soulagement qu'il constata que Matthews n'avait pas pris son échappée pour une marque d'impolitesse ou d'ennui. Il lui arrivait fréquemment d'être embarqué par ses rêveries à des lieues d'une conversation, sans qu'il ne considère celle-ci comme déplaisante ou dénuée d'attraits. Il était comme ça. Pour le plus grand agacement de certains – ou certaines, sans les nommer .

Il s'était emparé avec intérêt de l'ouvrage que lui avait tendu le libraire, ayant entendu parler de Nicolas Bouvier sans avoir jamais lu ses œuvres.
Après avoir remercié chaleureusement Matthews, avoir accepté une autre rencontre plus personnelle un des ces jours – qui pouvait englober les 20 prochaines années connaissant le barde – il promit à ce dernier de lui rendre son fils dans la soirée et prit congé.

Le carillon greffé à la porte de la boutique s'accoupla au son du glas dans son esprit et il se sentit bien vite pris d'un petit rire nerveux de se sentir aussi mal à l'aise face à sa requête.



-N'importe quoi ! Quand on dit qu'ils sont vivants ça n'a rien à voir avec notre vivant à nous !
- Pourquoi tu dis ça ? Je ne vois pas de différence... Répondit-il en haussant les épaules.
- Tu l'entends crier peut-être quand je fais ça ? Lança-t-elle agacée.
- Ce n'est pas parce qu'un être ne dit rien qu'il ne souffre pas...
- Mais arrête avec tes phrases en l'air là !
- Prenons une coccinelle par exemple, si tu l'écrase, elle ne va pas crier, pourtant elle est bien...
- Ezio ! Tu me fais chier avec ta poésie. L'interrompit-elle.
- C'est pas de la poésie. Les arbres sont aussi vivants que toi, point. S'obstina-t-il.
- Bon, ben vivants ou pas, je vois pas ce que ça peut faire que je dessine dessus.
- Tu ne dessines pas, tu graves leur écorce ! Tu les mutiles.
- Soit. En même temps, on le retrouvera comment dans 20 ans ton arbre si je lui mets pas un repère dessus ?

Il écarta les bras et abdiqua, une fois de plus, en souriant doucement.



Il marchait silencieusement au côté de Milo, cherchant toujours par quel bout entamer la conversation et de plus en plus persuadé que le garçon commençait à se douter de sa gêne. Ne souhaitant pas entrer dans le vif du sujet avant d'être installé à la table d'un pub où ils auraient suffisamment d'intimité pour aborder ces sujets particuliers, il s'engagea donc dans une conversation balayant de nombreux sujets sans s'attarder vraiment sur aucun.

Lorsqu'ils parvinrent en vu de l'Entreprise, Ezio se tourna vers Milo pour lui demander si le pub lui convenait. Il arrivait fréquemment au barde de passer boire un verre dans l'établissement. Le lieu lui plaisait beaucoup de part son aménagement intérieur – les tables côtoyaient de vieilles bibliothèques où l'on pouvait y trouver d’hétéroclites ouvrages – et l'ambiance qui y régnait. Il avait assisté à des concerts atypiques, des lecture de poésies et quelques fois, à des soirées frénétiques qu'il avait fuies aussitôt.
Si le pub était bondé en soirée de par sa popularité, les après-midi était plutôt calmes et Ezio savait pouvoir y trouver le calme et l'intimité nécessaire à leur conversation.

Milo acquiesça d'un signe de tête en abordant un drôle d'air qui arracha un regard suspicieux à Ezio.
Ce dernier s'effaça après avoir ouvert la porte pour laisser entrer le jeune garçon, puis lui indiqua les escaliers de bois du menton pour l'inviter à monter à l'étage.
Les pièces du haut étaient claires grâce aux hautes et nombreuses vitres qui en faisaient le tour et offraient une incroyable vue sur la rue. Ezio prit place à une table dans un coin, s'adossant au mur de façon à pouvoir surveiller l'éventuelle arrivée d'autres clients dans leur espace de discussion.

Aussitôt, un serveur arriva. L'avantage d'être parmi les rares clients d'un établissement : être assuré d'un service plus que rapide. Ezio commanda une Guiness et se tourna vers Milo qui, sagement, choisit un thé glacé.

- Du thé glacé ? Murmura-t-il à voix basse en souriant.J'aime bien cet endroit Poursuivit-il sans attendre. Bon, je ne me porterait pas garant de la tranquillité de nos oreilles d'ici quelques heures, mais jusque-là, l'ambiance est plutôt calme.

La dernière fois qu'il était venue, il était seul. Il avait commandé la même chose et passé tout l'après midi à lire avant d'être chassé en début de soirée par des festivités trop bruyantes à son goût. Le pub avait la faculté de s'animer en quelques heures, passant d'un agréable salon de thé accueillant et chaleureux à l'un des pub les plus branché du secteur. La fois d'avant, il avait assisté à une soirée poésie qui avait attiré tout autant de monde, à sa grande surprise. L'Enterprise faisait partie de ces lieux atypiques et surprenants que l'on trouvait ici, à Camden. Ezio se laissa bercer quelques instant par les souvenirs de cette dernière visite, au coin d'un feu crépitant avant d'être tiré de sa torpeur par le serveur qui revenait déjà avec leurs consommations. Ce dernier déposa un grand verre de thé glacé devant Milo et une pinte brune devant Ezio qui le remercia.

Conscient que le temps était venu, le barde regarda l'homme regagner la salle du bas avant de s'emparer de son verre et d'en observer le contenu. Il resta un instant ainsi, sans parler avant de lever à nouveau le regard vers Milo en se mordant l'intérieur de la joue.

- Pour commencer, il faut que je t'avoue quelque chose. Il soupira et jeta un œil à la ronde, avant de reprendre plus bas Je sais que tu n'as passé ton année dans un internat de collège privé. Il fixa un instant le garçon, se demandant s'il devait être plus explicite.

La tâche lui semblait doublement difficile. Pour commencer, il craignait la réaction de Milo. Pour ne pas lui avoir dit tout au long de ces années qu'il savait et qu'ils étaient semblables. Cela pouvait s'apparenter à un mensonge, une trahison. Même si les choses étaient de son point de vue, bien différentes. Deuxièmement, il n'était pas suffisamment à l'aise avec sa propre condition pour en faire étalage ainsi, sans que cela lui coûte.
Il prit une profonde inspiration et se jeta à l'eau.
- Dans quelle maison t'ont-ils envoyé ? Souffla-t-il.

HJ: Merci à Milo pour sa participation au "quatre mains". Smile
J'espère que ça te conviendra.


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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Mer 2 Nov - 15:31

Les barques glissaient sur l'eau noire du lac, striant la surface de petites vaguelettes qui ondoyaient en silence. Une brume légère était tombée et donnait au décor un air fantomatique et malgré l'air encore tiède d'une soirée de fin d'été, il ne put retenir un frisson d'anticipation.

Le trajet dans le train lui avait au départ paru abominablement long, malgré la compagnie de deux autres personnes dans son compartiment. Le premier était un garçon joufflu, dont il s'était empressé d'oublier le nom, et qui  avait passé la totalité de son temps à dormir, visage écrasé contre la vitre, emplissant l'espace clos de ronflements certes légers, mais qui lui avaient rapidement donné des envies de meurtre. L'autre était une jeune fille à la chevelure noire d'encre, qui encadrait un visage triangulaire et inexpressif. Elle avait rapidement commencé à discuter avec lui de ce qui les attendait à Poudlard, et l'avait pris de haut lorsqu'elle avait réalisé qu'il était d'origine moldue et ne savait en conséquence pas grand-chose de l'école. Elle s'était alors mis en tête de lui enseigner out ce qu'elle  savait sur le château, ne cessant plus de lui rabâcher les oreilles de son ton qui oscillait entre le mépris et la condescendance. Milo en avait été rapidement fatigué, et avait au final ramassé ses affaires, décidé à passer le reste du trajet dans le couloir du train s'il le fallait. Il avait donc passé un long moment à rêvasser, assis entre deux compartiments, regardant le ciel chargé de nuages qui défilaient derrière la fenêtre. Au bout du compte, une élève de deuxième année qui  passait par là lui proposa une place dans le compartiment où elle était installée avec ses amis. Il avait accepté la proposition et s'était installé avec le petit groupe, dont la conversation était assez variée pour qu'il puisse y participer sans soucis. Il s'était au final entendu à merveille avec ceux-ci, et le reste du trajet s'était déroulé sans incident.

La brume finit par se lever, avec lenteur, s'étiolant petit à petit pour mieux révéler le paysage environnant. Et le château s'offrit à sa vue. L'édifice les surplombait de toute sa hauteur, perché sur le sommet d'une falaise dont les pieds plongeaient verticaux dans les profondeurs du lac. Une multitude de fenêtres percées dans le nombre improbable de façades projetaient des lueurs mouvantes dans la nuit, rivalisant avec la lumière de la lune qui caressait la pierre du bâtiment, et qui révélait une myriade de tours  élancées. L'image dépassait de loin tout ce dont Milo avait pu rêver jusqu'alors, le laissant muet, un léger sourire admiratif planant sur ses lèvres.

De même que le premier aperçu qu'il avait eu de l'extérieur de Poudlard, Milo gardait un souvenir intact de sa première entrée dans la Grande salle. Une immense porte à double battant qui s'ouvrait sur une pièce aux dimensions remarquables, des murs immenses qui s'élevaient abrupts vers un plafond dont on pouvait douter de l'existence. Car là où auraient dû se trouver les poutres s'étendait le ciel nocturne, piqué d'étoiles à demi masquées par les nuages. Une infinité de bougies planaient sous la voûte, suspendues dans les airs, et leurs flammes jaunes et vacillantes projetaient une lueur chaleureuse sur les quatre tables longilignes autour desquelles se massait une foule d'élèves attentifs. Au fond se dressait une cinquième table, derrière laquelle était assise l'équipe enseignante qui fixait leur petit groupe avec la même attention silencieuse dont faisait preuve le reste des élèves. Un silence empli de murmures les accompagna alors qu'ils s'avançaient à travers la salle, en direction de l'estrade sur laquelle se trouvait la table des professeurs. Ils s'arrêtèrent au pied de celle-ci, devant un simple tabouret à trois pieds sur lequel reposait un chapeau à l'apparence miteuse.

Il y eut un bref discours du directeur qui après leur avoir souhaité la bienvenue avait tenu à leur rappeler un certain nombre de règles, puis on leur avait expliqué sommairement le fonctionnement de la cérémonie de répartition. Milo fût l'un des premiers à être appelés, et c'est en maudissant l'inventeur de l'ordre alphabétique qu'il s'était avancé, le cœur battant à tout rompre, la nuque transpercée par une centaine de regards inquisiteurs. Il avait pris place sur le tabouret, et rapidement, le choixpeau lui était tombé sur les yeux. Un instant de flottement s'en était suivi. Une éternité dans une poignée de secondes silencieuses, angoissante. Puis le choixpeau lui avait murmuré à l'oreille, décortiquant sa personnalité, hésitant, réfléchissant...

-Hmm... Un casse-tête pour commencer ? Un profil complexe, difficile, loin de toute évidence. Je vois une soif de connaissances, insatiable. Et une tête bien faite qui pourrait te mener tout droit chez Serdaigle... Mais il y a aussi cette envie dévorante de te dépasser... Toi, mais aussi les autres, de toujours faire mieux et progresser... Une ambition sans égale que Serpentard accueillerait à bras ouverts... Je vois aussi, une certaine forme de courage, il est vrai, mais est-elle suffisante pour te conduire chez Gryffondor ? Il est légitime de se poser la question...

Le vieux couvre-chef avait continué de mener ainsi son monologue de longues minutes durant, augmentant à chaque instant la pression qui pesait sur les épaules de Milo. Il avait soulevé un nombre incalculable de questions n'attendant pas de réponse, jusqu'à ce que finalement il ne rende son verdict. Il s'était tu une dizaine de secondes avant de se redresser de toute sa hauteur et d'annoncer haut et fort la maison dans laquelle se rendrait le jeune homme.


-Serpentard.

Son regard s'était fait glacial, fixant Ezio face à lui alors qu'un mélange d'émotions contradictoires gonflait son palpitant. Il croisa les bras sur son torse en se laissant tomber contre le dossier de sa chaise, tirant à celle-ci un craquement plaintif.

-Là c'est le moment ou soit tu ne dis rien et je me barre en claquant la porte du bar, soit tu m'expliques pourquoi tu ne m'as jamais rien dit. Une pause. Pourquoi tu m'as laissé tout ce temps sans savoir, alors qu'avec tout ce que je t'ai raconté tu devais bien te douter de quelque chose.

Il marqua une pause, les yeux fixés avec obstinations sur le conteur qui semblait chercher ses mots.

-C'est quand tu veux.

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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Mer 2 Nov - 15:59

Sans trop de surprise, Milo s'était refermé comme une huître. La trahison – car s'en était une aux yeux du jeune homme – avait un goût bien amer si l'on considérait que celui-ci ne s'était jamais douté de rien. Ezio s'était souvent posé la question. Avait-il fini par comprendre ?
Souvent, le regard inquisiteur et pâle de Milo l'avait empreint lui-même de doutes quant à sa capacité à paraître dépourvu de pouvoirs. Il avait la réponse aujourd'hui même, dans le regard glacé que lui jetait son compagnon ainsi que dans cet ultimatum auquel il se savait pressé de répondre s'il ne voulait pas tout gâcher. Bien qu'il fut possible que tout soit déjà galvaudé.

Après s'être assuré une fois encore qu'ils ne seraient pas dérangés, Ezio joignit ses mains et y appuya son front, cherchant mots et réconfort.
Il avait préparé ce discours un certain nombre de fois mais aujourd'hui, ce dernier lui paraissait complètement déplacé et dépassé. Reposant ses mains sur la table, il fixa Milo du regard un long moment à la recherche des mots les plus sincères qu'il avait à offrir.

- Avant toutes choses...Je ne t'ai pas tenu dans l'ignorance par amusement. Ni pour profiter d'une quelconque supériorité. Entama-t-il. Je tiens vraiment à ce que tu saches ça d'accord ?

Les yeux rivés à ceux de Milo, il tachait de faire se superposer l'image du jeune homme qu'il avait devant lui à celle de l'enfant qu'il avait rencontré quelques années plus tôt. Lors de ses premières visites à l'Ellipse il s'était contenté de sourire à la vue du jeune garçon enlisé sous une montagne d'ouvrages plus imposante que lui. Rapidement, il s'était lié d'amitié avec les propriétaires et avait mis enfin un nom sur la petite silhouette trouvant refuge dans la boutique. Le petit bonhomme devait tout juste avoir appris à lire à l'époque et semblait déjà avide de savoirs. Ils s'étaient alors apprivoisés l'un l'autre autour d'un engouement commun pour les contes et légendes. Ezio avait attesté de l'intérêt de l'enfant pour ces sujets après avoir noté qu'il était souvent plongé dans des ouvrages de ce genre. Il avait quelques fois ramené des livres pour Milo quand, à d'autres moments, c'était l'enfant qui lui faisait découvrir son univers. De récits en lecture, les deux âmes avaient fini par sympathiser malgré la notable différence d'âge. Ezio – ravi de partager son savoir – contait les légendes qu'il apprenait aux quatre coins du monde à l'enfant, qui se montrait un auditoire particulièrement attentif et exigeant de détails. D'un autre côté, Milo s'engageait plus avant dans des confidences quelque peu troublantes. Ezio avait rapidement fait le lien, malgré les ascendances moldues du jeune garçon.

- Quand tu as commencé à me parler de ce qui t'arrivait... j'ai rapidement compris qui tu étais. Mais ce n'était pas cet aspect là de ta vie qui a fait que je venais te voir. Si tu avais été moldu, nos liens auraient été les même. A peu de choses près.

Ezio marqua une pause et se remémora les nombreuses hésitations auxquelles il avait été confronté à l'époque. Il avait alors envisagé plusieurs options. La première avait été la plus séduisante. La fuite une fois encore, pour ne pas avoir à faire face de nouveau à la sorcellerie. Le triste constat que malgré ses promesses, chacun de ces pas le ramenait invariablement à la magie et à la fréquentation de sorciers. Non sans un pincement au cœur, il lui fallait avouer qu'il avait fortement considéré l'éventualité de laisser là le garçon à sa future vie de sorcier, rompant les liens qui commençaient alors à se créer.
La seconde possibilité avait été de lui confier leur similitude. Il l'avait à peine effleuré de la pointe de l'esprit, se sentant à l'époque incapable de parler de ce qu'il vivait : le décès de Shannon étant bien trop récent.
Ne restait alors que la troisième option : accueillir les confidences de l'enfant et les accepter sans fournir plus d'explications que celles qu'envisageaient Milo, lui-même .

- Je comprends que tu m'en veuilles et que tu te sentes trahi. Ne crois pas que j'ai été très à l'aise avec la situation.

« Je ne suis jamais à l'aise avec cette situation. »

Ezio marqua une nouvelle pause, perplexe, considérant avec stupeur qu'il semblait finalement, toujours attiré par ceux qu'il fuyait : les sorciers.

- Je ne t'ai pas vraiment menti sur ce que je suis. Tu es probablement plus sorcier que moi. Et si je n'ai jamais mentionné le fait que j'ai été à Poudlard et que j'ai fait parti de ton monde, c'est parce que cette partie de moi désormais n'existe plus.

L'éternelle question étant : qu'est-ce qui nous défini ? Ce que l'on a fait ? Ce que l'on souhaite faire ? Ce que l'on fera ? Ce à quoi on a renoncé ou la raison pour laquelle on l'a fait.
Ezio secoua la tête et réprima le tremblement qui agitait sa jambe battant la mesure au tempo de sa nervosité.

- J'ai fait une promesse.

Etait-ce une promesse ou un renoncement ?

- Je me suis engagé à vivre sans faire de magie.

Du moins, sans cette magie-là.

- Je n'ai plus touché ma baguette depuis ce jour.

Elle portait du blanc.

A chaque mot prononcé, il s'attendait à ce que Milo se lève, exaspéré, et quitte les lieux pour le laisser seul avec ses fantômes.

- Alors si je ne t'ai pas parlé de magie et des raisons pour lesquelles tu étais différent des autres ce n'est pas pour te cacher ma condition. Mais plutôt... pour me la masquer... à moi.

L'illusion de tenir une promesse impossible.
La seule promesse de sa vie et la dernière. Car il est utopique de renoncer à jamais, illusoire de jurer toujours.

- Tout ça n'a rien à voir avec toi et je suis désolé que tu aies à souffrir de mes principes. Je ne parle tout simplement pas de ça. Soupira-t-il en levant les yeux au plafond pour masquer son embarras. Sa voix, d'ordinaire si posée et assurée, paraissait vacillante et étouffée. A personne. Ajouta-t-il en soufflant.

« Presque personne. » Rectifia-t-il mentalement en réalisant encore plus aujourd'hui à quel point il était finalement complexe de ne pas faire quelque chose. Ne pas pratiquer la magie. Ne pas en parler. Ne pas être sorcier. Ne pas fréquenter de sorciers. Ne pas toucher de baguette. Ne pas se révéler. Ne pas trahir les autres. Ne pas les faire souffrir.

A nouveau, il se prit la tête dans les mains et soupira, conscient de fuir des situations dans lequel il était le roi pour se fourrer.

- Je comprendrais que tu m'en veuilles. D'autant plus que j'aurais probablement continué à ne rien te dire … si je n'avais pas eu besoin que tu me rendes un service.

Redressant la tête, c'est un regard triste et fatigué qu'il offrit à son cadet. Ses yeux sombres fouillaient ceux de son compagnon, à la recherche d'un signe quelconque d'approbation ou de rédemption. Il savait la pilule amère et son comportement indélicat. Il n'avait jamais été adroit avec la dualité de ce qu'il était. La chose était bien plus aisée en compagnie des moldus, avec laquelle il se sentait plus détendu, même s'il était conscient que là non plus n'était pas sa place.

- Je n'ai pas la moindre chose à t'offrir en échange et tu es dans ton droit absolu de refuser. De mon côté, je me doit d'essayer. Parce que c'est important pour moi.

« Au point de mettre notre amitié en péril. »

- Mais je ne me suis jamais moqué de toi Milo. Ajouta-t-il doucement. Et si aujourd'hui pour la première fois l'intérêt que je te porte est dû à ton statut de sorcier, l'estime que j'ai pour toi en revanche n'a jamais eu rien à voir avec la magie.

Le menton appuyé contre ses poings joints comme en une prière muette, Ezio attendit patiemment que Milo digère ses explications – sporadiques et confuses – et lui fasse part de son ressenti.


HJ: Avec un peu de retard. J'espère que ça te conviendra.
Il me semble reconnaître ce séparateur! Very Happy


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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Mer 2 Nov - 16:11

Les mots d'Ezio face à lui se déroulaient en un flot irrégulier. Comme si une vanne avait subitement rompu pour lâcher un discours pensé maintes fois, et qui pourtant était coupé de nombreuses pauses hésitantes . Milo garda bras croisés et mâchoire serrée, les masséters contractés offrant à son visage un aspect encore plus carré qu'à son habitude.

A l'image actuelle de son ainé qui se perdait en explications brumeuses se superposait celle d'un Ezio plus jeune, qu'il avait connu des années auparavant. Un Ezio qui était entré dans sa boutique et qui, contrairement aux autres visiteurs, ne l'avait pas intégré comme simple élément du décor. Le jeune homme avait pris le temps de s'intéresser à lui, d'engager la conversation et de nourrir son univers en y apportant des contes qui lui étaient alors encore inconnus. Milo s'était rapidement pris d'affection pour le barde et en était presque venu à le considérer comme le grand frère qu'il n'avait jamais eu.

Un clignement des paupières effaça la bribe de souvenirs qui dansaient devant ses yeux et le ramena brusquement à l'instant présent. L'amertume était toujours là, martelant sa cage thoracique.

-Je me suis engagé à vivre sans faire de magie.

Froncement de sourcils. Pause dans le martèlement. Incompréhension. Les mains de Milo glissèrent lentement jusqu'à reposer sur le haut de ses cuisses, le faisant quitter sa position défensive. Il y avait dans la voix d'Ezio un écho, une distorsion trop importante pour qu'elle soit due simplement à cet échange, aussi pénible puisse-t-il être. L'adolescent se redressa sur sa chaise, imperceptiblement, pour retrouver une position se prêtant plus à l'attention que son interlocuteur venait de regagner.

"Blessure." murmura une petite voix dans son esprit. "Profonde."

-Je comprendrais que tu m'en veuilles. D'autant plus que j'aurais probablement continué à ne rien te dire... si je n'avais pas eu besoin que tu me rende un service.

Le semblant de calme qu'il avait retrouvé lui sembla s'évaporer instantanément. Il laissa néanmoins Ezio finir son monologue avant d'attaquer.

-Pour quelqu'un dont le métier est de parler, tu manques sérieusement de tact. Tu sais ?

Il senti l'acidité des mots glisser sur sa langue comme du venin.

- Franchement... Juste... Ça te tuerai de t'excuser ? C'est bien beau de me balancer des explications aussi complètes, tu pourrais presque écrire un bouquin avec ça : "Pourquoi j'ai menti", en cinq volumes, par Ezio Shepherd. Il accompagna le titre d'un geste horizontal de la main, comme pour mimer une quelconque banderole publicitaire. Mais tu sais, juste commencer ou terminer, voir les deux, ta tirade par un simple "désolé", ça ferait déjà toute la différence.

Sa colère semblait enfler à mesure que les mots franchissaient ses lèvres, et l'une des ampoules qui éclairaient la salle se mit à grésiller faiblement.

- Et me balancer à la gueule que tu aurais probablement continué à me mentir si t'avais pas eu besoin de mon aide est probablement pas l'idée la plus brillante que tu ai eue. C'est dommage, tu m'avais presque eu avec le passage émouvant au milieu. Tu sais, celui où tu évoque le fait que tu as abandonné la magie, en prenant ce magnifique air tragique.

Les mots lui échappaient, dépassant quelque peu sa pensée, mais il ressentait le besoin urgent d'évacuer sa frustration.

Son poing se referma sur le haut de sa jambe, marquant un pli dans le tissu de son jean.

-Je ne sais même pas ce que tu... Pourquoi est-ce que ?.. Merde !

Il donna un coup dans le pied de la table, s'attirant le regard curieux d'un employé du bar qui venait de rejoindre l'étage, et qui s'empressa de disparaître derrière une porte de service. Il profita de la pause pour croiser à nouveau les bras et retrouver son appui contre le dossier de la chaise. Loin d'Ezio. Il repris la parole sur un ton plus calme, bien que toujours aussi glacial.

-Qu'est-ce que tu attend de moi exactement ?



HJ : Boooon, mieux vaut tard que jamais ? Je suis vraiment désolé pour l'attente.
Ça me semble un peu décousu et c'est loin d'être parfait, mais je me voyais mal te laisser poireauter encore plus longtemps... J'espère que ça te conviendra quand même.

Mea culpa, j'ai piqué ton séparateur, je trouve qu'il se prête assez bien au design du forum en fait, j'ai pas su résister.
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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Jeu 3 Nov - 17:50

D'un calme apparent imperturbable, il laissa le déluge de paroles se déverser sur lui sans bouger un cil. Ses yeux sombres ne quittaient pas ceux de Milo dont le ton glacial contrastait avec l'étincelle qui embrasait son regard clair. Ezio l'avait blessé – il s'y attendait - et le jeune homme semblait retenir à grand peine une fureur dévastatrice. Au-dessus de leur tête la lumière vacilla un instant dans un grésillement sinistre.
Laisser passer l'orage, il savait faire. Pas un muscle de son visage ne frémissait face à la tempête Milo. Intérieurement, il n'avait qu'une envie : se lever, tourner les talons et en finir avec cette discussion qui n'en était plus une. Il s'appliqua pourtant à ne laisser paraître aucune émotion en regard de son compagnon, comptant les inspirations et expirations qui soulevait sa poitrine à intervalles réguliers, un air grave sur le visage, sans réaction visible. S'il n'avait pas été aussi concentré à laisser filer la tourmente, il aurait probablement remarqué l'arrivée - et la disparition dans la foulée – du serveur. Mais lorsqu'on est issu d'une famille écossaise où chacun des membres rivalise de caractère, d'emportement et d'effusions en tout genre, on apprend à attendre patiemment que le calme revienne pour discuter.

Lorsque Milo se tut enfin il accusa le coup et laissa prudemment place aux émotions qui l'assaillaient.

« Tu ne t'excuses jamais de toutes façons ! Tu ne penses jamais à ce que ressentent les autres ??!Tu es au-dessus de ça ?! » Les derniers relents d'une dispute avec Saoirse allèrent se ranger aux côtés des accusations de Milo.

Machinalement, il passa une main sur son front et prit quelques instants pour remettre un peu d'ordre dans les mots qu'il avait à prononcer. Il ne cherchait pas spécialement à avoir de tact. Il lui était suffisamment pénible d'aborder le sujet sans avoir à tourner autour du pot des heures durant. Ce qu'il était capable de faire pour un auditoire, la délicatesse des paroles de réconfort qu'il pouvait prodiguer à des âmes en peine, l'enrobage dont il pouvait parer les mots qu'il couchait sur papier, lui étaient totalement étranger lorsqu'il s'agissait d'aborder des choses plus personnelles qui le concernait, lui.
Solitaire de nature, il était finalement peu habitué aux discussions intimes que l'on aborde avec des amis, plus enclin à partager ses soirées avec des étrangers de passage qu'à s'épancher sur ses tourments. Il lui était bien plus simple de conter, d'évoquer de grands sujets, de partager des inspirations ou d'écouter les désarrois des autres que de parler tout bonnement de son cas.
Saoirse n'avait de cesse de lui reprocher ses silences sur tout ce qui touchait sa mélancolie quand il était capable de s'enflammer et de devenir prolixe face aux choses qui l'intéressaient.
Et pourtant, il était à peu près certains de savoir ce que ressentait les autres, étant empreint d'une sensibilité et d'une empathie qui l'handicapaient parfois ou le désarmaient face à de grandes peines.

- Je sais. Murmura-t-il.

« Et tu ne t'es toujours pas excusé. » Lui souffla une petite voix dans un coin de son esprit.

-Je suis désolé. Lâcha-t-il piteusement à cours de mots.

Il baissa finalement les yeux, retenant une nouvelle fois un élan qui l'entrainerait à se lever brusquement et quitter les lieux.

- Je voulais te dire la vérité et je n'ai pas su l'amener autrement que de cette façon. Je suis franc Milo, je n'aime pas mentir et je n'ai pas réellement l'impression de l'avoir fait ces dernières années en ne te parlant pas d'un aspect de ma vie qui ne me définit pas. C'est … juste ce que j'ai essayé de te dire... maladroitement. Je pensais que nos discussions n'avaient pas besoin de ça pour être vraies et … intéressantes. Je suis désolé. Répéta-t-il. Tu m'aurais probablement vu différemment et j'aurais alors été aussi mal à l'aise que je le suis avec … d'autres. Ce qui n'avait jamais été le cas justement. Ça me plaisait.

Le barde marqua une autre pause durant laquelle son regard se fit plus dur alors que sa mâchoire se crispait.

- Et je n'ai pas cherché non plus à t’apitoyer. Je n'aime pas la pitié et je n'en veux pas.

Il lança un regard par-dessus l'épaule de Milo, comme s'il guettait quelque chose, parut un instant bien loin de cette conversation et reporta ensuite son attention sur son compagnon, une expression plus calme sur le visage bien qu'un peu lasse.

- Je vais t'exposer ce que j'attendais de toi. Tu es libre de refuser et de ne plus avoir envie de me revoir.

« De me jeter ton verre au visage si ça peut te soulager. »

- J'ai besoin de récupérer une chose qui se trouve à Poudlard. C'est un endroit où je ne peux me rendre.

Il avait envisagé de demander à Saoirse. Mais il n'était pas certain de pouvoir affronter le flot de questions, discussions et la batterie d'émotions qui en découleraient. Milo lui avait paru bien plus enclin à mener à bien ce service. Puissent-ils tous deux lui pardonner.

- Est-ce que tu peux m'aider? Souffla finalement le barde, en reposant ses deux mains sur la table.
Sa voix lui semblait lointaine et sourde, comme si elle ne lui appartenait plus. Le reste de son âme avait fait un bond 17 ans en arrière et se trouvait dans le parc de Poudlard, au bord du lac.
Ses souvenirs étaient paradoxalement précis par endroits et flous à d'autres. Comme si sa mémoire avait sélectionné seulement une partie de la scène.


HJ: Cela me convient très bien. J'aime beaucoup ton message.
Quant à mon séparateur, ravi qu'il te plaise. Et oui, il s'accorde plutôt bien avec le reste. Wink


Ceci est un message subliminal...
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MessageSujet: Re: Ellipse(s) [Milo] - |TERMINE|   Jeu 3 Nov - 21:18

Des excuses. Petite victoire. Minuscule à l'échelle de l'importance que Milo donnait à cette discussion. Mais victoire tout de même. Il continua d'écouter Ezio, et son esprit butta soudainement contre un bout de phrase. Un minuscule bout de phrase qui lui fit l'effet d'une douche froide.

-Je n'aime pas mentir et je n'ai pas l'impression de l'avoir fait ces dernières années en ne te parlant pas d'un aspect de ma vie qui ne me définit pas.

Sa pomme d'Adam remonta avec difficulté le long de son larynx, le bruit de déglutition frappant horriblement fort à ses oreilles. Il resta pour le moins impassible, ou presque, tâchant de rester concentré sur ce que disait son aîné plutôt que sur le flot de pensée qu'une simple phrase avait put déclencher dans son esprit. Puis vint l'instant où il dut reprendre la parole.

-Je...

Sa voix était soudainement rauque.

-Pourquoi tu... Enfin...

Rauque et hésitante.

-Pourquoi tu ne peux pas y aller ? Je veux dire...

Soupir.

Son masque d'assurance préalablement construit était en train de s'effriter. Il braqua les yeux sur un coin de la table, fuyant le confrontation du regard d'Ezio. Il devait maintenir un semblant d'apparence jusqu'à la fin de cet échange. Question d'honneur. Question de sûreté.

-C'est pas que je veuille pas t'aider mais...

Peine perdue. Il laissa tomber sa tête contre ses paumes en grognant, le visage dissimulé derrière le rempart de ses doigts.

-Tu sais quoi ? Dis moi juste ce que tu veux que je récupère, et où. Qu'on en finisse.

La discussion qui encore une poignée de seconde plutôt lui paraissait d'une importance capitale sonnait maintenant faux à ses oreilles, pleine d'un écho de futilité. Un sentiment de malaise se frayait peu à peu un chemin à travers chacun de ses membres, et il ne désira soudainement plus qu'une chose : en finir avec toute cette histoire, rentrer chez lui et s'enfouir sous sa couette malgré la chaleur des premiers jours de l'été. Plonger dans un livre, n'importe lequel, dont l'intrigue serait suffisamment prenante pour qu'il s'y enterre et se mettre à l'abri du monde qui lui semblait tout à coup irrespirable. Toxique. Agressif.



HJ : Ou quand Milo perd de sa superbe...  Rolling Eyes
J'espère que ça te convient toujours !
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